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Full text of "Mélanges d'histoire littéraire"

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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



Iittp://www.arcliive.org/details/mlangesdhistoi01favr 



ll'IIISTOII{K LITTi:i{\IIU: 



(]i;l oiiviagf, liir i'i Irois vents cxi-mplairos, n';i jj is rlr mis dans le com- 
inorco (If la lilirairii,-. Los |ioi"s<iniHS (|iii «l/'siieiil le |»osséiler doivent 
s'adresser diieclenient aux Éditeurs, à Genève. 




rGwiîiLEaAwsas ifa"F3e:i; 



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D'IllSTOIIil': LIITKIUIIil- 



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AVEC l»KS I.ETTIlF^i INKDITES 



I) Al (.1 SiK-(.l II.I.AI .MK M.III.KdKI. KT li'A.\(.i:i.O MAI 



HK(:l'Kll.l.lN HAH SA » AMil.l.» 



.1. ADKKT 

AM.IKN PIlo^KA^Kim A L'ACAUkMIK l>K <iK\KV». 



TOME PREMIER 



(ÎKNEVK 

IMI'l'.IMKiilK llAMItO/ KT SCIHCIIAnnï 
1«jO 




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V. / 



A LA socii'.n; 
IVIIlSTUlUi: KT DVUCIU'ULIJIIIK 



DE GENÈVE 



.Niins II avons pas ciu |>uiivoir rciitlic un iiicillcnr Iidiiiiii.i.:^)- 
:i la nKinoirr di- nolir |i«'i«* ci Im'.mi-im'it im'cii iruniss mt s«s 
Iravaux lilttiaires, (i <ii les |inl)liaiil sous li's aus|M(rs «rmH» 
Su'ii'li* (iont il a clr un des rondalcurs cl à lai|ni'llr. juv<|irà la 
tin ilr sa vie. il a |Mirlr If plus \it iulcn'l. 

KiiMONit lAMiK. 
AiJMioNSK I AMU:. 

\H.iNrK nnuK.niM 



Gi \\AA\ Mi: I \\ in: 



Lorsque, le 27 février IS")!, M. rancien conseiller clKtat 
Le Fort iiiiiionrait à la Société d'histoire et d'arehéoloi^ne 
de (Jeiiéve la pcite (in'elle venait d'éiiroiiver par la m<>rt 
(le ( Jiiillaiime l'avre. il <'.\])riniait le désir de voir rapjK'ler 
un jour les services rendus au pays i)ar cet excellent citoyen 
et les mérites de ce savant distinj^ué. C'est cette tâche «pii 
iKtus est aujourd'hui confiée avec celle de i)ul)lier, parmi 
ses écrits, ceux qui i)euvent faire apprécier le mieux l'éten- 
due et la diversité de ses travaux. 

Sans doute il faudi-ait . jioui- retracer dans tout son 
intérêt la canièi-e (h' (iuillainuc l'avre, un Immuie (pli se 
fût activeuu'ut mêlé avec lui à la vie politi(pie de (ienève et 
delà Suisse, et un écrivain cpii eût partaj^é ses studieuses 
reclien'hes. Mais (t. Favre avait atteint un aire où il avait 
vu disparaître successivenu'Ut prexiue ti»us ses contem- 
pniaius. et il appartient à une rp(»(pie (pii . pour nous, est 



\ III 
(l(|ii (le I liiNtoirc ()«' s(*)'a (l(jiic en suivant des souvenirs 
(le l'aiiiilli' <|in' ii'iii> ('(liions cette notice. Quant à ses ou- 
vniges, (jui se frouvcîiit ivunis et iiubliés en quelque soile 
ici pour la jjrcniière fois, nous les livrons avec contiance 
au lecteur intelligent qui saura leur assij,nier leur vcritablc 
ran^' au milieu des travaux qu'a produits l'énulition des 
vin^'t-ciii(| premières aimées de iiotic sii-cic 



(iuiiiauiiu' l'avre était né à Marseille le 1'"'' juin 177(>. 
II descendait d'une famille qui, sortie d'EchalIens (Vaud), 
s'était fixée à Genève quelques années avant la Réfoniiation, 
et dont les chefs se placent à cette époque mémorable paniii 
les fondateurs de Tindépendauce de notre Réimblique. Fran- 
çois, rJean et Antoine Favre assistent à la confirmation des 
traités de comboui'geoisie avec lierne et Friboiug en 1320. 
et , depuis lors , leurs descendants se succèdent dans les em- 
plois (le conseillers d'Etat et de syndics '. Au milieu du dix- 
septième siècle, cette famille semblait ai>pelée à devenir 
ruiic des plus nombreuses de Genève, puisque Daniel 
Favie, (pii avait éi)ousé en premières noces Kdmée de Jan- 
court, i)etite-rille (rFIisai)etli de la Trémouille , avait eu de 
ses deux fennnes dix-neuf enfants; mais cent ans ne s'étiiient 



' Nom ilomic aux imiiiicrs magistrats «K- lu |{t|)nhli(|iu' poiu-voisc avant la 
rtvoliili.Mi (If ISili. 



pas écoulés que cette iioniliicuse postérité s'était déjà pres- 
que éteinte. lîlle n'était plus représentée que par François 
Favre, qui, suivant un exemple alors assez général, aban- 
donna Genève pour fonder à Marseilh; une maison de coni- 
inerce dont les relations avec le Levant furent bientôt 
très-actives. Il épousa une (îenevoise, Mai'^uerite ruzier- 
Cayla ', dont il eut une tille et deux tils: Pierre, qui mourut 
jeune, et (îuillaume. dont nous écrivcuis la vie. 

Né à Marseille, (inillannie l'avre \ tut élevé auprès de 
son père, et de bonne Iieure. malgré une extrême vivacité 
de caractère (pii ne Tabandoinia jamais, il montra un pen- 
chant très-proiMdicé ixjur les études sérieuses. Les sciences 
furent d'abord pour lui une espèce de passion. On sait avec 
(pielle ardeur elles étaient cultivées en France à cette épo- 
(lue et suitout à Marseille, on tous les esprits étiiient déjà 
tournés vers leur application à l'industrie et à la naviîîation. 
(Je fut sous cette influence (pie (i. l'avre, ses premières 
études classiques achevées, aborda simultanément les ma- 
thématiques, la physifpie, la chimie, la minéraloj^ie, l'astro- 
nomie, et Ion put croire (pi'il allait consacrer sou activité 
et son intellij^ence à parcomii- la carrière cpii s'ouvrait de- 
vant lui. Nous le verrons abandonner jdus tanl cette direc- 
tion pour se livi-er tout entier aux recherches littéraires et 
historiipies; touteluis, lexcellence de sa mémoire et la 
netteté de son esj)rit lui rendirent toujours présents les 
faits jçénérajix et souvent même les détails de ces sciences, 
et jns(pi'à la tin de sa vie il put les suivre dans leurs ra- 
pides proj^Tès. l ne petite anecdote qu'il se plaisait à ra- 
contei' lui rap|ielait h's pr(>miers succès de snii adolescence. 



' ("ist do là iim- (J. Kuvn- !.ij;naii avant son innria^i- Kavri'-iayla; tL-piii» 
son inaritipt- il fut ootniu sous le iiuin <lc Kavr«--|{frlraiid 



(il jeune coitleiii- venait eliaque jour exercer auprès de lui 
sa profession ; mais cette profession faisait son désespoir : 
il voulait al)solunient être marin, (i. Favre, qu'il avait 
juis connne son confident, ren(!ourageait dans ce dessein, 
et, pour lui facilitei- son admission sur un vaisseau au long 
cours, il se chargea de lui donner toutes les leçons d'astro- 
nomie et de calcul nautique que l'on exigeait alors d'un pi- 
lotin. Il avait bien placé son espoir, car ce jeune homme, 
au retour de son premier voyage aux Grandes Indes, en 
sut assez i)our ramener heureusement dans le port de 
Marseille l'équipage et le navire que la mort de leur capi- 
taine avait privés de direction. 

Cependant toutes les sciences n'avaient pas un attrait 
égal pour G. Favre, et ce fut à la minéralogie qu'il s'adon- 
na plus particulièrement. Les découvertes de Lavoisier et 
les discussions qu'elles soulevaient étaient alors dans tout 
Téclat de leur nouveauté. Notre jeune savant avait ac- 
cepté avec enthousiasme les théories de l'illustre physicien : 
bientôt entraîné par cette activité d'esprit qu'il devait 
porter désonnais dans ses investigations , il voulut appli- 
quer ces théories à la science que l'abbé Haiiy venait de 
créer. Il partit donc des lois de Lavoisier pour donner aux 
minéraux un nouveau système de classification fondé sur 
ic!ur constitution chimique ; il y joignit en même temps une 
belle collection d'échantillons de toute espèce, dont il s'oc- 
cupa longtemps et qui le mit en relation avec Hatiy lui- 
même. Aussi , bien qu'il eût abandonné de bonne heure ces 
études et sa collection de minéraux , il garda toujours un 
vif souvenir de son premier début dans la vie scientifique, 
et ce ne fut pas sans quelque satisfaction intérieure qu'il 
vit ses anciens échantillons, qu'il avait fidèlement conservés, 
devenir la l)ase de la belle collection de son fils, professeur 



XI 

(le géologie ii rAcadéinie de CTenève. Il aimait alors à re- 
monter avec lui le cours de ses aimées, et, devant ce^ mi- 
néraux qu'il n'avait pas revus depuis un demi-siècle, il 
pouvait encore reconstruire les preuves à Tappui d'une 
théorie ([ui attestait à la fois et sa précoce intelligence et 
son admirable mémoire. 

La jeunesse de G. Favre ne lui i)ern]it pas sans doute 
d'approfondir dans leurs détails des sciences si diverses, 
et leur nudtiplicité même étiiit, à son âge, un premier 
obstacle à des succès bien éclatants. Toutefois, avec les 
connaissances variées qu'il y recueillit, ces études eurent 
l)()ur lui un résultat que nous regardons couune plus im- 
l)ortant encore. Elles e.\citèrent dans son esprit ce désir 
de connaître, de comparer et de discuter, qu'il porta plus 
tard dans ses recherches sur l'histoire et l'antiquité, et qui 
devint, comme nous le verrons, l'une des plus intimes jouis- 
sances de sa lougne carrière. 

Guillaume Favre fut bientôt airaché à ses studieu.x loi- 
sirs. L'orage révolutionnaire grondait déjà de toute part . 
et Marseille était en proie à une ettervescence qui n'aunon- 
çait qne trop les terribles événements qui se préparaient. La 
guerre extérieure et les troubles intérieurs compromettaient 
les opérations commerciales aussi bien que le repos de Fran- 
(jois Favre; il résolut donc de se soustraire aux malheurs qui 
mena(;aient la France. Dans ce but, il liquidi samais(>n de 
connnerce. et il vint demaudei- avec son tils un asile à sa ville 
natale, où il rentra en 17!>2. Mais il ne t;irda pas à recon- 
naître que ce repos qu il a\ait espéré trouver à Genève était 
singulièrement illusoire, et (jne la i)etite Képubli(iue n'otfrait 
guère plus de sécurité que sa puissante voisine. Déjà le 
général Montesquiou campait avec un cctrps d'armée à peu 
de dibtance de (ienève. et l'on sait que ses histrnctions «^e- 



XII 

vvi'U'.s lui (luiiii.iiciit loidic de mettre* Ja main sur cette 
ville à la j)remiéie occasion favoraiile. N(»tn' République 
clle-niéme, livrée aux plus violents désordres, semblait une 
proie (pli ne pouvait lui échapper, si Montesquiou n'eût 
leculé devant l'iniquité qui lui étiiit imposée. Genève ce- 
pendant avait organisé quelques préparatifs de défense, et 
tonné, en particulier, un corps de cavalerie dans lequel 
s'enrôlèrent tous les jeunes gens qui possédaient des che- 
vaux; mais, trop ])eu nombreux pour combattre, nos cava- 
liers furent seulement chargés de sui'veiller les mouvements 
de l'armée de Montesquiou. (iuillaume Favre piit une part 
fort active à un service de patrouilles parfois assez pénible, 
et ce i'ut au retoui' de Tune de ces courses nocturnes qu'il 
aper(,'ut les premieis bonnets rouges (25 novembre 1792), 
et (pie ce sinistre emblème lui révéla la \ictoire (pie la ré- 
volution fraïK^aise rem])ortiiit au milieu de nous. 

L'imitation fut, hélas! poussée bien plus loin encore, et 
quehpies mois i)lus tard la Montagne mettait au rang de 
ses victimes tous ceux qui, i)our s-'ètre dévoués au bien du 
pays, pouvaient exercer quelque iiiHuence sur l'esprit de 
leurs concitoyens. Frai^'ois Favre et son tils habitaient une 
maison de campagne peu éloignée de (Tenève (à Varembé). 
Des bandes d'hommes anués vinrent à ])lusieurs reprises 
poui' les arrêter et les réunir aux suspects dont regor- 
geaient déjà les casernes transformées en prison. François 
Favre et son lils , qui se savaient innocents de toute espèce 
de menées, s'étaient obstinément refusés à quitter leur pays; 
ils se cachaient dans les environs de leur maistm de cam- 
pagne, et M""' Favre, dont l'énergie \nn\ connnune S(Uite- 
nait la frêle santé, s'était chargée de recevoir les visites 
des Mdiitaguards. Sou mari et son tils réussirent ainsi à se 
sou^traiic peinlant (pieiques semaines au danger (pii les me- 



iiuçait; iiiai.^, mic épifiivc trop ))i()l«>ii^(''(' aurait i)U ilivfiiir 
fatale à M"" Kavre; ils prirent doiK la ré^(»llltiou d'aller 
(leiuander une retraite plus sûre au l'ays de Vaud. 

Malheureusement pour eux la route de terre était soii,nuMi- 
seinent gardée, et sur le lae eroisaient des hrif^'antins qui arrê- 
taient et visitaient toutes les enibareations. François Favre 
et son tils espérèrent néainnoins troniju-r leur vif^ilance; ils 
s'enihanpièrent de nuit . mais à peine avaient-ils ^'a^îné le 
large (pie le canot (pii les portait tut accosté i)ar un des 
<roiseurs, et (preux-mèmes furent mis en état d'arrestation. 
Avec la naïveté (pii se rencontre (pieI«piefois chez les exé- 
cuteurs de semblables missions, le commandant du bri^antin 
leur aftirma que , dès qu'ils se seraient justitiés de l'accusa- 
tion qui pesait sur <'ux, ils seraient rendus à la liberté, et ce 
fut dans cet esp(»ir qu'ils rentrèrent à (ienève, où ils fiuent 
emprisonnés. 

Là , Faccusation la plus étranj^e les attendait, et le simple 
bon sens , si le bon sens avait une i)lace dans ces époques 
de réaction et de violence, aurait sufti pour \u faire t(»mber. 
François Favre et son tils étaient en ettet accusés d'avoir 
pris une part active aux événements de 1782 et d'avoir con- 
tribué à livrer Genève à l'intervention étraiii^ère! C'était, du 
reste, le «li^rief connu un que l'on invo(piait c(tntre ceux dont 
la vie ne prétait à aucune autre accusation. François Favre 
se donna la peine de démontrer qu'il n'était pas à Genève 
à cette époque, et qiu' tous ses concitoyens le savaient établi 
à Marseille , et Guillaume ajouta que, pour lui. il n'avait 
alors que 12 ans, âge auquel il est rare que l'on entre dans 
une conNi)iration. La répituse de François Fa\Te ne jiarut 
(jue médiocrenu'ut satisfaisante, « car, disaient ses accusa- 
teurs, il avait pu se joindre d'intention aux projets de l'a- 
ristocratie; » quant à celle île son tils. on la regarda connue 



\IV 

|(|ii- iM'rciiijtfoirc. Aii^>i liit-il iciivoyi'' ;i un coiiiini^Nain', 
puis pnnneiu'' dv Ijurcaii en hiircau, jusqu'à ce quil an'ivât 
cmHii (levant celui (|ui «levait «Iccider de son sftrt. (Juillaunie 
Kavre reconiinença ses explications, (jui étaieut on ne peut 
plus simples. Apiès la voir sérieusement écouté, son inter- 
ro^ateni- mit un terme à ses incertitudes i)ar ces mots: 
« CitoNcn, tiens-t((i tiaii(|iiill(': cela ne me l'cj^'arde pas; Je 
ne suis ici (pic poiu' jirendre Tarf^ent. » 

(Cependant FraïK.ois Favre et son tils avaient etc entei- 
niés dans la caserne du bastion de Hollande, et, des fenê- 
tres de leur i)rison, ils purent voir, dans la fatale nuit du 25 
Juillet 17!)4. biiller les feux des armes sous lesquelles, au 
mépris de la votation pojjulaire qui l'avait absous, tombait 
leur beau-frère et leur oncle, le vertueux syndic Cayla. Peu 
de Jours ai)rès, ils s'entretenaient avec l'ancien pntcureur 
«général Naville, qui partaijeait leur cai)tivité. lorsque la 
conversation fut interrompue par l'arrivée des commissaires: 
« Attendez-moi, leur dit Naville, Je monte à ma chambrée 

l)oin- ra])pel; Je serai bientcH de retour » Ils ne devaient 

plus le revoir. Le même Jour. Navdle et Fatio. fusillés, 
mouraierd béroupiement. 

Tes attentats c(muuen(;aient à soulever dans le cœurdune 
foule de citoyens une véritable exaspération, et le gecMier 
(le la caseiue où Fraii(;ois Fa\Te et son fils étaient retenus, 
avait i)romis lui-même de leur trouver des armes pour se 
défendre, s'ils étaient menacés de nouvelles exécutions. 
Mais remprisoniiemeut des suspects se prolonireait. et, mal- 
i^ié la chute de IJohespierre et le \) thermidor, une nouvelle 
« fusillade » fut encori' quelqiu's Jours à craindre. G. Favre 
avair ressenti l'impression la plus doubjureuse et Tindigua- 
lion la plus profonde de ces attentats; quant à sa propre 
captivité, il la sui)i»ortait avec Tintrépide contiance que 



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(louiic l.i jciiiiosc. Il ;i\iiit (riiillciir> rciicoiitn* iluiis ce t^i^tc' 
séjoiii' iiii (-(>iiij);igii()ii (jiii (lc\iiit bientôt son unii, et qui rai- 
llait ù attenilie i)iu> patiennaeiit l'Iieure de la délivrance: 
c'était Sisniondi , le futur aut«'iii- do lirinihliiiiirs iialicnnef: 
et de VHisiuire (Irs Fr(m{<iis. 

On sait que depuis son enfance Sisniondi s'était livré avec 
une singulière ardeur à ces études |)«)liti(|ues et à ces recher- 
ches hist<jri(iues (|ui devaient plus tard illustrer son n<»ni. 
La révolution vint l'arracher assez brusquement à ses théo- 
ries spéculatives et le transpoitei- dans le domaine des faits. 
Suspect, connue tant d'autres, de n'éjuouver ipie de l'hor- 
reur pour les saturnales révolutioiuiaires dont (lenève étiiit 
le théâtre, Sisinondi avait été Jeté en ])rison. et ce fut dans 
la caserne du bastion de Hollande (pie (J. l'avre f(»nna avec 
le futur liistorien des Français des relations que 1 hicerti- 
tude de l'avenir, li'ur jeunesse (Sisniondi avait alors 22 ans) 
et la conforinité de leurs ^nuits studieux, chaniîèreiit bientôt 
en une amitié (pi'ils se «iarderent tidéleiuenl l'un à l'autre 
juscpi'a la tin d«' leur vii'. Cette amitié commença d'ailleurs 
par un service rendu. Les jeunes prisonniers du bastion de 
Hollande étaient ])arvenus, à force d'adresse, à établir qiiel- 
(jues communications avec leurs amis du dehors, et l'on 
comprend de (piel mvstère ils devaient les entourer. In jour 
Sisniondi, trahi par sa vue, qui était très-basse, et par son 
étourderie , fit tout découvrir. Le désapi)ointement de ses 
compiignons fut encijie plus vif (pie la crainte du daniier 
auquel ces relations interceptées pouvaient les e.\p(»ser, et 
leur irritation était sur le jioiut (h- tomber sur W malheu- 
reux Sisniondi qui, sans k' vouloir, avait rompu des com- 
munications si savamment combinées. Mais (i. Favre n'hé- 
sita pas à jnendre la défense de son nouvel ami, et bien 
qu'il fût seul ( (Uitiv tous, et (pi'il eût à lutter contre un res- 



sciiliiiiciit ;i>-('/ naturel, il icii^-sit a laiiii'iRT riiiiioii j)aniii 
SCS coiiipaj^iioiis de (-aptiviti'. Le sijuveiiii" de cet épisode de 
icMir ('in])ris()iiii('iii('iit fut plus taid jxjur Favrc et Sisiuoiidi 
cniuine une douce halte au milieu des émotions de ces joiir.^ 
(raii<;oisses dont leui- (ii^v leur avait pennis de connaître 
les atrocités; ils avaient failli succomber eux-mêmes sous 
les )ilii> absurdes accusations: mais ils n'en gardèrent pa> 
moins le culte de la véritable liberté, et les excès qu'ils 
avaient vu c(mnnettre on son nom n'ébranlèrent pas i)lns 
alors leurs convicti(jns (pfelles ne cédèrent à une autre épo- 
(lue devant le triomi)be de l'absolutisme impérial. 

Cependant la France, qui avait poussé Genève dans la 
voie fatale de ces crimes, se soulevait depuis le thennid(»r 
contre les Montagnards de Robespierre, et cette réaction pe- 
sait à son tour sur la révolution genevoise. Le 10 aoîit, le 
tribunal révolutionnaire fut dissous ; peu après, les suspects 
du bastion de Hollande furent réunis à ceux de la caserne 
de Chantepoulet, et, avant même l'annulation solennelle de 
tous les jugements politiques (23 mars 1795), les prisons 
s'étaient ouvertes et François Favre et son fils avaient pu 
se retirer dans le Pays de Vaud. 

Ce fut dans une maison de campagne, située i)rès de 
Lausanne, que G. Favre, laissant de côté ses premiers tra- 
vaux scientifiques, commença à se li\Ter à l'étude de lan- 
ticpiité et de l'histoire poHtique et littéraire. Un premier 
voyage qu'il avait fait en Italie avec son père , à l'âge de 
dix-sei)t ans , avait laissé en lui de très-vives impressions : 
cette terre classique, ses ruines, ses monuments et ses 
arts revenaient sans cesse à sa pensée et se substituaient 
ainsi i>eu à peu à ces abstractions et à ces théories phy- 
sicpies (jui. jusqu'alors, avaient exclusivement préoccupé 
sou iutelligeiiee. (î. Favre repi'it donc ^es autenr> anciens. 



XVil 

qu'il avait jadis abandonnés pour ses études scientitiques , 
et surtout aux poètes et aux histoiiens latins. Sans être un 
bibliophile de profession, il avait le goût très-vif des livres 
et aussi (ce qui n'est pas toujoiu's la même tliobe) celui de la 
lecture; enfin, il joignait à ce goût lliabitnde des notes et 
des extraits, que récriture semblait fixer à toujours dans 
sa mémoire. La multitude des pai)iers qu'il a laissés montre 
rétendue et la variété de ses ti-avaux préliminaires. A partir 
du Vo^wje (i Anachnrsis, dont la publication était encore ré- 
cente, on voit (t. ViïMv suivre avec un intérêt SdUtcnu toutes 
les œuvres de quelque importance de la tin du dernier siècle, 
et s'en rendre compte la plume à la nuiin. Que d'ouvrages 
inutiles ou insipides il fut ainsi forcé de subii' ! Il regiTttait 
plus tiud le temps qu'il avait perdu à ces lectures; mais il 
se trompait ])c'ut-étre. Ces déconvenues contribuaient à 
former son jugement; il apprenait à donner toujours j)lus 
rapidement leur juste valeur à ces œuvres de seconde on 
de troisième main, qui ont, à toutes les époques, encombré 
les catalogues des libraires ; il remontait en même temps 
d'un pas plus ferme à la source véritable d'une solide éru- 
dition, c'est-à-dire à l'antiquité elle-même dont il devint 
bientôt un des adeptes les plus dévoués. 

Toutefois, de retoui* à Genève, qui était twnbéc sous la 
domination française, G. Fa\TC s'oflfre à nous sous un 
aspect assez inattendu. A ne consulter que les souvenirs 
des derniers représentants de cette époque, c'était un jeune 
honnne de 29 ans, fort recherché dans le monde, où la giàce 
et la noblesse de ses manières, sa figure ouverte et expres- 
sive, sa vivacité méridionale, son esprit et sa fortune le pla- 
çaient au premier rang. De fré(iuents voyages à Paris , où 
il se voyait accueilli avec une faveur empressée d;uis cette 
haute société qui se reformait sous le Consulat, donnaient 



Wlll 

.11 (jiiel()ii(' sorte [dus (le distinction à sou mt-nte; car, à 
cette ('iMMjiK.', (cs voyaj^es étaient encore assez rares, et 
les cercles parisiens qui recevaient notre jeune saviujt 
constituaient «les n'unions privilégiées dans lesquelles il 
n'était |)as donné à loul !<• iiininle de pénétrer. Sans doute, 
si Ton eut dit à ceux qui voyaient G. Favre se laisser em- 
poiter à cette joie de vivre et de brillei* dans des cercle? 
plus ou moins frivoles, faire dix-sept excur>ions à Paris dans 
l'espace de neuf ans, animer de son entrain et de sa gaité 
les réunions dont il était Ihôtc assidu, que, sous cette appa- 
rence juvénile et mondaine, se cachait un littérateur voué 
aux reclieiches les plus ardues, personne ue l'aurait cru. Et 
cependant les preuves de son activité scientifique, même à 
cette époque de sa vie, sont là, sous nos veux, et elles 
témoi}jçnent de hi constance avec laquelle il marchait, mal- 
.i;ré les séductions qui semblaient l'en détounier, dans la 
route qu'il s'était tracée. 

Ces travaux n'étaient destinés dans l'origine qu'à doimer 
inui satisfaction au désir de connaître, qui possédait (iuil- 
laume Favre, et il se contentait d'en faire le charme de ses 
heures solitaires. Cependant il se préoccupait aussi peu à 
peu (le la publicité et il s'y préparait avec (pielque soin; il 
voulait (pie son coup d'essai ne passât pas inaperçu. Mais là 
se i)résenta l'écucil de sa carrière httéraii-e, et la diftindté 
contre hi([uelle il a toujours lutté sans l'avoir toujours 
vaincue. Il est évident que Favre se laissait facilement 
entra iner à l'étude approfondie d'une question qui l'inté- 
ressait , surtout si cette question lui ofl'rait l'attrait de la 
nouveauté; il arrivait ainsi à une première rédaction, dans 
hupielle il rémiissait tous les matériaux qu'il avait re- 
cueillis dans sa marche parfois fort vagabonde; mais, ce pre- 
mier but atteint , son ardeur allait se refroidissant ; il savait 



ce qu'il avait voulu savoir. Pour eu parler au public letm*. 
il aurait fallu qu'il se livrât à un second travail, travail 
(le rédaction auquel il se plaisait moins qu'au i)remier, et 
qui lui seniliiait constituer une perte de tenq)s. L'œuvre 
restait donc dans sa tonne première et encore indécise, et 
c'est ainsi qu'elle allait prendre place à côté de ses aînées, 
tandis que de nouvelles recherches succédaient immédiate- 
ment à celles qu'il venait de terminer. Aux intelli-jences 
de cette nature , la publicité , on le c(»m|)rend , n'offre rien 
de bien attrayant. Au rebours du vei-s de l'crse, savoir, pour 
elles, est tout, et elles se soucient médiocrement de faire 
montre de leur érudition. Cette espèce d'indifférence se re- 
trouve dans toute la \ie littéraire du savant dont nous 
])ublions aujourd'hui les écrits, et notre devoir d'éditeur 
n'en a pas été facilité. Nous n'en citerons qu'un seul trait. 
Favre s'était demandé comment, à cei-taines époques, le 
roman et l'histoire avaient j)u se confondre très-rapidement, 
et il avait entrepris, pour se rendre compte de cette trans- 
fonnation, la lecture et l'analyse de toutes les histoires fa- 
buleuses d'Alexandre le (irand, lorsque, en 1H17, parurent 
Vllinérniri' d' Ah'xamlrc et le Juliiis Valcrius du savant abbé 
Au;,'elo Mai. Favre se trouvait donc tout i)réparé pour la 
critique de cette i)ul)iication (pii était loin d'être parfaite,* 
et, en effet, il en parla pres(pie aussitôt dans la liiblwiht-qm 
Unmrselle de Genève, de faç(»n à révéler un juj;e compétent 
Tout en se renfermant dans les bornes modestes d'une ana- 
lyse, et en rendant honnnai^'c au vaste savoir d'An«;elo Mai, 
son ami, il sut démontrer ce|)endant cpie ces frai^nnents iné- 
dits n'étaient pas restés aussi inconnus «jue le cr(»\ait leiu* 
éditeur, et que Muratori avait déjà ouvert la route. Aus.si 
Letronne, qui vint (luehiues mois plus tard, rendit d;uis le 
Journal des Snvwits un de ces hounnai^es ipiil ne protli- 



x\ 

pliait pas, à l'autour inconnu d'un article qui modifiait Tim- 
portanct', un peu surfaite, de la découveite d'Anf^'olo Mai. 
(^uant à notre savant, son travail sur les histoires fabu- 
leuses d'Alexandre une; fois achevé, il l'avait mis de côté; 
il l'avait repris i)our parler du livre d'Angelo Mai, mais ce 
lie fut (|uc (piinze ans plus tard (luil lui (If^iiiia ime rédac- 
tion définitive. Le précepte d'Horace n'était que trop scru- 
puleusement suivi. 

Tel était ((.• caractère assez rare et assez orii^inal, que 
nous nous contentons d'es(|uisser ; c'était à la fois un amour 
passionné des li\Tcs et de l'étude, et le goût des recherches 
sérieuses poussé jusciu'à la multiplicité la plus étendue des 
détails; puis certahies velléités de publication; enfin l'aban- 
don, pour un motif quelconque, de ces projets que tout 
autre se serait hâté de mener à bonne tin. C'est ainsi qu'à 
la date où nous sommes parvenus (1805), nous rencon- 
trons, dans ses papiers, une curieuse dissertation sm* la 
célèbre inscription du lion de Venise, signalée pai' le savant 
suédois Akerblad, et, par suite, sm' les rapports des alpha- 
bets runique, grec, gothique ( d'Ulphilas ) et tyrrhénien. 
('eux qui connaissent les détails de Thistoii'e littéraiie de 
ce temps savent que la découverte d'Akerblad avait sou- 
levé une polémiiiue assez ^^ve en Italie. Ces débats, dans 
lesquels il fallait remonter aux mystérieuses origines de 
l'alphabet i)lionétique, avaient attii'é l'attention de FavTC, 
et bientôt il crut pouvoir se mêler à la discussion. Son 
l)rojet n'était pas de décider souverainement de la valeiu' de 
ces runes qui se déroulent, enfermées dans « un bandeau 
(M iKiHids, » sur le marbre du lion que Morosini le Pélo- 
ponésiaque avait transporté du Pirée à Venise. U tenait 
seulement à faire connaitre son opinion sur l'origine pro- 
bable de l'alphabet gothiijuc d ri})hilas, que certains criti- 



XXI 

ques prétendaient s'ôtre formé des anfienncs runes, tandis 
qu'il le ramenait à l'alplialiet fçrcc et latin avec les lettres tyr- 
rhéniennes. Cette dissertation est intéressante au point de 
vue scientifique; toutefois, deux motifs nous ont empêché de 
la publiei-; d';il)ord, notre auteur a repris et développé, dans 
sa dissertation sur la Littf'raturu sacri'e drs Guths, les résul- 
tats de ses recherches sur l'alphabet d'Ulphilas; de plus, il 
s'était laissé entraîner, dans ce premier travail, à quelques 
hyi)othèses que la rétlexion lui fit plus tard abandonner. 

Guillaume Favre étendait en même temps ses excur- 
sions jusqu'aux langues de rUrient, et il acquérait, sinon 
une connaissance bien approfondie des principaux dialectes 
sémitiques, du moins des notions générales quil sut utiliser. 
La petite dissertation dont nous venons de parler en fournit 
des preuves nombreuses, et, deux ans plus tard, nous le 
voyons soutenir avec Sylvestre de Sacy une discussion inté- 
ressante sur rétymoloc;ie de certains mots de la langue copte 
dans leurs rapports avec l'arabe, l'hébreu et le grec. Nous 
ne mettons pas en doute que Sylvestre de Sacy n'eût raison 
contre FavTe, qui, d'aillems, ne cherchait point à lutter 
de savoir avec son illustre correspondant Mais le soin que 
Sylvestre de Sacy ai)porte à développer ses arguments 
prouve l'estime qu'il faisait du savant genevois, et c'est 
pour nous tout ce qu'il nous importe de constater dans 
cette lutte fort courtoise , miiis oiî les armes étaient très- 
inégales. 

Cette indifférence pour la publicité reçut une première 
atteinte en 1808. Favre s'était lié à Paiis avec A.-L. Millin, 
rédacteur du Mmiasiu EncychtpMique . recueil fort sérieux 
et qui jouissait alors d'une giande autorité en France et à 
l'étranger. Milliji avait plus d'uue fois réclamé le i'oucour> 
de Favre, et comme preuve de sa bonne volonté, celui-ci lui 



Wll 

adressa une lettre relative au célèbre vers de Catulle (De 

i'.imni iii rimo's^ v. 54) '. 

Obtulil Arsinoes Clilorido» aies equus. 

Bentley avait proposé de substituer dans ce passage Lo- 
ihdos à Chloridus. De son côté, V. Monti avait publié, en 
1804, sur Valcs cfjuus de la reine Arsinoë', une disser- 
tation que le Magasin Encyduiélique avait analysée. Fa\Te 
vint à son tour défendre la leçon de Chloridos contre Bent- 
ley, et il y réussit avec une ingénieuse érudition. Mais, en 
réalité, l'examen do la correction de Bentley n'est pour lui 
qu'un prétexte. 11 en prend occasion, ainsi qu'il le dit lui- 
même, de parcourir le vaste domaine de l'antiquité, et il 
aborde successivement le culte d'i\i'sinoë en Egypte, Tin- 
trrjiiisation des rois égyptiens, certaine détails du costume 
religieux des rois et des reines, les fêtes d" Adonis, etc. 
Nous n'avons pas à discuter ici les explications ou les hy- 
pothèses que Favre a développées; nous remarquerons seu- 
lement que cette dissertation (que nous n'avons point réim- 
primée, parce que la collection du Magasin Encyclopédique 
n'est pas rare) atteste chez son auteur une érudition cx- 
traordinairemeut variée, et ce goût qui lui faisait déjà 
diriger ses investigations sur des questions obscures, pour 
chercher à les éclairer à l'aide de témoignages restés ina- 
I)erçus. Ainsi en jugèrent des hommes fort compétents, et 
Millin le premier. Nous ne ferions, poui* nous, qu'un re- 
proche à rjiiiteur de cette dissertation, c'est co que nous 



' (A'tte dissertation a vU- publiée sôpan'-mcnt sous ce 'itre : Lettre <i 31. .t.-/.. 
Millin, sur un vers de f'atuHe, avec des notes sur quelqxt"S points d'antiquité, 
l-ar M. l'avre-Cayla. (ieuève, 1808; petit in-S" de 06 pages. 

* Del cnvaUo alato d' Arsin(k\ MilaDo, 1801 — Suivant Monti, cet aies equux 
i"ii l'autruche. 



WIII 

appjîllerions volontiers l'abus do la noto. On voit qu'il ainio 
à conserver le souvenir de ses recherches, et rien ne se 
justifie mieux dans un travail préparatoire; mais la rédac- 
tion (létinitive aurait dû épar^Mier au lecteur les détours de 
la route; suivie et le mener plus diiectement au but '. 

(iuillaume Fa\Te avait alors 37 ans. L'homme qui ani- 
mait de sa vivacité et de sou esprit un monde aimable et 
brillant, avait laissé deviner le littérateur instruit et intel- 
ligent, le savant qui trouvait chaque Jour plus de channe 
dans ses livres et dans sa studieuse retraite. Des relations 
nonvelles, qui exercèrent sur son esprit une profonde et 
salutaire intluence, viinent le fortifier dans sa résolution de 
consacrer tous ses loisirs aux travaux qu'il avait commencés. 
Jusqu'alors ses études avaient été solitaii'es ; il ne connais- 
sait point cette énmlation qui pouvait seule lui donner la 
conscience de sa force véritable; il n'avait jamais été sou- 
tenu par cette appréciation intelligente et éclairée de ses 
efforts qui, peut-être, lui devenait nécessaire après ces sept 
ou huit années vouées à l'érudition. Heureusement pour lui 
que ces sympathies encourageantes ne lui firent point dé- 
faut, et qu'elles lui vinrent d'îunis dont le jugement exer- 
çait alors une incontestable autorité. 

Forcée de quitter l'aris, par les ordres de la police im 
périale, M*"*^ de Staél avait échangé « le ruisseau de la ru» 
du liac » contre les ombniges du paie de Coppet et les 



* Xillin trouva nuMiio quv Fuvrv s'était trop |>ou |iri-tK>vu|K- du |>ul>lu-. «t 
M-8 juilii-ifux ooufk'ils lui tirent roiuauier »od travail; \v rtilaoïi'ur du Miu/tum 
l-lucydiifKulinne lui en accuse recoptiou ou cv ti-rmo» (I»' février IH08) : 

« . . .Je suis {HTsuado <|ue vou» svrex conloul vuus-iueiuo de lu |K'ine )|u<. 
viiiis nvex prisv : votre disiMTialiou aura plus de Icoteura et il > dura |iar oi>uv< 
pient plus de pers«iuneR 'pii ndniircroul voire «i^cilc et votre ênidition. . • 



XXIV 

vastes horizons du lac de Genève. Nous ne redirons pas avec 
quelle impatience douloureuse elle supportait cet exil. Elle 
cherchait, il est \Tai, à l'oublier au milieu des distractions 
des lettres et de l'amitié, et l'on sait quels hommes éminents 
l'avaient suivie dans sa retraite qu'animait encore une foule 
toujours renouvelée dhôtes de distinction. Genève s'em- 
pressa de se faire représenter dans ce cercle illustre , que 
la tille de Necker ouvrait avec l'empressement et l'ama- 
bilité d'une femme de génie désireuse de trouver, dans 
l'enthousiasme qu'elle savait si facilement exciter, une pro- 
testation contre la sentence qui l'avait frappée. Genève, 
alors française , ne craignait pas d'ailleurs de laisser de- 
viner son opposition au régime impérial et à ses rigueurs ; 
aussi (' la cour » de M™e de Staël était nombreuse et Favre 
y fut des premiers appelé. 

A côté de M'^fî de Staël brillait, sans en être éclipsé, 
Guillaume Schlegel, et bientôt une étroite coufraternité 
d'études et de goûts unit l'Allemand au Genevois. Nous pu- 
blions, à la suite de cette notice quelques lettres de Schlegel 
que nous avons retrouvées dans les papiers de Favre. Elles 
feront comprendre la nature de ces relations, qui furent 
longtemps intimes, et elles servii'ont à montrer le cas tout 
particulier que Schlegel faisait du caractère et de la science 
de son nouvel ami. Cette correspondance parlera pour nous. 
On y verra quels encouragements incessants Favre devait 
puiser dans la conversation de Schlegel , et comment la pas- 
sion de celui-ci pour les recherches érudites, aussi bion que 
ses jugements et ses conseils , inspirèrent une nouvelle ar- 
deur et une nouvelle confiance au savant genevois. Avec ces 
relations, les études de Favi'e nous semblent prendre une 
direction plus déterminée ; elles abordent des questions plus 
vastes et plus intéressantes, et si les résultats auxquels 



XXV 

il était arrivé eussent été publiés à cette époque, au lieu 
de l'être aujourd'hui, trente ou quarante ans plus tard, 
nul doute qu'il n'eût conquis, dans l'estime du public lettré, 
le rang qu'il occupait dans celle de ses aniis. 

M"'^' de Staël avait elle-même une vive affection pour 
Guillaume Favre, pour son noble caractère et la sûreté de 
ses relations. Ce n'était pas seulement à ses yeux un homme 
du monde, un causeur spirituel , un juge habile des ouvTa- 
ges de l'esprit, mais c'était encore pour elle un ami vérita- 
ble ', et un savant dans la conversation duquel elle recher- 
chait cette instruction variée qu'elle préférait recevoir d'une 
bouche aimable et diserte, plutôt que de livres poudreux. 
Aussi Favre était-il pour M""' de Staël « mon énidit, » et 
elle se plaisait, au milieu de ses admirateurs, à faire valoir, 
avec son tact exquis, les rares qualités du savant genevois. 
Cependant M"ie ^q «^taël glissait aussi parfois dans ses at- 
tentions quelque malice féminine. Schlegel et Benjamin 
Constant discutaient un jouj- avec une certaine âprett' (il leur 
tallait peu de clu/se pour cela) sur l'ordre de succession des 
princes de Salerne. Favre entrait au même instant dans le 
salon: M'"<^ de Staël lui lance le motif de la querelle, en 
l'invitant à mettre les deux adversaires d'accord. Beaucoup 
auraient sans doute hésité ; im plus grand nombre auraient 



• Nous reproduisons ici un Jnikt qm- M"" de .Staol tcrivait i Favre à l'oc- 
casion de la mort de sa ini>re : 

Coppet) Vendredi, le t .\oùt. 

• Croiriez-vous, mon 1I11.T lasn.-, «tue je viens d'apprendre ce soir même 1* 
malheur (jue vous avez «'prouvé pendant mon st'jour à Lausanne. — Vous sarii 
coniMon j'aimais votre mère et [)ar comliien de liens elle tenait à ma rie. — 
J'ai été saisie «le cette nouvelle et «l<st3J|>«'T«e de ne pas vous avoir é-crit plus l«"»l. 
Hélas! ce n'est pas i|uc cet événement nu mait pai» prut'uudémcut voiue, mais 
tlans ces temps cruels (181^) on peut nuturir sans «pic iR'rs«»une , excvplc le« 
vt'>tre8, .sache ce que vous êtes devenu. — Itites-moi (|uaud je vous verrai • 



WVI 

mémo hattii en jctraite, mais Tarbitre auquel eu appelait 
M""' <le Staël coimaissait les détails aussi bien que les 
fçramlcs cboses de l'histoire d'Italie. Les deux advei*saiies 
étaient dans l'erreur; Favie le leur prouva. Nous i^^^iorons 
si Sclilef^el et Uenjamiu Constant en devinrent meilleurs 
amis; mais peut-être surent-ils quelque gré à leur juge de 
leur avoir épargné, à l'un ou à l'autre, la confusion de suc- 
comber sous la science d'un rival. 

Favre s'occupait alors de la vie de Jean-Marius Plii- 
Iclfc, et il y trouvait un double attrait: celui de la nou- 
veauté, car personne ne l'avait encore écrite; puis il aimait 
tout particulièrement l'Italie et le grand siècle de la Re- 
naissance. Il avait d'ailleurs été conduit à cette étude par 
une circonstance particulière. La bibliothèque publique de 
Genève occupait depuis quelque temps une grande place 
dans ses atiections, et il avait curieusement étudié les beaux 
et rares manuscrits qu'elle renferme. Pamii ces manuscrits, 
celui de VAmyris de Jean-Marius Philelfe avait attiré sou 
attention. VAmyris (nous en convenons) est un détestable 
pociio, mais assez curieux cependant comme témoignage 
inédit d'un contemporain sur la vie et les exploits de Maho- 
met II Favre s'attacha donc à ce manuscrit; il le lut et le 
copia tout entier; cela fait, il voulut couualti'e le poëte qui 
en était l'auteur. 

Les sources ne manquaient pas, et bien que Giammario 
n'ait pas laissé dans l'iiistoire littéraire de son siècle le 
même renom que son père, François Philelfe, on connaissait 
ses principaux ouvrages inédits ou publiés. De plus, les 
beaux travaux de Muratori, de Tiraboschi, de Mehus, de 
Sassô, de Rosmini, étaient facilement accessibles à notre 
savant. Knlin, comme nous l'avons dit, les annales poli- 
tiques de l'Italie, sur lesquelles son ami iSismondi devait 



XWII 



bientôt jeter un nouvel éclat, lui étaient aussi laniilières que 
i'iiistoire de sa littérature. 11 avait pris plaisir à étudier la 
vie et les luttes de ces vaillantes républiques du moyen âge, 
et, j)en(lant que le jouL' imi)érial pesait sur (jenève, et que le 
silence de luniformité et du repos se faisait autour de lui, 
le contraste lavait attiré, et il aimait à vivre par la pensée 
dans ces époques à la fois turbulentes et glorieuses. La vie 
de Jean-Marius Philelfe était donc pour notre auteur comme 
un cadre dans lequel il pouvait grouper les noms et les faits 
l(îs plus saillants de l'histoire du quinzième siècle en Italie. 
De là, les développements qu'il a donnés à son travail, ("es 
développements sont en ellet bien au-dessus du mérite dou- 
teux de elean-Marius Pliilelfe, qui ne nous parait avoir eu 
que de la facilité à mal faire. Le manuscrit que nous avons 
suivi pour notiC publication porte la date de 1810; ce n'est 
qu'une première rédaction, incomplète sur quelques points, 
et qui, dans la pensée de son anteui", devait être attentive- 
ment remaniée. Malheureusement il en fut pour cette vie de 
J.-M. Philelfe comme pour la plupart des autres dissertations 
de Favre. lue fois l'ensemble et les détails fixés, et ses recher- 
ches résumées, il fit rentrer cette bio^'aphie dans son p(»r- 
tefeuille , et il ne s'en occupa plus que tout à fait incidem- 
ment. Voilà ce que le lecteur ne devra jamais perdre de Mie 
(!n parcourant cet essai. Toutefois, il lui sera facile d'y 
a[)précier une rare et solide connaissance de cette géné- 
ration de poètes, moitié gentilshommes et moitié bandits, 
que faisait alors éclore en Italie le soleil de la Kenaissancc. 
C'est le désii- de conserver ces savants et curieux détail- 
q; i nous fait livrer, quarante-cinq ans après sa rédaction 
cette vie de Jean-Marius Philelfe à la demi-publicité qu'ellr 
re<;oit aujourd'hui '. 

* • Son til8((K- Fr.-iiiç(>is l'hilclfv ) Mariux. qui avait litTÏtc d« te* talent» i-i>nimr 



XWIII 

Cela dit. il nous faut bien rcconnaitro en même temps 
qu'urj événement domestique d'une très-haute impoi-tance 
pour le i)ioî,'raplie de Jean-Marius Pliilclfe vint faire à ses 
préo(:cui)ations, précisément à cette époque, une diversion 
assez (lan^'cnîusc. Favre avait épousé, en 1811, M^''- lier- 
trand, et cette union, qui lui donna trente années de bon- 
heur, acheva de calmer cette vie jusque-Là si active, et qui 
se partaj^eait avec tant de prodigalité entre le monde et les 
travaux de resj)rit. Depuis lors, elle s'écoula tout entière 
dans les joies de la fLimille et de l'amitié, les occupations 
bientôt reprises de son cabinet, et les devoirs envers son 
pays qu'il fit toujouis passer au premier rang de ses plus 
chères affections. 



Il 



Jusqu'à présent nous n'avons montré que le .jeune homme 
et le savant; il est temps de faire connaître le citoyen. 

Sous la domination française, qui cessa le 31 décembre 
1813, (îuillaume Favre n'avait rempli que les fonctions de 
cai)itaine de l'une des quatre compagnies de réser\'e. Après 



tic son mauvais caractère , devra peut-être une nouvelle célébrité aux recher- 
ilies d'un des hommes les plus savants de notre siècle. M. Favre jetterait une 
vive lumière sur l'histoire littéraire de tous ces savants philologues, sur leurs 
luerelies et sur l'esprit qui les animait, s'il puhliait la vie de ce Marins, qu'il a 
terite. •■ SisM(»M)I , Delà litliTatuic du niiWi (/e /'/iti/o/ie, chap. XI (Touu-1. 
p. iîM), de r 'lition <lr Itruxelles). — L'ouvrage de Sismondi fut publié eu ISIi 



la restauration (le la Répu])liquc genevoise , il fut nommé 
lieutenant-colonel du bataillon du premier district; mais 
l'âge avait déjà ses exigences; aussi, après avoir payé la 
dette militaire que tout (ienovois doit à son pays, il obtint 
(l'être mis à la suilr iui 1821. 

Une autre carrière plus brillante et surtout plus utile 
s'ouvrait d'ailleurs aux talents et au zèle des citoyens. 
Rendue à la liberté, (lenève se reconstituait sur les bases 
d'un gouvernement représentatif, et la place de (1. Fa\Te 
était man[uée au milieu de cette élite d'iionmies dévoués 
(pli, malgré des obstacles sans nombre, faisaient entrer leur 
patrie dans les destinées nouvelles que lui réservait l'avenir. 
Tàclie dilHcile et singulièrement délicate au milieu des néces- 
sités qu'imposaient à (.lenève sa restauration par la volonté 
des puissances alliées, son union récente à la Confédération 
helvétique, et ses nouveaux citoyens, jus(iue-là peu habitués 
aux allures d'un Etat républicain. On sait (à Genève du 
moins) quelle est la double tendance qui se manifesta immé- 
diatement après la Restauration. Les uns, dominés par la 
politique extérieure, qui se montrait assez peu favorable 
aux idées d'émancipation, cherchaient fi doter leur pays 
d'une excellente administration, et à resserrer les liens qui 
unissaient CJenève à la Suisse, où dominait l'élément patri- 
cien. Les institutions démocratiques ne leur paraissaient 
donc pas d'une nécessité démontrée, et ils attendaient plu- 
tôt du dévouement de tous à la chose publi(iue la fusion 
d'intérêts trop souvent ojjposés. Des magistrats habiles, 
conciliants et surtout intègres, étaient à leurs yeux — quelle 
(pie fût la base politique du jxtuvoir — le premier bes(»in du 
nouveau canton. D'autres citoyens, au contraire, eutrainés 
par le courant du siècle, c(»n vaincus de l'excellence des 
grands principes de Si), (pi'ils ne reudaient point responsa- 



XXX 



blés des crimes qui les avaient souillés , jurisconsultes émi- 
neiits, historiens fi la vaste renommée, savants et i>rofes- 
seursdistini,Miés, patriotes ardents, formaient une phalancre 
moins nombreuse que la première, mais où circulait plus» 
librement le souffle du véritable progrès, et qui promettait au 
System»; oj)posé une lutte aussi loyale qu'éclairée. Sismondi . 
Bellot, l'ictet Diodati, Iv Dumont et bien d'autres encore 
s'étaient enrôlés sous cette bannière, et Favre prit immédia- 
tement sa place au milieu de ces hommes , qui tous étaient 
ses amis. De 1814 à 1841, il fut toujours (sauf les interrup- 
tions légales) membre du Conseil Keprésentatif et souverain, 
son nom sortant au premier rang dans les élections, et ja- 
mais, dui-ant ces vingt-sept années, on ne le vit se départii- 
de cette voie à la fois sage et libérale, dans laquelle, grâce 
à ses efforts et à ceux de ses collègues, Genève ne cessa 
d'avancer. Reconnaissons aussi que le progrès politique et 
social, représenté par des hommes tels que ceux que nous 
venons de nommer, devait rallier toutes les sjTnpathies; il 
n'est donc pas étonnant que, sans luttes violentes, et par la 
seule force de la logique et de la persuasion, ce progrès ait 
réussi à triompher des difficultés que l'état des affaires i)u- 
bliques opposait à son développement. Heureux, quoi qu'il 
advienne, l'Etat qui peut compter dans ses annales un quart 
de siècle de labeur paisible et d'améliorations sans nombre, 
d'union sincère et de vrai patriotisme, semblable à celui 
que traversa Genève de 1814 à 1841. 

Quant à la carrière politique de Favi'e, notre intention 
n'est pas de la développer. Il faudrait pour cela refaii'e 
souvent Thistoire même du Conseil Représentatif et rentrer 
dans des débats qui ne vivent plus que dans le Métnnritil 
des séances de ce corps. 11 nous siifKt d'avoir rappelé les 
tendances qui dcmiinaient les ])artis et retracé dans ses 



traits généraux le caractère des luttes et des délil>érati<»ns 
auxquelles Favre prit toujours une part fort active*. 

« L'obligeance inépuisable de M. l'ancien conseiller d'Ëtat Le Fort nom per- 
met de conserver ici quelques détails de cette carrière politique de l* Farre 
dans le Conseil Hepré-sentatif. 

• M. Favre, nous écrit M. Le Fort, fut élu membre du Conseil l{epri-«vntat!f 
à sa formation en 1814 dans la première série. 

Réélu en avril 1827, à la première opération directe, par OiO vuix sur 771 
votants (le premirr). 

Kééla en août 1837: à la première opération il eut 988 suffrages sur IU73 
' il fallait 1117 voix pour être nommé ; personne ne fut élu). A la deuxièmi- opé- 
ration, il fut élu par 1217 sulfrafçes sur li70 votants. A chacune de ces deux 
ixrations il était le premier sur la liste. 

M. Favre a fait partie d'un grand nombre de commissions, ainsi : 

1° Il est élu au scrutin le io octobre iNl i, membre de la commission sur Ir 
fiiojel lie loi relatif <i ht fnrnuttititi de In gurnison. 

2" Le 2!) mai IHIJi, il est élu au scrutin (!••' tour, 01 voix sur 171), membre 
(le la commission cbargin; de l'examen de la convention du 20 mai, sur le pas- 
sage des troupes alliées. (Voyez VHitloire île la Restauration genermte, par 
M. Albert Killiet, p. 287.) Dans la commission il fut de la minorité qui pro|>o»ait 
le refus, avec M>1. Pictet-Miodati , lîellot , .Masbou, Kyiiard , Lasserre et \\o\s- 
Kitr, professeur. Il Muitiut c«t avis ilans le (,'oiis»il liepréseiitatif it fut luii des 
H2 refusants 

3" Le 27 mai iSIti, il rst nomme luenibre de la commission diargii- tU- l«xa- 
men du projet de loi sur le droit de passage aux portes. .V la séance du 19 juin. 
M. Favre fit le rapport au nom de la majorité de la commission proposant l'a- 
doption. Contre-rapport de M. Girod, professeur. Loi adopté-e le 3 juillet. 

i" Le 5 décembre 1817, il est nommé membre de la cummissinn chargée de 
l'exnmen d'une proposition du Conseil d'Ktat de vendre aux enchères Ihotel de 
la ci-devant préfecture. La commission s'étaut prononcée contre la vente, il en 
résulte une convention approuvée le 23 mars 1818, d'après laquelle la Société 
r.conomique redevient propriétaire de l'hôtel. 

5" Le 9 mars I81H, il est nommé membre de la commission charge de l'exa- 
men du code pénal militaire pour les régiments suisses au service de France 
M. Favre fit le 30 mai son rapjwrt qui donna lieu à une discussion très- vive 
entre M. Des Arts et MM. Favre et Bellot. Le Conseil Représentatif adopta l'avis 
de la commission (contre celui du Conseil d'f-tatl de déclarer que le Code ayant 
déjà été mis en vigueur par l'adoption de la majorité des cantons, le canton de 
«lenève n'émettait aucun vote sur ce Code dont il blài^iait plusieurs disj»ositions. 

fi" M. Favre a fait partie des commissions chargé>es de l'exameti '!■ « it ' 

e la haute Diète des sessions de 1818 et 1819. 



XXXII 

Ceux qui l'ont vu siéger à cette époque dans le Conseil 
1 représentatif se rappellent encore la clarté et la dignité de 
son exposition, sa voix ferme et sonore, son attitude et son 
geste qui étaient souvent l'attitude et le geste du véritable 
orateur C'est dire beaucoup, sans doute, mais si d'au- 
tres l'ont oublié, nous nous souvenons que, pendant long- 
temps, notre Conseil Représentatif fut le théâtre de dis- 
cussions qui n'auraient point été déplacées sur une scène 
plus vaste, et que la gravité des questions qui s'y débat- 
taient ne le cédait en rien à celles qui agitaient alors les 
assemblées représentatives des autres Etats constitution- 
nels. 

Du Conseil Représentatif, Guillaume Fa\Te se rendait aux 
séances du Conseil Municipal de la commune des Eaux- 
Vives dont il a longtemps fait partie. 11 aimait ces modestes 
réunions, car il y trouvait l'occasion de faire entendre un 
sage conseil ou de favoriser quelque mesure utile. Aussi le 
souvenir de sa bonne volonté , de son infatigable complai- 
sance et de la libéralité dont il donnait l'exemple \it et vi^Ta 



7" Il a étc membre dune commission chargée de l'examen de la loi du 28 
mai 1823, sur diverses dépenses municipales de la ville de Genève et une 
émission de rescriptions de 310,000 florins. 

8" Il a été membre de la commission nommée le 19 septembre I8.'i8 à l'oc- 
casion de la note de la France relative à Louis lîonaparte. Il vota avec la ma- 
jorité (le la commission (Mémorial, p. 531, onzième année.) 

M. l'avre a été membre du Conseil Municipal des KauxVivcs, jusqu'en 1812 
où il fut élu à Genève. 

Hci'ulution de IHil. ' 

M. l'avre est élu membre de l'Assemblée Constituante, par le Collège Electoral 
des Eaux -Vives. 

Il est élu en juin lKi2 membre du Grand Conseil juir le même collège et réélu 
en IHU. 

Il est élu membre du Conseil Municipal de la ville de Genève par le Collège du 
l'are en 1812 et réclu en I8i5 pour six ans - 



XXXIIl 

longtemps encore dans le souvenir reconnaissant de ceux 
qui étaient alors ses voisins et ses administrés. 

Guillaume Favre passait eu effet la ]»lus ^n'ande partie de 
l'année dans la commune suburbaine des Kaux-Vives, où 
il avait hérité de son père, mort en 18 13, une de ces belles 
maisons de cami)ajîne, ornement des rives de notre lac- 
Chaque printemps il revoyait avec bonheur les ombrages 
séculaires et les prairies de La Grange ; mais, peut-être 
leur préférait-il encore la vaste bibliothé(iue qu'il y avait 
réunie. Aimant avec passion les livres et pouvant, f^rîico. 
i\ sa fortune, satisfaire largement ce goût, il i)ossédait 
tous les ouwages qui se rapportaient de près ou de loin 
à ses études ; aussi l'espace dont il pouvait disposer de- 
vint - il bientôt trop étroit. C'est alors (pi'il fit construire 
la galerie qu'il joignit à sa maison, et dans laquelle il 
installa ses ir).()()0 volumes. Une fois au milieu de ses tré- 
sors littéraires et livré à ses reclierches érudites, cette vie, 
paisiblement occui)ée, et que complétaient les devoirs du 
père de famiUe, de Tami et (hi citoyen, était bien préfé- 
rable à ses yeux à toutes les distractions que le monde 
aurait pu lui offrir. De là le charme toujours idus grand 
qu'il trouvait à La Grange, et le chagrin (pi'il éprouvait de 
la quitter au connnencement de chaque iiiver. 

Genève lui offrait cependant une intéressante conq)ensa- 
tion à cette séparation in(mientiinée : c'était la bibliothèque 
publi(pie, à laquelle il avait voué de bonne heure une pailie 
de son activité. Fondée ajirès la Kéfonnation et se compo- 
sant d'abord des seuls li\res de IJonivard, augmentée suc- 
cessivement, grâce à des dons généreux et à quelques faibles 
droits payés par les professeui's et les étudiants de l'Aca- 
démie, la bibliothèque de Genève avait pris au dix-huitième 
siècle un rapide accroissement. Lu discours remarqua- 



hic )>;ir Sun rlr^Miicc ft SU savaiitc latiiiitr, pnuioiu-é par 
. I. -Alphonse 'ruiTcttiiii, inaii-^nirait déjà en 1703 cetto ère 
nDUVcllc (le i)i-i)si)riitr. Le (lix-liuitiènie siècle fut donc pour 
notre bibliotlièqne pul)li(ine une épocpie nn-nioraldc, pcn- 
<lant la(iuelle elle s'enrichit d'inipiirtantes accpiisitions et de 
dons nî:i^niti(iues, tels (pic cvnx d'Ami Liillin. (pii lui léj^ia 
des manuscrits d'une v.ilcnr inappréciable, Malheiu'cuse- 
nient nos troubles politiques arrêtèrent cet essor. Sous la 
domination française, la hil)liothè(iue avait passé dans les 
at ributions de la Société cconomiipu' comme i)ropriété des 
anciens Genevois, 

Ce fut alors que (iuillannie Favre entra dans la direction 
de cet établissement (1 809) pour n'en soitir que quarante ans 
plus tard. Son activité se porta d'abord sur les manuscrits 
et les nombreux incunables que possède la bibliothè(iue. 
Senebier avait fait avec beaucoup d'exactitude et de sav(jir 
le catalof^ue des premiers, mais comme il était également 
utile de classer avec soin les éditions les plus importantes 
du (luinzièmc siècle , Favi'e se mit à son tour à ce travail 
biblioi^Taphique assez long, assez difficile, et il le mena jus- 
(pi'au bout avec sa persévérance accoutumée. Il ne lui suf- 
fisait pas de décrire le volume avec son titre, son format 
et sa date, à l'exemple du vulgaire des bibliographes : son 
but était plus sérieux, et plusieurs de ces incunables devin- 
rent le sujet de petites dissertations, dans lesquelles il se 
mctutrait le rival desBaulacre et des Abauzit, Ces notes, soi- 
gneusement rédigées, se trouvent encore placées en tète 
des volumes (pi'elles décrivent : elles y resteront pour attes- 
ter le g(»ùt et le savoir île leur auteur. (,)uant aux éditions 
genevoises , auxquelles il avait donné une attention spéciale, 
Favre en fit plus tard le sujet d'une dissertation particu- 
lière sur laquelle nous reviendrons. 



XXXV 



A cette activité et ù ce sacritire «lu son temps, Fa\Te 
aimait à joindre d'autres preuves de rintûrêt qu'il prenait 
à notre biljliotlièque. Il faut l'avouer : jamais, à aucune 
('poquc, les ressources de cet (tablissement nont t'tt'' pro- 
portionnées à son imp(jrtance, et si notre bibliotlirqu»* tient 
une place honorable entre celles des villes savantes, elle le 
doit bien i)lus à la générosité de quelques citoyens qu'aux 
sacrifices de l'Etxit. Fane resta fidèle à ces exemples de li- 
béralité. « Les dons en livres de M. Favre, nous écrivait 
assez récemment M. le bibliothécaire l'rivat, fonneraicnt à 
eux seuls un catalogue remarqiiabk' par le choix des ou\Ta- 
ges. » Nous n'en citerons qu'un seul, parce qu'il est le dernier 
et le i)lus imi)ortant de tous : c'est le célèbre recueil des 
Acla Siuiclormn , \)n]A\r par les Bollandistes, qu'il lé^nia î\ 
la bi])liothè(pi(' par son testament. 

Mais il ne suttit pas (ju'une bibliothèciuc ait des lin-es, 
il faut (pi'elle soit facilement accessible au public studieux. 
Favre insista donc pour qu'elle fût ouverte plus fréquem- 
iiu'iit, et connue on lui objectait, avec quelque raison, hélas! 
les chilfres peu brillants de son bud«;et, il offrit de payer le 
mobilier de la salle de travail, si l'fltat prenait à sa charge 
les autres dépenses. L'Ftat accepta t't Favre s'empressii 
de tenir sa i)romesse. Nous ne voulons point exagérer la 
valeur (le ce don: toutefois nous tenons à le rappeler 
aux amis de l'étude «luattirt' notre bibliothèque publi(iue. 
IV'Ut-étre, au milieu de l'accueil empressé qu'ils y trou- 
vent, réserveront-ils un modeste tribut de reconnaissance 
au savant aimaijle ([ui, songeant aux générations de tra- 
vailleurs (pli lui succéderaient, a voulu leur rendre plus at- 
trayant le séjour de cette salle, avant lui sombre et triste, 
où il^ devaient venir sasstMÙr à leur tour. 

(iuillaume Favre re^ta membre de la direction de la bi- 



\\\\ I 



hliotlicqiK' .jusciuVii l.sl!l. Il lit iilui> une vive opposition 
;iii.\ chaii^'i-'iiiciits intérieurs qui se préparaient: il voyait avec 
iiKpiiétudc rinriuencc de la révolution {genevoise atteindre 
des «•tahlisscnicnts (jui, pai- leur caractère , devraient être 
à 1 abri de toute couunotioii p(»litique, et ce fut sous cette im- 
pression (pi'il vota contre lestransfonnations que subit alors 
l'administration de la bibli(*tbèque. Mais les services qu'il 
avait rendus étaient dune imi)oilance assez reconnue pour 
qu'il lut aiJpelé , nial^n'é son opi)osition , à siéger dans la 
nouvelle coiinnission. Il y parut une fois encore , et depuis 
lors il s'abstint de prendre part à ses travaux. La biblio- 
tbèque nCii avait pas moins conservé tous ses droits à son 
affection , et chaque fois que sa longue expérience fut uwo- 
quée, elle ne Ht Jamais défaut à ceux qui sollicitaient ses avis. 
Quel (|ue fût raccroissement de la bibliothèque publique, 
elle ne suftisait pas cependant aux nouveaux besoins intel- 
lectuels qui se faisaient jour à Genève depuis la Restaura- 
tion. Aussi, en iHl.s, douze citoyens, au nombre desquels 
était Favre , prirent-ils l'initiative de la création de la Société 
(le Lecture. Accueillie avec une faveur qui ne s'est jamais 
ralentie, cette belle institution lijrandit chaque année en im- 
portance, et sa bibliothè(iue, qui compte aujourd'hui de 40 
à 4r),()0() volumes, est devenue l'une des plus considérables 
que i)ossè(le une société particulière. Grâce à la libérale 
hosi)italité que ses fondateurs s'étaient empressés d'y intivt- 
duii"e, la Société de Lecture, ouverte aiLx nationaux connue 
aux étrangers, a contribué pour sa large i)art au maintien 
des bonnes études, tout en créant ou en resseirant de plus 
étroites relations entre les Genevois et leurs hôtes du de- 
hors. Ilcmnne de science à la fois et honmie du monde, 
Favre ne pouvait demander un succès i)lus complet pour 
ce bel établissement. 



xxxvn 



Il y îivait une autre institution qui réclamait également 
le concours actif de G. Favre. Nous voulons j)arler de 
la Société pour V avancement (hs ,l//.f, dont la vie et l'action, 
toujours fécondes se sont répandues sur une foule d'œu\Tes 
bien diverses sans doute, mais trjiites inspiives jKir l'amour 
ou la ^doire du pays. Cette Société se divise en tr(»is classes 
qui ont pour but l'agriculture, l'industrie et le conmierce, et 
les beaux-arts. Ce fut dans la section des beaux-arts qu'entra 
Guillaume Fawe (il la présida de 1sl>7 à 1828), non pas 
que l'agriculture ou la haute industrie n'eussent pour lui un 
grand intérêt, mais il aimait mieux contempler, juger et pos- 
séder les cliefs-d'ceuvre de l'art, et le même penchant qui 
l'avait jeté à vingt ans dans les études littéraires, avait aussi 
fait de lui un appréciateur habile et intelligent des produc- 
tions de la peinture et de la statuaire. En achetant son hôtel 
de la rue des (iranges, il stipula que le i)ropriét4iire, M. Duval 
(de Cartigny), lui laisserait la collection de tableaux (pii s'y 
trouve encore, et qui est une des plus remanjuables de (îe- 
nève. Elle ne se compose que de vingt et une toiles, mais 
toutes, sans cxcepti(jn, sont l'ccuvre des plus grands maîtres 
hollandais, et la Vache au pdinnif/e, d'Albert KuN-p, V Entrée 
de la furet, d'ILjbbcma (tableau gravé sous le nom de Kuys- 
daël), la Halte des roi/arjeurs près d'une hôtellerie^ de Philippe 
Wouwennans, la Dictée, de Jean de Kawestein, sont des 
tableaux qu'envierait à bon droit une galerie princière. 
Favre réunissait en même temps à La Grange plusieurs 
toiles de nos excellents paysiigistes genevois , et MM. 
Diday, Calame et (îuigon y furent représentés par des leu- 
vres choisies avec goût et dignes de la réputation de ces 
peintres éminents *. 

' Voyt'Z J.-J. iiigaud, Revueil df rfmeiynftntnla iei<tlif% à in cullurt de* 



\\\\ m 



Le niùiiK^ tact diri.i^'ca (JuillaiiiiU' Faviu dans ses voyages 
(l'Italie. Il faisait bâtir sa bibliothèque de La Grange, 
et il profita d'iiii heureux concours de circonstances pour 
reinbellir d'un groupe de Canova. Les œuvres de ce statuaire 
excitaient alors l'enthousiasme universel. Il n'entre pas dans 
notre sujet d'(?xaminer si cet enthousiasme était toujours 
bien réfléchi, et si les marbres du sculpteur vénitien le dis- 
putent , comme on l'a prétendu , à ceux de Phidias. Ce que 
l'on ne peut contester, c'est que, parmi les sculpteurs moder- 
nes, Canova tenait et tient encore un des premiers rangs. 

Fa\Te s'adressa donc à Canova lui-même, avec lequel il 
avait formé à Ivomc des relations d'amitié. L'atelier du gi'and 
artiste ne renfermait alors aucune de ces œu^Tes que se 
dis[>utaient les musées de l'Europe , mais Canova désigna à 
Fa\Te un groupe de grandeur naturelle, représentant Vénufi 
et Adonis, que possédait à Naples le marquis Salso de Bemô. 
« Si vous l'achetez et que vous le fassiez venir à Rome , lui 
dit Canova , je m'engage à le retoucher. » Cette œuvre da- 
tait de 1794, c'est-à-dire de la plénitude du génie de Canova 
(il avait alors 37 ans), et l'admiration excitée par ce groupe 
avait été si vive que, lorsque le marquis de Berriô louait 
fait transporter à Naples, le peuple napolitain, qui a con- 
servé de son origine grecque le sentiment iinié du beau , avait 
hnprovisé en Thonneur de Venus al Adonis une fête où 
l'enthousiasme ne fit pas défaut. Ce groupe était en même 
temps une des oeuvres préférées de Canova , et il ne s'en 
était séparé qu'avec un véritable chagrin. « Je regixîtte , » 
écrivait-il h un de ses amis, « je regrette d'avoir terminé 
« num gr(mi)e, tant j'ai ju'is de plaisir à ce travail Des 



be(iit.i-tiili (t f»(7(i iv, lians Its Mémoires tic In ^mnlf il Itntoire et <l dnlico- 
liiijif, lomc VI, page i'-o. 



\X\I\ 

« personnes (\m m'ont vn si attac lir à cet ouvra<^'e ont bien 
« voulu Tapplaudir, et ee qui prouve ma faiblesse, c'est que 
« je m'en suis aussi applaudi en secret. Vous savez que c'est 
« la première fois que cela m'arrive. Quand je suis hors de 
« mon atelier, et que je rctléclns à Tinnuense esi)ace qui me 
" reste à parc(»urir pour atteindre à la perfection , je suis 
« tenté de détruire mon ouvraj^e. Mais, quand je l'ai devant 
« les yeux, je sens encore au fond de mon cieur que je ])uis 
« fîiire mieux; je (therclic en vain ce mieux; il m'échappe et 
« je ne puis le réaliser; je crois dune m«in (tu\Ta^'e au niveau 
« de mes idées '. » 

Le manpiis Salso de Berriô se nnjntrait disposé à se sé- 
parer de son gi'oupe de Vrnus et Adonis. Favre, de son côté, 
était prêt à l'ac^heter, et Canova l'y encourageait. GrAce à la 
bienveillante intervention de M. Meurikotfer, consul général 
de la Confédération suisse à Nai)les, le marché fut bientôt 
conclu, et M. Meurikollér descendait l'escalier <le l'hôtel 
Herrio lorsqu'il rencontra l'ambassadeur de Russie (pii le 
montait. Une courte conversation s'engagea entre eux. « J'ai 
appris, lui dit le diplomate russe, que M. de Berriô veut 
vendi'e son Adonis; ^aw ai écrit à ma cour, et l'empereur 
m'a chargé d'en faire l'acjpiisition pour un de ses palais. Ca- 
nova sera ravi de cette bonne fortune » — « Cette bonne 

fortune lui arrive un peu tard; M. de lîerriô dira à Votre 
Excellence que le groupe est vendu, et que c'est M. Favre. 
de Genève, qui vient de l'acheter » Kt saluant, peut- 
être avec un léger sourire de triomphe, le diplomate désap- 
pointé, notre consul le laissa réfléchir à ce jeu de la for- 
tune, (pii mettait aux prises l'empereur de Uussie et un 
modeste amateur, et qui ne donnait pas la victoire au premier. 

« J.-J. Kipan.l, ! ^ 



XI 

CaïKiVii tint sa promesse : il rctouchii Vinus t-t Adoms, et 
sa iiiuif , (jui arriva peu de mois après, fait en quelque sorte 
de ce {groupe un de ses premiers et de ses derniei*s chefs- 
d'dîuvre. 11 orne encore la bibliothèque de La Grauf^e. 

Comme nous lavons dit, l''a\Te s'était enfin décidé à 
iwrcourir de nouveau cette Italie, dont les arts, riiistoire 
et les lettres l'avaient toujours singulièrement attiré. Il l'a- 
vait dt'jà vue, à l'âge de 17 ans, avec son père, et le temps 
n'avait point ellacé les souvenirs qu'il en avait rapportés. 
Trois voyages successifs dans les hivers de IblT à 18 ly, 
de 1821 à 1822, et de 1822 à 1823 lui tirent connaître la 
péninsule tout entière , et le mirent en relation suide 
iivec un grand nombre de savants. 11 s'aiTêtait volontiei*s 
dans chaque ville où il trouvait une bibliothèque impor- 
tante et des littérateurs de mérite, et surtout à Milan. 
LWiubroisienne et son illustre bibliothécah'e, ^Vngelo Mai, 
avec lequel il s'était intimement lié , lui livraient leurs im- 
primés et leurs manuscrits. Il visitait Inghirami en traver- 
sant la Toscane : puis, ses recherches tenninées, il allait 
se ti.xcr à Rome, où il se rencontrait avec le cardinal 
Consalvi , Canova , et un grand nombre d'étrangers de 
distinction, (pie chaque liiver réunissait autom* du Capi- 
tole. Ce fut dans le voyage de 1821 qu'il tit l'acquisition 
du groupe de Venus et Ailouis. Il est à regretter que Favre 
n'ait pas rédigé de ces excursions, faites à une époque 
fort curieuse au point de vue p<»liti([ue, une relation que 
nous puissions suivre aujourd'hui. MalJieureusement, ou il 
n'y a pas songé , ou , ce qui est plus probable, sa mémoire 
lui suffisait, car les notes (jue nous avons reti'ouvées de 
ces voyages ne concernent guère que les documents qu'il 
avait recueillis rà et là duis diverses bibliothèques. 



Ml 



III 



Lorsque (Juillaumc Fanto re\int à (ieiu'vc (le voyage 
(Vltitlicde 1822 à 1823 fut sa dmiit'iT t'xcursiou), sa belle 
l)iljli()tliè(|ue était installée dans la ^'alerie de La (Jranj^e, 
et le groupe de Canova y attirait tous les amis des arts, 
l'avre avait alors 53 ans; il semblait que ce fût bien tjinl 
jiour jouir des richesses littéraires qu'il avait réunies : 
il dut ce|)endant à sa vijîcmreusc santé de passer au milieu 
de sa famille, de ses amis et de ses livres , près de trente an- 
nées encore, et jamais vieillesse ne fut ni mieux, ni plus 
dignement parcourue. La plus grande partie du jour était 
réservée à ses travaux, et c'est alors qu'il reprit, en les 
('(jmplétant, son llistnin' [(ihulcusc iVAksiimlrc et son Essm 
sur 1(1 liltmiture sacrri' et profane des Goths, dont il avait 
déjà développé quelques parties dans deux articles de la 
liihlit>thè(jne IJunersclle. Nous y reviendrons bientôt. Ces lon- 
gues heiu-es, (jui s'écoulaient toujours trop rapidement au 
gré de sa passion pour la science, étaient en quebpie sorte 
sacrées pour lui, et elles ont fait bien des fois rétonnement 
decertiiins honuues dont le désœuvrement ne comprenait rien 
i\ ces goûts de bénédictin. Il n'y avait guère que l'intérêt 
même des lettres qui pût l'arracher à son travail. Non-seu- 
lement ses livres étaient à la disposition de tous les hommes 
studieux, mais il était toujoui-s prêt à y Jonidre les notes 
(pi'il avait réuuies, les conseils et les directions que pouvait 



\l II 
liiisii<,'};<''n'rsoii «ru litioii en iiiic inultitmlc «le sujets divers, 
et iiK'iiic. s'il I(» f.tihiit. (le iioiiveiles reitherciies dont reten- 
due ne le rel)Utait jamais. On verra, par les lettres de (îuil- 
lanine Sclileu'el, (|ueile devait être son inépuisable coin- 
l)laisaiM'e. lîieii pins, si quelques volumes ne suffisaient pas, 
sa l)il)liotliè(iue elle-même était libéralement ouverte aux 
travailleurs sérieux. Ils y restaient aussi lonf,'temps qu'ils le 
désiraient, et c'est ainsi qu'un savant danois, M. de Brond- 
stedt, y vécut, pour ainsi dire, quelques semaines avant d'en- 
treprendre ses ^n-andes excursions arcliéolo'^iques. Favre 
se taisait en même temps un devoir de répondre avec une 
complaisance infatigable à toutes les questions qu'on lui 
adressait, et tel était Tordre (piil avait introduit dans ses 
livres et dans sa mémoire, qu'il pouvait presque toujours 
satisfaire aux nombreux renseii^nements qu'on réclamait «le 
son savoir. Son action s'étendait encore plus loiiL Tous 
ceux qui se sont occupés de recherches érudites savent 
(pielles difticultés on éprouve souvent à faii'C passer ces 
recherches et leurs résultats dans le domaine de la pu- 
blicité. Favre était d'abord Thomme des encouni^'cments et 
des bons conseils; puis, le moment venu, le souscripteur 
actil'et généreux. Quehpies pages feuilletées au hasard dans 
le catalogue de sa bibliothèque le prouveraient bientôt. 
Nous n'en citerons qu'un exemple. 

Peu d'années avant sa mort, il reçut la visite du célèbre 
Tiscliendorf, dont les travaux sur le texte de l'Ancien et du 
Nouveau Testament, et les voyages en Orient à la reiher- 
che d'anciens manuscrits sont si connus des uiteri)rètes 
de nos Livres sacrés. M. Tischendoi*f entretenait le savant 
genevois de son désir de publier en [(W-siinilc le Cothw CUi- 
nuuonUtuus^ ([ui remonte au sixième siècle, mais il parlait 
aussi des f|-ai^ au\(iuel^ le cuiKlaiiinait cette belle jinblica- 



\[ III 

iKMi , il'iiit If |ni\ (l('V;iif l'Iiii^iKT la toiilf dr^ .irlictcurs. 
N'ivcmcnt frappr dv liiitrTt't i^w promettait ( cttr icprotluc- 
tioii, Favre voulut ininu'diatt'iTKMit y concourir, et il pria 
M. Tisclieiidoi-t" de le comj)t('r connue double souscripteur 
à un livre «pii ne rentrait (pie de bien loin dans le cercle 
de ses études *. 

Ses heures de travail écoulées, Favre appartenait dès 
lors tout entier à sa famille, dont il était riioimcur et la 
joie, et il ses amis (pril réunissait fré<[uenHnent sous le toit 
liosi)italier de La (iran^'C. Ces hommes étaient ceux (pii 
illiistiaient alors le n(»m f;enevois, et dont l'action imli- 
viduclle ou collective ne tut pas sans éclat au dehors, ni sans 
intlueiicc sur le mouvement j^énéial des affaires publirpies. 
( )n y voyait suitout — ni>us ne citons que ceux (pie la mort 
nous a i-avis — Mticiiiie Dumoiit, l'ami de Mirabeau et le 
traducteur de lîentliam, (pii faisait revivre par sa parole et 
par ses écrits ces premièi'o aimées de la révolution fran- 
çiiise et ces fameuses luttes de la tribune et de la jUTsse aux- 
((uelles il avait pris une jurande part; - sir Francis d'Iver- 
n(»is ([ui, sous l'Kmpire, avait porté en An.i,deten*e son 
activité de stiitisticien et son indépendance de juibliciste, et 
(pii cherchait à populariser sur le continent, en suivant les 
traces de De Lolme, les doctrines constitutionnelles de son 
jiays d'adoption; — de Cand<»lle, (pie son ^ïénie scientifi(pie 
élevait au-dessus de ses amis, et cpii les éjjalait par son ap- 
titude politicpie et son dévouement aux intérêts intellec- 
tuels et moraux de son pays; — J.-.I. lîij^aud, (pii exen.a 



• M. Tiscliondnrf se souvenait sans doute i\v cet acti- di- liixrniit. l'rs.juii 
iVriviiit dans la prifact* do son étlition du Nouveau Ti-stamcnt : • ¥.x hclvelico iii- 
uiTc nomina oarissima halH.H> De Wcttii in «jud jvir est huDianilas enidilioni, 
.Mui'lleri professons, virii|ue lil>eralis>iuii apud (tenevenscs. eiari t. Kavre Ik-r- 
trund. . (Kdit. de 1842 et de IKIl» 



M 1\ 

iiiif iiitluciic»' aussi «^raiulc (|U(' l«''j^Mtimt' sur lu lUrectiou des 
aiïaircs de (icuève et de la Suisse, et dont la capacité 
administrative semblait ai)i)el<'r un j)ius vaste théâtre; — 
K(js>i , le proscrit italien que (icnève avait accueilli et 
adopté avec la plus vive sympathie, et qui, sans doute, au 
milieu de sa brillante carrière et jusqu'à son heure fatale, 
regi'etta plus d'une fois les amis dont il fut si longtemps 
entouré; — Simonde de Sismondi, dont Tintimité avec 
Favre datait, comme nous l'avons vu, des plus mauvais 
jours de la Révolution et de la prison du bastion de Hol- 
lande; — Pictet-Diodati , l'ancien représentant de Genève 
à Paris sous le régime impérial, et qui, dans les premières 
aimées de la Restauration , était devenu le chef de l'oppo- 
sition libérale dans la petite république ; — Lullin-de Châ- 
teauvieux, que ses VoycKjcs (Ufrunomiques en Italie, et surtout 
le M(uni!<nil iriunlc S(tinti'-IIi''lt''ni' Qt les Loltrea de St-Jitinr<i 
avaient rendu célèbre comme excellent observateur et pulili- 
ciste original; — de Bonstettcn, cet aimable vieillard, phi- 
losophe à la fois et archéologue plein d'esprit et àlninKntr; 
— IMarc- Auguste Pictet et Pictet de Rochemont, l'mi profes- 
seur habile, l'autre di})lomate heureux et prudent, auxquels 
la liil)(i()tlii'(jiit' liriliiiuiitjucct la Hililiolln'yue Viihirsullr durent 
leur grand et légitime succès ; — Boissier, dont l'Académie 
de Genève gardera longtemps le souvenir, et que ses travaux 
littéraires et archéologiques rapprochaient entre tous de 
Favre ; — le baron Maurice , auquel ses décou\ ertes dans 
les sciences matliématiques avaient ouvert les portes de 
l'Institut de France, — et tant d'autres encore, moins 
connus au dehors de Tintimité genevoise, mais que leurs 
goûts sérieux ou leur vie, mêlée aux discussions de la légis- 
lature et du gouvei iionu'ut , unissaient à Favre comme 
ceux dont nous venons de rappeler rapidement les noms. 



l^st-il iK'CCSsairo d'ajouter que sa maison éUiit ('paiement 
(►uverte aux savants et aux rtran^ers qui s'honoraient de 
lui être présentas et qui remportaient chez eux limpres- 
siou sahitairc de cette vie consacrce au travnil au sein 
de Toiiulence et à raccomplisscment il<s dcN oir-- du ci- 
to} en ? 

Il est ccpend;iiit nu nom que nous n'avons pas encore 
cité et qu'il nous est impossil)lc de passer sous silence. On 
sait quelle part Genève, avec toute l'Kurope libcrale, prit î\ 
raftiancliissement des (Jrecs. Depuis lors, les circonstances 
ont bien chani^c ; mais ([uel (pie soit le déplacement qui se 
soit fait d('i)uis trente ans dans nos appréciations, on ne 
peut nier la p-andeur et la spontanéité entraînante de ce 
mouvement qui faisait secouer à l'Europe le jouj; de la di- 
plomatie, pour défendre la cause d'un peuj)le chrétien. A 
(lenève, l'élan était donné par M. Kvnard, dont le iu)ni 
restera indissolublement lié à ces nobles efforts (|ui ont 
fondé la nationalité hellénique. Favre, qui \ivait depuis 
tint (1 années ;iu milieu des souvenirs de l'antiquité, et qui 
(tait en même temjis un défenseur convaincu des idées libé- 
rales , s'était uni de cceur et d'activité à M. p]ynard , et ce 
fut diins sou salon que se f(»nda la i)remière société conti- 
nentale j)our^art'ranclli^sement des tirées. Genève entendit 
son api)el, car il y avait pour elle, dans cet appui donné à un 
peuple opi)rimé, quebpu^ chose de plus qu'une simple pro- 
testation. Ces Hellènes, (pii revendi(iuaient leiu* liberté, 
rappelaient au.x Suisses leurs héros luttiint contre la maison 
d'Autriche, et à (ienève sa i^lorieuse résistance à l'ambition 
des dues de Savoie. Capo distria vint à son tour ai)puyer 
le jjrand mouvement à la tètedmpiel était M. Kvnard. Ten- 
dant (pie .M. Kvnard agissait à Londres et à Taris, et que 
( iil)o d'istria mettait à son service ses relations diplomati- 



M N I 

(jiu's, I''a\i»', (l;lll^ im ( nclc (liictivitr plus restreint, mais 
encore toit utile, oi-^Miiisait à (Jeuève les comités de se- 
cours, et il en était nouinié le picsident. Il serait aujour- 
(Vlnii quehiue peu téméraire de i)iopliétiser le sort réservé 
ù la (iivce: sans doute, ce jeune royaume n'a pas tenu 
toutes les brillantes espérances que ses amis avaient pu 
concevoii', et si l'excellence d'une cause se juge à ses succès 
immédiats, celle des pliilliellènes de 1823 n'est pas encore 
j^aj^née. Mais laissons à l'avenir son a'u\Te: nous dirons seu- 
lement que Favre fut un des auxiliaires les plus dév<més 
de M. Kynard, et qu'il avait trouvé dans Capo d'Istria une 
(•(Mitoniiité de goûts littéraires et de vues i)oliti(pies qui ne 
tarda pas à resserrer en une amitié véritable cette liaison 
formée pour venir en aide à un peuple opprimé. 

Telle était la société qui, |)endant i)lus de vingt ans, à 
dater des i)remiéres années de la Restauration, eut un de 
ses (;entres de réunion à La Grange. C'était au milieu de ces 
hommes que Favre s'était fait une place éminente qu'il de- 
vait, non à sa fortuno et à sa position sociale, mais au viai 
libéralisme de son caractère, à sa vaste instruction , à l'élé- 
vation et à la noblesse de ses sentiments. 

Cette vie , nous aimons à le répéter, n'arrêtait d'ailleurs 
en rien ses travau.\. Sa bibliothèque et son cabinet conser- 
vaient polir lui tout leur attrait, et nous savons déjà (pie 
ce fut alors qu'il se mit à rédiger les résultats de quehpies- 
unes de ses recherches, avec l'intention évidente de les li- 
vrer à rim])ression. Nous laissons de côté une f<»ule de notes, 
d'extraits , de mémoires ébauchés , qu'il est inutile d'énu- 
mérer. Nous no nous arrêterons avec quel(|ues détails que 
sur les dissertations qu'il avait à i)eu près terminées et que 
nous publions aujourd'hui. 

Nous avons vu (iu'cmi 1S17, ;i répo([ue où l'abbé .\ngelo 



M \ 



Mai faisait paraitrc ses traj^nnciits iiu'-dits sur Alcxamlre, 
l'avre était drjà tout prêt à les souniettrt' à TcxauRMi tl'uur 
critique éclairée. 

Sa correspoiidaucc avec (î. Schlcgel et ses ai1icle> insé- 
rés dans la liihliollirijiir i'itnrrselli', sur le Vahrius et Vltiw'- 
ntirc d' Mvjnnilrc , prouvent que cette étude datiiit pour lui 
d'une vinj^tainc «rauiiécs , mais ce ne fut que vers 1830 qu'il 
i-ei)nt ses recherches pour les coordonner et les résumer. 
Pendant cet intenalle, on le voit réunir patiemment les 
miitériîui.x de son édifice. Les détails s'ajoutent aux détails. 
les notes aux notes, les citations aux citations, et lorsque 
le moment de la mise en ohintc est ariivé, la main hésite 
au milieu de cette abondance, et elle laisse finalement l'éni- 
dition étendre un i)eu trop loin ses préroj^atives. Mais, cette 
réserve faite, nous croyons que le lecteur instmit sera 
tiappé, comme nous, de rinunense savoir que révèle cette 
llisiotic fdliiili'usi' (iAltJtiiuhr, et (jue, tout en y désirant un 
ordre i)ius méthodiipie et une déduction plus serrée, il ren- 
dra justice à la sûreté de la critique et à l'intelligence du 
point de vue dans un sujet fort difficile et jusqu'alors inex- 
|tl(»iv. Il s'agissait, en eftct, de sui\Te, à paitir de la mort 
du ('(MKiuérant macédonien, toutes les vicissitudes qu'avait 
suhies son histoire jus(pi"au moment où TimaLnuation des 
l»euples du moyen âge, excitée jiar le merveilleux orien- 
tal , l'avait transformée en un incroyable roman , (pii 
laisse ù peine entrevoir quehpies traces d'Arrien et de 
(^Uiinte-Curce. Quant aux détails de cette histoire fabu- 
leuse, ils étaient disséminés dans une nudtitude d'auteurs, 
appartenant aux nations les plus diverses, et dont (piel- 
([ues-uns étaient abscdument inconnu.s. Kn outre, Favre 
n'avait aucun fil conducteur (pli le t^uidât dans^ses investi- 
i,Mtions, aucune tent«itive (pii l'ût précédé la sienne pour lui 



\l \ III 

iiioiitrci' (lu iiiniijN l.i toute ù suivre et les ocueils à éviter 
Il ;i\iiit donc à créer su méthode, taudis que ses recher- 
ciics s'étendaient peu à i)eu dans un ^Tand nombre de bi- 
l)li()thè(iues, conniH; le montrent quelques témoigna^'es in- 
téressants que nous avons conservés. 

Ajoutons aussi que lune des sources les plus impor- 
tantes de ce travail, le roman grec désigne sous le nom de 
Pseudu-CnUisiliènc, était encore inédit, et que Fdvrc ne le 
connut dans son entier que les dernières années de sa 
vie. Il le lut avec intérêt, ainsi que les savantes intro- 
ductions et les notes de son habile éditeur, M. C. Muller ', 
et il en profita pour faire à son manuscrit quelques addi- 
tions que nous avons respectées. Il aurait même désiré re- 
fondre sa dissertation : « Mais à quatre-vingts ans, nous di- 
sait-il, ce n'est plus Thistoire fabuleuse d'Alexandre qui 
doit faire Tobjet de mes ])réoccupations. Heureuse distrac- 
tion de mon âge mûr, je Tabandonne pour songer à des 
intérêts d'un ordre bien plus relevé et bien autrement im- 
portants pour moi. » Il avait som-i cependant au néant de sa 
« modeste gloire, » lorsque, dans l'introduction de M. Mill- 
ier, il avait trouvé son nom métamorphosé en celui d'un 
docte allemand et prenant la foniie de Fhediandcr. Mais 
l'histoire fabuleuse d'iVlcxandi'e l'avait préparé à des trans- 
formations trop extraordinaires, pour qu'il s'arrêtât à cette 
petite infortune. Nous espérons cependant que les criti- 
ques, en i)rotitant des recherches dont l'ensemble leur est 
aujourd'hui livré, se rappelleront dés(»rmais le savant au- 
quel ils les doivent, et qu'ils ne l'oublieront pas dans un 
hommage (iiii ne sera «lue mérité. * 

• Psciido ('<tlli!>(l>nir il la suite de redilion d Arricn publiio par M. Dul'iur. 
(l'nris, Hidot. 1H4U.) 

» Nous ti'iuuis ri'|iiii(lant à rappelir ii'i Topinion de Letronnc tiue nous avons 



\Ll\ 



h Essai sur lu hlU'rutun- sacrée t-l prufane îles GolLs n'of- 
frait pas les niL'int's (lifticultrs (jut* Mlisiinrf falmUufif 
if AU'xandri\ mais il rxij^cait également (ce que mitre au- 
teur était loin de redouter) des lectures con>idirables et 
des recherches préparatoires fort minutieuses. Nous avons 
dit que le problème <le l'origine des runes (|ui se présente 
au début de cette étude avait été traité par Favre à I'occa- 
sion des débats (ju'avait suscités l'inscription du lion de Ve- 
nise '. Il revint alor^ à ses notes de Tan T'so.'), Il examina 
surtout avec attention les questions que soulève la tra- 
duction de la Hible par L'l|)lnlas (les récentes découvertes 



dija mvntioiintk- (page XX). (jiie l'on nous p«.-rintftte d) jtiindre ceUe duo 
autre mvmhrv de Tlnstitut, M. Berger de Xivrey, dann le» Sotieet et Exlrailt 
dei Mnnuterita de In Itiblinth^ifur royale, tome XHI, pag. Ifl2 et iniTantet où 
ce savant distingue s'occupe avec détail du Pscud<> rallisth<^ne et des monuscritn 
de ce roman 

Après avoir rappelt- l'opinion de Sainte-Croix qui réclamait un exaroeo atten 
tif des versions latines dn PRtMido-ralliKfhi'no. M lU-rgor d«- Xivrey continue 
ainsi (page I66y : 

• ( "est ce que (il, des IKIK, l'auteur d'un «avant article qui parut dans la 
Hibliolhi'<iue l'nirertellr ite (ieni've, à l'occasion du Julius Valerius, puMié la 
même année par M. l'ahbé Mai, d'après un manuscrit delà liibliothèque Ambro- 
sienne. Cet article m'était indiqué par M. Letronne, qui avait examiné aussi dan» 
W Journal dfi Sfitv</iff la pulilication de M Mai. mais je n'ai pu me procurer 
!<' recueil littéraire de Genève que récemment à la bil»liothè«iue de l'Institut. Les 
diverses questions qui se rattachent au Pseudo-Callisthène y sont traitées avec 
une érudition et des développements décourageants pour un concurrent. Pour- 
tant une comparnisDU attentive nie fit juger <jue mon travail pouvait offrir encore 
quelque intérêt, surtout en y mettant à profit cet excellent article, que je citerai 
toujours comme je le dois, l'ayant mis souvent à contribution depuis qaej'eo ai 
<-u connaissance. Toutefois je crois devoir ajouter que la prt^eute notice était 
tiiite et avait été ci>mmuni<|iuV à plusieurs savants avant que l'article dont il 
> :ipit me fût connu. <^uant a son auteur, dont le nom n'est indiqué dans la 
Itihliolliiifuc t'nivrrsrltf ilr (ienftf que par un K., M. Lajard a eu la boute de 
m apprendre que c'est M Favre.» — Le tome \MI île* IS'oliees et Extrait» port* 
\:\ date de 1838: la dissertation de Favre que nous publions pour la première 
loi.s est de llS30 

' Voyez page XX 



I. 

(lA. Miii cr «lu ((.iiifc CastinlioiK- VL'iiaiciit (!«• h< remettre 
(Il Imniinir auj)iès îles savants), et il publia les résultats 
l(> plus iuip(»itauts de ces recherches dans le numéro de 
mai 1^21 (le la liihltnlhniHi; l'mviTsi'lh- de Giiièvc. Cet ar- 
ticle, (pli tut accueilli avec une distinction marquée par 
les ju^a's l(s plus compétents, ne satisfaisait pas cependant 
>on auteui'. Complété dans les années qui suivirent, c'est 
iiiaiiitcnaiit une tort intéressante dissertation qui résume, 
avec des détails nouveaux, Ihistoiie de rintroductioii et du 
déveloi)i)emeiit du christianisme chez ces peuples Scandi- 
naves (pie l'émigration et les hasards de la guerre avaient 
jetés sur les rives du Danube. 

\j Essai sur lu Liiirniture sacrk dis Gulhs est suivi d'une 
dissertation sur leur Ijilli'nilun' jirofunr. Notre auteur y 
avait trouvé un de ces sujets qu'il affectionnait tout pai- 
liciilièrement. Nous voulons parler de ces traditions sur les- 
quelles rep(»se le célèbre poëme des Niebelungen, traditions 
dont il t'ait rciiioiiter l'oi'igine aux tribus sorties de la Scan- 
dinavie. A l'époque où Favre commença ses premières in- 
vestigations, le poëme des Niebelungen, aujourd'hui si S(»u- 
\ent édité, traduit, commenté, était encore une lettre morte 
dans l'histob'C des littératures, et c'est à ce point de vue 
qu'il faut se i)lacer [)oui' juger l'essai du savant genevois. 
Néanmoins, et malgré des publications postérieures fort 
ieinai(piables, les recherches de Favre sur les nombreuses 
traditions (pli s'entre-croisent dans l'teuvre des rapsodes 
germains, sur leui's rapports avec l'histoire ou les fables de 
diverse nature ([u'elics renferment, leur liaison ou leurs 
c(»ntradictioiis, peuvent être encore utilement consultées j)ar 
ceux (pii ne se contentent pas de juger en courant ces mo- 
numents |toéti([ue^ de peui)les aujourd'hui disparus, mais 
i|ni \euleiit péiielrcr d.in^ le ni\>téiieux tia\ail de leur 



M 

composition Les résultats aux(|ui'ls Ci. FaM'C est airivé 
sont loin, nous le reconnaissons, d'avoir épuisé ce sujet, 
mais il nous parait Tavoir abordé par son côté le plus cu- 
rieux peut-être et le plus obscur, et c'était déjà beaucoup 
à cette époque d'avoir su l'éclairer des lumière-"; d'une saine 
et intelli'^^ente critique. 

Bien qu'elles ne fussent (jue très-imparfaitement coniuies, 
ces diverses publications avaient excité l'attention et la 
spnpathic des savants étrangers, et leurs encouragements 
et leurs félicitations venaient chercher G. Fa\Te dans sa re- 
traite. Les lettres (pie nous avons retrouvées de (înillaumc 
Schlegel, d'Angeh» Mai et d'Inghirami témoigneront poui- 
l'Allemagne et l'Italie; les relations de Favre avec la 
France furent enc(»re plus nombreuses: il nous suffira de 
citer quelques noms. 

Nous avons déjà i)arlé de A.-L. Millin et de Sylvestre de 
Sacy. Favre était également en rapport de science et d a- 
mitié avec lliiynouanl (pii trouva en lui un excellent col- 
laborateur à sa gi'ande publication des Pot-xies des TroiifMt- 
ihmrs. Raynouard re(;ut en pailiculier de G. Favre toutes 
les copies ou collations des manuscrits vaudois, et surtout 
de la Xubld lA'yçon, que possède la bibliothécpu- publique 
de (tenève. 

A côté des noms de Milliu et de Raynouard nous devons 
placer celui d'un autre membre de l'Institut , M. Félix 
Lajard, le célèbre auteur des Hcrhirches mr le nilie de Mi- 
ilini et sur h- rnh>' dr Vénus. A plusieurs reprises la coi- 
respondance de .M. Lajard et de Favre fut assez active, 
et leurs sympathies scientiti(pies se fortifièrent de relations 
plus intimes dues à la parenté cpii unit M. Lajard à une 
t';iniill(^ ueiievoisi^ '. Des extraits de cette corre«^poii(lance 



I.ll 

auraient tioiivr Iciii i»l;u(' l(''},Mtiinc' à eût»'- du celle de 
S(:lil('f,'el et (l'A. Mai. Mais M. Lajard est encore une des 
i^Moircs (le rAcaïK-niie des Inscriptions : ses lettres ne peu- 
vent donc sortir d une laniille qui les con.serve comme un 
pnVieux et touchant souvenir de rattection qui unissait 
dcu.x lionnnes «^'gaiement distingU(}s '. (^)u il nous suftise de 
diie (est-il UK-me nécessuiie de le remarquer?) que Favre 
et M. Lajard ne sï'par^niaient pas les bons offices dans 
leurs travaux, et qu'ils se consultaient l'un l'autre avec une 
tonliance (pii ne tut jamais trompée. Favre recevait les ob- 
servations que lui adressait M. Lajard. et celui-ci lui (}cri- 
vait, par exemple, en lui envoyant la seconde livraison de 
ses liirltmht's sur le lultr de Vénus (4 dcîcembre 1837): 
(( Votre sutîrage sera toujours un de ceux que j ambition- 
ce nerai le plus d'obtenir, de mi'me que vos obsenations et 
« vos critiques seront toujours reçues par moi avec toute 
« la d(3férence qui est due à votre vaste et profond savoir 
« et avec toute la reconnaissance d'un auteur qui ne peut 
« se méprendre sur les sentiments qui aiu-ont dicté vos con- 
M seils et vos avis. » 

Ces travaux divers (pie nous venons d'indiquer, et; bien 
d'autres encore que FaM-e a laissés incomplets , étaient le 
résultat d'une ardeur peu commune iK)ur l'étude (pii pre- 
nait sa source dans le désir d'étendre sans cesse le champ 
déjà si vaste de ses coiniaissances et dans le devoir qui lui 
commandait d'employer utilement ses loisirs. Il est à re- 

* Nous notons ici que les relations de G. Favre et de M Lajard ont enrichi 
notre Jluste d'histoire naturelle d'une fort belle collection de papillons ({u'avait 
rapportée un officier qui avait fait le tour du monde sur la Coquille. Otte col- 
lection , signalée par Lajard à son ami, renfermait ti.'iO papillons environ do 
lava, dAmboine, du Iti-ngale, de la NouviUc llollandi-, de la ihine, du hrésil il 
du cap de Konue-Kspérance. Acluiéf par (J. Favre, elle fut donué« par lui au 
.Mus»».'. 



I III 



j^rc'ttcr que (Jciu've liait pas «itttTt alors, on (lclini*s de 
rAcadc'iiiie et de la rédaction de la liihlioihètjm- rniiYrselle^ 
une de ces réunions libres, ouverte à tous les aiiiis de l'his- 
toire, dont la Sociéti' <le Physùjur et irilistinre naturi'Uv of- 
frait le modèle excellent. Ce milieu eût, sans aucun doute, 
excité l'émulation de (i. Fu\Te, et ce qui le prouve, c'est 
le zèle qu'il mit, en Ibl^T, à la création de la i^ociélv il'lbs- 
iinri' et d' ArchcoUHjie, et l'empressement qu'il apporta à lui 
commnni(iuer, dès ses premières séances, plusieurs mémoi- 
res d'un haut intérêt. A l'j'i^e de 70 ans, P'avre donnait 
ainsi la mesure de ce qu'il aurait fait |)our cette Société 
(luarante ans plus tôt. Il doit être, ii cette épociue de sa vie, 
plus peut-être (pi'à toute autre, projHjsé en exemple à ceux 
(|ui. maîtres d'une fortune indépendante et libres de leur 
temps, ne savent pas trouver cha<iue jour les quelques 
heures de réflexion et de travail que réclame la culture de 
l'esprit. Parmi ces dissertations, une seule a été publiée et 
nous l'avons reproduite : c'est celle qui traite des LWns 
imprimvs h (jiuèvc prndant Ir A'P surir. On a vu comment 
(i. Favre avait continué les travaux d'Abauzit et de Hau- 
lacre sur les précieux incunables de notre bibliothèque pu- 
bli(pie. Ce sont ces notes qu'il a réunie>, en les développant 
ou en les abréî^eant, et qui ont composé la notice dont 
nous parlons. Elle est d'ailleurs si complète quelle n'a laissé 
aux biblioj^raphes à venir que la nécessite de la suivre l't la 
difticulté de l'éj^aler'. Une autre dissertation sur la devise 
{genevoise: Post lenebnis /»/.r, démontre (pie cette dense était 
antérieure à la lîéformation. Malheureusement il ne s'en 
est conservé ipie le titre dans le Ilain>t>it de M. l'réderi»- 



' M. Il' professeur (•aullieiir a n'-sunu- cl fait enlrer la «liftscrlMiion de Y'^wr 
•Iau8 lu savante llitlnirr «/r /7>n/irimcriV «i G<nnf »\ni\ vient (k publier. 



1,1V 

Sont sur les travaux de la Socii-té dllistoii'e ', et nous 
ne lavons pas retrouvée dans les papiers de son auteui'. 

(jes lonctions publiques, ces devoirs et ces travaux au- 
raient suffi p(»ur absorber le dévouement et l'intelligence 
dun lionniie supérieur, (j. Fa\Te fit encore plus, et sans 
entrer dans des détails (jui deviennent supeiHus après 
toutes les i)reuves de son activité que nous avons don- 
nées, nous rappellerons seulement qu'après la réorganisa- 
tion de rinstruction publique h Genève (Janvier 1834), il 
entra dans le Conseil auc^uel la loi confiait la dii'ection gé- 
nérale des écoles primaires, des collèges et de l'académie. 
Il y siégea jusqu'en 1843, prenant un intérêt soutenu aux 
({uestions (pii s'y débattaient, et se montrant le fidèle 
défenseur des études littéraires, auxquelles, suivant lui, la 
science ne laissait pai-fois qu'une place un peu trop res- 
treinte. Il était en même temps membre de la Société d'uti- 
liié puhliqiw sitissi' et de celle de notre canton, où il ap- 
l)ortait ses vues nobles, élevées et rapi)ui de son nom et 
de ses souscriptions. Il fut enfin nommé par Henri-Louis 
Boissicr membre du Comité (Futilité nnUoiutli% que ce gé- 
néreux citoyen instituait par son testament, et auquel il 
laissait une sonmie de 25(),()0() francs « pour concourir 
à Tamélioration morale et politiipie du canton, et en par- 
ticulier de la ville de Genève. » ( 1827.) 

Nous n'insisterons pas sur les nouvelles fonctions qui fu- 
rent en (piebiue sorte imposées à G. Favre i)ar la confiance 
de ses concitoyens après la révolution de 1841. 11 fut suc- 
cessivement élu député à l'Assemblée constituante et au 
(liaiid Conseil, et il cntiM au Conseil nnuiicipal de (îenève 
l»;ii le \ol(' il peu pies unanime de son cidlége électoral 

' l.ii «11 inai:. ISi'l . ly.iti^ l.> 



IN 

Ij'î'i^'o ('tait venu, et, avoc les prt'iiiij'rcs atteinte-» «le i:i vieil- 
lesse, une (le ces douleurs intimes (jui accouipairuent rinunuie 
jus(|u'au toinluîau. Apn-s trente ans dune union toujours 
heureuse et toujours bénie, Favre avait perdu la compa- 
re de son existence : depuis lors son ^(»ût i)our la re- 
traite n'avait fait (|ue s'accroitre. Aussi, tout en remplissant 
avec une exactitude consciencieuse les mandats divers (pii 
lui étaient conti(''s, il ne se dissimulait pas que l'heure du 
repos était an'ivée, et (pi'il avait ac(piis le <i!(»it «le «•<»ii- 
sacrer les jours (jue Dieu lui laissait encore à ces mc'di- 
tations dans lescjuelles aime à se retirer le vieillard (pii 
jK'iit remonter sans crainte le cours de ses anniVs, La rév«>- 
luti«)n de 1840 ne lit (pie précipiter le moment où Fa\Te 
sortit complètement des aflaires ])ul)liques. Ses concitoyens 
virent avec une profonde ém«)ti<»n ce vieillard de 7(» ans 
se joindre aux vol«)ntaires qui étaient venus se mettre à la 
disposition du Conseil d'Ktat , et marcher intrépidement 
avec eux s«)us les balles des insur^jés. Deux jours après il se 
rendait à la dernière séance du Grand Conseil. Depuis U»rs 
il i'«'n<>nç;i à toutes les f«>ncti«)ns qu'il (\\er(,'ait. et sn vi«' 
appartint t«mt entière aux siens, à l'étude et à Dieu. 

C'est sous ce dernier aspect de son existence que Favre 
se présente à la m(''moire de notre s^iMUTation. Ce n'est plus 
le jeune et brillant cav;dier de 17î>2, rh(*)te spirituel de 
M'»*' de StaOl, le savant et l'homme p«)liti«iue des premières 
années de la Ilest^iuration. C'est le vieillard à cheveux 
blancs, mais robuste encore, lutt^int contre ITi^e, à la tijîure 
n«tl)le, calme et int(Mlii;ente, prêt à venir en aide à toutes 
les inf«)rtunes, c^t d«)nt l'inr-puisable bienfaisance vUùt depuis 
Iduu^temps proverbiale. Ici se placeraient bien des détails 
intimes, bien des faits qui n'ont été connus que depuis sa 
mort, et «pii explicpient les rei!;rets pr«»f«mds ipi'il a laissés 



I \ I 

apivs lui. Mais nous a|)j)artiL'iit-il de lever le voile dont ses 
homies actions turent toujours si chrétiennement entourées, 
et en les louant, ne manquerions-nous pas au respect même 
dû à sa niémoire et à ses volontés? Nous ferons mieux; 
nous laisserons à tous ceux auxquels il tendit si souvent 
une main secourable, nous laisserons surtout aux pasteurs 
(jui, tous les jours, s'adressaient à lui. le soin de garder ou 
de faire revivre le souvenir de cette âme d'élite et de l'admi- 
rable impartialité (pril apportait dans ses dons. Jamais nos 
dissensions politicpies ou relij^ieuses n'exercèrent sur son 
cd'ur la moindre iiiHuence , lorsqu'il était question de mal- 
heui-eux ([ui s'adressaient à lui. Il ne s'a^ssait plus alors que 
de l'infortiuie à consoler ou à prévenir, et il ne savait que 
remercier l'ami on le i)asteur (|ui lui montrait une bomie 
œuvre à faire. Après sa mort, une députation de la Véné- 
rable Compaiïnio vint faire une nsitc de condoléance à sa 
famille. Cet lionneui' (inusité jusque-là, à ce que nous 
croyons) n'était que mérité, car, en le perdant, les pas- 
teurs et les pauvres avaient perdu un de ces hommes 
rares sur la tombe desquels on i)oun-ait se contenter d'é- 
crii'c : Tmnsiit hitncfacirnih. 

Favre avait atteint l'âge de 80 ans. Sa vie sobre et ad- 
mirablement réglée lui avait laissé jusqu'alors ignorer la 
maladie. jVIais bientôt se déclara un mal qu'il jugea à ses 
premières atteintes devoir être mortel. Néamnoins son cou- 
rage et sa soumission absolue aux volorités de Dieu n'en 
furent pas un instant ébranlés. Sa foi profonde et vivante, 
appuyée sur les séiieuses études auxquelles il s'était livré, 
et que l'on trouve nettement formulée dan> une belle lettre 
il M. De Luc ' \c soutint (onstamment dans cette rude 

' Ci'ttc lettre est de 1837. Elle est Adressée à M J.-A I>c Luc (neveu), 



I.\ Il 



épreuve. l'rivé de sommeil , il était loicé de passer des 
nuits entières sur son fauteuil , tounnenté sans relâche par 
l'angoisse et ropi)ression. La prière et la méditation des 
enseignements de l'Evangile occupaient la plus giande i)ar- 
tie de ces longues heures, et (juand sa tamille entrait le 



qui avait (Ic'jà puhlir sob 7i(7«M "«J" 

Jlébicu.r (Gt'iwvv, IH'à'A), t't HOU I "««' 

la j)erttonne de Jéviu-Chrùtt (Geuève, 1830). La lettre de Kavre à M. De Lur 
fera hulHsaniim'iit ooiinaitre le priiiciiH' sur lequel s'ai)puyaient res deiuc 
preiiiitTs écrits, et !•• troisirine tluiit il est ici question. 

« Je vous remercie, Monsieur, de la lettre dont vous m'avez honoré, et s'il 
est vrai, comme vous voulez bien le dire, que j'aie coutribué à vous faire re- 
noncer à la publication de votre ouvrage, je dois en éprouver un vif conten- 
tement; car cette publication n'aurait eu, je le pense, que île j^nds incon- 
vénients, qui n'auraient pu être compensés par les recherches curirn^<'s <|iii' 
votre érudition aurait pu offrir au lecteur. 

« Vous n'êtes pas le .seul, Monsieur, qui ait été éloijfné de la croyance à l'au- 
thenticité des Kvaufnles, par rinii)ression pénible résultant île certains mira- 
cles. Rousseau a manifesté cette impression sans aucun ménagement Mais 
tout en re^ranlant les miracles comme une ivTnie introduite dans l'Kvaiijîile. 
il u rendu riiumnia^e le plus complet à Jésus-Christ et à s;i doctrine: « Cr 
n'est pas ainsi qu'on intrnte, s'écrie-t-il,... rinrentctir serait phis étonnant qm- 
h' luro<i... » 

« Jésus a existé. — Ce fait ne peut être nié. Les historiens païens en pil- 
lent, indiquent son hitluencc sur ses partisans , et quoiqu'ils u'jiient siur tous 
ces points aucune connaissance, auciuje appréciation juilicieiise. leur témoi- 
unape suftît pour prouver son e.\istenc<'. 

« Si l'on veut ensuite adopter le système qu'il n'a laissé auciui enseignement, 
aucun cori^s de doctrine, aucune base pour la rédaction des Kvani^'iles, et que 
le Nouveau TesUunent n'est «lu'iuie invention qui tendait à fiiire luie reli- 
pion en donnant pour des réalités des idlépories , tles mythes et des débris des 
anciens systèmes iwstrouoniiques, on ne devra pas se borner à découvrir un 
certain nombre de n»i>ports ingénieux et subtils, mais on devra n^pondre à 
une foule de (iiiestions qui me paraissent fort tlifTîciles à résoudre. 
■« J'en indiquenii quelques-tuies. 

« r Oii sont avant l'ère chrétienn»' les éléments de la doctrine chrétienne V 
Toutes les connaissitnces humain«-s marchent par i ifs. Jamais 

homme n'a inventé une scienc»- entière et U- pli ;<iu" d un» 



I MM 

mutin (l;iii> >;i clMiiihic. elle le tiniivait aussi résigné, aussi 
raliiie, aussi souriant que la veille. Ou voulait alors le ras- 
surer et se rassurer avec lui: « Non, réi)était-il, vous verrez 
(|U(' ce scni iii.i seule et iii;i deiiiière maladie.» Il ajoutait: 



pnuulc (lécouvorte no saurait jugiT sa port^'p, ni lui donner tout son dévelop- 
pement. Iln.sseml)lez le petit nombre de passages des livres orientaux, precs 
et liitiuH antérieurs à l'ère chrétienne , qui peuvent avoir quelques rapports 
avec la doctrine des Evangiles, et jugez si ces matériaux ont pu senir de 
base h ce qu'on lit dans l'FA-angile. Je pense qu'après cet examen il faudra 
convenir que la doctrine clirétiennc a, au plus haut degré, le caractère iVap- 
juirilion subite qui atteste qu'elle iloit bien jx-u de chose aux idées qiu lui 
('taieiit antérieures. Elle a grandi et pénétré diuis le monde bien plus parce 
qu'elle avait de contraire aux croyances de l'époque que par la ressemblance 
qu'elle avait avec elles. 

«Il faut donc que ce qu'il y a de nouveau, de sublime, de consolant dans les 
Evangiles, ce qu'il y a de dogmes, de préceptes, d'ordres positifs, de règles 
de conduite, que tout ce qui s'y trouve de douceur, de charité, dliumilité, 
de compassion, de bonté, d'espérance, il faut, dis-je, que toutes ces choses 
qui alors lurent comnies pour la première fois, aient eu un auteur. Et remar- 
quez que telle étJiit la nature et l'importance de ces choses, qu'on ne peut 
s'empêcher eu suivant diuis lliistoire leur influence et leur action, de leur 
rapporter les changements et les améliorations que la race des hommes a 
éprouvés depuis dix-neuf siècles. 

« 2" Si l'Evangile n'est pas la rédaction des enseignements de Jésus fiute 
par ses disciples, s'il n'est qu'une imi)Osture rapportée ai)rès coup il un 
lionime obscur, exécuté sous le règne de Tibère, qu'on nous dise quelque 
chose sur l'origine et l'époque de ce livre. L'auteur auquel nul autre ne peut 
être comparé, a-t-il cru ne faire qu'un omrage sans effet et sans portée? 
Les philosophes de l'antiquité ont tous attiiclu» leur nom i\ leurs ou\Tages, et 
( (lui (le l'écrivain sacré serait resté inconnu? Il aur;ut créé de toutes pièces 
la religion la plus p;xi"faite, il aiu*ait su mettre dans sou omTOge l'espérance 
et la consolation de tous les êtres intelligents d'un monde, et il se senùt ca- 
ché V Ecrivait-il sans savoir ce qu'il f;usait et sans connaissance? Il faut alors 
adnîettre qu'il obéissait à une puissjuice qui le maîtrisait. Jugeait-il sou teu- 
vre? Alors quelle abnégation de soi-même, (piel sacrifice! quel est le simple 
homme qui pourrait en être capable! 

•'.l'ai troj» entrepris, Monsieur, en commeu\;ant cette lettre: l'espace, le 
temps et le pcuivoir me iiiUKiMeiit eu même t< lups. Je me résume en coufes- 



IJX 



«Mes jours ont été loii^'s et lieiiicux. Que Dieu en soit béni 
et qu'aujounVluii sa volonté s'accomplisse! » On lui admi- 
nistrait des remèdes violents (jui portaient le trouble dans 
son existence déjà si éprouvée : « Je ne sais plus ce que je 



gant que les caracti^res de l'Evaiipile me paraissent tels qu'il ne peut être un»- 
invention, encore moins une iniposture. Je le crois rétlijîé d'après les instruc- 
tions données pur Jésus: * Juiium futmme n'a parlé comme cet fumime » et je 
reconnais eu lui quelque chose de supérieur à lliumanité. On ne peut nier 
que les hommes n'aient des facultés intellectuelles variiibles :1a différence ueut- 
elle de la nature de leur iinie ou de leur constitution ithysiqueV Je l'ij^nore. 
Les jimes sout-elles nécessairement itlenti<iuesV Dieu seul le sait. Les nom- 
breuses (luerelles sur la nature di- Dieu et de Jésus-Hirist, n'ont alututi qu'à 
montrer l'ignorance des hommes et la \iolence île leurs passions. Ces ques- 
tions sont hors de notre portée ; elles sont sans utilité et me piiraisscut di'voir 
se tenniuer dans le respect et le silence. 

€ Ju pense que chaque personne qui étudie les Kvangiles avec con.scieuce et 
honne intention, conçoit un système sur l'inlluence «lui a présidé à leur rédac- 
tion, et fait, suiviuit son cteur et son iiitellik'enc»-, la part de l'inspiration d'en 
haut et de llunnanité de l'écrivain. La proportion qu'on établit entre ces 
deux ilirectioiis peut aider à lever des objections de déUiil et i expliquer le 
manque d'iuunioiiie de certiiiues pjirties du Nouveau Testiunent Mais je ne 
pense jias que ces remarques critiques puissent jeter ime ombre sur la réalité 
des faits iujporUuits et sur l'autorité de la doctriiu'. 11 me sendile, au contraire, 
que l;i haute sage.s.sc et le .secours donné àThounne, qui brillent avec Uuit de 
force et d'abtindiuice dans l'Kvangile, doivent pȔu lais.ser d'atU'Utionpourquel- 
(pies endroits où l'écrivain a eu éganl i\ l'état moral des peuples qu'il voulait 
persuader, «'t a plus ou moins éprouvé la faibles.se île la nature humaine. Je 
n'iulmettrai pas surtout «lUe «les rapprochements forcés, des explications allé- 
goriques puissent attiiquer l'existence de Jesus-C hrist, qui est attestik* par 
les contemporains amis et ennemis. Les allégoristes de tous les temps ne me 
paraissent avoir produit que des absurdités, et il n'est aucun personnage de 
l'histoire dont ou ne puisse, avec leur mélliode. rayer l'existence et la trans- 
former eu mythe. 

j ,1e vous deniaiide paitlou, McU'-ieur , de la Imigueur et tle la confusion de 
I elle lettii'; elh' a été écrite au ciuiriuil de la plume: je suis peu capable de 
tniiter les sujets où vous m'avez entraîné, et je reconnais «jue j'aurais du 
vous exprinu'r bien plus )>ronqitrmint les sentiments de considération avpr 
le;iquels je suis, etc. » 



IX 



lai.s, «lisait-il ;ilois, mais jr tiendrai Ifriiit' jusqu'au ImmU. » 
l'A il If lit, conuiie il l'avait dit, a rcxciiipk' de ces vieux 
))atii«i(;ns de Uoiiie dont sa vie, ses ti'avaux et sa carrière 
|)oliti(|n(' avaient plus d'une fois reproduit Tinia^a' vivante. 
mais chrétienne, au milieu de nous. 

Les poètes ont dit que la flamme d'une lampe qui s'éteint 
jette en mourant une suprême lueur qui rappelle son pre- 
mier éclat. Ainsi, dans les derniers j(nu*s de (i. Fa>Te, se 
ranimèrent tout à coui) dans le fond de sa mémoire qui ne 
faiblit jamais, ses études scientitiipics qui avaient été la 
j>assion de ses vingt ans, et il en parla souvent avec une 
singulière netteté d'impression. Le matin même de sa 
niuit il discutait avec un de ses tils les modifications géo- 
logiques qu'a subies le Bosphore de Thrace, et il lui signa- 
lait plusieurs ouvrages spéciaux, et en particulier quelques 
passages du livre que ^L Dureau de la Malle a publié sur 
cette question. C'était le 14 février 185 L La journée se 
passa connue les précédentes: le soir, on l'accompagna 
dans sa chambre où il voulait essayer de prendre un peu 
de repos. Arrivé près de son fauteuil et au moment uii il 
allait s'y asseoir, il s'atfaissa dans les bras de son tils «pii 

le soutenait Guillaume Favre venait d'entrer dan> le 

repos éternel. 

Tel a été l'homme dont nous avons essayé de conserver 
la mémoire au milieu de ceux qui Tout connu. Nous ne n«tus 
dis.shnulons pas combien nous sommes resté au-dessi>us de 
la tâche que nous avons acceptée. Toutefois, quelque im- 
l)arfaite (pfelle soit, notre (cuvre ne serait pas iinitile si 
nous avions réussi à tixej- (pichpies-uns de ces traits ou à 
faire ressortir ces éminentes qualités qui avaient assigné à 
(î. Favie une place véiitahlement glorieuse au milieu de 
ses coucitoyeiiN. Nous n'avons \)i{> voulu surtout que Ton 



I M 

pût (liif " (|iir If juste passe et (|Uc Toii ny preiul pas 
garde.» Kt inaiiitcii.iiit rpic Dieu nous donne encore «piel- 
ques citoyens comme (iuillannie Kavre! Nous le lui denian 
dons et p<»ur riionneur de riiunianitr et pour le bonheur et 
la LrJoirc de nutic |)atrie. 

.T AliKHT 
Ocntiv, jo juni ts.y;. 



(,(iiii!i:si'(iMiv>(;i': 



iiTrni'S i)i: (.[ ii.lmmi: scnircKi 



CitpiH't, Ir -Vl iinvftnhrr IHtlT. 

J'ai l)ifn ilrs n'un-b ilr rr (jiu- le iiiauvais U'm|»s ma reU>nu hier rlifz 
moi, Monsieur; je complais vous faire mes atlioux à Genève, Je vous fais 
mille remcrriemeiiLs drs notes que vous m'avi-z fnvoyt''es Vous «^les h vous 
seul l'AcaiIrmie ilrs inscriptions tout entière 

Oiianl an tomluMu tl<^ l'alhis, vou-; m'avez ini» Mir la voio ; il faiulra ron- 
stilter les liisiorions contemporains île lli-nri III i-l «le Frédéric l'•^ Malheu- 
reusement la vie du dernier, par (Uton de Frisingue, ne va pas aussi loin, si 
je me rapp«*lle bien. Ilelinamius est im j>eu |)ostérieur à mon poT-le; il m»' 
semble (pi'on voit déjà dans ce dernier l'^xapèration fabnli'usi'. 

.le crains ipn- M. Wciss ne soit déjà parti dr (icnèvr ; je ne lui envoie donc 
pas votre feuille, de peur ipTelle ne s'égare '. Je la prendrai ave« moi pour la 
montrer aux physiciens allemands, surtout à M. Kitter, à Munich, «pii s'est 
beaucoup occupé de réleclricilé. Tu célèbre théologien, Mirhaelis, s'est alla- 
ché à prouver que le tempi»' de Sidomon était construit de manière à re 
qu'il y eill un paratonnerre. Vous concevez bien que ji* ne s«'rais pas fïlché, 
pour mon petit s\slème d'Iiistou'e univervlle , de voir consliiter par iK'au- 
coup il'extMUples que des profondes connai.ss.ince». en physique sont de la 
plus haute antiquité, et ipie sitnxeni nous ne faisons que retrouver quand 
nous croyons découvrir. 

Vos td)jeclions contre la le^on ou conjecture de lU'utley sont remarqua- 
bles; toutes vos noie.s ji-l|i-nt un grand jour sur rh\|Htthès«- de Monti, et je 
les lui comunmiquerai *. 



I II s'acit iriinc iiotr i|iii< Karr« »t»\\ n^lic'^' "ur les ruanaitejnri^ i|nr Tini allnbar aai Rlr«»- 
>\\ifs dans r«rl ilr diriiiiT |j fondre. - ^(L 
■i Voyez |ui;>< xxii ili- la Notice. — Éd. 

V 



i.xvi coitiii >i'<iMi \N( i:. 

J'<r.s)M*Tir ViHi«s li'inivrr i-ii hoiim; ^.iiili- le |ii'ilitfiti|i> |t|-iM-|i.'iiii , ri ji- m*- 
|ii-o|)i(si' ilr |M<ililcr hii'ii ilt- vus (-oiinai.vsanci-s vl lïi: vuln; liiltliiit(iri|iir. 

Totil à Vdiis , 

SCIILEOEL. 

Voiiili'icz- vous VOUS (liai},'!'!- ili- nriifttrr li's trois voliini(« espajînoLs ci- 
joiiils ;i M. (].iyla i|iiaiiil il n-viciulia. H les a oiihlirs ilomicrcmPiU ici. 



II 



Cop/iet, iS juillet 1H0H. 

J'ai »'t('i (li'soli-, MoiisiL'ur, ira|iiiroii(lre (l('i'nit''ivnit'iit Imp lard qiif voils 
iHicz à (loppi'l, t'I (le mam(ii(;r ainsi le [tlaisir de vous revoir. Volrc oliligoantc 
lellre in'csl parveiuu;, mais noinliru tlo jours apn"'^ sa dalc, avec les exem- 
plaires de votre lellre sur Catulle , doul je vous fais mille renierciemiMits. 
(Juoiijue j'en connusse d»yà une partie, j'ai relu le tout avec un {frand inlé- 
lèl, el j'espère ipie nous trouverons l'occasion d'en causer. Vous devriez en- 
treprendre quelque ouvrajje de l(>nj,Mie haleine, puisque vous avez le }(oûl 
de ces connaissances, l(>s moycMis el le loisir. 

J'ai communiqué à plusieurs physiciens d'.Vllemajiçne vos notes sur les de- 
couvertes des Étrusques en fait (réiectricilé ; ils ont été pleinement convaincus 
de vos ingénieuses inductions. M. Schelling à Munich, entre autres, l'un île 
nos plus céléhres écrivains, en a pris copie pour en tirer parti et vous citi'r 
dans l'occasion. 

l'onrriez-vous hien me prêter (pielqne ItoniU! édition il'Kuripide cl l'Aris- 
lophane de Kusler? Vous m'ohiiyeriez beaucoup en iiivoyant ces livrts i liez 
l'aschoud, où je les ferai prendre. 

At^réez les assurances île la haute estime avec hupielle je suis 

Viitre liès-lMMiddi' serviteur, 

A. \V. Sr.lll.EGKI.. 



III 



Ciil^in-Ln- <J tiuilt imS. 

Après la complaisance que vous avez eue dernièrensent, Monsieur, de nia\>- 
porter vous-même Arislophane et l-lnripide. vous me trouverez imporlim de 



conuFsl'OMJVNrK. i.wii 

vous thîm.indcr «'iicnri; tics livres. O|»on«lanl , dans la ilisollc où jo nu- 
Iroiivu, ynU-o l)ililiitilii'i|iin i-t votre l)c»iilé sont niiin scnl rofuj.»»'. 

Je sonhaitcrais avoii- : 
.Esrliiili lraf/œili(P, M. S«-hrilz. Au défaut île rcIle-là, une autre. 
Sufiliiirlis Ir'ii/œ'liii- , M. Itniii<-k Le volume qui contient Klwlre , Aja\ i-i 

l'Iiilorti'te, avec le Sclioliaste. 
Fahriritis, liihliiillii'in Crœrii, étl. Maries. Le volume qui contient les articles 

lies poêles ilram.'iliques. 
Vini<ti/i' du jeune Anurlinriiis, le volume ou les volumes où il est question ilu 
théâtre. Ce livre est dans la liililiollièque de Ooppet ; mais on l'a prêté 
à qiielipi'im. 
Sfiterit lriiii<riliœ. 
l'Iiilniii.s Sumpitsiiiin . 

hans plusieurs éditions de Terenre se trou\e un petit traité d'un ancien 
^ranunairien sur la (lomédie que je serais bien aise d'avoir. 

.Ne rraijîuez pas que je veuille attirer à moi peu à peu loiile votre hil»lii>- 
tlièque. (i'esl pour la révision de mon eoiirs de littérature dramatique, tra- 
vail pour lequel je me suis reliisé la course d'interlakeii, que j'ai hesom d.' 
tous ces livres, et je vous les rendrai sous peu de jours. 

Auriez-vous par hasard un traité latin de Ziegler, savant ( ouieinporain. 
avec (|ui j'ai étudié à Goltingiie , sur les mimes romains? 

pour ce que vous pourrez me |»rèter, ayez la bonté de lenNoyer «lie/ 
l'asclioiid, où je le ferai prendre. 

A présent, periiietlez-iiioi de vous fain- quelques questions comme à mon 
nmi/nus .\i>i>lli>. ISartliéleiuy parle iruii cli:iii^eiuent de masipies dans les dif- 
férentes scènes d'une tra((édie, d'après la gradation des situations, comme 
d'une chose qui s'eulond irelle-méme. Je pense que ce n'est que s<»n hypo- 
tliè.se, et qui ne me parait milleoieul vraisemldahle. Ou se fonderait-il sur 
qiielipie passajje qu'il n'a pas cité? 

Voltaire parle dans rime de .ses préfaces de masques à deux profils diifé- 
renls: par exemple, l'un exprimant la trisles.si', l'aulre la joie. Il peiisi» que 
les acteurs, selon les circonstanci.'s, s»- sont lourni*s d'un cAU- ou de l'autre. 
.\-l-il tiré cette ridicule supposition de S4Ui esprit , ou qiielipie aiitiqiiain* 
l'aurait-il induit en erreur? 

Ilecevez l'assurance de mon admiralion pum- l'étendue de vos connais- 
sances. 

Votre trés-lmmltji' proléj;é littéraire, 

\ \V S<.m.K«;Ei.. 

N'oublie/ pas .Monli. 

Les Mémoires de l'Académie des lnscri|)lions contienneitl-ils quelque chos^ 
d'important sur l'art théAtral des anciens? L'article «le Ikirthélemy sur In 
conslrucliou ilii théâtre et la décoration de la scène e>t ass^-z confus. Je me 
flatte d'aviùr mieux expliqué la chose avec le secours d'un savant architecte 
et d'après l'iiispeclion d'Ilerciilanum et de Pompéi. 



IXVIII COIUIESI'ONDANCK, 



IV 



Coppct, ri: ±1 septembre IHOH 

Nous lit.' v«Mi>i lassez jias, Muiisicur, lU; nii; secourir de vos licliesses litlé- 
1 .mes. J'ai iKircouru la disscrlalioii ((iie vous m'avez envoyée ; j'en connais 
rauUiur, je suis in»Mne en eoiTespontlance avec lui; c'est un de nos pliilolo- 
gues les plus csliiiialtlcs ; mais l()is(|u'il a lait cet écrit, c'éUiit un jeune 
liounni! (|iii vdiilail (léliilcr loiit ce (|u'il savait : c'est pomijiioi il y a dans 
son écrit beaucoup de cilalioiis et peu do laits. Je soutiens contre lui l'opi- 
niou couununc, cpi'il n'y a point d'autre espèce de drame satyri(|ue cpie celle 
i\w. nous connaissons, et que les poètes comiques n'en ont jamais fait. Un 
drame satyriipie était une pièce sur un sujet mythologique , avec un chœur 
(le satyi'es et avec un mélange de plaisanterie. Appeler ainsi des pièces 
sans clueur et sur des sujets domestitpies, c'est brouiller toutes les idées. Ce 
(pii l'a induit en cri'our, c'est qu'une pièce de Cratinus s'appelait /c.v ^v////jrs; 
mais c(!la n(i prouve pas du tout que cotte comédie fût un drame satyrirpie. 

Je vous remercie du passage de Diodore sur Ephialte ; il est fort impor- 
tant. ()iiant à celui de Luci(!n, je ne \\w le rappelle pas bien clairement, mais 
c'est un auteur trop postérieur pour avoii- ime gi'aude aulorité. J(; veux bien 
croire que de sou t(Mups Part théâtral était très-déchu, mais C(da ne prouve 
rien contre le goût qui devait régner du temps de l'hidias et de l'olycléte 
Harthélemy est bien peu profond sur rarticle du théâtre; il donne une des- 
cription toide fausse de la représentation kX Ajnx et cYAnlif/oiic Je n'ai pas 
encore entièrement achevé mes éluthîs du théâtre grec , mais, sous pcui de 
jours, je vous renverrai tous vos livres bi<'n enipaipiotés, avec mille rcmei- 
ciements. 

Si nous passons l'hiver à Genève, comme il y a (juelque apparence, il fau- 
dra l)ien vous pré|)arer à être importuné par mon empressement pour rem- 
plir dans votre conversation les lacunes de mes connaissances. Kn allendanf, 
agréez l'assm'ance de la considération distinguée avec hupidle j\ii l'hon- 
neur d'être. Monsieur, 

Votre trés-hundile et très-obéissant serviteur, 

A W. SCIILEGF.I.. 



CORKESI>OM)ANCE. I XIX 



22 janvier 1809. 

l'eniiclU'Z-niui, .MoiisiL'ur, de vous apiiL'Icr ii mon secours, coiniiio ili- mu- 
liime, |>our lever quolqucs (iclits (loutoii d'imliquités. 

Dans i|ii«-l Ifiiips a vrcii l'Inlniiiiis , savant doiil on trouve diiïricnls nioi- 
ceaux à la tôle des éditions d'Arislopliam'? 

Sait-(»n l'anni-e [inVisr i\c la loi |i(iili''e rdnln' les persunnalités dans l'an- 
cicnne comédie? Je ne la trouve ni dans l'abricius, ni dans Barthélémy. 

nnmck , dans sa laide chronologique des comédies d'Aristophane, place 
les Acharm's avant les Chevaliers de la fai,on suivante : 

Olymp. LXXXVllI. 
Anno 3. Archonte Kutliydemo, Achantenses. 
Anno i. Archonte Stratocle, Etjuitea. 

Cependant un passade des Arliarues, où il est (jurstioii d'une cumédie con- 
tre (Iléon, de raunéc; suivante;, se rapporte évidemment aux Clier<iliers 
{Avlttiru. v. 377 sq.). l)'ailleurs, on nous dit que les Cherniicrx furent la pre- 
mière pièce qu'Aiislophane lit jouer sous son propre nom. Je ne trouve au- 
cun éclaircissement dans Petitus, seulement (|u'il a fait la correction d' /■>!////«/- 
tième à la place {ïtjiilliijinéiie, dont le nom se trouve dans l'argument. Où git 
donc l'erreur? l-U eris milii mmjniis Aimllo. Ce|iendant, il ne faut point 
vous donner de peine jiour cela , si la réponse ne vous toud)e pas sous la 
main. C'est plutôt pour avoir un rapport d'étude avec vous, que pour l'im- 
porlance de la chose que je vous le demande. 

Auriez-vous par hasard l'original du morceau de l'Iutarque sur Ménantlri- 
el .Vristophane à me prêter V 

SCHLEGEL. 

Note de Furit nHitcii-r ù n'ttr Irihr 

L'ancienne comédie se termiui' ;"i la lin de la guerre du IVIoponèse. 

He la tin de la guerre du Péloponése au tenqis d'Alexandre, c'est la comé- 
die moyenne. 

Voyez les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XXX, p. 51. 

La pièce jouée jirécédennnent, qu'Aristophane désigne Aiharues, v. 377 
el seq., n'est parles (llievaliers, mais les Biilnjlnuieus, pièce où il y avait des 
traits contre Cléon. t^léon intenta un»' accusation contre li- poét"', el Aristo- 



i.\x (okhk.sI'omi v>( I.. 

jiluiiiL' 1.1 r;i|i|)r||i- (Il |i|u>niir.> i-iiilniiLs (Arhitrn. v. .j(Jl-03U. — No\.Sr/»«/. 
Aristdjili. Aihiint. v. '.il'). 

(Jrtti; \t\rvi; lut iMi |i:ii'li(; cmiat: (|i> l:i lui <|iii di'Tciulit aux |>uéU.t> A'mmller 
auriiii miuiistml {Srhul. Sub. v. Jl(. Sam. l'i-lit (/>//. .-l//if. ji. 151) place 
ccllf loi, (Hyiii|i. l.XXXIX, I. Kll<; l'-tiil tirj;i (;ii vigueur sous l'aiclionle .4»/ii- 
ninx, Olyriip. I.XXXIX, H {Si:hol. ud Snhet, v. 31). 

Les Arhitnies fiiieiil jours 01. I.XXXVIII, 3. \a' |»oéle y uialliaite Aiili- 
inaclius (|ui l'.ivait mal n'-gal/- à cerlaiiif fêle [Arhnrn. v. 1 1 i!> i-l se<|. et 
ScIidI). Aiitimaclms avait voulu fain- |passei' uu<- loi toiitrc la licriirt,- de* 
(omiques (01. Lxxxv, I), mais il ne put la l'aire sauctiuttuer , et elle lut ru- 
jetée, 01. LXXXV, 4 (Scliol. iid Acliurn. v, (i7). 

.\llii''ni's ayant été |irisi', et les Lacédémoniens ayant étahli les trente ty- 
rans (01. XCIV, I), .Viiliniacliiis lit jiasser son |»ro)<'t de loi {Srliul. ml Ailiarn. 
V. 1 1 l'.l). l'Ialdiiins le j.'raiiiiiiairicn dit: « Dés »|n'oii eut établi à .\Uiéiies le 
;,'ouvernem('nl olij{ai(liii|ui', les poètes devinrent jilus tiinitles. » 

("est dans ce leui|ts (|ue l'on [torta la loi : Mt, y.».»i/.(.».îtîv iÇ iviairc;. 

l'élit (/.('//. Aille, p. 154) place cette loi dans 101. XCVil ; il le prouve en 
lemaiipjant i|Ue le» 'l>./.AY,i'.a!;'-j(jai, où il y a des personnes nounnées, fu- 
rent représentées 01. XCVI, 4, et que le serau'l l'intus, <pii se ressiMit ih- la 
iionvclle loi, est de 0|. XCVII, i. 



VI 



l'.l fevrit-r IH09. 

.Vprès avuu' laisse un intervalle de repos à votre helle bihliotliètpn". Mon- 
sieur, je reviens à vous l'aire de nouvelles demandes. 

Poiiirie/-vous me prêter : 

l.a littérature latine de bnhriiiiis, édilidii de llarlcs ? 

Les ria|fmi'iils îles Miinrs de iS//)(/.s- et de Lahcrius ? Connaissez-vous quel- 
qiii; dissertation sur les .Vlellanes cl les .Mimes romains? Je sonliailerais au 
moins avoir le volume de Titc-Lirc où se trouve le passage coucernaiil l'ori- 
gine des tables alellaiies. 

Pourriez-vous m'indiqiier les [lassagcs des anciens qui font entrevoir une 
analo},Me entre leurs hoiiU'ons et les masques italiens d'aujourd'hui ? [>ar 
exenqile, siu" Kî riMe de Saiinio, etc.? 

Knlin, je souhaite avoir les Kfjtlira du l'uni el les Tristes d'Ovide pour v 
Irouver ce qu'il a *lit de Méilrc. 

Voici le Mithriddtc d'.Vdelung que j'a\ais ouhlié de vou> envovei. 

Millf pardons de mes iiiipuilMiiilés. 

Sinindi mutin 

SCHLEC.EL. 



r«>i«iii;siM»M»A\<:R. i.xxi 



Vil 



<,!■■■ :• l'Irmhre 1809 

\(iiri inn rr|M»ns<; i'i M. NNcIh-i'. (ic sonl iiiin|iiiiii<Mit vos rxliorlfllinn» , 
.Moiisii-iir , r|iii iiK- l'ont fait rrrip*. J<> vous prir donr ili- la lire il'altonl à 
loisir, et de me dinr si vous on «^trs un |mmi i-oiitt>iit. J'aurai sans doutt* pu 
mieux faire avec le secours de votre iiililiulliAi|ue '" •' tl'-<'lumonl iuaDi|U(^ 
de livres; je n'ai pas tni'^nie eu llailly. 

(loiinuf M. Wt'her a n-deMiaudi- sa l<'Hrc, y- voiin i.i nii^oio épalemeni, 
df iiiriue (pu; le pauvre trait»'- di- Srldej,'i'luis. 

iv vous serais iMiiniiiienI ohii^ti- si \ous voidi»-/ prrx un-r à nia rt''|>onse l<' 
nu^nie degr/- de publirit»^ <ju'a eu la lettre de M. \Vel»er, lue dans une so- 
ciété assez nombreuse. Je souhaite (fue les savants de Ueo^ve, surtout 
M. Prévost, la lisent ou l'enti-ndent lire. Vous avez plein pouvoir de dis|»o- 
ser .'i cet •'•jrard de mon manuscrit conune bon vous s^Miiblrra. l'uis^pii' 
M. Wfbcr a rendu sa lettre à peu près publiipie axant dr me la remettre, 
il n'est pas nécessaire qu'il soit le premier à la lire. Il a parlé à Clianan- 
llics d'envoyer la sienne j'i .M. Koraî; dans ce cas-là j'enverrais aussi ma ré- 
ponse ; je suis un peu en relation avec cet admirable critique. .\yez la bonté 
de vous informer si .M. Wcbcr exécute ce projet, et de redemander alors 
la copie de ma liitre que je vous envoie. 

Je suis bien résolu de ne |)|iis répondre, si .M. Weber veut me réfuter île 
nouveau. Kn voilà bien assez • on passerait sa vie à éplucher deux vers 
d'Homère; d'ailleurs, je me llaile d'avoir coulé à fond cette question. 

J'ai encore une conjecture siu' ce passage homérique, mais que je me 
ganlerai bien de dire à mon antagoniste, et que je vous communiquerai seu- 
lement en coulidence. 

.\vez-vous vu .M. Mustoxidi, Grec des S<'pt-lles, très-savant et très-cul- 
tivé? .Malheiux'usement il est reparti tout de suite pour l'Italie, autrement 
je ne l'aurais pas récusé pour juije dans cette dispute. 

Il y a bien lon^'temps que vous ne nous axez donné aucun sijjne de vie. 
J'espère que la santé de .Madame votre mère vous permettra bientAl île ve- 
nir à C.oppet. 

•Vu plaisir de vous revoir ici ou ( i;."ii'"\'' 

SCHLKtiRI.. 

t Alun |irorcs«vur ili- (tre^ l l'.Viaiiouuo <lc («ourTc .Nuiu ignoroa» le mi|c< 4c irUe «lb«utoi<>« 
liUtV.iir.v Kd 



I AMI (.OKUhSI'ONDANCE. 

Je vous reiiviTiai, on (.-ii iin'iiic tcni|>8 av»?c ce |iai|iiel ou |i:ir la |ireiiiiêre 
occasion, l'Odyssôc avi.-c h- «•oimin'Ulaire (rKiistallie <juc j'ai eu lie la l»ililio- 
lliL'<jUe. Avez la Ixtnlr «If ini* l'aire avoir en n-vanclie S<*liiller, Tltetniir. .\n- 
tiffuit. TfiUontr. l. III 



Je vous renvoii-, onsieur, avec hcaucoup de renierciemeDUi , \us uotes 
Nur l'iiistoire «l'Allila, l'igna et le volume ilu Tlfsnurus de Uuruiajin. 

Voici mes nouvelles iMi|iorlunités : 

Je voudrais avoir une liiograiiliie de saint Aniion, archevê(|ue de Cologne 
du temps de l'empen-'ur Henri IV, «jui contint l'époque où il a »'-l<'' cano- 
nisé, celle des premiej's miracles attribués à ses restes, etc. C'est pour con- 
clure de là la date d'un fort ancien poënie allemand en son liuuneur, qui 
est inséré dans le T/h'hukiiis tle Scliilter. 

iSiiscliing, les volumes où il traite de la géographie de l'Autriclie , de l.i 
lloiif^rie et des pays riverains du Hliin 

Oitonis l'risingensis Clironicoii. 

Avenlinus, Annales Uojnrum. 

Je vous renveiiai les autres in-tol. (pie j'ai encore au lur et à mesure. 

Je trouve dans l'alladius, i|M'Aveulin cite, un pttéme héroïque en l'hon- 
neur d'Attila. C'est prohahlement le même (pu- vous romiai^sez '/c Walllninn 
{'niexuKiiis l'iilltul. (Allument. AijtiH. p. I2îl). 

Tout à vous. 



VIII 



Virn miinificenlissiinn, Fabio-Cnclavianit junmn' , Mimunni Genevemis 
HihliiiIlH'niriu liouoritrio, Schlcfjelius exiil Hiinnnrcrnnus 

S. P. />. 

(Juam mihi Inicusque, vir darissiuie, inter mului alia ollicia gralo anmui 
couuuemoranda, ejfregiam pra'stilisti operamin enucleandis Theoli.-cie poe- 
seos et lingua' auliquilalihus, eamdem ut et in posterum pnestare velis, 
(|uam possum (Mii.ve Te oio, imo obtestor. Vereor enim ne, si taiitum nulu 
subtrahalur aiixilium , viribus in medio cursu delicieutibus , mihi dolendum 
sil quod oletun et operam, ut aiunt , pordiderim. Jam consuevi. Te, taa- 
(|uam oraculum aliquod divinilus uiihi concessum, cujus responsa pits mor- 
laliuiii auriltus accepta m uUiinis mentis peueiralibiis adservanl(u\ suuuna 

I r.tvic-CMiyla.flls. Favii' avait 11 II ,1 ciUc i'p<M|iic' !<• lil|. •!> htMmlht'inuf hnimmirr i\»t\ 
III' ftaiitii ipic qiioliiHcs .iiu)i.Vs. —Ed. 



CUKUE^ro.NDA.NCE. l.iXIll 

nuit n'VtTf nlia roleii: at TeMeran. .Ne ijjitur jjraveris jiil itflati(;iTis qua-»- 
(ionuiii variftat'- et iiiiillilii<iini', i^iiilMis i|uoUilit> aiires tuas ulituiulo, ruiii 
probe sciaiii Te (£(li|>o su{iii-iitiureiii eas sulvere valere. 

Non le fugit, in aiiti<|iiissiiiio illo de Nehiilunihus ' caniiiiie, quod hodie 
ilenuo inler iiuslrales tflel)iari ca'|»liiiii e>t , iiuilta occurreie, qu.T |terti- 
iient atl liisloriain leiii|turiiiii , <|iiibiis lioinanuin ini|MTiiiiii luiii AltiLi* m- 
ciirsionihus , tiiiii niiilto iiia^'is fortiliiJirie |M)|iiiloruiii Teutunirurum , quos 
vulgo llarbaros appellanl, a qiiibus equidein origineiu liabere tiiagnu|>ere 
glorior , veheinenler concussiiiu , denique |>rorsu« deletum atque eversuni 
est. IViiiio luru itaque diiigeiiter iiiilii |MM'Iustranda Mint uiimia qiia* ad At- 
tila; bistoriaiii s|>e(-taiil, tuin Veteniiii t«*>liiiM)iiia, ttiiii i|iki' erudituruiii nos- 
tri s.ft iili in eam rem congevil iiidiistria. iK-imle rurn Theodorirus (Mro- 
gutbiiniiii rex, quein annales nostri rliytbniiri nun invenasto anarhronii>iiiu 
a>(|ualeni Attihe faciunt, in iniiltis rarminibus pupubri Dielriri Itt^rnensis Do- 
mino telebralus , in epica .Nebulonum nairatione primarias (»criip«?t parles, 
invesliganda erunt qujf de eo el sede ejus Veronensi ab bisturiLis ialinis 
meMioria' mandata smil , veliiii inpriiiiis mecmn cunmiuniics qiia; Tu de 
statu Italia* sub Ostrogotbis jampridem dcMlissima srripsisti. 

l'urro multiis est in .Nebulioiiade sormo de Hurgiiniiionnm regno, |»riaco 
illo , cujus s«Hles Wormatia- ad Khenum crat |H)sita. Omnino aulem maxime 
confusa esl BiirgimdiontMn bisioria . propter jM-rpetuas repiii divi>iones el 
varias, in univei-so popnl(»nirii 1 - luijiis st-des, «i numagis 

versus meridirni iiii^ra\il ui i : ulnmique mon! lus silas. 

parlim adliur nomen ejiis retinenles. .Nescio au in amtajdms epiM'opatus 
Wormaliensis abijuid Inris buic Burgundionnm reguo alTundatur. .Mullo enim 
serius, nisi fallor, a T^rolo Magiio sedes Kpiscopi (I.-ilbolici Wormatia; con- 
stituta est, ipiiiniaiii Ilurginidiones runi ca-teris geulibus cognaUs .VtUlu; tcin- 
pore pessinia Arrianorum bu>resi laborabant. 

heniipie srire velim, an unquam regidus alitpiis Franrorum Frisiorum. 
aliarumvp gentium, qiue istis temporiiuis tam s;i>|n; nomina et seiK's mulare 
solebanl , sedem imperii sui baituerit in oppidulo Xanlen ad lUieniun silo 
prope Weseliam. Ponitiir enim in Nel)u!ionade ibi rogia principis cujavlam 
Sigismmiili, in provinciis iiiferioribus (vcrnaïuiu seniiune <ltf .\ir<lrrlaii(if) 
domiM.inti>, liliiqiie ejus Sigfridi, inclili fabulis li<'roi>, ipiem, ipiia ad instar 
Acliillis nullti telo vuinerabilisbabebatur, noslratestonu'/iwi uuncupanl, unde 
errorc ridiculo homines vcteris scnnonis ignari comutum eum finxeninl. 
FVmortabanj alitpiando in itinere apud boc op|>idum Xanten , se«l minime 
pnevidens , olim milii antiquitates ejus remotissimas fore investigandas. 
ViMiit iiiibi in tiieiitem , niun forte nomen, iieuliquam indolem (iennaniram 
redolens , a Xantlio Troadis llumiue d(ii\attim sit. .Noiissima enim ros est, 
Francos, uudtosqiic alios populos, Homanoruin a>mulalionc illrrlos. a Tro- 
janis originem durero volutsse, quo fartum ut passim, sicuti Aiidromarbe 
Vir^iliaiia « iiovas qiiasdaiii Trojas el n-ridiva iV-r^'ama • «onti'Tent 

I I r> Ni. k'Iiii. '. 



I WIN <:OI«llKSI'OM»A.\Œ. 

l'aiicii liiri i; iiiiilli>, iii i|iiiliii>> li.iM'ou, ili-liltavi. Vide» jaiii, i\irji et «{uaiiUi* 
(lilliciiltatcs iiiilii siiit (vvtriiaiiilii', auto i|iiaiii (iissiMtatiu iiR'a de Ni-iiuloiii- 
iiiis in Iticciii |in)(lint i|iii'at. ISogo l** igitur, cuiii cuhtculi iiiei an^îustia' 
nuii taritaiii liliruniin inulein siiiiul ra|)iant, <|iiaiita ad luinc ineani o|iellaiii 
i|iialciiiruin(|ti<- ii|mis niilii eiit, ut iiiilii siipellectileni litterariarii, tiirii ex lo- 
< ii|iletissiiii(i )ti-ini tiio |ii')|ii°io, tiiiii e\ iSiMiullieca piihlira paulatiiii pru- 
iiias, iili'i»(laMii|in' Lou< eilas, duiii lil)ros, ijiiiljus jam iisns fiieio, dilif^enter 
Tilii stdiiiid).- reiiiittaiii , ne lilteralitate Tua abutar ; sirulii hodie cuni liisre 
lilleris reiiiitto (^anisii Li-rliimes aiiliifiins, débitas Tibi ((ratias persolvens et 
aiiipliiis persoliitiii'us. Quas iitinaiii Tibi l'atrono optiiiie iiierito référant 
prit nie docti ((entis noslra; iioniines, si ipiando (îernianiain peragi'are Tibi 
Iiltiiiiil Valf. Sciibi'baiii (ienev;e A. il. V. kal. l'rbr. a. MOCCCXI. 



IX 



( hrhj, m o'inl.re 1SI',. 

Vous nie faites l'honneur, Monsieur, do me demander dos lettres pour 
Weimar et léna. Mes relations avec ce pays sont entièrement rompm-s, et 
je \\\ entreliens aucune correspondance, pas même avec mon ancien ami 
et m.ulre en poésie, (îtetlie. dépendant, je pense (pfil recevra toujoui"s bien 
(piel(|ues lijjnes de ma part, et jo vous envoie l'incluse conmie la seule adresse 
que je puisse donner. 

Au reste, im Genevois de la classe de M. Iligaud ' , l't qui montre le dé- 
sir peu connuun de connaître la lan}i[ue et la littérature allemandes, n'a pas 
besoin de reconHuandalion, et peut être sûr d'être partout bien accueilli. 

Weimar est bien dépeuplé par la perte de ses honunes célèbres, Herder, 
Schiller et Wieland. 11 n'y reste plus (|ue Gcethe. Néanmoins je crois que 
le goût des lettres s'y maintient toujours , et le théillre est une ressource 
pour les étrangers. 

1,'iniiversilé dléna aussi n'est plus ce ipi'elle était Le personnel des pro- 
fesseurs a tellement changé qu'ils nu." sont inconnus pour la plupart. 

G<ellingue est bien sui>érieur par sou excellente bibliothèque , et lleidel- 
berg par le mouvement de pensée qui y règne ; mais à présent que l'Alle- 
magne respire après de longues agitations, M. Higaud aura un choix libre 
entre tous les séjours ipii pourront lui convenii'. 

J'ai eu bien du regret à ipiitler la Suisse silAl, et j'ai été vivement lou- 
ché de l'élat (raliliclinn où je vous ai laissé-. J'aurais souhaité vous voir 
plus calme avant mon départ ; mais une douleur d<; sensibilité exerce tous 
ses droits sur lui cteur connue le vôtre. Votre père a été votre ami intime; 

I M. ltij!aiiil-(lo r.(.ii>timl. Kii. 

i \.\i iiitu'l ilii |iiMi' (II- (H11II.11111IC Imivit. — nu. 



COKKESIMJNhAX'.E. LXXV 

\<)U!> avfz atiuiii I liMi> 1rs j«)in> ilr >a vi»' ; iim- telle iflatioii «-si iuiii|U).' ; on 
s»,' s«'nl l»itii sr-iil après une |mmI«' si-iiihlahl»', rt il faut du rourage jwur 
nTuiiiiiifiM«T mit" iioiixfllt* r|io<|iin «II» la vie. 

Je iiM- ra|t|M-lli,Tai Idiijmirs avec n'roiiiiaissnmo rinU'-n-t qui* vous m'axi-z 
ItiiKiijiiH' lors<|m' jV'|tiouvai uiw douleur |»an'illf. K» r«*v«'naiit après In |):i- 
lailli' <l<' LcipziK, l'I sous tllifurcux auspii es dan» mon pays natal, dont ji* 
devais nu- rroire exilé pour toujours sans les événements de la guerre, je 
disais souvent à mes frères : « Pourquoi ma mère n'a-l-elle \m voir re jour'' 
quelle satisfaction elle aiuait èprouxèe! > 

:\<ius sonuues ici assez ;i<;rèaldeiiien( étahlis, quoiipie dans un rlialeau un 
peu dèhlbré. b-s moulins de Montmartre me séparent du fracas de Paris, i-t 
je leur en sais bon jpé. (àî n'est pas que le sîdon de M"'« de Staël ne réu- 
nisse souvent un monde Itrillant, mais celte petite distance suffit pour ni'al- 
Iranchii des devoii-s de »o«ièlé, et j'en pr(»lile pour èlmlier beaucoup. Je 
vous entretiendrai une autre fois îles résidtats de mes re< lierclies, aux- 
quelles vous avez toujours accordé tant de faveur 

Veuillez ajjrèer, Monsieur, l«'s assurance» de ma haute eslimi* et de m<>n 
amitié bien sintére. 

S< UIKi.KI 



l'iir.s. i février iSI'i 

J'ai nulle et nulle panions à vous demander de ma négligence, Mousu'ur; 
j'avais répomlu à votre lettre , et je croyais .nvoir envoyé ma lettre à la 
poste, mais, soit par un oubli de la part du domestiipie ou par ma propre 
dislraiiioii, «die n'est point |»artie, et je viens de la retrouver à ma j;rande 
coiisleriiation, en fouillant tians mes papiers pour les mettre en onlre |M)ur 
mon proi bain départ, l ne telle chose ne peut arriver (pi'à un indolent comnR> 
moi, «pii ai toujours un tiroir rempli de lettres aux*|uelles je devrais n'*- 
pondre et auxcpiellcs je ne réponds g\ière, tpie je crains même de regar- 
der, pour ne pas me rappeler mes péchés. Ma lettre pour M. Iligautl 
airiveia sans doute tnqi lard pour lui rire de tpielque utilité, mais je vous 
l'envoie toujours, alin (pi'elle me serve d'excuse. 

J'espère bientôt retourner en Suisse. Notre s«''jour iri oe so prolongi'ra 
^,'uère au delà du commencement du mois d'avril. Je réserve donc jHuir le 
plaisir de nos entretiens, dont je me fais une vraie fêle, tout ce que je 
pourrais vous cotnumniipier d'intéressant. Paris a été ass«'i animé cet hi- 
ver ; siiiiout quelques lemiues anglaises en (»nt fait agréablenieiil les hon- 
neurs. ('.ep«>ndaiit je fréquente en général le momie le moins |Hissible, |mhu 
n'y pas perdre tout mmi lemp^. hepuis mon >éjour en ville, j'ai sus|M'iidu 



I WVI fiOHilKSPO.NDA.NCK 

iiiitii <'-i rit -III 1,1 itiiiii.itDiii lie |;i l.ingtii' rr:iiM,:ii!M', parce i|u«' jo iir !>ais |i<i>> 
I iiiii|iiist!r il ImIiiii!) ntiii|iiis. M:iis , i-n icxanclic, j<.' suis (oiiilir (uiiiiik* un 
|MTtlu dans ir:iiitn.-s l'-tiiilfs. Itrpuis nii iiiuis û peu pn-s, je nie «lèhaLs cuii- 
Ire les diniciiltrs de la iaii^iii.' et de la poésie pr(iveiivale6 ; je pdlis Mir les 
iiianus< lits, et j'i.'iiiporterai un recueil assez tiuinlireux de cliansons des poê- 
les les plus célèhien, copiées avec le plus };iaiid soin sur les originaux, el non 
pas d'après les pn|)iers de i.acuriie de Saiiile-l'alaye. Je verrai easuite à 
loisir ce ipie je pourrai tirer de cela ; mais eiilin j'ai voulu le possc-der. Ceci 
se lie à mes reclieiclies précédentes. Mais fn^urez-vous cet enfantillage à 
mon âge? je n'ai pu résister au désir d'apprendre la langue sanscrite; j'é- 
tais ennuyé de ne savoir (|uc des langues que tout le monde sait , et ni<- 
voilà depuis deux mois écolier zélé des Kralimes. 

Je commence à déliroiiiller assez facilement les caractères . je m'oriente 
dans la grammaire, et je lis même déjà, avec le secours d'un Allemand «pie 
j'ai li'ouvé ici, l'Ilonière di' l'Inde , Valmiki. Il m'est trop incommode de 
suivre le coui-s de M. Oliézy, mais je le «onsulte sur la marche à prenilrc. 
Kiilin, j'espère avancer assez pour continuer cette étude à moi seul, pen<lant 
le loisir de la vie de campagne. On a beaucoup de difliculté «le s»' procurer 
les livres nécessaires. Il y a encore peu de choses imprimées dans la langue 
originale en .\nglelene, et les livres publiés aux (îrandes-lndes, outre «piils 
sont d'une cherté excessive, ne se trouvent presipie point, dépendant je m'en 
suis procuré ipielipies-uns, et j'attends un envoi de Londres. 

Voilà mes confessions en fait de folies érudites. .M™^' de Staël dit <jue c'est 
par paresse ipie j'étudie tout cela. Klle voudrait me voir ti-availler pour pro- 
duire un ell'el instantané , et c'est la chose pour la(pielle j'ai le mniii> de 
goût. Les joiiniaux de Paris vous aiirunt (inclipielois rappelé mon nom, en 
uj'érigeanl, bien graluilement, en hérésiarque littéraire. On a voulu m'eiiga- 
gcr à répondre , mais je n'ai jamais fait attention à ces glapissements de la 
moule jo)irnalistc. Si mon livre a ipiehjue valeur intrinsé»pie , si j'y ai ré- 
p(»ndu d'avance aux futiles objections ipi'on m'oppose, il produira .son elVct 
avec le temps. En allendanl il se lit. Il paraît obtenir quelipie succès en .An- 
gleterre ; plusieurs journaux en ont rendu un compte avantageux. 

Vous savez sans doute toutes les nouvelles qui concernent M"*' de 
Staël el sa famille : ainsi , je ne vous en parle pas. Je ne saurais cependant 
m'cnqtècher de rendre justice au choix de M"'' de Staël. M de llroglie (»sl 
un des hommes les plus aimables et les plus spirituels que l'on puisse remon- 
trer dans aucun pays. Je crains seuli>nient que la session de la Chambre des 
Pairs ne nous l'enlève pour une partie de l'été. .Auguste «le Staël aussi veut 
faire un voyag»; en Suède, à mon grand regret. Il a passé cet hiver chez 
moi à peu près tout le temps que lui a laissé le monde. 

Je crains bien ipie ma lettre ne sente la lampe , comme les oraisons i\r 
llémosthène. Mais vous avez de riu(lulg(>nce pour mes faibles. Kii comptant 
.sur le plaisir prochain île vous revoir, 

Tmil .1 \(i|l>, 

SCIILEOU.. 



I «iniiKsi'OM» \M i; I \ w II 



Xi 



.))■ iliiis |i:ir:iilri' iiicmiin.'iIiIi- ii \<i^ yciix. |)iiis4|ih! voiis n'avcx r<>v<i ;iiu'iin 
si((iip <lc vil' <li> in.'i |).'ii-| il<*|iiiis mon st'joiir à l'am. Jt> vdiis ai |M)iii1.-iii( rrrit, 
ri iiir-iiii' <li-ii\ fuis ll'iilMiiil ili' (ilit-liy, m iV-|»otiM.> ù la Icllrc |iiir la(|udlo 
vous iiii> ilnii;iiiil;*ili-> iiiic iiilii-<%>«c poiir Wciinar. Je croyais avoir l'iivnyr à 
la |)OHlr rcUr Irllrr i|iii ni ri-nft-i niait iiiii< pour mon anrirn ami (iii-lli«> ; 
mais, soit par la iit'^ligfiu-<> ilii «loiiiirslii|iii>, s<iil par nui propre «listrarlion, 
i-lli' ii'rst pas partir, t>t 4leniii''rcim'iil , i>ii fuuillanl dans nii's papiers tpn' je 
voulais mrlti'i- en ordre pour notre proi liaiii départ, ji> l'ai rctnuivtV à ma 
j;r;mdi' Mirprisc Alors, ji' vous ai écrit de noiivi-an pour excuser ce reliiiil. 
le vous rendais c«)mptedaiis<ette lettre de Mie> paisildes étiide.s, lors4|ue Inntà 
coup sont siirveniie> les iioii\elle> ipii ont depuis a^ilé tous les cspriU'.dela 
m'a en^a^é à suspendre l'envoi île ma lettre, ipii ne pouvait gtièrc vous in- 
téiesser dans un pareil moment. Je prévoyais d'ailleurs ipie je reviendmis 
iiicessamiiieiil dans ce |iays-ci. Je suis venu à la léjjère ; ces lettres arrive- 
ront avec mes papiers, mais, en ellet, elles ne mmiI plus lionnes à rien qu'à 
me servir d'excuse et à vous prouvei nmo N<iii\.iiii-, maigre «e «.ileiin- m 
apparence impardoniiHlile. 

Je m'étais fait une vraie fête de \<nis nxun , de VOUS mndie r()iM|)|e i-ii 
pleine tran<|iiillité des résultais «le mes reclierclies , et de reprendre nus an- 
I leiis eiiiieiiens, souvent SI in>tructifs, toujours si a^réaldes pour moi. Mais 
voila un liori/on liieii leiiilii uni. 1,'ora^e gronde en appioclianl, et chacun 
se tient Uipi dans son coin Mallieiireitsi'nuMU, nom en avons trop vu |N>ur 
iiepas croire à la possiliilité de toutes les calamilés et de Ions les lioiilever- 
M'ineiiLs. IVVsonne ne peut savoir ce ipi'il deviendra, ni ipieU ile\oii-> il s«'ra 
appelé à remplir. Je ne pai tajjeais pas la s<Vurilé nénérale ; cependant, je ne 
I l'oyais pas le dan^'er si prochain, et je m'attendais à voir éclater celte érup- 
tion volcaiiiipie d'aliord en Italie. Tout le monde a été dans un fumiste avi>u- 
(^lenienl Je n'ai pas li«>.soin de vous dire comhien je m'inlérossi^ an re|Kis et 
.1 la conservation de votre patrie au milieu de tout cela. 

Nous ju'p'ere/, par mes occupations à Paris, coinliien j'étais é|oi).'né de 
me mêler du muilde réel et de la politique du moment. Je copiais des p<H°>- 
•>ies proveut,-ales sur les manusci ils originaux avir une cxaclilude philolo- 
;;i<pie, dans l'idée d'en piililicr peul-r>lre dans la suite un nviieil. J'avais eu 
outre commencé l'étude de la lanjrue «nnscritane, et j'avais Tait des pro':n''s 

i l.i' irlmii II' I ii< 1 j'.iiH ^,1 



lAXVIII ( OHUKM'OM» AM E. 

assez consiili'-r.-ilili-.s |iihii iIi-ii\ mois ili* Iimii|is. .M.iinli.-nrint on est tmili- l.-i 
iniii'iKT II (li;tii;iii(l(;r uvt'c .'iiixirté les iioiivrllcs qui itcuvcrit ({«'-rider du soi l 
de toutes les |iri'siinues aux(|ue||fs oM s'intéresse. On ne roniinande plus son 
:illenti(ui pour iiueuno autn- elms*-. 

J'espère vous voir Itinilol. .!<• vou^ prie de piés^MlU'i' tnes respi-eLs ;i 
M"'" Kiivre. 

\rnille/ Ai^vi'fi r.issiMJUiii' ^l^ rieiM allaclicineni le plus sincère. 

SCIII.RGEL. 



XII 



Ci>l,i„t. r, ticiii IHI."> 

J'ai été (lornièrenient nioi-mèine à voire porte, et ne vous trouvant pas 
(liez vous, j'y ai laissé ces lettres du siècle passé. 

Je vous rélicite de tout mou cfîMir d(î l'Iieureiix événement «pii a eu lieu 

dans votre l'aniille. J'espèr»; rpie .M Favre se porte bien, et je vous prie 

de lui présenter uu.-s respects. 

Le nouv(>au venu est plus heureux (pic nous; il a beaucoup do cliaucos 
de vivre dans une épo(|ue plus heureuse, lors(|ue le monde si'ra remis d(*s 
suites funestes de tous les bouleversements auxrpicls nous ne voyons point 
encore de terme. 

J'ai une <{raudr envie.' de causeï' av(^c vous. H'altord apr("'s son arrivée, 
M""^ de Staël est allée souvent à (Jenéve à cause de .M""' Necker , mais à pré- 
sent vous êtes pres(pie toujours sur de la trouver. 

Si j'avais vingt ans de moins, je toin-nerais mes projets vers les rives 
du Gan<;e ; mais à présent, il nie faut être content de faire venir seulement 
une rij,n)le de son eau sacrée dans mon cabinet d'éludé. Je suis encore bien 
dé|iourvu de livres indiens, mais j'allends tm envoi de la part de l.an^lés. 

Je n'ai pas trop de mille occupations diverses pour me distraire de ma 
rage siu" les évén(Mnenls publics; ainsi je mène de front mes recherches 
sanscritanes, provençales, tud(>s(|ues, etc., etc. 

C'est pour ces dernières (pu- j'aurais (^ncore be.soin de vos complaisances 
accoiiliunées. 

Il m(- semble avoir vu dans votre bibliothèipie deux l'ditions d'i'lphilas, 
l'une de Hensou et l'autre laite en .MIemagne Je n'ai jus(pi'ici étudié ce 
premier monument de notre langue (pie dans l'édition suédoise de Stjern- 
liilni. Je souhaiterais comparer ces dilli'M'ents commentaires. 

Je pivsumc (pie la grande collection des Scriplorvs renim Francirnrinn, 
jiar Uon(piel, est à la bibliolhéipic (reCienève. Vous m'obligerez infiniment en 



coruksi'ondaxk i \\i\ 

m'en |iivl;iiil Irs |>reiiiit;rs i|ii;ilir ou riii<| voliiiiio, i|iii<-(iiilii-nni>iU K'S MtTo- 
viii|;icns <:l k-s («•irlnviii;.M<'iLs. 

J'.'ii rcril il l'iiris un liaité d Klyinnlogie commi; iiilro<lii(iioii ;i tues vm-s 
lii.slori(|ii('s sur la fui iiialiou dfs lan^in-s loinanfs. Jf «It-sin-iais lMaii<-oii|» 
vous le uiontier ; mais jf n'ai ici *|uiin vilain brouillon. Kn jiaiianl dr Paris, 
j'ai oultlit- di! rt.'deuiandor la copie â »|ut'|.|u'un h qui y l'avais |)riH«-i'. 

M""' dr Slarl iiH' cliaip- di' lM'aurou|i dr rliosi-^ jiour vou^ «M M"" Favri'. 
Vcnrz liicnlôt nous voir, je vou> fu ronjun'. 

Tout à vous , 

ScHLF.t.RI.. 



Voici (|ii(d<|U<*s questions Sébiihuueniws. 

Les hiliitifirrs ou Pi'tsrhrnrijni's i;xistt'nt-ils cncorr <|Ui'|fju<' part ronuiK* 
c<irps di> nation ? 

Oiicllr est la datf di- la fondation <-t d<- l'illustration de la \illi- dr Kii*\v 
l'U Hussic? 

Se Irouve-t-il dans Canisins {Lert. Ani.\ uno rlironiquo de l'rvtVlié (!»• 
l'assau (Kpisntp. Itullinviriisis)'! Au défaut de cela, je pourrais me contenter 
d'une lti<»j;rapliie im peu cinonstaïuiée de saint l'ilifjrinus, é\ê<pie de j'as- 
saii, ipii, du temps de l'empereur Ollion II, prèrlia le premier le tliristianisn)e 
aux llon;;rois, mais sans un siiceès nmiplel. 

Si la TnftiMjrtipliu' de Mérian s'étend à ces pays-là, je souhaiterais avoir 
les volumes ipii traitent de la Hongrie et di's provinces riveraines du llliin. 

M. Mess me dit avoir rendu à la Itihiiotliètpie Kup^jer, Elirfnspii-ift'l {'{ l'ez, 
S/rijit. muni Aiislriuniriini, les deux volumes ipii s'v trouvent. Je vous prie 
de me les procurer, en rési'rvant mes aulii>s demandes poiu" la suite, pour 
ne pas assommer nos domesli<pies sous le poids des in-folio. 

Mille p.iidoiis lie mes iiii[i<irlunités, uiou clier i/»<i//»/4-t /ly>«//i(. 

S.IILKC.KI.. 



.\!1 



Mille grâces de l'envoi du ^;lossaire , ei liien davantage encore de \oire 
lettre intéressante qui touche à um- inlinilé de points de mes recherches. 

J'entre d'ahonl en matière. Je pensi* que, malgré l'existence anlérienre 
des runes , l'invention des lettres d'Ilphilas peut s'expliquer par une idée 
superstili(;us4^. Connue les runes passaient pour avoir servi à la sorcellerie 
et à t«ius les ustges dialHiliques, on aurait cru profaner l'Kvaiigile vn les 



I \\\ ( ouaKSI'OM»A.><:K. 

employant. D'iiillc-urs, r;il|)tial)(.'t mni<|iio i'-CmI inroinpl*M; oii n'avait point 
cnroro (''(rit ilo liiii{(s livri's; il fallait ilon<' ilfs distinrtions ^anim3tiraii*> 
|iliis Unes. Los savants sunlois pn'-ti-nilcnt <pii' (|ueli|ucs rarnct«;rt**< il'i Ipliila^ 
sont iniilt's des riinrs. On n»* |ioiii-rait ju{;<'r ilc n>la avoc rcrtitu<le qu«* 
d'aprôs un fur -simili- ilii nianu-^tril, «ju'on n'a ilonn»; nulle part que je sarjie. 
Je ne nie panloiinerni jamais il'avoir été trop indolent pour ins|»ccter le 
Cnder Arf/enlriis, quand je n'étais qu'à une journ«-e d'I'psala. 

L'histoire de (e manuscrit serait aussi curieuse à savf»ir. I^s Suédois n'en 
parlent pas , je crois, parce ipi'il a été transporté en Suèd<; un peu fter fut 
it tir fil. t. (Ju'est-ce (pie le Onioliiiim IIV/7/mh<'hv<, où il était autrefois? F^st-ce 
lliinnuwrrtli'^ (C'est Werden en NVeslpIialie. - G. F.) 

Dans ripliilas, runa sij^nilie niij.slrrium, consilinm, comme encore aujour- 
d'hui en allemand rnunrn est parler à voix basse. Il emploie des termes go- 
thiques pour l'art de récriture. Mrijan (scribere), nuli (srriptura*>, ufar- 
iiirlriiis (supeiscriplio). Les Anglo-Saxons ont eu aussi un terme indigène 
pour écrire : write, enci»re usité dans l'anglais. Ln allemand, le mol sclirei- 
hrii est formé de srrihcrc, mais le nom des lettres liurlistahen ramène aux 
nines : Stah, bâton ou lipne droite, liurhr, hêtre. 

Hans les gloses de Kevon à la règle de saint iJenoit, écrites à Sainl-Gall 
dans le huitième siècle, Ton trouve runstaha, [>our riiloffiœ. (Scliiltcr, Tlirsnur. 
li. S. Brnril., 1. IV.) Vax ani,'lo-paxon : Stacf-rrafI . h grammaire, l'art d«*s 
lettres. 

Je trouve ((uclques traces de l'usage des runes dans Tacite, Crrm. c. 1((. 

II parle de sortilèges faits par les prêtres, auxquels on employait « surculos 
nolis qiiihusdam discrètes. » Ensuite : « sccundum notam ante impressam in- 
lerpiclaiitur. » Ces manpies étaient donc des incisions. Vient le nom de la 
pnipliétesse ylM/'jH/a; d'autres ont iléjà pensé qu'il fallait WrcAliruun. Kniin : 
« lilerannn sécréta ignorant.» J'explique ce passage, qui adonné lieu à tant 
de disputes, tout autrement que les commentateurs à moi connus, f l.es hom- 
mes et les femmes (du peuple) ignorent l'usage des lettres, qui chez eux 
sont traitées comme un mystère, c'est-à-dire par les prêtres. » 

Comme vous, je ne doute nullement que l'ancienne rédaction de la loi sa- 
liipie n'ait été traduite d'après un manuscrit runique. Comment veut-on 
qu'une loi, dont le but principal était de iixer le taux des amendes, ait pu 
se conserver dans la mémoire? Mais le diable peut seul se tirer de ce bara- 
gouin , écrit d'abord par un Franc qui ne savait pas le latin, copié en.Nuite 
par des Gaulois (pii ne savaient pas la langue des Francs. 

Il y a un terrible clia[»ilie dans cette loi sur raltouchement indiscret des 
femmes : tant pour la main, tant pour le bras au-d(>ssous du coude, au-dessus 
i\\\ coude; cela inonle déjà fort haut, et puis KnIin la loi est heureuse- 
ment abolie, auti'ement il y aurait beaucoup de gens ruinés. 

pour revenir aux runes, j'en ai trouvé une trace dans la Transylvanie. 
\ oye/ Tln\V(icz , c. WIV. Il dit que les .^/ekles, « nondiim S<'ythicis lilteris 
oblili " se servent u non encausli et papyri minislerio , sed baculoriini ex- 
cisioiÙN arlilicio. « Les Szekle> se disiiil le> descenilanls de-N Huns ii>stés ilans 



(JH«llKSI'O.M)A.N(.i;. lAWI 

le |i;<ys. IK ont Î-U'' toujours rrconiius pour tels par les mis tii* llongrif. Il S4' 
pourrait donc rpie cet art, ilunt parle Tlinvorz, s;uis iii)ut«- oublié aujourd'hui, 
oût étr cotntininifpir'* aux lluiis par irs (j<tlli>, dans If l<'iii|is <pic rcux-ri for- 
niait'ut luic |)arli)' di* l'iMiipin; des IIuils. 

J(! n'ai pas (:ranii<- foi imi Trilli«*inius ni en lluiiniliaid ; ( fpfuiianl il faut 
l(>s «Toutcr, pnisipi'ils p(Miv«>nt avoir eu des inanuM-riU prrdus aujourd'hui, 
«ît je vous si-rais ohlijji'' si vous vuulii'z me 1rs procurer. 

J'ai extrait de l'Anonyme de Kela, de Hoguphal et de l'olorki tout ce <|ui 
pouvait (^tre à ujon usape. <;e Waljjersz de Koguphal est notre W'althanus. 
firitiii'iis .\(jnH(tniii', traii>planté en l'olo^;ne, sans doute d'après la même tra- 
dition allemande <pii a servi de hase au poème latin <pie vous connaiwz. 

Il n'y a aucun donle qu'il ne faille entr-ndre Vérone sons le nom de Hern, 
de celle ville illustrée par nos romanciei-s hèroïipies. Nos historiens du sei- 
zième siècle nomment encore le passage des Alpes qui ronduit h Vérone : 
dit' Berner CJnusen (les ('liises de Herne). Je pense même que le dur de Zâh- 
ringcn, en hâlissanl la vill<- de lleriie en Suisse, l'a nommée ainsi par allu- 
sion à l'autre, ses ancêtres ayant été margraves à Vérone M. de MollinoD. 
profond connaisseur de riiiÂtuirc de Suisse, m'a paru approuver cette con- 
jecture. 

Très-prohahlemenI le manus<ril dont parle llend)») éiait gothique, l'n 
Kspagnol , cilé par Iten/elius . en a vu à Turin, l'eut -êlre trouverait -on 
queltpie chose si l'on pouvait fouiller à son aise dans le Vatican Mais les hi- 
hliolhécaires y sont jalou.x de leurs richesses, comme le dragon des Hespé- 
rides. Je crois qu'on a heauroup écrit en langue gothique , et que h-s Ita- 
liens onl détruit ces manuscrits exprès pour n'avoir |ias l'air de descendre 
des Itarliares, l,e contrat en langue gothique, pidilié jiar Itonius, ainsi is«dé, 
r.iil tirer de fortes inductions. Syagrius avait si hien appris la langue des 
Moniguignons, qui était celle des (ïollis, ipi'il corrigeait les Harhares eux- 
niênii's quand ils faisaient dis fautes île grammaire, (ionnnent cela se pour- 
rait-il sans la connaissance de livres écrits? Saint (;hrysos^l^me lit prêcher 
devant lui un |»rêtre en langue gothique. Or, s'ils prêchaient, ils écrivaient 
aus>i leins homélies Chez les Vandales, nation gothique, on céléhrait le culte 
dans leur langue maternelle. Les mots corrompus dans le texte de samt .\u- 
gustin doivent être rétablis ainsi : Franja nrituit (.domine miserere^. El re- 
marquez que c'étaient des Vandales encore calholiqui«s, car s'ils eussent été 
ariens, saint Aiigu.slin n'en aurait pas été si édifié. 

Vous avez cerlainemeni très-raison sur Knight. Mais en voilii déjà ass4«ï 
et de reste pour vous fatiguer ; ce serait bien pis si je tombais dans k* 
s.uisi rit 



Les couunimicalions avec vous me sont toujours iullniment agréables ; 
mais causer vaut encore mieux qu'écrire Venez donc bieiiliM nous vou'. 
\|""' de Slael ne va à (ienève que samedi Je désin'rais bien venir à (ienève 

VI 



I.WMI i:OI(ltESIM»'i)A>CK. 

|niui- i|iicli|iii;s jiiiirs; tuais cela iio si> peut i|iii' l<jn>i]ue nous aurons plus du 

momie iri. 

i mit ;i Miii^, 

SCHLEGEL. 

l'ouniez-Vdus iiic |irocurcr te iju'on a publié sur les Golhs de la Crimée? 



XIV 



Cvp/iel, 3 mai 181'i. 

Viilrc ciiviii, Alonsiciii', 111:1 Inil ^Tand plaisir; je suis vraiment oonfus de 
loute la peine ipie vous vous t^les donnée pour moi. Je vois hie» (pie le 
poëme de l'orluualus ne conlieut (pi'une exhortation à son ami dcî lui écrire, 
IVil-ce uièuie dans la lau},nie et le caraclèi'e le plus éiraujjes. Je rapftorte ce- 
pendaul les vers suivants encore aux runes : 

Itarliani rraxinois |iiiigaUir niiui Uiln'llis 
Uuo(li|uc |ia|)ynis agit , virgula plane valt-t. 

l'ue batfuolle peut remplacer le papier, puisqu'on inscriv.ut souvent les 
runes sur des IcUous. \a'. lait import'iut est (pi'nu prêtre italien du sixième 
siècle, vivant dans lesliaules, connaissait les runes. J'ai trouvé heaucoup de 
traces de leiu* usajjje }r,''iiér.denient répandu parmi les nations «jferinanifpies, 
et à cet égard , comme sur beaucoup d'autres |)oints, je ne puis nullement 
admettri; les prétentions exclusives des anti«piaires .Scandinaves. 

l'onr l'histoire ecclésiastique, vos manuscrits vaudois sont peut-être tous 
éwalemenl curieux. Celui qui m'intéresse le pins est le premier, et si je pou- 
vais pîisser (piehpies jours à (ienève, je voudrais bien le lire en «'ulier. J'ai 
cepcdidant de la peine à le croire aussi ancien (pie le lait .M. .Vnebier, à cause 
des alexandrins <|ue je ne trouve ipu' chez les troubadours postériem-s. 

Dans votre llpliilas de Junius, il y a une feuille mal cousue, mais j'en an- 
rai soin. Le titre annonce un i;lossaire qui ne se trouve pas, et qui probable- 
ment conqMi.se ini volnnie à part. J'ai laissé en .Mleina^rne nue édition de 
Slierubjelni (pii conlieni nu bon glossaire élymoloL'iqne. mais elle est impri- 
mée en caractères latins. 

J'ai découvert un défaut dans le premier volume de la colleetion de lUm- 
ipiet. Les pages C).")!-!».'»! de la f(Miille Sitnu manquent, el les mêmes du liui- 
tiènie volume y sont substituées, peut-être les pages en (piestion s** sontH'lles 
égarées dai\s ce dernier. J'étais fort étonné de trouver (Charles le (lliauve an 
milieu tles (lanli»is. Si vous aviez en alors l'inspeclion »le Li bibliothèque, 
cela ne sérail pas aii ive. 



fOllRKSPONIIANf.e I.X XXIII 

VtMioi! tluiit: nous voii', i-t |>iiis4|iio vous repartez ilc l)onne huunr, v«'iifîz<l«; 
honrn' heure, .iliii ipie noiii |iuissiuni» causer à noire aise de ine>» hillevtWu's 
/•ruililes. On ne sail pas cornliieu ilr litri|is nous re>U ions voisins. L'horizon 
mt! parait hiiMi obscurci. 

Au plaisir i\o vous revoir 

Tiiut .1 v.Hi- 

S( IILEtiEl . 



XV 



i'oj'prl y.) mai IHITi. 

Votre lettre. Monsieur, ne contient il un houl à l'autre que »les notes que 
j'i^rnorais coui|ili'lriui-nt. <;'e>l inunenv ce (pi'il y a à appremlre. .Mais je 
suis un jeune liouun(^ de honne volonti'', et je nie foniierai. 

Il est singulier que le dMx Arfifiiteussc soit égaré si loin nu nonl. J'ima- 
gine que queKpic roi ou cImT ties Krancs, ayant fait ce hutin dans une expé- 
dition en Italie oo en .\quitaiue. en aura fait don a«i couvent de Werden. La 
copie peut avoir été écrite en Italie, en Kspajjne nu dans le midi de la France; 
mais la traduction elle-même appartient sans aucun doute aux (iolhs propre- 
ment dits, et puisqu'elle suit le texte grec, elIt.- doit avoir été faite antérieu- 
rement à la conquête de Home, lorsque les (iotlis n'avaient des relations 
qu'avec l'enqtire orienlal. l.'Kvanpil»' d'Ilpliilas est un clief-d'o'uvre sous 
tous les rapports; il serait iuconc)>valile «pi'il o\\l été produit par un seu| 
honnne et d'un seul jet, depuis Yulx- jusfpi'auv leruu-s théol(»(^i(|ii(>s les plus 
difliciles. Aus.>i j(! pense que cela se sera fait graduellement , et puis4|u'on 
nous dit ijue les premiers Gotlis ont été convertis par les prêtres grecs em- 
menés prisonniers loi*s de la défaite de Uécius. il c.nI pndtaltle ipie quelques 
savants grecs auront mis la mam à l'ivuvre II est arrivé quelque rlios»* Je 
siMuhlahIe en Uussie : c'est aux missiomiaires grecs que la langue russe doit 
un excellent alplialiet et une cultiu'e précoce, tandis (|ue les autres langues 
es<'lnvones sont restées dans la harliarie el n'ont été ècrili« que fort tard. 

Aucun autre ancien dialecte leuloniqiie (excepté, mais beaucoup plu>> t;n'd, 
l'anglo-sixon) n'a alleiiil la pn'Tision graunnaticale <le la langue gothique. 
Kn Allemagne on écrivait pour auisi dire au hasiuil ; chacun peignait les s<tns 
nialadroilemenl à sa guise, el d'après les variations infinies de la pronon- 
ciation, (l'est pourquoi Ilickes a vaineiiionl essAvé de donner la grammaire 
tl'une langue qui, du propre aveu d'Olfried, n'en a^nil pas. 

hu reste, les (iotlis ont de Iteaucuup devancé les autres peuples teiitoni- 

ques dans In civilisation. Ma vient, je pense, de ce .| ni pttini 

habité les rudes cliiiiaK «lu .Nonl. et de ce que, peu •*' is.uit leui 



I xxxiv < <mni >im>m)a>«;e. 

apparition siii' la mer N<mit , ils avainil /-b'* en L-uiitact avtT les nations civi- 
lisées (le l'Asie. ],(• nom ik' faniillf •!<• Inirs mis, Aitiali, est aussi bien in- 
dien i|irallfiiian(l. Je trouve aussi tiaiis I l|)liilas plu>ieiirs tenues indigènes 
pour (lésigiier des |ii-odii('tiohs méridionales. 

On s'est disputé si l'Kvan^'ile d'ilpliilas est écrit en allemand ou en sué- 
dois. Ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est la mère connuune des deux langues. 
Plus on remonte vers l'origine, et [dus on voit les rayons divergents se rap- 
procher. Cependant il parait (pie, dès la plus hante antiquité, les tribus ger- 
maniques se sont divisées en ileux grandes branches : le bas allemand et le 
haut allemand; le dialecte di's ciMes et des plaines, et celui des montagnes, 
le sa\ou et le gothique. Le dialecte supérieur ne s'est conservé que dans 
l'allemand, l'autre a produit les langues hollandaise, danois»;, suédoise cl 
anglaise. 

Plusieurs savants, entre autres .\delung et mon frère, ont soutenu rpic les 
Trancs propienifnlditsont parlé un dialecte du bas allemand; mais je ne suis 
pas de leiii- avis, el je vous dirai poinqiioi. La difliculté de fixer avec pré- 
cision le dialecte que parlaient les Krancs , lors de la concpiète des Gaules , 
c'est que nous n'avons aucun écrit ties temps mérovingiens, et dans l'épo- 
que carlovingienne le nom de Inni/iie friinrisijue était devenu un terme gé- 
néral qui s'étendait à tout leur vaste (>mpire. .Mors le haut allemand était 
la laniine dominante, jiarce (pi'une quantité de nations de la branche supé- 
rieure avaient été ualionalisées Krancs. 

De l'époque antérieure il ne nous reste que cpiehpies moU: épars , les 
noms propres et rpiclques faits historiques. 

J'aperçois une nuance totalenu-nl différente dans les noms anglo-saxons, 
mais les noms francs ne se distinguent en rien des noms gothiques, et beau- 
coup d'entre eux ne sauraient être o\pli(piés que par L Ipliilas. 

Le pap<! (irégoire, en envoyant des missiomiaires en .\ngleterre, demanda 
des intiMprèles à un évètpie d".\ngoulème. Cela prouve-t-il que les Francs 
parlaient le même dialecte que les Saxons «le l'Angleterre? Non; il y avait 
deux colonies saxonnes en France, l'une prés de Nantes, l'autre à Baveux. 
Dans un capilulaire mérovingien sur la foire de Saint-Denis, d est question 
des Saxons qui la fréipienlaienl, etc. 

Voici un autre fait. Le roi Chlodonier périt, étant tond>é dans une troupe 
de riouiguignons qui l'appelaient el lui criaient (pi'ils étaient des siens. Il ne 
put donc pas les distinguer par leur langage. Or, les Bourguignons parlaient 
la langue des Coths. 

Je conclus di- tout cet i ipie les Francs parlaient un dialecte intermédiaire, 
mais bien plus rappiocliê de la langue gothique que de la langue saxonne. 

Tout cela élait desliné à être développé dans mes vues historiques sur la 
lormalion de la langue française, dont j'ai prestpie abandonné le projet. 

Je pense qu'on ne peut guère insister sur la langue «jue parlent aujour- 
d'hui les Szekles, pour déterminer leur origine, puisqu'ils ont été près de 
mille ans sous la domination des Hongrois. .Mais le témoignage de l'Anonyme 
de l!ela. que les conipiérants les ont li'ouvés établis dans le l>nys. et ont fait 



rOnilESP(>M»\>« K lAXXS 

causn fonimiino avrc cmx contn' K's Ksiiavons, t-(iiii|ile |»our iH-.-iiuoiip à mon 
grr. Ils éUiieiil donc iirobahlenipnt des restes des Avare», el toul le moyeu 
âfre a consl-'iiimiftil reganli' !<•> Huns, les Avari's et Ifs Hongrois roniiiie une 
senle el in«^me n.ilion. (Ii'Ue opinion est diflirilt* ;'i n'-fnltT, |)iiis4|iie la langue 
des deux [ireniiers r»t [M-rdiie. Klaprotli pn'-tnid avoir trouvé autour du 
(îaurase des Avares dont Ifs noms jtrojtres re<send)laieul à ceux de> Huns. 

|{al>anus donne-t-ii ral|dial)et dont il |)arie ? Il ne p<*ut entendre par Mar- 
riiinnuiii ipie les lial)it;uits du Danemark ou ceux de la Marche de Sleswir 
en particulier. Ceprndiuil nos vieux portes disent aussi la Marche nonvé- 
gienni'. 

I^es notices sur les Gotlis doivent se trouver dans li- Milliriilnte d'Adclung. 
dont je n'ai encore rpie le premier volume. 

Je vous renvoie avec beaucoup de remerciemenU !•• pm-i .imuif il.inoh. 
Vous •"'tes hieii hon de vous associer ain»i à toutes mes luhies énidites. Je 
vous entretiendrai une autre fois des traces de poésies nationales que je 
crois avoir trouvées dans les historiens mérovingiens. I ne «le r^'s histoires 
doit s'être passi'e à (îenève, el même à deux portes de cliei vous. 

.M'"'' de Staël a différé sa course à fienève jus4prà lundi ; je pourrais l»i«*n 
raccom|»agner. Je suis bien fiiché qu'une cause aussi triste vous retienne 
clie/ vous. J'es|K''re que .M"" Kaxrerl \os enfanta se portent bien. 

Tout à vous, 

SCHLCAEI.. 



XVI 



L'oft^el, io mai 1815. 

l'étais chez vous. Monsieur, lundi dernier, mais vous étiez à voUv belk- 
ranqtagiie. J'aurais voulu arrivrr plutôt ptiur vous accouqiagiier. 

Je suis channé que vous soyez content de mon morceau sur l'étymoloipe ; 
il est bien diflicile d'écrire d'une manière animt'-e sur un pareil sujet, el d'é- 
viter l'ennui et la pédanterie. C'était un écrit projeté jKuir un tenips de 
calme. J'avais l'iitlenliou maligne d'apprendre à l'.Vcjdéniie Française une 
quantité de choses (pi'elle ignore, et je voulais lrés-|Hdiment lui adresser 
ce petit ouvrage. .V présent, je n'ai |>oint de motif d'écrire jwur le public 
français, qui est entièrement absorbé par les événements et les divisions in- 
testines, h'ailleurs, j'étais bien mieux placé à Paris sous le rapport des livres. 
Y a-t-il seulement à (îenève touti's les absurdités celtiques el bus-bretonnes 
dont il faut faire justice? 

Je suis très-curieux de voir le manuscrit dont vous me parlez. Sans doute 
on écrivait encore dans le sixième siècle beaucoup sur du papyrus dans tout 



i.wxM < <>m«i;>r<»\i)\>'CK. 

rOcciilRiU. |{i«:ii lu- » u|i|i»iM.' ;'i rr ijur If CmUx An/fiilfus ait «'•••' éiTil tlans 
If midi <lf lii i'i'.'iiK'f , |)iiiM|iif Ifs (iollit y oui iluiiiiiif si |oii{.'tfiii|>«i. Jf |>fii- 
ctif ù (l'uii'f <|u'uii u l)fuucou|i, iiiai!« l>cuucou|> écrit en langue (;ulliii|ut' 
Outre roiii)ii lie rutti: lan(;uf , um.* aulrf cause f iicore duus a |>rulialilenieul 
[trivfs lit! (X'S iiiuiiiiriifiils, jf Vfux ilirerintolfraïuo. l'nf multitude de livre»» 
arifus a ftf hrùiff. Dfs prêtre?., (j<tlli> d'origine, auront écrit en faveur de 
ifiM' doclrinf. (irégoire de Toin"s raconte inie longue dispute ipi'il eut avec 
jini d'eux. Si les (iottis aiieiis ne se servaient pas de la Vidgute, mais ti'uue 
liaduclion de rKcritine sainte tlans leur langue , il doit en avoir exislé un 
L;ranil nombre d'exemiil.tires. OueKpios savants pensiMit que le ^'of/ex .4 r - 
iirult'ii.s a appartenu à Alaric il, et qu'il a été pris dans le sac de Toulouse. 
Il est tpifstiiin, en fflet, île beaucoup de volumes consaciés au culte qu'on 
Irouva parmi le butin. M.iis on n'aura guéri' respecté «les livres qui sentaient 
l'ai ianisme, et l'on aura sfulfmi'nl conservé les couvertures précieuses. Je 
conjeiture que c'est la reine Kruneliault qui a a|tporlé le C.mlejr Anjeiileii* 
en Auslrasie. Kn venant d'f']s|iagiie, elle était encore arienne et niagnilii|Uf- 
iiifnl ilotée lie luulf> les façons; elle aura ou aussi un bel Kvangile pour sa 
dévolioil. 

Les Normands établis ri\ l'rance ont trés-vile oublié leur langue, jtarce 
qu'ils n'avaient point amené de femmes avec eux. Mais à Ikiyeux ils trouvè- 
rent une colonie de Saxons, dont le dialecte se rapprochait beaucoup du 
danois. C'est celle circonslance qui ex[ilique le passage que vous citez. 

Il existe en Angleterre des manu.sciils runi(|ues ou entremêlés de runes ; 
mais il s'agit de savoir s'ils sont antérieurs ou postérieurs à la conquête des 
Danois. M. Tliorkelin , savant irlandais, vient de publier à ('Aipenbagiif un 
grand poëme anglo-saxon, d'après un manuscrit qu'il a copié en Angleterre, 
et qui, selon lui, remonte au moiius au dixième siècle. Il m'en a fait promet- 
tre un exemplaire. Celte découverte doit jeter un grand jour sur les anti- 
quités du Nord. 

M. Langlès m'annonce les uombreiix lia\aux des Anglais sur !»•« langues 
iiulienni's ipi'il vient de recevoir. Dieu veuille que le tem|)s revienne bien- 
loi où l'on pourra s'occupi'r à loisir de Unîtes ces études paisibles ! Le 
moiule aurait bien besoin de repos. C'est l'ineptie d'un CiJté, et raniiiition et 
la cuitidilé de l'auli'e qui nous en ont privés. J'espère qu'à l'avenir on pein- 
dra le diable avec des épauleltes suiis la l'orme d'un général de lrou|ies de 
liiiiie, et qu'on m- voudra plus qui' des citoyens armés |>our la défense de 
leur patrie. 

Je souUaite d'autant plus de vous revoir prochainement ici, que ce sera 
une pi» "!>•• ■">■• l:i saille de Madaiiii- \otrt' iiièi.' va mieux. 

ScMLEi.Et.. 



(OKHK.Sl'ONDAMiF.. LWXVII 



WJl 



Vnpftft, rr 7 ju n tHIi 

Monsieur. 

J«; vous retivoii! volie Aiiiiiiieii avi-c l)f;uit:«Mi|i (!<■ rciiu-rririiienls. l'cnufl- 
luz-inui (le gnrder cncurc un |»c-u Vir, «HlilioiM (l'ri|jliilas et Junius. Je lik-lie 
<i'.-i|i|in)roiitlii- il'!) *'-iii(iiiies <le (ettc laiiput'. mère «le lu iiôtiT, ou |iliit(H la 
iiiêiiie ;'i la tii^tiiiue île ijuatorze sii'-rli.>>. Vous uiaveit fourni il rxrelleiits ren- 
s4-i({neinei)Ls sur la littérature gulliii|ue. J'y ajoulenii que|i|iies noticeii que 
j'ai trouvées ile|tuis. 

Le (liplAïue ^lltllil|ue trouvé ù Naples. i.-t expliqué par Ihre, c:>t un contrat 
lie v«'nl»!; il a été pravé dans les /'«//yri Ihplmuittct ili; l'althé Marini, pu- 
liliés à llonie en 1X05, dans l'iinpiinierie ili- la Propagande. 

Uuelipii's rragnient.s dans cette langue , trouvée dans la lidtliothéi|uu de 
Wolfi'nliiiltel, oui été pnitliés par un Allemand uonuiié Kiiitlel. Tout cola 
doit aussi se trouver daiui l'étlilion d'ilpliilas par Zalin, laquelle, à ce qu'il 
parait, est la plus conqdète de toutes. 

|{. AIdrete, ili-l (thifi'H y pnncii»w de la Irtujua catlellunn , U]HH\, i", doit 
contenir des échantillons d'écriture gotliiipie. O livre existerait-il par ha- 
sard ilans la liihliolhéqiie de Genève? 

Laudjecius parle de uianuscrils eu caractère toletan ou ptlliique dans la 

hihliotlièque de Vienne, il- ^ .un.. m ,i,'. .j.(.,.ii,-^ ...i .lit .1, l'Kopagn*- 

par (iharles V et son frèi. 

Il parait que les (Jolhs se s.iiK )i. iiiiiiii|. ni.l.-- .Ii.iir.' I, Xti.invnie de 
Uavenne ne cite pas moins de trois écrivains de cette nation qui avaient 
écrit sur la (;éographie des (îauies : Athannridus. Ilcl'lehaldus et Maivounr. 
C«'s ouvrages étaient-ils couqtosés en latin ou en langue gothique ? Il n»' k' 
dit pas ; mais la deniitTC supposition nie parait plus prol>al>le, parce que 
rien de tout cela ne nous est parvenu. Des livres iVriLs dans uu** langue «le- 
venue inintelligililc devaient nécess,iiremeut se penire. 

Je jM'nse, après tout, que dau> lélvuiologie di-s langues romanes, en v 
romprenant le l'rançais, ou doit heaucoiip plu- i<i.Mini .m L''>lliii{iii- .prou 
ne l'a l'ait jusqu'ici. 

Ces temps orageux ne sont pas favorahles ao\ < uni. - . < ('|m uiluii j.- irouvc 
«|ue c'est l«; seul moyen de se distraire pour quelques instants de mille |H'n- 
sèes péiiililcs. Je souhaite fort que nous ayons assea de calme |M»ur que je 
puisse venir pasvr quelques jours à (ieiiève ; mais je ne r«>>|H're guèrv. 
J'ai de beaux livres indiens que je vous montrerai si vous venei nous 
voir ici. 

l'oiil ;i xitiiN, 

NJI1.K..H 



! \\\\ III I (tItlIF.SrOMiANCe. 



XVIII 



Cni.prl. iijuillfl iHfS. 

.l'apprends. Monsieur, «pinpiès tous vos bivouacs vous avez pris vos ijuar- 
licrs d'hiver, on pttnr niit-iix ilin* d'rt*'. Ncmis aussi, nous soiinn<-s rflonrnt''s 
i'ucltt! Iialtilaliori n'dt'vcnni,' pai>ililr plus loi <|u»' nous ne pouvions r»'S|M'TtT. 
l/liisliiiri? uiai'(-li).' vilo aujoiud'liui. Les ««nipircs se renversf-nl en niiMn> de 
rien ; il faudrait pres<pie plus de temps pour une partie d'écliecs bien niéili- 
lée. A Lausanne , j'ai pu proliter de la hililiollu^que de F Académie et de 
relie de (iil)lion. A présent, voire ancien client vous retombe sur les bnis. 
Vous voyez ipie les evéneint;nts ne ine dérangent pas de inesétude> : 

Si rr;iclU!> illaliatiir urbis, 
Hlijinnlniium rcrii'iil niiiix' 

On prétend que lord Mon))oddo était à écrire une Itltre sur l'origine des 
langues, loi-stiu'on lui annonça que sa femme était à l'agonie. Il répon<lit 
« Je viens à l'instant, je m'en vais seulement achever ma lettre. » Kn alten- 
dant sa femme mourut, el il mit l'annonce de sa mort en post-scriplum. J'ai 
été un peu comme loid .Moidioddo dans cette circonstance. Je disais : • Lais- 
sez-moi achever une pelile reclierclie élymologiipie, ensuite jv' m'occuperai 
des nouvelles polititjues. » Eh bien ! je n'avais pas encore trouvé la vraie 
racine de mon mol, que Paris était pris et la France de nouveau embour- 
honnée ! 

J'ai marqué ci-joinl ce que je désirerais avoir ou ravoir. J'espéie (pi'on 
vous aura rendu lous vos livres lors de niim départ. Il me semble que ipiel- 
ques brochures à moi ont soutenu le siège avec vous. Si vous n'en avez plus 
besoin, vous m'obligeriez en nie les renvoyant. 

Mon Essiii sur ht l'uriiiiil ion de la hiviue l'mni;nise dort en ce moment, (le 
n'est iju'à Paris (pie je pourrais consulter tous les livres nécessaires. 

11 y a une éternité que nou.s n'avons pas causé ensemble ; je profiterai de 
la première occasion (pii s'oUrir.i pour avoir ce plaisir. 

Tout à \(iiis, 

SCHI.EOEL. 

/•. .S. Je ne saurais terminer celle leltre sans consulter loracle tk- voire 
érudition sur quelques doule^ de mon ij^'iiorance. 

1" Y a-t-il quelipie écrivain coiileiuporaiii , byzanlin ou latin, outre .\m- 
iiiicn. qui rende coniplc duroipoih trmananc, letpiel péril dans la première 



(OHUKSI OMIWO I \\\l\ 

in\asiiiii ilt'> lliiii-;'.' Ou li; iccit i|iii- (iihiioii i-ii doiiiH' r«'|Hn(f-t-il loiil eiiluT 
sur Ut mauvaise aiitorilr de Joiiiamlès V A rr siijfl, il esl arrivr a (iil>lM)n 
uin; mt'|tnsf assez siiigiilièic. Il plaint le roi Kniianaric de ce que ses ron- 
<|ii(Hcs ayant eu lieu parmi des natiuiLs Itarbares . sa gloire a été penlue, 
tandis i|u'ellt; ile\ait t'^'aler telle d'Alexandre le tîrand. Or, ce roi a /'lé 
rliaiité, iion-M'uleniriii eu Allemagne pendant tuut le moyen i\ge , mais sun 
nom a uirme prnéiré jiis<pi'en l^lande, et c'est sans amiin dont»; ce môtiie 
prisonnagi; qui est désigné par le Jonninnrkur de l'Kdda 

!2" (îrégoire de Tours <lit ipieltjue part «pie les rois bourguignons étJiient 
de la race d'Atlianaric le l'ersécnteur. Cela doit sVnlcndre des femm»'s , je 
pense, car il me parait clair, par la Loi (ioudu-tte, cpie les rois bourguignons, 
ipn régnaient sin* les deux cotés du Jma, descendaient île mâle en mâle de 
ceux «pii s'éUnent établis d'abord sur les bonis du lUun. (ionnall-«in ipiel- 
ipie princesse de la dynastie des Visigotlis <pii ait épousé un roi bourgui- 
gnon? (^eci vous concerne particulièrement, puisipie ces rois avaient Ifur 
résiden«e à tienéve. 



iVo/f (le h'nvre ajoutée à vrltr lettre. 



Si Grégoire de Tours, tpu mourut en .V.)5, a écrit le passagi; luenliouni- 
poslérieuremenl à l'an Ti'.KJ, (Ibildebert, tléjà roi il'Austrasie, devint à celle 
époipie roi *le Uourgogne, connut! successeur de mui oncle (joutran, premier 
roi de llourgo^ne de la maison de France, i|ui l'avait adopté. 

(iliildebert éljiit lils de Sigebert I'' et .!.■ Ilrunebaull qui, elle-iuème, était 
lille d'Allianagilde, roi des Visignlhs. 

Mais le passage de lirégoin a trait à un temps pins ancien, vors le milieu 
du cinipiiéme siècle. Il dit (llist. Frnnr. H, iS) : « Fuit autem i-t tiuuilen- 
clnis rex lluigumlionuui , ex génère .\lhanarici régis persecutoris. » O pas- 
sage est répété dans Grégoire, flisl. h'ninr. epitoiwit. c. I". Cest (lundioc 
ou Gunderic, ilont le règne commenç-a on 430. 

Loi Gondtette, publiée en 50:2 par Gondebaud, V.'l-.'tlti. 

Je ne crois pas ipi'aucnn auteur, exceplé Ainmien et Jornandès. donne 
ipielijue détail sur Hmianaric, ni )pi'aucun éirivam *le la colltH'tioo b\iau- 
tine l'ait nonum'*. 

loruniiu'okr est nonuné dans l'Kdda .Vuniudina ; dans le clinnl généalogi- 
(pie de llyndla, il est désigné ct)mme gendre de Siginil. l'ne note seuddc 
renvoyer potu" ses rapports avec Krinanaric à Torfa'us, S'n«> thinnsUirum. 

Je ne sais si l'Iùlda de Snorra en parle de façon a établir ce rap|Hirt. 
Jornmiiifik est un nom i|ui siguilie en islandais Telliis rolens, aynriJa. 



XC ( OIUll'.M'OMiANtl-;. 



Jf \ous sitts litii iiltli^r, MmiMt-ur, ilc vulro iiiJi< utioii. .Nhillct n |iiih id.i 
fliijis Jean «II' Miilli'i- »'l celui-ci in* cilt' pas ses pieuvirs. TiK-lumi «lonr, s'il 
i;bl |)u.ssil)li: , ilc ilrltiudillcr la ^ciicalui^ir *lu vus iiiiciciiK rois: car ouliii 
vous èlt;s lous des (iiiiulrhititi, ili,"s (iuinliamls, n|»|teli''S ainsi de la lx>i Goiii- 
liL'tk' sons la({ii<-lle vous uvc/ vccu. 

Voici le li''mui(,'ua^i; le plus aullicnti<pi<; rpron puisse avoir, Ctilui dus Lui^) 
lioinguigiiunnes : Si ijims ufiiid m/iœ lueinuriœ ittulores noslrm, Gibicnin, Gn- 
ildiiiiiriiiii, Cisl(ili(iriiiiii, (îiiinliiliiininn , imlrmiiiiii luisliHin c/ imlruo» libem.* 
fiiissi'. ninslilfiil , elc. i^'csl (joiidehald qui parlt;, cl il uonune li-s rois aulé- 
ricursà Ginullucli duclures nustrus , nos uuc«^lres. Mais, uo suppusanl qu'uii 
[uiurrail traduire cela par prédccesscui*s, ce que je ne |»ense pas, ce pas- 
sajçe présonlc une autre diriiculié insolidde. Si, à cause de rcxtinclioii de 
leiu- famille royale, les Itourguignons avaient élu un prince Visigolli, sans 
iloute ils n'auraient a|i|ielé qu'ini seul au trône, et Giuuliocli ne régna pas 
seul, mais avt'c ses frères : piitrt'in unslritm ri jnilriios. l/un de ces frères 
était Cliilpéric , nommé , si je ne me troui|ie, par Sidoine. L'autre ou les 
autres sont inconnus. Il me semble donc qu'il ne reste point d'autre moyen 
d'e.vpliquer le passage de Grégoire de Tours de la descendance de mâle en 
mâle, (pie (l'admettre (pu; toute la dynastie bourguignonne, dès son origine, 
était issue de la famille des lialthes, c'est-à-dire «pie le premier roi Gibica 
était (ils (l'.Vllianaric même. Le calcul des temps le permet ; cependant cela 
ne me |iarail tnillemenl probable. 

J'insiste tant sur ce passage de la Loi Gombette, parce (pj'il a un rap- 
port intime avec nos poésies nationales. On y nomme trois rois bourgui- 
gnons, inconnus à tous les liistoriens, et la tradition nous en a conservé deux 
intacts. L(! troisième senlemeni est altéré. Le savant Mascov a pris ces ipiatre 
noms : Gibica, (lodomar, (iislaliar, Gundaliar, pour autant de générations. 
La chion(»logie ne le permet pas, car lors(|ue les Bourguignons parurent 
sur le Hliin en 37ïJ ou environ, ils n'avaient point encore de rois, mais seu- 
lement des cliefs élus pour un temps limité; et en ill, ou tout au plus lard 
li;], Gundaliar, le Gimdicarius des Homains , régnait déjà. Il 'est donc 
probable i|ue les trois derniers noms désignent trois lils de Gibica, qui régin''- 
reiit ensemble, et c'e.st ce que disent nos traditions. On voit par l'iiistoire 
postérieure du royaume de iJonrgogue (pi'il n'y avait point de primogéni- 
ture exclusive, mais seulement une prééminence de frère aîné. La Loi Gom- 
betle semble indi(pier la même chose: /«i/;rm nostrum et fxilnios. Le père et 
les oncles de (îondidiald avaient également été rois. Il re-stc encore une 
(lillicnlté à réMiudrc. Dans le passage en «pieslion, (îundaliar est uoinnié le 
dernier, comme s'il oill été le cadet Nos traditions, au lontraire, en tonl 



(;(uii;f.si'()Nii\>(.e x<:i 

I iiiiu: il lui Miliordonm.'iU s«'s di-ux frères, et cela e>l vrai saii^ iloule. 
|iijis<|ue les Itoiiiaias ne |tarlciil t|iu' dm (Jimdirariu^, coiuiin; ili«f Je la na- 
hoii. Je pense que dans la \ah Goiulielle il est iiuiiiiiié le dernier, part«- 
i|iie les deux autres ne laitoi-renl point de |tostéri(é, et parte que Guuduliar 
.'•lait le ptre de son successeur Gundiocli. Le premier jH-ril par les llum 
avec -2(t,(KHI liiMirtîuij^noiLs, en iw»» ; \ovez Idalius. C'est là U- -itj.-t <le la 
lalaslroplie di-s .Nibelunj^'s. l'rosper dit qu'il péril ave<- sa nice ^ ne 

luinnit encore une très-bonne explication de cela, (jnndaliar -^'S 

frères et l'élite de ses Iroufies vers la réiidenre d' Attila, dan» iles intentions 
amicales; il y éclata une quen-lle sin^çl.inle. dans la<|Uelli' les lk)urjniijînou> 
siiccondtèrenl après la ré^isl.uicf la plus valeureus»-. Mais il avait laisié 
I lie/ lui un lils eu bas âge qui pouvait pro|iaj:er la race royale. 

l.'Aii (If vni fier lin tUHes a parfaileuHiii raison. I.e n'-cit de .Mallet ne se 
tondu que sur un passage de VIliHluria miserlla , qu'on ne s:iuniit oppos«T 
aux lèmoipnafc'es formels de I*rosp<!r et d'Iilalius. iKins la faineus*- campa- 
gne d'.Mtila en 451, les llourpiignons ne comballiienl pas contre .Vttila 
ipioi qu'en dise Jornandès ; Sidoine, (|ui était contemporain, les range parmi 
M's alliés. 

J'oubliais nu passaj^e du poèiue latin «le Wall/iiinus \ 11."». 

Iiiti-rcj i.ibuliO ili-ruiigitur, i|>!>n|ui: n-ifwj 
(iiintharuis ^iirn-Nsil. 

Opurme me send)le avoir été écrit dans le neuvième siècle d'après un 
original allemand. 

Vous voyez que?, quand on loiiclie à nu point de mes rerlierclu-s, je prentl» 
h' mors aux ilmls et il n'y a plus moyeu de m'arrèler. .Vexiste-t-il aucun 
livre dans lequel ^lli^toire si obs«'ure de c«' premier royaume des llourgui- 
gnons soit traitée à fond? Je crois qu'aucun paN>;i|,'e des lii>.|oiien.N m m'a 
écliappé, mais je n'ai pas encore compulsé en entif'c le texti- de la Loi <iom- 
liellr, ni les actes des conciles de ces pays-ci , pour voir si l'on y trouve 
ijuelquo lumières. 

.Madame de Staël vous sera très-reconnaissante. Le temps «"st si Iw-au que 
vous devriez bieu \enir passer un jour ici. 

Mill.' ainiliés, 

ScilLEOKL. 



.W 



Cnpifl, U il juin t8t6 

Il y a un temps inhin. Monsieur, que jo n'ai pas '-u le plai>ir de \ous 
voir et d«' causer avec vous L année dernièie l'ennemi nou> coupa bi^n- 



\( Il coi<iif:sim)M»a>ck. 

IrM les (iitiiiiiiiiiii ;i(i*ins, i-l vous cùtr's tiii sir;.'i' a Mtiilonir. Knsiiit»-, lors- 
i|ir;i iiictti retour ilc L:iiis;iriiu.' jt; Ni»"» à (n'iirvc, vous étiez tU-jit (tarlj |»our 
votre tournéu i;n Suisse. Kii atteinl.'uit (|u<;jr; |Mii&se vous ti'-iuui^ii«*r coniliicn 
j'ai rogretl»'; votre conversation, je vous envoie une ha{;al(>llc dont j'ai fait 
iMipHunT un jietit nombre d'exemplaires, avant mon départ de Kloniice, 
jiour les ili>lril(ucr comme des cartes de visite'. 

AviUit prisse tout l'hiver en Toscane, j'en ai prolité poiu" étudier les anli- 
ipiilés parliruliéiemenl propres à ce pays , e| je peusi' donner I«f8 résultats 
de nii's recherches ilans uu petit écrit surh's Klrusques, i\w je me garderai 
de héiisser d'une érudition trop ennuyeuse, alin qu'on ne me mette pas 
pour épitaphe : 

l'.i ^'il itii .'iiitii|ii,'iiri' :irarillri- r( liru«<|iw. 

Ah: iiiril rst liii-n In^rO dans cvUc criirlit c(nu<|ue 

Ku parlant avec vous de mou [Hdjet, j'espère bien vous y inU^rcssor un 
|)eu. J'aurai ^^and besoin de vos conseils et de vos secours en livres ; niais 
je ne veux pas vous importuner dès le premier abord. 

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression île mes sentiments l«?s plus em- 
pi'essés. 

A -\V. SaiLEt;EL. 



XXI 



roppet, li juillet 1816. 

J ai appris dernièreiiieul avec bien du regret. Monsieur, ipio Madame de 
Staël avait intercepté votre visite sur le chemin de (loppet. \.e mauvais 
temps m'a longtemps empêché d'aller vous voir ; mais, enlin, votre aimable 
invitation m'assure ce plaisir pour mardi. Dans l'ospèrance de causer avec 
vous, j'ai diiïéré de répondre à votre liîttre (pii m'a fait voir que si j'avais 
eu l'avantaiie de vous consulter à Florence, j'aurais pu briller par un savoir 
emprunté. Pour éviter les longueurs, j'ai admis la sup|»osition de mon atl- 
vtrsaire, cpu' ces chevaux sont venus de Uome à (lonstantinople, et je me 
suis born^'- à prouver qu'il ne s'ensuit pas ce qu'il en a voulu induire, (ietle 
partie de la question sera sans doute traitée ii fond par un Grec savant, 
M. .Mustoxidi, historiographe des Sept îles, établi à Venise, qui, à ce que 
j'ai appiis, va traiter le mèuHî sujet, de sorte tpie le pauvre présitlent de 
l'Académie de Venise sera battu de tous les cAtés. .Ma lettre vient dèlre in- 
sérée dans la lltliliolliriiiir itnlicnnr. 

I Sur Us ihtiim.r ilf tii'iin:f île \t-iiiiii\ l'Ioifiiri-, iiiiil ISH5. — Arf 



( (H«l«I.M'«>M»\>t !•; \« IN 

Miiinlcnant j<; siii» orciiiK- d'iiii li;i\;iil i|iii (irni ili- |in*s à nit^ rerlierihes 
sur li's Kliii.s<|i»'s, f'i |H(ur Irijncl j.ii bini Iti-soiii dr vus vi(iui>. (TfM l'fxa- 
riicii (l'un ouvrage iui|i(iiljrit sur I lii.<>luiru ruinuinc, |>ar .M. .\u*liulir. L'au- 
teur nianlic <;ii grut'-nil dans la ilircclioii de l>fauroi1, mais en atUiquiint la 
vérarilr dfs ('lu«|u«'uls récits de Tile-IJve, il dt'-duininai;o ses lecteurs par de 
imifiMides rerliiTt lii-^ sur la ronslituliou de la ré|*ul)lii|ue romaine et sur le» 
cliangemenls qu'elle a subis a dinVTrntf> é|Mii|urs. A\aul luul, je dois tom 
parer ses résullaLs a\ec ceux de Keaufort, el compulser le texte ori(;inal de 
Tite-liivecl de llen>> d'Ilalicarnasse. J'y ajoute une note de queltpies autres 
livres (pii se Irouveut vois doute dans votre ltiltliotlièf|ue ou dans celle de 
(ieuève, el ipie vous vomirez bien me fournir à fur et à mesun*, avec v«»tre 
honte accouliiiiiée. 

Veuille/ ai^réer. M(iii-.ieiir , l'assurance de mes senlimenls les plus em- 
press«''s. 



XXII 



Copi)fl,:il juillet IHIG. 

iv. suis cliarmé. Monsieur, «le vous voir encore occupé de ma bagatelle 
florentini-. Je souhaiterais ipi'uue courte notice des tleu\ écrits ipu traitent 
du même sujet fût insérée dans la Htldntt lionne f'niversrlle, et vous «Tie/ 
bien aimable de vous eu cliar^'er*. 

Vuici ipielipies réponses à vos objections. 

Il me parait évident que les chevaux de Venis4< ont formé l'attelage d'un 
ipia<lrige. Ils sont parfailement appareillés, leur marche est s>métri<pie. 
quoique vai'iée de la droit(> à la gauche; enfui, on ne voit aucune trace sur 
leur dos qu'ils aient jamais porté un cavalier. l,oi-sque les chevaux de .si-lle. 
dans les monuments antiipii>s, ont un poitrail semblable, il sert à attacher 
la lmus.se, car il ne parait pas ipie les anciens aient eu l'usoge de sangler les 
ch«'vaux ; or il ne s»; liouve point de trace d'une housse ou d'un autre 
l'Iiliiftfium quelconque. 

Oans le passage d'Hérodote* tsiy.yuii; signilie certainement coiiveil de 
plaques d'or, puisque le nu)t i77«pyj;c; est tout à côté. Crojez-xoiis que le> 
grands seigneurs de l'erse aient été a.«s»'ï mes«piins pour avoir des ctMHlies 
seulement argentées? (l'étaient wms doute des litâ de Ijois, couverts en en- 
tier ou en pai'tie de platpies tl'or ou d'argent Les chevaux île \ enise sont 



1 t> ili'Mi- ili- Si lilrcfl (ni arciiiii|i|i M. 
i I. &U. I\. Ml. Mj. kit 



\ Cl V r.oiiïii'.spoMiANn-: . 

ildivs i'i riolro in;ini(^ri', (•V<rt-à-<lir(; par iiiil- <oliilioii ilc l'or dans lo vif arpent 
t(n'nn l'aisait f-nsnitr; rvaitorer par rr^fl'cl ilu U'M. l'Iine ilécrit tous les pro- 
cédés de la dorupp an feu, (piolipu- d'inif niaiii«'TC peu intdligilde ponr moi, 
fjni no snis pas rliimist»'. Mais les anciens oniplovair-nt aussi souvent la do- 
rure froide, poin* larpielle on préparait d'avance des feuillets, brartctt. Les 
plus épaiss'>s s'appi'iaii-nl (liez les \Uh\\;\\w> hrnrtfa; jtr(rne.s(inip, d'après une 
statue delà l'orltine à I»i;enes|e ipii en était très- massivement ifidfUssimf) 
dorée. 1,0 rcgrall.i^'e de nos dorures iiifiili'Ie.s pouvait être bon p<nu* des Juifs, 
mais des voleurs à Delphes en auraient-ils eu l»j loisir ol auraient-ils choisi 
cela de préférence!, dans tm endroit qui regorgeait d'objets en or niassif"' 
Si la statue de l'allas eût été doi'ée par un amaljramo, les liocs des oiseaux 
auraient endomniatcé l'airain autant que l'or, et l'un et l'autre faiblement, 
au lieu que si c'étaient des hriirlreu, ils pouvaient on an-acher dos lambeaux. 
Mon motif |)our croii'o que Néi-on avait employé la dorure froide et massive 
jiour sa statue d'Alexandre, est tout simple : la dorure au feu n'aurait rien 
pâté aux contours, et on aurait eu loit de vouloir l'enlever. Les expressions 
des liyzantins /pjT.fiao* et £>.r,/.i;/afva /.sm'jw expi'iiuent admirablement bien 
notre dorure par sohilion. .le voudrais savoir si (piehpie auteur classique du 
lion temps enq)!oie ces termes. 

Je penche toujours à croire que les chevaux de Venise sont de Lysippe ou 
sortis de son école, la(|uclle parmi toutes a été la plus féconde en ouvrages 
i\c ce genre. Lysippe, fer.it (iiKidrii/as miillornm (jenerum. Il faut chercher 
l'auteur parmi les statuaires dont on cite des chevaux, et les artistes de 
Chios, nommés par Mustoxidi ne sont pas de ce nombre. I^ style range 
notre ipiadrigc dans le siècle d'Alexandre le GrancL M. Seitz a montré une 
grande ignorance de l'Iiisloire de l'art en voulant attribuer ce monument h 
Myron ou à Poiyclèle qui |»ositivement n'ont jamais fait de chevaux, et dont 
le style (railleurs écarte celte supposition. 

Au nom i\\\ ciel, faites remettre pour moi cIk^z Pascluuid (lluverii Ualin 
aniifjiid ; Heanforl, sur rinrerlilittle do rfiisloire rotiuiim' , Rycking, de jiri- 
mis liai, rnloiiis (ad calcem Holstenii) , et, s'il est possible , les fragments 
iVKnnius, etc., etc. Cependant, les deux premiers de ces livres me s(uit h^s 
plus nécessaires, et je ne sani-ais guère achever mon travail actuel sans les 
avoir. 

.l'ai été (lernièrcMient à la (irange avec M"'<" de Stai'-I, mais sans vous trou- 
ver. Je serais dt'-jà revenu à Genève, si le teujps n'avait pas été si ali'reiix. 
Mais voilà le déluge qui arrive, et (pii poiu'r;iil bien novi-i- imiii»; imk ii'iln r- 
1 lies d'autiipiilés 

Tout à vous. 



<:omi»i:m'omi\m f xc\ 



\.\lli 



Coppely Cl- 7 iiniU fHIfi. 

J'ai lu voir»! cxliuil, Mdnsit'ur, avec li; |»lus uraiid plaisir, «•( j** s«t.ii en- 
<;lianli'> «le le voir |Mil(lir («ii t'iitiiM'. Jo vous suis hvs-riT<iiiii:iissnnt di-s t'>|ogi*s 
<|U(.' vous (lonui'Z à mou |M'(it ossui ; j<! vous |irir S4:iilfui).'nl irajoutci un mut 
sur ma [U'iorili'. (À)uiint* vous uonnu)'/ M. Mu\(oxi<ii le |trfuiifr, ou pourrait 
prenilri* !«• cliuup- là-»l<'^«.us. 

Jr souliiiili' sculnncul ijuc lr> l'-ditturs di- li Hililinthrijui' Inirrr.srilf w 
li'ouv(>ul |ias vo(rt> truditiou un pi>u lru|) iMiposanti' pour Iror puMi< . surtout 
l<; grtT, ipii i!sl ili' riu'-brou pour pn'M|uo tout Ir uuinde. 

Il nio sotniilc ipio dans li; Icxlr do l'ausanias, quu vous riiez p.i^e «s. d 
doit y avoir une omission ; je no vois pas ii quoi [mmiI se lii;r \>' iï-niinin ijrr,. 

l.r. <piadri^i' <lo (lliios ut* rourrait aucun ris<pio drs drprnlalionsde Vcm's. 
Il nr volait ipu* des objets propres à onior sa maison ou à (''Ire vendus 
avfc avanta^'(^ surloiil des vas«'s d'argent avec di-> lias-reliefs. Il n»? parait 
pas nu^me avoir enlevé dos statues au-dessus de grandeur naturelle, f ilis 
pulc.luitudo periculo, ampliludo saluti fuit, » dit (licérou de ipielqucs sta- 
tues. 

.!(! vous remercie liieii de v(»s livres; ceux de Heaufort sont tns-JHjns, ex- 
cepté iju'il donne dans la déplorable liypotlii'^* celtique. On peut aller plus 
loin aujourd'hui; on peut écrire sur la rerlitmle de l'ancienne histoire de 
Home en sens inverse des opinions généralement admises. Notre Niebuhr 
l'a fait sur plusieurs points, et je rouiple le faire sur d'autres. Je voudrais 
bien causer sur tout cela avec vous, et je proliterai «le l.i première occasion 
pour le faire. Kn attendant, permettez-moi de vous proposer quelques 
questions. 

1" Connaisstîz-vous (pieli|ne écrit nio«lernc sur les mines de Véies? Pou- 
vait-on voir cette ville des hauteurs de llomc? La disUince n'était que de 
KM) stades; mais il s'agit tie s;i\oir s'il n'y avait pas «les collines entre deux 
(|ui l'enqu-chaient. Il me siMuble qu'à Ittime ou m'a montré la montagne où 
Néïes doit avoir été situé ; je n'en suis pourtant pas sAr. 

'i" Où se trouve un fragment de l'empereur Claude, dans letpiel il dit que 
Servius-Tullius était mi Ktrusque appelé Mastarna ? 

;i" .M. Niebuhr admet que les lîomaius avaient di «s poésies nationales épi- 
ques; »pie plusiem-s récits de leur auciiume histoire y sont puis<'-s, et par 
conséipieut oui luie certaine baM« tiatlitionuelle. Je ne li' pens«' pas; j'y v«»is 
pour la plupart des inventittns gnH'qu«>s; {tar exemple, l'exposition de l(o- 
mulus est imitée de celle de <!yrus; la prise de (îabies est coiupo>ée tic celle 



\( \ I < <>IUUM'<(M( \\« K. 

i|i; l!;iliyli>ni-, rt ilii ( iiii.>fi| i|ui- Tlir;f<\liiilc (loinwj à l'rnaiulre, etc. Sans 
(loutr, li-> Itoiii.'iiiis oril ïiiicii-iiiiriiicnl rlKinli- Irurs lH'-ro.s, mais je cruis que 
CCS tli;iiil-> irrt;iii-iii i|iii; lies iiion cHiv |yiii|ni?s lrès-coui1ii, et qui in- finir- 
iiissaicril jkis malit'-n- :i un n'-cit délailié. Le passage d'Ennius: 

Scriii^rc alii rriii. 
N'irsilin' ijuiis oliiii (■'diiiii vjU'^|Uf caiiobanl 

se r;i|t|«nlf; ;'i N.i'viiis, (|iii éliiil (lrj;'i un iinil.ilfur des (irers. Connaiss4*z-vous 
(les lrniuij,'ii;igi;s sur l<,'S aiicirns \'nti:s, >\iv les vims s^iluriiieris, elc. i|tii puis- 
seiil jiorler ;i rroiit; ijue les Koinaiiis, avaiil leur époque liltt-raire, ont en 
des poésies épiques transmises par la tradition orale? 
Mais en voilà bien assez pniu' aujoiu'd'lnii. 

Au plaisir de vous revoir. Tout à vous, 

SCIILEGEI.. 

.Ir pnniK la iilterté de viiu> envoyei- ri-joinl la tiadurtiun italienne de ma 

linicliuiT. 



XXIV 



Ciijipet, ,^ orloftre 1816. 

J'ai eu un repjrot indni. Monsieur, de ne pas vous trouver hier ehoz vous, 
ni à la canipajiue, ni en ville; je m'étais pouitanl mis en roule de bien bon 
matin, .l'espère m'en dédonnua|rer une autre lois. Faites-moi s;ivoir, ilc 
}frâ(e, si vous passerez à La (jrange la matinée du samedi prochain"/ 

Lu attendant , je vous prie de m'accorder quelques secours littéraires. 
.lai expédié les Itomnins ; je suis à présent occupé du groupe de Niobé, par 
rapjiorl à l'Iiypolliése de Coekerell, dont je crois vous avoir montré la feuille 
gravée, .le soutiens à cette occasion (pie les Grecs, dans la l)elle époque de 
l'art, ont toujours placé dans les frontons de leurs teuqiles di's statues et 
non pas des bas -reliefs, etquecetnsage est presque aussi ancien que l'inven- 
tion du fronton même. Il doit y avoir eu des statues dans celui du gi*and 
temple del'u'stum, quoitpi'on n'en ait point trouvé de traces. Nous le sa- 
vons par rapport au lenqtle de .iupiti>r Olympien à Agrigenle, par l>io«lore 
de Sicile'. Je pens(^ que le lynqiandn fronton n'a été orné de bas-reliefs que 
(in temps des em|terenrs romains; cependant, je ne me rappelle aucun nio- 
munent anti(|ne où l'on en ait trouvé. J'espère lrouvt>r (piehpie lumière là- 
ileysus dans Vitruvc. 

i l';iviv ;i nm ici Irnis pnliiK iriiiliTruiralKiii i *»''l. — A.'rf. 



CORKESPOMIA.NCE. \<MI 

Les passages que je vmiilraij iiis|»erter se trouvent tlaii^ i'ausanias. •Ian> 
Vilriive il iliiiis le XIII"" livre de Hiodore de Sitile. Si vous aviez une édi- 
tion />«r/(ii!»A- do ces livres, le niessatjer i|iii doit \ous porter rette lettre 
pourrait les remettre aux gens de .M'""" de Slael ipn seront en rouuiiission à 
(ien»;ve «ieniain malin, et qui relournenuil de bonne heure à (ioppet Autre- 
ment , si rela vous donne trop de peine , je vous prierai de les envoyer 
rhez l'aM:lioud aver mon adresse, (le qui me rend si importun, c'«'sl que 
j'ai promis un article à ce sujet à la liibliuOu-qut l'nurisfUf, et que M. l'irtel 
me presse ftut. 

An |ilai>ii de \uo> rexou' 

Toiil ;'i \i»ii>, 

S<:hi.k».ki . 



\\\ 



r-»///i'/. le lOorlubrr IHIti 

Je vous sms bien reconnai>s;uil . Monsieur, de la romniunic.ition de \o- 
tro extrait'. Je l'ai lu avec un inténM extr^^nie, et je souliaile que les édi- 
teurs de la liihliiillifiiiie l'iurnsflle aient as,sez de ronfiance en leurs ler- 
teurs pour n'v pas trouver trop de «iélails et trop <i érudition. Si toutefoi> 
il fallait retrancher qiielipie chose par couqdais.ince pour le public mixte 
d'un ouvrage périndiipie, je voterais pom* cons4>rver intacte rmtrniiuclion 
générale sur les manuscrits et les causes de leur destruction. Je pense i|u"on 
a de nouveau fait beaucoup d'usage du pa|tyrus dans le sixième siècle; si je 
ne me tronq»e, j'en ai trouvé »les traces dans (irégoire de Tours. l<a roo- 
(piéle de l'Kgyple par les Arabes nul fin à rex|K»rlalion du papyrus, et c'est 
alors que la cherté du vélin engagea à regraller les anciens manusi-rils. 
i/usage des tablettes île bois enduit(>s lie cire et du stylet a continué |kmi- 
dant tout le moven âge , jusqu'au treizième et |teut-élre au quatorzième 
.siècle , ainsi ipie le prou\enl entre autri's les nnnialures du manu$4-rit de 
nos troidtadours dans la Inbliothéque de Paris. On y voit souvent le pin-to 
dictant à son MMiélanv , lequel écrit sur des tablettes avec un pom^iMi ; 
ensuite un autre copiste met au net re prenner brouillon sur du |»archemin. 

Je compte certainement viuisvoir encore avant \otre départ ; en tout ca«., 
je préparc les lettres el quelques indications sur votre voyag»* d'Italie. 

Veuillez agréer l'assurance de mes senlinienls l«*s plus empn'svs 

Tout à \(>ii>, 

SCHU^I.EI.. 

I lii's Manii«4-nts |ialim|isrsiiK rt ilf (|iii-|.|iii-^ ll•youvrl1^• n^rnlM Bthl. /'Mir.. iw^ruibr* rt 

diSvnihrr IMIll fl-'-l 

VII 



\< \ III < oKiti ^l'uMi vm:e. 



\\\l 



Ml»l|N|lMII . 

.le NOUS ri'iivdic |iuiii- II- iiiDiiiriil (;iiivt'riii>, la lirorliiire de M. de Bcmmi»? 
t't (-rllc ilr Miisloviili. .!<• vtiii^ mirais viil<iiilit'i'!< a|i|>oi-ti'- totil r«>lH iii(ii-rii(*iiif>, 
mais, iiis(|ii';i avanl-liicr, j'ai rtr fort ocni|H- d'un travail «ju»' j«' viens d'e\- 
IH'diiT l'ii Allrma^iK', cl ilt'|Mii> iiicr , je suis relmii ilans mon lit par une 
|iclile iiidi>|iiisilioii. J'ai l'-lt- cuiliaiilr dr vnii !••-> linvaiix de Venise paraître 
dans la Itililiollii'tiiif l'iiireisrllt-y 

Je suis bien de voire avis sin- It- |r,i^>i-r d Ami.iiiii>. I )-\|dir3tion de Majo 
n'a pas le sens (oiiniiun ; je ne trun\e d'aulre diirieuUé à la vôtre, sinon ipi<- 
Ir luol liii.^tiir rst placé liop loin île iinrliitiinilns roniis , dont il dé|M'nd. Ji- 
si'iais porir à t iiiijccluiei' siniir cl mljiin-itti's riviliilrs. 

Je NOUS rendrai prucliainenient loiis les livres (pie vous avez eu la honti- 
de me prêter. Je vous prie de présenter mes resperU à Madame F'avre. J»- 
suis convaiiH II i|im' I<- Mi\a<:r d'Italie aura une heureuse inflnenro sur sa 

■^.illlé. 

Mille amitiés, 

ScilLIiGEL. 



\\\ Il 



Paris, i.l janvier ISI7. 

Votre lettre, .Mitiwieiir, m'a causé un plaisir très-vif, en m'apprenant <pie 
vous étiez lieiireusement airi\és à rittrence, et en me piuiixant le souvenir 
d'amitié tpie vous me conservez au milieu de la lielle Italie. Vous vous plai- 
•;nez des rigueurs du climat de Florence; je ne m'en étonne |ias, je les ai 
éprouvées moi-même. Mai>> j'espère «pie la douceur de l'hiver vous aura 
l»ermis dt* bien jouir de lîume, et ipie Madame Favre en aura éprouvé des 
ellels salutaires. 

Je suis charmé de \oir ipie vous avez été content de mes adresses. L'ahhè 

1 Niimiit.mIojimII.'I IKir.. F.d. 



(.<»khksim»i»v><:e. \t i\ 

/iinnoni iii'.'i l'-cril de non cAli'* pour iiit* reiii<*rcier «k* lui avuir |>rociin' voln* 
coniinissaiirr. i'.c (|ii<> vous nir ititi>s sur lu-^liirauii vsi parfaiU'tufuI ju%lr. 
Tes savflnis i(ali)'ns ont «mi \[rn>-va\ Ir lart d»; ranlifjuil)'' <-|assi«|U)- ; n- i|ui 
Irur uiaiii|ni', c'rsl la roinuiuiiiratinn «les idrfs iiltramuriluinrs. Avec |»Mir 
liorizou liornt' , ils sont sujets à si* iierdr»* dans les d)'-luil> saus airi^er aux 
grands r/'snitats. 

Si mon arlirlo sur la .N'iobir soulitnit la vui> de rori(nn<il. d ne doit pas êlrt' 
trop mauvais. Vous avez raison ; j'ai confondu le hnts droit et le liras jfau- 
clie de la statue en question, et, d'apn'-s \otre (d>servation, j'ai rorri^r eette 
erreur dans les exemplaires ipie je dislritiue iri. Je n'ai pas m. ..if ri'\u 
Vis(-onli, depuis que je lui ai rommuniqué rette liagatelle. 

Vous voyez sans doute M Akerldad; dites-lui liien des rlioses di- ni.i |..iii. 
et exhortez-le à faire un grand ouvrage de pal/-ograpliie. lVrs(mne ne pom- 
rait mieux traiter que lui l'Iiistoire de l'écriture alplialti'-lirpie. Vous m'ottli- 
gt*i-ez lieaucoup si vous \oulie/ le consulter en mon nom sur l'alplialit-t étrus- 
que, s'il pense qur- les Klrus<|ues l'ont reçu immédiatement des Phéniciens 
ou |»ar l'intermédiaire dis Grecs. De gnWe, apportez-nini au printem|>s uni> 
petite note là-dessus. Voils voyez, je ne sais vous écrire sans vouloir tirer 
parti de votre indulgence pour mes lidiies érudiles. 

Au reste, mes KiruMpies sont euliérement suspendus ici. Je ne rêve que 
science lirahnianique, et (pioiqu'il soil diflirile de se suustrair-e tout à fait au 
toiu'hillon de la .société, le plus que je peux, je me relire de honne heure, 
<'t je suis à cinq heures tlii matin dans mes éludes sanscritanes. M. Chezy 
me prèle si-s si-coui's ; M. I.anglés ses liMes et ses connaissances littérair»^ 
sur l'Imle. I.e diflicile est df se procurer tons les li\res dont on aurait Im«- 
soin pour a>ancer , mais j'ai formé aussi des liaisons pour cela en Angle- 
terre. Kniin, vous me r«'verrez t«»ut transfiirmé en l'audit. Je souhaite bien 
savoir rc qui existe h Hume en fait de manuscrits sansrritans, soit à la Pro- 
pagande, soit au Vatican, et surtout en quels caractères ils sont écrits. Je 
me suis horné jusqu ici au seul Id-xa-.Nagari ; h- lU-ngali , le Talinga , tout 
cela c'est la mer à lioire. 

.M. .Niehuhr doit être à Kome; nous m* nous sonunes jamais vus; il ne 
peut me connaître que par la crititpie de son ouvrage, et ro n'est peut-iMre 
pas la meilleure manière de déhuler. (iependani, si mon ailicle lui est par- 
venu, il aura trouvé , j'espère, que je lui ai n-nilu justice, quoique étant 
d'un a\is cqtposé sur plusieurs points. 

Si vous rencontrez M. et .M"" Thomas Mope, je vous prie de me rappeler 
à leur sou>enir, el de leur dire condiien je ivgrette les Miirées que je pas- 
sais chez eux, il y a ih-ux ans. 

.M"" de Staèl nie charge de ses rouq)linienLs |M»ur vous et M"** Favre. 
Mil»' a été conslaunneul souffrante cet hi\er, et d'autant plus que cela ne l'a 
pas enqiècliée de \oii- heauctmp de monde. Je me llalli- ipie le pnnlem|>s 
et la \ie de campagne couMmilionl mieux à sa sanlé '. M'"' de Mroglie esi 

I M- .!.• SI.I.I iii.Miiiil !.• It jiiillrl Ihl' U 



I <:oi<iiKSi'o.M)A>«:E. 

foi'l :i\:iii('i''c il.iiis sii ^i'ii<tHi'>s«* , iiKiis «lu re>lf |t:iiTail«.-iimi( iiii'ii |»url;iiiU>. 
Nous riirri|tlnns iMrr d»; r«*l<nir à (^cippct df honn>; hiMirr. J'fh|i«Te vous voir 
soiMfiil |ini(laiil l'rU'-; votre course en lt;ilie t-t nion v'jour à l'aris nous 
foiiriiiroiil des sujets (rnitrrliciis :i(^ré:ililes outre reux que nous avions. 

Je vous prie. Monsieur, de xiiulnir liieu [uiM-nler mes reî»|ie«tueu\ honi- 
ni.tf.'es à .Miid.iMie lavre. et de ( roire à mon simère attai iieuienl et à l'ui- 
lérèt «(Ue je [Mf-nds à tout ce ipii X'His . niini in- \(i|li- niiiii/v 

Tout :i Mtii». 

\.-\V. S<:HI.ECKL. 

J'irnai;iiie <|ue \<ius lere/ uu envin de li\res de Home pour \«»tre Inhlio- 
ihèipie. |)aiis cette supposition, xous me feriei; un ^rand plaisir eu actielant 
piinc moi et en mettant dans voti'«! paipiel le \ unrtirmiu de iV i'aidin di- 
S'-Ilarllii-Ieniv. i'our ses autres livres sur la langue sanscrite, il ne vaut plii> 
la peine de se les procuier , parce ipie tout cela a été mieux fait depuis. 
J'aimerais hieu aussi avoir les Xi et 3l"'«* livraisons de la (iiiUrif lie Hu- 
iriiti', puldiée cliez .Molini. Zamioni m'en parle dans sa lettre. 

(Une Hovale, n" ti ) 



.\.\\ni 



l'iiris i3 \riilrmlirr IS/T. 

Vous m'aurez peul-i^tre déjà accusé de né<rlij;ence, .Monsieur; cepenilanl, 
il n'y a pas de ma iatite. I.oisipie j'ai reçu votre lettre, les vacances avaient 
conwnencé à la biltliotlièipie royale ; elle reste fermée jus(|u'à la nii-oclobre. 
H m'a donc fallu recourir à la complaisance de Messieurs I.anglés et Hase 
qui ont monté exprés à la salle des manuscrits'. Le maniisrnt PiSO sr 
Iroiivr aussi être (Irfi'itiirKX au coniiiifnremenl, mais uu autre .V' iS'7 c,\7 rmii- 
jilel. (le dernier est un manuserit superbe, eu grands raraelères fart lixibles. 
presijue sans ahréiiatiims et très-rorreel : il est indubitaldement du treizième 
sièele ; tandis que le manuscrit ISSO fourmille de fautes et d'abréviations. 
Mais ilans le A'» ifi77 , lu vie d'Alexandre occupe beaucoup moins d',espnce t/ue 
dans le I\" 4H80 ; l'un est un abre</é ou l'autre une amplifieation ; cela ne 
saurait se dérider que par la comparaison avec l'oru/inul yrec, dont il se trouve 
plusieurs laanuserils, parmi lesquels il y en a un du onzième siècle, d'après l'o- 
piniim de M. Hase. 

J'ai déjà copié pour vous une fort jolie histoirn des anioui*s de Nectanabus 
cl (roiyiiipias dans le N" 1877 ; je copierai aussi la partie qui se trouve de 

1 \i)jr7 pniii- riiilr>llit>)>iii r rif cHW lolliv l Hislmre fabulfinr ri.Me.raïuirffi r.i|ipriiili(-r tiu. 



«:<HlllESI'()M>A>r.K. «1 

plus iliiiin li; .N" iX«<> <|u«; (lau> I «-ililiuii «l»' Mai. Je n'ai |>a-» <u<»iiv pu 
;ittra|tcr son livre : Milliii la, mais il l'a^n-lr à lui ami qui est à b rampagiie ; 
pcnl-tMic lauiai-j»; (!•• NiMuiili qui >ifiil <l<- riM-nir à Pari>. «-l t\w y n'ai 
pas t-nron- pu vuir. 

Sv pourrais vous «Mnoyt-r loul ilr >uiti' ma ropie faili*. mais j»' la jjanlr 
jusipi'à ce que j'aurais (sic) lout tonqiulsé. Je vous prie donc- de patieuler ; 
(ela sérail bien plus vile achevé, si je pouvais aller tous l«>s jours à la bildio- 
Ihèque ; il csl inq»ossiMe de faire venir Unis les manusrrilN en question chez 
soi. D'ailleurs, je nains que tout cela ne viit un |m'u trop ample d'érudition 
pour la UthUolliiijiii- l itiriTsi-lIf. Au re>te, il me semble, seulement d'apK-s 
CI' que j'ai vu, que l'altlM' .Mai n agi avec une singulière prèripitation, ni 
n'a point montré rélendiie de ronnaissiinres qu'on peut exiger d'un éditeur 
d(! pièces inédites, tjuand on publie un tiix^'.r'.t^ qui l'est re«.lé précis<'-iiieiil 
à caiisi' de sa valeur médiocre , il faudrait au moins donner rpielque ebose 
de complet, et s'informer des meilleurs maims«rit.'«. au lieu d'imprimer !»• 
premier qui vous tombe sous la main, i'.e n'est pas pour la l>elle latinité je 
pen.se, qu'on veut lire celle Vir d Mexamirr . ni |Mnir la véracité des laits 
non plus ; mais on veut approfondir l'origine de ces liclions qui ont eu tant 
de vogue dans le moyen âge . et cela ne saurait s*' faire sans remonter aux 
sources grecques. Je doute foi l de l'origine pei-saue ; le récit de Kerdiisi 
est tout dillérenl. Vous recr\re/ prucliaiiiement une longue lettre snr lout 
cela qui vous prouvera au moins mon zèle. 

J'ai repris mes éludes; c'est ma seule ressource ilans b's cliagnn» et 
reiiiiui de la vie. Je devrais bien composer quelque ouvrage, mais je ne un* 
rés<tiis à écrire tpravec une extrême dinicullè. .Même la multiplicité de 
mes projets est un obstacle, ou peut-être un prélette de ma paresse*. Kn 
.'MIemagiie , on me demande mes reclierclies sur nos ancieimes po«'sies na- 
lioiiales Le prince royal do Iknière' m'en parle dans une lettre i|ue je 
viens «le n*cevoir. J'ai depuis longlemps |»crdu de vue les Ktrus4|ues , ce- 
peiidaiil ils me tenteraient bien. f*our former un enM-mble, il faudrait jm'uI- 
èlre élargir mou plan l't faire des Orninifs llaltrnnfs en trois parties : I" 
des anciens peuples d'Ilali»* en général; i" des Klrusques; il" des llomains. 

J'ai eu un long entretien .wt^v llauiouard, il a très-bien accui'illi mes 
observuliuns ; il se propose bien de vous nommer cl de vous témoigner sa 
reconnaissance en imprimant les poé-sies vaudoisi>s. S*s travaux m'ont (ail 
re|HMiser à mon Hssai sur ht funnitlion ilr la Ininfue françattf, et ro serait 
bien là la cliose la pins indiquée pour mon séjour actuel. Il faudrait fairt; 
cet essiii ici ou peut-être «lans le Limousin ; l'oiiMage sur les .NilN-lnngi-n en 
•Mlemagne ; celui sur les Ktriisipies en Italie ; enlin, celui sur la littérature 
indienne à Bénarès. Mais mallieureiisemenl je n'ai pas à commander d'aussi 
longues annéi»s «pie l«'s |K»él«'s «-l pliilosoplii^ de l'Inde à côlé de!««|uels nos 
patriarches ne smil que îles enfants. 

.le vous prie. M'insii-nr. de présenter mes res|M'ct,s à MadaiiM* Kavrtî. Si 



1 i'.|.. 



« M «.OItItKSI'OMtAXIK. 

\i)H> ;ivi'/ il«-> < )»iiiiiii><tioii^ ici, ;iilri'>v/- »oii- lonjinii» .1 moi ii- li-s ri-i-^ii 
avrr If |t|ii>, ^'niiid |)l:ii>>ir. Millt; :iiiiitii'-< 



XXI.X 



Piiiii, Si iH-tobrr tHiT. 

J'ai rcrii vitlif Icllir du l'*^ urlolirc , .Mniisii-iir, <■( jt- suis coiifiiiitlu Ji* 
\o|i(> savoir ; .M. Mai doil en rire coiisIitih''. OUc irtlitTclH' sur Ie# liintuircs 
l'altiileuses d'Alrxaiulre le (jrand ui'iiitt'n'ssi* hcaucoM|i, et je vuudrais a\oir 
pins dt' loisir pour m'y livrer .Mais iiioii oliJ*-l [trincipal est la puldiralion de 
loiivra^!»' de mon iihislrc amie : non^ en soiniiio toujonis aux soins propa- 
ratoirt's'. Kusiiitr, |t> voudrais proliltr dr mon M-jour iii pour a\aur<'r dans 
ii>s l'Iudi's indiennes; j'ai promis trois ou (piatro artirles de journaux ijui 
devraient «^tre faits depuis longtemps. Kniin, je me propose d'aclie\cr cet 
hiver mon Exsni liislorii/iie sur lu f'onnatiou de la lauijm française, et, par- 
dessus le marché, je suis paresseux et je passe l)eaueoup de temps à taillei 
Mies plnnies el à ê|iousseter ma lahle. 

Toulelois, jeconliniieiai de faire vos ronmiissious de mon mieux. J'ai enlin 
allrap»'- le rnrpiis ilrlirli, je veux dire le livre d«> l'abbé Mai. et je m'en 
vais vous couMUuniipier le peu <pie j'ai recueilli. 

l.'ltiiit-raire d'AIvrawIn', dédié à rKmpereur (lonstanc^.*, ne se trouve 
pas joint au livre de Jnlius Valeiius, dafis les trois uianus4-rits (|ue j'ai ins- 
pectés jusqu'ici, c'e.st-à-dii'e N"" ISSd. iST" et S'ilS. Kn re^anche ou y 
trouve à la lin de la vie une lettre assez lonj:ue d'Alexandre à Aristote Cette 
lettre dilfére de celle insérée dans le ."{"" livii' de V;derins, lat|uelle .<«• trouve 
aussi dans le manuscrit iSSO. 

La latinité de Vlliiu-rain', à juger d'après le peu ipie j'en ai lu, me parait 
éponvanlable. Mais elle est mauvaise par la recherche, par un enloitille- 
in(>nt di' phrases, accompagné de rinipuis>an('e de manier la con>truclion 
d'après les vrais principes de la grammaire et d<' la logitpie ; et c«'s défauts 
se sont manifestés de bonne beiue. Kn général le style latin ne s'est pas 
dépravé gratlueliement , mais par saccades. Ile temps en temps on est re- 
venu aux bons modèles, (les alternatives se font reuiar(|uer pendant tout le 
moyen âge. .\n re>te, l'abbé Mai a rendu la latuiité encore plus mauvaise, 
en r-onservant soiguensemenl toutes les fautes du manuscrit. Il ilevait mettre 
p i, 1 i. /.'w/iM/c :ui lien de /.//ly»./*/, el p. .">. I. I I, nul au lieu de ul . Kn re- 

I II -'.(Cil <lr> limniUi'raliHns nur Ui friiutfiaujr ff^iumfnU île la K/rvlNfioN ^rwnfrtMr. 'Ir 

.M- .II- S|;i(|, |.,i|,|u>os on I8IK |Mi .MM Au.; .tcSl.i.l .Ir l«i..i;lir <'l S- lil.i:fl. KH. 



< <>UHIM'<tM»\N< I. <;iii 

\aii(li<'. |i. i, I. I:i. il |ii'u|iU!>e de lire humrrn |tour muiimrn*. Lr M*n» c»l 
poiirlaiil ln's-cl:iir : l'ijn lumen nuitnctew tniminms tiibeu, i ju viens lianiiiii«-iit 
jj la suite il'iniioiiihralik's écrivains. » Il ne inani|tie \>-a> d'écrire damp- 
ninn, elr. (juelle |inérililé ! (>)intne si la mauvaise oiilio^iraplie des ropisles 
<lu moyen àjfe jiniivail noiLs avancer dans la counaissiinc»' du latin rln>- 
siqiie ! I*. I".(, I. I, il devait corri^'er : fi:\tintim mrntii. 

Je ne vois |M)iiit de molif de révoi|iier en dniite raiitlieiilU'ilé dr re| écnl, 
les flatteries envers (jinslame me |iei-Miadenl <|ue l'eni un ouvrage «le rir- 
constanee , vraiment dédié à e»'t empereur. .Mais si l'IiisUtire dWletaiidre 
V.<\^nv. Iieaui-oiip à sa puliliiatioii , c'est une autre «piestion. Il faudrait faire 
le dépoiiillemeiil de> nouveaux faiLs ipi'il peut contenir, et evaminer àipielles 
sources ils ont été piiisé>. .M. Ilnsf iiif ilil ijuf l'Ilinrrairr tlint «c Irouirr in a 
In Hibluillii'iiiif iiiiinlr. Je \ri r;ii s'il \ ,i iiiii\i n i\r i i-miilii l.i l.n iiiu' du iiia- 
nusrril amhrosien 

^'oici la jolie lii>loirf de .^l■^(.lll,dlll^ . iii»-i-\,ii ii-nniii i ii|iiti- l.r .y*. 
iS77 fst sini.% tifiiitr le livre rie Jiil. \alerius, mais fort uhreije. i'.cjpenilunt, cê 
rèrit est xi ili-lnille ifu'il est a croire iju'il y a ele msert en entier. Si j'avais d'a- 
liord eu connaissance iln l'.iul. N.'ilH, je l'aurais préféré, /Mirer iju il ext film 
niirirn II esl nnnpiet an rimimenreinenl, ri j ni déjà lu ifiie le» premières lujiirs 
roinrident avec le .N" iK"" el avec le grec. 

Im Inriine que l'alihé Mm a laiiuée dan» le neitmd livre de la vie d Alejandre 
peut èlrr remplie par le Ms. 18X0 . mais >i le iiiênu' uiurceaii .se trouve dans 
le .N" NÔIH (je nai pu le leitiileler que légèrement , mais je l'aurai chez 
moi , cela sera de lieaiuct)iip prefcralile. /.«• .V' IMSU est d uni date rerente et 
fourmille de fautes; il est d nillrurs fienihle a compulser a cause de l'écriture 
serrée et des abréviations. J y découvre^ en comparant le texte de Mai, une 
omiDsinn consiilérahle au rommrncement du second Inre, sans ifu il y ait une 
lacune. Ihns le Iroisiemr Inre tout I arlirle d Orosins sur .Mexandre est insère. 
Kn général, les manuscrits varient à l'inlini; il >'agil de savoir s'il en esl de 
même des manust'ritj> grecs. 

Il nie semble i|ue M. Mai a fait de la Kililiotliéipie .Vmbrosienne une e:>- 
pèce d'étahie d'Aiigias ; mais il ne s'ensuit pas de là ipnl soit nn Hercule. Il 
piililie la traduction hiliiu- d'un li\i'e dont l'original grec existe; il la piildie 
d'après un .seul manuscrit mutilé, tandis ipi'il aiiniit pu remplir les lacunes 
••t corriger une inlinité de |iévui>s et de liarliansmes par la cuufiuutation 
d'autres manuscrits. Il vi>iii définir l'âge de Jiilius \alerius; c'est encore 
tout di* traveiN. Il esl clair ipie la traduction (*st postérieure à l'original: de 
comliien'.' cela est de peu d'importance. Il faut examiner le texte grec pour 
traiter cette ipiestion avec rpi)-lipie solidilé. I.es argumeiiis par le>4piels 
l'aldié Mai veut f;iire remonti-r ce livre à la première moitié du ipialriènie 
siiVIe, me paraissent bien taibles. Car nu auteur du moyen âge, dénué de 
rritiipie, en transcnvant des auteurs beaucoup |diis anciens . a pu copier 
marbinaliMiient des phrases ipii disaient ipie tel temple, telle lèlc shIimsI.iiI en- 
core sans s'eiiibarrass4>r des cliaiigemeiils survenus depuis. Kn général , il v a 
d'étranges disparates dans ce livre : d'un ciMé . un \ xoil mu- teinte déni- 



< i\ < Mitni.si'oMt \m;k. 

ililmn ( his>ii|iu', i|Uiiii|ui' niri'iiioiit sun>< alii:i(;i?, «•! puis îles conU'S (iiirriU «|iii 
ilr(-«-|i-nl iiiK' ^randt' i^'iioninr).' lie l'Iiistoire J'e\|ilii|iie cela «mi utiiiieUaiil 
(|iie l'aiileiii- u \m\^' <'ii partie ilaris les liistorieiis aiirieas, duul il arTau(;eail 
les KtiU h hu iiianii'M'P, et en partie iluiis deti Irailitiuus pupulairps. Je rroi- 
l'.'iis volontiers ipie riiisiuiri* de Nerlanuhus était un ronte r«-|Kindu parmi le 
|ieii|ile en Kj;\ple, et ipi'.Ksopns n'en a pas été l'inventeur. Les ronnaisoances 
riassiipies, les niinis ^rers , les allusions surtout à des mots (n'<^*'>i, «|ue Ju- 
lius Valerius a ronservées , ru'eiupèrlient île iroire ipie son original prec 
n'est ipiuiie tradurtion il'un li\re coplite ou é(.'\ptien. Mai» d me parait ab!>fZ 
pniitaliie (|ue l'anleur ou le roinpilateur de l'ouvrage grer était un Grec 
d'Alexandrie. Hans ce ras-là, il faudrait bien le placer avant l'invasion des 
Aralies, et je n'v vois point d'oltjiMtion. 

I.a liltéralure Ky/aiiliiie a été lécoiide ru rouiaii-t et contes ptipulaires , 
oui ont eu ensuite de la vo<:ue dans l'Occident. Tels sont le IhilofMhn ou 
Ifs Se;*/ Stiffes, les Kulretiens ih- Sulumon ft 'le Mnrctilf/he , je crois aussi 
Flnrin et lilnnrlu'fleur . (Juelipies-uns de ces contes peuvent f-tre venus 
plus loin dt; l'Orient. Iti Anj,'lais, Hunlop (Fssaij on tlie orifiin nf firiii,n\, a 
montré ipie la lé^n-nde populaire de Josapliat et liarlaau) a été écrite d'a- 
l)(ird ilaiis une lan^'ue orienlale, si je ne nie trompe, en syriaque. .Mais il 
me parait évident, |iar la nature du récit même, que le livre que nous avoas 
sous les veux n'a rien de conunuu avec les traditions persanes concernant 
Alexaiidi-e. Sir John .Malcolm, dans son Histoire de Perse (2 vol. 4". 1K15), 
ddiuie un extrait du récit de Kerdousi, d'après lequel Alexandre était le fils 
lie llaralipar la fill<- de l'liilip|)e, et par consécpient lVr>an. .Malcolm dit à la 
sérilé (pi'il e\i>te en lan<;ue persane des vcdumes innondiraltles sur .Scander 
itouiui, outre lo passa;,'e du Sliah-.Nameli ; mais je |>ense qiu' les poêles 
postérieurs n'aïu'onl fait «pie broder les traditions du plus ancien , c'est-à- 
diie de Kerdousi. Si donc im auteur byzantin du onzième siècle. Siméou 
.•selli (le nom semlile indiquer un Juif), .1 effectivement puisé à des sources 
persanes un roman d'Alexandre le lîraud , sou livre doit être totalement 
difféient de celui dont nous nous occup(Mis. .Mais cette notice généraleuu'Ut 
leiiM', me parait peu vraiseuddalde en elle-même. Pour un livre en langue 
|ii'ld\vi , qu'il aurait traduit ou imité, c'est trop lard; pour un livre en 
persan moderne, c'est trop tiM. .\près l'inxasion des Aral>es, les livres écrits 
dans l'auciemu' lan^MU* lurent ou détruits par l'intidérance maliouu''lane ou 
enfouis par les adhérents de l'antien culte. Kerdousi a \écu vers Tan nulle, 
mais je pense (in'alors la conmnmiiatiiui entre (ion>tautiuople et la'l'ei'se, 
(pii avait été iuunédiate sous la dynastie des Sassanides, aura été entière- 
ment ronq)ue par l'empire des (lalilés. S'il y a jamais eu quelque con- 
nais.sance de la lillér.llure persane moilerne dans l'empire byzantin, elle s'y 
sera répandue heaiiconp plus lard, lorsque la poésie pei-s;uie avait acquis 
de la vojjue parmi tontes les nations mahométanos. Je ne vous parie pas 
des traditions arabes qui conibudent Alexandre avec le prophète Hulkaruain, 
ineutioimé dans le Kor.m ; elles doivent s'écarter encore bien ilavantag<- de 
la naiialion ^recipie ou é'^yplienne. 



( OilUl.sl'ONUAM.K. <;> 

Ji* iKii jniii:ii.>> en le liMsir «!<■ m'iM-niper dt^ roiiiuii.i occiiii-iiljiu fraiivais, 
iiii|;liiiA, ull<-iii:iiui!) <*( c^iiaKiiols ilAlcxaniIrt' , ri jr iii* »;iiirai> \imi!. ilirv jii»- 
(|irii (|ii«*l |Miin( ils (oïiiriilciil jivcr If mil ti'Ks4i|M; et «le J. \;ili-hii)>. 1^ 
vi-rsioii «•A|i,'i(;iio|i' csl im|»riiin''«' dnnn !•• nM-ucil de Saiirtirx : (Mllrrcium île 
/iiH'sias nish-llnnus niitmorex ni no/lo MV. Si j'i-tais à Co|I|n-1 , je |M>iirTai> 
voiiM II- fiiiii'iiir. 

Ji> viMitliais vuiis i-ii^M^')-r à m- iluiiiirr iin'iiii arlirlt* |iri'':il:ili|i- ilaiis la 
Hihliollifiiue l'iiinrseUf vl ù iV-m'hit tuiil le reste- |»oiir un rcril iMiiiiulier 
(ians li>i|iiel vous pourriez doiinor à vo» rerherclies tout le déveiup|>eiiieii( 
n«'>i-es.s.-iire, piililirr les iiiorre.-nix iiiédiLs qui iiiuni|ueiit dans Mai, elc. Ltr 
mieux serait de venir |)oin° un mois à l'ari;*, \ous Irouveiie/ toule<i les (h- 
ciliténdans les lHl)liotlièt|neA |)ul)lii|ues. Je serais charma- d'\ Ira^ailh-r avee 

VOILS. 

A propos, demandez donc â M. Mai comment il enli-ml lu me^urv de eu» 
morceaux t|u'il a fait imprimer en forme de vers. Je voi> liien «pie ta prophétie 
de Séi a|iis, |» II, doit l'-tre en triinèlres iaiuliiipie>i, ri la ^;énéaloj;ie en M-a- 
zons. Mais il y a là plusieins \ers ipii ne sont pa> mieux mesur»'-» <pie ceux 
de la h'iiii.ssi- Afinfx, et rependant j'éditriu' n'.iverlil |ia- m'.> |c<ii'iii'» dr ce 
désordre dans son manusciil. 

t^ue fera l'ahlM' Mai de ces fra^^ments d'I lplnla!>? Asmiuiih-oI il n i->l |i.i> 
en étal di> |e> pidtlier, à moins tpi'il n'ait recours à miu artilire lialnlml, 
c csl-à-dire de ne point expliipier ce ipii est fort ohscnr, pour cacher à se^ 
lectem-s ipi'il ne le comprend pas |in-mème. Je ne crois pas ipi'il y ail aucun 
savant Italien <pii siche la lan^Mie pithiipie '. (> serait une aiïau-e |Miur AkiT- 
hlad ; mais il vaudrait encore mieux transmettre tout cela à M. Zahn. Je 
renireprendrais Im-n moi-même ; mais il me faudrait du temps. Pour des 
l\p<'s ^'oihiipies, il n'en existe, je crois, fpi'à (Kford; ici, à rim|innieriu 
loyal)', il fi'y en a point 

Noilà un liien lon(; havanla^'e, mais la faute en est à vous : pounpioi 
m'en^a^ez-vuus dans de pan-iU sujel>? Mille amiliés Je rej;relle hien iu»s 
l'iilretiens. 

Toiil à Vous, 

A \\ l«K N III.K1.H . 

Adressez loujoiio chez M le duc de lli'o^'lie. 



Ouoiipie le iiiaiinscnl |X,SI) soil de |h-ii de valeur. puiS4|tic j'en ai KipK 
un morceau , je \oiis l'envoie. J'ai corrij;é tacileuieiil ipielipio rireui>. 



I \<>M'/ I l'i» li.l.ilil l.i l.'lli. \\\r 



CVI ( OKHESI'ONDVM !•;. 

i Cil .11 iii.'ii i|iic ilniilirs ;i l:i m ir^r , iii.'iis je n'ai |ias riiln'|ins ili- rtn- 
rijjer par iin's (•.oiiJ(mIiht>> ilr<, Ii-rmis (lrscs|t<''ircs. Kii roiitmiiUiiil les niaiiii- 
sci'its buiis 011 inaiiviiis , l'iilil)!- .M:ii aiiiail )'i-i-laiiR'iiifiil |iii dniiiii-r un texl«^ 
lic'au('*ni|) plus currert, i-l un lirait o't uuvragi.* apocrypiie uiuiiis pénihic- 
iiient. iCr Ira^^iiienl ayant rtr itiililii'; par Millier dans son édition du l'scudo- 
(iallislIièiH-s, nous l'avons siip|irini(>. Voyez Wl/iiirnittce de ihiiiluire fubu- 
Ifii.si- ilAli-jinidri'. — /v/.i 



X\.\ 



l'dii'i, 17 <lrtfinhre IHI7. 

J'ai lin iiiillion (Ir pardons à voiis dciiiandi'i-, .Monsieur; noii-!>eii|i-iiieiil 
j'ai larilé jiisipi'à présent de rêpomlre à voire lettre, dont je m; veux pas 
rappeler la date pour ne pas a^jiraver mes torls, mais je n'ai pas fait en- 
core vos dernii'res toinniissions savantes. J'ai élé en ellet l'uil oeriipé tout 
ce temps-ci. Vous connaissez le motif piincipal de iiiiui séjour .'i Paris : les 
soins à donner à l'édition d'un onvi ao;e postlinnie, doiil j'ai en nièiiie temps 
promis de faire une trailnetinn allemande, ( onliniieront |)endaiil tout le 
reste de l'hiver de remplir l)eauton|i d'Iienres dans la journée. .Nous eu 
sommes toujours aux travaux préparatoiies, mais j'espère tpie l'impression 
piiinra bientôt commencer. J'écarte exprés mes sujets favoris de recherches 
pour ne pas me dislrain.' ; cefiendant, je n'ai pas pu m'empèclier de faire 
un petit livre depuis ma dernière lettre. Ce sont des (Hi.si'ivitliuns sur la 
Idiif/iii' et la lillà-iiliire iirnreiiçdli't, relatives aux recliei'clies de M. Uaynuuard. 
Cela fera une centaine de payes; toiil est déjà achevé, aux notes prés, dans 
lesipielles je compte reléjriier rériidilioii. Voyant que je n'aurais pas le loisir 
de terminer pendant cet hiver mon Kssui sur hi fitriinilinn de lu luiiyue jrau- 
riiisf, ipii fera peut-être nu };ros volume, j'ai anticipé sur ce sujet , voidanl 
donner une hajjatelle ipii pût intéresser les hommes insirnib en France, 
avant de ipiitler ce pays, (|iii sait? pour loiijitemps. Cela me fera, j'espère, 
un moins mauvais renom. J'ai commimiipié mon manuscrit à .M. Kaynonanl, 
mais je ne l'ai pas encore vu depuis. Il est toujours à i'a^sy, et ahsorlié par 
ses liavaiix. 

Je persisie toujours dans mon avis <pie vous devriez donner un court ai- 
li<le à la Hililiolliriiin' l'iiirer.'irllc et traiter ensuite dans un écrit particulier 
i;i lilialion des traditions raliiileiises d'Ali'xandre. Vous ne seriez pas ^'èné 
pour i'i'space, et vous pourriez doniiei' à ce sujet inlércssanl tel développe- 
ment que vous voudriez. .Si cela pouvait vous enj-a^'er à venir à l'aris, j'en 
serais ench.inté. Viiiis \»/</(i)\( :• ijnc, futriin les iHiiiiii.sml.'i de lu liiblinlheiiiir 
ritijiileje .V iSS(f jiorle seul le iiiiiii dej. Vtileritis Mai:, il se Intiive effakmeiil 



(:oni«Rsi'(»M»\%(.i-:. rvii 

Il In jiii du .V" H.')IH. Ji- iii'i-ii mis Ifiimf'riiuler nii'r Ir .V" ISHit ri iivtr If plus 
inirii'ii miiiiiisrril i/rer. J»' |»«»nsc qiiiTU's co|iistc« (tnl priN dr lr»*> jframles 
liluTlrs, soit avec U'. Icxlc (rrcc, mM avec l:i (rndiirtirtii hiliin-, |>:nri? quo 
(■<• livir», mriiH' dans li' iihivi'ii Agf , m* joiiiss;iit pas d"iin«- niilorih'- da>- 
>»u|m', r-l «lu'il i'-tiiit roiisidi'-rr iiiiii|iH-itii-iit r(Miiirii- un tonif nicnnllmx sniis 
If ra|)|ioi-| de r.-uiiusi'nuMiI. Je |)r))lit)-iai d** iik-«; |»ri.*micrs loisirs |»oiir n''- 
|i(Midi'e If mieux que je pournii à vus diiïérenleK «pientions. Je i'eiiiar«|iii> en 
|i.'issaiit que /«• furf AnilrcM sfsî truinpf en f'nimiiti iijifiurter /«•.» triuliliuiix 
roiirt'iiuiiit Alejciiiiilif ri iiimir sun uitiii m Ksiiiii/iir jtar les Arabes. // rtl 
hirn miiinlrslr ifiir Ir ririix fioriiir rsinufiinl rsl fniir n la xtnirir Inlinr. 

Au milieu de toutes mes autres i)i-ru|ialions, je ne |iuis |ias me résoudre 
à laisser mes Indiens tout à fait de c<Mé, d'autant plus que je ne sais pas 
quand j'aurai l'oceasion de lire des manuscrits romnie je fais artuellement. 
J'espère bien faire quelque rlios*; de cette (''tude dans la suite. 

.le viens de recevoir une vocation a(iv>i lionoialile qu'avantap-use : on 
ni'oUVe une chaire à rrni\ei>ité de Iterlin. <>n m'invile à faire moi-même 
mes conditions ; ainsi je ne s;iis pas enctire connnent la né^'ociation t<uir- 
nera. Mon projet favori était île un* lixer entre tienéve et Ooppet. il me» 
coi'iler.iit lieaucoiqi de m éloigner pour lon(;tenq)s et peut-être pour tou- 
jours des lieux .luxquels tant de s(»uvrnirs m'allaclient. l'autre part , j'ai- 
merais bien reparaître encore sur la scène littéraire dans ma patrie; il mi* 
faut un ai^Miillon d'activité, pour oublier mes cba^rriiis et ne pas ttimber dans 
une espèce d'apalliie Vous ne s<un°ie2 vous tigurer combien je suis étran- 
ger à tous les annisements de Paris, y compris la politique. Il S4' poiirrail 
que j'allasse à iSerlin. en me proposant de revenir après «piatie ou cinq an» 
chercher une retraite paisible sur les bords île votre lac. Si la l'roviib'iic»? 
m'accorde encore quelques anné(>$, je pourrai bien alors me considérer 
comme un vétéran rmlr iloiuitiis. 

Veuille/ agréer, .Monsieur, l'as-surance de mou sinrère altacliemenl Je 
vous prie de présenter mes respects à Madami.' Kavre. On me charge de 
beaucoup de choses [tour vous. 

Scill.KC.KI.. 



.\\\I 



IttinU , / ,,r,,f„i ,, isiv. 



J ai mille excuses à vous faire, .Monsieur, des excuses fraîches, et d'aulrei« 
d'ancienni' date. Ces th'rnières s»- rap|H)rtenl encore à mon séjour à Pari». 
le n'ai p,i> fait loiil ce que j'aurais du faire pour vos recherches «sur Metan- 



« \ III ( OUKIM'OM» VM.K. 

ilrt!. Iir|icii(l.iiil , ji' |llllll'l;li^ MHis iiiiiiilriM lin (^r;iiiil iiMinrju sur l'Iiisluin» 
(II- .\i-i l.'iiiiiliiis , rii|ii<- iliiii iii.iiiiiMiit i|iiir j'ai m'irligr de \oii!« envoyer. 
(jiiMiiil Mtlic .-lirii.'ilili- Ifllie in'r.sl |)iirvrriiic i<i , j'ai rru avoir rlr |»rt'veiiu, 
car il<'|iiiiN luii^triii|is j<- m'élais |tni|»osô de vous écrire. Je devais dont rc- 
IKiiitlr»; tiMil de suite, mais il paiail que la né^îligence dans les <orres|Mjn- 
(l.iiK es les plus iiiléiessantes e>l mon |iérhé originel. 

.le voiisMiis iiiliniiiii-iil lerdiiiiaissaiil de votre extrait de mes observations. 
Les jonrnaiix liaiirai^ nul ^arilê sur mou érrit un silenre dédaigneux ou 
moilesle. .M. li.'iviiiiuai'il seul en a parlé dans le Jimnidl id's Stitniils. J'avais 
rni ipii> nous (iiiuposioiis nalurelleineiit notre piihlii- à nous tU'ux. Vous 
voilà en tiers, et je vous félirite de celte as.sociation. Je reprendrai un jour 
les Trouliadoiii's et les rerlieirlies sur la formation de la langue Traiiçaise. 
Ici, je n'ai point eu de matéiiaiix. Je viens de l'aire iinpriiiii-r un petit iiioi- 
ceaii sur l'élat acliiel de la philologie indienne. J'ai prié .M. de .*^taél de 
vous en Taire parvenir iiii exemplaire. C'est écrit eu allemand ; mais ou 
|iourrail le faire Iradiiire, et je pi'use ipie cela ne M'iail pas déplacé dans 
la liiltiiiillifiiuv I iiirfrsrlle. 

.1 ai VII le iioineaii spécimen d IHilas. J avais i ru celte làcln; iinpossihie 
à remplir pour un éditiMir étranger. J'ai été étonné de voir .M. .Mai si liieii 
au fail de la langue et de la grammaire goliiitpio. Je lui écrirai piocliaiiie- 
meiil par votre enlremise. 

J'avais grande envie de passer les dernières vacances d'automne en Suisse, 
mais ji- prévoyais (|ue mes amis i|uitteraient Coppel de bonne beure el 
d'ailieiMs diverses occupations me relenai<;nt ici. La vie de professi'ur, en 
général , me plail assez. Je liouve du plaisir à donner îles coui"s; mais le 
climat de l'Allemagne ne me coiivieiii pas , el vous n'en serez pas étonné. 
si NOUS avez observé d'où le vent souille. Si je la quittais, votre respectable 
pairie m'allirerait assez, et je pourrais bien m'y lixer. On m'a fait autrefois 
la |iropositioii d'y travailler à rinslruclion publique. Dans celte sup|K)silion, 
je ne demanderais (|u'iu) litre honoraire [tour me naturaliser et la faculté 
(le donner di-s cours à mon choix. Failes-moi savoir si je puis me promettre 
un bon accueil. Croyez-vous ipie je Inuiveiais un auditoire considérable à 
la longue? J'aurais un cercle de cours assez varié à oiTrir; des tours do 
lilléralure ancienne et moderne, de théorie et d'histoire des beaux-aits, 
d'hisloinï ancienne, d'bisloii'e de la [ibilosopbie, etc. 

Je n'ai pas besoin de vous dire ipie si je forme le [irojet île m^* lixer à 
(ienève, lamilié ipie vous m'aviez toujours témoignée est pour moi l'un îles 
nioliis les plus puissants. J'ai bien envie de reprendre nos communications 
littéraires et .savantes ISieii de plus rare ciiez un homme qui jouit de tous 
les avantages sociaux , ipie ce goût désintéressé des lumières et des études 
solides qui \(»us dislingue. 

I'ardonn('/-iiioi mon long silence, je vous en supplie, .Mon>ieur. et ne 
prenez pas celle fois-ci votre n-vanche. Vous m'obligerez inliniment |>ar 
ipielqiies lignes en réponse à ma qiiesiion. 

Dites mille rhose.-> de ma p.ii I à Messieiir.^ Dumoiil. SiMiiondi. l'iitel. el à 



<;(»HHKs|M»N|» VM E. « |\ 

tiMis cfiix (II- VOS niiii|>;ilri<)l)-s i|iii in'iMit :iiiln'ruis lioiiorc ilr Inir Imi-ii- 
M-ill:iiH c 

Nriiillc/ ii<:ri'MT, .Mnii«,ii-iir, l'assuram-e df in.i haiiU* run!>idér:iliiiii el île 
mes M-iitiiiH'iils les |»liis ompross«''s. 

A.-W. S<:iii.Kr.KL. 

Ici s'arri'^lrnl los Ifiircs (!«• Stlili-j'i'l i\\u' nous a\oiis n-lronvres ; nous ij;uit- 
rons si sa corrcsitoiMl.iucr avrc. Favre fut ciirore Uwii arlivi- : nous nr le 
croyons pas ; nous joignons à ces IfUn-s li'> hilli-ls suivants, sjuis ilaU*, «|u«' 
nous avons rcrucillis <iiui> lfs |ia|iicrs <lt' Favii- h-l 



XXXII 



Merrretli 



Monsieur 



A/agolh t'I /.axan>aurli (|)i-nn<ini'«'/ /.a/.)uian<|ur) sont «ilo roiunie |.-s |iav> 
ou fiiiiroits lioul on lirait les rioHi-s de soie II u y a aucune auti'e indi- 
cation 

La noti> de lirediiw, dont je parlais luer, se truuie p. 107 de son K}pn- 
liard. Il est aussi dans cette erreur asM'Z (.'(^néralenicnt répandue ijue !«'> 
poêles ties anciens Germains s'appelaient itardes. ^e^ historiens les plus 
sidides ont démontré que ce nom n'était en usage <pie riiez les nations 
^'auloises. Cette inexactitude me rend méfiant contre le reste de ses assor- 
tions. J'ai aussi une fort pelili' idét- île smi Mr^'ewiM h d'après n- ipie j'en 

connais. 

Madame de Staël n'a p,i- cnt nu- citiisenti a vmilou" rendre M>lre l'Iu- 
lel|ilms. 

.le vous renvoie. Monsieur, avec heaucniip de remen iemi*uts . le volume 
des Miiimirr.s dr r.\iiiilrwii\ celui de |>lul;o°i|oe el K'-'iidiii d. 

TdiiI à vous, 

SiJit . 



\\.\lll 



Votre réponse, Mi>iisieur, à mes (dts^MV allons d'Iiier. a leirililemeiil allne 
mou opinion sur lo talent de .M. Senehier, connue bihtiolliécaire, talent dont 



<:\ <;ohi{e.s|'om».\.m:f.. 

I'(*\iii-litii<li> |)liiluli)gii|iic coii-Nliliii' iiiii* |):ii-(ii- irsst^ntielle. iVul-oii (uik* iiii|i|-i- 
tiu'i" sons SCS M'iix (le ri'llr (';i<;«iii-l;i ? iKiiis vulrr ropio il y a en t'ih'l l^ufilua, 
m.'iis iliiiis l°iiii|ii-iiiir- i'.ii rrii liif l'iijilnu'. Vax tuiitcas le vers ci>l mal (Htiiclué. 
T;iiil iiii'-ii\ |iiinr xotit- tiililiollii'-fjiir, si !<■ iiiaiiuscrit île IMi/ii/r/A |i)'ii( èlre 
l'tiiisitli'iv riiiiiiric .'iiitii^'i i|)lic ; il en iih-rite aussi d'autant (tins la publi- 
ration. 

■le suis Maiiiiciit «iiiiriis di- ce i|iit; \imis me t-r)inninni<|iiez tant de rensei- 
(;neinenls utiles, dont je saurai tirer liun parti. Au bout du roni|ite, c'est 
vrai ce i|ue dit Siiuoudc .Sisiiiitiidi), i|ue ce n'est |ias moi, mais vous i|iii 
laites ces leclierclies. 

Je coiinaissai:} déjà en ^éuiTai li- |ia»sa{;<- de llundt. Le dernier t'iliti'in- 
des iSilii'liiiifii'ii su|tjiitse av(«c vraisenddance ipie le manusirit <|u'il dit avuir 
diiiiiié à un duc lie lluvière est lu niènii; tjiii est actuellement à Munich , et 
(|iie j'ai eu [icnilaiil une année entre mes mains. .Mais, dans ci- cas-là, il laul 
convenir i|u'il en a luneusenienl déli^uré le sujet. 

Je crois i|U(; je trouverai dans les auteurs i|iie vous me citez et surtoni 
dans l'e/iiis tout ce i|u'on |ieut savoir sur .saint l'iligrinus. 

.Mais un des points de lliistoire les plus obscurs, ce sont les laits de ce 
mar^^rave d'Antridie, ltudi<;er de l'ecldarn. Le baron de llormayr, l'un de 
nos plus savants historiens, dont le nom vous sera connu par les gazettes et 
par le rôle ipi'il a joué dans le Tyrol , m'avait promis de Taire des re- 
clierclies là-dessus et de m en conwnimi(pier le résultat. JusipTici il n'a pas 
réidisé sa promesse, et je crains bien tpj'il n'aura (sic) rien découvert, llundt 
et llausilzius me paraissent avoir puisé dans Lazius, qui est conlus et ne cite 
pas ses soinres. Simomlc \i(iU de retrouver le volume de .Mascovius qui 
traite d(,' cette éporpie, et où je trouverai |)eut-ètre des éclaircissements. 

Quoiipie j'aie encore plusieurs (piesti(Uis in /iclto , j'en fais trêve aujour- 
d'hui, pour ne pas trop abuser de voire complaisance. Je vous renverrai 
pidcliainemiMil des livres et j'en demanderai d'autres. 

TiMit à vous, 

Scm.Ei.V.L. 



XXXIV 



Vous m'avez communiqué , Monsieur, comme d'ordinaire des choses inli- 
uimenl intéressantes et utiles. Je vais copier vos mites et vous les reuvoyei . 
Le poëme ancien' dniit je m'occupe est même, sous le point de vue hi.st«)- 

rique, plus ( iirieiiv (pie mmis n'imai^iiiez peul-èlre. (l'est un mélan<;e de 

I l.i"; Mrl)i'lnii«ni htl. 



iiMT\(il|f» |;iliiil(*ii>4-s , iraiiarliniiiisiiics ri ili? v«'rit«'*î» ••\arl»'s. Kiitre auln*». 
lii tdiir (l'Allil.i. M's ii-|»as, rlr , y s>oiil iltM-rils «I'iiih- iit.-irii<''ri> cnlii'ri'itnMil 
(-oiiluiiiif ît la Ir^.idoii lie l'hNiii.> , i|iioii|ue D-itaiiiriiifiil irtli* (l*->cri|iliiiii 
ne iïil |i.'is |iiii<»i'>i- là. Mon but |iriiit-i|ial t-^i *\o inontn'r «|iic la liaso de n* 
poiMiii*, i|iioJi|ii<- !•• tc\l*ï arttifl tx* Miit i|ii<- du oiizirim* >ii'*«-|e (|Hiis«|iiP d<>s 
|M'is<)iina^f>s lii>toi'ii|iii-s ilti ilixit'-iiir y paraisx-iit |Mr aiiat-lironisiiic) «ttt lit- 
la plus liiinlr aiiliipiili', l'I a rl«- l'oiiiiiiiiiiiipit'o par une Inniilioii nralf non 
int)*i niiiipiic ilrpiii^ |c> Imips d'Attila nirnif. Li trar«* d<- nos Iraditimis <|U«> 
von!> m'inilMpir/ dans un auteur italien m'est don** inliniuient prerieuse; car 
il est tout naturel de supposer ipi'elh^ auront «''té apport«'-es en Italie par les 
Ostrogollis. Aucun auteur romain, (|ue je sarhe, ne fait mention de (îrim- 
liilde, comme ép(»nse d'Attila. No.s poêles lui donnent successivement «len\ 
é|touses chrélieimes, dont lîrindiilde était la s«'conde. Selon eux, elle était 
lille d'un roi de Itoiir^fnjine. Mais, comme ces rois avaient leur résidence à 
Worms, et ipie la liesse toute voisine tle là, et qui anciennement portait 
le nom de Tlnu'in^e, leur était prohahlement sonmis<>, ï*\pnu a très-liien pu 
appeler (iriudiilde fille «l'un roi de Thurinjje. Sans doute il a puisé cela 
dans Cnsola, et celui-ci n'ayant pu le puiser dans les écrivains romains, 
l'aïu'a pris indidiitalileiuent dans nos traditions nationales apportées au delà 
des .Mpes. l/important serait de jianenir au manu^ril de (iasola mémo ; 
mais comme cela est impossible, il faut se ccmtenler de ce que Hiirnturi en 
a cité et de ce »pio l'ii/iia en a tiré. Je |irésume ipie les Hvres soulignés 
sont ceux ipii se trouvent ici. Vous nrohiigeric]! donc lieaucoup si vous 
Nriidie/ me prêter ces deiix-là. Je nie tiatte «pie je saurai subodorer d'abord 
dans les récils de l*i;,'na l'origine tiidesipie. 

J'ai lu liier avec un grand intérêt la première partie de votre l'Iiileire ; il 
me semble ipie vou> devriez mettre la ilerniére niain à une biograpbie ipii 
peint tout un >iècle, e| \()us ocnipei xérieiisi>meiit de la donner au |iiiblic. 

Tout à Vous, 

S4.lli.K«.M. 



XX \v 



Vous avez partaileiiienl bien traduit le passjgi- du S«lioli.is|e. .Monsieur ; 
les mots ne sauraient a\oir un autre sens. C'est la tlilliculté géograpbiipir 
ipii m'arrête liommenl à 7 stades de dislance, qui ne font (uis MMiknienl 
une lieue, de deux omboiicbures, l'une |MHirrait se jeter dans le .M:eotis 
et l'autre en Si'ytbie ? (iependant, dans l'ordrv^ des riullrcs, ', sigmiie bien 
positiveiiienl 7, et avec iiin- Mr}.Mile en bas "tXNI, ce ipii n'eM pa^ applicablr 
ici non plus. Je me figure dom qu'il y a une erreur ou uue omiNsion dans 



exil ( OKItI s|'oMi\\(.i;. 

Il'» chiUics. KiiMiili-, c'fsl une siii};iilii';rL' faroii di' parler, i|u'iiii lini» «>i* 
jrtif (liiiis le Mii'oli'i et r;iiilr<' dans la S ylliic. On s'attond di- (niuvcr U- 
nmn d'un aiitrt.* lac, ((iriunc de la mer (Ias|ti);nne ou du l'ont-Kuxin l/un 
pdiniait ('n)ii-(* <|ii'.\rti'-inidiiro veut parler du dernier en le déMgiKint stm*» 
le nom de lac Scvlhien. Mais, je ne crois pas <pie l/.\A'.x soit jamais em- 
ployé comme adjerlil ; c'est toujours t/.j6'.xo;, autant que je sache. 
Je suis confus de ne pouvoir vous donner (pie si peu d'éclaircissements. 

Toiil à vous, 

SCHLECF.L. 

.le suppose toujours <pie lu premier xjtmv dans votre texte est écrit 
avec une aspiration aOT».)< à la place de krjzôy,. Autrement, si c'est rJrwv, 
cela poin'iait se rap|>ort(>r à ipielque suhsUuilif au pluriel, qui aurait pré- 
cédé. La dillicullé géo^M'a|)liii|ue resterait la même; car, deux emliouthures 
qui sont éloignées d'un tioisiéme puinl iliacinie de 7 stades, doi\enl être 
Irés-proclies l'une tle l'aulie. 



LiTnu:s iv\\(;i!:L() \i\i 



\.\XVI 

.Mtlano, IH Gtuijtu) IH17 
IlispcttAhilisijiino .unicissimo «ig bibliutocario. 

Il paAsofîfno pcr >[ilano ilcl ceh'hratissimu sir. Sismoiidi mi pur^i: lu lu-Ua i- 
(It'.sidtTiiti ()0(-:vsi()iii> di 8orivcrc a Lci s\ii. biMiiUociirio i inici piii dovuti c più 
cordiali riiiffraziainoiiti por l'onorilico t; pulitissimo aiticolo sopra i iM»chi mici 
liltrctti, il (|iialt' Ella ha pultlirat** ncl Novembre »• I)ereinl)re dello 8con»«j 
iiiino IHKt*. (jurirarticdliiha foriiiatu rainniirazioiir degli It;i]iani,ed ^ piinito 
rotiiiiuuKMiiontc un pcrfittu «■Miiiplan- in tal K(^»fr<> di es;uiii' e tii luiniuucio 
di opère. lo poi le sono ie;;.ito por etoraa ^ratitndine, atteso i niodi iirhanis-simi 
od indiilKcntissimi clie sua niercf» ha praticato con mo. 

Oro le niando nlcuno mie produzioni posteriori: 1" // Dionuji. T II Porfi- 
rio, ecr. Nella Preftizionf ni Filmw conoscen\ rho cpiesto libro^ sLito al(|naiito 
«la me riformato, ed «^ appunt4> cosl eorretto rhe lo inatido a Lei. .i° Vn liliro m- 
\iHUtV). Mi piire chc YEiKchio sia la rosa pin intéressante délia seconda mia 
prodn/ione ossia Hhro. 1" Le mando Una hiteat aixAtyjttica lU'l mio Dionigi. 
Il professore Ciampi, da me n{> conosciuto n^ offeso, si studia in tutti i m<><li di 
screditare il min 1 )ioni<ri, ed ha sparso per tutti l'Kuropa le sue vaue Ogserrn- 
eumi sopra di tinello. KUa poi sapn\ ehe anche Visconli nelGiuinio del./oiim/i7 
»/c.s .svjivih/.s ha deciso che qnotn infallihilmente ^ Dioniin.ed ha rit'ettato le ra- 
Kioni o apparenze de! Cianipi. l'nu'o in ^r:uia la S. V. di li-u'^en- la mia prefa- 
zione, la hella lettera del (iiordaiii ed il Vi8Ct)nti, e confido ch»' restera per- 
suasa délia pienissima verità di qnesto puro e pretlo Hionigi. Klla poi trovcrà 

I Hs'aKil Mirloiit cl.in^ >is l(-nrc« cl'A. Mai 
|iiililir.-ihoni< ilii sds.inl MiUti.ii-i dans la Uiblu'V 
■liiii iiu*<li(»rri' inli'nH. It-s Icrti-urs i|uo ci-» •|ii. ' - 
loin rinilicdlion |iriVisj- .le iou« lr« artirlcs aii\.|i'. i, ii . «i ' 

^III 



(li(T. r.nl. • 


r ir» Bi.l. 


AiTi'nl l'Iii. 


t:.i 



t.\i\ (:oUl(i:siM)M)A.N( K. 

in fine drl Siliillino un indicr ili tutti i tlvUoVi niioi luvnri. Il nuovu Cicérone, le 
duo opcrc sopra AIcMsaniiro im1 il trutt:ao «Irllc misurr' dei nianni, ecc, escono 
idlii lucc in qncsti (^orni. Si»cio in ajiprctjso di diiro altre co8c. Nel Cicérone 
taro itrrvf nu-n/jon** c-d onorutisbiina dei cenui chu Klla tiu diito Kopra Topi- 
iiionc dfli'Asconio. 

Klhi altrcst .siiprù c)ic in lit-rliiu* si <■ fatta iina i>travai;untihsirna edizionc di 
l'Yontonc ', nt-lla (^ualc io sono mal traXtaU) o molto più lo ste&bo Frontouc. Ma 
il i)iù hcllor chc que^îlieditori hjuinorapovolto l'uutorclacerando qucgii scritti 
(! trasportiindt) ni(iltissimo voltr li)nt;ino cio clie ne! codice è unito nella stessa 
pagina, c dicciitlo chc sono diversi pczzi o hitri ciù che nel codice è una sola 
C(t8a, e conuiu'ttendo iiitiniti cn-cjri di critica, e offendendo l'urhaiiità e la 
verità. 

Se alcuno in Gine\Ta avosso il mio Filonc non riformato, Ella mi potrehbe 
awisarp rhc in niandorci il folio délia cmendii, o dirmi anche il mezzo per cui 
spcdiilo. 

Kila mi conservi la sua prctriatissima fn'azia e mi creda pieno délia maggiore 
considcnizione verso la sua dcj^ua persoju» 

Sen'o ohl).""* 

L'abatp AngeloMAi. 



XXXVII 



Milano, 12 Luglio 1H17. 

Vencratissimo signor Bibliotecario, 

llispondcndo alla umiuiissiina e carissima di Lci lettcra, dico che il titolo 
lAbcr I sivc omnimoila historid non è nel codice armeno, e che io crcdctti di 
sifçniticaro ([ucsto (lifctto ahhastiinza colla notii, dove dico che questo titolo è 
di S. Girolamo c di Sofronio. Ma poichè la chiiirezza non è mai eccessiva,me- 
gUo era clio io aggiungessi : ab armcnuico codkc abest hic titulus. Sono poi 
curioso di sapere chi dica che la cronaca di Eusebio fu tradotta in Siriaco uel 
7" od8" sccolo, e molto la prcgo di acccnnarmi il libro stampato o Li qu;Uuuque 
origine di qucsta asscrzionc, e se vi c ultcriore notizia ili questo tcstt> Siriaco, o 
se in alcuu luogo si trovasso. Nel catalogo dei Mss. Armeiii del Villefroy io bcn 
sapeva csservi qualche cenno, ma ignoro se sia stiunpato e se trovisi vendibile 
in qualche luogo. Se la S. V. ne avesse contezza, mi farebbo somma grazia si- 
miificandoiucln. 

t l.'rililliMi ilr Nlfluilir, Kil 



COHHESIMJMIANCK. CXV 

Nol rimanonto Klhi i' «•rrcssiviim«'nte ^r-ntilc <• cortose inpr<ip4»mto tlolk' po- 
che rosi' mie. !,«• ripcto clii- il di l,<'i urticolo (• panito qui iiii vt-n» i'S4-iiipl:irf> 
iii tiil (îciKTc ili Ictt'Tirii iiniitiiizi, od un sjitrgio luiiiiiiosissinu» di'Uc vast4- di Ia-i 
ri)>,'iiizioni •• (Ici licllo c purf^to scrivere. Ma io, ({iianto a me, bon cra Itinjçi 
dai incriuirc Uiiito oiiorc. Se io poss/) in alniiia rosa s^-nirla, mi comandi, chr 
me le protesUi cou la piij |)urziale stima cd alu» corisidera/ioue e ricuuoscenza 
immortale 

Seno ohldiff.*"" affcz.""" 

L'abatc Angcio M \t 



XXXVIII 



Milan», iO Srptrmhrt ISi: 
liisp(ttal)ilissimii Signon-, 

Toniato io a Miluno da nu mio piccolo (firo lio tnn.ito la prr/.iosji dj Loi lot- 
tera ; e siccome o^ri^i di iiuovo csco di Milauo per alcune sctlimane, cosl ri- 
spoudo iii somma fretta. Mille frrazie deirarticolo sopra FKaseliio, die garii 
degno appunto délia valeuti.vsima di Lci pcnna. In proposito del Dioni;^, avrei 
caro Hapere che le Hcmliri d«>lla lettera del bi^- Giordaiii? Gnulirci anche iii- 
tendere cos.i Klla fdudielii del Silnllino. In Toriuo ho vednto i Mipplomonti al 
(iiulio Valerio, ma il codice loiineso è offcso nelle itrime qnattro p;igiue, oudf 
gradirei uioltisHiuiodi avcrne da Pariai il principiuatquautn auipio, onde Mip- 
plire al ditl'etto del codice toiiurse, col ipuUe si potràconipleUre qncsto autore 
Mille >n*iizie poi délia noti/.ia intorno alla parte AvW Itintrarut data did Miiia- 
tori. Veramcnte è tanto diverso il tcsti», che |)jire nver letto altro co<lice di I 
quale io fiirô ricorcji. 

Io desidero di spedirlo il foj^lio délia corrrzione al Filouo in 1*; dcsider<> 
anche di maudarle oflrriie in dono W mut unnvo Ctceronf, c proiro Lci s»- pu«j 
indicarmi il iiiez/o. Io per un utez/o non sicuro spcdii a Loi un csempLire M'- 
parato dclle VintiictH- Fivntoniniur, ma u-nu» clu' non le «du porvenuto. Del rc- 
sto qiiando le vcdrîi, dira >nnt>tament(' clu> io patiscn distra/joni, montre anche 
in qnestc, a patriue 5, verso luitepenultinio, ho stanqtato Allxt invece di Jiitsha 
in proposito ddla uostrji piccola (piestionc. Si'W Ilnurnno cap. 8, v. 1, »• mira- 
hile quel rrntrum alla v'reca per stimoh. l>i ^r^uia, l'Itinenirio non si |k>- 
trehbe ultresi compirc col codice rjirifnnoV Nel Torinese m;uica di nclto. Il 
I).' Mayjtiicchelli ha riccvuto le lavole che Klla si j> cumpiacriiita di dirigergli e 
la im'Ka d'indic;iruliene la spes;i, e la rivorisce. 

Io le acchiudo lui nuuiit'esto di uua iqioni che vadu prumuveodo, e Li progo 



jxvi roiiKi'.siMiMiANci;. 

in f,TiU'jii(li f;imiilo insi-rirr iii-llii lUhlioUcn iimcrrmU «iIlccitiinM'iite st* ni 
\tul>, L- lii Kciivciiiicnc in l<'lt<r;i il huo iiurcrr. l'rr allro rKnwIjii» più nii prenu* 
(• prccfilcrii, \tvrinr]\rj'cmt ajuiM. 

Sonn (DU infinita stinia viimi I,<i •• verso il dc^niiijhinio M. Pictot. 

AnKJ'ld Mai 



XXXIX 



Milniui, iC .\uv.mhrr IS17 
\ <n<rati.--ï'jniii Si^rinuc. 

l'oriiuto (liil iino picrolo viajrfîi*' Ik» trovata la Kiatissinia di Lii lettera. ()g|.'i 
lu) snbito conscjrnato ai MM. Miniband i ripozzi dol Filono pcr l'cscmplarc in 
1", (' gli ho fatti chiudorc cntrn duo cartoni forti, arciocclR' îUTi\-ino a Ginp\Ta 
in Ituono stato. llo consofînato in pari tempo un csemplaix* dol niio nuovo Ci- 
(H-rono, oui prof^o la S. V. a ifradire in dmio \hv scffuo ilclla niia vcncraziono e 
riconciscenza. Vi troverà le Vhulicùc Frontoitùttuc, e avrô piacerc di sentire 
clic le send)ri délia nostra piccola conti'uversia délia Hostia. 

lie Ictto nella Dibliokca itniver.snic il hello di Lei articolo supru rEiisehio, 
ecc, sopra il Sibillino. Mi è piacciuto somniameute : ma quonto clla mi ha lom- 
partit(j di ^îentili espressioni, ciô non è altro che cifotti) del cortcsissimo di Lei 
aninio. A prop(jsito dell'autore del Trultato sojtra le Virtît, Ella avrà pututo 
osserviu'c alla pa;;. V et nota 2 délia prefazione che io ahbiuulono tot;dmente 
il pensiero cho sia di l-'ilone, »; cosi semprc ho opinato dopo la scoperta dcU' 
errore, perocchè non vi souo sodé ragioni per talc soutenza. La prego anche 
di rini,Ma/iare il dognissinio M'. Pictet che abbia inserito rannnnzio dcUTItila 
nella liiblioteca. 

Ella mi t'a sperare nnovi suoi articoli((he (pu sono letticun générale applaiiso) 
sul niio l)ii>nigi, c suU'Alessandro. Giovami inoltro sperare cho ;uiche il nuovo 
Cicérone godril in progresso di tempo de' suoi rigu;u-di e cure. Ma che posso 
io tare por essore riconoscento a tanta amicizia? Questa rai <> tanto piîi sensi- 
bile, ([uanto che sento alti-i Ibgli e gioruaU di Germania avventiirsi qu;»si con 
lurore contro i miei lavori. Vu professore a nu' uoto «li Jomi, o alcnni altri che 
bon so qiiali sienn di lierlino, mi persoguitano acromente o con nmdi assai 
strani. Sai)rebbo l'Ella il motivo di cpiesto procedere V Io mente ho scritto con- 
tro di loro. Troverii anche le V^itulicùc assiii miti a paragone del loro lissidto ; 
oltrecchi'' io mi difondo e non fo jiggi'ossione. Questi* cose mi di^piacciono per- 
che sono alienissime dal niio carattoro perdu'' si iMchiamaiio ai tempi doUe 
guerre pinate che parevjuio liniti. Se la S. V. stinuisse bene di niustriuv la sua 
disappniva/inne in tal pnipositi), e di difoudero l'innocenza e la tnuiqiiiUitj\ 



COnnESiMIMiANCE CXVII 

mi sJircl»I)P cosa (rratissima. So hene rhc ofmuiio ha dirino ili pronunriurv so- 
pralcpuMichooporc. ma vV altroalil modo di f.ir ri^ senzu oltr.ip(rio cd in- 
civiltiV 

'J'oni.iiido iill«' uoHtri' rose, ioho ronsid«Tatn lo y/.ivr o me ne piiri' i»ttiin;»- 
mciiU' pciisata la Hpicgazioni- dcl hioj?o di (i. Vidorio c buonisHima l'applica- 
zionir di'l Cofto. lo non esitiTci punto a proporrc (imista erudita opinione. Si- 
ifiiififlur^ al HJfr. Giord'iiii i di Lt-i fn-iiziosi siMitimcnti. E (inà ti ho fatti inten- 
derc a M.' Hromf. Dfl niio viairtrio non hoiio mal contento : ma/- stato brève ed 
in ^raiiilf frrttJi si-nza inolti» irattt.Ticrnii ne' v.irii lu<>i^hi vhi- Im pfrcor8<j. 

lo la pr«'f,'o di consi.Tvarrni la sua pn-ziosa trnizia e con la più disUnta stiniu 
e riconoHcenza nii dico d«;Ila S. V. lU 



Sorvo u8S(>q. 



1).' AnK«li. Mai 



M, 



Vi'ntratissinio si</noro cd amicu ossorvandissinio. 

LaletU'radi Alossiunlro nd Aristotido Bt;imi)ata comincia: Srmjtcr meimt- 
rnri liiain intrr ilnhin Iitlhnim lutstmrnm ]M'nculn, rharissiuir pnrcfptor. Fi- 
nisco : Ut incitLmlum morUiUbua cssct jKrjM-tua m>l>i.-i opiuM et animn et \n- 
diutria (optime Aristotch'.i) pondcrata. Volt. È di nota))ilo luni^hezm. Si trova 
in alniMc cdizioiii dt Cnr/io: io la lopRo in qnrlla thd (îrifio 15H,^. Vi m de- 
Hcrivc Ui ri'fffjiti di l'orn, /#• ricrlwzze iMPcscrrito Marciloiu-, 'tri lnnrjfù rinrjgi 
tni (jrari inTiroli <li mir, /// mostri, di tit'ri. Srffiw Fimiaito il . itri unie 

V ilillii liiiM. (^uiitdt Alt'x-'iimdro entra in una rallf pirna di // i-ruti. Si 

tkitcrivono mostri difiumi. Sifondano due mnntnnenti iForn twIFuItimo Orirntc 
I- ri si serifonn i ftilti di Alessnndro. Si eriffonn i trofci di lUiccn r di Ercnie 
Cosl linisoc (piosta h-ttcra, ndla qnah» Sf no rita una antmorc di Ah'ssandm 
aUo .sU'sso Aristotclf. Si pnô vcMltTo anche la mia noti a pas. l.'>7 il(d (îiidio 
Vah'rio. Ncl codicc di Torino il titolo b Jiilii Valfrii Alexnndri l'nlrmi 17 T. 
ccc. conic ncll'Anihrosiano. Quel rir clnriAiimus arcrcsro l'opitu'onc dclla an- 
tirhitA di (îinlio Valcrio, il qnalo cf»ho altresl dnc altri nnmi, c\oi> Alessondm c 
Poh-mo. — I/i profa/iono da Sinccllo rit»t!»^ qnolla dol socondo libro. rioA dcl 
cjuiono, cd io ne ho parlato nclln tuiad' <> pp. XVII e XXXI n. 2. K><s;« 

dnn<inc non ha che f.ire cnn la prefa/i-' nmlilini, e perciônon vi è so- 

sp«'U«»trille;,'iltiniit;\. Sopra la /Am/i/i in lin ndoibUn un altro ponsiom, rhc b) 
accosta a qncllo «K'ila S. \ Mi p;u'c che iii dcbha h'jrgcrc /lOH/mm, victinintn 
La m tÙKile siK'âS*» mania ne' codici. llo fatto Uraro alruni esomplari rnn (pie- 



(XVIII < ouhi.m'om»a>«:e. 

sta currczioiir II iitiovr* ntl(.-H>jii. Mi hpiuci.' di non ciittcnui Mxortu chc il Mu- 
ratoii iiv('ï3ï)<j st.kiii|iat(j iinu p.trU- iloU' Itincruriu. — Kccoli: uu niuuiffiiU) 
dcH'Knst'bio, cIm- c.- (>i)i'rHr('rti>siiiiii •• lH-lliiMnia. Si ])otrcljl)e dar^li cclehritàV 
Si potrclil)(; i'ac('ii|/liftv qiialchi' ninm-ru di associutiVQui non ubbianio uucora 
il novcnihn- d<>llii Itililiob-ta iiniversalr. Sono il suo ainic-o. 

A. Mai. 

r.S. — L;i ^1t<ll•^^ ^'icia di .Ur^i-aiidro, chc si trova ntila Arnhrobiuiui, ù di 
b.tilt' uinilo L' dispiaccvolc. Kssa non è cortanK-ntr il i»cudo-('alli8Unc. lo l'ho 
provato (liiaraiiicntr lulla inia iin-('azion<> al (riulio Vidcrio p. \\. 

Mille ussc-ipii c niilh- s;iiiiti. 



\[,I 



Mituiw, iH Febbraiu /8/«. 
Vcncratissimo Sigiiort', 

llo Iftto nella Biblioteca uniocrsalc il i)cllissirao c dottissimo di Lci artioolo 
:M»l)ni il Dionii^M. Qiiaiito ul piililico io non posso chc rcplicurlo, stMnbrarc qni 
i di ici aitiioli snianiaïuciitc iiiipurtauti, criuliti, o scritti con la nuipgiori' ele- 
f.'anza, cd osscrc avidaiiicntc U'tti. Quanto a me, io ci stotropi)obpnc,clajro»ti- 
kzza dolla S. V. va taut'oltrc cho io non ta-ovo più esprcssioui atu» pcr rin<?ra- 
zi}U"la a dovcre. Io la prego di onorarmi di qiialche suc comaudo, acciocchè 
possa diniostrarlc in (inalcho modo la niia gratitudine e devoziono. 

La ringrazio assai dclle duc associaxioni all'Enscbio, di cui ho voduto iiist^- 
rito andic il manitcsto iiclla IJiljliotcca, nuovo favorc di M.' l'ictet al quaJo ras- 
si'gnerà i niici itiù rcvcrcuti cd att'cttiiosi rispotti. 

Spero che la S. V. da M.' Mirabaud a\Tà ricouito il Cicerouc col foglio dcl 
ritbmiato Filone. Io qui ho reccntcmcntc stampato qu:\lche cosa grcca c latina 
classica, raccolta ncl mio passato viaggio di autiuuio. Non ai'disco ancora :ui- 
ntmziarc i titoli.maprcsto le spcdini il hbro in onuiggio e in segno di parzia- 
lissima stima. Lo spcdirô per M.' Mirabaud, (pumdo questo sia niezzo oppor- 
tuno e non troppo tardo. 

llo osservato i passi di Socrate c di Nicetoro 60\)r au Moitobiblos di Alcssan- 
dro. Certamonto non è da tiuscurarc la notizia ili questa opéra volondo discor- 
rere di que' scritti die io ho publicati, e parendo specialmentc l'Ksopo o il G. 
\';Uerio Alessandrini. (Quanto AVAh.anuln Polcmi ilel Ms. torinese, ;uiche a 
nie paieva una coiifusionc col titolo Ik i>rtilik Ak.rmuhi : tutta\ia ho vtdiilo si- 
gnilicarlo alla S. V. Lapieun di rjcunlarsi tlella cili'u V('I Vin (7(in«,s-iiMi ag- 
L'iiinla al (iiulin Vaicrio nd ((idici' di 'l'inino. 



<;M|lHESI»<»M»ANrE. < \|\ 

Vn fin*' siipplicindoln ;» roimorvarnii Li «ua proziosa (rrazia «-«l iimicizia, 
montn* mi flir<i nA massinin rispctto •• rioonosccnza 



Serve» olili •"' 



A Mai 



\JJI 



Milano, .■>/» Miiiiijin IHIH. 



Veneratissiino Si(n»<»re 



I (lue liTticuli chc la S. V. ci ha fatto It')fK«T«* ncl Marzo i- Ma^rgio drila iJi- 
l)ii(>t«H-a uiiiviTsalf sopra il mii> liliro drll»' ros»- di Alcssaiidro, muio un miovo 
liiininosu sag^'i'J di-lla rani cd iinini-iisii di Lei crudizione e dcl bi'U'urdinc v. 
classica chiari'Z/a cou cui la s;i coinunifiirc. 

Gudo di vedrria dt-cidcrcaportamt-nteche il G. Valcrio è audcu. CiTtami-nti- 
il suo stiU', e rnnlU' toso di recondiUi erudizionc, spccialincntr ctàziana, l'd aii- 
rhc la fdtiitta dcl V( I, docidono dt'lla sua Pti\ rimota. 

Osservopoi v\\v 1(1 Htili'drilc duc (tjK'ri'tU' porc» K- î-piaccinto. lu ciù non ha 
torto; tuttavia lu stih' di-U'ItirH-nirin v si nuovi» c si strann. v\\v a])punti> p4-r 
qupsto litolo mi paro dovcrsrnc f;ir ronto. Il (t. Valcri*» ahhonda di cnidizinne, 
almonu cfrizioua, ed è iu oym modu un uuuvo autore latiuo. Ella ha Ka|>utu 
sopra luncniluc j?li autori discorrere e si bene che raolti s'invojflit-ranno mme 
cn-do di conoscprc qucsto opérette. 

Non dtihito rlic Klla avn\ proiitanu-nto ricevutoil mio FUono p (tI' lutprjmti 
di Virjrilio. NfUa cxsa di M.' Mirahaud vpnni a\->isato cho K- si spedira qucst«> 
librotto, da me oonsc^'uato, pcr la posta costandone coslassui mcuo û porto, ed 
in Pavera addattato a bil fine corne si usa. 

lo ho sLimpato qucsto librptto in tempo che un ostinato dolor reuraatico di 
testa non nii lasciava studiare che pncliis>im'), e pratirare di ran» m-lhi bildio- 
tt'ca. Peniô miTJta quah lu* onnpatimrnto. lo \i ho srortn \rd\ qualchp err«»re, 
ed Klla ve ne potrà trovare as<;u più. I»i pnizianon le farci;i maravi^lia ciù che 
a p. 13, n. \ di'l secondo opuscolo sospctto iMle diclmnaziom dt Sallustio Mh 
ftra Virgilio. Quel passe è incerto, e qiuuuraiiche \-\ fossero state, potrebbero 
csserc spurie ; e frià sjippiamo che a S;Ulustio sono attribuiti certi ariromenti in 
verso che si j>repoii>r<'iu» ai lil>ri dfUa Kneidp. 

Non eutro in ultrriori detuuli per non iafa«itidirla con lunfra lettera. KIUi 
|>ero avrii osservato che alla pae. XXIX délia s«Tomla prefazione n. 8.. si dà b 
notizia délia bella scoporta ilel sik- M;uzucchelli : il quale m'incarica tuirhe d«-i 
suoi complimenti per la S. V. 



CXX COlUtKSPONDANCK. 

Il Didimo, <ij ctii Ix S. \'. riii chiinle notiziii, ncii è aiicora tlnit<j. Cîli alth mu-i 
lavori liiuino iinpcilito ili coiniiir qucfito. SpiTo noiuliincno (li pre-^to compirl«> 

(Jra^liri'i moltissiiiio clic la S. V. mi M-rivcss»- rUt: li? paia «Ici Filom*, vhv ùj 
non li<t voliito spaccùirt; p«.T iiiuivo (prii'f. p. XIX); <m1 altrcsi chc utiiiii dfffli 
liiu-q)rcti, occ. Le ili Lei Icttcro iiij sono proziose p«r rorudizionc' c i>cr b esi- 
iniu i-ortcsia chc soniprc vi urnmiru. In atu-nzionc dt; suoi prepiatisaimi cAraOï'ri 
f tuniandi iiii dico 

Si-rvo obblit-'"*' osseq.*"" 

Il 1>." An^t'loMAi. 



XLIII 



MiUiw,, 17 iprilt ISI'J. 
Illustrissinio c Dottissimo Signore, 

lu riscontro alla prcgiatissima di Lei lettcra del 27 nuirzo, jo fcci subito coii- 
sef^nare pcr Li Bihliotecu itnivcrsale rcsemplarc ilelITCusobio a M.' MiraliiUid. 
il qualo mi lissicurù clio aveva già trasmesso le duc seconde parti alla S. V. e du 
SfiUccitamente tt\Tcl»l)e fatta anche la nuova spedizione. ()jr<ri porù ue ho fatto 
di uuovo iuterrogare il predetto M/ Mirabaud, il quale ha risposto che invam» 
avcva ccrcato mczzi particolari, e che pcrciô ogpi appunto voleva spedire \\" 
semplare Euscbiano per la diligenza. Sîirebbe epli sperabUe che i redattori. 
ncll'articolo deU'Eusebio, volessero dire qualche oosa anche del preceiienti' 
u\i(> Vihvo l'hilo et VirgiUi interpreU:.<? \i\z\ potrei io lusiuirarini cho Li mac- 
stra lU Lei miuio potesse occuparsi di bel uuovo di quf'.sti lavori? 

Ofnii volta che vedo il marchesiuo Trotti, mi i-hiede di Lei notizie e m'im- 
])Oiie di farle all'occrtsioue mille ossequi. Mi dice di signiticarle il suo >ivo dt>si- 
derio di rivederla iji Milauo, e di darle qui prove délia riconoscenza c stima 
parziulissimu da cui b animato verso di Lei. Lo stcsso mi dice il signor aijate 
Itcutivotrlio. 

lit desideroso liraudemeute d'aven l'ouore di qualohr suo com.mdi) e pic 
jîandola de' niiei ossequi divoti jvi MM. l'ictot e Rossi. i>ien<i d'inlinita stima « 
riconoscouza mi dico cou tutto lo spirito 

Servo divoi.'"" 

A. Mai 



(.OHIIFS|M»NI>ANr.E. ' NM 



M. IV 

Mtlano, 2i AffriU IH19 

Voneratissimo siRnorc 

Aviudol»' il» ncirulLima iriiii Ictti ra |i;u-l.»t<i (loi inio libri) PhtUi d VtrgtUt 
inUrjmUji, trovo m;ccsi>iU-io lii uirrttUirini am qucsti iniu a siKiiilicarlf uiia 
iHlIissiiim e certu correzioiic, che in questi jrionii, IfKRt^ndo a caso una pa^niui 
(U-jîli InU-rpreti, iiii è cxu-oi-sj» improvisanioiiU; al pcnsitTO. NcjrlJ Int4'ri»n'tj. 
p. <y^, V. 10, (love si l(•^'^^• in:il;umnt«' salutareque »i et ciro mto a)j/r<u:liuui, v.t 
HoriUn : tuiluiarnim >n et, Wnw jv^-zi, prtdium ineant. La scriltiini ii«'l rodjcc V«- 
rtiiu'sc era couiiiiuata al modo antico, e sepolta 8<>tU) la più mr»(li'nui, ed jo 
iiialo riio divisa. Se nella liiblioU'Ctt «inivcrsalc si paricrik dcU'opn.srolo, vom-i 
cho non vi iniuicasse qucstii «•orn'zioiic delTaHUrre, per oviLirt' di cssm' pn*- 
vt'iiiito iii cosa rosi farilc a roiumrrrsi. La S. V. vodo ron quanta ronlidriiwi io 
le srrivo, <• ipiaiitn ronliilo ncila di Lri hoiiuV Io la prciro di oiioniriiii <li quai- 
che suu rutiuuidu c di (Tcdcriiii qualc souo ron tutto Io spirito 

Servo osst'q.'"" ed oliblig."** 

A. Mai. 



( Wll COKIIKSI'OMlANi.e. 



XLV 



( )rDûti.s3imo Si(?noro, 

Sj)»rn clic la prcsouU» non avr;\ lu cittiva ^ortc di iin'altra mia, albqiialc non 
avcudo rict'viitn (la V. S. l'onoro (li alciina rispusta, la crcdci pcrciù sinarrita 
prima che vi pcrvcniss»', (• sinarriumc la risposUi che avrci Umto ffradita; iriac- 
clic l'csscr conferniatu dallt) vostrc (H'atissiino lettcrc che io mm tuttora al iKiS- 
sesso délia vostr» f;TU/iii, (^ nella vostra memoriu è pcr me una furtiina; cd luu 
KHiii Kdddisfa/iiiiic jxt l'aiiiinf) mio sjircbltc nel U-mpo stessol'avcr nuovc dtdb 
vostra deijna persona die taiito rispetto cd aint». 

Le mie prciimrc pcr trovare in Italia l'njicra di Villois«jn sopra i Mistcri* 
aono State assidiiissime, ma per altro iiuitili: e per conseguenza volcndo io 
conoscere questo libro, che debb'essere eccellente, perché proposto dalla vo- 
stra profonda dottrinii,son costretto diprofitfcire dello cortcsi vostre esibizioni, 
spcrando che vi compiacerete inviarmcne nn' esomphire, corne mi avete (nirba- 
taiaciite csibito allorcpiiuulo mi faccste l'onore di favoriniii di mia vostra visitii. 
Io diiuipic l'attcndo cou impazicnza pcr potcr darc un mi;:lior compimento :d 
lavoro che sto facendo sulle l'atere dcgli Antichi, corne pià Siipete, il qiudc è 
per altro molto avanzato. Se avete dci lumi da comiinicarmi su questo p;u"tico- 
larc, mi farete somma grazia di trasmettermeli unitamente al libro di Villoi- 
son. Io ho i^ià adiuiato un buon numéro di qucsti monumcnti accostand< >si a 
circadiicccnto, c spcro che iKm passera la primavcra* souza che il pubblico 
vcda (jualchc pairina dcll'opcra clic \i prcparo, ma per ora iu mi occupe a com- 
plctiuiic il più che sia possibile il manoscritto. 

Se avete nuove del signor Schlegel mi farete somma grazia di comunicar- 
mcle, giacchè manco di risposte ancho da lui aile mie lettere, che da uTan 
tempo 1,'li-ho scritto, ne so dove si trovi attualmcnte. 

Spcro che vorrcte onorarmi di iiiialciie vostro comando pcr l'Itali:L, e prc- 
gandovi dci mici più rispcttosi osscqiii alla dcgiiissima vostra Signora consorte. 
ansioso délie vostre nuovc e grate risposte, passe ull'onore di sottoscrivcrmi 
colla dovuta^^ considerazione, rispctto ed amicizia 

Servitor vostro obb.""" ed amico aff."" 

Frîuicesco I s u h i h a m i 
Firenie,7iM 18 IS. 

I II s'atîlt lies Hfclierihi's hislnniiuet fl ( ri(i'/»«'A' sur Ifs ii-ijslrrfs ilu l'itiiiiHism( <\c Sjiiitr- 
l'.i'oix.iluiil Villuisoii fiil rolilriir, cliloiil Silvoslrc ili' Sai\ piiliha une H-comU- nlilion m 1817. M. 
i \j' i;ran<l niivr.iiii' il'lii^'liiraiiii ^nr ii-;; inoniiiiu-iil!' flru!^|iieï uc couimciira a |iaraiUc iiu'cii l>tii. 
Éd. 



« mi»uks|'um)a><:e. ' \\m 



XL VI 



Ornatissdmo mio Signore , 

K tri.i<|iiiil<lii' ((idriuirhi' il sit». prinrjpc Vlilnbr.iiuhnl. miupartirnlar»' luiiicn 
V piuirotir, mi hi >rr'ritilinciitf miiHfi^ii.iti i tluo toini ilrU'opcra Millr rirm-hf dv\ 
Misteri (Ici iiOffiiticHinio a iiotiu* di V. S., t- ilri (piiili vdi mi avcviUc pA pn*\v- 
iiiiU) C4>ii mm KriuliUH.simii vimlra in diiU lii (iim'vni ilel 1 Ki'htiruiu IHIH, ilolla 
i|iiiilc S4-ntu cou somiiKi mio )rrii«lim«*nt<> rh(> (l(>bi>u ui vostri favori non solo Lt 
ciirad'avfrmflapriiriiruU, ma aiutu' il liono di rss;», di rhr \i rrntio millr 
urazif, e se nrproU*stn lit inia rii-onoso-nza. lo non l'iu» pi'rajichol«'tta,madal- 
rindici' «U iiualr lio dato lurtx'chiatk rili'vo clu' dchlia csscro prr me di »ommo 
interussc. v parmi che nii confrrmi nclla mia (){)inioni> che i dischi Hn rpd dctti 
l'atiT»' Ktrusche sit-no Hpcrchi mistici dc^li antichi. 

Midto ho fiih scritto, nui non ostantc prima di arcintrcnni a prodnrr»' in 
btampa il mio srritto. io |o andrro K«-in|)r(> nuTotlando di ma^rinori ronfi-rnu- 
drlla mia jtroposta opùiiono, multe delIc quali trarrô anche dal M lil>roche nii 
avctc favorito. 

Ora che mi aveto provenuto che il nostro comuno amico sig. Srhiojrol lro\-asi 
tiittora a l'ariin, tonU-rô nuovamonto ron una mia lottiTa di avor da lui !«• pro- 
pric imovc con i snoi ciu-attcri. di'' qiiali manco da tinto tempo. 

Qnando vi si prosciiti ocnisionp di scoprirr vhv in (|iialrhi> limiro a mr iirnntfi 
si consonino dollc l'attTo KtriLsrho, non tlinu-nticaU', io ri pn-go, di pronirar- 
monc la notizia o il dùpfrno, fàacchè mi fn^^va aver sott'occhio tiittc quoll«> rho 
io potro puhMicart'. So fossi mafruiormontr liboro di qncl che sono da varir in- 
romln'nzf fd impirci che mi occnpano asMii, avrei jrià incominciaU l'impres- 
sionc «li (pu'sta mia opéra, ma spero che non iuiden\ molto in luniro. 

Sono sUito molto contento di vedere i vostri car.itt4'ri, e sentire 4e vostre 
nuove e quelle délia rispettdulo vostra si^niora consorte, alla quaJe paswrete i 
miei ossequi. Amati'mi sempre e credetemi colla ripetizitine dei miei più cor- 
diali rin^nk/iamenli per i favori vostri da me ricevuti, quale mi dichiiiro cou 
tutU) il rispetto e vera iimicizia 

Vostro scrvo oM).""' ed aniun ;iii.— 

Fnuicesco iNUiitnAMi. 
Di Fiesolr, VJ Aprile ISIS. 



I WIN « OHHKSI'OM»A>(.F. 



.\I,\ 11 



Home, lOjanvitT 1H1H. 
Mon8l«'ur, 

C'est uvcc iMic NY-rit^hiu couUitiou i\\x\: y- dis mua culpa, mea tnarittui cuIjhi 
pour ftvoirdiffôrcj si loiifrtfinps h n''i)OiiclrL' ù l'oliliLM-aiito littrequc vous m'avez 
t'.iit riiouneur de iii'écrire, et <iui me fut remise pjir le ^('•uéral Mucauly, il y a 
plus d'un mois. Je vous ai une vi'-riUihle obligation, Monsieur, de m'avoir fait 
connaître ce savant militaire qui sait le persan beaucoup mieux que moi, et qui 
lie plus, connaît le sanscrit, où je n'entends goutte. C'est bien ncjtre ami Schle- 
gel, et non pas moi, pauvre ignonuit, qui méritidt de connaître M. Macauly. Cc- 
l)endant,je me jjroposais de profiter de .'^on séjour ici, pour puiser diuis sa con- 
versation iiiilie notions intéressantes, mais midlieureusement il a jugé ;\ propos 
d'.dler il Najjles, et ce ne sera qu'i\ son retour cpie je pourr:ù jouir de ce plai- 
sir, si toutefois il veut nous accorder quelques jours de sou temps qui, ù ci- 
qu'il m'a dit, est fort circonscrit 

Depuis longtemps je n'ai pas eu de nouvelles de M. Scldegel. Dans sa der- 
nière lettre, il m'avait mandé qu'il i)rép;irait une dissertation latine (?) sur la 
langue! sanscritane, ;\ quoi je lui répondis qu'à mon avis il fierait mieii.x d'é- 
crire sa dLssertati(jn en latin. Je ne .sais si ce conseil ne lui aura peut-être 
déplu. 

La découverte des fragments d'riphihuj est sûrement d'un grand intérêt 
pour les amateurs de la littérature hyperboréenne. L'abbé Mai lui-même va 
les i)ui)lier, !\ ce qu'(Ui dit, et j'admire son courage dV-ntreprendre l'étude 
d'une langue, assez facile h la vérité pour ceux (j[ui connaissent les di;dectes 
teutouiques anciens et modernes, mais très-difticile pour un Italien. Je vou- 
drais qu'il se contentât de nous donner le texte seul, mais ce brave homme 
n'est jamais content s'il ne nous régîUe de versions, notes, comracntiiires, cnJiu 
de gros volumes assez chers. C'est 1;\ notre manie dans ce pays, et j'iii pri.s la 
liberté d'en dire un mot dans tui chilfon dont j'eus, je crois, Hionneur de v(.u> 
faire hommage l'an passé, lorsque vous étiez à Rome. 

Ici la httérature repose. Le bibliothécivire du Vaticjui, Mgr Baldi, a puitlié. 
il y a quelque temps, tui volume 10-4°, pour prouver qu'une parole hé- 
braïque (^ 2) "'^"''^ P'^i^) ^^ qu'on a cru jusqu'à présent, une simple p;uti- 
«ule, m;ùs un subsUuitif qui sigiufie croLr, moyennant (pioi il découvTe des pm- 
jiliéties merveilleuses qui ont échappé juscprà présent à la s;»gaeité de tous le.» 
interprètes de la l{il)le J'avilis préiUt à ce pau\ro homme, qui est peu verse 
dans riielinu, que .Miii (luvrau'e serait maltraité p.ir les critiques, ce qui est ar 



COHHF.SIMi.NDAM.F. t.XW 

Tiv6. M;illiiiiriUR<'ni('iit, MfH" Ki'U' <"•< iri'-s-wiisilil.- A la rriti<iu(', «-t nllc qu'on 
vient •!<• fiiin- «li- son livn- lui u cauhé imtouittl'a|M»iih'xir tloiit il f.xl cfix-mUiut 
rcveiiti. N«»s aiitiriiiiiirt*» ne font rien ou ik?u de clume. La fouille de la duclii>89e 
de Drvon.shin'contirmo encore, trriïci' aux 6l>ouIemenLs qui ont eu lieu à b 
guit*' (les pluies, et qui nous ont oMijîés à recommencer par troiij fois nos tra- 
vaux Si vouM nous fiiites l'honneur de venir nous voir, Monsieur, voiui aurez Ir 
plaisir de voua proimner Hur une partie de l'antien forum, d«!'i-<ju\erte par 
votre serviteur. 

Veuillez me niittn- .iii\ piedn de l'aimable M"" F'uvre, et ajrreez en même 
U>mp« l'expres.sion de la luiuU! cousidérati<iUuvec laquelle j'ui riionneur d'élre, 
Monsieur, 

Votre tr<''.-i-liumli|c et tr<"'S-«»l»éiss4mt s<'mt4Mir. 

\K^ uni. vi> 



.\L\III 



l'uni. Ir /.■) funt-ier IHU> 
Monsietir, 

J'ail'honneur du vous foire hummafie d'un exemplaire de la nouvelle itb- 
tion de ma tra!,'édie des TttuplU'rs. jiinsi que du volume qui contient celle des 
A'/«ts tic Ithi-H, et la notice historique sur le iluc de Guis»-. 

Je voudrais trouver tle-i occa-sions phis importintes de vous tt-moi^er ma 
rcconnaissjuice p«)iir l'oliliKCiUice avec l;i<iU(-lle vous m'avez fourni des m.U«'- 
riaux précieux, qui me sont devenus trùs-utiles iKiur l'ouvTafîe que j'achève en 
ce moment sur la Lui^te romane primitice , ouvra^re qui prt'sentera lu pnun- 
maire de ci^tui lanpue du X" au Xl\'" siècle, et qui inditiuera son influence sur 
les lauK'ics frani,;usc, csiLiirunli*, portu^r.iix' «i it.ilitnne, lesquelles n'en ont 
i'ti' que la contintiatiiMi, axT (l>.> iiiiMliti(Miic>n> iliti< nutes. 

La NMa Ixyi^on éuuit d'une date aussi ;uicienne «pie le plus ancien trou- 
badour c<mnu, donnera lieu à des rapprochements qui c)frriront de l'intiTèt ; 
la copie très-soipnée qu»* je tiens de vous, a l'avantage d'avoir dU' faite sur un 
miuiMscrit autre que celui qui a fourni les fra^ieutJi imprimés par M. Léjrer, 
dans son histoire des Vaudnis. 

l'iusieurs motifs me font désirer vivement d'obt4'uir la copie des autres 
yocHUit. ludépeniLunment de l'utilité générale que j'en retirerais, soit |H)ur U 
syntaxe, soit pour le dictionnaire, il me serait surt4Uit important de ju;ter des 
formes des différentes poésies des Vaudi'is, et d'eu Compiirer h-s règles avec 
celles (pli furent adoptées par les troulnulours, et ensuite \\ai les p<H'U'8 frsii- 
\,'iùs et ceux des luitres nations de rKurop«> latine. 



<:\XVI (.(UtltP.Sl'ONnANCK. 

.Il- rcviiiis (lune \ Li i)ro|>ositiitii rjtic je vous avais wnimis*', «'t qui. par l'rflî't 
•!«' vos siiiiiH oMi^iMiits, fst rrst/'c siiiis n'poiiHr. 

l'ulmpi'il n'i-Ht jKLs jtcnnin de iiif confier If tiianuscrit, ne wniit-ii pas \hh- 
siltlc ilr trouver, inoyemiunt une jiLsU' rélrildition, un copJKti- capiilile d'en 
faire une copie oxa<'t<'V Si vouH vouliez bien la collationner, ce soin de votre 
pjirt me rassurerait, et je n'hésiterais pas de me servir de cette copie avec 
cctnfiiuice, et de la citer eoiiiiiie autorité. 

Je ne regretterai point le niont^int de lu dépens*', et, au premier avis, je la 
ferai acquittera (îenève. 

Vous pardonnerez. Monsieur, mon importuuité, puisque vous en appréciez 
lo motif. 

Quel (jue soit le succès de ma demande, je conserverai toujours un nf sen- 
timent d'i'stimi! et de reconniiissiince pour vos bons ofliccs. 

Veuillez en agréer rassurancc sincère, 

Raynuuaku. 



XLI\ 



Passy-lfS-Paris, le 40 mart 181 G. 

Monsieur, 

.le m'empresse de vous accuser la réception de votre lettre du 1" niar>« 
contt'nant im frajiment considérable du poi-me de la Jfarca :jt' vous prie d'a- 
gréer mes remerciements. 

La manière oblifreante dont vous voulez bien me prociu-er une copie .SfMpni'C 
de tVafrmeuts ((uisidérahles des ])oésies vaiuloises, et suiipléer. i)arvos propn-s 
soins, à riinpossihilité de trouver un copiste, me dédoiiunaire ;ipréablement; 
j'accepte avec reconnaissjuice vos offres, et connne le Ihsprcczi de la Mort n'a 
que 115 vers, si vous avez la complaisance de le copier en entier, vous aurez 
fait pour mon ou\Tage plus que je n'aurais osé prétendre. 

Quant aux autres poèmes, en prenant les premiers et les derniers vers de 
chacun, je vous prie de clioisir ensuite ceux (pli vous paraîtront otTrir un sens 
plus coiiiiilet, otVrir des idées jjIus nettes ou plus remarquables, et qui mérite- 
ront d'être cites dans mou ouvrage. 

Permettez-moi les questions suivantes : 

1" Vous m'avez dit, dans votre notice intéressante stir les manuscrits vaudois 
de la r.ildiothèqiie de (ienève, que le manuscrit n" 2(»7 étiiit, au jugement tle 
M. Seneliier, du Xll' siècle. 

Qiu'lle est votre propre opinion? 

2" Kn faisiUlt tisage de ces poésies des Vaudois, serait-ce tme indiscrétion 



COHnRSIMKNDANCR. CXXVH 

qixo. d'annonrcr 4110 !«• m;inuH(rif ap|)iirti«-Mt à la [{iblioth^qno do Gi-ncve, et 
cummiMit j'fii ai «-u (-otniimnicutiou? 

8* Si, ilam lu giiitc, de nouvelles circiiostanccs rendaient nécessaire de roir 
le inaniiscrit orijnnal, croypz-voiis que la direction do la l{ibliuth('>qu«* on votre 
gouvt'rnrint'nt accordât, sur Li di-niiuido du ^rouvcmonu'nt françai><, do l'eu- 
voy«*r i)our très-pou de tnnpa ù l'arih? rt à qui fauiinùt-il s'adrc-S-M-r V 

I)»'puis quf j'ai coiiip.'u*^! !(• pooinc do la Nohla Jjcyçon, imprimé par Mor- 
Uind avec lu copie que jo tiens de vous, je puis me convaincre que ci< im- 
primé fourmille do fautes ou que le manuscrit a ét^* mal copié, de sorte que le 
présent que vous m'avez fuit devient encore plus précieux et plus utile que si 
l'ouvrage n'avait jamius été publié. 

Il y a mènu' dans riinprimé des mots laissai en blanc, soit que le copiste 
n'ait pu ou su lire les pxHs;k^os, soit que le manuscrit soit effacé. 

Sous tous les rapports, il me parait que le manuscrit 207 do Genève est le 
plus ancien et le plus exact ; et pour citer un des motifs de mon opinion, je 
vous dirai que souvent l'imprimé anglais, au lieu de (•iM,acfC, que porto votre 
manuscrit, met au, le même «jue ah, (lui, piu" le chanfçoment très-ordinaire du 
h en r a ))ro(liiit Vnvcc français. 

CemotflMost répété trop souvent pour croire que ce soit ime erreur du 
copiste, et alors on peut croire que le manuscrit de (.':unbridge a été fiut dans 
un temjts ofi l'on dis^iit panui les Vaudois Vab des troubadours, et ensuite au 
au lieu de l'ancien mot mm. 

Jo UTmine ma lettre en vous offrant do cœur et d'esprit l'hommage df ma 
reoonnaissiuico et de mon dévouonjent. 

Uaynouard. 



Pauif-Ua-Parù, /« iU avril 1816. 

Monsieur, 

J'ai reçu successivement vos deux lettres dti 23 et du 28 mars, contenant le 
Iksjtreczi del Mort et les fragments du Novtl Sermon, Je vous aurais plus tAt 
ailressé mes justes remerciements, si jo n'avais cru devoir attendre les rv- 
ponses qui d»'vjùent me p;vrvenir do Ciunbridgo, où j'avaiu écrit pour constater 
l'existence îles niaunscrits vaudois déposés par Siimuel MorLuul. 

I )'après la vériticatiou qui vient d'être faite d;uu> la ]{n>liot)ièqne do H' ni - 
versité, ces manuscrits ne s'y trouvent i)lus, il parait même qu'ils manquent 
depuis plusieurs années. 

Cotte circonstance, qui rond plus précieux le manuscrit de la Hibliothinjuc 
de Oonévo, et tojit ce que vous m'en avez communiqué, augmente encore ma 



cxwiii (:(>i(itK<ii'oM)AN<:e. 

rccoMiiuiHsuiicc pour IcHsoiiiii iloiit ji- vuiis kiiik roduvalik-, et donncru fiicurc 
plusjlcjirix aux fraf,im'iit.s4iic vouH m'avez fuit ('«jj^tct du l'.MUK ktkusal 
<tdc l'AVANtiKi.i UK u 1 SKMK.Ncz, quj coiiipU-UToiit la cullcrtion dt-s i>oé- 
sifs vauilois«'s, et incttront un jnsti- tcnm.' à mes dtt>irn et à mes impcirtuuités. 

J'ai été iiitiuimciit Hatisfait dew dilFéreul^'S et judici<;u»4-.s nliHervatiuUh que 
nintieiit voire letti<- du l2ïl imirs. Je leK mettrai à profit. 

LeB frii^meut» du 1" muuu.scrit et du iiiiuut.scrit 2<KJ appurtieuneut ù Li 
même liui^ue; le8 légères différences qu'ils offrent s'expliquent par la diffé- 
rence de la proïKiueiation. 

Quaiiti\cemamis(rit2(H>, désigné comme ratalan, poiirriez-vous me don- 
ner (lucliines détails sin- son état, son iige, et sur la manière dont il est parvenu 
à la Uililiiitlièque de Genève. 

Veuillez agréer rhommn{,'e de ma vive reconmussance et de ma cousidéra- 
ii((n la l>Iu^^ distinguée 

Kaynouard. 



M 



Monsieur, 

J'ai re(;u dans le temps votre envoi, dont je vous aurais remercié plus tut, si 
je n'avais espéré d'iui jour à l'autre pouvoir vous îulresser l'un des premiers 
exeniphiiros des Eléments de la langue romane avant l'an ItXM), morceau dét;»- 
clié du gnuul ouvrage dont rinipre.><sion continue. 

J'éprouve un grand plaisir à vous Tenvoyer en ce moment: je vous prie 
d'agréer cet lioniiMiige, ipie je vous dois !\ Uuit de titres, et qui ne sera piLs le 
dernier. Je \oiis renouvelle avec phiisir l'assurance de mes sentiments de n-- 
roiniai.s.sance et (rattaclicnii'nl. 

Raynuuabd 

l'asstj-lcs-l'uris, Iv 31 uuill ISHi. 



I.ll 



Je ne veux i>as ipiitter Paris, Monsieur et du-r iutii, sans vous pju-ler enct>re 
(le mon atUuhement, et sans me reccmunander à votre bon souvenir: surtout je 
ne \cn.\ pas laisser pjisser ce funeste événement de Miss(douglu,sans vous tlir»^ 
tout ce iine j'ai pn recueillir sur ci- dés;u>tre. .le diuai hier avec sir Kred. AdiUu 



«.ohkesponhance. rx\ix 

«•t je lui ontf'ndis rarontrr avec tli'-tail !<• r<»iitcnii des di-iH-rhcs nonilirctw-» 
qu'il il rc'^uoH et qui ne luissont pas lu [M»ssihilit«'! d'uu duuto. I^a llottf ^rcquo 
ôtuit ou etrct urrivéc dès le 12 eu vue de Missulou^^hi, main avec Ues vaisseaux 
trop faibles pour attaquer de vive force : les bndots qu'elle avait lancés avaient 
sauté sous faire de donim;it.M'. Klle ne pouvait donc ravitailler la place qu'avec 
des bateaux assez légers (iiiistics) pour traverser les lajîuiu's: ces canots lui 
manquaient et elle les att«-ndait de jour en juur ; les malheurt-ux liabitants qui 
l'avaient en vue utti^-udaieut d'heure en heure nialf^é les privations: ils avaient 
dévoré les chats, 1rs rats, toutes les noiirritures les plus immondes ; il y avait 
quatre jours entin qu'il ne leur restait absolument plus rien, lonupi'ils se sont 
détcrniinés, le 22 au soir, à sortir en quatre roq)s,i>our alh>r n-joindrr Karais- 
kaki; une décharge d'artillerie qu'ils ont pri^t- pour un si^'niU était jK-ut-étn- 
une trahison. Le premier corps mitraillé par les Turcs a étt* presque al»solu- 
ment détruit; le second et le troisième se sont défendus tLins des moulins et 
ont tini par se faire sauU'r ; on dit que le quatrième est prisonnier : il reste donc 
environ trois ou quatre milh; îimes, car eha<iue cor])s comprenait des femmes 
et des enfants (jui ne sont pxs encore massacrés. — J'ai été int^-rrompu par le 
comte Capo d'Istria et je n'ai plus que peu de moments pour finir ma lettre 
avant le courrier. Ci; qui m'importe c'est de vous faire sentir que (pjir sa lépè- 
rct^', entre nous) C. n'a point répondu à notre confiance. Si un homme actif, 
intelligent et disposant de notre argent, avait été à Ziuite, s'il avait, jour après 
jour, siusi tout«^'S les occasions pour faire p;ulir des mistics avec des ri>Tes, 
Mis-solon^hi (pti n'a cédé ({u'à la famine tiendniit encore. Nous avons de Pur- 
gent, on en u daviuitage à Taris ; il faut trouver un o^eut qu'on envoie à Zaute. 
M. Capo d'Istria le sent comme moi , le comité de Paris me parait dispos*!' à le 
sentir. .\gis.sons dans ce sens et que Dieu seconde nos efforts. Exprimez à 
M"* Fa\Te, au nom de tous deux, et recevez votis-mème l'exjiression de notre 
tendre att;u'hement Ilappelez-nous à tous nos iunis, et inmlonnez la m;inière 
précipitée dont je finis cette lettre. Je serai vendredi à Londres, et U»ut ce que 
je plus exercer d'iuHueuce pjir tle l'activité et du zèle, sera tout consacré aux 
Grecs. 

J.-C.-L. de SisMoNUi 

l.iinih, lit inm ISi7 



MÉLANGKS 



iviiisToiHK Lrrn':n\iuK 



\VFi:iissi:\ii:\i 



Tous rciiv i|iii sr Mtiit tMrii|)rs tic la |Mil)li(-a(ioii d'ouvrages 
iiii'ilils s:i\riit <|iir||rs ilillinilh's |ircsciit<' ('«■ travail. 

iNoiis iir lions «■iriiilioiiv pas sur ers (lilliciillcs : nous dirons 
siiiiplrinriit d«* (|iirllr niaiiirn* lions avons priMMMlr liuns rcxamcn 
«'I W choix des |ia|ticis (|iii nous oui r\r remis. 

Nous avons d alionl laisse de côlc les articles insères par Kavre 
ilans le Maiiusin Knrm'loitédiijUf et la llMuilhèque VnivertelU de Ge- 
nève. \.\\ liste i|ue nous en donnons siilIU. à ce t|iie nous croyons, 
pour iiiontrer (pie ces articles ont ete reproduits ave»- pins de 
déve|o|ipeiiienls dans les (lissertntioiis «pie nous publions aii- 
jourd'lini, ou liien «pi'ils traitent d'ouvrages déjà anciens, et ilont 
l'intert-l n'est pins le nit'-iiie pour nous. 

Il eu a été de iiiéme pour plusieurs autres travaux, les uns 
parce «{u'ils datent de la jeunesse de Kavre et (pi'il île parait 
jamais avoir songi' à les publier; h's autres, parce qu'ils sont 
restés |)lus ou moins inachevés. 

Nous n'avons donc choisi ipie l(*s écrits ipi'il semble avoir lui- 
UM'iiie destiiK's à i'impressioii , é'crils «pii sont à p<'u prés tous 
complets I sauf la \if de Mnntis l^hilelfe , où l'on remanpn* une 
lacune (pii n'a jamais été comblée), et nous croyons en cela avoir 
tidèlemeut rempli et le désir du Siivaut genevois, et celui de s;i 
lainilie. 

(Jiiaiit à la loriiie même «le ces j-crits, elle s'expliipie si l'on se 
rappelle comment Favre travaillait. II aimait assez \h'u à rédiger 

I 



"Z VVEHTISSEMKM 

SCS ic( iirir||i-s : il |iri-|4i ail an < uiiliaii r |<s iiiillli|)li<-r de telle 
lacitM (|iic le l<'\lf l'Iîiil jiarlois uIisoiIm' parles noies. 

S'il rùl ('-II- liii-iiir-iiie son (iropre l'ilitenr, nons ne *lo(i(on.> pas 
i|ii il n'eul porte nue main exere«'*e duns celle réunion de ni;il«'*- 
liaiix, t'I (|n il n'eût laisse detiniti\eMi*-nt sntisister (pie een\ «pii 
tenaient intimement :ui snjel. 

Mais nous n'avons pas (in (pn- nous t'ussions uiituris<'? ù faire ce 
ipic l'avre n'avait pas l'ait, et nons avons reproduit ses inannserits 
tels (pi'il les avait redises. De là (piehpies disparates inevitaldes. 
l'Ins d'une lois des l'eehercrlies |»osl»''iieures sont venues c<»ntre- 
din,' le texte piiniitil'. C«; texte subsistait cependant. Devions-nous, 
de notre antoiitt'* privi'C, le inodilier on le e|ian;;er coin|ilete- 
ment ■.'(/('•lait alors une (Ciivre de reinaniemeid , <|ni non-seulo 
ment aiuait ete Tort délicate, mais (pii aurait de plus enlevé à 
notre |)nl)licalioii ee ipii l'ait nn de ses méi'il(*s, nous voulons 
parler de sa sincérité, (le n'est ici ni inie entreprise de liltraire, 
ni nn aiiteni' (|ni prétend à des distinctions au milieu de ses cou- 
lempoiains: c'<'st une lamille (pii a voulu {garder la uienioire d'un 
cher vener»'' en le Taisant connaître |tar ses travaux tels (pi'il les a 
eoïKMls et exécutes. 

Celle ( onrte cx|)licatiou donnée, nous es|)érons que le lecteur 
voudra bien ne pas ju^jer avec ti'op de sév«''rilé l'exubérance 
de certaines notes dans le Maniis l'iiilclfc |»ar exenipl»', tandis 
(prelles se trouvent rednit<*s à une sage sobrié'té dans la Liltciu- 
Inir (les (inths. Vax i-ell»''chissant a«ix motifs (pii nous ont guidé', et 
à l'impossibilité on l'édit^'Ui' aurait été de satisfaire à la fois aux 
exigences d'une redactitni uniforme et an but de cette publica- 
tion, on verra (|ue nous n'avons fait i|ne ce (|ue nous pouvions 
taire. 

Nons n'insisterons pas daillenis sni- l'elat des manuscrits (pu 
lions ont ete remis. Ces détails matériels n'intcressciaient per- 
sonne, l'I |)eii importe le temps et les suius qu'a nécessités le clas- 
sement de cette multitude de papiers. Nous ne sonliail(Mis (prum- 
seule chose : c'est (pie le lecteur ne s'aperçoive pas tl(»p souvent 
(pu^ ce n'est pas l'aiilriir lni-m<Mie ipii a préside à l'impression 
de ces i\m\ volumes. 

Il est nn (h'iail cependant à propos dmpiel nous tenons à récla- 
mer sa bienveillance. Nous voulons parler des citations. Ncnis 
axons apporte à leur correction un soin scrupuleux : tonlefois il 
nous aurait ete impossibl<>, on le comprend, de les vérilier dans 
leur ensemble, à moins d'y consacrer nn lein|ts dont mnis ne pon- 



\VEHTISSKME>T. -^ 

vions ilis|iovi . ^<Ml^ iimis en sniiiiiics ditiu n-iilis roiiiplrtcinriit 
;i iinirc :iiil«iir, et les vci ilir;ilioiis |i:ii li«-llrs (|iu' nous ;ivons v\v 
;i|»|M'l(' ;'i i;\'tn\ nous uni |ii-oii\<- (in'cn ^fiHTiil rrs <-il;iti)»iis noiiI 
lorl cxacU'S l'I qiK' l'on jM'iit s'y li<T. I*nit-«*'tn' no l«*s tronvrra- 
t-on pas toujours assez |»r«Wisps : ( «la tient h ce (pu- «le tons ees 
Iravanx aiieuii n'a <'te, ponr ainsi «liie, eompieienient achevé, et 
«nie Kavrc s'«'*tait toujours réservt- d'y revenir et «le rtnnbler les 
petites larnni's «pi'il y laissait. 

lavre, avons-nous dit, a snrt<nit écrit dans lu liiUtothèiiue Um- 
venelle de Cencve. Les rédacteurs de cet important n'cueil étaient 
ses amis, et il leur adress:iit vol«>ntiers «les arti«l«s ass«'/. et«'n«lus 
aussi ln«'n «pie «h* ««nirtJ's noti«<*s d'<nivraj;«'s«pi'il estimait propn-s 
à int«'i"ess«'r l«'s lect«'iu"s serii-nx. {'.vs articN's s«>id «'U ^M-nt-ral si- 
f;U(*s d'un V. Plusietus <-i'pen«lanl ne p«)rl«'nt an<-nn«> si^'natun* 
Voici la liste di* ceux (pi«> nous rcf^ardons comme étant d«' lui, 
«pi'ils s«M«>nt si^^'iies ou non. Il est lorl pi'«dial)le <pi«- nous vu 
av«uis omis «pu'lipn's-uns, mais «lans rahs«-nc«> d«' lout<' pn-uve 
mat<'rielle, n«)us avtnis préfère être incomplet plutôt «|ue d<* c«iiu'ir 
l«* l'istpie d'atlriliuer à ravr«- < «■ «pii n«- lui apparti«>n«lrait pas. 



ISOS 

Lhirilk. A M. MlLLIN. 'l.Ulï' 1< MniJH-^iii Kilci/tlujiLili'i'i' iV..\./ V..O. 

IKMîe .\xn). 



ISKi 



Siiri LK.s cuKVAtx i)K uiioNZK DK \f:s\^r. [ UthUotlk-qnc UiiiccrseUt, Juii- 
l«'t lBin(12p:»t,'«'s). 

Cet iirliclc, apn'-s uno coiu"tc iutro(lticu<»n sur les <|uatn> rhevanx «li 
lironzc (le V«'iiist% r<tnti«'iit rmuilyse do ilcux li'tlres sur ce siget: laprc- 
iiiii'Tt*, (If (fiiillaumc Sclilepcl, aux «'"iliteurs «le la Ifihliothèqtie Italitniu 
( Florence, Mai I^Hî), et la stH-onilo, de Mustoxidi ( PimIouo. l^Uî). Co sont 
deux rcpoUîM's à l'ouvrage du roniU- ("iooKuara: l)ti quatfro Curalli rij>ns(i 
sut l'ioiinn (kUti Jttistlifa dt S. Marco { Venise IHl .'>, -t" ). Voyez (iirrtitjnni - 
ilditcc lie Schhycl, p. xcn. 

DKS MANCSCIUTS 1" \l.IMI'>K-<r> < KT 1>K (VCKI.(^UKS DKCdl'VKKTES TK- 

«•KNTKS { Ihbliotliiqiu- l'nivasi'lU, Novembre et Ihvenibri' 1810). 

Après une courU» introdurtiou sur l'usjifiiMle pnittrr !«• iwirrhemin d< ^ 



AN KHI l>sh.MrM 

iniiniiscrits des anni-us uiitfiirR pour sVii »4'nir ch- luiuvcaiL Funtc pane 
cl» rcviif 1rs n'-rcntcH piiMic-itioiis di- l'.ildM' A. Mai. 

1' l^en fratjvieutH des iliscourH de Ckirnn{\>n> Scaiiro, pr(» TuUju, pr« 
Kliuco ), puliliY'H à Milan en IHll (8*, xiv ««t 3r> pîiges); 

2" AutrcH frnijmnttH fhti discoitrx de ('iréroit (Milan, 1814, 8», xxxv 
<'t Ml pa^os); 

8° Œitrrexdc ('(nnéUna FronU/u (Milan, l>>lô, 2 v<d. in-8°); 

1" Fragments de J'iaiite rt d'un rnininetitaiiT sur Tcrence ( MUaii, in-8*, 
<i7 pauc-^ ) ; 

'i" Discours d'Ixie (Jk Jliralttatc Ckoni/mi, Milan, 1815, 07 pages); 

V,- Discours de Tliémistc ( Milan, 18 IG, in-8", 79 pages). 

Ces «leux articles (10 papes), ronfemient une analyse fort claire et fort 
bien faite «les découvertes «l'AiifrcIo M;ii, et une rapiilc appréciation de leui 
iinp'H't.inci' liisf(iii(|ii<' cf littérairi- 



1SI7 



Lk Jurnicu olymi'IKN, par Quatrenière de (^uincy; Paris, 1815, in-foli(« 
(BiblioUwque Universelle, \\ri\ 1S17, l'J pages). 

Analyse de l'ouvrage de Quatrenière. f]lle n'e.st pas signée, mais nous 
la croyons de Favre. 

()uvu.\GE.s PUBLiKs lAU M. l'auijk AN(iKL<) Mai (HibliothcqM Unirersclk, 
Septembre 1817, 20 pages). 

(."'est une lettre aux rédacteurs d(> la Tiihliothi-qitc Unirersrlle, datée de 
Genève, 1" Août 1817, qui contient l'analyse détaillée des publications 
d'A. Mai, relatives à l'Iiilon, à la chronique d'Eusèbe et à ses versions ai- 
niéiiiennes, à l'orpliyre et au XIV'' livre des (hacidn Siht/llina. 

AVI.S CONCKKNANT UNK NUUVKI.LK DKCOUVEUTK d'UlPHILAS DANS LA 

Hiiii.ioTiikvUK AMHiioisiKNNK A Mii.AN ( 7îiV»/»V»//jè</M« f/m'rersc/fc, Sep- 
tembre 1H17, .") pafxcs). 

Note datée de Milan, l.'i Si'iitrinlirr l'^lT. 

1818 

J)KN\s d'IIalicahnassk (BibUotliiquc t/MÙrr»cWf, Janvier 1818, 10 pages). 

Analyse d'une publicatiiin de l'abbé A. Mai, qui cnnlient plusieurs frag- 
ments inédits de cet bisturien (Milan, ISlf», in-l"). 

liiNKii \ii:k i>'Ai.i:\am)UK i.i; i\\\.\su (llibli(tUù-qn€ i'HurrscWf, Mars 1818, 

Analyse tle la publication d'.V Mai, Ilim ranum AU.mndri ,}ilvdiii\Mii, 
1SI7, iu-b". 



avkutissemfnt o 

ViK d'Alexandhk I.K (iitxsh ( Bihliothiqur UmtfmeUf, Mursn A\Til 1818, 
10 pîijços). 

Analyse do lu publicatiou «l'A Mai, Julu Valerii Res gaUr Akxandri; 
Mediolani, 1817, in-8". 

CunoNK^UK d'Elskde, cilitiun do Milan (Bihliothcnut UmtendU. No- 
vembre 1818, 3 pages). 
Note (non siffn^'o) fini annonce cette t'dition d'A Mai et de Znhràli. 



1819 



OnSKUVATIONS SUH LA LANGUIC ET LA LITTKHATURE PKOVENVALES, p.lT 

A. W. de ScldeKel; Paris, \^\S, in-%' (Bihliothititie Unicfraene, Juin 1819, 
27 pages). 

Article non signé. C'est une analyse intéresB;uite des Ohsirvatinrts d< 
(f. Sehlegel et des travaux de llaynouard 

A.MIIuLutJlE AltAUK, OU CHOIX DK l'oESlES AU \iic- iNM'i l r -. \>.\\ .J . iliim 
li.'rt ; r.iris, IHl'J, in-H" {BiblioOùquc UnirerseUe, A«ùt lHl"J, 7 p;u;«'S) 
Analyse de l'ouvrage de J. Huinbcrt 



1.S21 



AiiciiEuLouiK. — Description den monuiHenta étrwKjiic^ , etc., p;^ lugturanii 
{ Biblinthcqt4e Univeneîk, Fvvrior 1821, 8 pages) 
Annonce ilét;UIIée. 

Littérature oothiqi'e. — UlphiUt partium ttKditarum im AmhnMont.o 
l>(tliiiii>sc.i>tùi ah A. Mail) iqKrtaruiH specimeit; Me»iiolimi, 1819, in-1" {B>- 
hhothcquc Unii\rsclk',yU\i 1821, 29 pages). 

Première esquisse du travail sur la littérature sacrée des Uoths. 

LirTEiiATiUK ANCIENNK — NomrUf.s tUaunrrtc.s {Bihltothèque UmwenelU, 
Août 1821, 10 pages) 

.Viuiyse d'iuie pultlicutiuu de Nicbulu: Af. TuUn Cùxroma orahonMHt 
ino M. Fnnleio etpro C. Rahirin frngnwntn: Roma* 1820, in-8*. 



IH'24 



Notice sur les transports de vuelv^es EDiFiCEf» exécutés ai 
XV SIÈCLE (Bibliothèque Umiyrselie, Seiencen et Arts, 1821, tomo xw 
p;ige 158) 



\vF.HTissF.>ii:>T. 



1«27 



Inscriptions f'Unk^uks kt I'Hkmciknnks 

1" Notice aur quatre cijipos sépulcraux et deux fraffnicûts découvcrU» en 
1H17 sur le sol de l'imciennc Cm-thaKe, par le major J.-E. Iliunbcrt; La 
Haye, 1821, in-folio, atlas 

'1' llenrici Arentii Ainaker diatribe philolo^ico-eriticu lUiquot moun- 
nientonmi piiiiicftniin nuper in Africa repertorum interpretationein exlii- 
bcns, Lii(,'diiiii Hatav. 1822, in-l". 

3" Caspari Jarnlii ('. Itcuvcns pcrinilnm aiiinuulversioniun urcha^do^i- 
caruni ad eippos piinicos lImnbcrLi:uioH, Liigduni llatavorum, 1H22, in- 1". 

l" De inscriptione phoiiiico-griecu iu Cyreiuuca uuper détecta ad Car- 
])ocrationonun haresiin jjcrtinentc cuinineiiUUio, scripsit GuiL GeseaiiLs: 
Ilala-, 1825, iw-i" ( Bibltotlmiuc UniccratUe, Ami 1827, 35 pa^es). 

C'est p;u' l'hébreu (pi'il faut an'iver ù l'explication des inscriptions cartha- 
ginoises. Résumé des discussions qui se sont élevées àce sujet Dillicultés de 
cette interprétation. Analyse des quatre disseitations dont le titre est trans- 
crit en tête de l'article. 

1S2Î) 

Sun LA KOUTK u'AnNIHAL 1)K C'AUrnACiKNK AUX ALI'ES (BtbUvOU^jil' 

Universelle, Novembre 182U, (i papes). 
Note pour confirmer l'opinion do De Lue, qui f.iit passer les Alpes à An- 

iiibal au i)cfif Saiiit-lîeniard. 

1834 

Catalogue de la JJiuLioTHKyuK publique de (iENÉVE, rédigé par Loius 
Vauehcr ; Genève, 1S3-1. 

Notice détaillée do cM excellent travail ( Hihliottùqiêe Umimn-Hr, Sep- 
tembre 18-54). 



Lis deu.x \olumes (pie nous pubbons contenant les autres tiMvau.\ tli 
l''avre, il iimis a paru inutile d'en reproduire ici le titre et la date. 



\ 1 1 



DK 



JEAN-^IAUIIS IMIILELFE 



1810 



Nriijs avons peu do choses h ajouter ;"i ce <|ue nous avons dit «le c<'tte Vir 
lit- Miirnis l'Iiilclft d.iiis la Notice (voyez paj^c XXVI). Nous ra|i|w-lons ici r|u'rll«' 
ivail rlé rrdi^îrc VL'is |S|(». I)f|iuis lors Favro avait eu |du> d'une fois le 
|irojtl lie la relaire , et il avait réuni dans ce but d'iMi|>ortants inali'-riaux 
Mais Cl', projet ne fut jamais exécuté, et c'e'sl à ci-la «pu- l'on doit atlriliiiei 
la disproportion trop évidiMilt; tpii existe entre le texte et les noli*s, cl les 
( oniradictions iju'ils renfern»enl (juel(|uefois. Nous avons pris soin de clas- 
ser aussi l)ien fju'il nous a été possible la multitude des feuilles volantes sur 
lesipieljes il avait transcrit le résultat dr ses recherches postérieuns. 

l'avri' avait épalouieut préparé une copie d<.' VAmyits de Marins l'hilelfe 
La puldication de ce poëme aurait exigé un commentaire histori(|ue dont notre 
auteur avait eu le projet , mais cpi'il n'a pas exécuté. Nous nous sommes 
donc contenté de donner d'après ses notes une analyse et un certain nombre 
de cilatious de YAinyris, i|ui compléteront l'article que Senebier a consacré 
à ce poëme dans son Calaloi/ue des ^[(lnuscrils de lu Bibluilliiuiu>; de Grnét'e. 
Le premier possesseur de ce manuscrit, Ami Luilin, avait déjà entrepris de 
nombreuses recherches à son sujet, et il avait réuni ses observations, sa 
correspondance, ses extraits, et une copie assez fautive de YAmyrin dans un 
volume in-i", lequel arait disparu depuis Senebier, qui le tenait de De 
Saussure, petit-fils (par alliance) d'Ami Luilin. Ces papiers, qui .sont aujour- 
d'hui en notre pos.scssion, avaient été conununiipié> par nous au savant au- 
teur de la vie de .Itan-Ultinus l'hilrlfi-, et Favre les avait parcourus avec un 
intérêt d'autant plus vif (ju'il les avait longtemps cherchés sans pouvoir les 
retrouver. Si YAmyris doit ùtre un jour publiée en entier, la plupart des 
matériaux rasscnd)lés par Ami l.iilliii pourront aider l'éditeur des hauts fait< 
de Mahomel IL — Kd 



\ 1 1: 



OK 



JE AN- M A lui S iiiiLi:Lri<: 



L iiii|>iiImoii (|ii(' (ilKii'l(>iii:iL;ii(' avait lioiiiicc aux rUidr.s s c- 
tail lurl ralciilir au ilixit'iiic siôilc \ mais dans les âges snivaiils 
elle se ranima |iar la protection des papes, des em|M'n'urs et 
des rois. I^^s lettres, au onzième siècle', s'étendirent des njoi- 
nes aux lawpies; «piclrpirs éeoh's Inrcnt ouvertes; les Nor- 
mands, i|tii (li>|iiiis li'iir admission au (lirisliaiiismc avaient 

* Dans le dixièinv siècle régna un grand di>coura;;ement cause par l'idée de 
la fin du monde, par Ivs invasions de plusieurs nations barbares, notamment des 
Hongrois et des Sarrxsins, par celles des maladies, et enfin par les siiper«titions 
de IVpoiiue. Sur le tableau du dixième siècle, voye» Daronius, M uratori , Sigo- 
uius, Reijn. Ital. 

* Sur le grand mouvenuMit d'ttude qui se manifesta au onzième siècle, voyex 
Denina, Disc. I, p. \\)i et suiv. Parmi les causes principales figurent les que- 
relles des empereurs et des papi>8, ainsi que les croisades ; d'autre part la mé- 
decine fit rechercher les connaissances des Arabes, en même temps que la phi- 
losophie et les mathématii|ue8 «e développaient également. (Prunelle, Hitr.) I.es 
Juifs, si répandus alors, furent souvent un moyen de communication entre les 
Arabes et l'Kurope. Kenaudot rt/n«/ Fabric. Ilarles. Bibl. iirtrr. t. II!, p. 300- 
.'iOI.) Au douzième siècle, ce fut l'itude du droit civil qui fut une des grandes 
causes du développement de l'intelligence en F.uro|H'. F.n outre, on peut si 
gnaler comme ayant concouru à produire cet heureux n'-sultat en Italie durant 
le onxième et le douxième siècle, la puissance des papes qui accéléra la n«ur- 
rection des études renouvelées avec les premières étincelles de la liberté (lletti- 
nelli, Riiorijimeitt. t. I, p. 50), rèmaucipalion des premières villes d'Italie, le 
projet de réunir l'Rglise grecque à l'Kglise d Occident, la p'futation des hén.'- 
sies, etc. 



H) \ii; lu; 

Mioiiln' l.iiil lit- (lis|>osiliuiis |)ijur réliide ', i-ii |iorlcrciit le goùl 
en Anglctcip- ri dans le midi de l'Ilalic, et, (i'a|irès l'exemple 
dftFiiM' an sirclc |ii(''(t''(lrnl par le (t'Irltrc (icrherl , on mit à 
conlrihulion le savoir des Sarrasins d'Ks|iagnt'% (|ui eux-mêmes 
devaient aux Grées Imr inslrin lion |inniiti\e '. I^ eon(|uête de 
rKî^v|>t<' (>ar les .\ial)es, en privant l'Kurojte du pajjvrus, avait 
t'ir Inni' drs caiisrs de l'ii^norancc i\i\ niov«*n â^^c; on eessa •!«' 
copier les ouvrages de s(;ience et de lilh-ralure, et la elierté du 
pareliemin enj^aj^ea même à efl'acer les aneiens éerits pour v 
substituer des onvra}<(*s de théologie \ Mais, dans la suite, ces 
mêmes coinpiérants réparèrent le tort (juils avaient fait à l'es- 
prit humain en réunissant dans les hihiiothèfpies qu'ils formè- 
rent en Orient et en Kspagne les monuments des lettres et des 
seiences, et en sauvani, Iraduisanl, coiimienlant les ouvrages 
des Orientaux, des Grecs et des Latins'. Au dixième siècle, 
ils firent roiinnilre l'itivenlinn eliiiioise du j)apier de coton ". et 

' (Jauffred. Malaterr. lit). I, cap. 3, (IjukI Murator. Script, t. V, p. 'uit). — 
Jlisl. litt. de la Francr, t. VU, p. G7, 68, 82. 

•i IMuratori, Antifi. liai. t. III, p. 932, — Andres, t. I. cap. 10. 

» lUihle, De sliitlio grœcar. litter. int. Arab. in Comment. Suc. Gotting. 1791, 
p. 2I6-2.J3. — Buhie, lie Arist. Interp. Arab. in Arist. oper. t. I, 315-321, 
323. _ .Sj)rcngel, flisl. rei lieibar. t. I, p. 229, 230. — Œlsner, Effets Jeta 
reliijion lie Mohammed, p. 13d-lt0. 

♦ Murât. Antiii- liai. Diss. t. III, p. 833. — llobcrtson, Ilist. de Charles- 
(Jiiint, Introd. p. 210, traduction fran(;aisc. — I). Maichell, lutrotl. ad Ilist. 
litter. de prcecip. hihlioth. Parisiens, p. 18, 19. — .Montfaucon, P<t/(roi/. tirac. 
p. 319. — Viiloison, Vroleijom. ad Ilomer. lUail. p. ix, not. 2. — Les frag- 
ments de l'Epitre aux Romains de la version d'I'lpliilas, ms. du sixième siinsle, 
iiui avait (tv effacé et remplace par les Origines d'Isidore de St'vijle. Ms. de 
la Bibl. de Brunswick publié par Knittel en I7G2, et par Ihre en 1763. 

" Andres, DeU'oriijitie e progressi d'ogni letleiat. t. I, cap. 8 et 9. 

c l'abric. Bibl.anliii. p. 9.")8,édit. 1700, 4". — Casiri, Bibl. Arab. Ilisp. t. II, 
p. p. — Andres, Dell'origine , etc., t. I, p. 199 202. — .Montfaucon, Mem. de 
l'Acnd. des Insrript. t. VI, p. 605, 006. — l'etrus Mauricius, abltas Cluniaoensis, 
sirculo XII : • . . . Sed cujusniodi iibrum? Si taloni (luales (]uotidié in usu legendi 
habonius, uticpu- ex pellilms ariotum. .. aut certe e.x rasnris veterum pann»- 
rutn . . ■ • (l'.x bibl. f'iun. apud Mabillou, De re di]>lomali'a, p. 33.) — Dans une 
lettre du cardinal lîessarion à Alexis Lascaris on lit qu'il trouva à t'onstantino- 
ple un manuscrit en papiir de coton antérieur de trois siî'cles au concile de Flo- 
rnic de 1 139 



ji: \\->i vim s i>iiii Ki.FE. I I 

l'iiislrncUon se releva |hmj après en Kiin>|H' ' l).|»iiis le «loii- 
zième siècle, le (h'-sir (rapun'iidre fil faire «le grands ciïorts ; Ins 
<rraii<ls s'iiiléress<^'renl an\ iHikIin. les rois eii\-mêines v prirenl 
pari, l«'s a<a(lemies s ClaMireiit el prospérènnl inalj^'ré les dis- 
pnlcs pliilosojilmpies. A elia«pie exlrémilé <le l'Europe il y avait 
un foyer de connaissances dont les lumières devaient un jour 
se réunir pour coiilriltuer à la cullun' moderne ; ii l'occident, 
les Arabes de l'Kspaj^ne avaient coiiserv»' le dépôt des sci«'nccs; 
tous ceux «pii voulaient l'ain de grands proj^rès allaient étudier 
elle/ eux ', ri l'un trouve dans leurs ouvrages des citations 
tirées des auteurs de l'auliipiit»'"'; leur poésie fui peuln'Mre le 
modèle de celle des langues modernes. A rOrient, les (irecs 
|)()uvaient se gloritier d élre les seuls di'jiositain's de la littéra- 
ture classique et de la suldinu' pliiloso|iliie de IMalon. 

L'histoire des ouvrages d'Arislote occupe une place considé- 
ralde dans celle de la culture européenne*, mais ce nefutiprau 
i'onunencement du douzième siècle tpie (juel(jues-uus des livres 
de ce pliilosoplie liirenl (laduilsen lalm'. Le siècle suiNanl oilre 

• Murator. Anlùj. Ital. t. iri. IHm. XI. III, p. 871, H7i. 1,'invention du papier 
de linpi' dont on se sert niainttnnnt parait <tre du treizième siècle. Ou l'atlrihue 
aux Italiens, aux .Vllemaiids ou aux Arabes d'Kspagne Xoy. Meerman, Ih charl 
lin. iiriij. — Tiraboschi, Sinria delta Letlerat. itnl. t. V, p. 70-78, i^it. 177,Y 
— Andres, (trig. e prihjreis. t. I, p. 202-i2i. — Kocb, Tableau des révolulÙHU 
de l'i:uri>pe,t. Il, p. 18-iO. 

• Mosheim, Inst. Ilisl. eccUt. p. 307, uote M. 

^ Laur. Mehus, Vit. .Imbros. Tiaccrt. Cnmald. p. lô.). 
» Uof;er Itacon Oji. iiiiij. p. 10,36. 

• Cepi ndaiit Aristote fut expliqué et coninieiité de bonne heure eu Angleterre. 
Dès S,"!»!!, Jean Seoi Krigeiie explitpiait à Oxford lu Logique d'Aristote, ainsi qu'ln- 
gulfesous Kdouard le Confesseur, l'ii I lOO.Ies inoines C'OK/arK/cfijrjprofes^ient 
lu philosophie dAristofe à Cambridge. On peut citer plus tant, en 1 1 KJ, l<oh«rt 
Pullcyn ; en 1 101, .Simeon Uunelmensis, J. de Solitbory, (>do Muremuden.Ms ; en 
liOfl, Jean llauteville', en Iîi7, St. Kdmond. an-hevèque de CantorlHTy, ex 
pliquait le H/ht df Kli'tichis, et Hugo, le liber Pittteriorum. Knfin, en li'IO, 
Michel .Scot, ou le mathématicien, tradui>it une partie des ouvrages d'.Vristote de 
l'arabe ou de l'hébreu, et, en MM, Jean Itlond, qui avait étudié à Pari» et n Ox- 
ford, les expliquait dans cette ileriiière ville. 

" Bo«'ce, auteur de la Cimsolation de la phibisojthie, avait entrepris de tra- 
duire en latin les ouvragi-s d'Arislote et de Platon, mais il n'exé-cuta ce projet 



12 MF l>K 

|iliisiiiirs ;iiiiri-s \riMoiis, |i:iniii l<'S(|iirll('s on doit r<'iiiûn|uc'r 
ccllr (|iM' r('iii|ifr('iir F'n'iljTic II lit f;iirr <'t (|ii il t'ii\ova aux doc- 
Inirs il*' Itolo^tii* '. (le |)riri('«' avait, <iil-oii, à sa cour (iciiv (ils 
d'Avcrrors", lainriix commcfitatciir aral)o d'Arislol*'. .Mais|)arnii 
CCS noinhrcMScs versions on a jtcine à en trouver deux ou trois' 



<|iie pour les livres du premier, qui traitent de la logique; le Ikn^îe, auqoel on 
attribue la traduction des traités de inétaphy8ii|ue, est un autre personnage fort 
peu connu. Jourdain, Urrh. .\iir tes triul. il'Ariitulr, p. 1.'»8-I03.; — Les versions 
d'Aristotc que Trithème attribue à Ilernian Contraclus sont imaginaires. (Tira- 
boschi, Stor. délia tel ter. liai. t. IV, p. 187.)— Sur celle de l Anglais Rol>ertde Ré- 
tines, qui, après avoir voyagé en Orient, se fixa en Kspagne vers 1120, voyez 
llrucker, llisl. pltihi. t. III, p. 070. — Fabric. ////./ inf. ImUh. t. VI, p. 107, 
éd. Mansi. — Oudin, hc Script, errli-s. t. Il, p. tlOO. Ce Robert de {(«'tines avait 
traduit ['.Vicorau par ordre de l'ierre le Vénérable. V. Jourdain, p. 102 et suiv. 
On a attribué aussi ({uel<|ue traduction d'Aristote à Gérard de Crémone ou de 
Carmona, mort en 1187 (Cremon. illiistr. p 269. — Muratori, Antiq. Itnl. 
t. m, p. 937. — Mansi ad Fabric. Itibl. Mrd. lutin, t. III, p. 40.— Jebb, Prcef. 
in Uog. Uacoii. Oji. nutj. p, 4.) (et écrivain traduisit Ijeaucoup de livres arabes, 
entre autres Avicène : dans la Itibliothèque Pauline, à Leipzig, il y a ane vie de 
Gérard avec la liste des livres qu'il traduisit. (Catul. p. 256 cité par Mehus, Vit. 
Aniliros. Cdtnald. p. l.'iO.) L'Kspagne et l'Italie se disputent Ihonueur de lui 
avoir donné le jour. 'Muratori, .lnM'7. Ual. t. III, p 937. — Tiraboschi, .Sfor. t. 
III. p. 202 et suiv. t. IX, Supiil. p 38, et les auteurs «(uils indiquent.) — Sur les 
versions d'Aristote au moyen âge en général, consultez Jourdain, Recherches 
critiq. sur les trad. d'lrist<ite, 1819, 8», et Huble, Hist. df la philm. mûilenie, 
1. 1, p. 694 et suiv. 

« PetrusdeVineis,£"y*M7. t. III, p. 67.— Fabric. liH/l. Grcer. t. III, p. 305, éd. 
Harles. — Bayle, WiX.sub v.Averroës, note e, p. 391. — La lettre t'ente par Pierre 
des Vignes, au nom de l'empereur, aux docteurs de Bologne est extrêmement 
curieuse (V. Mehus, Vit. .imh. Camtilil. p. 155. — Jourdain, p. 169-178 . — Sur 
le mérite littéraire de Frédéric II, voyez .\o(ic. dos ms. de la Itibl. de Paiij, 
t. VI, p. 403. — Tiraboschi, Stor. del. lelt. t. IV. — J.-Gottf. .Schmutzer, De 
Fridriiri II in rcni litlerariam merilis, Lipsiit?, 1740, 4". — Schneider, Prœfal. 
ad Fridiriri II riliq. de ai te venandi, p. Xl-xvit. — Jourdain, p. 164 168. 

* /Kgid. Column. «/)(/</ Nicol. Anton. Bihl. Arab. Hisp.ç. 242. 

^ 1» Celle d'un Vénitien nommé Jacobus Clericus, connue uniquement par un 
passage de Robert de Thorigny. (^.Mosheim, /nv(. Hist. eccles., p. 396, note H. — 
Tirabo.schi, Stor. t. IV, p 128.) Klle fut faite vers 1128. — 2' Celle que l'on fit 
à Paris dans les premières années du treizième siècle, lorsque la métaphysique 
d'Aristote fut apportée de Constantinople. ■ Rigord. apud Duchesue t. V, p. 51. — 
Muratori, Anlii/. Uni. t. III, p. 93S, O.'W. Diss.xiw] et dont l'abus causa la pros- 
erijition des ouvrages d'Aristote. — 3" Celle des .Morales d'Aristote que Barthé- 
lémy de Messine lit par ordre de .Manfred, roi de Naples.et que ce prince envoya 
à l'I'niversité de Paris, avec la même lettre que sou père avait adressée à ITni- 



JK.VN-M VUll N l'Illl.EI.FE. 1 il 

i|iii ait'iil été laik'S sur If grec. Toulcs les aiilri*î» ' a>aient pour 
base (les Iraduclions arahes on li('l)rai({U('s evlréineuieiil inexac- 
tes, el ce sont ces versions si fautives (|ue llo^er Hacoii, qui 
d'ailleurs rendait jusiice au |iliiloso|ilM- de Staline ', aurait 
voulu liniler^. G's Iraduclions latines, si dél"ectueus*'S qu'elles 
étaient inintelli^iMes ', lurent les seules dont >e servirent les 
|ireiniers auteurs scolasli<|ues , jusqu ii cr qur. lnal^ré les 
anatlièines lancés a Paris contre Ari^lote. le laineux Thomas 
d'Aquin, par ordre du |>ape I rliain IV. en eut l'ait taire une 
traduction littérale sur le texte ^re<-, par nn de s<*s disciples \ 
Assurément le mépris que Uo};er llacon " et (pielijues autres 
savants nionlrèrenl pour les versions d'Aristote liont Alhert le 
Grand et Tliomas d Aquiii ' Taisaient usage était part'aitemeiit 

versité de Bologne. (Mt'lius, Vit. .inibrnt. i'amald. p. 155. — TiralxMcbi, Sfor. 
t. IV, p. 130. 

' On compte parmi les traducteurK dAristolt- du treizième hiecle, .Michel Scot 
(Hoger ItacoD, Op. maj. p. 3tJ. — Fabric. Uibl. (irac. t. III, p. ii3, not. Hit, 
ôd. Ilarles. — Fabric. ilihl inf. lat. t. V, p. 7". — Camus, //iil. c/« animaux 
€l'Ariatoti\t. I, p. xi.iv); Alvrodu» Anglicus (Alfred le philosophe, trrizionn- 
siècle) nommé encore Alfredus de Sarchel (V. Jourdain, p Id"); llerman AK-uia 
nus, contemporain de Itoger Itacon Voyez llac. «/»/i</ Jebb. t'i(rf. ad O^t. maj. 
p. V. — Bacon, f>/j. maj. apiiil Mittarelli, Cal. mj«. .S'. Mirhael a Murann, col 
DO, ; (àiillaume Fleming (WcmkI . Iliât. ri aniiq. unir. Osun. t. I. p. liO. — 
S. Jebl), Pripf. in Itucon. Op. maj. p. i, 3j, etc. — Je suis surpris que Ituble («dit 
Aristol. ftftfr. X. I, p. 28ÎS conronde llerman Alemanus avec llerman Contractu» ; 
le premier, <|ni traduisit .Vristote d'après la version il'Averro<"S, est bien plus mf)- 
di-rne que le second. 

- Hog. Bac Op miij. \i .<(> 

■• Jebb, Pripf. in itog. Bac O/». maj. p. 5. 

* Uog. Bac. Op maj p. ii. itJi. liO. 

• guitifet KchanI, SrnpI. Onltn. Prohitc t. I, p. 'MH. — Fabric. Bibl. I,i . 
t. III. p. 30.». (dii. Ilarles. — I». de Rulnris, De ij«4ti$ S. Thomtf tliss. i'i, c. I. 
— NVood, l/uf. el aniitj, univ. Oson. t. I, p. 120. — J.-Fr Foppens. Itihl. bety. 
t. I, p. 416. 

•"• Roger Bncon (tpu\ mnjiis, p. IS fait de sagis n flexions .sur le^ qualiteii que 
doivent posw'iler les ira-lncleurs et les difncult(>« qu'ils ont à vaincre 11 parle 
de Boire el de Robert (;rosthcad, éviquc de Lincoln ; puis il ajoute: - Alii quidem 
mendici translalores defecerunt multum tam in scienlii» quam in linguis; qu<>d 
ostendil ipsorum trnnslatio. Nnm lama est perversitas et horril)ilis dillSculiuN, 
mnxinx' in libris \ri<totelis translati>, quod nnllus polest eos iutelligere. • 

'' .Von-81'ulement les versions tl'Aristoie dont se servaient les savants du ini 



li Ml. i»i 

é<{iiilal)l(;. (Jt's versions a\:ii(>iil cU* laili's |ioiir hi |ilii|iai'l sur 
<los ex('m|>luiresii('lirrii\,()ii\rage des Kahliins ', qui les avaient 
tirées (le l:i version aral)e «ju'AvtTroës, vers la lin «lu douzième 
siècle, a\ail laile à (^onlone % non sur le f;rec, lanj^ue (ju il 
ij^norail , inais d a|iiès les versions svriatjnes (ju on allrihue an 
célèljro llonain de Ilirla '. I^ors«ju on connail celle succession 
de versions, on n'est plus élonn»* des contre-sens et des dispa- 
rates de tout i|;enre (|u'oirre la Iraduelion latine des scolasli- 
(jues comparée avec le texte ^rec '. 

Dans les douzième et treizième siècles, l'élude de la théolo- 
gie, du droit et de la médecine avait l'ail né^lij^er c«'lle des l>el- 
les-lettres ; I Knrope retentissait du nom d'Arislot»', !nais d 
n'v avait (|M"nii très-petit nomhre de savants <pii entendissi'Ut 



ziènic siècle ni' rt'iiclaieiit point l'original, mais souvent ces savants ne pri-st-u- 
taient les opinions du philosophe grec que d'après des extraits informes, tron- 
qués et tout ù fait défigurés. Vinceat de Beauvais {S/'CCul. Maturcit. piuloy. cap. 
X) et Albert le (jrand (De miner, tract. I, cap. 1) 'cités par Andres, t. I, p. 24 1) 
affirment s'être servis de pareils extraits. 

Les Arabes, qui (avant la version ordonnée par saint Thomafi) couDaissaient fort 
mal .Vristote, ajoutaient leurs propres idées, leurs découvertes dans ce qu'ils ap 
pelaient des traductions ou des extraits de ce philosophe, ou mettaient des ou- 
vrages entiers sous son nom. C'est ainsi que, dans le Kelab .ilalujiar ou livre des 
I)ierres, attribué à .Vristote, il est question de la vertu polaire de l'aimant. ^D'iier- 
biloi, Itihl. Orient. — Falcon. .icail. des Inscript. t. IV. 

« VVoUf, liibl. hebr.t. 1, p. 17-21, t. III, p. 12 et seq. t. I, p. 220-223. — Sim. 
Luzzat. a;^u(/ WolflP, ibid. t. IV, p. 1122. — Nicol. Anton. Hibl. arab. hisp. 
p. 22i. — Buhle, Ari$t. opvr. i. I, p. 109, 188, J94, 199. 

^ Sur la connaissance du grec chez les Arabes, voyez Prunelle, Disc. p. 102. 
— Buhle, /)e stiidii i/rar. litor. apnd .Arabes initiis et rationibus, iu Cummeiil. 
.Socict. Scient, (inltinij. t. Il, p. 210. — Corn. hiet. Koch, De fatis stuilivrum 
(ijnid .\rabi:\, llelmstadt I71!>, 4". 

'■ Nicol. .Vnton. Hibl. arid>. hisp. p. 212. — Casiri, liibl. t. l, p. 18.'). 

* fireg. Abulfar. Ilisl. Dijnast. p. 171 et seq. — Ueuaudot apud Kaliric. liibl. 
ijr. t. m, p. 298, éd. Maries. — Buhle, .\rist. oper. t. l, p. 325. — Asse- 
mann, Itibl. or. t. I, p. 193. t. 11, p. 271 , uot. t. III, part. 1, p. 493 et al. loc. 

5 Voy. Brucker, //»*/. philos, t. III, p. 100,700.— Fabric. liibl. yr. u III, 
p. 293, 291, éd. llarles. — Casiri, Hibl. t. I, p. 300 et se«i.— Tiraboschi, Stur. 
t. IV, p. 133, 131. — Buhle, (•ommt'fW. Soc. (iotlinij. 1791, p. 228. — Buhle, 
Arist.opcr.t. I, p. 323. — Bichard Simon, Suppl. nd l.eon. .Mutin, p. 101. — 
l'o.ssevin, Uilil t. Ml. p. 10. 



JEA>-MAI(ll > l'illl HI.FE. 15 

la lanj^iif malrniL'Ilc «le ce |»liilos<)|»ln,'. I/llalir, (|iii avait «les 
n-lalions suivies avec la Grèce, en ottVil quelques-uns ', tantlis 
que le reste de l'Occident n'avait même aucun livre grec, si 
l'on excepte (|U('l(jiies manuscrits que des voyageurs ou des 
cr()is4''s avaient raj»|(orl«* |>ar curiosité. I>es Français, pendant 
Iciii domination à (^»nstanlino|ilc, ne s'étaient occupés qu'à 
détruire et non k apprendre '; ils aitièrent plutôt les Italiens à 
iiilroduire leur idirune dans le I^exaiit, qu'ils n'en ra|»porlèrent 
la connaissanc»' du grec, et c'est lit vraisemMaMenient l'origirii' 
première de la langue francpie ' qui a été entretenue par les 
relations commerciales, (cependant les croisades eurent l'avan- 
tage d'exciter la curiosité, le goût «le la lecture et de fournir 
des sujets intéressjmls aux historiens et aux poêles. .Malgn- ce 
peu de ( uluiH', l'Occiilent, à la lin du «piator/ième siècl»-, lut 
rn j'ial d'apprécier cl de recevoir les le^'ons des Grecs que la 
décadence de l'enqiire »le (^onslanlinople faisait sortir de leur 
|>;ilrie *. I/Ilalie, (|ui les a<cueillil, a\ait toujour> cu «picKpies 
lionnnes ipii enlemlaient la langue grecque '; la connaissance 
«le l'idiome vulgaire parlé en (irèce y était assez commune; la 
«lomination <les enq»ereurs d'Orient sur la Calahre, les rapports 
connnerciaux, les ambassades récipro(jues des papes et des 
enq»ereurs, les étahlisM'menls des Italiens dans l'enqure grec 
avaient inulti|»li«' rus;ige de cette langue cultiNée dans la Grande 

' riral>osolii , S(or. t. IV. \t, i77 et suiv. 

« Heeren, In/luenre det Croitadet, |>. 4<>9-*l(l — Nict-ph. »;rcpor. IV. 2, ' G. 
— Niceta» apud Bandtir. Imp.or. t. I. p. 107 et »cq. 

* Suivant un hJstDrien catalan, vers 1300, on parlait le fran<;nis t-n Mortk- et 
dans le duch»'- d'.Vthi-nes comme à l'aria ^Uaymund. Muntanerius apttd Ducangv, 
tibtss. infini, latin, prtrfat. j xvil, p. iO), et l'extn-me corruption du lanp^çe 
miulerno d'Athi" ne» date des premières annt-es du treizii me siècle, à ropo<juo où 
les Francs sVmparèrtnt de Coustantinople et de la fînw. (Uocangre, Ibid. ^ x, 
p. VIII et IX.) 

♦ Uiohard V, t-n tOiH, fit veuir à Itouen des moiues grecs pour enseigner leur 
langue, (tî. Malaterra (i/»ud Muratur. Script, t. V, p. 550.) 

» Muratori, .intiq.ltnl. metl. trv. t. II!, Dissert. xuii, XLtv. — Tiniboschi, 
Stor. t. V, p. 364 et seq. — Sur liurgundio et son école à I*ise. au douxième sic- 
cle, voy. Ualdclli, lit di Oorrnc. y ii:>-i31> 



\{\ Ml m 

(irrc(; ' ; rii;iis jiis(|ii :i hi lin <lii i|ii.iloi/irnH' sirclr elle ne lui 
«■iii|»lov('«' à aïK Mil iis;i^(' liiiriiiirc ; les savants italiens des siè- 
<l«'s précédents a\ai<iil |tlul<)l étudié l'arabe ; leurs liaisons avec 
les Maures d i''.s|iayin', <|iii |K)Ss(''daienl en relie langue les r»u- 
vraj^es des phiiosdjilies et des niallienialiciens grées, la n'iioni- 
niée de l'école de Salerno, le goùl dominant de l'époque pour 
la médecine, l'astronomie ou l'astrologie, avaient mis TaralKi 
e!ï crédit dès le on/ième siècle '-. Aussi François Pliilelfe, dans 
le (|uinzième siècle, remanjue (|ue (juehjues hommes qui n'a- 
\ aient appris le grec (\\\r par les vovages et le ciuumerce, avant 
voulu traduire des auteurs anciens, n'avaient l'ait que des ver- 
sions obscures et fautives, parce cpie le langage moderne étant 
corrompu ne doiuiait point une intelligence conqdète des au- 
teurs (le I antKpnte . 

A cette épo(pu', Dante et IVlranpie avaient déjà illustré leur 
patrie et poli leur langue '. Le prenuer de ces poètes eut à 
peine connaissance de (pielques mots de la langue grecque '% et 
les leçons de Hariaam , vers 1 342 ( et peut-être de Léonce 
Pilate*^^, ne mirent jamais Pétranpie en état d'entendre Ho- 
mère \ dont le premier exemplaire qui parut en Italie lui lui 



« Baldelli, Ibid. p. 239 2 i6, 248 et st-q. 

^ Hettineili, Ri.wnj. d'Uni, i. 1, p. 54. 

^ Fr. Pliilelfe, Eiiisl. p. (52 recto, édit Venet. 1502. — Léonard. Arrêt. Epist. 
IV, 22, p. 139, éd. Mehus. 

* lu-s le dixième siècle, la langue italienne était distincte du latin; on l'em- 
l)loyadaus les actes dès le commencement du douzième, et avant qu'il fût écoulé, 
les poètes s'en servirent dans leurs vers, conmie moyen d'être mieux entendus 
par les dames. (Muratori, Antiii. ItuL med. ori. Dissert, xxxii, t. il. p. 1021, 
1017-IOjO. — Dante, Vila nuoia, t. IV, 1, p. 35, edit. Zattie.) 

» Mem. per la vit. di Dante, p. 63 ; in op. éd. Zatta!,t. IV,2, — Tiraboschi, 
Star. t. V, p. 38i. — Raldelli, Vit. di Hoccacio, p. 235, not. — Janott. Manetti. 
Vila l)anti.s,cd. Mehus. — C.radenigo, Lett . greco -ital . cap. X. 

« Tiraboschi, t. V, p. i2G. — Italdelli, p. 136, note 35. 

■» Baldelli, p. 137, note 36. — Voyez sur Barlaam, Petrarcha epist. var. p. 1 102, 
éd. Basil. - Boccac. (ieneal. Ocuiitm, lib. XV, c. vi, fol. 112, verso, éd. Venet. 
1 1!)7, fol. — l abrie. Bibl. ijr. t. \l, p. 162-170. éd. Ilarles.— Mnn.sur Prtrar 
,iui, t. I, p i06-ll0. t. Il, p. 75-77. — Baldelli, Vil. di Boccacio, p. 230-254. 



JI.V>-MVUH> l'Illl.KI.I-E. 17 

riiNoNr par Nicolas Svocoros'. liorcaco*, coiil«*iii|ioraiii ri ami 
(II- INHrar<|iir, conlrilnia aussi ii (lerfecliomier la langue iui- 
lit'iint', t'I eut (le plus le luôrilc de savoir un peu l«* ^nT ri de 
nu'Hw a la jtoiir'c de s«'s conipalrioles k's |iorni('s «rilouuTc. 
Il (lut (-«'S a>aiila^4*s à un (>alal»rais, élève «le li.iriaani. nommé 
l>;un ou Ix'onee l*ilale^, (|u'il avail reçu chez lui en 13()(), el 
<pii le |»reruitr \ |»rol'essa le grec *. Cet homme ranienu les lel- 
Ires grecques eu Italie, et lit, à riiislauee de I*etrart|ue et de 
IJoccace ', la première Irailucliou ialiuf d llnnicri- . dutit mu m- 



— (;r8deuigo, lutter, greco-ital. p. !30-iai.— Baldelti, V. d. Prir. p. i3i.— Sur 
le zi'U' de IV-tranjiu- pour la diTouvi-rl»' di*8 maouftorit», v. Settil lib. XV, p. 94H, 
éd. Itaiiil. I.*)«l, c-t Fnmil. III, 18, p. fliO, cite par Villoison, .Vofi>. drs manus- 
critt, t. VII!, 2, p. i7 2K, not. - Il avait fait Tenir des livres fn-ecs. Senti. VI, 
l.j — Sur l'enthousiasiiu' pour les po«tes causé par Pétrarque, v. Italdelli, Vit. di 
l'etr. p. 146. 

' Petrarch. Var. ppist. [>. WOi. — /'i/mi7. IX, p. 2.— Nicola» Sygcro» Pn-cori, 
envoyé de Jean Canfacuzène à Clément VI et Innocent VI pour obtenir de» ae- 
cours contre les Turcs, en flattant ce pontife de la n-union de rKglise Krec«|ue 
il était encore à Avignon en l.'Jî>3, et il y connut Pétrarque. Itaynald. Annal. 
Eccl.) 

* lloccace, deatiné successiyement au commerce et à l'étude du droit canoni- 
que, fut entraîné dan» la carrière des lettres par un goût naturel que firent i-clater 
diverse» circonstance», comnje la vue du toniln-au de Virgile, et la pompe de 
l'examen de Pétrarque (1341) devant le roi Robert lloccace, (ieneitl. Iteontm, 
XIV, 2i); l'amour acheva de d<*cider cette vocation. Oimme Pétrarque, il fit 
venir de» livres de la Créce ; et c'était en en copiant qu'il gagnait de quoi en 
acheter de nouveaux. (Corniani, / Serol. p. 354. — Manni, Stor. di Êterain. 
p. 8i. — .Marini, Pupyr. lUplitmiiî. p. 3«2. , Sur le» copies de lloccace, v. Mehus, 
Vit. Àmbrim. Caiwild. p. iKi. — Maneiti, lit. Hoc. — Ciampi. .Motium.di fin 
m.«. di Horr. p. 20 et seq. — Il parait avt)ir appris ce qu'il savait de grec : l" de 
sou séjour à Naples, où il connut llurlaani qui, de Conslantinople, se n-fugia 
dans celte ville en 1341 ; 2" d'un voyage en Sicile . 3 des levons de L«'-oncf Pi- 
latc; il s'est servi du pou qu'il en savait pour donner dans ses ouvrages de* ély- 
niologies quel<)uefois absurdes. 

■^ Italdelli, Vil. ili Hocrar. p. 2j4. 

* lloccace, (irneal. lieorum, l. XV, p. (l. 
» Italdelli, Ml. di U»ccar. p. 2:iO-i(Hl. 

* Dominic. .\retin. (i/»i<ii Mehus, Vit. .imbros. p. 205. — Mehus, ibid. p. 270 
ft seq.— Petrarch .S>ni7. lib. VI, i, p. HiH —Giornal. de' l^tlernt. d Uni. 1712, 
t.XII,p. .li» et seq — ('(iM/'i^. nul. nu. Bihl. Rf,j. Paris P. Ilf. t iv, p. tOO. 
n " 78«(), 7HHI. — Mehus, p. 373. — Petrarch. SemiL 1. XVI. i- i — i-.ldelli. 
Vil di Peir p. 1.W, n<.t. - llaldelli. Il* di BiKcar. p. 2t5t 



IS Ml. |)h 

< uiiii;ii>>.s;itl a\.iiU lui i|u iiii aliré^é <|iii |iorlail mal à |»roj»Oâ le 
iKiiii (le Piiidiirc \r riiiliiiiii '. Il iradiiisil «Micore une partie de 
IMaloii •". I.cs iiiiiM'S grea|ues avaient tant d'attrait pour lk)ccaee 
i|in', malien'' l'i-xliTifiir ranniclic, le «Mra(t»Te intrailaJdr «'t les 
inanicics grossières de Ia'OIicc, ijiir IN'Iranjiic ' appelle une 
i/raiult' bète sous tous les rapports, il (il loiit ee (ju'il j»ut pour 
reh'iiir (cl lioiniiir (|ii(' son esprit in(|iiirl ranit-na en 1363 ii 
Conslanlinoplc, cl (pii. (picli|iic tcni|>s a|»rès, lut foudroyé sur 
li; vaisseau ipii le reconduisait en Italie '. 

Boecace avoue lui-niênie (ju'il ne savait le grec que très-im- 
|»arfailenienl ; mais, ayant tant fail pour l'i'tude de cette langue, 
il se crut permis d'insérer des citations grecques dans ses ou- 
vrages. C'était de son temps une chose inouïe en Italie, et le 
soin qu'il prend de s'en justifier, l'orgueil qu'il montre en prou- 
vant (|u'il a ce droil ii juste litre', indiquent assez que, si le 

' C'est cet abrégé' qui est cité, par ex., dons le catalogue des livres rassembler 
par Didier (Victor 111 , au onzième siècle : Ilistorinm Comelii cum Omeru. ( Mu- 
rator.Sr>/y</.t. IV, p. t73.) — rétrar<|ue parle, en l3G0,d'un exemplaire d'Homère 
existant à l'adoue. (IJaldelli, Vit. di Itocrac. p. i'6~. — V. d. Pelrurc. p. 1 37, note 
3(i.) D'un autre côté, on lit dans l'étranjue Famil. X, epist.4) : • Is qui Ilomerus 
vulgo dicitur, alterius nescio cujus scholastici opusculum scias, licet ab Uome- 
riea Iliade sub breviloquio deseriptuni. - Kpist. ad (îerardum fratrem à Min- 
frarelio édita ad calcem conj.deOdis l'indari.) — Sur les anciennes traductions et 
citations d'Homère, v. Mehus, Vit. Ambros. CamaUl. p. 271. Armanino, au qua- 
torzième siècle, auteur d'une chronique, met Homère au rang des sources de sou 
ouvrage. Wolfram d'I'schenbach, au treizième siècle, dit qu'il lisait Homère. 

Wernsdorf est tenté d'attribuer à Avienus cet abrégé de l'Iliade qui n'a que 
1075 vers, et <jui parait ne porter le nom de Pindare que depuis le quatorzième 
siècle. 11 donne ce sommaire dans le tome IV de ses PttetiF Lai i ni tuiiwrvs, ainsi 
<|ue des recherches curieuses sur les antiques traductions latines d'Homère. V. 
la préface de l'édit. de l'indare le Thébain de Van Koten. 

•^ Haldelli, VU. llorrar. p. -203-207. 

'■ Petrarch. Suuil. 1. III, vi, p. 857. 

* Petrarch. Srnil. I. VI, p. 892 «... .Si.'mper certè nunc intelligo. . . nubes 
iila mœstique oris obscuritas imnciabat hoc fulmen. ...» Voyez encore Petrarch. 
Seuil, lib. m. G, p. Ho7-«o8. Lib. V, p. 880.— lloccac. (ien. Ikor. lib. \V, 
c. VI et vil, p. 1 13. — Hody, do Grtrc. ilhistr. F, c I. — Tiraboschi, Slor. t. V, 
p. 372-375. 

!• Uoccac. (ivneal. Uvor. lib. \V, c. vu. Tout ce chapitre d'un livrv qu'on ne 
lit guères est fort c\irieux. Hody en a rapporté une partie, png. 3 et 4. 



JKW-M \llll N lllll II.FE. !'•> 

coiiiiiit'i'cr n k's vova{j;«'S avaient a|i|><trlo ni Italie «|iM'l(|ur con- 
iiaissuiicc (lu ^rec, les gens de tellres n'en axaienl encore l'ait 
aucun nsaj^r. Il «si rurleiix (r<)l»s<Tvrr <|ue les créateurs de la 
langue italienne arrêtèrent eu\-inènie«> ses progrès par les ef- 
lor(s(|u'ils firent pour accréditer la langue greeipie. On sait éga- 
lement «pie iVlr.inpie et IJoccace * cuinptaient pour leur gloire 
|ilus sur leurs ouvrages latins (pu; sur ceu\ en langue \ulgaire'. 
iN'ndant plus (1*1111 siècle, les littératures elassi(jues, les recher- 
ches (rennlilion furent e\(lusi>einent culli>ees, et la poésie 
vulgaire lut |)endaiil l(»ut ce temps n(''gligée cl silencieuse *. 
Les talents et la protection de Laurent de Médicis donnèrent le 
signal de stm réveil \ mais elle ne lut |)lus (»riginale. I> ('clal des 
lettres grecijues et latines, i'admiralinn toujours croissante 
i|u\>lles inspiraient, internuiipireiit la marche lente de la cul- 
ture européenne. An lieu de suivre et de cultiver le génie de 
l'Occident, on espéra sauter à la perfection en jirenant pour 
modèle h'S cliefs-(r(euvre des (irecs, (pii ne les avaient produits 
(pTeii se |Krfecli(Uinaii( eux-mêmes et peu à peu ; (Ui s'iiiip(>sa 
leurs règh^s, on adopta leurs svstèmes; le génie eunn»éen ne 
cn'a plus, il imila, et il suivit les voies d'un autre temps, d'ini 
autre peujile ipii avait eu daiitres institutions et un autre (li- 
mât; on ren(Ui(;a dès hu's et pour jamais à avoir une littérature 
d'accord avec la religion et les m(eurs nationales, tandis ipie 
précisément clie/. celle (pie l'on voulait ( alipier la poésie était 
intimement lié'c à la |t(»li(i(pie et ;i la religion '. 

' IVtrarch. .S>ni7, lib. V, i — |d. ///i./. lih. XIII, 10. - Id. FamilMb. VIII, 3.- 
Ili'ttiiu'lli, Hi%i<rif.\. !, p. li*. 

* Ik-ttiiK'lli, Hiiortj. t. II. p. JM. - Scliwal», lie t'univrrs.tle la lani/ue fran- 
çaise, p. 81, — Corniaui. / Secoii, t. II. p. iC, 2J7. 

' On sait qui* nt>mlto l'xlinrtait Ariiwlv à com|>osvr son poi-mo en latiD, la 
langue vulgairv n'etout pas propre à une cunip«>6itiuii s< ru-uav. 

* (•iaiinuu. Istor. </i .V(i/*<(/i, t. III. p. 44>0. — TiralNWchi, Slor. t. VI, c. Il, 
p. 1 1 i-i iM. — (]il)l>on. llitl. (le la ilrradeiice dr l'Kmftire roinaitt, t. Wll, ch. 
i.xvi, p. 4l((-ilO, trad. fran<;. - UixictH', lie de lAiurent de Mrtiicit, rliap. v et 
VII. — Sisiunndi, llisl. des reiiuhli<iiies d'Italie, t. VI, p. 173-l7o. 

* (h Vilkrs, Ullrrs à .»/ ilillin, Ifciyu;. encyrl. 1810, \. V, p. 5-15 U 



20 Ml l.l 

(iii.iniMi lie \i-ruiir ', \i-i's 1,1 lin <lii ({iialorzièine siècle., lui 
I*' |iniiiirr Ikilicii (jui ri)S4>igiia la langue grecque*. En éludianl 
sous Jean de llaveiiiie, il s'aperçut de la nécessité du grec pour 
riiilcHi^ciK e des ailleurs latins, et, ne trouvant [»ersonne en 
Italie (|iii in'it lui enseigner celte langue, il |irit le |>arti d'aller 
i'éluilief en (Irèce '. Il jiassa dans ce iml (in(| années à Con- 
stantino|)le, suivant les leçons du célèhn* Knunanuel Clirvso- 
loras et de son iie\en Jean ' ; il s a\;iil élé conduit par I*anl 



mépris que témoignaient les savants pour tout ce qui n'était pa» grec ou latin est 
runiarquaMe, et j'en citerai ici les singuliers regrets du comte Louis Nogarola, 
oélèl>re Véronais du seizième siècle : - . . . Quapropter uon poesum coraplures 
nostne ictatis pncstantissinios liumines eosdenique Italos non incusare, qui cum 
grœcani et latiiiani liabeanius iingtiani, quîc quideni nostra- propriîPque sunt, 
iis tanien postliabitis, in FLtrusco sermone totam a-tatem iuutiiiter conterunt; 
nec illis veiiit in menteni, hune ipsura fuisse tune exortura, cum iu Italiam in- 
fusa peregrinitas Latiui sermonis dignitatcm et decorem corrupit, déprava vitque. 
In qua quidcm verborum coUuvie très excelluère nostrates viri, Uanthes. Pe- 
trarcha et Uoccatius, uon mec tamen judicio tam absoluti atque perfecti ut non 
aiiiiuid eis vitio verli possit, etc.» i Awr/oo. Swjarolœ episl. super viris illuttr. 
ijnicre llalis (/ni yrace srripserunl. Venet. lo58.^ Le mérite de ces poi'tes ita- 
liens fut attaqué et défendu, V. Mehus, Vit. Ambros. p. 176. — Perticari, .4/>o- 
loi/. ili Dante, c. xxxiv, part. 2*. — Si nous prenons Pétrarque, chez qui la 
différence de la création et de l'imitation est fort sensible, nous trouverons qui! 
atteignit la perfection de la poésie italienne presque sans modèle. Il s'abstint 
même de lire le Dante (Famil. XII, lij. Lorsqu'au contraire il voulut imiter 
Virgile et Cicéron, il manqua d'élégance, et ne fit que s'élever un peu au-dessus 
des autres imitateurs de son siècle. 

• Carlo de' Itosmini, Vil. di (iuarino Yeronese, 3 vol. in-8", Hrescia 1805. 
» Maffei, Vir. illiist. p. G9. — Zeuo, Disscrt. Voss. t. I. p. ilh. 

" (uiarino s'était fait en Grèce la plus flatteuse réputation (Rosmini, Guar. 
t. 1, p. IG); il professa successivement ensuite à Florence, Venise et Ferrare. Sur 
son voyage à Constaiitinople, voyez J. Pannonius, Pdiwijyr. Giiarini. — Naudé, 
Addit.àl'hist. de iMuis XI. — Bayle, lUrt "^ Guarin. 

* Giorgi, Osservaz. intorno Em. Grisolura. Calojer. rarcolt. d'opuscul. t. 
XXV.— Giurnal. de' Lelt. d'Ital. 1712, t. XII, p. :iî)2 et seq.— Rosmini, Vit. 
Gnar. t. III, p. 182 et seq. — llody, I, c. il, p. 61. — Sur un manuscrit contenant 
les Evangiles, et qui était autrefois dans la bibliotlu"><)ue de Ste-Justine de Padoue, 
on lisait : « Pertinente a Mauuello Crisolora il quale nel 1393 venne da Costauii- 
uopoli a insegnar Grcfo a Fior<.n/.a. - Fortuu. Federici, Ih'lle Bibl. di S. Giustina 
di Padova, p. Il.t Manuel Chrysoloras vint à Venise en 1393 ^Giorgi, t. XXV, 
delht rtucollit C<ilo;iei\ — Itosntini, l'if. tli Gtiaiin. t. 1, p. -43. — Tiraboschi, .S7<>r. 
t. VI, p. 798 , et à Florence eu 1390. .Martin Liusius (Germunv-Gnrcia, p. 7 



JEVN-MVHIIS l'IlllFIIE 21 

Zaïii '. Ajurs son rt'loiir i-n Italie il fui siiisi «le jinès jiar son 
maiiro, cl riUiihlisscinciit (riMumaiiiK'l «iaiis c«> pavs donna aux 
lelln's le monvrnn'nl le pins accéh'ré \ Il rlail venu plusieurs 
l'ois en Italie : son premier voNajiçe avait eu pour hut de s<jlli- 
ciler des si^cours contre les Turcs (|ui attatpiaient G)nstanliuo- 
ple , et il parcourut l'Kurope eoiunie envoyé de l'empereur 
d'OrienI ^. Il «'lait alors ac» omp;i|4fie «le r)»''m«''lriiis (>\douius, 
(pii séjourna à Venise et à Mdan, et dont les noudireuses tra- 
ductions conlrihuèrent à répandre le goût de la lanj^ue grocrpio 
et lui Nahirent une gramle considération \ Emmanuel, |iendan( 
ce premier voya^M», s'allaciia ipielipws écoliers et leur inspira 
pour la littérature ^reopie un entlioiisiasme i|ui st^- communi- 
qua si |iromptement «pu*, ipielipu's années après, un certain 
nondirc des citoyens les plus distingués do Florence s<' niini- 
ronl pour l'engager h revenir de (^)nstantinople dans leur cité, 
et pour lui fillVir un ('tahlissemenl lionoralile et avantageux ''. 
Vers le même tt'mps, Pallas Slro/zi, I un de ceux ipji attirèrent 
Kmmanuel à Florence, fit venir h ses l'ra'S un granti luuidtre dr 
livres grecs '^; il avait Tamltition de former dans s;i patrie une 



place ton établissement l'ii Italie i{uatri> antitos après la liataiilcdc Mi.'i>|M)lis, ou 
Itaja/et ilrfit U-s chrifii-ns (iS septembre i31Mi . Le» auteurs à consulter sur Ma- 
nuel ( lir)Soloras sont inilit|ués dans la BiM. gi^M^que de Kaliric. l'-d. Ilarles. t. M, 

p. i(iy (U . 

' lloily, 1,11. p. 64. 

* Maffei, Veroti. illiist. lib. III. p l'.'i-Tn —/,.....„/ ,/, Imiter, dltal. Veneï. 
171 i, t. XII, p. :tôi ct8e<j. 

^ TiralM)8chi, Stor. t. VI. 

» lul.ric. Hihl. ,fr. t. \l, p. 3î)8. éd. Maries.— Saxiua. llUt. I.iter. Mediol 
p. \i'.\. — Mehiis, Vit. Anihrnt. Vnmnll. p. '•\^\ et seq — Tiraltoscbi, Stnr. t. V, 
p. 37;>. — Itosinini, Vit. (iuarin. t. III, p. 1U5 lîMl. — Janot. Manetti, Vit. ftorr. 

» Kr. l'bilelfe, Hp. p. i'il» verso. — Léon. .Vretin. />(• lemf). suis, p. 9iO. in 
Murator. Srriptor. X Xl\. — .Sozonien. Pistor. p. IU>8-tl09 i»i Muralor. Srripl. 
t. XVI. — llanck. De Scripl. Uyzant. par» I. cap. xxxvii. — Mody, lie lirttr. 
m. 1, II. — Kurieti , Pr<rf. in Itarzizior. O/h»/-. p .\v. - .Saxius, llist. Lit. 
Meiliol. p 3r) 30.— Melms, Vit. «wiArof. p. 3:ki-3«U.— Tiraboschi, Stnr. t. Vf, 
II, p. 113-118. — Itnndiiii, S/terim. Lit. Florettt. t. I, p. 63. - l.a chronolo- 
gie des voyages d'Ijuiuaiiuel offre i)iie|i|ues diniculti*». 

'■' Kabroni, Vit Cantii, p. I0^», annot. 



22 VIT ni-: 

l)il)li()tli«'>(|ii<- |)iil)li<|iii' ' ; mais ce iioltli* |ir()j(>l in* t'ni a(-(itiii|ili 
qiio |)ar le Icslamciil i\r Niccolo Niccoli '-'. 

IVirn dinV'n'iil du s,ni\;i<^i' l*il;il«', Eiiniiarincl par w>n o\- 
U'i'iciir, sa polilcssc, srs ('loiiiiaiils |irojj;n"'s dans les lellrcs 
laliiKS, s«' («Hicilia I allacliomciil de tons les Italions, cl son 
arii\(''(' parmi eux lui rct^aidiT comme nu liicidail de la Provi- 
dcncr''. Il monrnl an cofu-iic de (lonslauci>, en 1 ilô. I.cs jdns 
(•('Irhrcs lilléralcnrs du Icmijjs rnrciil ses disciples ; ils avaient 
jtonr Ini une vive admiration cl le regardaient comme N'iir 
père '. Ses leçons lurent le j^erme de cet amour pour li's lel- 
Ires (pii proilnisil lanl d'ellorls, de reclicrclies cl de fruits. La 

« Melius, Vit. Amhnif. i>nrf. \K 19 et p. 300. 

^ Mt-lius, Ihid. p. 02 et seq. — Tirahosctii, Star. t. VI, i, p. 100. — l'og- 
gi». (trat. iti fitner. .V/>o(. p. — Zeiio, Distert. Vous. t. I, p. 31, 33. 
— l'aldelli (Vil. ili Horracin, p. ;2tlj dit (jue lîoccace légua sa bibliotlu-que à 
son coiilessenr Martin «la Signa, à condition iju'aprùs lui elle passerait au cou- 
vent du StKsprit de Florence, et lialdelli ajoute dans la note que Niccolô Nic- 
coli établit à ses frais le local qui renfermait ces livres (Mehus, Prtpf. nd Vit. 
Amhrus. p. XXXI et xxxii) qui périrent dans l'incendie de liTl, raconté par Scip. 
Amniirato. {I.st. part. II, lib. xxiii, c. 108.) Par son testament, fait peu de temps 
avant sa mort (1437), Niccolô Niccoli mit ses livres h la disposition de seize ci- 
toyens de rlorencc, pour en faire une bibliotlièque publique. (Mehus, Ibid. p. Ci 
et seq.) Cosme de Médicis s'engagea à j)ayer les dettes de Niccolo, et les exécu- 
teurs testamentaires de celui-ci consentirent par cet arrangement à ce que ces 
manuscrits fussi-nt placés dans la bibliothèque que Cosme avait fait construire 
dans le couvent de St-Marc à l-Morence, en observant les clauses de publicité 
prescrites par le testateur. ( Id. Ihiil. p. 05-00., — Catalogue et classification 
établis par Thomas de Sarzane, depuis Nicolas V. — On lit à ce sujet dans Poggio 
{Orat. in fiincr. Nicol. p. 276 oper.): - . . . Hem sanè statuit temporum omnium 
ac sœculorum laudibus celebrandam. Ex libris quos homo nequaquam opulentus 
et rerum persœpc inops, suprà nrtof/inlos rodices summo labore et diligentia coni 
paraverat , decrevit teslamento fieri per arnicas publicam bibliothecam ad uti- 
litatem liominuni s< iniiiternam, etc. . . » 

"■ Janott. ÎManetti npiid INIehus, Vil. Ainhros. p. 303. 

* (Juarin. Veroii. l'ra'f.dd llohrrliiin Hossiiiii, antè vers. lat. Plutarc. Vit. T. Q. 
rianiinii ; réimprimée dans la Ilihl. Siuilh.yt. 335 • ... Accedit intcr nos necessiludo 
<|U!edam et propinquitas ex viro antiqua virtute ac disciplina |im'stantissimo, et 
irtate nostra clarissinio, ( hrysolora, ex cujus opéra et liberalitate manavit «luid- 
(jnid grîTcarum hisce temporibus litternrum nostrales hausere. Ille commimis 
utritiue parens, diilctssiniusquepnrceptor, arctissirao nos ita qnodam cognationis 
génère C(H)ciiiavit, sieuti quos uno proereatos geuitore, eademque ortos familin 
cernimns. ■■ 



Ji;\.\-MAIIMS l'HIIFI.FE. 23 

cliairi' (II- liinj^iir grecque, cnrc à Flon-ncr |mmii- Li'oiicc Pl- 
iait', cl 0((ii|ic(' siK-ccssivciMcnl |»;ir KiiiiimimicI (^lir\s<)loras, 
J(;aii .\rgvn>|Milc, Tln'oihirc (îa/a ci Dciiiclnus ClialiomMas, 
fui le poiiil ci'iilral d'où la connaissance des h'ilrcs grcr«jucs se 
rc|)an(lil dans le resie tU- IKurope'. lx;s littéraleurs <|ui «>tu- 
diaicnl à Florence, sous Knnnafiuel, reccvaienl en même lemps 
les leçons de Jran de Kavenne \ dis(i|i!e de IN'Iranjne cl l'un 
des reslauiateurs de la lilleralure laline. Tout s animait, (oui 
prenait unr nuinelle \ir, (ouïes les roules de l'inslruclion 
élaienl successivcmenl découverles. Tandis (jue, à rcxrmpK' de 
IVlran|nr ^, I(î célèhre l*ogf;io lîraeciolini \ .Nicolas de Tre- 
vise ' el (|uel<|ues autres lilteraleiirs (lu reliaient el recueillaient 
1rs manuscrits entoiiis dans les monastères de l'Occident", 
d'anlres Italiens jiarcouraient la (irèce et l'Orient ei en ra|i|ior- 
laien( des (ri'sors ' «jue riiiNenlion de rMleniand (luttenlierg 

* Pontan. m/»u»/ liriilxisclii, t. VI, i, p. 108. — Koscoi-, Vie de îjiurrnt de 
Médicit, chap. vu, p. 0."i et Beq. 

* Voyez sur cet liomnie sin^fulier Mvm. mr Péluiniuf, t. III, p. 700-70U. 

TiralM)schi, Stor. t. V, p. 3I0-M7. — Uapb. Yolaterraa. Commmt. lib. XXI, 
p. 2iî$, edit. HaRil. I.'iil fol". < . . .Joannes lUvvnnas qui Venctiis pnccepit, pri- 
mus uinniiim <jui en tiiiipestate, post longa tenipora, luduin in Italia api-riiit: 
undè, tanquum ex equo Trojano, viri pnestautes phirimi prodieruiit, (jui |Misteà 
scholis ac lilteris oninia riferseniiit. Ilos ita jain latiniK jj-gitinu- lilteris imhiitos, 
Kinmnmu'l Cliryscilorns schola excejiif, <|iii prircoptor grircn? disciplinip , Uv- 
zaïititis geiuTe, suh llouifaeio l\ in Italian» veneral, primiinique Veuetiiit, deiudè 
Florentin- iloi-iiit. • 

■» Tiraboschi, Stor. t. V, p. 78 8i.— Iluldelli, »'. d.Pctrarca, p. 3i0.— Sicco 
Pnleaton. npwl Mehus, Praf. ad Vit. Amhroê. p. cxixix. 

* L«?onard Bruni écrivait au Pogge sur ses <!«'-cou vertes • . . . Krit profecio hjrc 
tua gloria ut aniis.sa jam ac pcrdita cxccllentiuni viroruni soripta tuo lal>ore ac 
diligentia strcuio nostro restituas.- (I.eon. Arretin. K/»iJ/. IV, 5, p. m, éd. Mchus.) 

^ Kosmini, Vit. tiuarin.t. I, p. (17. 

« Furieti, Pripfat. in (la.spar. IWirziz. O/wr. p. IH lU. — Mebus, Vil. .Imlirm. 
p. 33 et seq. — (juirini, ÊUnlrib. ml Hpitl. Fr. Bnrbar. cap. I. — /«-nn, 
liiss. lo.ïj. t I. p. 44 et se«i. — Ambros. Camald. Kpist. XXIV, », p. Î)8I. éd. 
Mehus. 

' Fr. Pbilelf. Kpiit. p. i.'iO verso : • . . . l't cum Dounuili postes juvcne» mê- 
lions discipliiue et elo«|uentijr cupidi in (inrciaiii trajeoisM-ul, oninem inde ad 
nostros eruditionis elegantiani rcportarint.» — Sur les livres rapportes par (iua- 
rino (le Vérone, voyez MafTei, Veron illust. 



2i mi: i»i 

allail l)i('iit*>l niiilrc ( uiinniiiis ii I Kiiro|M- « ntiLTc D'autres 
coinmençait'iil a cojner et à ('\j.li(|iii'r les inscriptions et les mo- 
iiiiincnls ariti(|ii(>s ; 1rs rciiiiiirs iiiriiir ( iillivaicnt 1rs lettres 
jfn'Cijiu.'s et latines, et la (ItJcoiiverlc de chaque manuscrit pro- 
duisait une vive sensation chez les savants et chez les princes. 
La dccadence de Irnipire d'Orient amenait chaque jour les 
iilh'iatenrs de la (irrcr en llalir, et ils s'y réfu^ièn'nl en grand 
ii()nd)re ajirès la prise de (^onstanlinoplc par les Turcs'. C est 
ainsi (jiic, dans ce siècle iiiémoralde, le mouvement rapiile des 
esprits, l'amour «'t l'enthousiasme des connaissances, la pro- 
tection des princes, l'invention d'un nouvel art et la destruc- 
lion d'un grand enqiiro, se réunirent pour favoriser ITlalie et 
ré|)aiidre par elle les lellres en Knni|ie. Le (juinzième siècle 
n'est pas le siècle du goût, mais celui de l'enthousiasme; il 
n'est j)as le siècle des succès, mais il est celui du travail (pii 
les prépare. Il vil de grands eflorts et de grands changements 
dans 1 esprit des honimes. Mon-seulement les sciences, les let- 
tres et les arts prirent un aspect nouveau, et de nouveaux 
mov<'ns |tar la découverte de l'inqtrimerie et de la gravure, 
mais le uionde lui-même changea de forme et d'étendue par 
celle de rAméri(]ue. Vasco de Gama, en douhiant le cap des 
Tempêtes, fil varier le connnerce et les moyens d'accpiérir les 
richesses. Enfin, les relations des peuples avec leurs j»rinces et 
des nations entre elles furent entièrement modifiées par la j)oli- 
ticpie de Louis \1 et de Laurent de Médicis, et par l'étahlisse- 
menl de lécpiililire des puissances. Ces derniers changements 
se firent aux dé|>ens de la liherté de l'Europe, et les peuples 
aveuglés crurent (pie les lettres, les arts et (juelques jouissances 
sensuelles les dedonnnageraient suflisamment de la perte du 
premier des hiens. 

* néjà aux septième et huitième siècles, l'invasion des Mahométans avait jeté 
sur l'Europe un grand nombre de Grecs orientaux. Ils y avaient apporté beau- 
coup de livres, ainsi qm- le poùt des lettres. I. 'Angleterre et la France avaient 
vvrw plusieurs de ces savants fup^itifs. (Matfer, Hisloire de l'Fglise chrtf. t. 1!, 

p. m.) 



JK\>-M\ims l'illl.ELFE. 2.> 

J'ai cm pouvoir tracer celle esquisse du relour des lettres 
grec(|ues eu It;ili(', parce (|ue François IMiilelfe, père de Marius, 
et It' |iliis («'li'ltn* lill(''rateur de son siècl»*, fut, aj»n\s la jnort 
d'Knuuainicl (^iirvsoloras, un de leurs priiuij>au\ soutiens', 
rpi'il ra{»porta de ('onslantinojile un grand nond)re dr' manu- 
scrits et qu'il prit un constant intértU au sort des nobles et sa- 
vants Grecs fii^'ilifs '■'. 

La l'ainille de François JMiilrilc ctail de Toli-ntuio, mIIc de la 
Marche d'Ancône\ Il y naquit le 2.') juillet lUOS"" de parents p<'u 
connus et de commune extraction. On aurait quehpies détails sur 
sa famille, si l'on pouvait ajouter foi li ce qu'en dit le Pogge dans 
les inv<'clives qu'il ('crivit pour veoLjer Niccolô Niccoli des sa- 
tires de François IMiilelle. Mais les littérateurs de ce tenqis ne 
se picpiaient pas de véracité dans leurs (pierellcs: ils inventaient 
des faits, cliercliaient h couvrir de ridicule leurs antagonistes'', 
et l'on doit croire cpu» le puMic était averti davani e du peu de 
vérité de leurs assertions, puiscpu' les accusati«uis atroces «ju ils 
lauç;iieiit dans leurs ilialriltes paraissent n'avoir fait aucun tori 
à vv\i\ <pii en étaient les objets. On troiive même des «'cri- 
vains tels «pic Louis Puici et Matteo Franco, «jui dans leurs 
producti(Uis se dis;nent ré«'ipro<piemenl les plus grandes injures 
sans cesser d'être unis par lamitié. Ils n'étaient mniinis (|n'en 

» Hier. Squarciafic. Iî'/mj/. ad Franr. Ijeon. ante vers. Int. Diodor. sic. edii. 

Venet. 1 iHI, et in Itibl. Smith, p. 21 5 : • Vr. l'hileiphi qui utriu&()ue linguie 

et splentlor et decus extitit. - 

« Voyez des extrait.s des lettres de Fr. Philelfe dans Crusius, Turro-Grar. 
p. 55 »8. 

^ Vr. Philelf. IHpist. p. i'M verso. — l'iiilipp. Uergom. Si</>/»/. Chronie. 
iinn. iaS)8. — tlahr. (laver. Kontnna aptul S.ix. Hist. Lit. Metiinl. — André 
Ttievet s'est étrangement trompé sur la patrie de Philelfe : il dit qu'il était de 
Tolède en Ksimiijiie. ;A. Thevet, Portraits tt vies des hommes illustres, Paris 
1584, in fol. f" 97 verso.) — Fossi ICalal. Bibl. Mmjliabfrch. t. il, p. 331) dit : 
■ Franciscus Pliilelphus ex familia Itucellia Flon>Dttua uriundus, Tulrntini in 
luceni éditas, etc. . . . • 

« Fr. Philelf. Kpist. p H| vt-rso. i'-ti recto.— l,aucelot, .4rail. des Inscr. t. \, 
p. fi9l, 4<>. 

* ('4>mparez Cicéron, De /inibtis, I II, c i'.i. 



26 mi: I)H 

vers', t'I il sriiililc <|iic, iluiis cel âge, la ealomuie éUiil au rang 
«Icfe j('ii\ i\r rcs|)iil. L«' !'og^«*, <*ii |»arliriilier, est Irop connu jiar 
sa nn''(lisaij{'e ■', jioiir (|in' IVxjjPcssion «le sa folère ail une au- 
t<»nlé liist()ii(|ue. (^epeiKlanl, en rejetant les injures, on peut 
trouver dans ses trois invectives contre François Pliilelfe «jurl- 
(jucs faits qu'il ne peut, ce semble, avoir imaginés. On v voit 
que le |)ôre «le Fran<;ois IMiilelfe s'appelait Cicco, et l'on peut 
(Toin* «jii'il cultivait «le ses Fonins «|u«'l(jues possessions près «le 
ToicnliiH». Sa nn're «"'tait «le iliniini, «ni, s«'l«>n l«' l*ogg«*, elle 
exerçait un iii(Mi«'r peu honorable '. Un |)rètre «les environs |»rit 
soin «le la première éducation de Piiik'lfe, <'l le Pogge n'a 
|ias inaïKpii' d allirmer «|u«î ««• prêlr«' était le véritabh* |>èr«' «lu 
jeune Fran<,«MS ', «jui, ayant sans doute montré des dispositions 

* (juadrio, t. Il, p. j66. — Koscor, Vie fie Ixntrcnt de Médieis, t. I, p. 203- 
■294. 

- Tiraboschi, Stnr. t. VI, ii, p. 41— ii. Sur les «luerelles dt- Poggio, voyez 
Kecanati in Murator. Script. 

' Poggio, Invert. I» in Vr. Philelf. [Oper. p. 6i verwi, edit. WiX'-S) : • . . .Veruni 
nequaquam miruru videri débet, cum cujus mater Arimini dudùm in purgandis 
ventribus, et intestinis sorde diluendis qun>stutn fecerit, materns artis fœtorem re- 
(lolere ; hiesit iiaribus filii sagacis maferni exercitii attrectata putredo et continni 
stercoris fœtens halitus... • — Cornel. Tollii Append. ad librum P. Valeriani, 
De litlenit. infclir. p. 3, Helmstadt 1644: > Fr. Philelfus. . . cum pater inops, 
ijuique ex diurno labore in dicm viveret, mater cui ad qutcstiim iiihii nisi fémur 
superesset.. . .» ("orneiius ToUius ne vécut que vers le milieu du dix-septième 
siècle; il copie 1 ■ Pogge en cet endroit : Pogg. Invect. 3' ifi Philelf. p. 6*5 verso, 
■ . . . qui geuus tuum quod sordidum , vile, abjectum putaras, ut|>ote ex patr<» 
Cyecho, viro stolido ac stupido qui manibus propter opus rusticanum ad fricandos 
equos tcrgendosque pro strigili uti potuisset, in lucem extuli.. . .• Voyez la note 
suivante. 

* Pogg. Invect. 3", p. OG : » . . . . «)rtus eniin ex presbytero rusiicauo oppido 
Tollentino et matre adeô reiigiosa ut se corpusque devoverit f acerdoti, Heorum 
génère siiperbis. Komulus quondaui ex Klieu virgine vestali, .Martisijue sacerdote 
natus, cum a Diis genus tiahcret urbeni condidit Itomanani, caput orbis futuram. 
lu non ex Martis sed ex Veneris ministra et maire, non Vestali sed Klorali , ad tui 
noniinis parentunique memoriam, non urbem in I.atio, sed in oris spurcicia sterqui- 
linium coudidisti. . . (^uid enim illa mater i faceret coufecta inopia, mendicitate 
coacta, cui nil ad quœstum prirter fémur superesset, Cyecho viro patri (id enim ei 
nonun fuit) vel circo potiùs ? qui uxoris tamdiù vitia ignorans ex diurno lat>ore ac 
sudore in diera viveret, oninia pricter egestatem deessent , «lui nedum uxori, sed 
ne sibi quidem vitam pr«?bere posset...- — Id. i6i'</. p. C7 : «... Educavit te 



Jl. VN-M Vllll s IMIil.ËI.Fe- 



pour l'élinlc, lui succcssivemenl envoyé aux écoles de Faiio, 
Venise el Patloin;. Dans c<Hle dernière ville, il fut (Jisei|)le de 
Gaspariiio de l>:ir/.i/i:i '. (iiii v |>ro(essa avec un ^'rarid «M-hii de- 
puis l'an 1 V07 à I an 1 V17, ri (|mi parail a\oir él«', jiendanl !•• 
reste de sa vie, lié d'amitié el de correspondance avec François 
Pliilelfe '. Selon le l*ogg<?, les mœurs dépravées de Pliiielle li- 
firenl chasser ignominieusement de (es difliTenles \ilh> ; d re- 
tourna à Vernse, mais sa mauvaise re|tu(a(i(in I v suivit el le 
contraignit à |»ass4'r en (ifèce ^. Franrois Pliilelfe nie les accu- 
sations du Pogge*, et le cardinal de Pavie lui rend le témoi- 
gnage d'avoir très-hien réfuté les contes de son ennemi \ On 
doit d'autant ])lus se délier des asserli«)ns de ce Florentin, (ju'il 
est certain <|iie Franrois PiiiieHi' fut vu grande considération à 
Venise, où il fut a|)pelé pour profess<'r la pliilosopliie et l'élo- 
quence*. Peu après il fut nomme chancelier de l'amhassadeur 



sacerdos pro suo naiu Cycclio parvu ud i<l cura, oh inopiam, erat > u&que a<l an- 
uum dfcimum , scitulum speciosumi|ue pueruiii. hehiuc facts te ad litu-ras, in 
quihus tanlùm eniinercs ut omni'H «uperiorc» stulticia excelleres, etc. etc.. . .• 
Vid. et Poggii Facetio' in oper. p. 47((, ilasileas i53H, in-fol. 

• (iaspurino mourut à Milan en IWI ; une partie de »e8 œuvres a été publiée 
par le cardinal lurieti ' Itomir I7i3, l") qui a écrit sa vie; le reite est encore en 
manuscrit. Voyez Kal)ric. Ililil. infim. Int. t. IN, p. ii, éd. Mansi. — .Vrgeloti, 
Bibl. Script. MedioUtn. t. IV, p ^((01. — Mazzuchelli, Scrit. liai. t. II. i, p. 
•iJ)8 et seq. — Tiraboschi, Slur. t. VI, c. Il, p. iTH et suiv. — (iasparinu fut, aprt>s 
Pétrarque, l'honiuie qui contribua le plu8 au rétablissement des lettres latines 
et un des fondateurs de la critique currective; il rexer(,-a )>eaucoup sur les œu 
vres de Cicéron. — Trithéme, />« Scripl. KcrUt. n» 7i4 : • Latini sermonis ele- 
gantiam semimortuam ab iuferis ressuscitavit.» — Voyei les Testimotiia rusem- 
bb's par Kurieti à la tète de son édition. 

• Fr. l'hilelf. Kpist p. .'i verso. 

^ Poggio, lin-fct. iV« iH Pbileir p. 63 recto. 

• Danssa lettre à l.eodryse Crivelli (Kr. Philelf. Epitt. p. i82 verso] il reud à 
celui-ci les injures qu'il avait remues du Pogge. 

s Jacob. Cardin. Pap. Kpitt. p. 408 : • Inveotiones omnes Poggii tui, quas di- 
sertis-oimè refutasti, etc. • 

Ce fut Fr. Itarbaro qui fit recevoir Fr. Philelfe citoyen de Venise et ensuite 
secn-tairi' du Italie. (Fr. Philelf. Saltjr. Ifrc. I\. sat 4.— guirini, Ihat ml lUrb. 
epiit. p. XXX. ) — Ce fut ce tlernier, et non l'empereur, qui lui coutia une mission 
pour Amurat. Voy. Rosmini, t. I, p. li. » 



2H Ml. 1)1. 



(le CL'Ut; r(-|)iil»li(|iic à (^i)ii.slaiiliiio|)l*>, où il arriva en 1 i20, et 
où I riiijM it III Jr:iii l'iilcologin; le disliii^iia ; l<* Bailc de Venise 
I riiNova <-ii iiii.'^sioii aii|)r(-s d .Viiiiiral II: plus lai*l il se rendit 



t'^alciiicnl en Allciiiaj^iic V 



François IMiilcIlc édidia a (.ionslantino|ile s^jus Jean Cliryso- 
loras, nevni ' et lierilicr d Knnnannel. Jean ClirNSoloras jouis- 



' Jacob. Cardin, l'ap. tî/iiit. W, fol. I il. — Laiicelot, Acad. dfi tttscr. t. X, 
ji. 003-094. — Saxius, llist. LUer. Mediul. p. i20. — Tirabosclii, Stor. t. VI, 
II, p. -2H.V28i. — l,al)l)e, ('nnril. t. XII, col, lO.'i, ed Venet. 17.31. — Zeno. 
Disscrt. 1, j). "270. 

* (juarin. Verori. apiid Hodv, I, c. il, p. 64 : ■ l'tfique reft-renda Chrjsolora-, 
viris ictatis nostnc clarissiniis, avuncuio scilicet et nepoti.» — Id. ibvl. p. iO 
(iliii devrait être chiflri'e 05) : • Johanues quoque Chrysoloras. . . et wrè patrun 
Mauuele digiiissiinus. • — Mar. l'hilelf. Antyris, lib. Il, v, 630 ^ms. de la bibl. 
de Genève) : •■ Johannes Cui .Manuel patriius. • — Il ne faut pas confondre ce Jean 
rhry.-ioloras avec un sectateur de Uarlaam ijui portait le même nom, mais qui était 
plus ancien et qui avait dispute contre (Jn'goire l'alaraas au ti-mps de l'empereur 
Audronic Paléologue. Phranz. I, 12.— llauck. De Script, flyzunl. p. 028.) — 
l'ontanus ( not. a^/I'hranz. Chronir. p. 213) a mal à propos confondu Emmanuel 
avec cet ancien Jean Chrysoloras, qui fut peut-être le père d'Emmanuel ou du 
second Jean Chrysoloras. (Vid. Ilody, p. 21, oO. — Bultcus, lli%t. l'tiiv. Paris. 
V, p. 873.)— -Kueas Sylvius (Epist. Hb. I, lOo, p. 600, ed. Basil. 1571) donne par 
erreur le nom de Jean à Emmanuel Chrysoloras. Plusieurs auteurs ont confondu 
l'oncle et le neveu et ont dit (pie François Philelfe était gendre d'Emmanuel. 
(Trilhem. — P. Jovius. — Ger. Voss. de llist. lir. p. 102. — Eoppius, .Uiscell. 
Lips. t. V, p. 325. — Niceron, .}féiii. t. VI, p. 73. — Pope lUount, Cetunr. p. 471. 
— Paul Freher, Thedt. Vir. Doc!, p. 1420. — liailUt, .///«/'•im. des Sav. t IV, p. 
20iS, l'. — Corn. Tollius, .\ppeud. ail P. Valerian. De infil. Uter. lib. p. 3. — 
Ciescembeni, Délia vulijar. Pues. t. III, p. 208. — I.a Sema .Santander, DicI . 
hiblioijr. t. III, p. 103.) — D'autres ont écrit, sans plus de raison, que Jean Chr_\ - 
soloras était le fils d'Emmanuel. (Lancelot, .\cad. des Inscr. t. X. p. 742. — La 
Monnoye, I\ol. sur Ihiillet, t. IV, p. 208, 4". — Furieti, Prceftit. in Barzizior. 
oper. p. XVI. — Tiraboschi, Stor. t. Yl, il, p. 118, 2J7. — Gibbon, llist. de lu 
dvvad. t. XVII, c. i.xxvi,p. 108, trad. fram,-.) — Jesuis bien étonné que Rosmini 
( Vit. di F. Filelf. I, p. Il) dise «pie Jean Chrysoloras était frère d'Emmanuel ; 
Hosmini lui même ledit son neveu dans la Vit. di fiuarini, t. I, p. 105. lîtrrner, 
/>(• doct. hominibiis (hcpcis etc. 1750. p. 18-10, a fort bien expliqué que Fr. Plr- 
lelfe était le gendre de Jean Chrysoloras et non pas d'Emmanuel. V. aussi Cru- 
sius, Ccrm. (irwc. p. 7, 234. 

[tihlinticn »iv. Fitrsetli, part. 2", p 30-31. - Isocratis libellus, qui Panepyris 
dicitur, scriptusad Demonicum... traductu.-^ Byzantii. • • F prece<luta la versione 
da una leltera a oerto Floro Valiero, cui la dirijie uu Italinno, il quale passato a 
Cou^liiiiiinopoli, ivi .siudiava il irreco sotto Manuello e Giovanni Grisolora. e con 



ji AN-M \itn s iiiii II I r. 20 

sait d'iirnî grande rr'|>u(ali<)n ' «'l avail antn'fois iirofessi' vu 
Ilali<' où les succès de son oncle Kniinaniid l'avairnl attiré *. 

Ces Clirvsoloras prétendaient descendre d'une des familles 
romaines (|iii s'(''talilireiil avec ('onslantin dans la nouvelle 
Home; ils nnissaieiil à la nolilesse une grande érudition, et 
François Pliilelfe reconnaît en plusieurs endroits de s«'s lettres 
les obligations (|u'il eut a Jean Clirvsoloras, dont il lut le disci- 
ple à Conslauliiiople '. 

Jean (Clirvsoloras avail «'jmuis»' .Maidii'dina , lu'e à INm- , de 
Tillustre lamille de Aiiria ou Doria '. Klle avait pour aïeul lli- 



qu(*stu tradiuioiif du il |irinii) saggiu de' kiioï stiidi : • Mearuin ipitiir lucubratio- 
iiuni priniitins hahc, in <|tiil>UK kï «jua latiuô prolata tuo gustu cilMM|ue digna fuc- 
riut, laudatidus ipso» cn-dc ( hrysoloras, florenlissiiiia (jnrca- niMtra- omanu-nta 
littvratunc, hinc scilicet patrunin. illiac ncpoiem, a quiha<s Dniluni i*st virtutù 
gcnus alientim, penitustiuv ubiquo devsse putato , quod illis non insit; quornni 
in me mollitu fucundia velut ex ccle^ti rort- in un-ntes herltulas, h ca-lu ipso enia 
nari- puta, si quid in nu- frugi clurunique conspi-xi-riii. • t^iiesio nostni Italiano 
non è nitrc, chè duariiiu Veronese, il quale intorno al t3iK) portatosi a Constan- 
tihopoii , vi studio sotto i iirisolora , siccotne dioe in piii luoghi délie suc opère 
o Rcgnntaniente in una letterau Lionellod'Kste.che trovusi m-** nelia libreria délia 
Sainte, dove écrive cosi : • (^uni juvenilibus annis sub Manuele Chrysolora illut- 
tri philosophovt ejus nepute Johanue, pncceptoribus amaotissimis, ConKtantiDo 
polim inculereni, et {)ost prima deposita rudinenta, pleniore gradu discendo per- 
gerem, etc. ■ 

< Fr. l'hilelf. Epist. p. t verso : • Quem non l.atini roiniis admtrantur quani 
(îrœci. • 

" \nd. Julian (>int. df mari. Mau. Vhrtjtolitr. iiyud llud) , p. 3U : • Et in primii» 
mors carissinii neeessirii tiii viri ornatissimi atque illa tua nobilissima f.imilia 
dignissimi Johannis Chrysolonr lacrymœ movcnt.... Hic est qui generis tui dig- 

nilatero, studia, honores, cœteraque pairiciir familiic lux ornatnenta lacvrata 
penèqiie cxtincta, n<»n modo clara sobole, seJ optimarum artium disciplina, quas 
abs te olim didicerat, favenfc Deo, refeciet. SihI omittamus nunc de Johanue di- 
cere, cujus huninnitas, scientia incredibilis, virtus ac sapientia, alios sibi lococ 
vindicare potuorunl. • — V. la note i, p. 2S. — Kosmini , Vit. (iwtr. t. Il, p 
105 mO — llody, /)<• vir. ill. Gnrc. t I, c. Il, p. 63 et setj — I.âmnnl Bruni 
(K/)iJf III, 14) dans une lettre à Nircolô Niccoli, parle aussi de Jean Chrysolo- 
ras : • Johaunes Oiecus Miles llononiam venit ad M kal. Martias : secum liaU-t 
Uemetrium non Poliorcetum et iiuarinum \.>-..".nv. ,., . « ;... .... i ir .i.. .*i.jji_ 

Slor. t. VI, II, p. 2.'i6) 

^ Voyex Fr. l'hilelf. Kpist. p. i(»l 

' V. la note '^ de la pape suivante 



M) \ll Kl- 

hiirr de Auiia, iioldr (iônois, (jiii ci\ail cjkjiisc Zdiii|ii:i, lille 
naliiicllc (le r<*m|M'r(Mir Jean Paléologue '. Une (ille sortie de 
( (' maria;;!', i|ni |iar (oiisrMjm'nl «hail la tante de Manfredina, 
cl (|ir<ni avait siinioinnHM.' la Danii- de l'Orient, avait ritoiisi'*, 
|iar ordre de reinpi'reiir, Miistajjlia, (ils vérilaMe ou siijtjiosé de 
lîaja/el llderini*. François Pliilelfe épousa à Constanlinople une 
iillc (If Jean (^lirysoloras et de Manfredina Doria ; elle était 
très-jeune et se nonnnail Tliéodora''. Pliilelfe et scjn (ils Marins 
se s(»Ml vantés iVunr si illustre alliance '. I.c I*o<;ge, dans s<\s 



' Adam de Montait!) , De laud. Anr. fnmil . tiiiml Murator. Script, t \\l, 
p 1178. — llist. polilic. apud Ousii Turnt-GrfPc. p. 2. — Du <'ange, Fn- 
mil. Ilijzant. p. '215'. — Fr. Uarbaro H)e rc iixoria, lib. I, c. viii, p. 91, edit. 
1639) parle de la magnificence avec lai|ueile Kromanuel Chrysoloras fit célébrer 
les noces de son neveu Jean. (Juirini, Dialrih. ad Barb. epixt. p. cxLviii.) 

* IMusienrs auteurs out dit à tort que Théodora était fille de Manuel Chryso- 
loras. (Hosmiui, t. Il, p. 9, not.'! 

'• llist. politic. apud Crusii Turco-Grar. p i — Du Cange, Fiimil. Hymnt 
p. 515. 

Il y eut deux Mustapha ijue les Grecs opposèrent 1 un après l'autre à Amurat II : 
1" .Mustapha, fils de Bajazet-llderim. Suivant les historiens turcs, il périt en 
140'2 à la bataille contre Tamerlan ; mais les (irecs soutiennent qu'il n'était pas à 
cette !)atailie (l)ucas, c. xvi, p. 381 : ils le secoururent contre son neveu Amu 
rat II, qui le fit pendre en l-i-2i. 'Chalcocond. V, p. 117-1 "21. — Ducas, c. XMi 
à .\xvii, et Buliald. Not. ad Duc. p. 250. — Phrauz. I, 32. — Leunclav. Ann. 
Turcor. p. 325.) — 2" Mustapha, fils de Mahomet l'' et frère d'Amurat II. ("était 
un enfant que Jean Paléologue voulut opposer, en 1423, à .\niurat, mais celui ci 
le prit dans Nicée et le fit étrangler en 142 t. — Phranza l'appelle Mustaphopolus. 
( Ducas, c. XXVIII. — Chalcocond. V. p. 124-125. — Leunclav. Ann. Turc. p. 
325. — Phranz. I, tO.) — Ainsi Amurat, dans la mén»e année, fit périr son oncle 
et son frère. C'est le premier de ces deux Mustapha qui épousa la fille de Zampia, 
et non pas le dernier, quoi qu'en dise Y Histoire jiolitvjnr publiée par ( rusius. 

* Fr. Philelf lîpisl . p. 1 verso : » Sed de uxore quod perurbanè jocaris nie- 
eum, duxi sanè uxorem illius Chrysolortr filiam , quem non Latini minus nd- 
mirantur quam Grœci : accedit ad generis vel bonitatem vel claritudinem quo«l 
nata est'mca uxor, ea matre quîT et Auria ipsa sit, et raulierum omnium pudi- 
cissima atque optima. » 

Fr. Philelf. Ilccatnst. Dec. VI, sat. 3: 

Chrysolora (|uis us(|uam, 

()uaque oritur Titan, et qna petit arduus imos 
.Vntipodas, prirclara domus te nesciafalto 
__Sangnine Koinuliduin ijuic nobilioribus ortum 
Dcducens titulis, |)riscisque ornata triimiphis. 



JEAN-MAHILS IMIll.ELKE. 31 

écrits coiilre François IMiilcIli- , a |irél('inlu que celle union 
avail élé forcée el (|ue Philelfe, accueilli avec honlé ()ar Jean 
Clirvsoloras avail sédiiil sa (ille V IMiilelle assun-, au conirairc. 



Ktfge nova; Koiita- gaudeita» fausta propinquo. 
Hoc. Theodora, gcnus geiiiti>r libi casta supt-rhum 
Tradidit, at geiiitrix clariii niujnrilius orta 
Non niiiius augct avos; <{uos proies Auria magnis 
Insigiiita viris, Italie fax ultima I'ùul*, 
Uorriiioni doiuitrix p«lagi. dccorata triamphis 
Minibus, et totimi latt- celehrala per orlx-m 
l'rogenuit Nec avaru milii conccdcris uxor : 
Sfd gramles doti-s, t-t grandia inunora portant, 
'le niilii ad obsoquiuni pnestalias liclior omne. 

Id. lircal. Dec. IX, sat H. ^ 

• Nata fuit llieodora viru(J Chrysulurusj qiia pulrlirinr iirl>i-ni 

Ncc liyZButiacam, neo quidquid Thracia cingit, 

l'Ila puellari ti-ndat décorasse pudore. 

IJaiic niilii connuhio, vinclisquc jugulilius uuaiii 

Duni vir uiagnus avft coiijungerc, phirimadulci 

Oro uii)vi-ns, qua-cuinque rfferl Aurclius, et quie 

(jra-cia docta probnt, solidis sibi vinxit eleuchih.- 

Mar. l'hili'lf. .Itnyrid lib. Il, v. 017 (.»/*. Je la bibl.de G etieve) 7 

Nam mihi quondam 

trbs nativa fuit nova Konia et Chrysolorina 
l'rogenies, matris donias antiquissinia clani-, 
( ui ('hr)solora fuit patcr alta ex stirpe Joliauut-s, 
( ui Manuel patruus, <ienuir materna vetusta? 
Auria celsa domus, pra-clarus llilarius illi 
Factus avus, cujus (ïnecis venerabile uoinen. • 

' Poggii in Fr. Philelf /nier/. 1', p. 6^) recto, oper. éd. 1513 : • . . CoDstanti- 
nopolini tanquam in asylum, egcnus atiiue inops, coufugisti. Callidè id quideni et 
astutè ut nd ea loca adirés ad quip citius auctor quam fama «celerum pervenirei. 
Ibi in Johaiinis Chrysolone doctissimi atque iusiguis Kquitis familiaritateui, dis- 
cendi cupidïtaleni pne te fereiis, insinuasli, «(ui, tua vt-rlntsitate niotu&, siniul men 
dacitate commotus (nihil enim eo prtrter linguam inaneni et cutem aridain de- 
porlaras^ te doini suie recepit, iguarus fuluri : hospitem euim pudieum , oou 
l'aridem adulterum se recepturuin putabat. At tu cum regiones, non mores, im- 
mutasses, ne qiiis locus esset vacuus sceleribus tuis, ejns virginem filiam sta- 
prasti. tuis pollicitutionibus et blanditiis di-oeptam. Cum te ille miser qui serpeu- 
tem domi nutriernt, raœchuni tilia' deprehendisset, de te interficiendo consilium 
cepit.cum tu aufugisses supplioii metu. S^-d quid ageret vir licet prudens' Inops 
consilii ernt, sceius detectum, virpo compressa, dos amissa virpinitatis; in- 
tereedunt Italici mercatores, con»ulunt ut eam despondeat , hm* maxime pacto 
ubumbrari pulantes lurpiiudinem susceptam. Itaquc Chrysoloras mœrore con- 



32 \iK m: 

que Clirpoloras désira d'Ile iiiiioii ' ; m-s laleiils el la laveur 
(II- riiii()<'n'nr ^^icc iiiucnl la faciliter. Il existe un témoignage 
contrMi|i()r;jin, mais luul-ëlre |»arlial en faveur de Pliilelfe, 
c'est celui de (iahriello l'averi da Foiilana (jui écrivit contre 
George Merula pour la défense de IMiilelfe *. l*averi raconte 
(|ue l'empereur grec donna à Pliilelfe la charge de conseiller 
cl de secrétaire, et lui accorda la main de Tliéodora Cliryso- 
loras, (jui était alliée à la famille impériale. Saxius, ipii raj)- 
porte les paroles de Paveri , j»arail ne pas croire à cette illus- 
tration des Clirysoloras, parce que François Pliilelfe, tout or- 

fc'ctus, compulsas prccibus, malo coactus, filiam tibi nuptui dédit a te corrup- 
tam, quo! si extitisset«intt.-gra uc pilum quidero tibi ahrasum ab illias natibus 
ostendisset." 

l'ogg. Inveri.'^^ in l'hiit-f. p. (»7 verso : • . . . Nam cum Johannes Chrysoloras 
te vfluti nelmloDem qiiemilam squalidum ac pannis orbam couspexisset, tum 
pietate, tuni cujusduin Januensis suasu perraotus, hospitio te excepit, famein, 
frigus depulit ; pro quibiis b».'neficiis honio grutissimus summum beueficium red- 
didisti. Omisse enim IMnsarum consorfio quas castas esse sciebas, stuprataque 
virgine unica filia, quam postca desponsasti, morte débita poeuam scelerum 
subiisses , nisi ope ulterius viri egregii periculum evasisses. • — Voyez aussi 
Poggii Facetiœ dans ses œuvres, p. 470, éd. Basil. 1538, fol». 

l'n témoignage pins respectable que celui du Pogge, et qui, quoique très- 
obscur par la manitre dont il est exprimé, pevit prouver qu'il y eut quelque 
chose à reprendre dans le mariage de Fr. l'hilelfe, est celui d'.Vmbroise Traver- 
sari, général des Camaldulcs; voici les paroles d'une de ses lettres à Niccolô 
Mccoli (Anibr. Epist. VIII, D : »... Nuper a Guarino accepi litteras, quibus 
vehementer in fortuuam invehitur, quod filiam Jobannis Chrysolora? clarissimi 
viri is acceperif exterus, qui, quantumlibet bono ingenio, longe tamen illis nup- 
tiis impar essot, quoriturque substomachans, uxorem Chrysolonc veualem ha- 
buissc pudicitiam.mœchumque ante habuisse quam socerum.» Ce passage semble 
attester ([ue Fr. Pliilelfe épousa Tliéodora après avoir eu une liaison criminelle 
ou avec elle ou avec sa mère, femme de Jean Chrysoloras ; c'est ce dernier sens 
ijue Tirabosclii tloniie aux paroles d'Ainbroise que l'on ne sait comment enten- 
dre, car il faudrait ijeitcruin au lieu de socenim. (Tirabosclii, Stur. t. VI, ii, p. 
281 et t. IX, p. 12G.) M. de Kosmiui (t. I, p. 17, not.J croit que ce passage a été 
ou intercalé ou corrompu, et qu'il ne désigne pas Fr. l'hilelfe. 

« Fr. l'hilelfe, Satyr. 3, Deccul. »'/. 

* Gabrielis Paveri Fontanœ Placenlini in Georyium Merlanum seu iteru- 
lam itivvcliva. — Voy. sur ce livre très-rare, imprimé à Milan en 1481, .Sax. 
llist. Lit. Med. p. 187, 226, 573. — Ciornal. de' Leiler. d'Uni. 1714, t. XVII, 
p. 202, 330, 331. — Cristof l'oggiali, Mim. pei Ui stor. hll. di Piacenza, t. I, 
|. 11-13 



JI.AN-M U:M > l'IlILEI.FE. 33 

^in>ill('(i\ i|u il l'iait, n'rii u {toiiit itarlé dans ses lettres ' ; mais 
j'ai montré <|im' la iMsaïeiile de Tliéodora Clirvsoloras était lille 
naturelle de l'emiMTeiir Manuel Paiéoldgue : d'ailleurs ropinion 
de Saxius repose sur une erreur et Fraiieois IMiilelfr a parlé «le 
cette alliance'. François IMiilcHe témoigne dans ses lettres «ju'ii 
dut heancouj» aux leçons de son hean-jière et «le Tliéo«lora, «pii 
prononçait l«' j^re*- de la inani«'re la plus agréalile et vrdim«'nt 
atti(pie\ Kll«' donna à son ep<»u\ deu\ lils et <I«mi\ fdhsV «'t 
l'alné d«' ees «'niants est e«' Maritis ipn» e«'lt«' notice doit faire 
eonnaitn'. 

Jcaii-.Marius-Jacol) IMiilelfe ' na<|uit à (^onstantin«tple "^ Ie2i 
juillet I V2() '. Son j»ère l«' ramena «'ii Itali»', lors«pra|>rèssept ans 
et ein(| nmis «le s«''jour h ('><tnslantino|iI« il r«'\inl ii Veiiis»', attiré 
par les pr«)niesses de Léonard Jusliniani et «le «pielcjues autn's 
patriciens. François Pliilelfe, rempli de ri«lée«juesi»sc«>nnaissan- 
ces, ses talents et s«'s prot«'ct«'urs lui vau«lraient une ^'rand«' for- 
tune, «piilla la n«)uvelle nom«' l«' 20 a«Mil 1 V27, «'t arrixa a Ve- 
nis«' le 10 o(lol»r«' axec Tlu'odora s;i l«'inm«', âj^ée «h* s«'i/.e ans, 
l«'ur lils Marins, «pii n'avait pas en«-«>re «piin/.e mois, et d'assex 
nomhreux «loin«'sti«|ues\ |iarmi l(>S(|uels se trouvait la nourrice 
«le Marins, appelée Mari«', «pii resta lon«;t«'mps au service de 

' Sax. Ilitl. lit Meilioi p. an. 

* Voy. la citât. ci-dfssu.s, note 3, p. 30. 

•' Fr. Phik'lf. ft>/j/. p. ;il r», 201 v. — P. Jovii Klog. PhiUli^h p. 13. 

* LnruH'lot, mm. île V.irnd. ile% Inscript. t X, p. 7 13. — Fr. l'hiUlf. Ihf. Vl . 
Sat, .), dit, en parlant do Th«x)dc>m : 

• Jv niihi ad (il)SO(|uium pra'Stahas lictior omnc : 

llei mihi <{uid Kinc to vitam mœstissinius opli-ni. 

NtT stcrileni nobia fœcundis gesaiTat uxor 

nia vin) pi'porit qiur quattuor ordintr natos, 

Nani Mnriuin );cnuit, gcnuil Xcnopliouta, puvIliD 

Angola prima putnin norunt, Panthoa stcuuda, 

«^iii mixtini facic refiriint viiltui(Uf parentes. • 
» Fr PhiUlf. Hpist. p. \ r\ 

» Tn-ban Anniius <i/>Mf/ Sax ll'^i t ii \f,,U,l p iCM U 
' Fr. Philflf. Kpiit. p 1 r«. 

*> Fr. Philelf. Fp. p I.— I;iin. i..i. W. „. ,„ , \,,„i i .,,f , \^ 

p. (»)i. ii'Xi 



:H mi; i»k 

FiHiirois IMiilcIlc '. IMiilL-ilL- avail amassé (jiicIfjiiL' ar^ciil a Con- 
sl:iiiliiio|)lis mais |ias assez pour soutenir longtemps son goûl 
|)(>iir la (irpense, et |)lusieurs fois dans sa vie il passa allernali- 
veinent de la maj^riiliccnce an dénuement. Arrivé à Venise, il 
ne tarda |)as à s'a|)eicevoir «juc s«.'s helles espérances ne se- 
raient point réalis(M's*, et peut-être faut-il moins en accuser ses 
prolecteurs (puî les circonstances : la ()este désolait cette ville. 
I^liiielle la (piilta le 13 février 1428; il conduisit successive- 
ment sa raiiiille à B()lo«n(* et à Florence, où, malgré les con- 
seils de Jean Auiisj)a ', il s'engagea i» domier des levons sous 
la protection de Cosme de Médicis et de Pallas Strozzi. Il y 
arriva en avril 1 i29, et v professa avec un très-grand succès; 
mais hientot ses ennemis le desservirent anjtrès de Cosme, et 
le caractère hautain et emporté de IMiilellè acheva de le brouiller 
avec son prolecteur. Il se relira à Sienne en janvier 1435, cl 
y séjourna environ quatre années, qu'il employa à donner des 
leçons ptihlicpies et à soigner l'éducation de son (ils Marins, 
qui reçut de son père l'instruction la |tlns a|»profondie dans la 
lilléralure grecque et laline. François Philelle ajouta a ces le- 
çons tons les préceptes qui peuvent former le cœur ou être 
utiles dans les vicissitudes de la vie, et l'on conserve, h Milan, 
dans la hil)liolliè<|ue Amhrosieime', une j)ièce de vers (pi'il 
adressa à son lils , et dans hupielle il lui ex[)0se les principes 
(|iii doivent diriger sa conduite'. Dans ce temps, François 
Philelle était en corres|tondance avec rempereur Jean Paléo- 

< Fr. Pliilelf. I-Jj). p. 06 v". 

* Fr. Philelf. lï/t. p. 2, et p. 5 v«. 
5 l-r. l'hilelf. I-p. p. 8. 

* Raceulta Mihtnese, 1730, n" 1. — liosmiiii, t. HI, p. 8.'{, 84. 

•■• Suxius [llist. Lit. Med. p. 179) rapporte les vers suivants de ce manuserit ; 

Nate Mari, vita milu carior, una vuluptas 

Spesiiue patris, pr.Tcepta seipii si nostra, l'hilelphe, 

Pergcs, te magnum reiKles, nobisiiue tiltinue, 

lllustremiiue viruiu. . . 
l"r. riiilelfe [llirat. Dec. 17, Sal. 1 , au milieu des meilleurs principes de la 
morale, insiste en particulier avec assez de force sur les principes n*ligieux. 



je.\.\-.M \itii > l'iiiiEiiK 35 

loj<ik', cl I «tii Noil |»;ir mit' Iclln' <lii 21 aoûl 1 i38, a«ires8ée 
à et' priiice, i|iii élail alors au joiicilc de Ferrare, que Paléo- 
loj^iie (ii'sirait i|ii(> PhilcIfL* revint h sa cour, et lui dcinaudait 
sou (ils Marins [lour iViumc'ncr à ('onstaulinoplr. IMiilrllii', en 
s'excnsanl de .suivre I eui|M'reur, allègue S4'S eu^agiMueiils avec 
les Siennois, el promet avec plaisir de lui envoyer son fils'. 
Hienlôl François IMiilell'e crut «pie la haine de Cosnie de Médicis 
ne lui perniellrait plus d'Iiahiler Sienne avec sûreté, et il alla 
à Bologne, dont alors Nicolas Picciniuo' élail niailre; il de- 
vait V donner des leçons |>endant six mois, et son dessein était 
ensuite de se rendre auprès du duc de Milan . Les troubles 
civils dégoûtèrent Pliilelfj.' pour la seconde fois du s<''jour de 
Bologne * ; son lils M;iriiis avait treize ans, et ils»' s<^rvit de lui 
j)Our sortir <le celle ville. .Marins s'enluil dans la nuit du 25 
avril, son père se mit à sa poursuite et le retrouva à la porte de 
Plaisance, avant pour compagn<Mi un .Milanais nommé Florins 
Novalinns. (lelui-ci racoula «pi'il avait relire Marins de la mau- 
vaise compagnie de ipielipies s<ddals, el (pi d comptait le con- 
duire (lie/ .Vntoiiello Areimltoldi, l'un des principaux olliciers 
du diK de Milan \ et frère d'un des amis de Fran(;ois Pliilelfe. 
Le père et le lils, arrivés dans une auberge de IMaisance, reçu- 
rent la visite de Pierre Plalea, gouverneur de la ville, (pii per- 
suada à Pliilellè (pi il ne |>ouvail se dispenser d'aller à Milan 
présenter ses respects au duc Pliilippe-.Maria Visconli "• Tliéo- 



* Kr. l'hili-lf. Kfiint. p. 15 : • Quixl hortaris Johanncm Mariuin tiliutn ad 
If mittaui, faciam id i|iiidetii iie<itta(]iiarn iiivitus. Quid viiiiu niihi optatius cc- 
derv |M)uit, <|iiaiu incum dileotissiiuuin rdium vel liospitio tao, vol disciplina 
uti, iiiii oniniiiiii ( hrisiinnoniiu l'riiioipiini i-t diguitati- sis maxloius l't virtati- 
priiuariiis. • 

» Muratori. Anmil. 1 i3U. 

^ I.anci'h)t, Mém. de r.iaul. îles hucript. t. \. p. 695-703. — Rosmini, t. I, 
p.Di. IW. 

• Fr. l'iiilvlf. Kpist. p. Vu v" i-t p. it — Pnur la description des troubles 
«le llologne, voy. Fr. Philelf. Snttjr Itcc. Il, heeal 9. — Itfrail 17, Arro/. î. 

5 Air.., Scritt Piirmig. t. Il.p iS.\. 
" Fr. rhiltif. t'i'hl p. 18 



'Mi mi: ih; 

tloia L'I.iil n'sli'c à JIoIo^iil'', i-l l'raïK/ois IMiilcIlc, ajirès avoir 
bercé les Polonais de l'espérance de son retour *, (it venir sa 
femni(; à Milan et s'y élahlil avec sa famille \ 

Ce[»eiidaiil ^farills ('lail à Coi)stanlino|(l(' dî'S le commence- 
nienl de l'année 1 ÏU)'. Il parail (jii'il (jiiitla Milan avant l'ar- 
rivée de sa mère, et (jii'il s'cml)ar(|iia à Venise ou à Ferrarc, 
avec les Grecs <|iii, le (i jnillcl de l'année |»réccdente, avaient 
signé au concile de Florence la fausse union des Grecs et des 
Latins'. Il arriva avec en\ a Constantinojde'', et dut être témoin 
de la mauvaise n''ce|)lion (|ue l'on y lit aux ecclésiasticjues qui 
venaient de sacrifier leur conscience et leur opinion h l'espoir 
d'ohtciiir des Occidentaux (jueKjue secours contre les Turcs. 
niciilùl tout l'ouvrage des conciles de Ferrare et de Florence 
fut détruit ' et désavoué, et l'on ne reprit le jtrojet de réunion 
que lors(|ue Malionu-l II, sur le point de prendre Conslanlino- 
ple, força les Grecs à de nouvelles ruses |K)ur engager le pape 
à les secourir ". 

Franrois Pliilcllc lit partir son fds pour Constantinople avec 
d'autant jdus de plaisir, (pie, dans ce temps, on ne pouvait 
j)asser pour savant qu'autant qu'on avait étudié dans cette ca- 
pilalc de l'emjnre d'Orient; elle était n'gardée comme l'Athènes 
moderne, et comme la source qui l'crtilisait tous les endroits 



« Fr. Phik'lf. /i>/v/. p. IH V" et p. 20. 

* Voyez Fr. l'iiilelf. /l'y*. : Voyez surtout les différentes lettres dos pages 18, 
20 et 21.) 

5 Fr. l'iiilelf. /i/». p. 21. 

* Fr. Philulf. Jip. p. 20 V. 

* Cf. Sylv. Syropuli Vcra lUstorin ttnionis non vero" in 1er (ircrros et l.a- 
tinus, Ilag. Comit. IGGO, fol. 

" l/empereur s'enihariiua à Venise le 1 1 octobre 1 130, et arriva à Constanti- 
nople le I" février lilO. 

' Léo Allât. /><• pcrpet. KccL Or. cl Orcid. consent, lih. III, cap. 4, et surtout 
les additions, p. 13S0-i;{!)5. On y traite llessarion de traître «jui a vendu sa 
conscience contre le cardinalat. — J. .Vynion, .Monum. authentiq. de lu reli- 
t/ion des Grecs, p. 122 et suiv. — Ducas, cap. 31, ,^ 3. — Dupin, youveUe Bi- 
liliothèque, t. XII, cap. 2. 

■* Voy (Jibhon, lli.ft. de la rhute de l'I'mp romain, chap iam, lxvii. l.XMlt 



JEAN-M.VItirs Pllll Kl.i-'e. 37 

i\c rKiiro|i(' où I (111 nillivail les IcUrrs'. A tcUc é|>0(|ii(', lis 
lioiiimi's «réindc (!«• l'Ilalie allaionl finir leur «Mliicalion en Grèce'; 
mais il ne laiil pas croire (iiic Trial des Irllrcs cl des M-icnces 
fùl l)caiicoii|) plus lirilianl dans ce |iavs «jnc dans le reste de 
rKnro|ie. La hoinie lilléraUire y était |>res4|ne aliandoniiée à 
de prétendus savants «|ui étaient, comme ailleurs, enloncés dans 
des discussions de théologie et de dialectiipu' ipi ils avaient 
prises chez les Occidentaux, dont ils aNaienl traduit les |M'rni- 
cieux (Uivraj^'cs. La langue greccpie a\ait complelement dégé- 
néré : Cunslanlino|)le était le seul lien où les savants et h>s gens 
d(* la cour la parlaieiil enctue a\ec l'ancienne pureté, et les 
leinmes n(d)les avec la grâce et l'accent atticjues '. Le Pel<»po- 

• An. Sy\v. \\h. I, cp. 15.'>, p, TOÔ, ctiit. lîusil. !."»7I : • Ni-ino l.ntinonini 
sntis vidrri (loctim potcrat, nisi pcr lempiis Coiisiaiiiiiiopoli 6tu<liiiMu.-t. (^uotlijut* 
flort'iitc Uoma dootrinariini nomi'ii hnl>iuTiint Atlu-iiir, id nostra tein|K*«iate vi- 
dc'l)atiir ('oiistaiitiiiopolis obtinc-n-. Inde iiohis IMato rtddilus, iode Aristuteliii, 
DemostlK-iiis, Xi-nopliontis, Thticydidis, llasilii, DionyMi, Origenis i-t alioriiin 
multa I.atinis opéra diebus nostris nianifi-stata sunt. . . • 

lit. iliid. «... Fateor miiltis locis apiid Lalinos studia lilerariim esse illusti ia, 
ut Uomir, l'urrliisiis, Itoiioiiiir, Padiiir, Senis, l'eriisii, («loiiiic, Viinna?, Salamaii- 
tic:r, Oxoniii'. Papiir, Lipsiic, Krfiirdiir : sed rivuli suiit omîtes isti ex (inrconim 
fontiltiis dcrivati. • 

" Kuriet. prœful. ml (iaspar. Barziz. op. p. xvi. 

* Fr. l'hilflf. Ejiift. p. .'Il r il v. — Crus. Tnrru-Cnrr. p ilMK — || n'v 
avait plaK de poi'tes grecs 

Fr. I*hilelf. Kpisl. XIV, p. lui v . - Nmic apu'l «.nitus iiniiiiuin vidio -jui 
versibus delectetur ■ Aurispa, écrivant à Ambroise le Cainaldule, dit «jue les 
(;rec8 Re soiu-iaieiit jh'u de la littérature profane. ^Aiubros. Trav. Epist. lib. ii, 
/i"/'. 53, p. lOiT ) 

Voici encore un têmnipiiagc de la décadence des lettres dans la (ir«-ce; il fuit 
partie d'une note manuscrite qui se trouve sur le premier feuillet d'un exem- 
plaire de V.lulhologir yrerquf, é-d. de Florence I iUl, à la bibliothèque de Paris, 
et qui parait avoir été écrite par (x)nstantin (alopa : • . . . Quia <)uid<|tiid et li- 
brorum et ingeniorum in (irtrcia rclii|uum fucrat, jam totum in Italiam cuni- 
migravit, pricler enm quem hic rcpcri, Aristobulum A|>ostolidem , anlistilem op- 
timum, cum quo solo ex (irn>cis omnibus in Crvia Kxpti |M>tui. 1s ut moribus 
prirstat et littcris. ita sua l>onitate et lueo eiiani suasu, ex juventuto aliqiios sus- 
citât, quos instituât, ut birc possiut légère, et ut (ira^ïa' littera? tinrcis aliquaex 
parte restituantur. • 'Cité par Chardon de la Uochette, Mélanges <tr rritii/. et Je 
philoliKj. t. I, p. i.37, i3H.) Ceci regarde le K-izième siècle.— Aristobule, 61s de 
Michel Apostolius, est auteur de la Galeomijomnekie, en vers inmbiqurt. — Arse- 



:is 



mi; m; 



iK'Si', ^oiiMiiic |i;ii- 1rs rail>lr> |iilii(is lU' \.i iiKiisiMi drs I*alf0- 
lo^iios, était dans la Itarharic; \r. Ianga<{<' ri les miiMirs y ëtaiciil 
('••^alcinciil corromidis, cl ce pavs n'olFrail |iliis de science el 
de cidtiirc (|iic diiris la personne du vieux (iemisthns IMethon*. 
(]r |»liil(»s()jtiie N(''ncral»le a\ail ('l)', dil-on, le niailrc d'Kinnia- 
niiel (^lirysoloras, :iiir|iiel il Mirxt'cni lonj^temps' ; il passait 
|«nir riionnne le plus savant de son temps, et mourut u (jm- 
slanlinoplc âj^»' de |»rès d'un siècle \ Il «'lait venu en Italie pour 
le concile de Florence, et avait e\|»li<pié avec tant de charme 
et de succès la |)liilosopliie de Platon, cpie s<*s le<,'ons engajijè- 
iriii (losMie de Médicis à établir son Académie platonicienne*. 
IMalon el sa pliiloso|tliie étaient déjà connus en Italie l<ui},'temps 
avant (icmisllius ; Petianjue possi'dait une parlie de s*'S «ruvres 
en i;rec, et il devait ii JMriaam la laiMe coimaissance (|u'il en 
avait. Pétrarque, dans un de ses traités, lit, sans exciter de 
(pierelle, une comj)araison Tort curieuse de la philosophie «le 
Platon avec celle d'Aristote ; il v donne la préférence an phi- 
losophe d'Athènes, et remanjue (pie sa doctrine est celle des 
princes et des grands, tandis que celle d'Aristote est celle du 

nius, ôvcMiuc de Monembasie, était aussi fils de Michel Apostolius. Chardon de la 
Rochelle (1. c.) a pensé «[u'Aristohule et Arsenius étaient le même personnage. 

* Fr. Philelf. Epiit. p. 6"2 r", Sphortiic et .Sa.xolo, nnno I iil. 
t Ilody, De Vir. (irœc. lllust. p. 22, 23. 

^ I-eo Allât. De Geortj. apurl Fahric. Itilil Gr. t. X, p. 739 et seq. 

♦ l'roheniium Marsili Ficini Florentiiii in IMotinum ad Magnanimum I.auren- 
tinm Mediceni l'atria; servatoreni : « Magnus Cosnins, .Senatus consulto patriîr pa- 
ter, (|iio tenipore concilinin inter (Ira'cos et I.atinos stih Kupenio Poutifice Fl»>- 
renliîc tractal>atnr, I'hiloso|ihum nnecum, cogiioinine l'Iethoneni, t|uasi Plato- 
nem altermn, de mystcriis l'iatonicis dispntantcin fréquenter andivit. F. cujiis 
orc fervent! sic afflatus est protinus, sic animatus , ut indc Academiam «luam- 
dani alta mente conceperit, liane opportuno primum tempore pariturus. Deinde 
dum coiiceptnm tantum Maguus ille Medices quodammodo parturiret, me electis- 
sinii nicdici sui Ficini filium, adhuc puerum tanto operi destinavit , etc.. . .• 
Cette édition des œuvres de l'Iotin fut imprimée à Florence, aux frais de Lau- 
rent de Mtdicis, l'an 1 1112, ainsi qu'on le lit à la fin de ce livre. — Siewekinp, 
professeur ù «H)ttingue, vient d'écrire en allemand l'histoire de l'Académie Pla- 
tonicienne à Florence (18131. Sur cette .Vcademie , voir encore Ficin. Prirf. in 
riiiloitcin. — Cranu'r. De Causix reslauralœ sircuh XV in Kaliam philoso/ihia- 
rhilonirw, 1813. 



JEAN'-MAHILS PIIII.ELFE. 30 

vulgaire'. Saint Thomas avait \()iilii aussi étudier Platon % et 
Léonccî Pilale en avait traduit f]url(|u<>s parties avec Hoccace"'. 
IjCS lorons d('(ioniistlius\ à Florcncr, donnèrent de nondireux 
partisiuis à Platon, et, de retour en (irèec, il écrivit pour !«• 
coin|»arer avec Aristole ; il exalta le premier, dénigra le second, 
et alluma, vrrs !<■ milieu du ijuinzième siècle, la faineus<' (|ue- 
relie d(uil le cliami) de halaille fut |irinei|)alement en Italie, 
mais où les (Irecs seuls eoud)altirenl. Les jtarlisans d' Aristole 
étaient Jean Arj^vropule, George Scliolarius, Théodore (ia/a, 
George de Tréhizonde et Aiulronic Calliste ; on comptait |iarmi 
les soutiens de Platon, Gemislhus, Michel Apostolius et le célèhre 
Hessarioii, (|ui, au uulieii des injures \omies par chaque parti, 
se lit remaripuT par s(Ui savoir et sa modération . 

Depuis longtemps il n'y avait plus de poêles en Grèce, les 
grammairiens v étaient les seuls littérateurs ; ils exprupiaieni les 
auteurs et eulourai<-nt leur texte d'un amas de scholies sans 
en sentir la heaulé. \a'^ sectateurs d'Aristote et de Platon 
gendilaient avoir un peu plus d'i<lées et lU" liness<% tandis «pie 
les historiens (pii nous ont transmis les derniers événements de 
l'empire d'Orient écrivaienl presipie tous en stvie harhare. Il 

' Petrarch. De hjnorant. sui i'/itihv, p. M00-I1(i2, «Mlit. Uasil. 1554 f«i|... 
On y lit entre autres : • Si qtiitleni de riatoiu- et Ari§toicIe si qiurratur qiia- 
lisnam major clariuri|ue vir fucrit , non niihi tanta est ignqraotia , etsi miil- 
lara judices mei Iribuant , ut tanta de re ausim pnccipitare sententiam. . . At 
si quaratur uter sit laudatior, incunctanter expediaui, inter hos refcrn- i|uantuin 
eRO arhitror, «juod inter duos, «{lu/rum alleriim principes proceresque, alte- 
runi universa plehs laudut. A ninjorihiis IMat», \ri.stotiIes Inudatur a pluribut. 
A inapnis et a nitiltis, iniiiio ni) oniiiiluis, di^^nus iiterque laiidari : eu euim antho 
iiaturalihiis at<|ue luiinani»in relius perveuenint, qao niortali ingenio ac studio 
perveiiiri jMjtest, in divinis altius ascendit l'Iato, itc . . . • 

« riral)08clii, t. VI. 

■* llalilt'lli, lit. di Hitccir. p. itUi. 

♦ Voy. sur «ù-orge Gemisthus IMethon , Allât, lie Georg. ap. Fabric. IlihL 
CêICK. t. X, p. 73S» el seq. — Urucker, llitt. phil. t. IV. p. il — Oudin, /)« Script. 
Kccles. t. III, p. i-UH-SacM). 

» Iloivin, .irail. des Inscripl. t. Il, p. 71 l-7iO. — Tirab.ischi. Slor. t. VI, 
part. I, p. i(»l-i78 — Hruoker, llist. philos, t. IV, p. 71 et se«|. — J. Monlli. 
C(xl. .}!% Int. IlihI. .\nni(tu(r. p :>0 



\i) Nil. m 

ne n'sl;iil donc ;iii\ (in-o. de Iciw ;iii(ifii ('•(lai. (jiic riiitelli- 
^('iHc (le leur laiij^iic, leurs coiiiiaissanccs l'ii |iliilos()|iliic et 
leurs liil(li()lli("'(|iies, (|iii (Haieiil fort (•otiKi(l(''r;«ltles, s'il est vrai, 
cotiiiiie r;issiir(,' le cardiiiiil lsi(i(»re, (|iie les Turcs, après la 
jirisc (le (liMislanliuMiile, délruisireiit ceril vingt niillo volumes'. 
Mais, lieiiiciisciiieiil , la |iliis «grande [lariie «le ces trésors 
avaient été coniinuiii(|ii(''S, avant cet événement, au reste de 
rKuro|ie, et les italiens éludiiTcnt avec tant d'assiduité, i|ue 
(lonslaiilin Lascaris avoue «|ue la langue grec(|ue était plus cul- 
tivée en Italie (|ue dans la (Irèce même '. 

Marins IMiilelle avait (juatorze ans «piand il arriva à C<»nstan- 
linople, et sans doute il v fut accueilli ravoialdenieiit. L'eni|M'- 
reur était son protecteur et l'avait appelé dans sa capitale ; son 
père y avait réuni des |)laces h une grande réputation, et l'on 
(lui Noir avec plaisir un rejeton de la l'amille des Clirys^>loras. 
Kiauçois Pliilellé avait pour ami a Constanlinople Jean Argvro- 
jiule, (pii, malgré son humeur iiKMose et son inconsé(|uence, 
était savant et élo(juent ; il avait, (piehpies années auparavant, 
donné des leçons au célèbre Pallas Stroz/i, lors(ju*il lut exilé à 
Padoue. Argvropule revint en Italie avant la prise de (^(uistan- 
tinople, et v fut un des restaiUMteurs de la langue grec(pie \ 
François Pliilelle lui reconmiandait ses amis', et sans doute il 



» I.aiir. (^iiirin. Kpistul. ml .\icol. V, apurl Dcgli Agostini, Scritl. Viuiz. 
l, p. 218. — Viil etiam Ductc llist. Ihjz. c. -ii, p. 176. 

* Const. Lascar. Procm. ad Urammat. apud Iriart. Cat. Codic. (inrc. Mn- 
tril. p. 1S5-188. 

^ Sur .Feau Arpyropiili', voy. Fabric. Itibl. (ircrc. t. \l. p. iCîO, oïl. llarUs — 
llody, />(' Vir. Gr. p. 194 et seq. — Mtluis, l'nrf. ml Ambr. l'unuild. \'il. 
p. XX. - Tir;il)()schi, Star. VI, i, p. 2.">0 tt seq. et IX, p. 90. — Papoilopoli. Uisl. 
Gjjiiin. l'iitiivin. Il, p. 1"9. — nœnuT, Ih Doct. Vir. Grœc. p. 138, et les au- 
tres auteurs cités par Saxius, Onotn. lileiar. I. H, p. iUi. 

* Fr. Philelf. Epist. p. 30 r", Perleoni, Idihus April. I Hl : • Commendavi le 
per litteras Joanui Arpyropylo, presbytero erudito ac diserto et aiuicè et diligen- 
ter. Quantum autem commendaiio de te mes profuerit, fac ut certior fiam. Solet 
enini quandot|ue vir iste non minus levitatis morositatisque prtc se ferre qnam 
disoiiilinie. Sed tu uteris, si sapias, prudtutia tua, teque et honiinis ingenio ac- 
Cdinodabis et tenipore. Lilternlura tibi ex eo comparanda est, non mores. - 



JK\N->l\ims HIII.EI.FE. 'il 

prit ce soin pour son lils. Mais Murins, jrnne el hien vrnn dans 
nrn' }<ran(le ville, pensa pliilôt h ses |ilaisirs ipià s«*s éhnles', 
il perdit son lenips, dt'pensa plus d'argent que son |)ère n'au- 
rait d«'sin'', et il jiarait «pie celui-ci s'en souvint lor^jne, hien 
des années après, il lit son testament dans un temps où il était 
très-mécontent de son lilsV On voit par les lettres de François 
IMiilellè (|iie ses amis de (^oiistautinople lui rendaient compte 
de la coiidmle de M;iinis. cl i|ii il lo |iri;iif de liii l;iire des re- 
montrances '. 

(Cependant Fran(,'ois IMulelle perdit su iemme, sa chère Tlieo- 
dora ('dirvsoloriiia, mère de Marins. Klle cessa d'e\ist«'r le nier- 
cretli 3 mai \ïï\ . Kn annoncent cette; triste nouvelle à Marins, 
son |ière lui donna Tordre lormel de revenir au plus vite à Milan. 
« Il est inutile,» lui écrit-il, << <pie lu perdes ton temps àConstan- 
tinople, où tu avais été pour étudier, et où non-seulement tu 
n'ap|ireiids rien, mais où tu nuMies ce <pie tu avais appris, tant 
tu te montres soigneu.x de ton éducation \ » Mais Marins 
ne se liàla |K>inl d'oltéir à son père, et il ne revint à Milan 
(pi'a|>rès le 1.*) iii:ii t 'i %-> . Il parait (pi'à son retour il répara, 
sous la direction de son père, ses distractions de Constantino- 
ple, (pi'il étudia avec zèle et succès, puiscpie François Philelfe, 
dans son testament, lui rend le témoignage d'rfrc ttcvenu à 
son école un homme très-savant ^'. 



' Hnrolt. Milmu-s. 1750, n» 10. — Uosmini, t. III, |.. Hi 

- On lit dans le testament de Kr. l'hilelfe fuit en I t"i : •. . . Qtiod ilictus 
Marins filins. . . habucrit multas pnrmgativu et adjumenta à dicto testatore 
pâtre suo qntr non hahuerunt alii fiiii. . . pnroipno <|nandù mixit eum ad sluden- 
(luin ('onstantino|K)li, nhi retinuit euni doininum Muriuin per pUiros annos, cuiu 
ninximis inipensis et lahorihn», etc. - (Sax. Ilisl. Lit, 3/«/. p. ii3.) 

îi Kosniini. t. III, p. 85. — Fr. Philelf. p. 3() v". Perleon. : . De Mario filio .|ua- 
sori|isisti ex nliis (]U(H)ue didicerani. Krnstra nitiniur invita Minerva. Tu hortarv 
iidolescentem nssidui', nt furis, n<>n niiiuis ad raornin integntatem et elegautiani 
<|nam ad litteras. - 

» Fr. l'hil. If /•;/». p. 31 r- du 31 mai. 

^ Fr. Philelf. Kp. p. 32. Cat. Sarco 

•• Sax. Ilisl l.il. M ni p. ii3 

l 



42 \ih 1)1. 

<,)iioii|iio Fruiirois IMiilcltc ail, ù plusieurs re|irisos, U'Uiuiguc 
le désir d'cnlrcr dans les ordres sacrés, le célibat était (»eu de 
son f^onl, vA hicnlol le duc di* Milan, Pliili|t|»('-Mari«' Viscouti, 
(|ni laisail ^raiid cas de IMiilcllL', lui lit éjiouser L'rsina Ostiaya^ 
ou (le O.cumju , i\m avait de la lortune, de la naissance, de la 
heaulé et de la jeunesse \ et il est assez remanjnalde que Phi- 
lell'e, inênfie à l'âge de cin(juante-cin«j ans, disait encore (ju'il 
n'aurait janinis é|)0usé et n'é|)ouserait jamais (|ue des jeunes 
lilles '. Oiijii^e dt; I é|)0(jue ih; ce second mariage |>ar les en- 
fants qu'llrsina donna h Pliilelfe : elle mit au monde deux filles 
il la lois, dont Jnlia mourut en bas âge et Augusta survécut à 
sa mère, et devint, dans la suite, n'Iigieuse^ sous le nom de 
Prudentia. l isina eut un iils appelé Olympus-Flavius , qui 
mourut âgé de neuf mois en mai liiG", et une troisième 
fille (jui mourut le janvier 1448 '. il j>arait que le cliagrin 
de la perle d'Oivmpus altéra la s;inté d'Lrsina, (jui était mou- 
rante au mois de juillet 1447". 

Je pens(^ que Marins recul à Milan le degré de docteur, el 
que son goût pour l'indépendance, et le nouveau lien que son 
père venait de contracter, l'engagèrent à quitter cette ville. Il 
alla faire, à Savone, le jiremier essai de ses talents pour en- 
seigner'. Les .IncjVns qui gouvernaient celte petite républicpie 

« Fr. l'hilelf. lip. p. 3!) r'. — (i l'aver. Tout, iipuil Sax. Ilisl. LU Mal. 
p. 223. — rr. Philclf. Ilccat. Dec. IX, Sut. 8 : 

'• (^u.T fuit Insubril)us forma prîplata piu-Uis 

Omnilms, Artemidi ut quip nec concotlerct ipsi, 

Uosnafra de stirpc fluens niihi junpitur uxor, 

Vulgari ne dote quideiu; peperitque puellas 

Très l'rsiua viro, quœ nunc vc-^cuntur et aura. 

At quartus, formrc splendor, oui nomen Olynipo 

liuliderat, patrium dum festinasset Olympum 

Altulit heu niisenv inortem. • 
-■ Ir. IMiilelf. /i/(. p. SI V '. 
- Sax. Ilisl. LU. MiiL p. 223. 
» Fr. l'hilelf. ft>. p. 39 r». 

"> Itosmini, t. U, p. 281. — Fr. Pliilelf. Derml. IX. Sut. S. 
fi Fr. Philelf. /:>. p. K) r". 
" llosmini, t III, p. S7, dit que Marius alla ii Savone en I44<î, et cite le ms. de 



JE.\>-Mvitns niii.Ki.FE. i-'J 

I av;iiriii clioisi jkmii- prol'ossi'iir «le grammaire ^'\ Ar lin-Unique, 
el lui avaient assij^né 128 livres par an «rappoiiilenn'iiis '. La 
vill»' (le Savone, dans les sièihs préeédciits, n'axail eess»- de 
(ravailler à recouvrrr son aiieiriine lil»erU''; elle avait Iréqurm- 
mrnt hrisé le joug que (n^nes, sa voisine el sa puissante rivale, 
pnUendail lui iinjiosi'r, l'i les (îénois , <pii la traitaient île re- 
lu'lle, laisaieiil <le ^ran«ls elloris |»our la soumettre. Il ii'\ avait 
pas lon;.;leiii|is <|iir (TS deux villes avaient secoué la domination 
du due de Milan, qui. p(>ndanl quin/.e années, en avait été 
maître. Savone, dans ee temps, était riclio el florissante : un 
commerce considérable, favorisé par un beau porl, était pour 
elle une soince féconde? de prospérité, (^omme tontes les \illes 
d'Italie, elle cli«!rcliait à avoir des |)n)lésseurs distinj;ues, et 
sans doiite les relations de François IMiilelfe avec la puissante 
lamille des Fré^ose procurèrent à son (ils la cliaire de celle 
ville. Savone, alors si brillante, jierdit depuis, en moins «Inn 
siècle, tous ses avantages par la ruine de sou jiort. Il fut di'truil 
eîi 15-28 par les (lénnis, lors(|ue, delivri-s par .\n<h'e Doria d«' 
la domination des Français, ils reprirent sur eux celle ville. Ils 
eurent l'idée de ras«^r entièrement une cité qui toujours s'était 
opposée il leur puissance, mais ils se contentèrent de détruire 
S4MI porl et ses forlilicalious^. Ils espéraient attirer dans leur 
ca|utale tout le connnercc de Savone et ôter à la maison de Sa- 
voie le désir de posséder cette place, sur laqu«'lle elle avait des 



son ouvrage De rnmwunis vilo' ronliuetitia. Il re^'Ut ilaus cette TÏlio le droit 
(K- cité. — Andres, l'nliit. Ma. Capilui>i^ [>. «H. — ilcttimlli, IhUr l^ttere ed 
Xrti Mnutouane, p. "i'A. — Sur Sovuiic, voy.Agosi. .Maria l)« Monti, Compmdio 
ili .Mf'morie isloriche tiella rillàdi Savuine e ihgli ui^r--- •"■«'.•. <'rim>ieri, 
Hoiiia IU!)7.H". 

' Tiralioschi, .Sf<ir. t. IX, Siippi. p. Ii(|. 

* Jiicol). BonCndiiis, .liimi/. /^cfiMcnj. lit). I, p. I3iâ ( in FAeiaur. linrv. et 
Kurniann.} ra|>porti' vn ces termes le di'-cret rendu par le stuat de «j« lus contre 
.Savone : ■ (uni Savouonsos à Cenut-nsiltus |mt iH-rfidiaui defeccriul , pl.icere 
muros SavoHir fundiitis everti, «<»vn prupugnacula omnesque niunitioucs com- 
plnnari, fossns urhis complcri . i>i>i luiti ../mM i/i .-ivi^ v.r". ipsos ruin tonini 
IxMiis iucoiuiues esse. - 



Il Mi. m. 



jjiéU'iiiioii.N. Dfjtuis < (; iiiMimiii. L diMadenCL* de Savone lui 
i-a|)idi- ' ; |»liisic'(irs (•m'iii-iihiiK I acciHcrèronl dans la suilCf et 
«cU»' ville, si ()|(iil('iilL' au Iciiips drs pajM/s Sixte IV el Jules II, 
doiil elle elail la patrie, n'a |)lus iiiaiitlenaiit aucune considé- 
ratiofi, el montre dans (|ueli|ues jialais, dis|)ru[>ortionnés à son 
étal actuel, la j)reuve de lout ce qu'elle a perdu *. 

Après (piel(jues années de séjour à Savone, la renommée de 
René, coinle de Provence, duc d'Anjou el roi de Naples, attira 
Marins à Marseille. Ce prince avait une grande réputation nnli- 
laire, mais il a\ait toujours été malheureux dans ses entreprises. 
Sans cesse employé dans les guerres de France el d'Italie, sa 
vie active contrastait avec ses fïoûls, el dans la suite, aj)rès 
avoir éclioué dans une entreprise contre (jénes il 461 , dans 
laquelle il servait sous Charles VII, il linil par renoncer à la 
guerre'', et s'adonna entièrement à l'étude des arts, surtout à 
la peinture, pour laquelle il avait une véritable passion *. Il 
conqiosa (pielques ouvrages en vers el en prose", et fut aussi 
l'auleur de la musique destinée à accompagner la hizarre pro- 



' lacoh llractlli, Oro- I.iijnstirœ Descript. p. 5o, in Rurman. Thés, t, I, pan. i ; 

• l'.st l't Vadoniin portas. Iliiic si-ptem passuum millibus Savoua distat, urbs 
iimltoruni populorum comiiiercio nobilis; nuiic disjecta mole, ijua? fluctibus op- 
posita portuin eflQciebat, niaiica et trunco corpori similis rclicta. • 

* Muratori, Annal, t. XII, p. 501. — Uist. Univ. trad. de l'anglais, t. \\.\V, 
p. 630, 4*>. — Lalande, Vuyatje eii Italie, t. IX, p. 413 et suiv. 

^ Villeneuve-Bargemont, llist. de René d'Anjou. — Bodin, Recherches sur 
le Ilintt- Anjou, t. II, p. 7, 28. — Millin, Voyoije dans le midi de la France. 

* Sur le.s ouvrages de peinture et d'enluminure du roi Hcné, voyez Catalitg. 
de lu Itibl. du duc dr la luZ/iVre, u'' :28o et t. I, add. p. 13-11). — M. de Saint- 
Viucens, Minjusin linri/cl. 1813, t. VI, p. 3.")1 et suiv. 

•■> Sur les écrits de Itené, voy. Catal. de la Bibl. du due de la Vallière, n« 
-281 1, 3U88.— //i7>/iot/i. des Romans, année 1778, t. II, p. 182 et suiv.— Bodin, 
Rcch. llist. sur le Uas-.injou, t. II, p. l-2i, 2i-2l, 483. Le confesseur du roi 
Uené, Pierre Marini , évéïjue de Ulandeves, blâma le goût de ce prince jniur 
les romans et les tournois. Dans un sermon prêché devant lui, il cite l'exemple 
de Cluirlemagne, qui lisait cha<iiu- jour ({uebjues chapitres de saint Augustin : 

• Non sic faeiunt mulii reges moderni. Ils préfèrent des livres pleins d'amour, 
de vanité et t|e mensonge, tels «(ue les romans d'Artus et de l.ancelot, qui jxitiùs 
ad vanitateni, lasci\iani, et superstitionein mentem incitant quam ad devotiu- 



JK\N-M \ltll s l-llll I I FE. i.) 

cession (\v la Fclc-Dicn, ijn'il flaMil ii Ai\, cl donl il préU'iuiit 
laire un spectacli' lionorahle jioiir la religion '. 

René |)rotég('ait el accueillait tous les talents', et s'efforçait, 
dans sa modeste roiir de Provenre, de ranimer les arts, les 
sciences el le génie des anciens Iroidiadonrs \ Ces pères de la 
poésie vulgaire remontent au onzième siècle; les Arabes d'Ks- 
|iagne leur indiquèrent jM-nt-étre les charmes de la poésie, mais 
les troid)adonrs ne furent point imitateurs : leur géni«' lut in- 
d('-|)endant el leur imagination aussi vive qu'originale. I^es pre- 
miers <le ces jjoëtcs lurent de la (^alalogne^ K'S Pro\en(,aux sui- 
virent leure\enq)le,ct furent imités par les Italiens^. Gîtte|>oésie 
provençale, toute Ivrique, nii un si grand succès qu'elle étendit 

iicm " yolic ilea Sermr>n% île Pierre Mnrini, par Fauris de St VincfUt, Mu 
(jasiu lînryrlop. 18i;j, t. lU, p. iO ) 

' Cws Nostradajiius, //«/. de Prov. \>. U8i. — itouihe. Hist. dr Prov \>. i'\ 
— Papou, llisl. de Prov. t. III. — Fsplicalion des cérémonie* de la Féle-Hieu 
d'Aij-, Aix, iu-li. Ksprit David.— Milliii, Voyage. — Itniiard, iVolir. lur la Bi- 
ilioth. d'.iix, p. 53. 

« llfué prit des le<;<)ii» de gn-c de Munus. Kr. Philelf. Ep. p. .ii v».) 

^ ('(csar NostradainiiK, ibid. part. VI, p. ;>K.l. — On voit que la pw'^'iie de» tnm- 
l>ad(>urs était origitiule et qu'elle venait de prendre naÏMauce, puisqu'elle t-tait 
encore unie à la niu.sique, caractère propre à toute poésie primitive. 

* Les Proven(;aux furent mis eu rapport avec les Catalans par le mariage de 
Mouce à Kayniond lU-renger, comte de llarcelone, en llli. 1,h lanpue pro- 
vcn(,'ale liait alors la langue modenu- la plu» éU-gunte. Ou l'apprenait par 
goût et par prétention, comme aujourd'hui le finançais. Bembo, cité par Pru- 
nelle, Dixrouis, p <U. 

' Voy. Andres, Orif/. e proy d'ixjni leler. t. I. cap \i - l.ani|iillas, S<i>jy»o 
ilella Ixter. SfHHjnuola. — Sainte- Painyo, Àcad. des Itucr t. XXIV, p. (Mtl (MU 
- Bastero, Crtura Provensttle, Hom. ilH, fol. — Le plus ancien poëte connu 
en langue d'oc ou provençale est (•nillaume IX, comte de Poitiers, qui compo- 
sait avant la tin du onzième siècle. Le plus ancien pot'te sicilien connu estCinlIo 
dul Cuni<», mort m 1I5KL Le Haute , Vit. nuiv \<.'Xi, op éd. Zatt. t. IV, i), e» 
fixant les commencenu-nts des p<H.sies provtnç.ile «-t it-ilifiine à lîMï ans avant 
l'an liO.\ I poijue on il écrivait, a pris un terme moyen par le<juel il a trop re- 
tarde l'origine de la première, et donne trop d'antiquité à la seconde, pour le« 
faire naitre eu même temps ' TiralHWclii. .S"(or. t. Itl, p. 281. — Bettinelli, Wiiory. 
d'ital. t. Il, p. 67.) - La poésie provençale et la po<^te sicilienne ne sont point 
nées l'une de l'autre, mais paraissent dues chacone sépar«°-ment à l'exemple 
donné par les .Sarra.'^insqui vinrent d'Afrique en Espagne et en Sicile. Les Arabes 
«l'Fspagnf u'iureuf aucune influence sur la Sicile ; mais bien peut-è'tre ceux d*A- 



U\ \rF m: 

la lauijuc //'or (lijmis I lilnr jiis(ju an !*<», t'I (|(i rll»' lui ( iillivér 
avec (|ii<>l(|n«'8 (lillrTcnccs de dialrcU*» <mi Ks|»agne, en (îasco- 
giic, j'ii IVovcncc <H on Lomhanlic '. Dans le douzième siècle, 
les Allemands «•( leur cniix'reur Frédéric il ', les Anglais el 
leur roi Uicliard, composèrent en lanj^iic provençale', el les 
cliarmes de celle poésie légère, lailt; |)our être clianléc plulûl 
(|ue pour èlre écrite, eurent une grande influence sur les mœurs 
cl la ciiltiirc (rnn<* grande partie de rEuroj)€. 

Le temps Itrillant des Iroidiadoiirs lut le dou/.ieme siècle el 
la première moitié du Irei/ième ; la l^rovence était alors gou- 
vernée par la maison de Barcelone. La cour de ces princes à 
Ai\, celle des vicomtes de Marseille, et de plusieurs autres 
seigneurs, recevaient leur plus grand éclat des chants et des 
amours de ces nobles et tendres poètes*. Ils ne se bornaient 
pas toujours à célébrer leurs dames, (|uel(jues-uns avaient des 
vues plus sérieuses, el censuraient avec autant de liberté que 
de naïveté la conduite du pape, des rois, du clergé el des 
grands*. C'est surtout contre les F'rancais que les troubadours 

frique, car au neuvième siècle les Arabes commerçaient avec l'Italie et priiici|»a- 
lement avec Amalfi. (Guillaume de Pouille dit en parlant de cette ville : 

" Uuc et Alexandri gens hœc fréta plurima transit, 

His Arabes, Indi, Slculi noscunfur et Afri. •• 
V.n tour cas, la poisie existait dans cette ile, et daiis le midi de l'Italie, avant liu- 
rivee des Nurmuuds. Ainsi les idées de Lanipillas et des lîénédictiDS {liist. lit. 
<lv la France, t. VIT ; ne sont pas justes. Voy. Signorelli , Vieetule délia collura 
ncllc itui' Sicilie,t. I, p. 193 sc(i.) Il est remar<|uable que Pétraniue , qui con- 
naissait si bien la Provence et ses poètes, accorde la priorité aux Siciliens. (/'r<r/". 
in tipixt. Famil.) 

• Comparez Ste-Palaye, Acatl. des /n.trr. t. XXIV, p. 672-077, et l^poo, llisl. 
de Prov. t. Il, p. 468-472. — • Le Dante a écrit une Canzone d(mt les vers sont 
provenraiix, latins et italiens Ginguené, llisl. litt. d'IlaJ.t. I, p 465', et, dans 
son Piinjatoirc, il a fait parler Arnaud Daniel en provençal. 

" Voltaire, Essai sur les mœurs, ch. 82. — Scblegel, l)e la poés. prormçitlt' , 
p. 75. 

s Zurlanheu, .icad. dis Inser. t. XL, p. I.i4-1G9. — Andri-s, Oriijin. v proy. 
t. I,p. 316. — Papon, lA'Ures sur les Troulmdours, p. i-2'> ••' «'li»- 

* Kaymond Réivnger et ses filles faisaient des vers. 

"* Voyez Millot, llist des Ttouttad. t. I, p. 452. —Papou. Hi^t a,- /'»•« — 
Millot, ihid. t. Il, p l.W, 132, 4IS. 



JEA>-MVHH> IMIIIELFE. 47 

exprimrni vivrinciil leur Iniiie'. Kn clUîl, l«'iir iloniinalioii 
causa la riiinf de ces jKX'les, comriHî celle de toule la Provence, 
et les jir'rséciilions contre les Alhij^eois l«'s avaienl liijà fail 
haïr dans les provinces méridionales '. (>liarlrs, frère de saint 
Louis, devint, par son mariage vu 12V.>, souverain de la Vrih- 
vence, et vingt ans après il con«piil le rovannie de Naples. Ce 
fut alors que l'ahsence de la ruiir, le manque d'encourage- 
ment, la ruine de la noMesse par les ^jnerres d'Italie, portè- 
rent le premi«;r coup à la poési»*, et que les concussions des 
ofliciers de Cliarl«»s désolèrent la Provence, <|ui ne cessa de 
8'éj>uis<;r pour maintenir ses comtes sur le trône tie Naples. 
Malgré Tétaldisstîment des Jeux Floraujc ei des Lois d'Amour 
à Toidouse. et celui de l'Académie dr la (iase Science vers la 
lin du quatorzième siècle, ii Barcelone \ ce siècle vit la chute 
de la poésie provençale dans le Midi de la France; elle fut sur- 
tout accélérée par la décadence du système féodal, la réunion, 
aux treizième et qualor/.ième siècles, des proNin<'es du Midi ii 
la couronnt; de France, et la formation et la séparation des lan- 
gues : au (piinzièuH' siècle la poésie des trouhadours n'exis- 
tait plus (pi'en (Catalogne, où elle s'est soutenue jusqu'au dix- 
septième V 

Lorsfjue Marins IMâilelIr .urn.i a Marseille, lûiic .nan été 
forcé d'abandonner le rovaume de Naples. Ce j>rince ('«tait en 
Provenas où les grands seigneurs lui donnèrent des tournois", 
nohie exercice que Hené aimait el dans lequel il s'était jadis 

« l'u|K>n, Uiit.dvProv l Ul, y. Ii7, loU 

' l'aniii les troubadours et les persrcuteurs des .Vibigeuis ou remarque Fuloo 
ou Foiquet de .Marseille. 

■* Elle fut foiidw par Jean I. (Zurit. Indic rrr. Arruftm in tom III. Ilisitatt 
illustr.) 

* Andres, <>ri</. r pro^jr. t II, p. lii et seq. 

» Tournois «le .Saiiniur tn I i4(i lUnlin, Reehtreh. $ur U lias-.injou, p. H); 
tournois de Tara.scoD en I iU) Id. ibùi. p. iH à 3Î); cest le louniois décrit en 
vers par Beauveau. Eut-il lieu à Arles, comme le dit Papuo liiêt.deProv. t III. 
à la flii\ ou ÀTarascon, conimi !«■ dit limliu'* V. eucori VilKueuTv-Bargeraont, 
llisl. lie Hrnf il'.injKu 



iS Ml. lu. 

rciidii cl'Il'Ijiu. itciic cl .sa iticiiiicrc ri'iuiiit', Isiihclle ', olaieul 
chéris «les Provonçaux, donl raltaclicnient avait «îiicore aug- 
menté par les iviomios (|tril avait faites dans l'administration 
de la jnslin', la |>r«»((''d(ire crirninfllc et 1rs lois en laveur des 
|)U|)illes^ Quand le \nm roi Kené lial>ilail la Provence, il pas- 
sait l'été aux ctiviroiis d'Aix, et l'hiver à Marseille, donl le 
(limai cl le port lui plaisaient. Marseille n'était plus cette ville 
lihre , riche et lloris.sante (pii , au douzième et au treizième 
siècle, rivalisait pour le couunerce avec les répuhlirpies d'Italie, 
et avait des élahlissemenls v[ des privilèges a>anlageux dans 
l<'s villes (le la Palestine, de l'ile de Chypre et des côtes d'Afri- 
(jue '. (jharles d'Anjou prit Marseille en 1257 *, et en lui olanl 
une parlie de ses privih'ges cl de son indépendance, il altéra la 
source de sa pros|)érilé. Après la con«|uéle de Na|»les, rahsence 
de la cour, les frais de guerre, les imjiositions accablèrent 
cette ville comme le reste de la Provence. I^s rois de Naples 
n'eurent pas même l'idée de contre-halancer une parlie des 
maux (pi'ils faisaient ('prouver aux Provençaux, en leur (\u'ili- 



' Klle t''tait filli- de Charles II, duc de Lorraine; mariée le it octobre I iiO, 
elle mourut à .\ngers le ÙH février ltb2. 

- Papou , llist. (le Provence, t. III, p. 31)2. — Boissou de la .Salle, Hssni 
sur l'Itist. des comtes de Provence, \\x 1820, 8". — Le comte de Villeneuve, 
Précis historiq. sur la vie de Hcné d'Anjou, Aix 1820, 8" 'arec l'ouvrage 
précédent). — De Villeneuve Uargemont, llist. de René d'Anjou, Paris 1823, 
8", 3 vol. 

'• Papou, Ui.sl. de Piin\ t. Il, p. xi\, xvii , xviu. Charte I i et 18, et p. 3o3- 
356. — La ville hasse jouissait seule de tous ces avantages. Klle avait acquis au 
commencenieut du treizième siècle les droits seigueuriaux des vicomtes, et se 
gouvernait par des consuls ou un podestat. La ville supérieure n'avait ni com- 
merce ni liberté; elle appartenait à l'évéque, en vertu d'anciens droits cédés 
par les empereurs, et gémissait sous ce joug. Charles, en 125", acheta les droits 
de l'évéque et devint maitre de toute la ville. 

* Sur la prise de Marseille et la cruauté de Charles, voj-. ii. de Naugis, Ann. 
p. 2ii.— Bouche, llist. de Piov. t. Il, p. Hl.— Citronique de St-Dntys, f. 80. 
— IJaralde lîaux, lieutenant de Charles d'Anjou, prit encore cette ville en I2G2, 
et recommença les exccutious. Marseille perdit alors la plupart de ses privi- 
lèges, liouche, iliid. p 271. — 1". de lu ( huise, IlisI de saint hmis, t. \II, c. 21>. 

!« ;tni. 



JKAN-M.VIIII.S l'illl.HI.FI-:. H> 

liiiil l(; ( oiiiiiKMCc a\«'c ritalit', cl celui de Marseille lui rcduil à 
rcx|M''(iili()ii <!<" (|ii(i(|iit s navires dans le I^cvanl. \a' numéraire 
dis|iarul, le j»eu (|ui en reslail élail entre les mains des T(»s- 
cans cl des Londiards, (|ui prêlaienl sur ^a^'c a un liant in- 
térêt*. La jM'nurie était extrême autour de llené, cl ce roi fut 
toujours sans argent. 

Le roi René, (|ui élail en correspondance avec des savants 
et des |»atrieiens de (iènes el de Venise*. ronnaiss;iit certaine- 
ment U'. mérite de Franrois IMiiieilé. Marins dut à la régulation 
de son père le hon accueil (pi'il reçut du roi, qui, charmé de 
son nouveau protégé, lui donna à Marseille une charge de ma- 
gistrature', (pi'il sut exerciT convenaldement \ Marins é-iail 
dès lors marie, mais tout ce <|ue Ton sait de sa ièiinne, c Cst 
(juClle avait nom Marie ', el i\\u\ dès l'an Hôl, il avait une 
(ille appelée Jeanne*', et un autre enfant ' ipii est sans doute 
celui (pii porta le nom de César**. Marins s'était donc marié en 
iWH ou 1 V'iO, et l'on ignore le li»'u où s»' fit son mariage; 
ce l'ut vraisend)lal)lemenl à Savone. 

Parmi les lettres de François Philellè, la première ipi'il 
adressa à son (ils, en Provence, ne nidèrme (pic des exhorta- 
lions morales^, et \\m |>eul remanpier tpie, malgré de grands 

• Papou, Uist.di- Pruv. t. 111. p. 40H. 

* l'upoii, Itial. lie Prur. t. Ml, p. 38.i-386. - Vi-spasiuii. Kiorfiitiii. «/>(«/ U«is- 
niini, Vil. Guarin. t. Il, p. \'M. 

^ Villi-iu'uve • llarucniont, //i«r ilr Hriiv il'Aujou, t. Il, p. 10t>, dit que le 
roi Ucnt' donna à Marins IMiilcIfe V lumurnbU placf de jmje ilu palais rn Pro- 
vence. 

♦ Vr. l'hiU'ir. Hpist. p. il». 

> Mar. i'hilelf. , dans se» Epitonuita, nomme s,! femme Mariella Carretta 
(p. 55); elle appartenait vraisemblablement à la famille des Carretto de Final 
ou de Millesimo. 

•^ Fr. Pliik'lf. /l'/fi'.»/. p. 55 r'. 

' Fr. IMiilelf. ibid. p. IM v', parle des enfants de Marins au pluriel - ...et 
filiis • : il y avait donc un fils. 

" Fr. Philelf. ibid. p. M 7, li". — .\ la pape 117:. tirsarem meum bene in 
litteris proficere plurinium Inptor. • César devait avoir dix ans environ, à IVpo- 
i|ue oii ftit i-erile eette lettre. 

" Fr Pliilelf. ibid p. J7. <lu 1-' oetobre 1450. 



50 Ml l>K 

(Iclaiils, il lui Irrs-lioii |irr(% cl ne cessa jamais do donner à 
ses enfants des mar(|nes d'intérêt et des conseils vertueux. Une 
seconde Ici lie IV'licitc Marins sur sa nouvelle dignité, et Tex- 
liorl(^ il s';ill;iclicr au roi Hcné, s'il (leut oittcnir la faveur de ce 
prince, ou :i revenir en Italie*. Dans le mois de novembre, 
Marins lit un t ourt voyage h Milan pour voir s^jn père, qui, 
chaiiiiç (les hienfaits dont René coniMail Marins, écrivit k ce 
prince une lettre de remerciement, dans hupielle il lui recom- 
mande son fils, lui vante son érudition et s'ellorce de prouver 
que la générosité envers les gens de lettres est la vertu la plus 
digne d'un roi ■. Marins lit un court séjour à Milan, et icNinl 
en Provence par la cote de Gènes, où son père le reconnnanda 



« l'r. l^hileir. ihid. p. i!) r" : » Audio te functura Massilhc magistratu, eteo ijui- 
tlem non niudiocri, tua cuni laude, id nuod me plurinuini delcctat. Tua euim laus 
omnis nostra est. Itcli(iuum est ne tempus vacuum labi patiaris, quwl eo niagis 
facere debes, (juq melius tibi et uxori faniilia'ijue consulas. Quare da operam 
ne istic tibi frustra teinpus teratur. Si Renatus rex te carum habet, ut solet pro 
humanitate etinunificeutia ingeniisui, eumcunctis in rébus sequaris jubeo Quod 
si seciis foituna tulerit, te in Italiam recipe, et ibi nialis isse ubi aliquo numéro 
sis, ut incpiit Cicero, (luani istic, ubi solus sapere videare. Kxpecto mathematicum 
illud opus, de quo scripsisti ad nieantea, et si ([uid Gnucorum librorum offen- 
deris. Cura ut vaUas, te(iue al) iunniuenti pestilentiic morbo, <iuoad pussit, in- 
colunu-ni reddas. 

• Vale. Ex Mediolano, vi kal. noverabr. M.CCCC.L. • 

* Fr. Pliilelf. Jîpist. p. bi : - Joannes Marins filius, luiu uuper Mcdiuluuiuâi 
tuei visendi gratia rudiisset , cum adventu suo cupienti et cxoptanli niihi vo- 
luptatem nuiximam attulit, tum eo jucundior fuit, ipiod se tibi carissimum esse 
deeiaravit et id (|uideni permuUis, erga se , tuis ac pulcherriuiis beneficiis. 
<Juid enim adolescent! ad virtutem vel nato vel contendenti, fortunatius possit 
contingere , quani ejus principis uti consuetudine apud queni versari mm minus 

sit honorificum quam fructuosuni? yuare cum video esse filio, apudte,meo 

et tionestati simul et utilitati lucum, non possum médius ûdius nou iœtari , cum 
ejus, tura t'tiam tua causa, cujus laudi vebemeuter faveo. Ego tibi , rex Renate, 
non mediocritor suni affectus, quippe quem andiam iis virtutibus pncditum. 
qua; niaxinia; sunt in rege, humanitate, munilieenlia et studio disciplinir...Libe 
ralitateui autem et niunificentiam tuam, etsi jam pridem, et una et viva et eadem 
omnium voce attpie laudatione, audieram celebrari, eam tanicn cum snm cxper- 
tus in filio, te bujus nunli esse statuo cujus vitam et incolumitatera dobeant sa- 

pientes Vix est eiiim alla virtus ulla quic munificentiai pru'Stet in concilian- 

dis bominum studiis atipie biuivoKntia. PraMeroa quid nliud hubvnt boni fastigia 



Ji;\N-M VUll > l'Illl II I I 51 

à Tliomas Fré^osr, j{(»uv«'rni'iir de Savonc'. Le roi lU'iié t-m- 
plop Marius à foniiiT, à Sainl-Maximin, une hililiollinjiic dans 
le c'0uv«'[il (les Domiiiiitains, i|ui avait vir foiul»' par (Charles II, 
romlc «le Provciu»', vrrs la lin du lici/ièmc siècle, en llion- 
iieiir d<'S rt'li(|iies de Sainle-Madeleiiie -. Aux livres rassemblés 
par Marins, le roi I\eiié lit joindre tous ceux «pi'il avail raj»- 
porlés (rilalie\ et dans la suite (1476) ce prince ionda au 
inênH' lien un culléi^'e (m'i l'on eiisei;înail la pliilosopliir, les 
i)elles-i('tlr('S, le dnnt canon et la théoloj^i^' *'. 

il semblait que Marius Pliilelle devait se trouver heureux à 
la cour d'un prince «pii l'aimait et avail, connue Uené !«' lion, 
un certain cliarme dans le caractère i|ni lui allacliail tout le 
monde. Mais lincoiislance (pii dominait noire poêle et dirigeait 
ses (li'inarcli«'s, non-seiiicmenl rempèclia de suivre son jtrotec- 
leiir en France, mais le poussa à (piilter Mars«'illr. On sait 
<jue, vers la lin de 1 iôO, il lit un second voyage à Milan, qu'il 



principntuum ne ropnonun quo illorum pru-sidos crctcris hominibus vulcniilur 
ln-ntiori's, iiisi ut hin ilandi et l>oiiefaoii-iidi j)n»l)atis viris facilior Mt facilitas' 
IJunnfo igitur dnndi atipic «lonandi munorc dilipt-ntior fueris, tum oo te mapis 
priiicipatu dignuin ostendis, tuin cirti-ros oinni*s aiif rapis in amorem tni , aut 
ml te amandum facis ardentîores. liis ergo lam pnrdaris rcgalibusque TÎrtutibas 
cum te ornatum esse intelligo, rex Ui-nafc, frquiore patior animo ahsentiam di- 
Icctissimi filii, pnrsertim oiim animadvi-no filii utilitatem , cum tua et utilitate 
et vnhiptate cnnjuiictaiu esse. Non euim i« til>i |>:ir«iu prcKlessv <|ucat ad (Jricott- 
disciplimc pnrcfptioneni , qiia to jure dt'Iectari audio ac In-tor. Itflii|num «st ut 
inti-lligaii me totum esse in lilio. (>uare qnidquid in huno hiimanitaii» tuir In-nig- 

nitatisqne ooutuleris, id oniiie in uje ipsiini abs te collatum judicahis Kx Me- 

diolaiio VI kni. deoeml). M.ccccl, • 

« Ir. IMiilelf. hpUl. p. î>i v«. kal. d.c t (".'> 

* Itouohe, fli.it. de Prov. t. II. p. 3i0. 

■^ Andr. Vlciati Fiii*!»!. ad Fr. Calvum i m M:ir.( <.ii<ln l.pndtl. t. I , |>. k» 
- Soripsi nd te alias nactuni nie integruin Donati ctimmenlarium, quo ille \«r- 
gilinni iiilerpretatiir ; is in Castro quodam Sancti Maxiniini.quiHl est prop.- Aqnas 
Soxtias in l*n>viiicia hnbetiir; inibi enim biblioilu'oa à Honat» Andegnvensi in 
gratiam quoniindain moiiachoruni in>tnicta, tunli/ue plurinn Ubri quoa 3iu- 
rins l'hilelphiij 00 conyetxit, sunt et qoos Indlomm calamitas, quic sub e<> fvgv 
in Neapolitano regno fuit,dissipavit, doocc in eam bibliotbecam reptioen-atar... 
Avenione, \IV knl. Jan. 1530. • 

» Rouche, IlisI dr l'rov. t. Il p. 470. 



.yl Nil. iii: 



rcNnit m j;iiiNi< r, )|iril lui iiKonimoiii* «latis sa rouli* ', et (|ue, 
iiiaign'' N's cxliorlalions de son pèn-, <|iii le |iressail do rcloiinier 
auprès <lii r(»i Kcii»', il s'arrêta à Final, petite ville à environ 
onze liciics de (lêncs'. Il avait promis de revenir promplement 
i)Our assister aux noces de sa soMir j'anllu-a, (pii, an mois de 
février, épousa Ji'rome liindoti de Sienne^; mais il n'était pas 
eneorc arrivé à Milan an eoimneneemenl de juin, puisque son 
|»èn', \\ eetle «'poipie, demande à (lènes des passejiorls pour 
Marins, sa iemme, ses enfants et ses domeslicpics *. Peu après, 
Xénoplion, Irèn; de Marins, fut envoyé à sa rencontre jusqu'à 
Gènes'' ; mais ne l'ayant point trouvé, il revint vers son père et 
le suivit à Cn'inone, où la peste ohlijjjea Franeois Pliilelfe de S4' 
retirer avec tonte sa lamille. il donna avis de ee d«'part a son (ils 
Marins'', el la erainle de la eontaj^'ion valut à ces fuj^'itifs un mau- 
vais acciK'ii, (pie PliileUe ne pardonna pas aux Crémonais '. 

Cependant Marins était à Final , ville alors ennemie de Gê- 
nes ; c'est pour cela (pie F^ran^ois Pliilelfe montre tant de sol- 
licitude en demandaiil des passeports qui assurent la sécurité du 
passage de son (ils par le territoire de cette république*. Les 
manjuis de Final'' étaient depuis lonf^temps des voisins in- 



< Fr. Philiir. llp. |). :ii v '. Mario. 

* Id. ibid. p. oo r". Mario, vu kal. feb. 1451. 
"* Id. ibid. p. 62 v". Nie. Cebtc, Ijuiii. Barzizio 

♦ Id. ibid. p. Gt v". 
'■> Id. ibid. p. GO r-. 
" Id. ibid. p. GO v. 
■> Id. ibid. p. 07 r». 

^ Id. ibid. p. Gi v". Nie. Cebœ : « .... Veriiiu id tut» ac scdulo Joannes Ma- 
rins filius institiiit ad nos redire. Itaque rogo te majorem in mudam, (juo id 
coininodc filius facere possit, cures meo nomiue apud urbis pnefectum... Nico- 
launi frtcgosum... ut publicic fidei littenrad iliuiu dentur, quibus ei com uxore 
et filiis ac rébus et cum sociis scx quam tutissimo facere iter liceat , per Ce- 
nueiisium locos, seu Sagona iter sit habiturus, sive quacuinijue dégrèvent. No- 
lim enim quoniain versatus est in eorum oppidis quos vestra respublica ducit in 
hostibiis, «luicquam ei imniinere inde possit incommodi...- M. Id. Jun. MCCCCLI. 

•' Jac. Itracellii Or<r l.iiiustir. descript. p. 55. lUimiann. Tfies. t. !. • ... Fi- 
nartuni o|)pidun) a c(i>li salubritate nominatuiu, abost a mari duo prope passuum 
niiilia. angustias vallis ciaudens, in cujus faucibtis sitiini est • 



.n.A\-M\ims niii.Ki.FE. •>.) 

cuiiiiiuxIl's vl (laii^rn.'U.v |)oiir Gènes. Galeolto Carri'Uo, riiii 
d'eux', sccuiidail dans tuules les occasions les ennemis de 
celle ville, cl l'aisail frcquemincnl <les incursions sur ses terres'. 
Lors(ju'(Mi lïïl Janus Fn-j^ose , mort à la lin de 14VS lui 
devenu doge en e\|)ulsanl les Adornes, il (il déclarer la guerre 
au nianjuis de Carrello, et, deux ans après (1449y, I^juis Fré- 
gose |»ril la ville d«' Final. On agila alors à Gènes la <|urslion 
de savoir si I on ne raserail pas rctle ville, mais on se ((intrnla 
de démolir sa citadelle. Fn 1 Vôl . Jean, Irère de (ialeotlo, aidé 
de (juelques troupes françaises et do Spinelta, manpiis de Sa- 
vone, parvint à reprendre la ville de Final ^. 

Il parait (pie Marins demeura à l' inal ou à Mdiesnno ju^pi à 
1 autonme de IVÔl, et ipie, pendant son séjour, il s oc(Uj»a à 
écrire, ii la gloire desCarretto, Tliisloire de la guerre (pi'ils ve- 
nai<'nl de soutenir contre Gènes. (a'I ouvrage existe encore, cl 
Marins le prés<'nta, le l*"' janvier 1 VÔ3, au manpiis de Savone, 
<|ui avait contriluié au rétaliliss4>ment de Carretlo. Il l'envova 
aussi il (Constantin Paléoiogiie, en v ajoutant une autre épitre 
dédicatoire, et il le croyait propre à encourager la défense d»' 
Conslantiiiople, qui était an moment de succondier sous les 
elVorls «le Mahomet, (^'tle histoire est écrite d un stxleempha- 
li(|ue et plus oratoire i|u'hislori<pie \ 



I LtfH Carn-tto descendaient , dit-on , de Witikiiig. — Galeotlo et Jean i-iaicui 
fils de Lazziirino dfl Carretto. <]ali-utto mourut i-u janvier I i.*>4l ; u feiumi-, 
Itaniiinn Adornn , mourut n Millosimo d'une l>leMuro re<;uv pendant la puerre. 
— S|iiuetu , fils (l'Odiloiiino l<^^ niar<|uift de Savone (de la bram-he deii ( arrettu 
de Millesimo), uvail pour tVinuio Mari<<la ab .Vuria. Voy. Jo. Uricberii ( ulumbi 
Ttil'iilir ijenealoijint' ifttlis Cunetteniia et marchionum Savuntr, t'inarii, Clti- 
vexante, etc. mintinluctiime prcrniissa, etc. Viudobonœ, 1741, fol. — <hi trouve 
de* extraits de cet ouvrage dans : Mov-lle l^llerar. di Irnesin, l74o, p. 3J7, 
et dans : .\ovfllr Ij-ltfrar.di Firenir. ITIK, col. ji5,5.*>8. — Sur l'autour Hiov. 
llernard Krichieri t'oluuibi , de Final, mort en l7o3, v. Mazxuelu-lli, Scritl. t. 
VI. p i081)-500l. 

* V. Ilizarro, I. \ll, p. il'S. — Agostino Giustiniani, I. V, p. iOi. 

^ l'twrt. Fogliett. Ilist. Geit. lib. \. p. 0<tl-lU)i. — llist. tinii: t. WXV, 
p. 47»-i83. — Saxius, IliU l.ilter. Metliol p. iOO. 

» Saxius, //•'j/.f.iWcr .Ww/. p iOG.— TiraI»o»cbi, S(t»r. t. VI, II. p. 297.— J'ai vu 



.» » Ml l>K 

Tandis (|in' Franvois IMiilcH'c croyait son (ils encore k Final, 
cl le rceoinniandaii, Ir l.'{ janvier 1 'i.")2, à Nicolas Frégosc, à 
(iènes, Marins avait traversi* ton le la LomNardio pour venir il 
Ferrare, on Hoiso tenait nn(r conr Iirillank'. (^ette ville j>arait 
dev(»ii' son origine :i des lialulanls <lii FrionI, rjni, lorstjn'Adila 
envahit l'Italie, se réingièrent dans les marais formés par les 
liras du Pô*. Ce terrain, (|ni n'existait |)cnt-être [)as (juclques 
siècles aiiparavanl, e( (|iii, alors, n'olliait (|ne des marécages, 
lut desséclie |)ar l'indnstrie de ses jtremiers liahitanls, et dans 
la snile devint nne des villes les pins llorissantes de l'Italie. 



cet ouvrage de Marins Pliik-lfc-à la l>il»lio(li«'que Ambrosienne ; il est précédé d'une 
préface de Muratori it d'une lettre de Sassi. Vient ensuite le corps de l'histoire 
intitulé : 

• J. Alarii Philelpbi annalium in historiam Fiuariensis belli atrocissiiui , a 
Genuensibus proinoti, volunien libroruni octo, et primo proi-miolumad magnifi- 
cuHi Spinetam Sagunœ Marchionem. 

F.st etiim sanctissiiuum , aniplissimumquc exemplum Finariam cum Ga- 

Icotto et Jobanne Marcbionibus, quorum res gestu; perillustres antecellunt omni 
antiquitati... l'.s enini sanguine, Marcbio Spineta, ex reiiquis Carrectis primus, 
alioruni pace dixerim , qui nomcn immortale in eo bello tibi compararis : nec 
enim pecunia;, nec opibus , nicclientelis, nec amicis, nec corpori , nec ipsi vita; 
tua; tuorunujue pepercisti, <iuo prodiret in lucem ea Victoria. Nec es fessus pri- 
mo bello, quo captum est Finarium , nec interea labefactus, aut mente motus, 
nec destitisti hoc secundo, cum redit ad Johannem sobrinum tuum , cam te 
dico et tuos fratres germanos , dico .viros et clarissimos et dignissinios. Ilabebis 
ergo primus eam historiam , nec solum primus eam Kges , sed leges quam ego 
propriis manibus scripsi, etc., etc. » 

On lit ensuite : ■ .loh. Marii Philelphi annalium in historiam Finariensis l>elli. . 
pra-fatio ad sacratissimum Coustantinum Itomeorum imperatorem, in eam his- 
toriam et annalium libros. » 

A la tête de chaque livre (excepté le premier) il y a un prologue adressé à 
cet empereur. 

Le volume finit par : •• lllustri Johanni Finarii Marchioni Job. Marins Philel- 
phus saluteni plurimam dicit. - C'est un envoi de son histoire, daté de Mil- 
lesimo, kalendas (^uintiles. 

•■ J. M. Philelphi cannen pro .lohannis Marchiouis reditu Finarium congra- 
tulatorium. 

.. Pro Cialeoti Marcliionis obitu ad sepuloruni epitaphium. 

. Carmen ad historiam quo itinere gradiatur ad magnifioum Spinetam, Mar- 
chionem Saguna'. •■ 

' Cynih, .1. !!. <;yrald. </« l'crntr. p. I, "2; in liurmanu. Thrs. t. VII. 



JEAX-MAUllS IMIII.HI.FK. .>.J 

L'illiislrc L'I aiiliijiu; iiiaiwjii «l'Est la |M»ssé(Jail, ri h's priiiœs, 
4|in (lominaieiil aussi sur Modènc el Ucg^io, l'unMil (•4,'l«'l»n's par 
IcMir >al('ur, leur niaguilicciico ri leur j^oùl [tour les Idln-s. l/u- 
nivcrsilc df FiMian*, mal à |»roj»os allrihuiH' à I t'ni|K*rtMir FrO- 
déric II, ni; <lale <|Ul' de la iiu «lu <|ualoi7.ièiiie siècle; Allicii, 
niar({uis d'Est, s^iuveraiii dr TiTran', «mi ohluil l'én'Ciiun du 
|ia|it* lJ<)iiira<«' l\'. Nicolas III, lils et suc(rss«'ur «I'AIIhtI, 
lut II' second r<Hi«lal«'ur d«; ct'lli' univ«Msitr, et fasorisa les let- 
tres autant (jiie les guern.'S, qui l'occuiuîreiit tout»' sa vie, j»u- 
rent l«' lui |)<Tinettre. Il appela ii sa cour Jean Aurispa et Gua- 
rino de Vérone ' ; celui-ci lit r«''ducali«>n «le son (ils I^'on«'llo ', 
et les talents po«''li«jues de HIaiiclie, fille «lu manpiis Nicolas, 
ont été cél(}l»rés par Titus Stro/7.i \ Nicolas lui le p«^'n' «le In^is 
princes qui, «lans la dernii're moitit* du «piin/iènie siècle, don- 
nèrent h Ferrare l«' jdiis jçrand éclat. C'est sons son rh^o (\\u' 
se tint «lans sa «apilale le fameux concil«> «pii axait pour ImiI 
l'union «les (jrecs et des Latins, et il prenait |ilaisir à assister 
aux «lis«-ussions |)liil(»soplii(pii^s «pii avaient souvent lieu entre 
les savants des «leux nations \ N'ayant laissé que des fds U'-'^'t- 
limes en has âge, deux «l«" ses vingt et un enlants naturels" «'u- 
rent suc««'ssiv«'m«'nt ses Fjats, et après «'ux un lils l«''j;ilime «l«' 
Nicolas les posM'«Ia. I^^ premier «l«' ces trois seign«'urs d«' Fer- 
rare fut Leonello', que les historiens représentent coinnie un 



* Tirubosclii, Slui . t. IV, p. lii et I. V, ji. TU. 

* La rciioiniiKu dt- (^uariito attira n Ferrare une foule de discipli-s,L>t plusieurs 
AnglaiH, dijn ci-lèbres dans Unir pairii- par leur i-rudiliun, vinreiil eu augmenter 
le uuuihre. (Uosuùui, Vtt. «/i (iuariii. l. 111.) 

* Tiral>oschi, S(or. VI, i, p. iO. — ItosmiDi , Vit. ili (iuaiiiio, t. I, p. iO et 
seq., riO et seq. 

* Fr. Phileif. A>ur. p. IW r\ 153 v». ~ Tiraboêclji, Stor. VI, il, p. 170. 
— Itlanche épousa , eu \ iÛH , «ialeolto Pic de la Mirandole. Fr Phileif. Hp. 
p. 220 y.) 

* /En.SyU'. île Europ.cap. lii, p. 4MI, oper. éd. Ilasil. 

" Cynth. J. II. (iyrald. île Ferntr. p. 30. — ti. II. Pigua, Slor. Je' Priitciff. 
(t'Etle, lib. VII, p. :>|H.:ii| . — Itusuiini, Vit. di (iuarin. t. I , p. (>0 et »e«]. 

'' La successiou de Leonello uu morqui&at de Ferrare ne fut point uuc usur- 
pation; elle avait ôtc arrangi-e d'avance entre son père, le pai>e et le marquis 



.'>(» VII. iti; 

|iriiM:i' .i<-(-<>rii|ili. I.:i |i:iis (l:iiis l:i(|ii<'ll(' il siil iiiiiiiitciiir 8^>s 
l'll;ils lui viiliii le iiiic (le /'(■;•/• ilt- lu patrie, cl lui permit (Je fa- 
voriser I iiiiiNersile de KeriMie, de la n'Ioniier et d'v attirer les 
^'eiis de leiiies les |tliis «lisliii|j;iiés ' ; il étiiit liii-iiiéme trêii-sa- 
vaiil ; il ( iillivait r<''l()(jiH'iiee, la |iliilos()|tiiie, la jMjésie, et ses 
vers italiens sont lrès-remar<jiial)les |»our le temps*. François 
Pliilelle l'ut (lu iioiiihie des savants i{ii(; Leonello invita à sa 
eoiir; mais il «'tait alors à Milan liiO , dont les lialiitants 
|)iéleiidaieiil former une n'|)idtlii|tie, et ils ne vonltirent point 
le laisser sortir de leur MJie '•. Leonello mouriil \r {'' octobre 



(K* Mantniic; le tostnment de Nicolas la lui accorde, et en t'poasant.en 1429, 
■{icliardf do Saliiccs, celui-ci avait stipuK'- i|ue k-s enfants (ju'il aurait d'elle n'hé- 
riteraient pas de la seigneurie de Ferrare. (Voy. Uosmini, Vit. di (iuarin. I. 1^ 
|). 75 et seq., où il défend Leonello des accusations de J.-IS. (iiruldi, et les au- 
teurs fiu'il cite dans les iVutes, \i. 111-112.) Le pape Martin V avait légiliuic 
Leonello en U-25t. (Muratori, Anl. lixl t. Il, p. l!tt.) 

Hercule d'I'.st na<|uit en WM. 

' Kntre autres Théodore Gaza. (Ilody, p. 87.) — Ludovico Carbone. (lAire, 
Ind.libr.t. l,p. 330.) — Jean Pannouius. (Itosmini, Vit. di Guarino, t. III, p. 88.) 
— Sur l'Académie de Ferrare , voy. Bettinelli, Risorg. t. I, p. 213. — Pendant 
le carême de 14.'iO eut lieu une lutte littéraire, bien souvent renouvelée depuis, 
.lean de l'rato prêchait contre les lettres profanes et les sciences ; c'étaient .Vlbert 
(le Sar/iano et (îuarino tjui défendaient leur aiusc. [ l.et:r. de (iuarin ap. 
Marteiine Avi/diss. Collccl. t. III. — Itosmini, Vil. di (Muaiino, t. Il, p. 2i,16l, 
et t. III, j). o7-G0.) Timothée Maffei, archevêque de Raguse, a traité le même 
sujet en faveur des lettres, i Uosmini, ibid. t. IIl,p. GC-69. — V.Comiaui, I Secuf. 
t. I, p. 410. — Hasilii magni oratio de Icgendis gentilium libris.) — Quant à 
.\lhert de .Sartcano ou de Sarziano (en Toscane, et non pas de Sarxane près de 
Chiusi), voy. Uosmini, r«r di Filelf.t. Il,p.2r),not. — Tiraboschi, t. VI, p. 253- 
258. — Voy. /-<'///w d'Albert de . Sarziano, dans Martenne et Dnrand , Amplis. 
Ctillcct. t. III. - Argelat. Srripl. Mediol col. 2028 (W cite d'A. de Sarziano: 
"Oratio habita Ferraria- die scptima niaji anno 1447.}. — F.-D. Camusat. ad 
( iaceonii liHiUoth. p. 8;<8 8tl indiqué par .Sax. Oiwm. Litt.'^. — II mourut en 
1450. 

« Muratori, Antuil. t. IX, p. 230. — Tiraboschi, t.YI, p. 21-22.— C. II. Mgna, 
ihid. 1. Vil, p. 542-543.— Hosmini, Vit. di (iuarin. t. I, p. 60. 

5 Fr. l'hilelf. /s/), p. 44. — Philelfe avait longtemps été du parti de la li- 
berté. (Voy. Lancelot, ylca</. f/pi /»Mcr. t. X, p. 70tî-71l. — Sax. Ilist. l.ilt. MetL 
p. 180.) Il s'tinit ensuite au parti de Fr. Sforce, et appela alors la lilwrté pré- 
tendue des Milanais •• une atroce et atlVeuse tyrannie. • Fr. Philelf Kpist. 

,. MO 1-.; 



JK VN-M MIK > l'Illl.KI.KK. •» i 

I4Ô0, J'I cul |i(mr succesfk'ur B<jrs(», S4Hi trcr»', .iiilr»' (Ils na- 
lurcl (Je Nicolas'. Moins n'iiiarqnal»!»' |>ar son savoir, il Triii- 
jiorla [MMit-êlrc sur son iinMlcccssciir |»ar son amour pour 1rs 
Iclln's cl sa ^énérosilé : sous sa doininalion, Fcrrarc tlcNinl le 
rcnde/.-vous de tous les savanls disliiigiiés de l'Ilalie. L'empc- 
n;ur Frcdi'ric ill, en 1 102, lui donna le lilre de duc de Mo- 
dcne el H«'j4}^io, <!l, en 1471, le |»a|M' y ajoula celui de duc de 
Ferrare. Horso mourut peu après celle faveur, el son succes- 
seur fui cel Hercule, fils Ic^'itime de Nicolas III, <|ue S4'S frères 
hâlards avaient deux l'ois exclu de la |)rincipaulé. l>es guerres 
dont son règni; fui rempli ne lui pcrmirenl pas de s'occn|Kîr 
des Icllres inilanl rpic ses prédécesseurs; ce|)en<lant il les en- 
coura^^ea. Il cul aussi du ^oùl pour les arls, el ses iravaux ont 
(^lé céléhrés |>ar plusieurs poêles, entre autres par Tilus-Ves- 
pasien Strozzi, l'un des plus grands poêles de son temps. C'est 
à I^orso et li Hercule, dont la magnificence ellavail en tout 
celle des autres |>otentats, (pic Fcrrarc doit s<»s principaux em- 
liellisscmenls '. (À'ile succession de (piatrc princes (|im clicns- 
saicnl les lettres cl les arts, donna un grand lustre à celte ville, 
el produisit, dans la seconde m(»iti('' du (piinzième siècle, les 
premiers |>oêles latins «pii n'-taMirent le lion goùl, el ((ui ne le 
cèdent peut-être «pi'au cêlèhre Ponlanus, (pii. vers le nièiiie 



' La mère de Leouello et de Borso, Stella da l'.Vvsusioo, était de la famille 
des Tolomei de Sienne, (.tn. Sylv. De Europ. c. 1,11, p. VM. — hiar. Ferrar. dans 
Muratori, Script, rer. liai t. XXIV, p 181. — Cyntli. J. B. (iyrald. de t'rrrnr 
p. "Si. — Tiraboschi, t. VI, i, p il»."). — J.-IJ. l'igna, Stor. de priiwip. d'Etle, 
lil). VIII, p. ;>0I.) 

« Tiraboschi, Stor. t. VI, ii , p. 1«J. — Hercule fit ekver un th««tre à ïct ■ 
rare, et il se di-lassait en y faisant représenter avec magnificence les chefs 
d'tDuvre de IMaute et de Térence, dout il ne dédaignait pas d'être <iueh|uefoui le 
traducteur. Le duc de Ferrare imita ainsi les spectaclt-s de Kome, où Pompouius 
I.îrtus avait renouvelé ce uoblw amusement, (liraboselii, t. VI, ii, p. l8oet se<j.) 
L rniver.'iité de Ferrare comptait alors eini|uau(e-(|uatre professeurs, dont plu- 
sieurs étaient les plus célèbres du temps , et leurs nppoiutements »< levaient à 
1 1,047 livres. Itorsetti, lliêt. (iymnaa. Ferrar. I. I. p 93. — Tirahci«chi. t. VI. 
1. p. li.) 



ÔS \ IK DE 

temps, raj)j)(;lait à Naples les j>oëles du siècle d'Auguste*. I^ 
lierleclion des vers latins des portes de Ferrare élail due en 
grande partie aux leçons <J(î Guarino de Vérone et de Jean Au- 
rispa, rpii étairiil ciix-nirnies des poètes au-(lessoiis du médio- 
cr*', mais <pii p<''ii(''tivn'iil leurs élèves des bt-autés des tiiutlèics 
antiques. 

Lorsfpie Marins Pliilelle vint à Ferrare, il y avait environ un 
an (pic Horso avait siiecédé à son Irèrc I^'onello. Il dut le hon 
aecueil (jue lui lit le prinee à la j)rotection de Louis Casella, 
ministre de lîorso et disciple de Guarino. Gisella était en place 
depuis le temj)S du marquis Nicolas ; il avait toujours été chéri 
du peuple et de ses maîtres^; il était le Mécène de tous les 
gens de lettres, et leur faisait fréfjuemment éprouver sa géné- 
rosité. Dans une de ses lettres, François Pliilelfe le remercie de 
ses bontés pour Marins'' ; d'autres lettres nous apprennent qu'il 
recommandait ses amis au ministre de Ferrare, et que celui-ci 
avait souvent dirigé les bienfaits du marquis sur François Pliilelfe. 

Le célèbre Théodore Gaza, dont on a dit (pie la conversation 
était la vie, et la bienveillance l'immortalité", avait professé 
pendant (piehjues années à Ferrare, et, à la mort de Leonello, 
il avait passé au service du pape Nicolas Y -'; mais Marius trouva 



' l'aniii les poètes de Ferrare on disiiugue les deux Strozzi, qui disceii- 
daient de l'illustre famille florentine du même nom. Titus -Vespasien .Strozzi 
exerça des charges dans lesquelles il s'attira alternativement les applaudisse- 
ments et l'inimitié de ses concitoyens ; il était élève de Guarino;ses poésies sont 
d'ime élégance rare au quinzième siècle. Il mourut en loOo, en laissant à son tiU 
Uercule, plus grand poëte encore que son père, le soin d'achever un potme eu 
l'honneur du duc Horso ; mais l'assassinat qui termina la vie d'Uercule Strozzi 
trois ans après la mort de son père, empêcha l'accomplissement de ce dessein. 
(Tiraboschi, t. VI, il. p. 207-211. — Barotti, 3Iem. storich. de' Letter. Ferrar. 
t. I. — Hosmini, Vit. d. Guarin. t. III, p. 134 et seq.) 

-' Didi: Ferrar. dans Muratori, Script, t. XXIV, p. i2I. — Uosmini, Vit.d. 
Guarin. t. III, p. lil. 

^ Fr. l'hiklf. Fp. p. 70 v*». 

♦ Tirahoschi, Stor. t. VI. ii, p. I2G-I27. 

5 J. Andreie de IJussi, Episcopi Aleriensis. Fpiit. ad Paulum II , in >". Hie- 
roHijtui Fpist. idil Koni. 1 1(>M. 



JEAN-MARllS IMIII.EI.FE. ÔD 

onroro dans celle ville Ciiiarino el Aurispa, ces vénérahles in- 
sliluleiirs de riuilic l'i de rKnropc '. Il y Iroiiva aussi un liumme 
qui, «lans un aulr»' j,'rnn' de science, avail la pins {grande ré- 
pulation : c'élail François Accolli d'Arezzo, jadis disciple de 
François IMiilelle pour les helles-lellres, el qui élail alors l'o- 
racle de la jurisprudence*. Flavio Biondo, célèbre antiquaire, 
élail aussi vers le même temps à Florence', el les poêles, <pii 
reclienliaient toujours les |)rin(es ilistingués par leur munili- 
ccuci! el leur j^éiiérosité, y «'taieiit si aiiondanls que Ion coui- 
parait leur nond)re à celui des grenouilles*. Mais avant la lin 
du (piin/ième siècle, un de ces poêles, que cette comparaison 
srndilc drpn'cicr, «Mit la j^loire de crérr la |»oésie épi(pu' ita- 
lienne : [Orlaudo innamoralo de Hoiardo, comte de Scan- 
diano, est la première coniposilion de a' ^^'ure, et, dans le 
lenq)s dont nous nous occupons, son illustre auteur étudiait 
dans ri'niversité de Ferrare ^. A réjiocpie de la mort de 
Boiardo, un autre Ferrarais, François (^ieco, lit paraître s<jn 
Mambriano, cl au comniLnicment du seizième siècle, Ariostc, 
leur comj)atriote, |)roduisit son immortel et prodigieux poème. 
Marins Pliilelfe, après (juelques mois de séjour à Ferrare, 
revint à Milan chez son père", el bienlôt reconnnenva sa vie 
errante. Son jière savait à peine où il était ; cejiendanl il lui 
écrivit vers la iin de s<'pteud>re pour rinlornu'r (pie INerre 



• .Kii. Sylv. De Europ. c. l.ll, p. 451 oper. : • tuil autrni dumus btitvn»is 
vins sfinpiT doctis arnica... In studiis ven» eluqaentiic Joannem .\uri8pam, Si- 
culam, (im'cis ac Laiinis littcris edoctum, et qui versu prosaque claruii, inier 
faniili.ires habituai, ditcni bealuin(|ue fecit. (juarinus autem Vcroneusi» omnium 
que fenu«' pater ao raagister qui nostra irtate ijra^cus liUenu> didicer»-, admira - 
bilis et onini linnore dipius sencx, qui omuem (riateni suaui legeudu, dorciidi», 
scril>eDdo pcnurrisset , unicum si'nectutis f^ua? rerufriuiii, et illud quidem h<>- 
ncstum, diguum(}uc suis exercitiis ac virtuiibus inveuit • 

« Tiratioschi, t. VI. i. p. 304. 

5 Fr. l'hilelf. fc>. I. IX, p. 63 v. 

» TiralMSchi , Slor. t. VI, il, p. il8. 

•■• Tiralxischi , Stor. t. VI, ii. p 17tt. 

' Kr. l'hilelf. hJ/i p. 70 v. Lud. ( as.ll. 



()() vu: i)K 

Porlcone (jiiiUail la cliain- de itrofcssciir à (lêiies («nir n-toiir- 
iicr à Iiiiiiini sa pairie, cl ollrail iremplover ses hons oflices 
|Hiiii l'aire avoir cet ein|)lui à Marins'. Il ne parait pas que ce 
dernier en ail en envie. Sans doute l'étal politique de Ciênes 
en<;a|.;ea Pierre IVrIeone à ahantlonner cette ville et enijtèclia 
Marins de reclierclier sa place. A celle époque, les révolutions 
se succédaient avec rapidité dans celte répuMiqne. Les fa- 
milles ph'lx'iennes des Frégoses et des .\dornes avaient hé- 
rité des inimitiés des Gibelins et des Guelfes; les anciens no- 
bles, exclus du gouvernement actuel, étaient armés contre leur 
patrie, et l'inlluence du roi de France, ainsi que celle du duc 
de Milan, angmenlaienl encore les troubles. Gènes était la plus 
agitée des villes dllalie '", et Perleone voulut fuir les dissen- 
sions civiles (pii sont si peu favorables aux éludes. 

J'ignore quels furent les lieux habités par Marins Philelfe pen- 
dant la plus grande partie de l'année 1453. Il revint peut-être 
dans la rivière de Gènes; car, ainsi que je l'ai déjà dit, il jiré- 
scnta le premier de l'an son Histoire de la guerre de Final au mar- 
quis de Savone"\ Cette année fut remarquable par la prise de 
Constantinoj»le : une population de cent mille âmes'' ne put jias 
fournir (•in(( mille combattants ' pour la défense de la capitale 

' Ir. Pliik'lf. /i'y). p. 72 i". Mario, Sept. liii^. — Perleone, depuis quelque 
temps, avait prié Fr. l'hili'lfe de cherclier quelqu'un qui pût l'aider dans ses 
fonctions. ( Fr. Philelf. /:'/>. p. Gti v", kal. Aug. Ital.) Avant d'enseigner à 
Gènes, Perleone avait professé à Milan. (Blondus, cité par Mehus, Prœf. ad. 
Vit. Àmbros. p. 20.) 

Ce fut pendant cette même année Hii'2 que Fr. Philelfe épousa, en troisièmes 
noces, Laure Magiolini. ( Uosmini, t. II, p. 53. — Lancelot, Acatl. des Insc. 
t. X,p. 719. —Sax. Uist. LU. Med. p. 221-222.;! 

3 A la fin de cet ouvrage on trouve plusieurs pièces de vers. ^Voy. pag. 54. ) On 
lit ensuite : « Dono datas liber Spiuettic SaguntP .Marchioni a Jo. Mario Philel- 
pho, kal. Januarii ann.l4d3. » (.Mehus, Vit. .\mbros. Tnivers. p. 373.) 

♦ Il est vrai <]u'il y avait peu de fond ù faire sur une population de cette 
espèce. Voyez Poggio, De tniseria couditiuiiis htimtinœ , pag. 89 oper. : 
. Tum Mattlui'us (Pahnerius) ... : Si vero Gra;corum naturam, mores, vitam , 
perfidium , desidiam , avaritiam expeudas, digni niihi omni supplicio videntur, 
etc. etc. » 

5 Phranzie Protovest. Chninic. t. III, viii, p. ÎK),',M. Edit. Veuet. 



Jl. \N-MUUl> l'IllllllE. 61 

(11! rniipirc (lOiiL'iil, tl, malgré la vaillance des auxiliaires ita- 
liens et (le ceux de l'Archipel', celle grande ville succomba le 
29 mai sons les allaciiies répélées du tcrrilde Mahomet*. La 
liaine religieuse (jui séparait les drecs et les Latins, et surtout 
les inimitiés (pii diNisaicnt les princes de rOcci(lenl\ avaient 
cnjpéclié c«'U\-ci de secourir la n(nivelle Rome. Cependant la 
j»rise de celle superbe cité causa un effroi général «mi Kuro|)e. 
Les souverains se repentirent d'avoir fi'rmé l'oreille* aux cris 
des (îrccs ipii demandaient leur assistance, et qnehjnes-uns 
Itrirent la croix. L'Italie lui surtout alarmée par les lettres du 
cardinal Isidore*. Ce légat, seul secours (|ue Nicolas V eut en- 



• Crusii Turco-Grac. p. 52-33. — Ducas, c. 36 et »eq. 

• Bajazct aurait di'jù pris Constantinople sans Tamerlan, Mongol de la Trans 
oxianc , qui attn<{iia l'Anatulie en 1400 . la bataille d'Ancyre fut livn'f en 140i. 

L'bert. l'usculo de Urescia, éli^ve de (iuarino, que l'ardeur de Tétude avait en- 
traîné à ("oustantinoplc, »'y trouvait lorsque les Turcs prirent cette ville. I! 
coniiK)sa ensuite son poome sur cet événement. ' Voy. Kosmini, Vil. di Guarin. 
t. III, p. 170-179.) 

» Odor. itayuald. Ann. 1433, n" 1. — Voy. Platina im Uonifacio V, cité 
par Bayle, Dicl. art. Mahomet 11, not. K. 

• .F.neasSylv. Il ht. Europ. c. vu, p. 401 : • Surda; f proh dolor j no«troram 
principuni aures fuere, ctcci oouli, qui cadente Gnecia, ruitoram christiantc reli- 
gioiiis reliiiuanj parteni non videnmt, quamvis privatis quemquo aut odiis , aut 
comnioditatil)u,s oceupatum, salutem publicam ne>;lexisse magis crediderim. - 

■ I.a lettre du cardinal Isidore, sur la prise de Constantinople , «o trouve dans 
les Annale* d'Odoric Raynald ^143.1. n" S et 6, t. XVMI. éd. Rora. I65JI). Il in- 
dique en marge qu'elle est tirée de S. Ant. III, p. tit. 2i, c. 13.3 **■ — Cette 
même lettre, plus ample et fort difTérente.aété de nouveau publiée par Ikim Luc 
d'Acheri {Spicileg. t. Vlll, p. iSG-iOi, éd. 4', 100s\ ■ ex ma. cisteiviensi a H. 
Jacobo de l.annoy descripto, • et par Ueusner Epist. Turcicir, lili. IV, p. lOi,. 
Voici le fragment concernant les projets ultérieurs de Mahomet, tiré du SptriUg. 
de d'Acheri, p. 591 : •Primo enim dromoncs centura septuaginta inter parras 
et magnas pnrparavit et ad Mare Nigrura misit ad insulas Cyclac'es cauî»a suo 
imperio eas subjugandi. Dcinde pnrparat se cum inlinito exercitu ad très url>es 
solidas et potentes juxta Danubiuin sitas transmigrare et eas expagnare et de- 
vastarc ; videlicet unam quani Pciisteiom ( en marge : Pessium , Fesser et Pelier) 
nuncupamus, uliam Sondorobrium . aliam Coloaladium. Kt tic proponit totam 
trunsire l'npariani, eanique j>erd«roet delere.ut neminem habeat im 
quoniani in Italinm aimo futuro transmigrare decrevit , undcjam an: 
Inec omnia agere introducit et pro|M>nit. Ilaque pneparat et pr.» parare conaïur 
galeut) parvas et magnas tri-centas . naNes ningnus viginti et ultra, pvdestrium et 



02 \M. IM. 

vov('' à 1 Cniitcn'iir (ionslaiiliii ', :i|»rès s'i-lro sauvé avrr [(cinc 
(iti massacre do (^)l)slaIltiIlo|(l(•'^ décrivit les scènes <l liorivur 
(loiii il avait été le témoin, l'i annonça les projets et les prépara- 
tifs «le Mahomet contre l'Italien Les ^ens de lettres furent 
aussi cdravés que les |tolenlals ; ils regardaient Conslantinople 
cMiiune la source du savoir \ et ils gémirent sur la destruction 
de tant de l»il»liolliè(jues'', (jui renfermaient des trésors peut- 
élre encore inconnus dans l'Occident '. Le pape Nicolas V, 

eiiuestrium cxircituin ultra cftitum millia, et sic a Uurauo transire ad Vramdi- 
siuiu (il faut lire : a Dyirachii) ad Itrundmium).- 

Cetti- lettre est datée : • Uatum Creto" in domibus priDsidentia: noetnr sub 

sif^iiln iiostro quo utimur, anno a nntivitate Duinioi MCCCCLIII , die octava 
Julii, poiililicatus... iNicolai... papcc V, aldo sepiiinu. • 

Cave [Script. Ecclvê. Hist. Litt.vd. 1G88. Aj>iiewl.p. 115, dit que cette lettre 
qui, par une faute d'impression, est da'" ''c- Keusner de liîii, fut écrite 
de Péra. 

* Ducœ Hist. Utjzmil. p. iil-U'i. 

- Laoaic. Chalcooond. de reb. Turcic. lib. VIII, p. 211. — /Ed. Sylv. 
Camnwnt. 

^ Isidor. lipist. apud Odor. Hajnald. aun. 14o3, n"» oettl. 

* ,V.n. Sylv. lil). I, Kji. 155, p. 705, oper. : • Prœcisus est âuvius oinuium doc- 
trinarum, musaruni desiccatus fons. Nunc poesis, nunc pbilosopliia sepulta 
videtur. Fatcor multis locis apud Latinos studia litterarnm esse illustria... Sed 
rivuli sunt oinnes isti ex Gru^corum fontibus derivati. A funte prtecide rivum, 
pruïcisus arescit. Quo pacto in rivo reperias aquam <)uutn fontem ipeum inventas 
aridum. Non possuin non dolcre, Sancte Pater, cuni takm fieri jacturam video 
litcrarum... Eccc nunc Turci liferarum ac Grnpcarum et Latinarum hostes, ut 
suis litc-ris locuni faciaiit, nullum librum alieuum esse sinunt. Ili nunc Constan- 
tinopoli capta, quis dubitat inceuJio (juirvis scriptorum niouimenta concèdent. 
Nunc ergo et lloniero et Pindaro, Menatidro et omnibus illnstriorihus poetis se- 
cunda mors crit. Nunc Grœcorum philosophorum ultimis patebit intcritus. Res- 
tabit nliquid lucis apud I.atinos. At fateor, neque id erit dluturnum nisi luitiori 
nos oculo Deus ex alto respexerit. fortunamque vel imperio romano, vel aposto- 
licœ sedi pricbuerit meliorem. - V. ci-dessus, page 37, note 1. 

l.aur. Quiriu. cite par Uoilj , p. 192 : • Krgo et iingua et litteratura (înreorutu 
tanio tcnipore, taiito labore, tanta indu.stria inventa, aucta, pertVcta pcribit , 
heu ! peribit. Kt (juis vel adeô durus , vel adcà férus, ut se a lacrymis possit 
abstinerc? llUe littenrperibunt quœ orbein universum illustrarunt, <|utp salutares 
leges,(iii!P sacram iihilosophiam, cpinc reliquas bonas artes adduxerunt, quibus 
vita Inunana exculta est. • — Cette lettre île L. Quiriui a • fi- iiuMitt' par 1. P 
degli Agostini. (Scritt. Viniz. t. I, p. 210 et seq.) 

•^ Voy, ci-dessus, page iO, note I. 

" .l.n. Sylv lib. 1, lipist l5o, p. 705, oper 



JKA.N-MAItiL'S IMIIIHI-KK. ()3 

|>our rassurer les uns el les autres, puhliuit une croisade ' et 
faisait acheter en secret des livres à Conslantiii<»j)le'. 

François Pliiielfe lit celte année le vo}age de Rome et de 
Na|)les qu'il projetait (lc|)uis huiglemps. Ix* roi Alphonse lui 
avait (Icuiaudé sis Sal\res, el le poett; di'sirait h-s lui j)résen- 
ler lui-même. A sou passage à llome , Nicolas Y l'accueillit 
avec honlé, el des honneurs lurent h Naples la récompense de 
son voyage. Aljdionsi* le créa chevalier, lui donna la couronne 
poétique el lui permit de porter s<'s arnioiri«'s. PliileUe re>inl 
h Milan h la lin de .septembre \ Il apprit alors que, dans le dés- 
astre de (]onst;mliuople, Manfredina Doria el ses deux tilles 
avaient été réduites en esclavage*. 11 s'nccu|>a sur-h»-champ de 
leur délivrance , et réussit à leur rendre la lilierté en faisant 
présenter à .Mahomet , |)ar deux jeunes gens (ju'il envoya, du 
consentement du duc de Milan , une lettre el une pièce de 
vers*. Ces fenunes, malheureux d«'hris de la famille de Chn- 
soloras, jtassèreiil ensuite en (Candie; Manfredina v mourut en 
14()i". Sa lille Zandiia hahitail encore celte ih- en 1 iC6 ; elle 
y était «lans la misî-re, el François Philelle avait chargé son 
fils Xénophon de la ramener en Italie". 



* Odor. Raynald. ans. i4o3, n° U. — Le cordiual Nicolas de Cum composa 
son traite De Pace fidei poar n'uuir les puissances chrétiennes contre le» Turcs 
V. réd. de ses œuvres, Itule I.Wo, 3 vol. fol. — Viln cardin. .\icol. CuJ(i>, aucl. 
Ilertzheim, TrOvcs ITiJO, 8". 

« Kr. l'hilelf. hpi^t. p. J»i r'. — ALn. Sylv. De Statu Kunip. cap. 54, dans 
Freher. .SVnyff. rer. (lenn. t. Il, p. 150 ; • Libros ex tota (inrcia [H>rquisit<>s 
ad se jus.sit ntrerri, et in latinani converti linguam curavit. Veteribus et novis 
codicibus ornatissimani bibliothecaoi instruxit, in qaa circitvr tria millia libro- 
rum vohuuina coudidit. • (Voy. (iiann. .Manet*= »'f Simt. 1' dans Muratori, 
Script, t. III, part. 2, p. 9Î7.) 

•> Kr. l'hilelf. Kp. p. 70 v, JHI r 

* Id. !;>. p. b2 r', 8ir>. 

» Id. /;•;). p. 182. — l.aucelot . il>i,l. p. 718.— Rosmiui, VU. di PhiUlfo, 
t. Il, p. 303 et suivantes, a public en grec i-t en italien la lettri- di- l'I.il.lf. ., 
Mahomet 11. 

« Fr. Philelf. hp. p. lOGv" 

' Id. ibùl. p. IHtI r». Uuirin et Xenopli 



Wrs {•(• Ifiiijis, MiiniiN IMiilt'Il»' s «!'Lililil à Turin, ville dans 
l:i(|n(>lii* , ;iu roninicnccinml ilii •|iiiii/ièiiiL> siècle, I^uis du 
Savoie, |)rince d'AcJiauî, aM*c ranlorisalion de ranlipape Be- 
noit Xill, avait rri^c une université dans \o. hul de relever les 
éludes et de C()nd)altre I ij^norance où les guerres avaient 
|)longé une partie de la Lond)ardie'. La pesle s'opjiusa à l'ae- 
livité de c«;t étalilissemenl , l'oliligea plusieurs fois à quitter 
Turin, (;l lors((ue Marins arriva dans celte ville, les helles- 
lellres } étaient altsolinnenl négligées ; la jurisprudence s«'ule 
y était en honneur. Marins lit valoir son titre de docteur en l'un 
et l'antre droit , et Iruiiva (pie I»» mélicT d'avocat était plus 
avantageux que celui de poëlc. Son père dédaignait cet état et 
l'exhortait a ne pas ahandonncr la culture des Muses et des 
lettres". Marins, dans l'année 1454, reçut à Turin la visite de 
son frère Xénophon et celle de plusieurs nobles de Conslanti- 
nople , (pii allaient implorer les secours du roi de France, 
et (pie FraïK/ois Philelfe avait recommandés au chancelier des 
Irsins'. Marins, du reste, suivit les conseils de son père"; il 
lit des vers, et le duc de Savoie lui donna d'honorahles mar- 
ques de sa protection \ ci le nomma poète lauréat. 

' Limig, Coil. liai. Diplom. vol. III, p. 1279. — l'hilib. Pingon. Atig. Taurin. 
j). 33, iu liurinan. T/tes. t. 1\, part. vi. — Tiraboschi, Stor. t. VI, i, p. 75. 

* Fr. Philelf. Kp. p. 82 v" : « Quod istic tibi hoiioratus ait locus gaiidi-u 
Kedibunt fortassis aliquando Taurinates cuni Musis iu gratiam... Tu velim a 
Minerva ne dcsciscas, nam répugnante natura nihil fieri recte potest. Itaquc 
malle te debes et oratorem et poetara, eumdeuique philusophum , «]uam juris- 
consuitum et ralnilara merceuarium. • 

^ Vr. Philelf. /-.'/iivr p. H,") r' et v". 

* Tiraboschi, Stor. délia Letcr. liai. lih. III, t. VI, p. 1047, sec. éd. Moden. 
not. : • Del soggiorno del Filelfo in Torino abbiamo anche ana pruova il alcune 
poésie Che ivi se ne conservano nella biblioteca di S Agostino , scritte da 
quella eittà, e quasi lutte a un certo Michèle Lucerna, di cui già era quel codice. 
Due di esse haiino la ilata del I loa e del 1 137. • 

5 Louis, duc (le .Savoie, était fils d'.Vuu'dée VIll, qui avait été élu pape par le 
concile de Bàle, et qui finit par se contenter du titre de cardinal ; c'était un 
prince bon à l'excès. — Uosniini , t. III, p. 91 , prouve par des vers de Fr. Phi- 
lelfe ([ue Marins rerut la couronne poétique du duc de Savoie. Voy. page (>(i, et 
comparez avec les reproches de Trebanus Vurelius. On sait que le» ducs de .Sa- 



JKAN-.MAHIIS PllILELIE. 65 

1/usagi! ariti({iit' «It* couronner les poêles' s'élail |M'rilu «lans 
le moyen âge"; mais au Ireizième siècle on eul l'idée d'élahlir 
pour la poésie des degrés semMahies à ceux «pii existaient dans 
les universités'. On eréa doue drs harlicliers et des «locleurs 
en gaie scienee, ((unme il v en avait pour le droit et la théo- 
logie*. On voulut ensuite, en Italie, renouveler l'anrij'n cou- 
ronnement «les poètes, et faire de la couronne de laurier l'Iiono- 
ral)le récompense des plus rares talents'. Pélr.inpie, en 13il, 
fut le premier |»oëte couronné à iioiiie, nu ('a|»ilol«' ; mais avant 
lui, i{(Uialim> de Hrrganie et .MIxTlinu Mussalo'* avaient n'<,u 
le laurier poétiipu' ii Padoue. Convenevole de Pisi' ', niaitre de 
Pétrarque, en avait aussi été honoré dans sa patrie, mais im 

\uip passaient pour Français platut que pour Italiens, car Trvbanos reproche à 
Miiriu!! d'avuir reçu le laurier d'un prince Gaulois. 11 parait que numbert aux 
Blanches-Mains, souche de la maison de Savoie, descendait de Bo^un, roi de 
Provence. ( Voy. one Dote de d'Ilozier, rapportée dans V Atlas de Le Saije, 
cart. 27». ) 

' Sur le couronnement des poi-tes, voy. Bettinelli, Ritorg. t. II, p. 144, et 
les «uvrapt's indiqués au Cnlnlixj. Uiblioth linumifin. t. I, part. 1, p. 697. 

■ Au dixième siècle cependant Tt-niperfUr d'.Mlemapne intitulait .s^-s Ifttresi 
(jerbert : • («erberto philo<>uphn peritissimo, atque in tribus philosophis par- 
tibu» laureato. . ' lU-ttinelli, Risorg. t. I, p. 19, note 6, et t. Il, p. 143.; 

' L«8 degrés furent inventt^, dit-on , au commencement du douzième sii-cle, à 
llolofçnr , par Irnerius. (Corniani, / Serul. dell. Let. liai. t. I, p. 63. — Giognenc, 
IlisI, l.itt. (l'Ital. 1. 1, p. Ij8. — Itterius, Ite llunorib. Acadrmicia.) 

* Depuis le treizirme siècU-, plusieurs traii«-s d'art poétique p<irt«Tent le titre de 
(jaye Scietice. Le premier fut écrit par Raymond Vidal. V. ,\ndres, (frig. e 
proyr. t. Il, p. 53 ."il, .«e ."iS.) 

" S. bonaventure parle d'un poète couronné par l'empereur au commen- 
cement du treizième siècle ; on l'appelait le Roi des Ver$. ( Tiraboachi , .Vf or. 
t. IV, p. 3U.) 

' Alb. Muuato, né à Padoue dans la pauvreté, en 1261, parvint aux dignités 
et acquit la plus grande célébrité comme homme d'F.tat , guerrier, hi.stori(<u et 
poi-te. Il joua un grand rôle dans sa pairie, dont il éprouva alti-malivcment la 
reconnaissance et l'ingratitude. Vers l.'ll i il fut couronné potHe par ri'niversité, 
en présence de tout le peuple. Il fut un des restaurateurs de la l>onne latinité. 
(Tiraboschi, Stor. t. V, p. 339-;U7. — Corniani , / Secoli dell. Let. liai. 
t. I , p. 239 et »eq. — Ferret. Vicent. VI, p. 1 143, dan» Maratori SenpI.) 

"> Convenevole est fameux par la perte du traité de Cicéroo , de Gloria , 
Pétrarque, qui le tenait de Kayniond Sorauzo, le lui avait pK>té, et il le mit en 
gage, f IVirarchi .»»»/. W. i, p. 1019 — .Mcm. sur Pe(r. t. I , p. 89.^ 



(i(i VIF I)K 

jM.'u Uiiil, coiMiiii' If (lil y^*>n illiisin; disciple, |)Uisque ce ne lut 
iiu'îi sa luorl. Dans le lotr <lii <jtialor/ièiiie siiîcle, un ne Ironvr 
«jiKî Zanolti (le Slrada. <|iii, en 1355, fnl couronné à Pavir 
par rcnipcreiir Charles iV. l^a liroiession de jioële send)la re- 
jtrcndn" le caractère sacré «jn'elle avait eu anciennement. La 
grande renommée de Pétranjue et la pompe extraordinaire de 
son couronnement donnèrent un grand prix à cette récompense 
du i^MMiie, et la couronne |)oéti(pie en lut j)lus jjonorée (prdle 
nlionora le grand lionnne pour lecjuel on en ressuscita l'usage. 
Dans le siècle suivant, les empereurs Sigisniond et Frédéric III 
accordèrent si iVé(pieminent cette distinction, auparavant si rare 
et si enviée. (pTelle perdit tout son prix, et l'on ne voit jioint que 
les grands lilléraleurs de la lin du (juinzième siècle aient reclier- 
clié cet honneur (pii, alors, était dépouillé des cérémonies qui 
lui avaient donné de l'éclat, et ne se conférait plus que par une 
patente. Chaque souverain, grand ou p<'tit, s'était arrogé le 
droit du donner la couronne et de créer des poêles lauréats*. 
IMarius Philelfe prend ce titre à la tète de plusieurs de ses ou- 
vrages ; il y joint même ceux de chevalier et de comte ', qu'il 
devait aux bontés du roi René : ce prince est connu dans 
riiisloire pour avoir avili la noblesse et ses titres, en se faisant 
un jeu de les conférer". Le litre de poète lauréat ne parut pas 
augmenter le mérite de Marins Philelfe aux yeux des Italiens, 
qui dédaignaient les couronnes poétiques données"; ils traitaient 
de criailleurs et de bouffons les uens de lettres de la cour de 
Uené, et prétendaient qu'il n'y avait que des ignorants qui al- 
lassent chercher au dehors des titres que la rigueur des exa- 



* Voy. Lill. nyralil. Ifist. jioet. p. 21. — Du Kesnel, Acad.tles Itisc. t. X, 
p. 507 et suiv.— .l/cm. pour la Vit de Pclrarq. t. I, p. 4ii- UT, et t. II, p. 1-1 1 . 
et not. p. 1-13. — Tiraboschi, t. VI, ii, p. 249-254. 

* Voy. le titre de IWmyris , ms. de la Hibl. de Gcnèvi". 
^ Papou, Uist. de Prov. t. 111, p. 424. 

* PontuDus : • Non laurus vatum sed sua musa facit. - — i'étranjue iui- 
mèiue sembla se repeutir de sou eourouuenu'Ut et dêdaiguer Tliouueur «ju'il 
s'était tant empressé de recevoir. [Scnil. \V, 1.) 



JEAN-MAKIt'S FIIII.EI.KF it i 

mous d'IlaliL' ne l(;iir pennctlait jias d'espôrcT '. (^osl au moins 
les n'(U'ocli<'s (|iii liiniil lails à Marius par un doclour de Ho- 
lognc, iioininr Trcltaiiiis Aun^liiis; Marins, suivant l'usage du 
temps, l'avait aceai)!*' d'injures pour une critifpie assez modérée 
qu'il avait laite de ses poénies ^ 

Fran(;ois Pliilelfe, dès l'an 1 451 , avait adressé à Charles Vil, 
roi di; Franee, un(> lonj^'ue lettre (tour l'engaf^Jîr à faire la guerre 
aux Turcs'; il avait des amis a la cour de ee prince, et il vou- 
lait lui dédier un ouvrage sur la nnisii|ue, dont il avait déjà 
envoyé, ermune échantillon, une 0(h' de cent vers au chancMv 
lier des Ursins*. (]es motifs, joints à l'espoir d'être aussi hieii 
reçu à la cour de France (pi'il l'avait été à celle de Naples, lui 
faisaient désirer ardemment de faire un vovage à I*aris; mais 
l(! duc de Mdan le lenait encore comme enchaîné, et ne Noidut 
jamais lui en accorder la permission \ Marius eut le même désir, 
et, plus imiépendant (pie son père, il parait qu'il le satisfit en 
liôG. On ne connaît ce voyage (juc par une seule phrase d'une 



• Tri-I)anu8 Aiircliiis cite j>ar Sax. //mT Lit. Mcl. [). -(iS : < Scito me imii m 
{irincîpe iilii]tio (iallonim aiiruin accepisse, a (|un etinm raliulip, niinii, histrioDos 
et ridicula capita pro joco silii illud plvriiuii{iic ileveiiilicaiit : sc-d ait urt>e um- 
niiiin aiitii|ui8siina, i-t al) i-o qiiidt-in collogio , ubi uon nitii hiiit* moritis atcpic 
coiiKuininalis viris laureus lumos exliihetur. Tu vt-rô... ad priiicipi-m confugiitti, 
ut auriim accipvrcs, nd (jueui non iiisi indocti, Terrntea puhlicum literarum exa- 
nieu Kuhire, divorlunt. Quo circa folia et corouam a (>allts recepisti, anctorituteni 
ver») ac diKiiitatem literarum apud Italos ami.sisti. • — Cette réponse de Treba- 
nuB, qui fait cvidiniment allusion nu roi itené (voy. p. 04, n<»t. 5), se trouve 
en manuscrit dans la bibliotlx-quo Aoibrusienne. On lit à la suite plusieurs épi- 
grammes, parmi KK(|Uelles est la suivante : 

Si tumor et pompa et frondes, insania, ventus 
Tollantur, Mario, dicite «juid remamt* 

" Voy. Sax. lliat. Lit. Mediol. p. 500-208. 

'• ir. ri\ikif. /f/i. p. ri;i-59. 

» Id. ibid. p. »0 V", 91 r\93 v>. 

' Fr. Philelf. /;/». 95 r> : • De adveutn autem ineo nihil ndhuc haheo certi. 
Is enim milii in banc diem negntus i»st. Nam ne pi-dem quidem movere mei 
hujus itijussu principis niilii licet. Sp«ro tandem pro|K-di^m fon- ut exorari «<■ 
patiatur... • Au chancelier des t'rsins. Juin l-i.'>4't. — V. aussi la lettre suivante 
au médecin Thomas 



68 MK i»i: 

Irtlir <li; Fraiirois PlulcHV h Tlioiius, mcdecii» de Charles VII, 
dans lu(|iiell<> il panit fâilié de la délenninaliuii de son fdsV 

On |M'iil croin' (juc Marins esjir'iail de j^rands succès à Paris. 
Charles VII avait depuis vin}^l ans recoïKjnis s<^>n rovaume et sa 
capitale sur les An-^lais ; il protégeait les lettres, et Marius crut 
sans (luiiir «pie son érudition, sa parfaite connaissance des lan- 
gues grecque et latine lui procureraient l'accueil le plus hono- 
rahle et le sort le |tliis hrillant. Il aurait eu des espérances moins 
llalteiises s'il avait mieux (oimu le genre et l'étal des éludes à 
Paris; il aurait dû savoir (jiic j il usieurs Grecs qui s'y étaient 
réfugiés, (pii avaient été recommandés par son père au < liati- 
celier des Irsins-, et qui savaient au moins leur langue, n'y 
avaient eu aucun succès. Dans la même année, un des Grecs 
les plus hahiles dans la littérature et la philoso[iliie, Jean Ar- 
gyropule\ le maître de Politien, de Laurent de Médicis et de 
lîenclilin, (piilla Florence, où il professait sous la jiroteclion 
de i*iene de Médicis, |)Our aller a Paris demander a Charles VII 
les movens de racheler ses parents, esclaves des Turcs. Fran(;ois 
Philclfe le recommanda h son ami Thomas, médecin du roi de 
France*, en en faisant les plus grands éloges ; dans celte même 
Ici Ire il témoigne la surprise (jue lui cause le voyagi' de son 
lils Marius, ce qui prouve que celui-ci pn'ci'da Argyri»pule dans 
la capitale de la F^rance. 

L'état des études à Paris était bien ditVérent de celui où 
elles étaient en Italie. Celte grande ville avait abandonné la 

' Fr. rhilelf. Epist. p. fl-l v» : » At ne causam quidem intelUgo qnid adTos ierit 
filins JoaiiiK'S Marins; nain neciiie est a me mis.sus, neque is causam uUam, hac 
de re, ad me scripsit. Tauien utcumque res habet, brevi te visam. • Du 18 mai 
i iSO. — Venturino de' Priori , dans des vers élêgiaques adress«'-s de Savone, 27 
avril Wôl, à Marius Philclfe, lui dit : 

Quod sis Caroleas orator missus ad aures 
Vidimus et placuit Carolus ipse mibi.... etc. 
(Uandini, Cat. liibl. Mclir. ms. lat. plut. 91 . Cod. «, t III, col. 805.) 

« Fr. PhiK-lf. I-fist. p. 85, 89, 91. etc. 

^ llody, />(• (irur. illu.str. 1. Il, c. I. 

» Fr. i'iiilcir. Episf. p. !»I. 



Ji;V\-M Vllll s l'IlII.FI.FE. O'J 

culture «les lettres jjour la tlu^olo^ie scliolastique. Tant que les 
tJM'oio^fiens de Paris se Imrnèn'nt à étudier TÉcriture sainte et 
les P«;r('S, l'élude des itrlii.'s-Ifltri'S s'allia avec celle de la tliéo- 
loj^ie. Mais au ouzièiue siècle la coiniaissance des uu\ra^es 
d'Arislole, <lont la |>liiloso|»liie venait d'être remise en crédit 
chez les Arabes par le célèbre Avicenne', produisit en France 
un esprit île sulilililé (pii fui introduit dans tous les genres 
d'études et enlaiila les ipierelles et les sectes, (^elles des réalii- 
Ifx et des nominaux ne sont que trop fameuses, et durèrent 
juscpi'ii la UéformatiiU). On ne s'attacha plus (pi'aux matières 
(pii odraient le plus de cliamp à la discussion, et hienlôl l'art 
de la dispute, sous le lumi de philosojiliie, étouiïa h's lu'lles- 
lellres et h'S sciences. Ou dit que Hosc«'lin et Berenj^er, chefs 
de ces sectes, se rétractèrent et se rejtentireut ; mais ils avaient 
donné l'essor h la plus absurde métluHle, et leurs successeurs, 
(h'dai^Mianl toute autre étude, s'adoinuTenl uni(piement à la 
nouvelle dialecliipie, et la poussèrent jusqu'à la |ilus étonnante 
piierilile". On ren(Ui(,-a à persuader par I éloquence, et l'aride 
svllo^isme prétendit la rempl.icer. 

\n don/.ième siècle, la réputation des docteurs de Paris, 
|):irnii lesquels brillait le spirituel et inipiiet Abélard , attirait 
dans cette \dle un ^rand nondtre d étrangers, et lui lit donner 
par le pape Gréj^oire IX le surnom «le Cariatli-Sepher^. I/a- 
manl «riléloise et «pu'li|ues-uns de ses contemporains avaient 
encor»' l'usage d«"s b«uis auteurs latins; leur stvie est Irn'H loin 
«l'étn' corn'ct el natun'l, mais il attesl»* ipi'ils lisaient Vir}^ile 
el C.icéron, et ils s«)Ut les «b-rniers littérateurs justpi'au (juin- 
zième siècle. 

La dialecti«jue, au tr«'izi«Mne si<'cl«', avait tout envahi el m' 



« RogtT Haoon, Op. moj. p 1.1. 

« Voy. Joliaim. Sarisbir. MelnUxjic. I. I, c. .1. p. 7iO "il c<l. 1639. 

^ «ariath-SvpluT , la Ville drs Ij-tlres. — Voy l'hilipp. Ilarvi-np. Al>hat. 
l)onu>spei //«iW A p. 17-18. — Flcury. Util. hrrl. liv. I.\\\. c. t^. t \MI. 
p. 9, 4» 



70 VIK l»K 

bissait jihis ajuTcovoir aiiciiin; iracc (!»■ honnc lillrralure, l>es 
oraUMirs cl los (joëlcs anciens étaient profoiidénient oubliés, et 
c'était l»icn mal ii nro|)ns que (jiiel(|iies écrivains (Jormaient en- 
core Il l'aris les litn-s de .\nuiellc Athènes et de Puits de science*. 
Aristote, déli^Min- par les modernes^ y dominait et laissait à 
peine dans les études une jietile place ii la grammaire de Pris- 
cien. liien ne pouvait halariccr raiiloritt' du [liiilosophe de Sla- 
gire ; ses prétendus disciples joignirent hienlôt l'intolérance k 
l'admiration jmnr des préceptes (pi'ils dénaturaient, et procla- 
nièniil (pie sa science avait été surnaturelle*. On prétendait 
que son âme avait animé son commeniateur Averroës*, et, en 
Italie, on jilaçail l'un et Tanlre au-dessus des Ajiôtres et dos 
Pères de rKijiise. Celte doctrine lut une des causes de l'incré- 
dnlilé (pii domina dans ce pays au siècle suivant*, épojpie où 
les |)rinces et h's prêtres ne regardèrenl la religion que comme 
un inslrnnienl de domination et de jtrotit. Kn France, le goût 
j)Our la jtoésie latine n existait jilus; on méconnaissait les règles 
de la versification, et le peu de vers latins de ce temps sont 
remplis de solécismes. Le treizième siècle et le suivant furent 
prodigieusement féconds en fondations de collèges, mais on se 
l)ornail à y enseigner la lliéologie, la dialectique, le droit, la 
médecine et quehjue peu de matliématicpu^s ; les lellres et la 
rhétorique n'avaient aucune part dans renseignement. Il faut 



« ImnfjP du monde, dans k's .VnOV. ilef Ms. île la Bibl. nation t. V, p. io7. 

■* Bayk', />iVf . art. Aristoh' , not. //. 

s lil.i7>iV/.art.,4rerrofc», not. K,p.386. — On peut voir dans Pétrarque [Dfignor. 
sui ips.y. \ IGO-IKM) le sévère jugement qu'il porte sur Averrocs et les commen- 
tateurs en général. Il l'appelle ailleurs un rhien enraijo, à cause de ses opinions 
h('térodoxes. (Petr. Ep. sin. tilul. p. 812., C'était à coup sûr une grande sin- 
gularité (juun auteur grec et païen , apporté en Kurope et commenté- par les 
maliométans, devint l'arbitre et le soutien de la théologie chrétienne (Di-nina, 
/>wr. t.l, p. 2()6. ) — Sur les relations de Paris avec l'Italie, v. Pierre Lombard, 
Saint Thomas, Itrunetto l.ntini, l.e l>nnte, etc. 

* IJoceac. />e i</M»rrjn/. : « Massimameutc in Venezia. per seguir Aristotele ed 
Averroo, nulla eredeauo i dotti... • (Cité par Iteltin. Risori/. t. H. p. 59 , not- 
— Petrareh. Senil. V, 3. i 



JKAN-MVUIIS (MIII.FI.FE. i\ 

n'n»;ir(|ii(-'r ce[M*ml:iiil qur, tandis que I*aris négligeait alisolu- 
iiicnt la liUiTaliire ancienne, les écoles d'Orléans consenèrenl 
liisjig»; d'expliqiitr (|iirl(jii('s aulciirs classiiiues. On se (|nerrlla 
même sur ee sujet; (jiacjuc (((il»' tourna s;» voisine ri\ hdituli', 
et Henri d'Andelv, dans la liataille des sept art< libéraïUy 
nomme parmi les défenseurs dOrléans, Homère, Iloraee, Ju- 
\énal, Lueain, Tijrence, Perse, Claudien, lamlis i|ur les liéros 
(le Paris sont lli|i|iotrate, (ialien, ArislolJ* el Platon '. OI>ser- 
xonsemore «|ue, dès le dou/iènie sièele, des savants i{ui avaient 
conservé un ^oùl au-«lessus de celui du temps, s'ell'oreèrenl 
de montrer l'inutilité el la l'utilité de la nouvelle dialectique, et 
à (pn'l point elle était nnisdile au veritalile savoir*. Dans le siècle 
suivant, le </ot/rur admirable. Ito|;er Ilacon, qui surpass;iil tous 
ses contemporains par Tuniversalité de ses connaissances', ne 
cessa de s(3Utenir que tout l'appareil de la dialectique alors en 
us;ige n'était (|ue le voile d'une grande ignorance \ L'amour 
de la dispute, liien plus (pie celui de la vérité, animait les soi- 
disant pliilosoplies du (pialor/ième siècle, et il lut la <-ause d(> 
i extrême Itarharie de stvle (pii caractérise ce temps. Oncom|»le 
cependant alors parmi les principaux adversaires franvais des 

> yotic. des Ma. île la liibl. nation, t. V, p. .'iOO et suiv. -•- Daus les Fabliaux 
l't Contes, t. III, p. 06 et seq. 8", «xi. de MéuD, voir le I.ay tt'ÀrUtole où 11. 
d'Andely se moque de ses prétendus disciples. 

« Tel fut un des buts des vcrhs de Jean de Salisbury, l'homme le plus savant, 
l'iVrivain le plus iK'fiant de son temps. Haiis ses deux ouvrages, il allia le rai- 
sonnement n la plaisanterie pour iittaquer la nouvelle pliilosophic. Voy. Poty- 
rrnt. lih. vil, e. U et M. — Mitaixjic. lib. », c. 3, lib. Il, r. 17 et bien d'autres 
endroits.) — tJnlter, prieur de .S;»iiit- Victor, appela les quatre plus fameux 8cht>- 
l:l.^(iques les laltyrintliiM de la France (apud Launoy, De Var. AritM. fortun. 
p..J5M), t. IV, part, l, oper. in fol. I"Ji . 

» iirucker, liist. Philos, t. III , p. 817 et «eq. — Sam. Jebb, //Ar/'. in Rog. 
Itacon. dp. mnj. 

♦ Roger Ilac. apud Jebb, Pra-f. ad <//». mnj. p. 5 : • Si haberem potestatem 
super libros Aristofeli» (latine converses, ego fiicerem orone.s cren. mm 

est nisi teniporis nmissio studere in illi.t et causa err<>ris et miili. lo- 

ranti«», ultra id quo<l valeal explicari. — Nunquam fuit tanta ap|».n: :i- 

tiir, neo tantum exercitium studii, in tôt fueultatibus, in tôt rep ut 

jnm a quadraginla annis : ubique enim doctnres sunt dispcrsi... In oaaoi rivitate 



\ii. m. 



;il(iis (|r lu ili;il('(lii|iir Jt'aii (icrsuii ri Nicolas lir CIcmangis. 
Cr (Iriiiicr avail iiii j^oi'il ('|nir('', vl, dos la lin du «jualor/iùiMe 
siècle, il voidnl donner de I «'li'^aiice aux écrits laUns; S(ju style 
fisl hicn jiliis soigné (juc celui de ses devanciers, cl il lil des 
edorls pour ramener les éludes dans une meilleure voie. Il dut 
|tenl-êtrc sa manière de voir à son séjour à la cour des papes 
d'Avignon ; mais personne ne fit attention ii ses idées et ne suivit 
son exemple. 

L'ilalit;, où les Grecs avaient ressuscité les lettres dès le 
quator/ièmc siècle, leur dut encore, au siècle suivant, la pliilo- 
so|tliie de Platon, (pii v eontre-halanea l«' crédit d Vristule et 
d'AvcMToës. tlle lut exjilifpiée pour la première fois parCieorges 
Gemistlms, ellit ses premiers progrès sous la proleclion des.Mé- 
dic.is. J'ai déjà eu l'occasion de ra|tpeler les rudes condtats (jue 
se livrèrent les partisans des deux philosophes grecs'; ils les 
accompagnèrent, suivant l'usage du tem|)S, de Iwancoup d'in- 
jures. Ces discussions agitaient lltalie, l'esprit pouvait v gagner; 
mais en France Aristote régnait sans concurrent. L'Université 
de Paris, sans cesse occupée de ses querelles avec les moines 
mendiants, de subtilités de dialecliipie, de discussions théolo- 
^i(pies, de dissensions civile's et particulières, repoussait l'étude 
des hellesdetlres. La résidence des papes à Avignon, les voyages 
de Pétrarque à Paris, le séjour que l'empereur Manuel Paléo- 
logue Y fil îi deux reprises dans les jiremières anné«'S du quin- 
zième siècle, ne purent donner à la France le même goût et la 
même impulsion pour les lettres qui s'étaient déjà manifestés 
en Italie '^ 

et in omni costro, et in omni burgo prœcipue per duos ordinea sludentes, quihI 
non acçidit uisi a quadrnginta anuis vel circiter, cum tamen nunquain fuit tanta 

ignorantia , taiitus error Vulgus stiideutiuni cum capitibus suis non hatiet 

uiule exciti'tur ad aliquid digiium , et idi'o langnet et asininat oirca mala trans- 
lata, et teinpus et sliidluni amittit in onuiilms et expensas. Apparentia quideni 
8ola tenet eos, et non curant ([ui»! sciant, sed quid videantur scire coram multi- 
tudine insensata. •• 

' Voy. ci-dessus, p. 3it. 

* Manuel Chrysoloras vint à l'aris eu 1108 conime envoyé de lempen-ur de 



JKAN-MARirS PIIII.KI.FF.. 7H 

L'application h la pliilosopliio et l'opini^ytrolé des scholasli- 
«|Ufis n'étaient pas les seules causes de la <lécadenee des lettres 
en France; l'extrênK* rareté des livres y contrihnait aussi ' : elle 
fut cause (ju'on ne consulta plus les lions cl anciens auteurs, 
et (jue, dans chaque scirncc, on éri^ra eu luailri' (pu'lipie au- 
teur ou compilateur moderne <|ui en <levenait l'uniipie oracle*. 
Roj^er Hacon se plaint de cet usage pour la théologie \ 

Avant le ipiin/ièm»' sirclc, la langue grectpic élail dans !<■ 
plus grand oubli, et (pioiqu'on puisse nonnner cpielcpies per- 
sonnages qui passaient pour en avoir connaissance*, on ne 
trouve aucune m«'sure prisi* jiour qu'elle fût enseignée dans ce 
passavant l'an 13()r>''; mais les ordres (pie Clément V donna 

Constantinopic t-t laissa au tn«i>r de Saint-l><?nj« un m*, grec dv» œuvmi de 
Boint Denis, ôcrit au onzii'-mc hièclv, ut duat la Huusc-riptioa atteste Porigine. 
(Wœrimr, De docli» (iracÏM, \>. M'I^- — M«intfauct»n, /'«//ro/r /,>• li'- < •■ 'v- 

— Hody.) 

' Au milieu du douzième siècle, l'histoire muniue coniitu- un . \i m tii<-iii 
l'arrivée de <juel<iue8 livres grec» apportes de C'onstautinople. ( Chrunir. brtv. 
Kccl. S. IHonijs. aiin. 1107, cité par d'Acheri, .S'/» lo /(•«/. t. II, p. 811, 4'., Saiut 
Louis, qui aimait les lettres, réunit avec jK-ine quehjues livri-s dans le tn'-sor Je 
la Sainte t'hapclle. l'ius tard encore, sous Charles V, on remarque la bibliuthi-quc 
de Itaoul de i'resle [ Luucelut, Acdd.dei Inscript. t. Mil, p. Gil) et celle que le 
roi réunit au Louvre. ^V. Uibliolh.firotypo'irtiith. nu librairies desfiUilu roi Jean, 
4".) Cette dernière était composée d'environ 900 volumes, qui ne furent point aug- 
mentes sous les deux règnes suivants, l'artui c« h livres il }' avait à |»eiue quel- 
ques anriens auteurs liilins, et le duc de lledtbrd en lit transporter la plus grande 
partie en Angleterre. (Inivin, Acail drs Inscript, t. Il, p. O'JO-70;j. V. aus»i Ko- 
bertson, //i«/. de Charles (Juint, iiitrod. p. iiO, trnd. fraiit,'. — Du UreutI, An(i({. 
de P'irii, liv. i, p. 1043. — Naudé, Addit. <i t'hitl. de Louis M c. iv. p. 30 

— Mém. de Christine de Pisan, 3" part c. Xll. 

• tlist. lilt. df la France, t. IX , p. 21. 

^ Itoger Itacon cité par llody. De Itibl. testihus, p. 4 1 9 ; . Quart um pi*ccalum est 
<l»od pripfertur una sententia mngistralis (extni facultaiis i' ' ■ , scîlicet 
Lilier Sententiarum, nam il)i est tofa gloria theologoruni, , .us unius 

eqiii. l'A posti|U!im illum legerit quis , jam pr.rsurait se de uiti^iotru theologico, 
quamvis non audiiit tricesiniuui parteni siii textus, etc.. • 

♦ llist. lia. de II France, t. I\, p. 151. 

>> Le collège de Constuntinople , fondé à Pari» au treizième sucle , et que 
quelques auteurs out cru destiné à l'éducation de jeunes GrtTS et à fkvoriser 
l'union des deux Kglises, aurait sans doute elTtracoment contribué à la c-mnais- 
sauce de la langue grecque, m tel avait é-té le but de s<<u in&titutinn >l.ii> il pâ- 
ti 



alors pour i'i;iltlii- d.iiis Icn iiiii\crMl<'s di' ri-jiro|M' des proffs- 
siMirs (le '^n'v cl de laii^ufs oriniiales no fiireiil suivis (rauciin 
♦•ll'cl'. Ncr.s l'i.'iO (|iirl(|ins riaii<;iis Niiirciil ('tiidier à Maii- 
loiK', sous Villoriiio de Ft'llre , dont le savoir cl les manières 
aimables alliraieiil des étudiants de toutes les nations , et qui 
cfuiiptail les plus iioMes |)ersonnages parmi ses diseijiles*. 
Qiiiii/c ans plus tard on vil à Paris un envové du roi de Cas- 
idlc an pape Kn^rnc IV. A la connaissance des lan{{ucs orien- 
tales et grec(jue, il unissait, dit-on, la plus jirofonde érudition 
en philosophie, en théologie et en droit. Il excellait encore 
dans tous les arts d'agrément et dans les exercices militaires. 
Ce prodige de science, qui n'avait que vingt ans, se nommait 
Ferrand on Fernand de Cordouc. Il ellVava loule l'inivcrsilé 
par son savoir, et quelques personnes, ne pouvant croire qu'on 
pût êtn; si jeune el si savant sans rinterventi<m du démon, le 
|irirent pour l'Anlechrisl^. Malgré ces movens d'instrucli(»n, 
renseignement du grec ne lut établi a Paris (pie par (irégoire 
de Tiferne Citlà di Caslello), ami de François Philelfe\ Kn 
1^58, c'est-à-dire environ deux ans après le vovage d'Argv- 
ropnle el de Marins , il ohiint l'autorisation nécessaire pour 



rait qu'il n'ttait destiiu- qu'à linstruction «les l'ii-montais , qu'il fut fonde par 
l'iorrc d'.Vsti, patriarche titulaire de Constantiiiople, et qu'il ne dut son nom qu'à 
la dignité de son fondateur. ( Voy. Crevier, IJUt.tle l'Univ. de Paris, 1. 1, p. 487 
et t. II, p. il 0.) 

» Crevier, Uist. tic l'I'nii-. de Paris, t. Il, p. ii6-228. — Tiraboschi , Slor. 
t. V, p. 363. 

« Tiraboschi, Stor. t. VI, ii, p. i'ii-ilH. 

î Trithem. Annal. Ilir-sauij. t. II, p. îiSj. — Nicol. Anton. Bibl. tlisp. t. I, 
p. 285. - Felihien et Lohineau , Hist.de Paris, t. Il, p. 834, iu-fol. - .Mem. 
prntr servir à l'hist.tle France eldc liounjog. Journal de Paris svus Charles lY 
et Vil , p. 201 : .. Kt vrayemcnt se ung homme povait vivre cent ans sans 
boire, sans manger et sans dormir, il ne aurait pas les sciences qu'il scet toutes 
par cueur apprinses, et pour certain il nous fist très grand freour, car il scet plus 

que ne puet savoir nature humaine, etc • Il ne faut pas confondre avec cet 

F.spagnol , CharK-s l'ernand , tiui «'tait aveugle, qui mourut en 1406. et d«>ut 
Nantie {.idilitions à l'tiist. de l.ntii.t .Y/, chap. v, p. ci") fait un grand «loge. 

♦ Fr. l'hileir. /l'/.ivr p t»"2 v ■ et p. lOS v. 



jEA>->i Miii s iiiiiiiii:. 75 

4;ns«'if(iH'r, ('tcoUjM''|)o«jiH' est (-ellL' do la renaissanc»' dos l«'llro« 
h l^aris'. I)i\-lmil ans après l'arrivée de Gréj^oire , «jiii , lu- 
(rouvaiil pas de quoi vixro dans celle capilale, n'ioiirna |ir«mi|>- 
leiin'iil en llali»- , (ieorj^*' llermnnvrne " y vint donner des le- 
çons el y trouva riniprinirrie en vij^ueur '. Il lui à Paris le 

« V. Ilody, Itv Grar. i7/i«rp. 2a:i — Fa»>riciu», Vibl. med. hit. t. 111, p. 101. 

— CrfvitT, Hitt. (le l'I'nivertilé, t. IV, p. 243. — Villant, llitt. de Fiance, 
t. XVI, p. lOt. — Tiral)o»chi. Stor.t. VI, ii, p. 111-143.— Bayl.-, />iWart. 
Tiphenias.i't /Ii>nuir7. tur le Itirt.dp BayU, par Joly — ^t" **n'mast.l.iUer. 
t. Il, p. 4i3. 

* IkTinonyiiK* rtait un pri)fisscur [h.'u capat>le (hra-.iiif, i.just. \. I>. l")il 

— Ilullam, l.ill. de t'Kurop. t. I, p. iSi. 

' Charli-K VII avait «ii'ga entendu parler de la découverte de cet art; il parait 
même <{u'il avait euvujt' à Majeiuc, p<jur i'iiiformer de ses procédt'-», le même 
Nicolas Jensoo «jui alla s'itaMir à Venise et y im]>rinia en I 170 (Aeml. det 
Inscripl. t. XIV, p 236-237, h. , Jean Kust, l'un des inventeurs de l'imprimerie, 
venait vendre ses livres à Paris. Le prix qu'il y mettait lui attira un proct^ 
dont un a fait à tort une accusation de magie. [ VValchii Deciu Fnbutar. gmerii 
huwani, p. IHI, Argentor. HH)0, 4". — La (aille, Itisl. de l'Impr. p. 12. — Che- 
villier, llist.de l'tmpr. iiv. I, c. l, p. tG. — Naudé, Addil.à l'hisl. d« hiuiâ XI, 
c. VII, p 130 — .Mareliand, Ilifl. di- 1 lii>i<r. prem. part. p. 26 2H. — SuppUm. 
Il riiift. de l'imprim. de Marchand, p. 12-14.— Marchand, Dirl. Iliiltuùj.t. I. 
p. 249-2.')2. — J. L'on. Durrii Kpithd. cité par Schelhom, Imtrtiil. Lit. t. V. 

— Uariu^, VlavU Viplomat. p. 8, not.— Schœpflin, Vindic. Typ. p. Ol.uol. ) 
Fiist était à Paris au mois de juillet 1460, et il parait qu'il y mourut de la peste 
cette même anii('*e. Ces détails sont les consé<(ueuces d'une note ms. de la mata 
de Louis de la Vernade, chancelier du duc de llourbon et l'un des députés à 
l'assemblée pour la reformation des abus. Klle se trouve à la fin d'un exemplaire 
des Offices dr i'irerntt . .Mayence 1406) que Jean Fust lui avait donne, et qui est 
passé de la hiblioih<<iue d Alexandre l*<tau dans celle de la ville de tieneve. 
(Voy. Itaulacre dans le Juurn. Ilelvrlii}. 1 7 i.">, avril, p. 314-329, ou dans la 
Bibliiilh raitunu. 1740, t XXV, p. 2«2. et t. X\XV, 1745, p. 141-134. — Lam- 
binet, Hecheieh. sur l'Imprim. p. 155 ) Kofin, en 1470, par les soins de deux 
docteurs de ITniversité, des ouvrier» de Fust el Schcpffer, reoiu de Majcnce, 
établirent à la Sorbonne la première intprimerie qui ait exista en France. (Crv- 
vier, llisl. dr l'I'nit. t. IV, p. 320-337 — Marchand. Ilht. de llmpr. p. 57. 

— tiabr. Naudé, Addil. n l'hisl. de l.nutt XI, c. mi. — I.aSerna .Santander, iPict. 
mbliiig. t. I, p. 22t et s*^] ) l.e premier livre imprime à Paris renferme les letlm 
de (ias|tarino de Unrxixia, maître de Fr. l'hilelfe V. ci-dessus, p. 27, not. 1. 

— Sur les lettres de nalurultsation accordées par Louis \l aux premiers im- 
primeurs établis à Paris, v Cnlal. de lu Viillière, t. III, p. 141. — Les deux 
docteurs dont il est parlé plus haut étaient Jean Steinlin ou de la Pierre, nommé 
aussi //i/>i(/afi MI, et (Guillaume Fichct, .4 ^trlalM^-.^'(I^lw/4<s. Le premier était 
allemand ( • quos ad hanr iirtH-ni r lua fiermanin librarioc ascivisti... • Lettre 



76 MK IJI 

premier [)roiess<Mir (îrec de iiiilioii, cl le iiiailre «le («iiillauinc 
Budé'. Andronic Callisle le suivit*; il avait été le maître du 
e<''lèl)re Polilieii et mourut eu Fraure. Les r(ni(|iièlcs de 
(Charles Vlil el de Louis XII eu Italie euricliireut Paris «l'uue 
jiarlie des trésors littéraires rass<jml)lés jiar les rois de Naples 
el les ducs de Milau', et François l**", ii la sollieitatiou de Jeau 
Lasearis et de Guillauiue Budé , établit la liiMiotlièiiue de 
Foulainehleau, où l'ou réunit les manuscrits jurées donnés par 
Lasearis à ceux (|ue Jérôme Foudule et Jean de Pins avaient 
achetés \ Ijiliu, le même roi de France, pour hûtcr le progrès 
des études, établit en L530 des |)rofesseurs royaux de grec et 
d'iié-breu et mit j»ar cette institution la dernière main à la res- 
tauration des lettres à Paris'. 

Au temjts de Marins IMiilelfe, la littérature latine n'était |)as 
à Paris plus cultivée que la grecque. Nous avons déjà remanpié 
qu'à la lin <lu quatorzième siècle, Nicolas de Clemangis avait 
l'ait d'inutiles elVorls j)0ur la remettre en crédit. Cent ans en- 
viron plus tard, <pu'lques Français se distinguèrent par un peu 
plus de pureté dans la prose et les vers latins, mais ils lurent 
\mi encouragés. Flnviron trente ans après le voyage de Marins 

da Fictiet à J. lMi>iil(iniis, eu tète des lettres de Gusparino. Voy. I.icliteuberger, 
p. 20G); le second était né au Petit-ltornaud, en Savoie : il fit ses premières 
études aux écoles de la Itochc, il enseigna pendant vingt ans et fut camérier de 
Sixte lY. Son bénéfice d'Anet lui valut son épitliète d'Alnetanus. (Voy. G. Naudé, 
Aildit. ai(x Mém. de Comines. — Moreri , Dictionnaire. — Grillet, Dict. 
hist. des départ. du .Mont-Blanc et du Léman, t. I,p. 31)8- tOO. — Lichtenberger, 
p. 20i-"205.) Guillaume Ficliet est auteur des llheloricunim lihri, une des pre- 
mières productions de l'imprimerie de Paris et Tune des plus rares. ( La Serna, 
Dict. t. Il, p. .ilC. - Calai, du duc de la yallière, t. Il, p. ii-ii.) 

* Aliatius, dedcor;/. dans Fabric. Vibl. (inrc. t. X, p. 7ô8. — Uody, DeGr. 
m. 1». 23:i-2.W. 

* Fr. Pliilelf. Fiiisl. p. 107 v", 189 r», 205 etc.— Uody, De Gr. ill. p. 22T-i33. 
— Tiraboschi, .S'/or. t. VI, ii, p. 129-130. 

^ Uody, De Gr. ill. lib. H, c. v. — Acad. des Insc. t. V, p. 352, h. 

* Crevier, llist. de l'Université, t. V, p. 237-246. — Molic. des uis. t. VM, 
juirt. Il, p. Il 1. Iteda s"op|)osa à l'établissement tle la chairi- de langue grectpie, 
i|u'il n'entendait pas. Voy. II. Fstienue, .l/>o/. pour llcrudotc,Disc. ;>rf/.p.9. éd. 
le iMu-liat. 



JEAN-MARirS PIIILBLFE. t i 

Philelfe(1489y, Irois Italiens, d'un mérite trop médiocre \H)ut 
avoir des succès dans leur jtalrie , furent admis par l'Université 
de Paris à ensr-igner les belles-lettres, et leur admission attira à 
cette Académie le rcproclie d'élrc trop facile <lans le choix des 
professeurs*. L'un deux, Fauslc Andrelini de Forli , avait ce- 
pendant reçu le laurier poéli(jue h Home, et ce qu'il avait de 
talent lui valut la protection de Charles VIII, de ses deux suc- 
cesseurs et de la reine Anne de Hntajîne. Il professa trente ans 
h Paris, lit des vers latins justement ouhliés, et fut lié d'amitié 
avec Hohert (iaguin, général de l'ordre des Mathurins, célèhre 
par son histoire de France. Ces deux hommes passèrent pour 
les restaurateurs des lettres latines en France*. 

J'ignore la durée du séjour de Marins Pliih'lle dans la capi- 
tale de la France; on le perd de vue juscpi'en 1 V.j8\ et je ne 
trouve, dans l'espace «h' dix-huit mois, aucun événement qui 
ait rapport à lui (pie le mariage d'une de ses weurs qui , vers 
Pâques, en li57*, épousa Jean Angelo'. 

Lors(jue la prise de Conslanlinople fut connue en Occident, 
on asscudila en Ailemagn»' trois dièti's successives, où les 
moyens de s'opposer aux Turcs furent discutés, mais sans au- 
cun résultat utile. Nous avons vu que Nicolas V, sans jamais 
oublier son goût pour la littérature , fit quelques efforts pour 



' Krasmt*. 

* llvttinclli, RiMnrtj.it'ItaLl. I, p. Î50. — Itisoours de l.t-wnanl (•iustiniaui. 
envoyé de Venise à l'aTéiicinent de Louis \l, en i kil. ^ Corniaui, I Srro/. l. III, 

Pl*f.) 

[ Icixe trouve une lacune dans le moDUScrit, et une annotation en marge indique 
que l'auteur, après avoir traité de la littérature grecque et de la littérature 
latine à Paris, au monuiit où Marius l'hilelTe y arriva, avait l'intention de dé- 
crire également l'état de la laii^'ue et de la littérature fraiiraisvs. — On lit dans U 
page corres|>ondaute, consacre*- aux notes, ces deux annotations '. — • .Sannazar 
en France avec le roi de Najiles. — Km (iiocoudo en France sous Louis \ll. • 
(Coniiani, t. III, p. 184.) — Ed. 

^ \Ln contradiction avec une annotation daus la marge, oùiletttdit qn'- " * r>T 
Mnrius était enaire à Turin. Voy à l'an l*.^4. — tid 

♦ Fr l'hilelf. hjùst. p. 96 r- 
^ Id i7.|,/ ,. 12;, r-, 174 V. 



7 s \ii, III. 

K'iiiiir Icsclin'lii'tis coiilic les inliilèlcs. Siii success«Mir, le vieux 
Callisle, élail aniiiK* «le ileiix passions, ravanceinont de ses ne- 
veux et la j;iieiTe eoiilrc li's Turcs. I^es sijçiies nienaranls «lu 
ciel scMiiilaicnl seconder la lerreur «|n*e\cilaient les aniies des 
iiilidèles, et c'est à celle é|»0(|ue ( 1 iôG que parut dans toule 
son «îlliayanle lieaiilt' la raineus<' comète dont plus lard Ilallev 
calcula approxinialiveinenl la marche et le retour. !*rolilanl de 
(|iiel(|nes instants de paix dont jouissait Tllalie. Callisle sonj^u'a 
stMienscint-nt à atla(|ner les Turcs; il «'(piijia même une llotlille', 
sur iaipirllc, à force de menaces, il lit enil»anpier un cardinal" 
111 (pialit('' (le l<''j;al. Cette {guerre élail la pensée dominante du 
pape cl nirmc des j^ciis de lettres'. Mais les princes de I Kii- 
ro|)e montrèrent peu de zèle. Kn 1 Vô", les discussions d'AI- 
plioii.se, roi de Naj>les, avec jdusieurs Liais «le l'Italie et avec le 
pape lui-même, la «•lierre (|ui commença entre rem|>ereur Fré- 
<léric III et les llon<;rois, contrarièrent les projets de Callisle, 
ipii ne pouNail sonIVrir (pr.Mpliniise , après avoir |>ris la croix. 

' On croit (jue le célèbre Jactjues Cœur avait un comiuandement but cette 
flotte et mourut ii Chio, en \\h^'t. Itouaiuy, Mcm. de l'AcaJéin. des Itucript. 
t. X\.) 

* Voy. Ducus. 

* Frau(,'ois Pliilelfe n'avait cessé, dans ses écrits, d'encourager les princes 
chrétiens à faire la guerre aux Turcs, et de se plaindre du peu de succès de ses 
exhortations. In de ses disciples, l.apo Itirago, de Castiglionchio, avait écrit 
et dédié à Nicolas V un livre intitulé Striiteijcliea , qui traitait de la inanitTC 
de couduire cette guerre; il existe encore en nos. (Tiraboschi, Stor. t. VI, ii, 
p. 13i.) Il est encore à remarquer que l'on employa l'art naissant de l'impri- 
nierie à réunir Us puissances chrétiennes contre les Ottomans. Les deux plus 
anciennes productions de l'imprimerie, ayant date certaine, sont une iinilalioit 
l'aile (I la chnlienté <le prendre les ariites contre les Turcs, écrite en allemand 
et portant la date de I iîiî), mais qui a dû être imprimée en Ii5t M. le baron 
d'Arctin l'a découverte à Munich et l'a décrite dans V ludiraleur littéraire uni- 
versel, 1K07. Voyez aussi Maijas. k'ncyclofi. 1810, t. II, p. Ii9. — J. F. Lichtea- 
herger, Inil. Typoi/r. p. 46, :2î>5. — Journ. Asiatiii. 1828, nov, p. 385-389), 
et, en date de Woi, Lettres d'indiihjcuces de .Vico/ojt V en faveur de ctux qui 
cDUtrilnieronl à lu tlé/'ensi' de Vhijpre contre les Turcs. (Mercier, Supplein. a 
Marchand, p. 17. — l.ichtenlterger, p. i". — Dibdin, Bibl. Si>encer. t. I, p. J7 
et I. IV, p. 573. — Lwn de la Horde, youv. rechenh. sur /'od.;. de ritnjirint. 
Paris, I.SIO, t<>.) 



JEAN-MAIlll^ l'IlllLI.KK. 7*J 

OUI (l'aiilrcs iiilrn'ls «|ui* ctMix «!«• Ij guerre sainl»-. Mjis, dans 
la mêiiie année, Alplionsc i>l Callist(> inournivnt'. Ix' 19 août 
nn noiiMMu |i:i|)r i'iil «'lii : (-'('lail .tjicas Svlvins, ami intime 
(le Fr. IMiilclIr , cl n'iiii-ri , dans les (rans|)orts de sa joie, ol>- 
tinl dn dnc dr Milan l:i |)erniissiun de l'aire nn Nova^e à Home 
pour voir son ami (|iii, sur le (ronc |tonlili(-al. avait pris le nom 
de Pie H'. IMiilelte, dans nne de sî's lettres^ dit <|ue ses deux 
lils. Marins cl XimioiiImui, devaient raeeoni|>a<{ner ; mais on a 
dejii |Mi voir plusieurs lois (jne Marins se faisait sans cesse at- 
tendre, cl il ne fit point ce voyage avec son |>ère, «pii fut reçu 
lionoraltlement |iar ions les princes dont il traversa les Etals*. 

Le nouveau pape', comme ses pn'déeessi'nrs, s'occupa de la 
guerre conlHî h's Turcs, et indiipia à Mantoue une diète gt'né- 
raie des princes de la chn'lienlé. Pour eniouraj^er les (irecs 
(jui résistaient encore ati\ (hlomans, on envoya dans le l*élo- 
|)onè$c au s<'cours de Thomas Paléologue trois cents lionunes 
levés par la diicliesse de Milan et par le |>ape , et on leur donna 
de grandes esjtérances sur le résultai du congrès de Manloue. 
L'empereur de Tréhisonde , un jjrélentln roi de Perse, les 
princes d'ArnuMiie et dn Caucase se liguèrent contre les Turcs 
et envoyèrent des patriarches, des andiassadeurs et des lettres 
au duc de IJourgogne, (pii, h- premier des princes de rKurojH', 
avait jtris la croix. Ils dcinandaicnl (pi'on se concertât pour 
attaipier rennemi conunun en même temps en Asie et en Ku- 
rope; mais, lorscpu' ces envoyés pan inrent à leur destination, 
les projets (h* croisade s'étaient déjà évanouis. 

Le pape partit de Honu' au eoMir de Thiver le 22 janvier 
1 V5î) [tour liâler par .son e\em|>le l'arrivée des princes ou de 
leurs députés au congrès. Il n'sta huiglemps en roul^, et rt^ul 
partout des honneurs cl des fêtes. Mais, lors^pi'il arriva vers la 



• Muratori, Annal <l liai. ann. I45(>-I45H. 

• l^inci'lot, .IrW (les Imtcript. t. \, p. 7±i. 

• Kr. l'hiltir. /i/iùr p. 104 v», nov. i458. 
« 1(1 ihùl. p 104 V", 10.S rv 



SO VM. 1»K 

lui (Ir III. li a Manl«iur. il nr trouva |iiTSoiiiu- ri augura mal de 
ce iiiaiHjuc <l'enjj»n'sst'in»,'iil. A l'ouverlurL' du congrès, (jui eut 
liiMi cnliu l(j 20 scitlciiihiT, les tléj»ul<''S d»' France cl de plu- 
sieurs aiilrcs grandes |»iiissaiiees se faisiieiit encore allendre. 
Toutes les exliorlatioiis ilii |t;i|n' (loiir réunir l'Europe contre 
l'impur Draijon^ restèrent sans ellèl. La France était irritée de 
ce i|ue le pa|»e venait d'accorder à Ferdinand une couronne 
que la maison d'Anjou n'avait pas su défendre', cl des (jnereiles 
sur <les points de discipline ecclésiastiipie l'aliénaient encore du 
saint-siégo ; le pape, de son côté, était irrité contre elle h 
cause de la pragiiialiijiie sanction. Cette inimitié des cours de 
France (;l de Koine, les troubles du rovaume de Na[tles, les 
guerres d'Allemagne, celle de l'empereur contre les Hongrois, 
la polili(pie de Venise, rendirent infructueux tous les eiïorts 
de Pie H. Aucune puissance ne voulut sacrifier son intérêt 
particulier à l'intérêt général. Le pape, après avoir arrêté cer- 
taines hases pour l'armement des clirélii-ns , après avoir fait 
nonmier l'empereur Frédéric III général de la guerre projetée 
et remis la décision déliuilive de ces grands desseins à une 
autre assemlilée, congédia celle de Mantoue, et (piitta cette ville 
dans le mois de janvier liOO\ H parait (jue i^e II, vovant 
l'imjiossibilité de réaliser le projet de croisade contre les Turcs ^ 



* Pii II Kpistol. apud Leodr. Cribell. p. li , in Miiratori Script, t. XMII : 
» lujustic gi'ntis domiiius, tctra poliiis bellua quam Kex appellandus, virosissi- 
inus Draco dicendus potius quain Imperatur, saiiguinem huinauam sitivns. — 
ftc » 

* l'apon, llùt. (Il- l'rov. t. lll, p. 3"d et suiv. — Ferdiuaod avait été cou- 
roDué, par ordre du pape, à lîarktta, le 11 février 1459, par le cardinal Orsiui. 

* " l'ii papa' secundi oratio contra Turcos » Colouia; per L'Iric. Zcl de 

llanau , eirca I iTO, l". — < lîcssarionis episcopi .Sahineusis, cardinalis Mcirni 
et patriarchic ('onstantinopolitani orationes de belto Turcis inferendo. • l'ari- 
siis, Ulric. (ierin^i;, 1171, t". — Catalotj. itti iluc de la Vallure, t. Il, p. 56. 

— La .Sema, Diit. t. II, p. 173. — « Oratio sunnni pontiticis Pli sccuudi pro- 
nuntiata Mauttin;. • (Ms. de la liiblioth. du roi de France, u" 8315, lat m' 10.) 

— Leodris. Cribelli, De crpciiitione. Pii Secundi in Turccu, t. WIII, des Rer. 
Ital. Script, de^luratori. 

» l'ic II ilurclia iiuon «iauircs dcdouuungemeut.s à «et insuccès. .Vprès le 



JKA.N-MAIULS PIIII.EI.FE. 81 

\oiilul an inoint» que le congrès de Muntuiii; servit sa liuine 
( outre les Français cl aiïcrniit Ferdinand sur le trône deNapies. 
On lui n'iiroclie d'avoir ('ni|tloyé à cet us;«^e l'ar'iPnl i^ril avait 
amassé pour la ^'iicrre sainte', et ce qui |>eut faire croire que 
ce |»a|>e n'était |»as «le bonne foi et avait un luit caché , c'est 
(|u'à ré|>o(|ue de la prise de Constantiiio|ile, lors<|u'il était se- 
crétaire de renqiereur, et lors(|ue les diètes de llatisluuine, de 
Fraïuforl et de NeuNtadl Icnlèrriil de former une li-^ue euro- 
péenne contre les Turcs, il pensait fennement «pie l'exécution 
de ce pr<»jet était impraticable et (pi'il n'y a>ait aucune utilité 
à en csjtérer. On |»eut voir sur ce sujet une «le ses lettres à son 
ami Tévéïpie de Padoue , dans laipiclle il décou\re le fond de 
sa p<'nsée',ellacouq>arer à son discours^ prononcé à I'i.hk IhI 
dans lequel il prèclie la croisade*. 



congnt de Mantoue, il écrivit sur la croisade un pocnie dont Iv inanascrii 
exislf dan8CeUo ville. (Andres, Culnl. de' ms. Capilupi, p. 50 .'il.) Ne pouvant 
alta<|i>er Mohoniet, il voulut aussi essayer de le convertir, et, se fiant à son ilo 
quence plus qu'aux armes, il lui écrivit dans ce but une lettre, ou plutôt un lonff 
traité de controverse, dalé du \" juillet 1400. Ou la ln)uve dans Itayualdus, 
Annal. hccL ann. Util, u-* il-lli, et elle fut imprinu^ à part à Trévise, 
1 475, 4". 

* Fr. l'hilelfe, dans une longue lettre adressée à l'aul II, accuse l'ie II de 
mauvaise foi, d'avoir dissipé et fait servir à l'ambition de sa famille les trésors 
amabsés par le pajH; Calliste, etc. (Kr. l'Iiilelf. KpUt. lib. XXIII, page !57 ▼•, 
\'M r'.) 

* /Kneas Sylvius, Kpitl. lib. 1, Ml, p. 656 : • Mallcm opinionem roeani 

esse falsi.ssimam ac mendaois qiinm veri prophétie nomen non spem ijuod 

opto : nil l)oni menti meir persuadere possum, etc.. • P. 657 : • Ifcnm'ine res 
sese habeant, niuncbo ad dictam diem Francfxrdiie, et si non pr<"' View 

christiuua*, muoerabo tamen me ipsum, et in \indictam roeorum d' it'Hi 

gam corpus et mentem. • 

» A'm. Sjlviua, /j"/j. t. I, 130, p. 678 et seq. 

* Sur le congK's de Mantoue, voy. Muratori, Annal. i45S-i 160.* — Leodris 
Cribclli, dans Muratori Scripl. t. XXIil. — llaronius. Annal. I45M-1460. — Spoo- 
danus. — l'ialina. Vil. PU //. — Villaret, lliâl. Je France, t. XVI, p. lOi 107. 
■ii\ 236. 

Cepi-ndnnt il faut remarquer que, lorsque Pie II vit Ferdinand maitre de Na- 
ples, il reprit ses projeta contre \v* infidèU'S et mourut à Anc«>ne vers le ntilieu 
de I liti , dans le temps où il rassemblait l'année dvi crtiisés, et au moment de 
l'arrivév de lu flotte vénitienne Cette mort rompit eu partie la cn>i»ade : n<''aii- 



s 2 Ml. I»K 

Lis (lrii\ IMiili'Ift's lurcnl l«'s témoins «lu congrès de Man- 
louc; le jièrc t'iail à Uoiiic lorsijiie le jm|h' •;ii partit '. Il rc\int 
|in)iii|it('ineiil à Milan, cl alla ensuite à Mantoue où il prorionra 
iMi discours' au nom du duc de Milan". François IMiilcIlc ijuitta 
le congrès au coinmcnccmi'iil d'octohrc. Marius y arriva vers la 
lin de raimée ; il avait laissé su femme cl ses enfants chez S4jn 
père'*, qui le reconunaiida aux secrétaires a|)0stoli<|ues I^olli cl 
Aj^Mpel et au cardinal liessarioii, en faisant I éloge de ses «pia- 
lilés el (le son savoir"*. Le j)ape, avant de tjuitler Manloue, vit 
'Marins Pliilellè el lui olfril la charge iVavocal consislorial (pi'il 
ne voulut pas accepter". L'espérance d'un étaltliss<'ment ron- 
venahle à Veiii.^e j)arail avoir causé le refus «pu* .Marins lit de 
celle charge. Dès le mois de janvier liGO, Marins el son frère 
Xénophon étaient à Ferrare, dont le souverain était revenu «le 
Manloue avx'c le pape. Le duc Borso témoigna par «piehpu'S 
«Ions .son attachement aux Philelfes, et les deux frères formèrent 
le projet «Talh'r a Venise. 

Celle r(''|Mdili«pie était alors un des plus puissants Élats d 1- 
lalie, el ce n'(''lail <|ue jiar «les ligu«'s que ses voisins se garan- 
lissaienl de son and)ilion. Sa puissance était appuvt'c sur la 

moins, les Vi'nitiens firent une expi dition en Mortn;, attaquèrent l'antique Ijicé- 
clrinoiie, mais bientôt en levèrent le siège. — (Josme de Médicis avait «lit que 
tout vieux ([Ui'tait le pape, il faisait une entreprise de jeune homme. 

« Fr. l'hilelf. /:>. p. 105 v". 

' Le discours prononcé par Fr. Philelfe a été publié par Mittarelli, Bibl. Mt. 
S. Mirh. projw Muran. col. 888 et seq. 

' Fr. riiilelf. lîp. p. 108, 111 V. Parmi les orateurs du congrès, il faut nom 
mer llippolyte, fille de François Sforce, duc de Milan , alors âgée de quatorze 
ans et élève de Ualdo Martorelloetde Constantin Lascaris ; elle prononça devant le 
pape un discours latin ([u'elle avait composé et qui excita l'admiration des assis- 
tants. Ce discours, tiré de la bibliotbèciue .Vmbrosienne, a été imprimé par Mansi, 
dans Pii il ()i(itioii. t. II, p. 192. Cette princesse épousa, en I 405, .\lfonse, duc de 
( alabre, et mourut avant ((ue son époux parvint au tnuie de Naples ; on peut 
consulter sur elle, .\rgelati, Scrijit. Mvil. Uibl. p. 1380, 1381. — Saxius, //l'i/. 
LU. Mi-tl. p. 151.— Tiraboschi, Stor. t. VI, il, p. 133. 133, 167. 

* Fr. Philelf. Kp. p. Il -2 r- 

'■• U.ibiil. p. 100. 

« Id l(ii,l p I8!t v 



.JL\N-MM!I(> l'Illl.KI.FE. SU 

douille Icisf «les riclicsscs cl de l:i lr:iiii|iiillit«'* inliTicurc. Lr 
coiiiinci'ct' cxcliisilMii sel, autrefois iiiii(|ii«' iiiiidslric de s<'s jin- 
micrs lialiilanls', les inaiinracUires de crislaux, d'éloflcs d»* soif 
cl (li; laine, prociiraieiil aux V(''iiiliens de }^'raiids profits ; mais la 
jiriii(i|t;de source de leur opidenc»' était I immense connneree 
<|u'ils l'aisaienl avec l'Orient. Il remonte au delà du temps de 
(iliarlenia^'ue , pnisipie les conrlisans de ee prince tiraient des 
\enitieiis les lialuts de soie, la jiourpre et les pelleteries dont ils 
se paraient '. Lesjtrécieux tissus ornés de Itroderiesqui aux neu- 
vième et dixième siècles venaient de Coustantinople et d'Alexan- 
drie en Italie, y étaient apportés jiar les négociants de Venise el 
d Amalli'. Lesservices (pie les Vénitiens rendirent aux empereurs 
Jurées, leur valurent <ravanta|^M'UX privilé^'es(prils défendirent el 
au^uienlèniil par la force des armes. Maigre les I*is;ins et les 
(icnois, (>l souvent malgré les empereurs, les Vénitiens firent 
prévaloir leur commerce ù Coustantinople, et finirent , de con- 
cert avec les guerriers de la <pialrième croisade, par s emparer 
de cette superhe cité. Lors(jue les Grecs reprirent, eu 12t>l. 
leur capitale sur les Latins, Micliel l*alé(dogue v retint les Vé- 
nitiens, les Pis;ins el les (iénois, el leur juTinit de se gouverner 
par leui-s lois sous sa protection. Mais il racc»)rda plus particu- 
lièrement aux (îénois (pii élaieiit ses alliés el ipii TaNaieut aidé 
dans ses entreprises. Il leur donna enliefle fauhourg de (lalala\ 
Itientôl ces marcliands «levinrent plus puissants «pie les empe- 
reurs n'auraient voulu , et ils s'em|iarèreut du commerce de la 



' CUissiinl. Var. Ml, xxiv, |>. |H^, «-d. <;art't. 

* Mdiiaoh. S. (Inili, i)c reb. Carol. nuujn. lib. Il, c xxvii, p 1.(3, dans le rc 

cueil Av i{otii|ui-t, t. V : • Céleri wn), utpote ferialis ilielius, ol i|ui iiumIo ilc 

l'iipia viiiisstiii, ad i|iinni nii|nT Vt-iutici de traiisniarinis |>:irtilitis i>iiiiu-s Orien- 
tnliiiiii divitias ndvei tassent, rhirnicum |H-nil>us aviuin («ericu rircumdalis.et pa 
vouiim coilis cuiii tergo et ciiiuis niox flore.scere incipientibus, Tyria piirjiura. 
vel diacedriua liira di'coratis, aiii de lodicibus, (juidani de gliribus circuaiaiuicti 
proeedebant... ele... • 

^ l.iiitpraïul, h-i/ul. mi Muephut . p. IHT. dans Murutori, Script, t. Il 

• l.odovieo .Sailli. Co/t 'M 1(1 </«'i (»>>imy.w in (ialala. furinu 1831, in-K", i vol. 



SV Mi i>i 

Mrr Noire h l'exclusion des Véiiilieiis, des Pisans el des Gn'cs 
oiiv-iiiêmes. Al«»rs les industrieux Vénilieus s'adonnèrent au 
coMirrii'iTc de l'Orient et de l'Inile par la voie d'Acn* et |»ar 
celle d Alex;indrie' ; di'jdiis lonj^temps ils venaient «ians celte 
dernière ville |tonr vendre des esclaves, dont une partie étaient 
cliréliensV Ils trali(|iiait'nl encore sur les côtes et même dans 
rint«''neur di' r.VIriipie. Kn \'2Hï, la bataille de la Meloria , 
^aj^Miée (nir 1rs (iénois, porta un coiiji liineste a la pros|M''rité de 
Pise ; les guerres de celte ville avec la ligue toscane et s<'s dis- 
sensions intestines ne lui iicrmirent plus de reprendre sa puis- 
sance'. Un siècle plus tard, la guerre de Cliio77-a entraîna la 
d«'( adeiue de Gr-nes el éleva les V«''nitiens. Depuis lors ces der- 
niers lurent les seuls dominateurs du couiiiierce justpi'an mo- 
ment où la découverte du passage du cap de lk)nne-Espérance 
le donna à d'autres nations". 

A l'éporpie dont nous nous occupons, Venise était d'autant 
jilus o|»ideiile'' (pie la prise de Constantinople par les Turcs 
avait détruit les restes des établissements des Génois dans celte 
ville el dans la Mer Noire. Il n'y avait que Florence dont les 



« l.'U3. Traité de Venise avec le sultan d'tlgypte. (I)jndolo, i'hron. dans Mura- 
tori, Script, t. XII, p. •418.) 

* Munitori, Antii/. liât. Mrd. .Er. t. F, diss. X\X, p. 883. — Cet odieux com- 
merce d'esclaves clirétiens fut l'objet des défenses et des sollicitudes de Charle- 
magne et des papes. Les Vénitiens, les Grecs et même les rran<;ais le pratiquaient. 
11 y avait à Verdun une fabrii]ue d'eunuques. (Lnifprand, VI, 3 : • Carsamatium 
autem Grœci vocant, ainputatis virilibus et virga eunucbum, qnos Verdunenses, 
(il) inmiensum lucrum facere soient et in Ilispaniam ducere.-) Voy. De Guignes. 
.irnd. tics litscrij)!. t. XXXVII, p. ISr». 

5 \'î\)0. Huine du port de Pise par les Génois et décadence de Pise. Vojr. J. Au- 
ria, Anniil. (ien. dans Muratori, Script, t. VI, p. 5lK). 

♦ Voy. sur le eonmierce de Venise, Marin, Slor. del commerc. tle' Veneziani, 
Venez. I78i), 7 vol. — Muratori, .lHfi</. Ital. t. II, p. 883-905. - Dulws, Ilist. 
lie ta liiiue de Viimtnai, t. II, p. iiii-lSO. — Formaleoni, Stor. del mare yrro, 
c. Xix-XM. — Uobertson, Recherches sur l'Inde. — .Sisniondi, Ilist. des répu- 
hliques ilatieintes, t. VI, p. 9:2-09. — lleeren. De l'influeuce des croisades, iu-8». 
— Sur les conquêtes des Vénitiens, spécialement dan.'» la première moitié du quin- 
zième siècle, voy. Koeli, Taht. t. II, p. 58. 

•> Vov. Denina, Itevol. d liai. liv. WIII, e M 



JEAN-MAIIICS IMIIIRIFR. Ko 

riclH.'SScs|>()iivaicnl êlre comparées h cdiesjlc Venis*^, <'t cllo \os 
avail acquist's par un ^enre de commerce loul «liiïérenl. Flo- 
rence les (levait à ses inaiiiirartnres et à la liaiii|iie (|ni , dans 
un ten)(»s on l'inlrriH dr lardent était fort élevé, donnait des 
|irolils innncnscs. Mats si Ton |icul assimiler ces deux repuhli- 
(|ues sous le rap|K)rl d<*s richesses, elles oMVent une grande 
dilli-rence au point de vue du gouvernement et de la cul- 
ture de l'esprit, I/inté'rieur de Venise, depuis la ronnaliitii de 
son aristocratie', ollrait une Iran^piillité- «pii ni'tait «pie Irllit 
de la nullité dans laipndie la nol)less4> tenait le peuple. Quel- 
(|ues soulèvements c(uilre cette aristocratie n'avaient fait (pie 
rallerriiir |)ar la création du redoulaltle et despoti(|ue (lons(>il 
des Dix. S.jiis cesse (jccupes de projets amliitieiix ou de spi'*- 
culalions mercantiles, les Véiiiliens cultiv('rent peu les lettres. 
L'art somhre de la politicpie ipii dominait cet Etat était rem- 
placé à Florence par un véritaMe esprit public. Ia» gouv(»rne- 
ment de Florence était le plus démoeniliipie de l'Italie, et fa- 
vorisait dans toutes les classes de cilovens le (lévelop|)einent 
de tous les talents et de toutes les vertus. \a^ commerce v était 
exercé avec plus d'élévation d'âme (pi'à Venise; il fut souvent 
employé à faNoriser les liimii-res, et nous avons (It'jà remanpK* 
i|ne l'Kurojie doit à celte ville la connaissance de la littc'nture 
grecipie *. Des Florentins avaient même servi les lettres à Ve- 
nise ; Pélranpie avait donné une partie de sa hililiotliè(pie à 
cette ville, et Cosme de Médicis, pendant son exil, y axait 
formé celle de Sainl-(ieorges\ 

Il semlile (pie le gouvernement xénitien ait redouté l'ellét 
des études : il voulut tout au moins en é'ioigner le centre de la 

• Ann li<»7 1310. - Sismondi. //iW. ./. » 

• 1,08 |>rt'micrs liistnriens t-n langue vu! no 
Malcspinu ccrivii au tn-iziime «ii-cle, ain»i lo l.atini. W<s 1 an l,i<ii 
If I lorentiii Vr. I,an(lini avait étc coumnn»' \ ;ii«e, j>ar )«• roi ilo (hyprr 
it 1<; (li>gv Laun-nl Ccisi. ' Dvgli ,Vgu«tiiii. Serill. Vinis. t. I, iurfax. pagv &ni.) 

• Sur la hihliolhôiuf coiistruitf jar Cosmv, voy llaniiini. Cal Ihhl. iuturml. 
t. 1, prirfal 



SI) Ml l)K 

capilalo. I^)rs(|ii rii 1 U)0 les Vriiilicns «Icvinrrnl maîtres «li- 
l*;i(loiK', ils coiisi'rvèn'iil son iinivcrsiir, drjii célèbre au qna- 
loi/ièmi' sirclc, sous la maison de (Carrare. Ils Iransporlrrcnl 
il i'adoiir les (''(olcs dr Tirvisc, londécs «'iiviron un siècle an- 
|»arii\;nil, il drlèndircnl d'enseigner les lettres el les sciences 
ailleurs que dans la [>remièrc de ces villes*. Peu à peu la ca- 
|iilale fut evccjilt'c de celle défense, puisqu'on v trouve qiicl- 
(ines célèluTs [irolèsseurs ' ; mais lorstjnc Marins IMiiiellè v ar- 
riva, en l'j^OO, Venise n'avaU point encore d'université, el ce 
ne lui (|iic dix années |)lus Lnii (jin' le pape I^aul II voulut <|iie 
sa pairie jouit de cet avanta|.;i', et iiiénie d('|inis lors le Si-nal 
exigea encore (piOn ne put prendre qu à l*adoue l«'S degrés de 
doclein- en droit et en lliéoloi^ie \ 

Le <;nrii des «'ludes avait cependant jténélré dans Venise* : 
plusieurs patriciens les cultivaient malijré leurs occujtations po- 
lili(pies. Franvois liarharo, disciple et ami de Guarino, leur 
avait «ioiiné l'exemple a cet égard. Au milieu de ses emplois et 
de ses ambassades, il s'était actpiis une grande réputation jiar 
ses ouvrages, et une plus grande encore parla |)roiection qu'il 
accordait aux sciences cl aux savants V Cet liomnie si remar- 



« l'ar iiiK- loi (quelle est sa date?) les patriciens de Venise, pour parvenir aux 
emplois, t'taient astreints à l'obligation d'avoir été reyus doctears à l'adoue. 
(Ik'ttinelli, Itisor;/. t. I, p. 2i9.) 

* Dans les premières aniiérs du sii-cle, Gnarino de Vérone avait attiré la na- 
tion entière à ses le(,'()ns. ^Ilosmini, Vit. Ji Huarino, p. 12.) 

5 Tiraboschi, Star. VI, i, p. (>0-6-2. — Uegli Agostini, Scritt. Vint:, t. I prefaz. 
p. t. et secj. 

» IVtranjuc avait donné une partie de sa bibliothèque à Venise pour qu'il en 
fût formé une bibliothèque publicpie. ' Italdelli , Vil. tli Pelr. page 139, m>t. 
— G. depli Agostini, Stor. dv.jH Scritt. Vinii. t. I, prefaz. XNViii xxxi. — Mo- 
relli, Ih-lln lihirrid <li S. .>/«rr<), cap. I.) Ce n'était du re.ste que la moindre 
partie des livres de l'illustre poêle ; le plus grand nombre fut disperst- apns sa 
mort en Italie et en Trance. (^-u.x ligués par lui à Venise furent oubliés, dans 
une chambre de l'église de .Saiut-Mare, pendant près de trois siècles; le catalo- 
gue des livres qu'on y retrouva eu IG3λ se lit dans le Peirarcha rediviviis ilu 
Tommnsino. 

••■' rrani,()i8 IJarbaro écrivit au l'ogge pour lui ofVrir de contribuer de sa fortune 
à la découverte des manuscrits (Uegli .Vgostiui. Srrill. Viuiz. t. I. pref p. XXX\.) 



JEA>-MVllll> l'Illl.KI.FR. S7 

(|ii;il»l(' rl.iil iiKUl (Il j;iii\ii r HÔi'. On disliii^uail jcinni l«s 
iioldrsdc Venise un Franrois (>onlaririi, professeur de |iliilos4>- 
|iliie et suvanl dans les lellres et les anliquilés ; en 1 ï'iï il coin- 
iiianda I amiee eiivovi'e aux Sieiinois ((uilre les Flnrenlin»., cl 
«'criNil riiisloire de celle «guerre*. Paul Murosini, ijiii fui un 
liiéologien profond, serxil en même temps sa pairie dans |>lu- 
sieurs ambassades ^. HernanI Jusliniani était renommé par son 
éloquence: la n''|>iiiili<pie l'eiixova fn''<piennnenl vers les puis- 
sances élrauf^ères, cl nolaminenl à l*aris à ravénemeiil «le 
Louis XI*; il est encore célèhre pour avoir le |tremier ess;i>é 
d'écrire l'Iiisloire ancienne «le sa pairie \ Dix amuVs avant l'ar- 
rivée de Marins Pliilelfe ù Venisi', les leçons d«' pliilnsopliie de 
l.:iuro Qiierini, natif de ('andie, mais d'une famille (»ri<;inaire de 
\ riiise, alliraieiil tant de imuide, nit'ine |iend;iiil la pesle, i|u il 
lui (>iili^<> de les donner sur la |)la*'e piihlnpie, et ipiil raconio 
en |)lais:mtant «ju il redoutait (pi(> le Sénat nCn prit onil)ra<;e^. 
Depuis ipiehpies années la repiildiipie de Venise jniiissail de 
la jtaix sous le gouvernement du doj;e l'ascal Malipiero, et Fran- 
çois IMiilelfe encouragea ses fils à aller dans une ville «pi'il re- 
gardait comme un jinrl assuré pour les gens de lellres'. Il joi- 

< ^i^li^\n\, IHati ib. aill.Uiirhar. K/iisI y. 5il <■! Si-<|. 
« TiriilH>schi, Slor. t. VI, ii, p. 47. 4H 

^ id. ibiii. t. VI, I, p. i;ia. 

* Ap Zfiiu, DÎMM. l'oai. t. Il, p. IKrt. 

* Tirabosohi, .S/«r. t. Il, p. 5i, 53. — Foncarini, t)f(ln l.elt. Vrnrz. p. l'iU. 

— Sur li>8 gi-ns de lettres de cette noble fnmillr, Toy. Ilaph. Volater. Connurnt. 
lit). \\l, p. iio v, edit. Basil t^>44, iii-fol. - Iteniard Jusliniani rapporta 
de France la version «(ue Laurent Valla avait faite en proKi* latine de l'Iliade 
«l'Homère Klle fut imprimée À Itresria vin kal. dect-mh 1471, et Justinieo l.u- 
zago la didia à li. Jusliniani. (i^uirini, /ir Hrij-inn. I.itirr. part. S*, p.iOKet mh]. 

— i^uiriiii, l-^piit. ad Sii.rium, p. 7-H. — Audiffredi, Valal. c^lil. ilalic. p. I.'W.) 
Cette version fut la première «jui fut iniprinxe : »eulemei)t quel<iue« lÏTre* de 
l'Iliade avaient été traduits |)ar Nicolas «le Valle, et apn'-a ni mort J. Pliilip|>e de 
l.ignamine les imprima à Home quel<|ues mois avant l'étlition de Itrescia. (Tira- 
Itoschi, Stoi. tlell. lu-lt. Ital. t. V|, p. H34. — Audiffrvdi, Calai, etlil. roman. 
p IGI . I.a premi(''re édition du texte grec d'Ilotnèrv est de Florenre, I iK8. 

•■• llarSar. Kpht. Appendix. p. 05. 

* Fr. Philelf. l'itiil. p IKir'. Xenoplionti fili«» : • Profrettonem ad Vt»neto« 



SS mi: I)i: 

<^nit îi son consnitcnicril «les Iclircs pour les amis qu'il avail à 
Venise', iKiiiiii les(juels on |miiI nommer Marclicsi Varisino. 
en\ové (In Awr de Mihn, el l>* rnard Jnsliiiiaiii, dont le père 
Ij'onanl, si /.('lé jtonr les lellres, avail autrefois a|)|»elé François 
Pliilelle en Italie. Marins IMiilelle trouva à Venise Georges de 
Tréln/oiide, Pierre Perleoni, aneien ami de son père, et un 
jeune el nol)l(! Milanais, nommé Léonard CirifTi. Ce dernier 
était élève <le François Phih'llé, (pii lui était fort attaché; il ile- 
vinl un des plus élé'^ants |»oëles latins de son siècle, et parvint 
ensuite à larclievèclié de llénévenl'. Ces protections facililè- 
rcnl h Marins le moyen de (lév(;lopj)er sa science el ses talents; 
il parut devant le (lo|.çe et devant h; Sénat, et dicta, sans aucune 
préparation, a Irenle-deux secrétaires des compositions sur au- 
tant d(; sujets dillérenls ipii lui avaient été proposés sur-le- 
cliamp. I/imjtrovisation était le véritable talent de Marius; l'in- 
correction et la précipitation ipTil ne pouvait s'empêcher de 
mettre à tout ce (pi il Taisait, paraissaient moins dans cet exer- 
cice littéraire, <pii a en lui-même (piehjue chose de merveil- 
leux, (pie dans tout autre genre de composition. La facilité el la 
mémoire incroyables de Marius sont atlesléespar Lilio Giraldi, 
(pii en tenait les preuves d'un lils de Xénoiihon Pliiielfe^. .\pivs 

non possuni non prot)are. Nam soli Veni-ti inihi visi sunt, hac tenipestate, in 
Ualia, c|ui virtuteni colant. lleli<iuiB vel oivitates vcl principatus stationi-s sunf, 
non portns. De me volo, mco noniine, verbum nuilum facias. Pnrterea te ac 
item Mariuni nioneo atqne liortor et pro jure paterno vestrura utrique jubeo, m- 
(juid agatis temere, ne qnid insolenter. Si modestia volueritis et gravitate uii 
quietissinia istic voliis et coninjodissima sedes parata est, eaqae perpétua. Mar- 
eliesiuni meuni hene valere opto. • Ex Mediolano ni kal. febr. I IGO. — Yoy. 
aussi une lettre à Marius, ibid. p 110 v". — Fr. rbiblle avait une grande idiV- 
des vénitiens et de leur géiuTosité. Voy. sa lettre à l'erleoni, ibiil. p. OD v". 

• Ir. IMiileir. liplst. p. 110 r'etv". 

« Id. ihiil. p. 110. — Argelat. p. 710.— Tiraboschi, Stor. t. VI, il, p. iO.'i. 
— Sur le poëiue de Grifli, voy. Muratori, .SV/•//»^ \\V, fin. 

^ I/il. tiirald. De poct. dialog. l, t. Il, p. 533 oper. : • l'aratissimo fuit ingt - 
nio et ineinoria (iiiadam incredibili : nam ut ipsc ex Cyro. . . audivi, ano pêne 
stans vestigio, eriituni per ordiuem materiam proponentibus, eonfeslim cni(|uc 
qiio jtroposita l'iieraiit ordiiie, earmina ret'erebat. Longe tamen hic in coronis 
proiiipiinr i|u;iin scriptis cognitus est. • 



JFAN-MAUll'S IMIII.EI.FE. S*J 

avoir iinprovisc dovanl lo Si'iial, Marins ri'mil au surleudi'inaiâi 
l'épreuve <ju'il devail subir sur son Uileiil pour ens4*iguer. Il eul 
dans ce nouvel examen un succès é^al au préeéjienl, ri mit 
par là le sceau a sa répulalion. Son père éprouva la joie la plus 
vive en apprenant ces heureuses nouvelles : il écrivit à ses amis 
de Venise jtour les remercier de leur protection , et les prier 
d'exhorter son lils à mériter el à augmenter ses succès jiar le 
Iravail el rassiiliiiléV 11 écrivit en même t('in|»s à Marins, rt c'est 
par ces lettres que nous ajipren<Mis la douhie gloire «pir Marins 
s'était acquise. « Tu (h)is comprendre, » dit Franvois Plnh-lfe à 
son fds, « tout le plaisir que j'ai ressenti. Quelle voix est |»lus 
« (louée à l'oreille d'un j»ère ipu' celle de la hrillantr n'iiommée 
« d'un (ils (pii donne un nouvel éclat au nom |Kit(-rnel'/ (lonli- 
(< nue, mon lils, connue tu as commencé. Tu hahites la plus 
» riche, la plus nohic et la meilleure des villes (|ui sont sous le 
« soleil. Hicu ne manquera à ta fortune ou à la gloire, si lu ne 
« le mampies pas à toi-mèmc Les Vénitiens sont les plus polis 
« et li's plus généreux des iionnnrs: ils monlrrnt tant de ^rau- 
« deur d'&me et tant de penchant à laire le bien, que, même 
<< m les servant, (Ui jouit de la plus grande liberté. Oïdilie le 
« reste du monde, et, si tu sais te cimduire, tu trouveras où lu 
« es l'asile le plus paisible el le plus avantageux. » Il l'exhorte 
ensuite au travail et à l'assiduité ^ On apprend parla même 
lettre que Xénophon s'était décidé à aller à Uaguse, cl «pie 
leur père aurait désiré cpie ces deux frères eussent réuni h V»»- 
nis<' leur existence el leurs ('-tudes. Lt* S^Mial tie Venise jtrit une 
si haute idée de .Marins IMnleUe, qu'il créa pour lui une chaire 
de professeur d'éloqin'uce et de philos<q»hie, dont les émolu- 
ments lurent payés par le trésor public", et le doge lui-même 



' Kr. IMiililf. ft>. p. m v^ llir-. 

* Kr. l'hikir. Hp. p. Mi r». 

' Fr. ehilolf. h'i>. p. i 13 r>. • . . . Marius filiut. . . a tloreutissinio Veoetonun 
Senalu honuritice couductus ad doct'uduni Vt-aetiu oratoriam vt philosophiam. 
Id uuteiii pliiris fiu-iuiuliiiii oxistiuio, «iiiod aniea lU'iiitui tinquam itHitigit . . . ■ 

7 



(l('\iiil son |>riii(-i():il prulecleur'. Mariub n-Miii nioiiM-ntanément 
à Milan |m>iii- lireiidrc su iciiiiiie el ses t-iiraiils, qu'il conduisit 
à V(;iiis(', dans la |i('rsnasi<)!J (ju'il allait s'y étahlir |»our toute 
sa vie. 

Depuis longtemps on désirait une histoire cuniplèle el suivie 
de la répuhliipie de Venise ; cet ouvrage n'avait point encore 
été tenté, cl I on ne pouvait lire ses guerres et ses ré\olulious 
que dans d'inloriues et arides clironi<jucs. Louis Foscarini, nohie 
et savant vénitien, conçut le projet de faire jouir sa patrie de 
cet avantage', et, en 1 400, il pn>|)0sa au Sénat de charger le 

Cettt' lettre est adressée au célèbre Jeaiil'icrre Arrivabene , que Philclfe ap- 
pelle Eutychius. 

« Fr. Philelf. Ep. p. 1 lii v : l'ascali Malippa;rio, duci Venetiarum • . . . Ilabeo 
autctn ingénies et sempiternas gratias, tam excellentiae tuœ, tum aniverso Seoa- 
tui, quod dilectissimum filiuin meum Marium, huic tanto et aniplissimo docendi 
muneri prœfccistis. Quod etsi per sese magnum est et prtrclarum, eo tamen plu- 
ris facienduni, quod ante id temporis alteri nemini Venetiis contigit, ut puhlica 
pecunia ad hujus uiodi institutum couduceretur. De filio autem, ut verecuiidius 
loquar necesse est, ne in eo laudando videar mea; gloriie favere. l'num tamen 
ausim afïirmare me neminem in hanc diem cognovisse, qui acque ad summum 
atque Marius filius et ingenio simul vigeret et memoria. Nam quantum doctriua 
valeat et facundia, ipse de se locupletissimum afferct testimonium. Et illud 
certe mihi juoundissimum est, quo<l qiias ego splendissimo Venetorum Senatui 
maximas debeo gratias, ob pristina ac plurima in me bénéficia, eas Murius 
meus, si re fortasse minus, industrla tamen et voluntate cuniulatissime refcrt. 
Accedet autem ad summum beneficentiic cumulum, si hune etiam, mea causa, 
tibi carissimum esse aniniadverto. » 

* l'ierre-Paul Vergerio l'ancien avait écrit sur l'origine de Venise un ouvrage 
qui s'est perdu et n'est cité que par Bernard Justiniani. Le l'ogge avait eu l'idt-e 
d'écrire l'histoire de cette république, et de mériter par cet ouvrage d'en être 
reçu citoyen. Les instances que Louis Foscarini fit au Napolitain Porcellio ne 
produisirent que des mémoires sur la guerre que Jacques Piccinino avait faite 
pour Venise au duc de Milan en 143:2 et llo3 ; la seconde partie de cet ouvrage 
est dédiée au doge Foscari. (Apostol. Zeno. Diss. Voss. t. F, p. 18, 1^).] Louis 
Foscarini chercha aussi à exciter à entreprendre cet ouvrage Damiano del lîorgo 
(G. degli Agostini, Stor. ticijl. Scritt. Vitiiz. t. I, p. 75 , Jucopo Uagazzoni, Véni- 
tien, et enfin le célèbre Flavio Biondo ipii, ayant été admis au rang de citoyen 
vénitien, avait écrit J151) un petit ouvrage sur l'origine des Vénitiens. Fosca- 
rini, eu revenant du congrès de Mantoue, voulut faire nommer Flavio Biondo 
historiographe de la république. Dès que ce dessein fut divulgué, trois littéra- 
teurs distingués disputèrent cet honneur à Biondo : c'étaient Slarius Philelfe, 
Georges de Trébizonde et Pierre Perleoni ; chacun d'eux eut ses partisans thins 



ji:\>-M\ims iMiii.Ki.iH. ÎM 

«rlèlirc Flavio iVioiidu <ir (-<-tt<' liorionililc coinmissioii. INmiI- 
iHre la priidinlr |)()lili(|ii«' du Sf^iial :i|n'r(.ul-cll«' quelque dan- 
«;er (!aclié dans ce |»roj«'l ; le fail est que les avis a>aul élr par- 
la}^és sur le elioiv d'un liislorio^ra|tli<' , il resla s;nis r\«''culi(Ui. 
(le dessein, dès «ju'il fui connu, mil en rivalité Marins IMu- 
lello, Georges do Trélii/onde el Pierre Perleoni, (|ui tons les 
trois se présentèrent pour remplir les inlenlicuis de Foscarini ', 
et hri^uèrcnl à l'envi I liouneur d'être choisis, liit-nlol après 
Marins IMiiicHe, malgré ses précédentes résolutions, céda à 
son inconstance el il se disposa a (piitler Venise ; mais ce ne 
fut pas sans avoir pris sa part des Iracasst'ries cpie leur rivalité 
suscita entre les trois prétendants, (le fut sans doute à cette 
occasion (juc Marins écrivit contre (i«'orges de Tréhi/onde la 
grossière invective (pii s<' lit dans S4'S poésies*. Perleoni, <|ui 



le Srnat, el le projet de Foxcariiii demeura sans exécution. • Foicar. Ixll. Venez. 
2^7-231. — i;. degli Agostini, AWiî. tleijU Srritl. Viniz.t. I, p. 73-77. — Ti- 
ruboschi. t. VI, p. 714. — (juiritii, Dintr. ad Barl». Kpiatol. p. xciij.) — Ver« 
le temps où Fosearini fut gouverneur du Frioul (I i(ll), Marius el (ieorgei <|uitto- 
reiit Venise, et Perleoni se découragea; alors Foscarini reprit ses projets sur 
r.iondd. Voy. la lettre di- Foscarini, ciltH? par degli Ago^tini, Srritl. Viniz t. I, p. 70, 
lidressécà Uioudo : «Tempus po<itea<iuani ex Mantua discessimus nobis tacendum 

visuin fuit Cum primum ex legatione Venetias applicui, ccppi nostrurura 

Senatorum mentes penpiirere et ipsis persuadere, fjuod cum integerrimo pâtre 
Ilicronytno lîarhadico, niecumque sentirent, «juos diversorum stu<liorum cogno- 
viniiis, <|uia adernnt (ieorgiuK Trupi-zundeus, l'etrus l'erleo , Muriiis IMiilelfus 
miles, (|ui certatim et gratiis se pulcherrimn muneri offereSant. Nolnimus pu- 
bliée edictuni île industria tua eli:;en<la proponerc, ne conciirreniibus multis, 
neglectam Senatus Venetus operam tuam liab«'rel, quam non suspirasfiet huben- 
dam. Intérim Forum Julii meir fidei commendatum est, quo tem|>ore cessarunt 
tJeorgius et Marius : l'etrus tepescere videtur. Quapropler ego in dies magis 
no magis accendor, et tempus pruficiendorum votorum nostrorura adveuisse 
censeo. . . » 

Malheureusement pour les projets de Foscarini et |)our l'histuire de Venise, 
Itiondo lui-même mourut liient<>t après ijuin I4<><t). 

• Voyex une b-ltre de Foscarini où il trace son proj«'t ; elle a été publiée par 
ti. depli Agostini, Srrillnr. Viitizian. t. I, p. 7lJ. 

• I>e litre de CCS pot'sies est : Ji>. Mnrii Philelphi, Frnttrisfi filii, p*teUr la- 
litti Fpilomiiln , ad Sii/inixindum Mal(ilr%lfim, Wolferbyli I66J. in-li- — 
l.'épigramme en question se trouve i-n txlrail dans li. degli Agnulini, Srrill. Iifiji. 
t. I, p. 113, et en entier dans Itandini, Tdf HihI. I.nur. ma. lai t. III, p. H03. 



92 VIE DE 

professait les helles-lellres à Venise, se plaij^nil aussi de Ma- 
rins dans ses lettres à François Pliilelfe, avec lequel il était lié 
d'amitié. Celui-ci, (hns sa réponse, clierclie à l'apaiser et lui 
(touseille de se dr-lier des faux rapjiorls '. François PliileiCe 
était cependant très-inéconlenl de la conduite de son fils, mais 
c'était vainement (pi'il lui adressait des remontrances', et l'on 
voit clairemenl «pie la léj^'èreté de Marins, ses caprices, son 
j^oût pour les plaisirs, rempèclièrenl d'avoir des succès du- 
ral)les dans tous les lieux où il habita. C'est ce que son père 
fait entendre dans |tlusieurs de ses lettres ', et ces reproches 
s'accordent avec la criti(jue que Trehanns Anrelius fait de la 
manière d'être do Marins". Il débutait toujours par les plus 
brillants succès, mais bientôt son inconstance, son j)eu d'ap- 
plication, ses distractions trop fréquentes dégoûtaient de lui ses 
écoliers ^ 

Marins Philello quitta donc Venise après y avoir (iniiciin'' 
nn peu j)lus d une année. Joseph-Antoine Saxius pense (piil 
fit en ce temps un voyage à Rome, et que Pie II lui ollril 
alors la place d'avocat consistorial ; mais il me parait plus pro- 
bable (pie cette offre lui fut faite lorsipi'il vit le j)apea Mantoue, 
et que les grandes espérances (piil avait conçues de son éla- 



— 11 existe encore en niaiiuscrit deux élégies de Marius contre (leorpes. Voy. 
Bandini, Cat. Bibl. Laur. ms. lut. t. III, col. 801 et 803. plut. IH, cod. 42, 

• Vr. Philelf. fT/j/.v/. p. 115. Ex Mediol xiii kal. .Maj. 14GI. 
« Fr. Philelf. hpist.p. 117 r". 

s Voyez entre autres Fr. Philelf. Epist. p. '2oo v". Cette lettre ne fut écrite 
qu'en 1 17"2, mais on y lit : • Itaque menior ipse, quid tibi superioribus annis 
et Bergonii, et Veronœ, et Venetiis, et Bononia? acciderat, ob istius niodi tuam 
cousuetudiuem etc . . . . » Fr. Philelfe, dans lénumération des lieux, ne suit 
pas l'ordre des temps. 

* Trebau. Aurel. Eiiist. ad Mar. Philelph. e Ms. bibl. Ambros. a}nul Sax. 
Ilist. Litt. Mediol. p. 208 : » (Juia inconstantiam et levitatem tuam iutellexe- 
ruiit, utpote qui uunc legas, nuuc ludas, nunc urgente iuopia causidicus fias, 
nihilque tibi reliqui facias, quod libero ac forti animo dignum sit : ita nec hos, 
nec illos, nec alios ipiideui habes a ijuibus tuie nebula* exaudiantur. > 

'• Fr. Philelf. /s/iùr p. 255 v-'. 



ji;.\.\-.MAiiiis riiiii-i.FE. \)'.\ 

hlissoiiît'Ml à Venise rem|K"'clièrent «le I j(C('|»lrr. Je suis sur 
ce poinl Lancelol et Tirahosclii '. 

De Venise, Marins alla h Boloj^ne. Celle ville, riclie et puis- 
sante an trei/.iî'ine siècle, avait dû son oj)nIeti(e à s«*s nianu- 
faelures et à la lonle d'étrangers i|ni venaient y faire leurs 
éludes. Au quinzième siècle elle avait déjà perdu l'amour de 
la liberté et res|>ril puMic (pii l'animaient autrefois. Elle avait 
éprouvé tous les genres de dissensions intestines' et toutes 
les espèces de gouvernement. Klle changeait sans cesse de 
maître : des tyrans, des légats du pape et les princes de Milan 
la dominèrent alternativement. Klle reprit son indépendance 
en chassant le légat d'Eugène IV et ensuite Nicolas Piccinino, 
qui s'en élail emparé, et fut gouvernée |>ar la famille de Hm- 
tivoglio jusqu'il ce (pie le |iape guerrier Jules 11 la soiimil à sa 
domiiialioii. 

L'Université de Bologne avait été riiiie des plus célèhres 
de l'Europe : au comniencement du treizième siècle elle comp- 
tait dix mille écoliers de toutes les nations^; mais les ipierelles 
civiles, auxcpielles les éludianls jirenaienl IVé(piemmenl part, 
causèrent sa décadence. Pélranpie, au ipiatorzième siècle, fut 
le témoin de sa prospérili* et de sa misî-re ; il décrit vivement 
l'une et l'autre, et fait une conq»araison animée de Tancien et 
du nouvel état de celle cité. Il repré-sente l'ignorance ipii s'est 
emparée de celle ville, et la fertile, la puissaiile, la savante 
Bologne réduite à l'élat des jilus petites villes voisines*. Les 
elVorls d Trhain V et du cardinal .Mhorno/. au quatorzième 
siècle, les Ie(,ons de (^luarino, «r.\iiris|ia, de François Philelfe '' 



' Laucflot, Aaut. >les Inu-ripl. t. \, \> TH. — Tiraboschi . Stor t. VI. ii. 
p. 203. 

« Ant. Cornazant, Vit. Barlhol. Coltri, p. 6, ï»» Bunu. Thet. t. IX, part. t> ; 
« Bononia .... urhs sane facili impulsione mutabilis et gens non minas ad re- 
bollanduni, «luain ad hi-llaiulum pncceps et atrox. • 

' Tirahosclii, Stor. t. IV, p. 4t. 

♦ IVtrarch. Senil. X, il. p. 960, Wl 

* Vojfz rt*nipn-ssi'inent avec le«HK'l les Bolonais et le cardinal légat rv<;urent 



O'i VIF l»F 

ail ( uiiiiiMiicciiM'iil (lu siècle silivaiil, lie reiiilireiil à Ikjlo^nc* 
(in'uiie faillie |iortio[i ilo sou uncien cclat : les révolutions |>o- 
lili(|iies, sans ci'ssc rcnaissanlcs, s'ojtposaicnt 11 la culture «les 
lelires et des sciences'. Kii lilil on v «'lait encore à espérer 
((Ile le iMHiiiiie des (Hiidiaiils s'élè\erail liienlol à cinq c<'nls ', 
el ce ne lui ijiie SOUS la domination des Henlivogli, vers le inili«'U 
du <|iiin/ièine siècle, (|iie la lrain|niHil«'' rétahlie à Bolojine 
|ieiniil de melln' <|iiel(|iie siiile dans les élu<les ^ ; elles diirenl 
heaucoiiji à la prolcclion de Nicolas V el aux soins de liessa- 
rion, son lé^'al ". Dans le nuMne temps les lilatures «le soie, qui 
étaient une des sources de la richesse de celte ville, furent a«i- 
inirées jiar rem|iereiir Frédéric III'*, et Tart de la inécani(|iie 
y était parvenu à une si grande perfeclion, que, par une espè«e 
«le [irodige attesté par plusieurs lémoins, un arcliitecle holo- 
nais, apj)elé Âristole- Fioravanli, transporta, par des machines 
«le son invention . la liante tour d une éi'lise avec ses fon<le- 

1 r. Pliiklfi- t'ii I IrîS (Ir. Pliiklph. ft'/'. I'- i, Aurispa:) ; Philelfe loua d'alwrd Cf 
sc'jour {ibid. p. 5 v'>, Antonio Capanor.), mais bientôt les troubles le deguuti- 
rent {ibid. p. 5-0). 

' Auris|)a, dans ses lettres à Amhroise Traversari, marque que le goût des 
lettres n'était pas au nombre des bonnes qualités des llolonais ". • Inveuio non 
hicc solum, sed omnis humanitatis studia adeo ab horum auimis aliéna esse, ut 
liic sine fastidio non sim. Putant nonnulli litteras Graicas parvo quodam dignas 
labore. Ceterum lu cives grati , suaves et dulcissimi suot. > ^Ambros. Camald. 
Eitist. X\IV, o."i, p. 103(1.) Franyois Philelfe, peu d'anut-es après, parle dans plu 
sieurs de ses lettres des troubles de Dologne, entre autres page 7 : • Sunt hic 
umnia procellarum tenipestatumque plenissima ob hanc reipublica; ab ecclesias- 
tica ditioiie defectiouem. Deus hene vertat. Hononienses ipsi de se videriut. 
Ego niihi atque rébus meis omniuo consulere consiitui. Non enim tutum est 
Alusis intcr gladios sioasque versari. Jam civili cruore mudiut omnia. Nullus 
hic otio, nullus paci relictus est locus in tantis discordiaruni seditionum<|ue 
Uuclibus, etc. •• (1428). — Cependant, en i iiO, (luarino écrivait iî Jean Salerno. 
son ami et podestat de Uologne : • Fu sempre grande, fu sempre grata Bologna, 
fu sempre un vero domicilio di .Minerva e madré degli studiosi, etc. • (Itosmini, 
Vil.di (riKiriii. t. III. p. tO.) 

- CroïKic. IhloifH. dans Muratori, Scrifil. f XVIII, p. OU. 

^ l'icttin. Kiwiij. t. ],]>. 171. 

* Tiraboschi, Stor. t. VI, i, p. o7-(»0. — Laon. Chalcocoudylas, De rébus Tur 
rir. libr. VI, p. lîi"). 

■■' liorselli, AhikiI Ittiniin \i. K.s,'), tlans .Muratori, Scri/il. t. Wlll 



JEAN-MMUI > l'IllllllK. \i') 

liR'iils'. Fii)r.i\,iii(i |>:issa dans lu suite au S4Tvin' «lu dur lic 
Russie '. 

Ou n'a aucun dflail sur le M'jour «le Marius IMiilelIr a lJ<il«»- 
gne; on n'en (onnait même rr-|)0(|ue ipie par un discours ipril 
[>rononça, devani le Si'iial el le |ieii|»!«' de celle \ille, le 8 sej>- 
t(Mnl)re 1 Mit , sur « lesqualilés quedoiveiil avoir les magistrats w 
( De ii» qua: in maijistratu retiuiruntur]^ et qu'un manuscrit de 
Florence a conserN*'- \ L'ahlM' Mrlnis en a |Md)li«'' un fragment, 
el I on V voit (jue Marius vante Iteaucoup létal noris.sant des 
lettres ii l^logne ; il prt'tend que riniversité <le cette ville dé- 
peuple les autres Académies de l'Italie et de l'Europe, et qu'on 
y rencontre une linde de jurisconsultes, de législaN'urs, de 
|>liiloso|ilies, «l'oraleiirs el de poêles, qu'il compar»' au\ plus 
illustres d«' ranli«juih' '. Mais en dej»il des froides exagérations 
de Marius, et malgré les soins des légats du pape et des IV'uti- 
vogli, rTniversité d»* lîologne n'avait de réputation dans ce 
tenq)S que pour Té-Inde de la jurisprudence el de la médecine'. 



• On aiisuro >\tw plus tard le oôlôbre I.i'-onanl de Vinci proposait de soulever, 
par des machines de son invention, une t'glise toute entii re. V. Amoretfi, .Ve- 
morif (Ii Lionanl. du Vinci, p. 14.) l-'ioravanli ne fut pas toujours heureux dans 
ses entreprises. Voulant redresser la lourde l'tglise de Saiut-Michel Archange, 
à Venise, il en causa la ruine, au grand dommage de l'église. ;MoreIli, Bihl. ma- 
nuscript. grcrc. et lai. p. 415.; — Creccentino Josi-ph Serra, en 1776, transporta 
un clocher. ( Hiotjr. univ. t. LXXXIf, p. Ii7.) _()u trouvera plus de détaiN sur ce 
transport déilifices dans une lettre de riuillauni)- Favre, inst-ree dans la Diblin- 
ttu^ijue t'nivrrseUe, Science» et Vrfs, IK24, vol. X\V, paj?e IS8. — Éil. 

« Cnmac. di IMoijn. p. 717, dans Muratori, Snipl. t XMIi. — Tirahoschi, 
Slor. t. VI, I, p. 3iWi7. 

» Mehus, Vil. AmhroM. Camahl p.^'r^ Vr l'hilelf. Epist Wh XVII. v HT 
Xeuoph. 8 kal. Aug. 

* • ...Nunc tamen per excellcutiain ,,.^. ,....., magnitici pr.-ni. >, jimi m .limn 
est ita, ut relictis cteteris fere Acndeniiis <|un> aut in (^alliis sunt, aut'ia ilispaniis. 
aut in universa Italia, conveniant in hoc Itononii : < <., quihos 
est ulla honaruni literarnni lil>idu. . . Nam sive ."^> {Mistula- 
tis, siveSoIoues atijue Lycurgos. sive .SH-rates, l'Iaiuiie», Ar. •■ itemos* 
thenes ac eicerones, sive llonierns at<]Me Mnronra. in omui lau<! m artium 
scientinrumque génère inveniatis non niultos, sed trque ac catervatim compositas 
turmas. • (Mar. Philolph. (hat. cittV* par Mehus, Vil. Ambnts. p. 406.} 

^ Parmi le» professi'urs de dnùt on remariiuatt Antoine Minucci de Pratovec- 



ÎH) VII. lu. 

Les IhIIcs-IcIIics V (Haicnl lorl iK'j^lij^ées, «'l François IMiilelfe, 
<l:ins iiiK' IcUrc adressée trois ans a|in'S à AIIktI Parriiisi, chan- 
vrWrr (le l;i n''|(iil)rK|ii(' de liolo^Mic ', n'jiroclio aux lialiiuinls de 
celle ville de rester dans I ii^noranee et de ne jtas S(i\oir jiroliter 
des levons d'Andronie Calliste, (|ni était alors chez eux. Il coni- 
|i.ire les Hcdonais aux avares <|iii sonllrenl la l'aiin et la soif an 
milieu des richesses '^ Cette lettre, écrite en 1 iiii, montre (|iie 
dejtnis le lemj)S d'.\nrisj»a, c'<'St-ii-dire de|»nis près d nn demi- 
siècle, les lettres n'avaient fait aucun progrès à Bologne. 

François INiilellé recommanda sans doute son (ils à ses amis 
de Bologne, parmi les(|nels Alhert I^arrhisi tenait le premier 
rang; il dut regretter dans celte occasion rahsence de Hornio dr 
la Sala, ce jnriscoiisulte (|ue I annaliste de Bologne compare à 
Sociale \ Lors(jir('ii 1 VôO Pie II passa à Bologne, Bornio fut 
choisi pour le complimenter, et dans sa harangue il parla avec 
une grande lihi'rlé du gouvernement de celle ville. Le pape, 
craignant (jne celle Irancliise n eùl des suites lâcheuses pour 
Bornio, l'emmena à Mantoue, oîi il allait présider le congrès*. 

Marins parait avoir demeuré assez longtemps à Ikdogne ; 
rien n'indi({ne qu'il ail hahité aillein's jusqu'en 1 i6i «pTil alla 
il Milan '. Il <lul donc trouver à Bologne nn homme qui élait 

chio, <|ue l'cmpcTeur Sigismond avait fait comte, et (jui s'attira radmiratiun et 
l'euvie de ses contemporains. On peut joindre aux titres de ce savant juriscon- 
sulte celui d'avoir été, à Sieune, le maître du célèbre Fr. Accolti. (Tiraboschi, 
Slor. t. VI, I, p. 391, 39-2.) 

* Mebus, Vit. Ambras. Camald. p. -44. 

* l-'r. Philelf. Kpist. lib. XXIV, i, p. 163 r». « Quare non possum vos omnes, 
qui Bononia; agitis, non mirari plurimum, quod cum vobis viri doctissime eru- 
diti copia data sit ad (jr.Tcam disci[)linam penitus conscquendara, malitis indocti 
esse, qiiam docti. Nunquam equitlem di.scendi gratia trajecissem in Ihraciam, 
Coiistantiuopolii), qua in urbe septennium egi, si istius modi railii Audrouicus 
lljzantiu.s in Italia esset oblatus. Af facitis vos quemadmodum avari suleut, qui 
t't t'amem et sitini in sumraa abundantia patiuutur. • 

^ Uorselli, Ann. Bulog. p. U9l,daDS Muratori, Scripl. t. XX.ill. 

* Tiraboschi, Slor. t. VI, i, p. 413. 

' Il parait que Marins composa à Bologne, ou y réunit ses vers élégiaques sons 
le nom de lipitomata. On trouve, à la fin du manuscrit de cet ouvrage, cette 
souscription de la main de l\iuliiir : r><inouiu> Ml kal. Aprilis iM.COCC.LXIl. • 



JKA>->l\HHs l'Illl.EI.FF. \n 

(Ij'jà ini i|iii «Irviiil hit'iitôt rcnncini de S4jn |»èrc cl If sien: cV'- 
Uiil (julcollo Mar/io, élève dr Gnarino, mailre du crlèhn* An- 
toine de Lehrija, (jiii, dès 1 i(>2, professa la rliéloriquc vi la 
|i(M'*sii' dans rctlc \ill»\ i]v[ lion)in«\ nr à Nanii. enl dans la 
suit»' des avciitiircs ass<*/, exlraordinain's : il (il deux vova^es à 
la cour de Madliias, roi de Hongrie, montra une grande lii/^ir- 
rerie dans si-s ouvrages , et fut sauvé par Sixlc IV d'une accu- 
s;ilion d'Iiérésie qu'un de ses livres lui avait attirée*. (Mi s;iil 
(jue (faleottd lit une critique de la Sphnrtiade de Fraiirois Plii- 
lelle ; elle fut c()ininuni(|in''e à celui-ci j>ar AllnTt Parrliisi , ce 
({ui engagea une «juerelle dans le slvie du tenq)S, c'csl-îi-dire 
accompagnée de lieauc(>u|> «l'injures, et l'on peut voir dans 
une Irtire de François Pliilelle le dt'dain (|u'il t(''m<»igne pour 
son adversaire *. Il se conq)are à l'élépliant et à ri\ss4', et son 
critique à un insecte et à Tliersite. J'ignore conunent Marins 
liit envelop|ié «lans ce déliai : peul-élre commença-t-il pendant 
son séjour à Bologne ; mais, (pioi (ju'il en soit, il est certain que 
(ialeolto écrivit contre lui. et dans un de ses ouvrages il r;qi|irlle 
s(U) invective contre François IMiili'lle et son (ils Marins '. Quel- 
ques années jdns tard Georges Merula*, élève de François IMii- 
lellé, écrivant contre (laleotto, jirit le parti de son maître, et, 
adoptant sa comparaison, il dit ipie leur querelle aurait été le 
comhat de Tliersite et d'ilectorV Mais Fram ois Pliilelfe, vtrs la 



• C'est pour avoir anirmô, <laii8 son ouvrage /><• inrof/nilis vuhfo, compost- en 
Hongrie, que tout honuue ijui suivrait les règles de la raison et de la loi naturelle 
serait sauvé.que (îaleotto Ait dénonccàla cnurde Rome; par la&veur deSixtelV, 
on se l>orna à lui faire faire amende honorable sur la place pnblique de Venise. 

(Jov. IllO'J. p. i\).' 

* (ialeott. Mnrzio, /ip/>or/rin /irofHiJC. c. XXVIII, cité I i - hi, Slor. t. VI, 
I, p. i\)î.— Ap. Zeno, Ihsa. Vofs. t. Il, p. 83 — G. N . i ,t. a Fhist. Je 
Ijmis .17, c. V, p. î)0) compte parmi les ouvrages «le (îaleotto Marxio Dt rensura 
o/ifrtii/i Vhilelphi. Il ajoute qu'il ne l'a pas vu, mais qu'il doit avoir été impri- 
mé, • vea que Maraile et quelques autres authears et bibliothécaires le citent fort 
souvent. • 

' 11 se nommait Ceorges de'Merlaui, et avait pris un nom romain par amour 
pour rauti(|uité. 

' - ( iMitra Fr. l'iiilelphum C.alenttus* Sus in Palladcm '... Vx si Therntes llcc- 



".IS Ml m 



lin tic sa vie, s'étaiU aviw'* ilc rcjinii In- I (»rtliO|,'n|ilH' d'un mol 
(les ouvrages de Mcrula, crliii-i i. (lans sa colère, pulilia eonlre 
son maître deux lettres sanglantes, dans lesquelles d s'efforce 
de (k'cliirer sa rcjHitation '. (ialiriel i*averus Fontana s'éleva 
conln' .Mcriila cl \onltil venger IMiilcile jtar l'ouvrage que j'ai 
«léjii citi' au commencement de cet «'crit *. 

J'ai déjà dit (|ue Marins alla à Milan en liGi : il v arriva 
vers le milieu de l'arnu'e, et y trouva son |tcre «|ui lialtilail 
eelte ville depuis vingl-cinij ans. François Sloree dcjuiis (jua- 
lorze années avait succédé aux Visconti, et ce |>rince (jui, par 
l'éducation (jue lui avait donnée son |»ère, semblait ne devoir 
connailn; (|iie la guerre, eut naturellement le goùl assez délicat 
poiu' aimer les letlnis t;t protéger ceux i|ui les cultivaient, il lui. 
comme les princes d'Est et les Médicis, le Mécène des littéra- 
leurs grecs, dispersés |»ar les malheurs de leur pairie, ipii 
trouvèrent un asile auprès de lui '. Ces nobles et libérales dis- 
posili(uis lureul sans doute entretenues et augmentées jtar son 
ministre (]icco Simunetla", originaire de la Calalin; et d une 
famille féconde en hommes distingués. Simonella fut le protec- 
teur de lous les gens de lettres ; ils regardaient ses décisions 
comme des oracles, et souvent il fut l'arbitre de leurs dilV(''renls. 
(À' grand homme, dont I "amilié el les d(UJS furent dun l"ré(juenl 
secours à François Philclfe, j»érit injustement en 1480, \k- 
linie des caloumies de ses ennemis et de la barbare ambition 
de Louis le More". François Âccolti d'Arezzo, un des hommes 



tcircin ad singularo cortamen provocasset...» (Voy. Sax. Ilisl. Lit. Med. p. 3i8.) 
' Ap. Zcno, Diss. Voss. t. II, p. 883. — Georgii McruUc Epistoltr duO", altéra 
ad itartli. ( lialcura, ducaleiu Sfcretariuni, altéra ad J. Jacob. Cliilinam, etc — 
in (juibuè se tuctur adversus rrancisci Philclphi contiimelias, Veiietiis I I8(ï. 

* V. p. 32, note 2. — Gabr. Paver. Fontana, cité par Saxius, llist. Lit Meiliol. 
p. 226. « Nefariè deliquit igitiir Merlanus qui v>.x culicisaculeopuuctus, parricidii 
crhnen subire nefiiuKiuain timuit. • 

5 Saxius, Ilisl. Lit. Mcdiol. p. 37. 

* Sur Cieco Sinionetta, voyez une lettre de riiileUV. ^Uosmini, t. 11. p. 4;)l. 
s \y. Philelf. Ljiisl. passini. — .Vrgelati , Script. Medivl. liibl. y. 2103 — 

.Sa.xiiis, llist. Lit. .Mediol. p. Hil.— rirabosehi, >7<>ri<». t. VI, i, p. 1."), 10. 



JKW-MAItHS l'IlM.KI.FK. IM.» 

les plus saNants cl le |ilii> ^raiid jiiriscuiisiillc de .son (i-ni|>s, 
élail aussi alors à Milan, et l'un croit (|iril éUi'il siTréUiirc du 
duc, (|ui IruNova à Uoiiir coniplinuMiUT Paul II sur S4Mi a\«''- 
iinncnl au lr<'>ii<- ixiiililical '. 

.Marins arri\a à Milan jm-u apn'S ([ue \v duc se lui mis en 
possession de Savone et de Gènes, du coiiS4'ntenjenl du roi de 
France, el (|n'il ciil enlevé la seconde do ces deux villes à la 
domination de Paul Krégose, son arrlu'MVjue. Marins dut voir 
il Milan la d«''pntalion des vin^t-ipialre Génois qui \inrenl pn!*- 
ler serment de lid«'lil«'' ii rranr«»is Slorce, et il assista sansdoutr 
aux fêtes (jui suivirent un événeniciU aussi heureux pour le due. 
Une des forteresses de Gén«'s, le (^aslellelo, avait été défendue 
(luelipie t(>mps par Barlliolomt'i' (irimaldi, lielle-si^i'ur de I ar- 
clievé(jue el veuve de Pierre Fre^os»' ; mais hientol elle \endit 
ce cliâleau au duc de Milan, «pii lui lit épouser son |tarent 
Haimond Attendolo *. Marins arriva à propos pour soutenir son 
père dans sa «pierelle avec I^'odr\se Crivelli. Ge littérateur 
élail d'une noMe et très-nomltreiise famille, ipii, an dou/.ième 
siècle, avait donné un pa|ie à l'F^lise l rltain 111 , et ipii comp- 
tait parmi ses meudires plusieurs lionnnes de lettres. Il a\ait 
été disciple el ami de Franvois Pliilellé, et l'on ijjnore la.caus»- 
de leur inimitié, (.rivelli o((ii|ia des places lionoraliles el avait 
été fort aimé du duc de Mdan; mais il parait ipi en ce temps s<»n 
crédit s'était évanoui, puisipion assure <pi il fut cliass4' de Mi- 
lan cl se relira à Home. Au reste le savant Jos«'pli-\nloine 
Saxius prétend iju'il ne faut pas coid'omlre Leodrvse Oivelli, 
auteur de la IiV de François Sforre et sénateur de Milan, avec 
un personnage portant l«'s mêmes noms el (|ni lut au s<'rvice 
i\\{ papi' Pie 11. .Mais, (jnelle (jue soit rautorité du célèlm- l>i- 
Miolliécaire de Milan sur un point d'Iiisloire littéraire, il est 



• TiralM>schi, Slor. t. NI, i, p. 307. — Le discours qui' Françoiii Arooiti pn>- 
n«)n<;a «Uns cvtto circonstance se lit dans Balux. Miacetlan. ed Mansi , t. m, 
|> IGO. 

*• Ir IMiiUlf. I i>i>i |> 153. (.Si l.udov. ivtrvni, <l p. 154, Ger. Colli. 



100 M h l.l. 

jtcrillis (le rciiianjncr (jiic «(lie disliiiclion des deux Crivelli 
ne jtarail pas sunisainiiiciit itroiivéc '. l)is<jns seiilemcDl que 
Marins PliilcIIV' se distingua a Milan dans une dispute lilléraire 
qu'il eut avec Crivelli en présonc»' du duc et île toute la cour, 
et (|u'il rcnijKuta la victoire sur cet euneuii de sa famille '. C'est 
au Mioins ce (ju'atteste François Pliilelfe dans la longue et viru- 
lente ('((lire (pi'il adresse à Leodrysc Crivelli le l^'août liCO, 
en réponse a un écrit (jue celui-ci avait piiMié contre lui \ 
Mais, à Milan comme ailleurs, les succès de Marins n'eurent 
point une longue durée, et bientôt le vainqueur de Crivelli fut 
mis en prison, ainsi que son j>ère, par ordre du duc, qui, [lar 
cette jiunitioii, voulut venger la mémoire de Pie II, (pie les 
d(Mi\ Pliilelfes ne cessaient de dillamer. 

François Pliilelle avait été très-lié avec ^Eneas Svlvius et lui 
avait |)rocuré des recommandations et des places dans un temj)s 
où rien n'annonçait la grande fortune qu'il devait faire \ Plii- 
leile avance même (jue le futur pape avait été son disci|)le à 
Florence \ et celte assertion est conlirmée par Paverus Fun- 
tana ''. Mais Grégoire Lolli, (jui avait vécu très-intimement avec 
Pie II, dans une lettre adressée au cardinal de Pavie, traite 
Pliilelle d'audacieux menteur, et soutient qu'.Eneas Svlvius ne 
vil Pliilelle pour la première fois que liien des années après 
le temps où celui-ci prétend lui avoir donné des leçons\ Je ferai 
cependant observer, contre ce que dit Lolli , ipie parmi les 
lettres de François Philelfe, on en lit une du 5 novend>re 1131. 
par lacpM'Ile il recommande à Nicolas ArciniboKli, a Milan, «le 



• Comparer Saxius, Uist. I.il. Mcdiol. p. 7, 9 et CXLV. — Argelati, Script. 
ATcil. Bibliot. p. 507-312.— Tiralmschi, Stor. t. VI, il, p. 68-71.— Maratori, 
pnrf. in Ltoil. Cribell. Vit. Fr. Sfort. t. XI\, Script, rer. Itul. p. 623 et seq. 

• Fr. l'hilelf. Epist. p. 180. 
^ Id. ibiil. p. 17G-183. 

• Rosmini, t. H, p. 139-U6. 
' Fr. riiilelf. Kp. p. 177 r'. 

« Cite par Sa.xius, Uist. Lit. Mediol. p. 228. 
' .Sa.\itis, llist. LU. MvdioL p 230. 



JEAN-MARIIS 1MIII.FI.fr. KU 

jeune ilErioas S^lvius, de Sienne, qui a élt*, dii-ii. iicndaiil 
deu.K ans mon disciple '. » Quoi (jn'il en soil, il sulfil de dire 
que l'acliarnenicnt de Franrois PliiltUc contre son an( icn ami 
venait de te (jii il ne put jamais se faire payer une pension (pu* 
Pie II lui avait accordée, et le [)eu de succès de tous les efl'orts 
qu'il fit jtour parvenir à ce l)ut l'aii^rlt prodij^ieuscmcnl contre 
c<' poiitilc, (pii mourut le li août IVG'f. Dès lors Franeois 
IMiilellè ne cessa de se décliaiiier contre lui, et dans la lettre 
qu'il écrivit à son successeur Paul II % il se réjiand, à jilusieiirs 
reprises, en injures contre le pape (pii venait de mourir '. 
Dans la suite il |>rétendit (pi'il avait a^i ainsi moins par ressi'ii- 
liment personnel, cpu' pour soutenir la cause des j^ens de let- 
tres " ; mais il ne cessa d'invectiver contre ce pape, et l'on 
trouve dans ses poésies une épigramme des plus violentes conin; 
lui '. Marins joignit sa médisance à celle de son père, et U- «lin 



* Vr. l'Iiik'lf. /•./<. p. 10 r" : « (^iii muas tihi litti-ras rt-ddidit, jureois i*»t Sc- 
ni'iisis, .l.iu-as Sylvius noniinf, houcsta natus faïuilia, luiliique carissiinuK, non 
solum i|U()d nitUDS iliio% mrus nuilitor fuit, sotl t-tiain qnod ad ingeiiii acriino- 
niain diceiidii|iie lepon-in attini-t, luoribii.s vst l't culiis l't urbanis, etc.. • M. de 
Rosmini ( Vit. di F. Ftlrlf. t. H, p. 3t2-3l.'>) a pubtii- des pas-^age* d'un ou- 
vrage encore manuscrit de Fr. Phileifo ( I)f Jocit et Sertis}, qui confirment 
qu'/Fneas Sylvius avait été son disciple, l'nc de ces pièces de vers est Miresst'-e 
à eu pape lui-même sur la nouvelle de son exaltation : on y lit t-ntre auln-s : 

Quin scio tu monitus haud dcdiguabere noiitros 

Quo duce sis juvenis usus ad i-l(><|uiuin : 
Nec Chirona ferox unquam conlempsit .Vchilles , 

Nec Phœnica minus duxit bonorificum. 

* Rosmini, t. Il, \M. 

i Fr. l'hililf. /•->. p. i:)6 v>, 157 r", 158 r«. 

* Fr. l'hilelf. Hp. p. 170 V. — Rosmini, Vit. Ji F. Filet f. t. Il, p. 320, 3ilr 
Ce dernier auteur rapporte une note qui procède cette épigramme ( ûi t. Il, 
p. 141 ) dans un ms. du ijuinzième sit'cle de la bibl. de Trivulce. On y lit : • Fr. 
l'hilelphi cpigr. in l'ium II. Pont, de quo ipse Philelphus pcrnas luit. Nam ab 
ilhistrissiuii) Francisco Mediolani duce carccribus intrusus, amicuruni precibus 
tandem haud facile liberatus est. Ingenium profecto tanti viri vciiiam nu-rrba- 
tur. ■ — Christiif. Poggiali, Mftn. per l'ist. Ictt. <li Piacenza, t. I, p. 8."i, 8tJ, 
«loniie un»' r|>ij;r;unn»e adresM-e par Ant. Cornazzuuo à Fr. PhiU-lfc i« earrere, 
dans laqueiU' il lui oflVc de prendre sosfi-rs, et la r» ponso de Fr. l'iiilrlfe. 

> .Saxius, IliU. Lit. Mtuliot. p. i3\. 



102 MK l»K 

(le Milan, mu les plaiiilcs (jiii lui liinMil porléfs contre eux, les 
lit ('in|nis<)iiiH'r l'un el l'aulre. On ne connail celle avcnlnre 
(|iie par une lellre (|iii se lit parmi celles (Iti caniinal de Pavie; 
elle est écrite an nom (in Sacré Colléj^e jtonr remercier le duc 
(l(! Milan <l ;i\(iir |iiiiii IMiiielfe el son (ils des injures (|u'ils s'é- 
laicril permises contre Pie W. Lancelot, dans ses Mémoires pour 
la vie lie François I*hitetj'e'\ ne croit pas à cet emprisormenjenl 
et j)ense ipie la Idlre du Sacré Collé'^e est snp[Mis(''e ; il la re- 
garde connne é-lanl l'ouvrage de Grégoire Lolli (jui, ainsi (|ue 
le cardinal de Pavie, écrivit contre les détracteurs de Pie II. Il 
se l'onde principalement sur ce «pie, par la répons<' de Fran- 
çois Piiilelfe à Cn\elli, il ne parait pas (jue ce dernier eût re- 
proché îi son antagoniste son incarcération, ce qu'il n'aurait 
pas man(pié de l'aire, si elle avait eu lieu. Mais Saxius' sou- 
tienl l'aulhenticité de la lellre des cardinaux, et remanpie que 

• Uosmini, t. III, \). 100. — .lacoh. l'icoloniini, Cardin. Papiensis, Epist. W, 
p. 20 : >■ Francisco duci Midiolaiii, nomine collegii. — Cura dicbus pra?teritis 
audivisseimis, Frauciscum riiileiplium et filiuin ejus Marium natunr sii.c obs*.-- 
cutus versus et solutam orationera scripsisse adversus sauctœ mémorise Dotuinuiu 
l'iiun pnntificem nostrum nuper defuncturn, admirati non mediocriter sumus, 
dolentes tantam erroris nientem in literato homine inveniri, ut immemor cliris- 
tianic professionis, in cœlum ponere os, mendacia fingere, sauctuni Domini lace- 
rare et coiisilia Komaua; sedis audeat condemnare, notissinia qtiidetu foti orbi, 
et al) eodeni aiiis in scriptis suis laudata. ttursuin cum intellexiiuus, banc iiisa- 
iiiani Kxcellentire vestra- pariter non placuisse, et doluisse aduiodum non pra?s- 
tari a suis eam reverentiani IJowiaiio pontilici ipiain ipsa dévote sem|)er exbi- 
buit, ac propterea ambos in carcerein ductos, officio vestro nialtum sumus 
Ixtati, videntes non solum nialedicos illos pœnaui ferre sceleris sui, sed carani 
esse stcculari potestati a^stimationem Vicarii Jesu-Christi. .Vgimus eideni Excei- 
lentia; vestraî débitas gratias : factum suuni laudamus, et dignuni ducimus 
catbolieo principe. Fecit quod sapieutiie sufp consentaneum fuit, et quod facturant 
eaui re audita credidinius. Saerifieium Deo obtulil caruni et beueplacituni, si- 
quideni odibile ci est os pravum et detrabentia labia dctestalur. ha hortaniiir 
r.xci'lK'iitiani vestram sedulù agat, Matreni Kcclesiaiu et bonoreni priin:r sedis 
eolat, et a suis detrectatoribus tueatur. Nos, qui viventis Pii menibra fuinius, et 
poutifieibus debemus ([uod sumus, pro hac commendabili signiticatione sua de- 
bitores illi nos confit emur ; nosque et nostrn omnia beneplacitis suis ofTerinius, 
«luani Deus incolunieni et florentem conserve!. • 

' Acatl.tles Inscript. t. \, p. Ti'i-TiS. 

" Sa.\ius, llist. Lit. Meilinl. pnefat. pag. vu. 



JEAN-MARHS Pllll RI.FE. 103 

la iV'jionsc de Philelfc à (^livclli cUiiil tle rannée «|iii hiiivil la 
mort (le Pie II, il se peiil (|iie, lorsque Crivilli écrivit, IMiilelfe 
n'eût point encore reçu celle punition, et il ajoute «pic, si les 
eanliiiauv iw ronijiircnt |»as tout»' eorri'sj>onilan«r avec Piiilrlfe, 
il le dut à inii> ré|iaration <|u'il lit à la inénioire de ce |>ape, à 
la sollicitation du cardinal d<' I^avie, et que cette palinodie ', 
quoitpic faillit', 1rs saiislil en partie *. 

Marins, ajirès celte aventure, dut sj* hâter de «juiller .Milan, 
et clierclia un asile à Vérone, <pii alors appartenait aux Véni- 
tiens. (>elte >ille, au Ireiziènie siècle, avait perdu sa lil)erlé, et 
avail éjirouvé la terrible d<uninalion du féroce Eccelino da Uo- 
niano, (pii s'était fait nonnner son podestat. Klle fut ensuite 
soinnise au\ Délia Scala et aux Viscooli. Au connnencenient 
du «piinziènie siècle, François de Carrare, seigneur de Padoue, 
aidé de son geinire Nicolas III, marquis de Ferrare, Tenh'va au 
duc de Milan, mais Tannée suivante vil la ruine de la maison 
de (Carrare, et après une guerre obstinée les Vénitiens s'enqia- 
rèrenl de Vérone et de Padoue. La |)remière de ces villes avait 
eu la gloire d'élre la patrie adoplive et l'asile du Danle'; chasse 
en 1302 de Fhu'enc»', il v vécnl jilusieurs années sous la pro- 
tection des seigneurs Délia Scala, parmi les(piels('ane le (irand 
.se distingua par la magniiicence avec la(|ueile il rece\ail tous 
les persoiHiages illustres chassés de leur pairie *. Le Danle «piitta 
Vérone, mais sa famille v demeura jus(ju'à son extinction, arri- 
vée au seizième siècle; elle v jouit d'une gramie c<Misidérati<>n, 
et Marins Pliilellé trouva un protecteur dans Pierre .Migero, 
quatrième descendanl ' du grand poète et jtère de Dante, troi- 



I iiosmini, t. II, p. 148. — Viil. Jacob. Picolomini , card. Papietisis u/^rr». 
p. 143. 

« Saxius. IlUt. Lit. MedioL p. i32. 
'^ Maffci, Vtron. ///. art. Uantc. 

* .Sag. tiaxata, cite par Muratori, pra>fat. ad Cron. Reytj. t. XVIII, Script, rrr. 
Ital. pag. j. 

* DaiiU- Alighirri — l'iotro — haute II — Liitiiardu — Pietn» II, Hc. V..». 
Maffoi. Vertm III. p. 53. 



HiV VIE IlE 

siiMiK! (lu nom, podU; liii-mr-int; «le <|iioh|iiC' réputation '. Les 
i|(ii\ IMiilrlIrs ;iiliiiinii('iil l<> •^t'iiir du Daiilc ri u\aii'nl toujours 
irpoussc les allacjut's de ses dtHraelciiis '. Marius c.vplitpia 
puMitjiu'incnl ù Vérone, en 1 i()7, la Divine Comédie cl cunipla 
parmi ses auditeurs INrrre Aligero, dont il vante le eardclère 
et le crédit ^. L'im|»rimerie n'avait point encore multiplié les 
exemplaires de ce protligieux j)oëme '. Florence, pour eu faire 
jouir ses concitoyens et rendre hommage au grand homme 



' Maffei, Vcron. lll. p. 50-33. 

* On a à Florence un discours manuscrit de Fr. Pliililfe fait tn IHI ^Itosmini, 
t. I, 50); c'est par erreur ijue Mehus dit 1 iol. Uosmiiii a publié ce discours, 
1. 1, p. lit. ' Giuguené, t. III, p. 330, not.) On y lit ù la fin : • Fece ijuesta orazione 
(juando aveva gia esposto sette canti di Dante, e fii composta contra i suoi emuli, 
i <iuali dicevauo esser Dante poeta da'caizolai, e da'fomai, etc. > ( Mehus, Vil. 
Atitbios. p. 176.) 

3 Marius, dans sa Vie du Dante, parle en ces termes de Pierre Aligcro : 
• Optinius vir est et civis integerrimus, quique in urbe Verona maxima et apud 
cives et apud universam Venetoruni renipuhlicam et auctoritate valet et gratia, 
quo ego sum usus quam faïuiliarissimè, audivitquc a me uonuullas Daiitis atavi 
sui partes, quas anno superiore sum iiiterpretatus Verona?, et mirifice est illius 
lectioiie deUctatus. » (^ Mehus, Vil. Ainbrua. Camalil. p. 57. — Pelli, Memor. per 
la vil. ili Dante, p. 35, not. 3, t. IV, part. ii. Oy>er. Dantis, éd. Zattic, Veuet. 
1758, in-l".) 

* Le premier livre imprimé en Italie est le Lactance que Conrad Sweynheym 
et Arnold Pannartz imprimèrent en 1465, le 39 octobre, au monastère de Su- 
biaco. D'après leur propre témoignage, ils avaient imprimé auparavant trois 
cents exemplaires du Donalu.s pro piierulis. (Voy. Audiffredi, Catal. liotn. tiiit. 
Swc. \V, p. 1-4. — Quirini, De opliin. snipt. edit. p. i33.) J.-Ant. Saxius 
s'est efforcé de prouver, sans y réussir, que ces mêmes ouvriers, passant par 
Milan, y avaient imprimé dans la même anm-e les auteurs de l'Histoire ,1m- 
tjii.sle, édition que Saumaise atteste avoir vue, mais dont aucuu exemplaire 
n'existe maintenant (Saxius, Hist. Litt. Mediol. p. 89 et seq. 116, 456, 559 , et 
qui est d'autant plus douteuse qu'il n'est plus «{uestion de livres imprimés à. Mi- 
lan avant 1 i09, et que Fran(;ois l'hilelfe.qui habitait cette ville, ne parle de l'im- 
primerie dans ses lettres qu'eu l'an 1470. (Fr. Philelf. Ep. p. ii9, 221, 2i4, 225. 
— Lancelot, .iiad. den Inscripl. t. X, p. 732.; Sans doute Saumaise s'est trompe 
et a voulu parler de l'édition de V Histoire Auijiiste de Milan, 1475. [Jouni. 
Littér. de Lu llui/c, t. XV, p. 473, 474. — Suppletnenl a l'Histoire de l'Impri- 
merie , de Marchand, p. 41. ^ L'année 1472 produisit les premières é-ditions du 
7>a«i/('dans trois villes différentes, Foligno, Jesi et Mantoue. Audiffredi, Specim. 
cd. Hal. Sa'C. W, p. 3, 1. — l'anzer, Anit. Tijpttfir. t. I, p. 378; t. Il, p. 3; t. I. 
p. 438.) 



JFAN-M Mlll s l'Illl.KIIK. H).') 

(jii'illc ;ivait hanni, ctaMil, «lès l'an 1373, |i<iiir Irxpliralioii 
«le son j)0(Mn«' une cliaire puhlique. Boccace, «jiii (lepnis long- 
ti'nijts avail «'cril la vi(> du Dante \ comme un nionnmml <!•' 
son enthousiasme pour le port»', rt «|ui avait alors vainement 
«lierelié à l'aire rougir les Morenlins île leur ingratitude envers 
le plus illustre de leurs concitoyens, occupa le premier cette 
cliaire *. Cet exemple l'ut suivi par d'autres villes <ritalie, el 
rintcîlliijenee du Dante devint une partie des études et produisit 
de nond>ri'u\ ri lonj^s «onnnfnlani's. 

Marins IMiilelle, d'après les documents (pie Pierre Aligero 
lui communiqua, compos;i, en 1 iGK, une vie du Dante, «|u'il 
adressa à son descendant ; <'elui-ci l'enxova à Pierre de Medicis 
et il Thomas Soderini, en y joignant une épilre «lédicatoire, 
datée du 28 décendire ', el cet écrit est encore cons«»rvé à Flo- 
rence \ Pour flatter son protecteur de Vérone, Marius Phileire, 
dans cette vie du Dante, a l'ait jouer h ce poète un grand rrtle 
dans l'Ktat de Florence, r«'»le qui parait jieu conforme à la vt'- 
rilé historique '. (]et oinrage , (pu a ser\i à Nellulello dans 
la composition de sa vie i\u Dante, puhliée à Venise en 15ii, 
n'a jamais été imprimé; mais l'ahhé Mehus en a pnhlie plu- 
sieurs fragments dans sa |)réf'ace à la Vie du Dante par Manetti . 



« I ireiizi- l."»7(>, m-N — l'nnr lii hante i- d'I ll'''i' ' I r z. I artini v 
Kranrhi, i', {li'.\. 

* Tiral)<)schi, Stor. t. V, p. 3î>7 

^ Mapnificis clarissiinisi|uc viris Petro de Medicis et Thomœ Soderino Equiti, 
Florentinis optiniaiitms et patriciis. (J. Beiiven. Pellt , Mrmor. prr la vil. di 
Itaule, p. 0. — Mehu»;, Vil. Avibros. p. 57.) 

* Joimn. Marii l*hiK-lphi, artiuni et utriusque juris l>octoris, Kqiiitit Aurati et 
l'uetic I.aureati, ad generosum civeui Veronenseni l'etrum Aligerum, I>mDtis rt 
BUCceHSorum vita, genun et mores. Ilildioth. Laurent. Med. Plot. L\v\ n" M. — 
MoiitfuuoDii, Hibl. bibliolhfr. p. .'i(»0 />.) — 1^ vie de Dante, par Mariu.<i Philclfe 
a «te pulilice avec des noios par Mureiù. Florence 18i8, in 8'. Voy. la liste ile« 
ouvrages de Marius l'hilelte. — É<t. 

■^ l'elli. Mrm '] », p. «7. — Tiralwscbi, Stor t. V, p. 18,38,) — Sismondi, 
llist. lies Kr/<. ilnlieunes, t. IV, p. 1H«I. 187. 
" Speritiun ilist. I.ilerar. Floreuliinr, ¥\orvn\ 17 17 x 



106 VIE IlE 

ri .Ioscj)li BoiivL'iiiili Pi-lli <ii a lait usage dans ses uiémoires 
sur rv. |M)(*t(; '. 

Marins, pciidaiil son st'joiir à Véroiiu, composa j)lusieurs 
autres ouvrai,'es, parmi lesijuels on peut ciler un éloge de celte 
ville en trois livres et en vers latins hexamètres, qui était en 
manuscrit dans la ljihliotliè(jue Saïbante sous le titre de JV- 
rotia^, et «pii se trouve aussi dans la bihliollièque imj»ériale de 
Paris ''. Il parait (jue celte ville était alors livrée à la culture 
des lettres : la j)remière impulsion avait été donnée sans doute 
par Guarino, puis continuée par ses nombreux élèves ; d'ail- 
leurs, sous le gouvernement des Vénitiens, l'activité des esprits 
dul se porter vers les études, et François Philelfe avait déjà, 
dix-huit ans auparavant, rendu témoignage des bonnes dispo- 
sitions de ses habitants". Vérone, au temps de Marins Phi- 
lelfe, avait pour évêcjue Hermolaùs Barbaro', neveu du célèbre 
François Harbaro et élève de Guarino ; il chérissait les lettres 
et recherchait avec passion les manuscrits ''. Plusieurs lennnes 
y brillèrent par leur instruction et leurs talents littéraires; la 
plus remarquable avait été Isotta Nogarola \ qui mourut peu 

• Ces mémoires se trouvent dans le t. IV, part, ii, de l'édition des OEuvres du 
Dante, par Zatta, Venise l"o8, in-4". 

« Maffei, Yevon lit. lib. lit, p. 108. — Le morne, ibU. p. 1 1, col. 108, cite les 
vers suivants de VÉléyie de la Bibliothèque Saihante : 

• Surginius et rediisse juvat, Veronaque tectis 
Insignita suis placet : hic requiescere mens est. 
Douée gratus erit populus uiihi, nec labor esse 
Incipiet vanus : délectant pracmia, laudes. . . • 
■■* Parmi les pièces du u" 8315, Marii Philelphi carmen de laudibm agri 
Yeroneiisis. 

* l'r. l'hilelf. /i/>i's/. p. S2 v" : « El Veronam et uuivorsam Veronensem uo- 
l)ilitatem ma.ximi facio , delectorque ejus consuetudine plurimum. Sunt enim 
natura Veronvuscs tui omncs pi-rhumani atque libérales et ad bonarum artium 
studia accommodati, ut nuUi homiuum generi cédant. ■ 

5 l'r. Philelf. IJpist. p. 217 r". — 11 fut envoyé eu ambassade à Charles VII. 

G Mazzuchelli, Scritt. liai. t. Il, i, p. 2G-t, not. 10. — Tiraboschi, 5/or. t. VI, 
II, p. 136. 

■* Louis l'oscariui écrivit aussi de Laudibus Isottœ yogaroUr. (Voy. degli 
Agostini, Scritt. Viniz. t. I, p. 105.) — Eloge d'isotia et de sa sœur Ciucvra 



JEAN-MAUIIS IMIlI.EI.i-E. 107 

après l'arrivée de Marins IMiilelfe k Vérone '. Sa famille était 
illustre et sa grande réputation engagea Marins, non-seulement 
à lui adresser (jnolijnes pièces de vers à sa louange pendant sa 
vie *, mais encorf :i comitoser après sa mort, sur sa vie, un 
poëme en vers latins, <pii sr trouvait en manuscrit à Venise ', 
et dans la l>il)liolliè(|ue de MalFei '*. 

Parmi 1rs auditeurs «le Marins à Vérone, on pi^ut citer I>ouis 
Mcrclu'uli, que Wm a roinp:iré h Lucain, et «pie Guarino de 
Vérone a loué. Il dédia à son professeur un poème intitulé Itc- 
nacm^ dans le(jnel il céièhre la victoire qu'Ktiennc Gjntareni, 
général des VénFtiens, remporta sur le lac de Garde, en !iiO, 
contre les troupes du duc de Milan. Dans ré|)itre dédicatoirc, 
dans des vers qui précèjlent le poème, et au commencement 
du poème, Merclienli donne à Marins les titres de divin, d'il- 
lustre, de irès-grand poète, et le nomme la gloire de l'Italie'. 

Vers la tin de l'année 1 i()8, l'empereur Frédéric III lit un 
vovage en Italie : il pn-lendail ac((»mj>lir un vomi ; mais son 
véritable but était de j)ren(!re des mesiins :i\.r If icipc Puni II 



Nogarola Gombarra. (Voy. Mittarvlli, Cat. .Mi. S. Mich. jimpf Munanum, col. 
8li, Ht3.) — Sur .\ngela, l.sotta, Gine%Ta et Laura Nogarola, voy. Tirat>oschi, 
t. VI, p. 875, not. — Tomasini, ///. Vit. p. 340 343. — Remarque» sur les dettx 
liotta (Nogarola et de Rimini), daos les Mémnin-s de dWrtigny, Paris t740. 
— L'époque de la mort d'Isotta a étc- controversée : Maffei et Iletlinelli ont 
avancé «ju'elle iiiounit en ItK», mais c'est une erreur: elle mourut en 1 iOfl. 
(Voy. Phiiipp. IK-rgom. — Tomasini, ///uifr. ri/d", p. 34i. — Degli Agustini, 
t. I, p. 58. 23i.) 

« M;iff.i. Veron III. t 11. p n.'i-OT. — Tiralwschi , Slor. t. VI. p. 871.— 
Kosmini, VU. di liwtrino, t. Il, p G7 et Seq. 

' Publiées dans les Memorie per servire alla sluria lelerar. t. VI, part, vi, 
p. t7, et t Vil, part i, p. 23. — Ce Ait Clara Lanza Vegia qai incita par k>« 
vers Mariu^ à cdi-brer Isotta. (Mittarelli, Bibl. Murai», p. 648.) 

^ P. Mittarelli, liihl. Ms. S. 3Iich. p. 894. — Tira»)OSchi, 5/or. t. I\, p. 127. 

* /><• iiudicissimiF IsoUtP yoijarolo' vila et morihus et doctrina. — Voy. Maffei, 
IVrofi, ///. t. Il, p. m. 

5 Le titre de ce poëme est : nenarus Ludovici ilerehfnti, Veronensit, ad 
Marhim l'hilclphum. Il est précédé d'une lettre à un fils d'Etienne Cootareui, ■ 
la 6n de laquelle on lit : • Tibi pncterea, vir clariasime, non erit molestum, ai 
prius ad summum pœtam (Marins l'hilelfe) illam institui lllustris enini viri 



108 MF l)F 

l«»iir l;i croisacle contre les Turcs, el plus encore pour la guerre 
contre (icorj^es Podiéhrad, (jiii , apivs la mort ^\^' Ladislas le 
iNtslJiinni', avait rl(i rlu roi de lioliéinc par les Klals de ce 
royaiinie. Qiifl()iies éleclcurs avaient même formé le projet de 
porter IVjdiéhrad sur le trône impérial, mais l'alliance du j»ape 
avec Frédéric empêcha l'exécution de ce |)rojel. Le roi de Bo- 
lième l'avorisail les Imssites, et le pape, d'accord avec l'empe- 
reur, n'ayant |)U armer l'Allemagne contre ce prince, engaj^ea 
Matthias Corvin, son gendre, h raltaquer, et cette guerre tacha 
d'ingratitude la mémoire du grand Huniade. 

Telles étaient les pensées qui occu|>aient Frédéric lorsfju'il 
vint en Italie, (^c laihle et avare empereur' se rajtpelait la ma- 
gnilique réception et les présents considérahles (jue lui avaient 
laits les princes d'Italie, lorsqu'en 1452 il était venu à Home 
pour épouser Léonore de Portugal et se faire couronner em- 
pereur, el il ne craignit pas de renouveler un vovage (jui lui 
avait été si avantageux'. i>a générosité îles villes et des sei- 
gneurs d'Italie ne se démentit point dans cette occasion, el 
Borso, duc de Modène el marquis de Ferrare, accueillit l'em- 

auctoritas non minorem auctoritatcm fuit allatura. » On lit ensuite les quatre 
vers suivants adressés à Marins Pbilelfe : 

" Accipe nunc nostrum, placide nunc accipe carmen, 

Gentibus Italix jam gloria magna, Phileiphe, 

Si quicquain ceciui, doctas quod nmlceat aures, 

La;tor et astringor meritis tibi, maxime vates. • 

Le poëme commence par les vers suivants : 

" Carmina divini venientia fonte Philelphi 

Ad cantus, altosque modos dulcedine sunima, 

Incendere animos » 

(Voy. Maffei, Veron. III. p. iOl. — Giomal. de' Leter. d' Ital. «712. t. XI, 
p. 29-2-294. — Zeno, Diss. Voss. t. I, p. HT.) 

* Chandenier, dans une lettre écrite à Louis XI lorsqu'il n'était encore que 
daupbin, représente Frédéric sous des couleurs peu avantageuses: • L'empe- 
reur, dit-il, est un homme faible et irrésolu, incapable de penser et d'agir, dis- 
simulé sans être prudent, et odieux par son avarice, etc. . . » (P. Barre, Ilisl. 
d'.illemn;/ue, t. VU, p. G3-2.) 

* Fr. barbarj, Kpisl. lil, Ludovico Gard. Aquileiensi, p. 163 (vi kal. Nov. 
1431) : " Prœterea Fridericus Uex Romanorum cum magnis Germanorum ct>piis. 



JI:A.\-U AKIIS IMIII.HI.Ke. 100 

|)erriir a\('( iiiir rare iiia^ni licence'. Frédéric se souvenait en- 
core (le lui avoir vendu bien cher autrefois le titre de duc, et 
connaissant à (juel |)oiiit la vanité des Italiens pouvait être utile 
h ses finances, il se mit a distribuer avrc j>rofnsion des titres 
Lien moins élevés, et <l»Mit son chancelier fais;iit chèrement 
paver les diplômes. C'est ainsi que cet empereur créa une foule 
de chevaliers, de comtes palatins, de (ioclcurs, «le notaires et 
môme de poètes lauréats. (les titres, dislrihués s;ms aucun égard 
au mérite, enflèrent l'or^iiieil d'nn ^rand n«tndire dr p«'rsr)n- 
naj^es auparavant confondus dans la foule; ils s'imaginèrent 
avoir un rang k soutenir; le luxe augmenta avec la vanité, et 
un historien moderne a signalé les diplômes de Frédéric comme 
une des causes de la décadence et de la dépf>|iulation dr l'I- 
talie *. Quelques-uns de ces brevets, et sans doulr ceux (|ui si* 
pavaient le jilus cher, accordaient la faculté de transmettre les 
litres (pie l'on recevait, d'autres autorisaient à légitimer les bâ- 
tards, d'autres eidin, plus ridicules, donnaient la |»uissance de 
réhabiliter les gens dégradés et de faire une ré|tulalion nouvelle 
h un faussaire on .'i im inl'iim* Telle fut I niM-nlion pur I.Kjiicllr 



ut aiunt, Uumam iturus est, uoii ut pacundw Italio; causam <|ua>rai, sed ut uuu 
dt'sif fortunip se offoreuti, auruni comnnriuni tibi ohiatum accipturus trst, ut 
facilius et hom-stius [>ossit ira|>erart'. . . • v Voy. sur ce voya^re de I ioi Struvius, 
Corpus ilisl. (iennanic. t. I, p. 8d7-Htii.) 

I On peut voir les détails de ce voyage de Frédéric dans Od. Raynald. Annal 
et Aug. Patrit. dans Muratori, Script, tlrr. Ilalir t. XXUI, p. 203etM?q. — 
Cf. Jacoli. Piccnlumini, Commrnl. lib. VII, ioit. Récit réimprimé dans Krchcr, 
Script. Rer. (iermau. t. II, p. 2H4, éd. dot. 

« Denina, Révol. d'Italie, liv XVIII, chap. v, p .li.l et suiv. de la traductiuu 
française. 

^ Diario Firrarn. p. 217, il8, dans Muratori, Srripl. t. X\IV; . Il 

mercori, che fu il primo giorno di Kebraio «hI il quel pi'^rno p! fvw molti CaTa 
licri, Conti, Dottori e Nofari, fra li «iii.ili d.i le digiiit.i ' !ie faneoo da 

80 te ue scrivenN alconi qui. . . Messer Angustino de l 'tore Kerrares»?. 

Talente Cavalicro e Conte e che p<>«s<i fiire l>otiori . . . Kl mapnifico Mener 
Theofilo Calcagnino . . . di anni circa 28, il qnale è riceo mediante di Itucati 
60000 e signore di tre castelli. Conte e che poasa legitlimare haatardi di ogni 
ragione, fare Notari , fare ono Notaro falnrio et infamis, de buona faraa , c 
redurre in primo stato E fi*cc molti altri Cavalieri c Conti , Ikitiori e 



HO viK i»f; 

I riii|icrciir, cil |icii (If i(iM|is, amassa d'assez forlos sommes 
d'argcMil rju'il (Mii|)orlu en Allcmaj^nc au mois de février li()*J. 

Marins IMiilcHc («tail alors à Brrgame, et sa bile s'alluma 
on voyant ci'llc foule de gens titrés et sans mérite qui j>ré- 
Icndairnl s'é-j^ah'r à ceu\ «jui, jirécédemmcnt, avaient atvjuis 
des manjues send)lal)les de distinction. Il devait, ainsi (|ue je 
l'ai déjà dit, les titres de chevalier, de comte et de poète lau- 
réat au duc de Savoie. Il écrivit une louf^ue satire contre la 
foule de chevaliers, docteurs, cumles palatins et poêles lauréats 
créés par l'empereur Frédéric * . Il y représente ces dignités 
comme devenues la proie de tous les hommes de hasse extrac- 
tion, et même de profession vile, qui ont pu les acheter par 
un peu d'or. Ce poëme était à Vérone dans la l)ihliolhè(pie 
Sad)ante, etMaffei, ainsi que Tirahoschi, en ont fait connaître 
(juehpies vers^. 

Bergame, à cette époipie, appartenait aux Vénitiens depuis 
1428;, après avoir souvent changé de niaitres. On ne connaît 
guère le séjour de Marins dans cette ville (jue par une lettre de 
son père, dans laquelle on voit qu'il quitta cette ville vers la lin 
de li7i \ et l'on conjecture qu'il y était venu en 1 iC9 ; en 
elfet. Marins dit, dans un de ses ouvrages, (pi'il demeura trois 



Nofari che nou conosco, nô so che siano ; ma molti, et pro raajori parte mi credo, 
iioii liaveraiio li privilcgi suoi per il canceliero de lo Imperadore, non che di- 
maïKla.sse dinari di privilegi, ma haveria voluto scortigare la brigata tanto el 
voleva di fare epsi prlvilegi, pcr li (juali moite ge andorno drieto a Venczia. • 

* Jo. Marii Phiielfi ariium et utriusque jiiris Doctoris, Equitis Aurati et Pt)eta; 
Laureati, satyra in vulgus K<]uitum auro notatorum, Doctorumquc facultatum 
omnium, ComitunKiue l'alatinorum, et Poetarum Laureatorum, quos paulo ante 
Iniperator Federicus insignivit. (Tiraboscbi, S/or. t. VI, ii, p. 253.) 

» Maffci, Venm. Illustr. t. III, p. lOK. —Tiraboscbi, Slor. t VI, ii, p. 25t. 

•' l"r. Pbilelf. lîpi.it. p. -213 r". — Tiraboscbi, Slor. ilel. UUer. Ilut. t. VI, 
p. y.")2, edit. Venez. I7!>5 : •< Del soggiorno fatto da .Mario in Uergamo si ha an- 
cbè pruova nel codice deile Poésie di Alberto C'arrara, presso i Sigu" Conti 
Carrara lîeroa altre volte citato, in cui leggonsi alciini versi di (jiovanni Malpevlc 
IWosi'iaiii), ne' «luali, parlando del Meutovato .Vlberto, dice al l iKlf.> • 

(}uas Rergomea janijam tellure locasti 

Kxoptat proprias sedes faustasqne fuluras. 



jt: \N-M\i(ii s niii.Ei.FR. 1 I t 

ans à lU'r},'aiii(' ' ; ('(.'st donc hien dans In coiiinn'nn*nuiit dr 
l'année 1 i()9 «pi'il diil v arriver. Vers le mois d'avril de 1 i70, 
un (ils niilnrcl de Xénoplmn IMiilelfe, nommé Cirus', qui élail 
aiijtrès de .Marins, le (|ni(la et viril à Milan «liez son j^Tan«l- 
jière. Je ne sais si la vie <'rranle d(> Marins I em|»érliail de j^ardrr 
|)lus longtemps Cirus au|>rès de lui, si ce jeune homme s'ac- 
( ommodait mal de l'Immenr de son oncle, ou s'il suivit, en al- 
lant il Milan, les ordres de son père Ximi(»|iIioii, (|iii alors «'tait 
à Haj^Mise. Tran^ois IMiiielie, en inlonnant \éno|)lion de l'ar- 
rivée de Cirus, fait l'éloge' de sfm application et de son carac- 
tère'. Ce jeune liomine trouva chez son grand-père un camarade, 
son cousin Jean-Marie liindoti, fds de Panlhea, l'une des S4Purs 
d«' .Marins. Ce eonsiii, étant né en 1 i.")2, avait alors di\-lniil 
ans, (>t avait passé ipiatre années, ain.si «pie sa s(i'ur .\riiiinia, 
chez Fran<.-ois IMiilellé. (^eliii-ci avait fait, en octobre 14()î), un 
voyage à Sienne pour remettre h Jérôme Hiuiloti ses deux en- 
fants, mais Itiiidoli n'avait voulu reprendre «pie sa lille et a\ait 



•{iiid iiiciiii> {lotinsd t>i'r^'<iiiiu tciiii» 

Cerncre quam sacro ducontem vcrtice >liiMi.«« 

ut colcrvDt iugentia culiDina montif 

UtTgomei ? 

E lo stesao Carrani in una elegia al Fik'lfn cosi t-gli dice : 

Carmina divino vixdum cantata cothurno 

Atpoxi, u patriir gloria niugna mes; 
Te duce Itcrponu-us ocinRoendet Rtdcra Cmar, 

Tu dabi?; irti-nios, clare pot'ta, dio». 

Itu uu' ultra elegia del t'arrara raccoglicsi cbe il Filelfo ebbe ona figlia dvtta dcl 
noniL' dvU'Avolu Tlu-odora, a cui la indirizza, e cb' era ttisa pure occel<'ntc 
ptK-tossa, c col padn- soggiornava iu lU-rganio, detta pcrcio dal Carram : 

U decus, o uostri gloria magna soli. 

In Ilorpamo innoUn* vi-desi tuttora m-lla facriata di tw '-a«a. cbe oni 

appartienne al Sig. Co. Vailotti , inciso un poco follet i i da lui com- 

posto in Iode tli diov. nucellono col tilolo : Carmm jtoriœ JUant Philelphi. 

' Sur Albert Carrara. \'oyei Zcno, />i«. I'.»* t II. p. 27 rt ieq. 

« Rosmini, t. III, p. 95. 

■^ Voir le testament de Kraneoi» l'hilelfe, vm- i-i. >jxias, Hist. Ltt. MeJiul 



112 \lh l>l. 

«'iiga^c Franrois IMiilcHr a roritiniu'i- lÏMiiication «le Jean-Marie'. 
Le savoir «le Marins IMnlj'Hr cl la n'jiiilalion «Je son |»ère du- 
r«'nt l«' faiir actiii'iiiir raxoiaiilciiM'iil à hcr^aiin' j>ar I^ouis !)<►- 
Mail), ('MM|ii<' <!«■ (cltt; \iile. (Ir iKjhIc Nciiitien unissait à une 
|ir<iron<l«' connaissance «le la lli(''«)logie un j^oûl tr«'S-vif pour les 
lH'lles-lellr«'s, rju'il cultivait avec succès 

Les lettn^s «le Fran<;ois IMiilelfe nous ont élt'jus<ju iti d'une 
grande utilil»' |)Oiir l'histoire «le son (ils ; mais maintenant ce 
s«'cours nous altandonn»* : nous n'avons pour celte éjtoijue 
|>res«ju'aucune Iridc de Pliilrlle à Marins. Ine seule n«)us in- 
«li(jue «juils étaient Tort mal ensemble : « En recevant les let- 
« très, » lui «kril son |>ère, « je ne saurais «lir«* si j'ai «'•It' jtlus 
« éniu «l'avoir mis au jour un lils tel «jue loi, ou jdus alUij^t* 
« «le voir «|ue mes le(.ons, l'hoimeiir de toute une vie el mes 
" exhortations |)alernelles n'ont aucune prise sur toi. Continue, 
" |)uis(jii«' lu ne veu.x suivre ni l«'S onires d'un père, ni aucun 
« conseil salulair»', continue ion ^«'nn' «le vie. (Jue Dieu tourne 
« tout il l)ien'\ » Je i>ense que Marins était h Bergame lors- 
«pi'il r('<;ul «cllr icllre, el dans le temps où il irritait son père 
à ce point , celui-ci venait «l'éprouvjT un chagrin encore plus 
grand : Xéno|)lion, son lils chéri, était mort d'une maladie de 
p(»itriii(' le 27 août à Raguse, après avoir élé mala«le jM-ndanl 
plus d une année'. 

Marins eut quarante-cin«j ans accomjilis le 25 juillet «le I an 
1 V71, o[ une élégie qu'il lit un peu avant celte épuqu»' nous 
donne connaissance des nonihreux ouvrages «prit a\ail dejii ctun- 
posés. Cette élégi«\ «lonl le manuscrit existait à Vérone, dans la 
hihliotli('qu«' Saïhanle ', a élé connue de Maiïei et «le Tirahos- 

' Fr. rhilelf. lipisl. p. "2-21 v". 

' Viiic. Coronelli, Rer. Hccles. Benjum. Syitops. p. i(i in Hurman. Theuttir. 
t. IX, part. 6. — Ighelli, Ital. Sticr. t. IV, p. 184. — Fabricius , BiOl. i»f 
latin, l'dit. Muiisi. 

■• Du 8 octobre 1 i7(). Fr. l'hilelf. Kpist. p. 2-28 v". 

» Fr. l'I.iUlf. ft'/.iv/. p. -2-21 V '. 223 v ■, 228, 221». 

' l'iii' fopic (le oi'ile fU-pii' avec des notes en marpc^ et quelques currection> 



JEAN-MAKIIS IMIII.ELFE. 1 I ii 

« lu, ri ce (leriiier en a\ail envo}'c une cojiie à S<nel)ier, savant 
l)il>li(»lliéeaire de Genève. Marins s'élail exercé dès lors dans 
tous les genres de lilléralure. Il rappelle ses tragédies, ses co- 
médies, 8<'s épij^iMimiies, ses satires, ses lettres en ^rec, ses opus- 
cules liisloriijucs el moraux, ses élégies à la louange de (Bosnie 
d<' Mé<licis, sa Vie d'Istitta Nogarola, sa Vie du Dante, ses 
Louang<'s de la poésie, adressiVs à llermolafis Harliaro, ws 
(^onmienlaires sur les livres a llerennius, son ou\r:«ge eonln' 
les Facéties du l*o;,'ge, si'S Iradiictions d'une parlii' dllomère, 
de la Tliéogonie d'Ili'siode, de ipiel<pies ouvrages de IMalou, 
d'Arislote el des iiymnes d'Orphée, ses Commentaires sur IV- 
tranpu'. un opuscule de bellicis artibus et urham»^ ses (^nwuii, 
uiï roman ilalien iiililnlé (ilicepliira , eidin «leiix grands (mh'- 
ines, le premier sur les travaux d Hercule, à la louange du du< 
de r<'rrare llenide l*^ et le secmid sur la jirisi' de (>onstanti- 
nople par les Turcs, au(|uel il fait allusion dans ce vers : 

Hdiiinriiic Turninim ia|tta furorc nova. 

(]e dei iiiri |MMiiic. doni runi(pie exemplaire « «•iiim ■-.• trouve 
dans la l»il>liollièipie piddiipie de (leneNc, aNail clé acheté en 
Italie par Ami Luilin ' ; Senehier, dans son CdtaiiMjw, en a 
dorme la (lescri|»lion el tpiehpu's l'xlraits*. Marins jiarK' en- 
core de plusieurs autres de ses ou\ rages, ipii, tous ensi'udde, 
sont au nondire d'environ soixante, com|iosés, connue je I ai 
dit, avant d'avoir atteint <|uarante-cini| ans, » nomium liislra 



de TiraJwschi vxitte à la bibliothiViue d'Kst à Modino. it M.l.oinbardi, biblio- 
thi'-cnirt' du duc do Mo<l«nc , ni'rn a envoyô une copie. Voy. l'Appendice. — 
J'avais vainenu-nt deniaiiik- en Italie ce «jue la bibliotbôiue Sailtante clait de- 
venue. M. VaK-ry [ Votjaij. en Italie, t. I, p. 303, note 3j m'apprend quelle a vté 
vendue eu 1820. 

I Mehuf, VU. Ambras, p. 370 : Omnium maxime illustre est alieruni 

carmen de obsidione roiislantino|>olitana, «juod .\ncouir (ann. 1473) subtexuit 
idem ille Marius. Uuju» exemplor a t^enevensi bomine nupvr in llalia compara- 
tum, advectunii|ue aliô est. • 

* .Si-nehier, CiUalityue drt M s. de la bMùMh. lU Oenève.f. 330- iio. 



1 1 V VI H l>F. 

novcin tciiui. » (ycsl donc avec raison «juc ccl autour, qui lirait 
sa gloire |)lul6i Je l;i (|iianlil«'; «le ses œuvres que •!•' leur per- 
fection, se vante dans (elle même «'li'gie d'avoir plus écrit <jue 
Virgile el qnOvide : « Me brevior Maso, mecjue Maro brevior. » 
liorsqn'il com|)osa cette élégie, il travaillait à traduire en ita- 
lien la géographie de Slrahon V La plus grande partie de ces 
nomltreux ouvrages est maintenant perdue, ainsi que l'on 
en pourra juger par la liste que je donnerai de ceux qui nous 
restent, tant iuquimés (pie maiiuscrils, et certes ceux-ci ne 
l'ont |)as n.'grelter ceux qu'on n'a plus. Malgré le savoir de leur 
auteur, son |ieu de soin et l'extrême précipitation avec laquelle 
il coMiposail, sa iK'gligence el peul-(Mre sa jirésomption Voul 
placé au-dessous de ses contemporains ". Cependant sa répu- 
tation fut grande; il la dut à sa mémoire el à une extrême faci- 
lité, mais elle Cul é|)liémère ; les éloges de son père el de ses 
amis sur|irennent aujourd'liui. De tous les auteurs du (piinzii-me 
siècle, Marins Pliilelle est un de ceux qui ont le plus écrit et 
qui sont le plus oubliés. Il est encore remanpialile (ju'on n'ait 
pres(iuc rien imprimé de lui, et absolument rien pendant sa vie. 
Les mêmes défauts de caractère et de conduite qui avaient 
chassé Marins de Venise, de Bologne et de Vérone \ lui firent 
aussi (piilter lîergame, el avant la lin de l'année il était déji 
établi à Anc(Jne''. La colère de son père était apaisée, et, au 
mois de décembre, François Philelfe écrivit aux Anziani, qui 
gouvernaient cette ville, pour les remercier du choix (ju'ils 
avaient fait de Marins pour instruire la jeunesse ^ Le 28 mars 

« Maffei, Vernn. III. lil). III, p. 107, 108.— Saxiiis, Ilist. Liter.Mediol. p.:îG;>, 
260.— Tirahoschi, Stor. VI, il, p. '29j--296. — .Stntbier, Catiilojue des Ms. de la 
bihiiolk. de Genhr, p. 243-2 ii. 

' M. Aiit. .Sabellicus, De ht. limj. réparât, cité par Sijvi"-; //'«' tii>-r, 
Mediol. p. 205. — Tiraboschi, Stor. t. VI, ii, p. 297. 

5 Fr. Philelf. Kpist. p. 2.'>5 v», 218 v 

♦ Fr. Philelf. Kpisl. p. 243 r". 

s Fr. Philelf. Kp. p. 2i3 : • Anciauis .\iiconitanis S. P. D. — «Jtiod Mariuin 
tiliuiu, niihi dik'otissiiuuui, dileperilis, Viri Magniticî, ijuo vestram juventuteui 
))i>nis artibus ac disciptiuis iustituat, non possum equidem non Itrtari, cum restra 



JEAN-Mviins imiiiei.fr. 11.'» 

silivaiil, il «'«rivil ii son fils : «J'ai reçu la IrUn- (l'Aiirônc du 
u 31 janvier : loiil rr (|ii"clle n'iifcmn* m'a ôlé agn*abl<', H j'ai 
« siirloiil élé cliariii(> (ra|i|>n'ii(ln; (\\ic lu étais Irt-s-^oùlé dans 
« ci'lh' illustre ré|Mil»li(|ue. D'après cela, j«' no rosMTai jamais 
« de t(j\ln»rter, (!«' l'eu<oura^er cl do t'ordourier, par tout le 
« pouvoir paternel, de donner tous tes soius U bien reni|)lir tes 
(( foncticMis, et de t'a|(pliipier eliaipie jour davantage à te mon- 
« trer lel (pi'il est convenaltle (|ue lu M»is, dans une ville éclairiH; 
« où tu eoniples passer la vie. Tu ne peux rien taire dont je le 
« sache plus de ^'ré. (Juant à mes projets, dès que j'aurai mis 
« ordre ii (juehjues aiïaires, ce rpii, je pense, ne st^ra |»as lonj(, 
n je partirai avec toute ma faniille pour iiome, où je compte 
u finir mes jours a la coiir du pape'. » Je remanpiemi «pie ce 
dessein d aili-r à Kome avait élé formé |»ar Franrois IMuN-ire 
dès l'an 14(ii, après la mort de Pic 11 \ el f«>rlilié en 1 VGG 
par la mort de son protecteur François Sforce ; il es|M''rait n*- 
talilir auprès du |>ape sa fortune, «|ui était dans l'état le plus 
nuséraMe^; mais celle idée n était pas lellemenl exclusive, 
(ju'il ne pensai, vers le même temps, à un autre élaMissement 
auprès du roi Louis XI, ou h Sienne \ ou à la cour de l'er- 



tum itiam ima causa. Nam et ve>trn' laudatisiiiniir n-ipublico* cu|>ieh«ni MTn|K'r, 
liac i'tiain vitiv rutinnc, l'&si- hciK- rouMillum : et niilii uoii iiK-tliocri lauUi fulo- 
nmi «Iiiio «(uchI |ht filium iiieum in o|itiu)u siiit botniimni gvinTi' vi-^lri HIkti 

numi-raudi Ki-ctissinK* igitur, ut tKtik oninil>us iu rt-liui, viri pruilfii!i>>simi, 

proxpfxiitis JuviMituti Aticouitnnu*, «luani ita constituiritiii oruiliri, ut in i>|>tinio 
lnuninuiu gi-mn- «jucat moriio conscri. iJuid<{U(Hl cti.iiu nu-natunr ipsi.cui iiLixi 
mt' sludotis, plurimum doctrina vt l'Itxjufiiiia pro<lf«»c potcst , cum ad pruden- 
tiic ralioni-m, tuiii t-tiain ad cuhortaiidum, induci-ndum, pcnuadt-nduin! Nam 

quantum ea valoat nd guticrnationcni rvipublicir, vcw quotidii- i-xperimini 

Si-d ne siiu lougior quani par est, id uoura reliquun) e»t, quixl uuinendum pa- 
tfin : ita tractrliH filium Mariuni, ut quam liU'otiuime vclit apud vos esa**. oui 
etiam jussi. pn» (mterua puleittate, ut ' ribus ubseqnatur ac parrat Tra- 

trir lionestis.Niuin> voluutati V.x •. Nonis decemb. 1471. • 

« Kr. Philelf. Kpisl. p. ii8 ▼«. 

* Id. Fpisl. p. 100 1 01 V". 

^ Id. KpUl. p. lOÎT».— Saxiu». Hùl. /.»/. Metlinl. p. Î04. 

♦ Id. Kftitt. p. 190 v«. — Jacob, (artlio. l'apien». KptMt. p. I t.i — i .u.nlot, 
.loi»/. (Ivt !nsrrtjit. t. \, p. l'.itt. 



116 vif: iiR 

niri"'. C^f iH' lui i|u en l'i7'» i|ii il se n-mlil à fioiiu*, a|)|H.'lé 
par Sixlc IV. cl il n\iiil it .Mihiii en 1477 •, où il eul la douleur 
tic voir mourir <lcii\ jeunes lils (|iril avail oiis «le sa troisi«*nic 
fciimic, Laiirc-.M;i(lclciiu; de Ma//.oriiii, (|iii ellc-niénie ne leur 
survéetil |»as loiiglcmps^. Avaiil la lin «le l'année, Marius donna 
«le iioii\caii à son j)ère les plus graves sujets de méconlentc- 
nieril; il repoussa avee aigreur ses conseils el s'emporta, dans 
ses lettres, jusfpi'à le traiter de radoteur, lui rej)roelier sa décré- 
pitude, <'l lui conseiller de l'aire son testament, |»our (pi'il lût à 
i'aliri de ion le discussion avec ses frères. François IMiilelfe (il 
k CCS lettres une réponse pleine de modération, et par latpiell».' 
on peut juger à qiud point elles étaient violentes; la voici: 
« Tes deux lettres, mon lils, me sont parvenues l'une au com- 
« mcneement du mois, l'autre le 13 décembre, el tu peux croire 
« avec quel plaisir j'ai nu, en lisant la dernière, (|ne, tout en 
« avançant en âge, tu osais avertir un j»èrc dt' soixante et ijunize 
« ans de laire son testament ! C'est sans doute par une rare 
« prudence que tu fais plus d'attention à mon âge qu'à ma 
« honne santé, à la force de mou corps, à celle de mon esprit 
M el à l'intégrité de toutes mes facidlés. Certainement je l'em- 
« porte sur toi en tous ces points, el tu peux reconnaître Ion 
« [)ère dans ces mots de Virgile : « // est vieujc, mais sa vieil- 
« lesse est verte el vnjnurense''. Tu dois aussi craindre «pi'on ne 
« l'applique les vers d'Ovide, dans lesquels il peint un fds (|ui 
<( se plaint des années de son père trop prolongées à son gré. (À*- 

' l-r. i'iiilflf. rpist. p. 239 V". 

* V. Lancclot, Arml. des Inscript. t. X, p. 737-738. 

* Saxius, llist. Lit. cl Typ. .Mediolan. p. i'2'2. — Voy. Uosuiiui sur le retour 
de Fr. l'hilelfe de Home, et la mort de sa troisième femme. 

* Virgile, yEneid. VI, v. 301, dit en parlaut de Caron : 

Jam senior, sed cruda Deo viridisque seneclos. 

Dans l'édition des lettres de Fr. Philelfe, de Venise 1502, fol. on Ut, dans la ci- 
tation de ce vers, erudita au lieu de cruda. Je ne sais si ce changement a étvfait 
par Philelfe pour mieux se peindre par ce vers; du reste il aimait à se l'appli- 
quer. (Kosuiini, t. H, p iUîS, ;}93.) 



JEAN-MARILS IMIII.EI.FE. IIT 

« juMnlaril je fais graml cas de les conseils el de les avertisse- 
« nieuts; je les aurais prisés encore davantage, si tu n'v avais 
« ajouté l'avis de faire mon irslanirnl, pour (pu* tu n'russes 
« aucune discussion avec tes frères, (^r je pensais cpie, si tu 
« me survivais, ce cpie je désir»; plus ipie je ne res|K're, à 
« moins que tu ne clunigcs de manière de vivre, tu tiendrais 
« lieu de père à tes sueurs et à tes frères, qui sont pre^pie tous 
«( encor»' dans rcnfann'. Mais maintenant (pie tu m'as ouvert 
« ton àm»' loul cnlière el que j<' («Minais la pensiV, je prendrai 
« soin qu'il ne puisw; y avoir ni litige, ni contestation entre loi 
u cl tes cadets. Kn allen<lanl, si lu fais bien, tu ne mettras tes 
« espérances «ju'en loi si'ul ; j'ai toujours fait de même pour 
« moi , el c'est encore ce que je fais, Quant à la première 
« lellre, elle m'est parvenue décachetée, et j'en ai élé Irès-fà- 
« elle pour loi ; car on ne peul douter que ceux qui l'auronl lue 
« n'aienl trouvé souverainement ridicule la manière dont lu ré- 
u pondais a des exhortations modérées, el «jue Ion |>ère l'a- 
« dressait pour Ion hien. Que t'ai-je dit ihuil lu puisses le 
« plaindre? Je me souviens de l'avoir écrit, el je le faisais en 
« italien el avec «les caractères grecs |H)ur que ma lellre ne 
« passai pas à la poslérilé ', je l'écrivais, dis-je, (pi il m'élail 
« revenu que la manière d'eiisi'igner avait élé extrêmement 
« applaudie dans les commencements, non-sindemenl par li>s 
M hahilants d'.Vncoiie, mais par tous ceux du Picenum ; i|ue 
« cependant l'on avait ajouté (|ue ton zèle s'élail ralenti, que 
« de rre(pientes interruptiiuis, tes courses hors de la ville, (pii 
<r avaient pour hut le plaisir |)hit('tt (pie le délassemeiil, les iia- 
« hiludes enlin avaient lini par ne |>lain* ni aux cilovens, ni aux 
« étrangers. Happelle-loi ce tpii l'est arrivé dans los aii!u'>e8 



• Fr. l'hilfltV liait tellrmi-nt ]'• 1 immortal ■ s •..' ■.\na, 

et du soin tiiu" la |M«t6riic a|>}>"i -orwr It» u. rit* 

par lui (laus cvtto langue, (|u'il cnijoit tiic««iairt* «i'ccrirv en iialicti (•>iit 1 1 -{u'U 
U(> voulait pas lui rommuDii|ut-r. Voyi-i ut Ijeltm , p. IHN v , KuImIiio, d 
p. 213 r\ Tranchi'dino. 



118 vil- l>E 

« précédentes, à Bergame, à Vérone, ii Venise, à Bologne *, à 
« cause de celle manière d'êlre. Ma lendresse pour toi, autant 
'« ((iir mon devoir, m'eiigiigcaicnl à l't;\liortrr a montrer jilus de 
(( diligence, |)iiis(jiie Ui voulais li.ver Ion séjour à Ancone. Mais 
« tu as tant d'amertume dans resprit, (pie la haine ipie tu nion- 
« Irais dès l'enfance; pour toute admonestation, n'a fait qu'aug- 
« nienler avec l'âge, el (pi'à (piaranle-sepl ans lu trouves mons- 
« Irueux qu'un père t'adresse des conseils. Je dois sans doute 
« regarder conune un trait de sens et de piété tes reproches 
« sur ma vieillesse; il le semhie que je suis un radoteur parce 
« (jue j'ai voulu [)rendre soin de les vrais intérêts et de la ré- 
« jMilation. Que Dieu conduise tout à hien. De Milan, 18 dé- 
<< cemhre 1 'i-72 '-'. » 

Telle est la dernière lettre que François Philelfe écrivit à son 
fds Marins ; c'est au moins la dernière que l'on trouve dans le 
recueil de ses lettres , (jui ne vont (jue jusqu'au mois d'août 
1473. 

Environ deux mois après cette lettre, François Philelfe Ht 
son leslamcnl, dont Joseph-Antoine Saxius a retrouvé l'original 
dans les archives du Chapitre de Milan. Il est daté du mardi 23 
février 1473, indiclion vi. 11 y iuslilue hériliers par égale por- 
tion ses (ils Marins el Frédéric-François el son pelil-lils Florins, 
fils de Xénophon. Mais, attendu que Marins a eu divers avan- 
tages, qu'il a vendu plusieurs manuscrits de son pèr^, que son 
séjour à Constanlin(»|>le a été fort dispendieux, et qu'enfin, par 
1 éducation que sou jière lui a donnée, il est devenu très-savant, 
et en état de se procurer, par son savoir, les moyens de vivre 
honorahlemenl, François Philelfe déclare expressément qu'il 
veut (|ue ce fils n'ait d'aulre droit sur l'hérédité que sa portion 
sur les imnieuhles (|ui sonl dans le territoire de Tolenlino. Il 
lègue de plus ses livres à son lils Frédéric-François, et a|)rès 

> J'ai ili'jà remarqm'' plus haut (p. 92, note 3) <iue Philelfe, on nommant ces 
villes, ne suit pas l'ordre des temps dans lesquels Marius y habita. 
^ Vr. rhilelf. t'/iiir p. i'oo v». 



JEAN-MAItUS Pllll.ei.FE. 119 

lui il la Itililiollièiiiie tiii Cliajtitrc niélrojtolilain de Milan '. Il 
donne de quoi aclieter un hr^^viaire ù sa tille Au^usla, qui de- 
vait se fain' reli^'icuse, el onlonuc que Fiorius raïqiorlera à 
l'hoirie les luens qui- sou père \éu<)|)liou a |iu laisser à Ha};use, 
attendu (ju'il n'était pas éniauci|té. Kn cas de mort dr Fhuius, 
il lui stdisliiiK- Cirus, fds naturel de Xéno|ilion. Quant <i sa 
t'ennne, Laun- de Ma/zorini, il lui lègue, outre ses <lroits, quel- 
(|ue somuM! d'argent, la laissr usufruitière univcrsill»' ri lulriee 
de ses enfants , et cntin lui reeoiiiiiiand<> ses lils naliirels Slorce 
Curion et Ciesar Eufrasius, ainsi (jue Cirus, fils naturel de Xé- 
no|>li()n '. Ce testament de François Philelfe, dans le<juel il a 
la générosité Av ne point jiarlrr des torts de Marins envers lui, 
devint altsolimient inutile, car il survécut à sa troisième femme 
et à la phqiart «le ses descendants. Il l'était même lorsqu'il le lit, 
car dès l'an 1 iG7 il était dans la pauvreté, el tout ce qui lui 
restait de bien était en gage '. 

I^'venons à Marins, (pii exen, ni a Aim niic ses t.ilrnls de 
poète et de professeur avec un zèle et des succès toujours dé- 
croissants. Il mit au jour, pendant son sc^our dans cette ville, 
trois livres de Hucoli(|ues, ouvrage qui existe en manuscrit à 
Paris, écrit sur vélin de la main de l'auteur, et daté de 1 i73V 
Marins se lia, à celle é|)Oqiie, de correspondance avec Piatino 
Piati, Milanais dont les axentures sont assc>7. extraordinaires. 11 
avait été page du duc Calea.s-Marie Sforce, avait Uni par lui 
déplaire et être enfermé par .son ordre dans un cachot à .Monza, 
où, |)endant quinze mois, il chercha (h'S con.solalions dans 
la poésie. Il iroiiNa enlin le mo>en de s échapper en 1 170, cl 
fut accueilli jtar Hercule, duc de Ferrare, à la cour duquel il 
donna des preuves de courage el d'adresse dans les jeuv mili- 

• Sur le 8(irt de ces livrvs, v. Uosmini, Vil. di filelf. t. III, p. 101, not. Lu 
plupart parnissent »'tre restt-s ù Florence. 

« Voy. .Sjuiug. Ilitl. Liter. Mrdiolan. p. îit-2it. 

5 Fr. Philelf. /i/»ii/. p. I9i. — .Saxiu», tlist. liter JUediul. p, iGJ 

» Citiihhj. Mt. Uiblioth. Rr>). Paris, d» K36S 



120 \l^: i»K 

Uiircs. 11 (l«;\iiil cnsiiilc iioniiiic de guerre cl servit sous le duc 
d rrl)iii. N'avaiil pu oiileiiir «li* Cliyries Mil d'êlre allaclié à 
Trivulce, d rrpril son goi'il |)oiir la pot'sic el clicrclia à se faire 
a|)|>('lcr (Il ! rance à la cutir de Louis Xil; mais n'avant pas 
réussi, il alla iiroCessiT l'éloquriice dans la pclile ville de Gar- 
lasco, près de Vigevaiio, qui ajiparleuait au niaréclial Trivulce'. 
Piali, dans les années 1470 oi 1 V7(>, élail en garnison à Appi- 
gnano, «lans la .Marche d'Ancône, el c'est de cet endroit <jue 
s<!S lettres à Marins Pliilelle sont datées *. On croira |)eul-étre 
(pie Marins s'était corrigé de sa légèreté, lorwpi'on saura <|n il 
demeura |)rès de cin(| années à Ancône'; mais les lettres de 
Piali nous apprennent (pn; l'amour I )' retenait et causait sans 
doute les distractions dont ses écoliers se plaignaient. Il chan- 
tait dans ses vers une jeune fille appelée Angela, dont la ligure 
répondait au nom '. Piali assure qu'il ne doute pas qu'elle ne 
devienne aussi céièlirc (pie les beautés immortalisées j»ar les 
vers des [dus grand poêles ". Cependant la muse de Marins n'é- 



' Sur Piatino Piati et ses ouvrages, voyez Argelati, Bibl. Script. Meiliol. 
p. 1 107-1 1 li). - Saxius, Hist. LU. Mediol. p. 268-273. — Tiraboschi, Stor. t. VI. 
Il, p. 3i8, iHQ. — Kosmini, Islor. ili Triviihiu, t. l, p. C2o, 012. — .V l'occasion du 
niariagt' de Theodora Piati, François Phileife avait fait l'éloge de cette famille, 
<iu'il faisait descendre de Neptune et de Codrus, roi d'.Vthènes. (Hosmini, Vil. di 
FUelfo,t.\\,p. 121-122.) 

* Les lettres de Piati ont été imprimées à Milan, 1500, xv» kalend. .Septem- 
bris, par Gottardo Ponzio ou De Ponte. Ce livre est rare et ne se trouve dans au- 
cune des bililiothèques publiques de Paris ; il u'est pas non plus à la bibliothK|ue 
royale de Milan, et j'ai eu quelque peine à me procurer des copies de celles que 
je cite plus loin : ce sont les cxxvi, cxxvii, cxxviii, cxxix de ce recueil, et elles 
.sont adressées : Mario Pliileliiho poetœ Anamœ profitenli. Le lecteur les trou- 
vera dans l'Appendice. — Éd.] 

^ ( "est néanmoins à cette époque que se rapporte le projet formé par Marins 
d'aller à NapUs. Voy, une lettre de l'r. l'bilelfe, citée par Kosmini, t. III, p. lOî». 

* Parmi les poésies de Marius Phileife conservées dans la bibliothî'que I.auren- 
tienne (Plut. 91, cod. 42), ou lit une élégie ou invective : InAnyeiam tneretrirem. 
J'ignore si c'est la même qu'il avait aimée à Ancone. Ces vers commencent ainsi : 

« Angela, ()uam ignorans centum saturasse priapos, etc.» 
(IJandini, dit. llibl. Lauirnl. Ms. lut. t. III, col. 803.) 
'• Platin. Plat. IHpist. cxxvi. 



JKA.N-MARKS nillKIFE. 121 

tait |)us iini(|ii(>niciit occupa de son An^cla; il rut ciirori' Ir 
loisir (h; (-oin|i()sc>r un poëme intiluk* la iMurentiade, dans Ic- 
(jnd il (Mflèhn; les grarulcs destinéi'S de l^iirenl d«' Mé«licis ' ; 
et celui-ci rcroriiiut cet li(»mnia^e en |»ron)(>Uanl au |H»rt«' trois 
cents pièces d'or, «(u'ii n'avait pas encore revues au nnlieu de 
janvier, lorsque Piati lui adressa ses félicitations '. 

Marins IMiilelfe avait dans ce temps auprès de lui son neveu 
Jt-aii-Marie de Toleiilino. Je pense «pie c'était un lils de sa stpur 
An^'cla, et non pas Jean-Marie Hinduti, dont j'ai par!- ' ' tis. 
(leliii-ci, <|ui était lils de Panlliea, autre sœur de "m lait 

de Sienne. Il parait que les deux S(purs nommèrent leurs fils 
des noms de haptéme <lc leur frère, et il est prohaMe que Ma- 
rins appela ce nexeii auprès de lui a|)rès «pie Cirus l'eut «juilté. 
{)m)\ (pi'il en soit, on apprend jiar une lettre de Pialino Piati 
(pie Jean-Marie de Tolentino fut chassé par son oncle au mois 
de janvier, et (ju'il arriva h A|>pif;nano, chez Piati, qui s'efforça 
de les réconcilier. Dans une lettre à Marius, il l'engage à re- 
prendre ce jeune iionune, il en fait l'éloge et lui remontre l'uti- 
lité dont il peut lui être, « surtout, dit-il, dans un temps où 
« vous pens«v, entreprendre un difîicile voyage en France, et si 
(< vous vous privez d'un pareil compagnon de voyage, vous au- 
« rez sujet de vous en r«'penlir. Où en trouverez-vous jamais 
« un pareil.'' .\imez-vuus mieux avoir près de vous des merce- 

•< nain's (pu; vos proches parents? Si vous m'en croyea, 

« vous rappellerez Jt^an-Marie; cela est d'autant jJus convi^ 
« nahle, «pie lui-ménie trouve la vie à charge sans vous, et (pi'il 
« gémit d avoir jK'rdu vos l>onn(>s grâces '. » J'ignon» si Marius 
suivit ces cons4Mls; «ui sait seulement «pi'il alla vers le mois de 



' Mnhi l'Iiili-lphi iMitrentimltiM Itb , carmm dr fuitt ori.., .. , „;,, ... 

JU«dieit. — r«t unvragv rxi*te vo Anglft^rrr ««n m». ; il est écrit, en 1 474. d» la 
propn» inniii «le latitcur. .1 Culnii»/ >tf the Harletai» t'oUeetitm of Muniucnpt. 

D" ÎStJ) 

* l'iatin. riali, i:';Mjf cxxvi. 
^ Platin. l'Iuu, h'/iij/. cxxvi. 



122 mi: de 

scplemhn; ù A|i|)ignaiiu, taire une visite à mn ami ; il avail 
encore alors le projet de faire son voyage el devait l'enlre- 
jneridre par nier'. Il ne parait j»as ('('|)endant «pie Marins ait 
jamais exécnté ce dess4'in, (pii n'était vraisemhialdemeul que 
la pensée d'un esprit iiujniet. En revanche, c'est à cette é|>0(]uc 
(1475) (pie doit se placer Texcursion que fit Marius à Rimini, 
pour aller assister au mariage de Rohert Malatesta avec Isa- 
helta d'LVhin ' ; ces noces furent extrêmement brillantes \ et 
Marius y jtrononça un discours d'unr heure, consacré à l'éloge 
des deux maisons de Montefeltro el de Malatesta *. Le bon ac- 
cueil qu'il y reçut de la part de Robert, et les vents contraires 
(|ui s'ojiposèrenl ensuite h son (léj)arl, l'v retinrent juMidant 
quehpie temps ''. Piati, l'année suivante, fit un voyage à Rome, 
et, après son retour à Apj)ignano, il s'était mis en route jiour 
aller voir Marius, lorsqu'il apprit que celui-ci venait de perdre 



' riatin. l'iati, Episl. cxxviii. 

* Saracini, Mem. délia ciltà d'Ancofui, p. 275 et suiv. raconte ce mariage et 
les fi'tes qu'il occasionna; il place cet évt'ncment en I i"! ; mais le 2o juiu, jour 
de la fùte, n'aurait pa tomber cette année-là sur un dimanche; cette circoust^ince 
force à en reporter la date véritable à l'an 1109 ou mieux à l'an 1175. 

' Pour la description des noces, arcs de triomphes, harangues, etc. voy. Cle- 
mentini, Fundnzionc di Rimini, etc. t. II, p. 519-338. 

* Le comte iSattaglini {délia Corte di Sig. Pand. Malatesta, p. 134, net. i3) 
a cité les paroles de Droglio, tirées de sa Chrrinique manuscite, p. 298 : • For- 
nito che fo el sacro officio con grande solennità ritomarono tucti al reai pala- 
gio. Diseparati H gran signori dalle 111. e Magn. Madonne e facto alquanto di 
silentio, se fece iuauzi quel .M. e pocta di mis. Mario figliolu del gran pœta del 
Philelpo, gientilomo di grande autorifade, e fenuatosi nel mezzo dtl gran tri- 
bunale, e.xpuse con grandisima autoritade un degiiio sermone il quale duro cir- 
cha a un ora : rimembraudo l'antiche croniche delli passati della III. casa de 
Montefeltro, e per lo siniile de la 111. casa di Sigu. Malatesti, e le degnie hopere 
eccellentissime gia conseguite per li 111. e famosi Sig. délie due III. Casate, che 
fo cosa molto laudevole e degnia rimembrando li loro mirabili facti ; fînito che 
fo el gran sermone lo III. Sign. Miss, lioberto se fece innanzi, e andô a sposare 
la 111. .Mad. Lisabetta per mano dello III. duca d'I'rbino suc padre. • 

IJattaglini tire de la même chronique ms. que Marius Philelfe n'çut eu ré- 
compense • cintjuanta ducati doro in oro, con cinque braccia di zitauino nero.» 

s Robert Orsi adressa des vers sur ce sujet à Marius Philelte. [ Uattagliui , 
p. (j 1-0-2.; 



Ka lill*' iini<|ii*\ Tlit'-odon, cl par discrétion Pind n*n\o\a <! 
vJHilo an l<'m|»s où Marins pourrait recevoir H goiitr-r les rons«>- 
lations de raniilié ' 

Après ce rlia«(rin, M.inns deinenra encore (|neli|iH's mois a 
Ancone ; il conlinna m's leçons et s occnpa à ri'voir s^»n |Kx*n»c 
snr la |(ris4> de (^onslantinople par Mahomet II. J'ai déjà re- 
manjn»' (jne ce pw'me, intitnié Amyri», et dont l'exemplaire 
uni(pic RC trouve dans la hildiolluVpie de (ienève, est <lési({né 
dans r«''légi«' <jne Marins écrivit avant d'avoir rpiarante-cinq 
ans. Mais en ce temps 1 i71 , cet ouvrage n'était compow* que 
de trois livreg ou chants, et ce fut ^ Ancrtne, entre l'éiHNpH* 
du siège de Scntari ou Scodra, qui eut li<«u en 1474, et celle 
de la mort de (îali'as-Marie Sforce, duc de Milan , tué hr 20 
décendire 1 i7(), que .Marins com|Hisa \v quatrième chant ut 
mit cet écrit dans l'état où il est maintenant. Il raconte, 
dans uiir préface en vers, qu'il a fait ce |MH«me à la prière 
d'Othman Ijllns Ferducci, «l'Ancône , et cette préface est 
précé'dé'c d'une longue épilre dcdicatoire en prose, (|ue Fer- 
ducci adresse à Mahomet II, rn lui en\o)anl I oinrage de son 
ami, et dans lacpielle il rappelle au sultan, dont il cherchait à 
s'attirer les hienfaits , l'intime liaison qui avait existé entre leurs 
pères'. 

Après avoir demeuré ii .Xncône près de cinq années \ Marins 
Philellé passa à l'rliin, petite ville qui était le lieu principal 
des Ktats des comtes de Montefeltro, dont la race remonte au 
douzième siècle. I..eur vaillance héréditaire les mit au ncunhre 
des principaux (oiidoltuTt de l'Italie, ce genre de \ie, ainsi 



* rialin. Plati, lipitl. r.x&u. — l>«n* \r» Hptlitmala dr Mariiu, oa lra«v« 

<]afl<|ucs ver» intituica : • aH I ' •< ft 

lirecatio. • Mai* cv rt«cu«-il ayan' I a» 

nvtiir rnp|Hirt a la «K-mirrr malaiiif de lli dr Manu* 

• SfUfhier. (•-.'-/... .'.. U. ./. /- l'.l.i. . I., p. iMii.*) — ^'x 
r\ppondic«r 

' Mnrius i-Uit n \n<<.ni' .n.ini i< • <i<<<iii[<i< tiil ir ehilelf h'f- 
il y «'tait iMirore le II) juillet 1 17«> l'I.itin l'Iali, fTpMf. c&\ik.. 



i2\ VIE DE 

(jiic les gtu'iTOs ((u'ils soutinrent continnollcmcnt contre les 
p:j|>os et leurs voisins, leur «lonnèrent des mœurs toutes mili- 
taires, et (|ue rien n'avait tempérées jus(ju'au règne de Frédéric, 
qui h la valeur do ses pères unit l'amour des lettres, la maji^ni- 
ficence et la |iolilesse. U passait pour être le fils de Ik'rnardino 
dalla Carda de la maison des Uhaidini, mais Gui Antoine, comte 
de Monlcfeltro et duc de Spolète, qui l'avait fait élever, parait 
avoir été son vérilaMe père * ; il n'était donc point j»ar sa nais- 
sance destiné à régir ces Etats. Il passa <juel(pies années de sa 
jeunesse h Mantoue, où il eut le bonheur de trouver Vittorino 
de Feltrc. Cet aimable et savant professeur prit pour Frédéric 
l'amilié la |)lus tendre, et lui donna des leçons qui dévelo[)- 
pèrent en lui au plus haut degré le goût des lettres'. Ode An- 
toine, fds légitime de Gui Antoine et de sa seconde femme 
Caterina Colonna, succéda h son père et fut créé duc d'Urhin 
par Eugène IV ' ; mais lorsque ses vices et son libertinage eurent 
porté ses sujets h l'assassiner " , les suffrages du peuple appe- 



' Voyez l'Appendice. 

« Tiraboschi, Stur. t. VI, i, p. 39 et t. VI, il, p. -274. 

' Ce titre avait été accordé par le pape Eugène IV à Ode Antoine et à ses des- 
cendants; c'est ce qui fait que Frédéric ne porta que le titre de comte de Monte- 
feltro, jusqu'en 147i que Sixte IV le créa duc dUrbiu. ( Ueposati, Zeccw i/i Gub- 
bio, t. I, p. T60. — Lettres de Fr. Philelfe uu duc d'L'rlriit et à Octav. l'bal- 
dirii, Rosmiui, t. III, p. 170-172. — Mutio, Hùtoria de' fatli di Federico di Mon- 
te fvUro duce d' Uibino, Vcnet. 1603, 4".) 

* Leand. Alberti, avec son inexactitude ordinaire, bouleverse la suite des sou- 
verains d'Urbin. (Muratori, ann. 1443.) Voici ce qu'il raconte de la mort d'Ode 
Antoine : • Is ob coustupratani importuna libidine virgincra nobilem, admodum 
adolescens popularium furore trucidatus, perque urbem tractus, penitali mcm- 
bro pracciso ac ori inserto , suninia cura ignominia derelictus est. liorribile 
profccto id docunu'iituiii priuci])il>us, quo in potestatis fastigio, si' non ut pro 
voluutate tyraiiiiidem e.xorceant, sed ut cum ratione juste niodereutur, constitu- 
tos intelligant. (Lcandr. Alberti, Descrifit. Ital. e vers. Kyriaiul. p. 4-lo, édit. 
lî)Glj,fol. )Sur cette révolutiou, voyez Cronic. di Rimini,p.OlS, C. l). dansMura- 
tori, Scripl. t. \V. — Annal. Foroliv. p. iii, L". dans Muratori. Script, t. XXII. 
— Muratori, .innal A. 144-i. — Keposati, Zecca di Guhlno, t. I, p. 153 et seq. 
Les traitements dont parle L. Alberti paraissent avoir été infligés, non pas au duc 
lui niénu', mais n ses mauvais conseillers. 



JE.tM-MAHU!» l'Illl.EI.FE. 125 

lèrcnl Frédéric ii gouverner les Etais île son |>ère len 1444^ *. 
(^uoifjue sans cesse occu|>é de guerres, ce prince fui toujours 
le [irolecteur des arts el des leUrc>s. Il hùlit à Irhin une liahi- 
talion ni:i^iiifii|iii\ (-oninicncéc en liV7, et sut cliangrr vu 
tem|ile des muscs une niontugnc cM-aqM-e située dans un |>a>s 
sauvage*. I^e célèhre Haltlia/^r (^asliglione, qui avait été atta- 
ché au iils de Frédéric \ a parlé ainsi de ce princt* et de sa ca- 
pital».', dans son Livre du (ourlimn : « Sur !«• prncliant lU' 
«< lAixiUiin, du côté dr la nirr .\drialii|U(' , et pr(-S4|ui' au 
<« centre dr l'Italie, on \oit la pria*' \iili- d l rltin, tpii, 4|Uoi- 
« (jue entourét; de montagnes moins agréaliles que celles de 
" plusieurs autres sites, a cependant revu du ciel la faveur 
u «l'élre an milieu d'un j»aNs très-fertile et al»onilanl en fruits. 
« de manière ipi'à la salubrité de i air elle reunit l'altondance 
» dir toutes les cliosi's nécessaires h la vie. Mais, à mon avis, 
« le plus grand Itonlieur dont elle puisse se vanter, c'est d'être 
(* depuis longtemps gouMrnée par de l»ons princes, <{ui l'ont 
« mise à l'ahri des calamités (pie les guerres ont causées à l'Ita- 
u lie. Sans remonter trop haut, nous en avons la- preuve dans 
<« la glorieuse mémoire du duc Fréiléric, qui, tant »|u'il \é- 
«* eut, fut la lumière de l'Italie, et l'on |RMit citer une foule 
« d'hommes véri<liqui*s, considérés et encore evislanis, ipii 
'< attestent sa honte, sa jinidenre, s;i justice, nt liheniliie. sa 



' Voir la vif de Fn'(l> rir, par IV.rc<llr..ilaii« Munlorî, Scrtpt. t.\\\. - J. Ani. 
Campani, Vila h'i > i ,luru Vrhint, (Giom. il'tlal. t. \\\, 

p. 340.) — Mulio, >/ ,/ •tiifltrf ~ stUvri, JUrmorie (*>ncer- 

nenti l'rhino. — Dfgli tiomini ctUt' IKIO. — 11 rxut« â la 

Inblioth. du Vatican (Offo^on. < ' ' i. . > i .. .. ^^^^ 

en mauvaiit rvn ilalii'oa, niaiA .i e*i 

(liovanni ~ uu-ijUc ce poè- 

me, (îi"i i 

* P. Ik-iuU». tu Itunltt (>«.ii.A>, tLàu»at« uMvr«*,U«Mi. I^mM». 8^. p. 567.V. piss 
t>a8. 

> Sur lUlthazar < . ijui a i-to 1U5 arec tous le« grand» boamm dn 

temps de L«uu X, vu> .,«cbi, Stor. I. V||. — IUmcw, Im d« Uom .l,L W. 

p. il3-li4, el le* au(eur« indi^m* (tar Arfrrlali, Bikl. Srrift. Mmttol p. iOS(> 



126 VIE i>e 

« j^randciir dame cl ses lalcnls rnilitain'S. ((ui sr)nl il ailleurs 
" prouvés par ses nonil)reus<;s vicloires, les lieux inexpii^Miahles 
« dont il s'est rendu maître, la rapidité de ses evpéditioiis cl 
" les avaiila}j;es reriijiortes sur des troupes plus iioinhreuses que 
(< les siennes. Il ne l'ut jamais battu dans aucun combat, cl on 
'< jteiil l'égaler aux jtlus célèbres caj)ilaines de Tanliquité. Dans 
'( le site sauvage dlrbiii, il éleva un jialais «pii passe pour le 
<( plus beau d Italie, et (jui est si bien pourvu des cboscs né- 
'< ccssaires, «ju'il a l'air d'une ville en forme <le palais*. On y 
<( voit non-seulement, comme c'est l'usage, des vases d'argent 
" ci des a|»partements ricbemcnt meublés d'étofl'es d'or et de 
« soie ; mais il l'a orné encore dune inlinité de statues antiques 
« de marbre et de bronze, de |)eintures remanjuables, et d'ins- 
« trnments de musi(|ue de toutes les espèces, et il eut soin de 
« n'y jdaccr que des clioses rares et d'un grand degré de per- 
« feclion. Il rassembla a grands frais une (juantité des meil- 
«( leurs et des plus rares livres grecs, latins et bébreux ; il les 
« lit orner d'or et d'argent, et les considérait comme ce (pii 
<* distinguait le plus son palais. A l'âge de soixante-cinij ans 
» il linil sa glorieuse carrière, et laissa pour gouverner ses Etals 
(( un llls âgé de dix ans, et déjà privé de sa mère; c était son 
« seul enfant mâle, et il se nommait Guido Ubaido '. » 



' Sur le palais des ducs d'I'rbiu, voy. Ciniarelli, Storia del Ducato c/i l'rbinv. 
— lieruardiuo Ualili, Ih'scrizione del Palazzo Ducale d'L'rbitw, imprime dans 
les Versi e prose di monsiijnor Bcrnardino baldi^Sanel. 1590, 4°, et dans les 3/e- 
moik concernenli la cittàdi l'rbiiw, Koma, 172i, fol., où le cardinal Annibal 
Albani a fuit iiisrier l'ouvrage de Baldi eu y joignant l'explicatiou des sculptures 
du palais, faite par Uianchiiii — Kxtrait dans la liibliolh. Italiq t. V, p. i03- 
218. 

Les architectes de ce palais furent Lucien de Lausaua, en tsclavouie, Baccio 
l'ontelU), de Florence, Léo Uaftista Alberti, et Fraucesco di Giorgio, de .Sienne. 
" Ils prirent un milieu dans l'architecture de cet édifice entre le goût des Goths 
et des Lombards, et celui des Urecs et des Itomains, de sorte qu'on voit dans ce 
palais un commencement du renouvellement de l'architecture en Italie. • (Bibl. 
Italiq. i. V, p. 21 3. J 

- lîaldes. Castiglioue, // libro del Cuiteyiano, p. 7-«, éd. 1537. — Fr. Philelfe. 
consuilé par Fn-déric sur un instituteur pour son tils, avait conseillé (îabriil Pa 



JRA.N-MAKIIS l'IllI.F.l.FE. 127 

Li; duc Frédéric se délassait des travaux de la gufm* ti de 
radiiiiiiislratiuii dans la conversation des savants (|u'il réunis- 
sait dans sa 8om|iliii'ns<' drnieur»' '. Sa générosité \v n-ndait 
cIrt aux grns de Kllrrs, et Franrois IMiiielfe S4* trouve parmi 
ceux (|ui en éprouvèrent les ellets '. Frédéric, cpie l'on a coni- 
|)aré à IMiili|)|>c de Macédoine \ cherchait dans l'histoire la 
science de la j;uerre et du ^'ouvernenient, et dans ce hut il s'i'*- 
tait rendu faniilitrs tous les auti'urs latins*. Sa liness*' et s<jn 
hahileté' dans l'art militaire lui axaient encore fait donner le 
surnom dWnnihal, et la perte d'ua œil établissait un rapport <le 
plus avec le général carthaginois V 11 avait emplové (]uarante 
mille ducats à former d:uis son palais la superhe ltihliothè<pie 
dont parle Castigllone. Llle a été célébrée par |»lusieurs éen- 
vains (|ui vantent la l>eauté et la situation du vase qui la ren> 
fermait, autant cpie le nombre et l'extrérae richesse des vo- 
lumes ipii la composaient *^. Dans son arrangement on avait 
suivi le phni ipie Thomas de Sar/.ane. ipii lut «hpuis Nicolas V. 



vvro Kuntaiia. (^Koamiiii, t. III, p. t i8.J i<uidu L'baldu eut pour prt<:cptcur Cuiu* 
mandino Couimandini, d'I'rtnti, et Ludovico Odario do Padoue. (Kcpouli. Zemi 
dHiubbio, t. I, p. iHi.) 

' Kr. l'iiilcif. t.'pùl. p. J06 T«. — Pyrrho r«T««iti, d«n» la prV'ftior H«» l'oiirrair» 
de ma «ncU-, Nicolas Pcrotti, intilulr (' ■ 
parlf aiiiii do cv livrt*: • . . .Tuoruiii |>ni : 
crit l't parlicvpt. Mdiliit aU\uv inltllifrit (|uetn honurt'iii r. 

dignatioiieiii •apit-iitiu' docluribua habvaa, ut «uh te unu ^i .^ a 

et patriam iKinarum arttum (ludia rvcrpcrint, quic aotchac uatali lolo prtTau 
et |M-rpvtuo cxilio dninnata vtdvbautur. O fvlix at<|ue iteruro fvlix liber'. . . • 

* Kr. l'hilelfc, Kphl. p. iJ5 r», 5*8 v», iit) r». Ji3 r". — ïr. l'hiUlfc arait 
écrit la vie du duc I r. •Uric (Koamini, L II, p. 21 S), et celui-ci «Hait aoo compcre 
(Kufiuiiii, t. II. p. ^{7.'> 

^ Itnphnrl Volaterr. Comment, lib. VI, p. 67, Mit. Basil. 1543, fol> 
» Vr. l'hilelf. Kpùl. Il>3 r. 

* Fabrooi, KiT Coftni .f/n/iiwi, p. 123. 

*> Laurent Atteniio commeucc la dédicacv au duc Gaido l'baido, <!• '^>ii ou 
Trage />* (fuihunlum iocit obtruris, imprimé à Venise. 4^ sans dato. par ce« 
mot»: • (juum t'rtii > m, pnrcss 

iiullam iutotu tfrr.ir . <4M omoe* •■■ 

ter l.amiHU, t I. |> .hT.s , 



J*28 VIF DE 

avait tracé à la (J(;man(li; de Cosnic de Médicis '. Frédérif, en 
i ^59, avait éiMiiisé, âgée de 13 ans, Batlista, fille d'Alrxandre 
Slorce, seigneur de Pesaro, livre du due de Milan, Franvois 
Sloree ; celte priiicess»;. mourut en 1 i72, peu de mois après 

Landiiio.dans la dédicace de la sccriuifc- partit- de seg huputaliones Vamaldu 
lemes, dit ù Irédéric : • l'erciochè i|uanto parecchi I*riDcipi sono a te superiori 
in anipiezza d'iiuperio, tanto maggiori sono gli cucomi, con oui le Cnche, k- 
Latiiiu, e le Toscane Muse te iunalzano, e eternamente t' innalzarano fioo aile 
stelle ; poiche cacciate dalle altre corti si veggon niagnificamente da te accolte, 
n*' trattatc sul corne ospiti, ma diveiiutc ornai citadine, e allogiate in un tenipio 
ornatissiino e pieno di ogni génère di volumi. l'erciochè a l'allade, ad Apolline, 
(■ ulle Muse tu liai de<Iicata uua insigne e per copia de'libri nobili^sima biblio- 
teca, non men salubre per la situazione che maestosa per la grandezza. • (Ver- 
sion de Tiraboschi, Stur. t. VI, l, p. 110.) l'jrrho Perotti, dans la préface déjà 
citée (p. 127, note \ } • ' Nani cum te, Frcderice princeps, unum ex iis esse co- 
gnoverim, qui banc commentariorum editionem maxime concupierunt, statui 
hoc opus sacratissimo noniini dedicare, cujus Ule virtuti atque auctoritati tan- 
tum tribuit ut te instar numinis habeat, colat, veneretur. . . Sed ob id longe fc 
liciur (liber), quod tu omnium primus acccperis, et in istud tuiun dignuro I»iis 
palatiuni, dignam principe victore gentium sedem induces, ubi cum omnia cer- 
nut marmore, argento, aurotjue nitentia, et in bibliotheca illa pulcberrima coUo- 
cabitur, (luanquam mutus sit et anima carens, mirificè tamen sentire lictarique 
videbitur. . . •> 

P. Bembo, De Guida L'baldo Feretrio liber . . . dans ses œuvres, Basil. 1556, 8", 

p. 5G7 : • Domum illam ipsam in urbe quam iucolLmus^ ea materia, ea arte 

sumptuque construxisse, ut tametsi ea situ ad sdificandam iniquissimo difficil- 
limoque sit, œquè pulchra tamen ullo in loco toto orbe tcrrarum non visatur. Jam 
bil)liotheca illa celebri, quam is maximis sumptibus comparaTit,^nm l.atiuorum, 
tum (;ra?corum, tum Iletruscorum, tum etiam Uebrncorum lingua perscriptis, in 
oiiini disciplinarum génère libris monumentisque refertissima, omnes qui vo- 
hnnus utimur.» 

Leandr. Alberti, Descript. liai, e vers. Kyriand. p. 4-io : • Urbinum 

splendidis œdificiis exornavit, priccipucque suniptuosa illa domo cum bibliotheca 
magnificentissima, quam ingenti multitudine voluminum optimorum repleverat, 
sicut ego, prius<iuam Cœsar lîorgia ditionem Urbini invaderet, ipse vidi; quœ 
post illam liorgianam domiuationcm passim, opère tam iusigni prorsus contur- 
bato, dispei;sa suut. » 

Voyez aussi Tiraboschi, Slor. t. VI, i, p. 39, 1 lli 

Pour la description de l'appartenu-nt (jui renfermait la l)ibliothèque, voyez Haldi, 
Descriziune ilel palazzo il'Urbino, chap. I\, p. 'M et suiv. — Le pape Alexan- 
dre VII transporta ces livres à Itome, en IG58, et les joignit n la bibliotht>4iue do 
Vatican. 

' Vespasian. l-'lorent. dans Muratori, Script, t. XW, p. iH. — Mehus, Vit. 
.{inhro.s |> (i5. 



JhVN-M\l(ll> l'IlIlKl.Ff-: 12'J 

:i\oir MUS ;iii riioiiilr (iiiido Lltaldo, (|iii succi'da à Frédrric ; 
elle (icscondait d<* |»liisi(>urs fomnifs célèlm's dans le« li'Urcs*; 
«'Ih' avait t'ié élcvéo ù la cour d«' Milan, et dès l'âge de quatorze 
ans elle passait |MMir un prodige. I/rlrgance <le se» harangues 
latines lui donna de la célcIihU'. vl d4>|inis son mariage rllc 
étonna le pape Pie II V l(<>rnardo Tasso l'a eéli-lirée dans son 
Amattù; mais «piand Marins IMiilciri* arriva à Trliin, Ualtista 
n'existait plus; vWv était inorlr en I V72, à Tige de %ingt-iM>|il 
ans, et (îui l'Iialdo, son (ils, n'avait alors qne c\\u\ ans. Ce 
prince, en 1 i82, sueeé«la à son père; moins lieureu\ que 
Frédéric, à eausi* de sa santé déplorable et de la |MTlidie des 
Borgia 2i son égard, il fut encore plus célt*l)re par son es|irit, sa 
mémoire étonnante et son érudition \ 

• l'.alti«ta de Monle-feltro, a6« en I.THI. fille du minl« Antoine de Mootefelirr» 
it «œur du comte «Jnid" Antoine, «rait «'pouK', le 14 juin 1405. < ' - MaU- 
tccta, «eigneur di> Pc«an>. Kllc avait nxintré la culture de aon r ha- 
ranfrut** > 'inc IV et à l'cin .r ik*» tir ^' ♦ ?' '■!.>pi 
i]mt et I ' .t, et par <]'■* ' ••* dr n"»>l<'«jk' «t «Je 
nerf. I.««.iiar.l l.nii.i d'Anizo ! Ill,p. i'O. 

— Mitcirvlli. ///,'/ ,f',. Vf V t Vf. n. 
p wj;}-|(i|._ \ 

tninjlia ili tint' ._..,, _ 

trait ir trouve dann la Continuai. delGiori . it'ital.t. IWI, p. SO-flS.) 

I.a fille- de llattiata et du «eipTicur di- T. -r . . iviS-tta, narjuit en 1407 et 
e|M>nM i'ier (ietitik' Varani, M'i^ninr île ( amcnin'. <!i tapit, n Jî.-iaii.iti le 7 arp- 
teuilire 143.1 I . e 

Ctiiuiaiire ■!. iiivn. (^ l-ii-t. M«'«i«anHro Sfnrr». aei p n^ir 

de I 
lei, 
UiM|i>l|.lie «le Naraiio, Li «ii-in iirir .: 

pnage de (orutaui / .Scio/. t. Il, p .i . . ... , . 

dix-neuf ana, et cite à l'appai Olivieri, Memorif d'Alfuandro Sfitrui, tijnor 
lit /'i*j(iro. Klle avait coin|MX('- • '■ -«, des lettre* latine* et de« po«'-«ir« 
(tiuinifort. Rarxiii (>/>rr. pi . edit. Furidti. — Ijuxaron. Mtf-rU. 

t. VII, p 31K). — Tiraboachi, .vr- , {. \\, r. p. 34») 

— rnrninni. / «m^./. f M. p. 31>3. — Mill. 

I nitancc et >! V - . 

<|ui .-aBro Maliitc T i \| r 

titta ae tit rettgieaie et mourut ■ loligno le 3 Juillet 144». 

• Tirahoachi, t. VI, ii, p. 100, et t. IX. p. ill — fampui. Oper. Orai \' 

r lUmbo. De Cuido Ihaldo Ftrrtrio, dt^m BluahHka liomsttya. thêethu* 



130 ME DE 

I^armi les poêles cjiii vivaient Ix la cour de Frédéric, on doit 
dislinj^uer Angiisliii Slacoli d Trljin ; ses jioésies italiennes sont, 
ajtrès celles de Laurent de Médicis, les plus distinj^uées du 
quinzième siècle, et leirr auteur unissait la gloire militaire au 
talent |)oéti(|ue. Ses vers expriment ses vives passions avec un 
naturel et une élégance presque inconnus à son siècle. Pélranjue 
fut son modèhî'. Cette cour voyait encore un de s<îs principaux 
ornemenis dans Oclavien Ihaldino, seigneur de Mercatelli , 
frère du duc Frédéric*, et par consécjuent lils de Bernardino 
dalla Carda degli L'haldini ''. Il était lié de corres[K)ndance et 
d'amitié avec Franvois Pliilelle", et celui-ci, dans ses lettres, 
compare le charme de la conversation d'Octavien au chant des 
Sirènes', et aux enchantements de Circé". Marins IMiildle, 
admis dans sa familiarité, sut lui inspirer une grande amitié, 
une grande vénération pour ses ouvrages, et en reçut plusieurs 
marques de générosité et de distinction '. On connaît ces dé- 



Urbini, liber, dans ses œuvres, Dasi). 1536, 8", p. o29-6'2t. — Tiraboschi, Stor. 
t. VI, I, p. .t0-t2. 

* Voy. les lettres de Campani , pnssim. — Crescembeni, dell. Poet- tu///, 
t. III, p. 311, 312. —Giornale de' Letcrat. d'Ital. t. I, p. 187 et seq. — 
Tiraboschi, t. VI, il, p. 153. — La plus ancienne édition des Rime di Agustino 
Slnc(di d(t Urbino est de Florence liOO, i"; la plus complète, de Bologne 
1709, in-12. 

* A la tête des éditions de YEpislolarium de Marins Philelfe, on lit une let- 
tre de Moudello à Ocluvimio L'bcildino MercathelU Domino, ilhutrissimi Ducis 
Urbini gennano dignissinw, doctorumque virorum Patrono. 

3 Voy. le portrait d'Octavien par Baldi. {Giornale Arcadict. VI, p. 358.) 
Laurent Abstemius de Macerata dédia à Octavien Ubaldini, comte de Mercatello, 
un recueil de fables intitulé : Ih'cntom<jthium. . . Bayle {Dict. art. Abslemiut) 
dit que cette dédicace eut lieu sous le pape Alexandre VI, et qu'Abstemius était 
bil)liotbécaire de Guido Ubaldo, duc d'Urbin, fils de Frédéric — François Vcn- 
turini (<in'il ne faut pas confondre avec Venturino de' Priori) dédia à Octavien 
Ubaldini ses Itinlimcnta (jlrammatic(P, qui ont été imprimés à Florence 1 182, 
avec répit re dédicatoire. — Octavien fut nommé par le duc Frédéric tuteur de 
son fils Guid' l'baldo. 

* Fr. Philelf. Episl. p. 12r>, 128. 
» Id. Epist. p. 125, Octav. Tbald. 

" Id. Epist. p. 21 1 V». Denietr. Castreno. 

■ Mondelli, Epist. (lutf Mar. Philelf. Epistolarium «... Mario siquidem ita 



JLA>-.MAUIl> l'illiltii 131 

tails |>ai une Icllic «ic Louis MoiuK-llo il Oi-lavii'ii ChaMino, vl 
|iur la n'>|)oiis(; (|ii(> celui-ci lui lit. I^uis Mcunlrllo, «runc noMc 
l'ainiili* ik' Milan ', rUiil (liHci|ilc cl ami (!«> Marius Pliiltlfe. Il 
élait (Icslinc à suivre la carrière des emplois de la cour de 
I\omi' , cl avait pris les ordres sacn's. Marins avait com|>os4^ 
|ionr Moiidi'llo un |)etit ou\ra^e intitulé Hpi$lularium, qui con- 
sistait en un recueil d(> préo pies de rliélorique les plus néces- 
saires il son élève et les plus en ra|)|»ort avec l'art épislolairc'. 
Marins, dans cet écrit, di>lni;4ne ipiatre-vin^ts genres «le let- 
tres, indique les diverses su.s(ri|)(ioiis rpii (-<>n\iennent aux di- 
vers ran^s de la société, et, joignant l'exemple au |tréce|ite, il 
donne un choix de lettres. .Marins envova cet ouvrage ii M>n 
ami, entièrement écrit de s:i main et sans en garder de co|iie. 
Il l'assure, dans la lettre d'en\oi ou préface qu'on trouve ii la 
télé de ce recueil, qu il l'a conqH)S4'' uniquement |MMir lui, et 
que nulle antre personne ne Ta vu ni ne le verra : cette pré*- 
face est datée d'I'rhin, du 7 févriiT 1 i77. I^mis Mond« llo , 
après bi mort de Marins IMiilcIfe, pour .s;itisfaire s;i reconnais- 
sance et contriltiier à la reniMomee de l'ami qu'il regrettait, 
forma le projet d'inqirimer V Epistolarium. Il était alors ii Paris, 
el pensiit qu'il ferait admirer le génie de Marins ii tous les 
gens <le lettres que cette grande ville renfermait V II consulta 



(JctliiuR cras, rt illc tU>i, ut plusquun dimidium animn- lii.-r oum putarr» I • l'< ni 
aniiciiiu' in cum Ainnndo cxccdcSa», cnm rju» KriptA, tanquam lihr 

i(>stiniarfS. Omitlo t|uo<i crrltria vl maxinii* inunrril>u* «uin omaNas. :> 

civtta« ci rtae mnimiinc cum roultia, quamvta non omniluis radcm mcntura, 
i|uu Mario lui-UrvrU, non onint-a cum Mario in eodea tbratri gnda apud tv 
««■(loltunt. • 

• Voy. Arp.laii, Bibi. Sm/i/. Metiii>l.co\. 1894. * 

• .Sur un siiir» nnnlop^Ht* on tn)u%T, au trfi*i< n»r «5<V!r, l'oTtrmîrr An Florm- 
tin lluonooni; Forma l.illmiriim ^ " 

Ih ProffiMui , ' iij. I. I, part. Il, p. i. I i 

t IV, p 30i.— «iinpttcm*, t. I, p. 3MtV— Sinner.roto/. Jfj. Brmtni. t. III, p. Ml. 
Ii8. , Ce livre ftit couronné de laurier. 

'^ Mondelli. t'pùlola <til (h Un. VbaU. ; • . . . Cvterum quo pirniut huic 
laudi i-t (iluri iciu. in hac rvgia ParWonua ctTiutr, in qua jam 

iMouiiiuin Mu .. r.pi»iolarium ipmua imprÛDcndau darr tiaïuc- 



132 mi: HE 

sur ce |irojel Oclavien rhaldiiio, el celui-ci, dans 8a réponse*, 
aj)|)rouva cl encouragea ce dessein*. Assuréinenl rinlenlion de 
!\Iond('llo et d'Oclavieii clail honne, mais je ne sais si, pour as- 
surer une grande rrpiilalion à leur ami, ils agissaient convena- 
iilemenl en voulant jiuMier V Kpistolarium. On trouve dans cet 
ouvrage de la facilité el une sorte de légèreté d'esprit qui pou- 
vait plaire dans un temps où le goût n'existait pas, et où l'on 
admirait toutes les productions de ceux qui passaient pour sa- 
vants. Avant la lin du siècle, Krasine lil justice de cet ouvrage, 
et déclara «pi'il n'y avait aucune érudition, et que tout y était 
confus, embrouillé ou inutile*. Marins, dans sa préface, clier- 
clie à excuser d'avance les <léfauts qu'on peut y trouver, en 
(lisant qu'il l'a comj)Osé à la hâte , et (piil a écrit en vingt 
jours les cent quarante grandes pages qui formaient son ma- 
nuscrit , et Mondello lui-même convient que Marius n'a pas 
mis dans cet ouvrage le même soin et la même élégance qu'h 
plusi('urs autres j)roductions. Mais Octavien Ubaldino lui rc*- 
j>ond (pi'on n'exige pas d'un écrit destiné a lusage d-un seul 
liomme la même perfection (jue dans ceux que leur auteur a 
destinés à être rendus publics. Cet ouvrage, sur lequel l'au- 
teur lui-même aurait vraisemblablement montré de la modes- 
tie, est le seul de tous ceux de Marius IMiiicirc (]iii ;iii (''it'- im- 
primé dans le quinzième siècle. 

En écrivant la vie de Marius Philelfe, je 1 ai suivi d'une ville 
à l'autre sans j)Ouvoir presque jamais indicpier les motifs de 
ces changements de place. Cette suite d'actions sans cause est 



rani, ut in loco totiiis orbis cminentiori, inter tôt Academias, inter tôt sapientis- 
simos ot diviiur mentis vires, ab omnibus .Marins, etiam functus, et colcrttur et 
ailmirarttur. (^utin locum, quam orhis plagam ad ejus nomen celubraiidura, 
a-tcrnatiiine coninu-ndandum potui eligere aptiorera ? • 

« I.a lettre de Moudello est de Paris 29 avril 1481. La réponse d'Octavien est 
datée d'Urbiu 5 jnillet 1 181. — J. Aut. Saxius a fait réimprimer l'une et l'autre. 
(Uist. Litcr. cl Tyiioi/r. Mediolan. p. -483-487.) 

- Oesid. Erasm. Ki)istiil. (iiiiU. Mottljoio, aauo 1498, Episl. 43, t. III. \>. ii. 
«piT. idil. I.ugtl. lîatav. I "OM, in-fulio. 



JFA>-MAims IMIlliiii 133 

rnonoloijc, ri ce nVsl pas y mollrc de la variéU" ijuc «Ir n*p4'ter 
sans cosHO (|iril était inronstanl cl néj;ligpnt , «lu'il sv di^oû- 
tail ii<> lotit et f\\i(in m; (iéj^oùtait de lui. Son demiej* M>jour 
fut M.jntoue, où Kréd«''rir il<' (ioii/aj^iie ra|i|M'la |MMir v donner 
des lerons piililiques ' . 1^ guerre était alors ailiinu'e entre les 
rif^reiitiiis cl Sixte IV ; Todieuse cxinjiiration des P;iz/i. qui 
aurait dû couvrir de liontc le |ia|»e« n'avait fait (|u'e\as|M''rer sa 
colère contre Florence et les Médicis ; le roi de Naples cl le 
due d'irhin él;iieiil au iiondire df si'S alliés. Frédéric, mar- 
quis de Mauloue, venait d<' sueeéiler à son |»ère Louis, sur- 
nommé le Turc 12 juin 1478,'. Ajm's s'être o|i|>o8é aux 
Suisses que le pape avait excités contn> le Milanais, ce prince 
vint m Tos<'ane se réunir au duc de Fcrrare, allié et p-néral 
«les Florentins ; mais les authicieuses entreprises dr Ixuis le 
More furrèri'Ut le due de .Mantouc d allrr au S4'« ours de la du- 
chesse Honiir , régente de Milan 1479, et la Toscane se 
trouva ouverte aux ennemis des Médicis. O fut alors cpie I ju- 
rent leMaiinilique prit la ^éiM-reus»' rt hardie res(dution dr 
pas.siT à Naples jMtiir th-rhir Ferdinand, et quel que soit If <le- 
gré de danger qu'oiVrit cette tentative, elle lui réussit couqilév 
temiMit. Ferdinand accorda s<ui amitié à Médicis, signa h* 6 mars 
14H() un trailé d'alliance avec les Fh)rentin8, et Iclïroi que la 
|irisr d'()lraul(> par les Turcs |>orta dans l'àme du pa|M' le força 
quehpies mois plus tard, malgré sa haine, à se réconcilier av(>c 
ces rt'qtuhlicaius^. Je voudrais |»ou>oir aflinuer que Marins Plii- 
lelfe, dans son changemtMit de demeure, suivit le SiMitiment d'at- 
tachement ipie tous les gens de lettres devaient éprouver |>our 



• J. Triftrrhrim. Cntnt Srriptf^ ^ fSfl, cdit. fMt ,ib |^ 
lUTjrom -^ ' 1171. p ? • tino — 
Mariti» n> ' ., » m p.ir » i. lu,». 
mini. ». III, p 10.Y— P. f île la mn 

• Martu< rhilHfp fil lo; ,,..„!.iv do ma; i. .. ; . >. -lort 

m Juin 1478. ( Dcuinclli . dflU L»tl. Manlov. p. 40. - i Ulf 

otiimt) f>rt<r\>tarf n^fUt vita «/•' Vil(' < ' " ' 

^ Mnrntori. niu) lt7H-ll80 — l( V Jfitfirù. ch»p IV 



134 VIE l>R 

les Médicis cl pour Florence, et (|u il (jiiilla rrhin pour ne jias 
lial)iler chez un prince (jui élail leur ennemi ; mais il parait plus 
prohahlctpril ne fui «^Miidé (jiic j»ar son inlérêl, son goûl pour les 
choses nouvelles, el par la crainle de réjtidémie qui régnail alors 
en Honiaj^ne, el (pii allcîignil aussi Mantoue'. Quoi qu'il en sfui, 
vers la lin de 1478 ou au commencement de 1479, il vint s'é- 
lahlir dans la pairie de Virgile, où la famille des Gonzague pro- 
légeail les lelln-s el l(^s savants de|)uis (pie la vengeance d'un 
mari oulragé l'avait rendue souveraine ' au In'izième siècle y à 
la place d(;s IJonaccorsi. Ces nouveaux seigneurs s'occupèrent, 
dès les premiers temps de leur domination , h réunir des ma- 
nuscrils el ii former a Manloue une l)il)liolliè(pie qui eut (juel- 
que réputation ■. Maîtres d'un Irès-pelil Klal , les Gon/ague 
firent pour les lettres autant que les plus grands potentats, et 
la plus grande illustration littéraire de Manloue est due h Jean- 
François de Gonzague, créé manpiis en 1433, et grand-père 
«le Frédéric'". 11 appela auprès de lui, en 1425, le célèhre 
Villorino de Feltre (son nom était Ramhaldonij ; il lui confia 
l'éducation de ses enfants el la direction d'une académie qu'il 
rendit fameuse, et où l'on enseignait les lettres et les heaux- 
arts. Ce professeur, qu'un de ses disciples appelle le Socrale 
de son liMOps", fut un des hommes les plus distingués de son 



t Muratori, Ann.t. IX, p. 330. — Diarium Parmense. iu Muratori, Srrijit. 
t. XXIl. 

* Colutius .Salutatus, Ejiislol. vol. 11, cp. xvi. — Tiraboschi, Stor. t. V. 
p. 87. 

^ llosiuiui, }'ill(>r. p. 50-G6. 

* " Victorinus Feltrcnsis , rcvi nostri Socrates, ssDculi sui omator et di^cos, 
fama et gloria Acadcinisc Mantuaiuc. . . etc. » Tels sont les termes du célèbre 
Jean Andrf- de iîussi, évèqiie d'Aleria, dans sa préface à V Histoire de Tite-I.iif, 
édition de Konie t-lGi). Cette préface a été réimprimée dans plusieurs des édi- 
tions postérieures et dans l'ouvrage du cardinal (juirini. De Optim. Script, edil. 
p. I50-I.'>7. Voyez encore AudiUredi, Catal. eilit. Honian. s(rcHl. .Vf, p. i«. 
— Sur Vittorino de Feltre, voyez Saxolus Prateusis, Vila Victorini dans Mar- 
tcnne et Durand, t. Ill, p. 8-43 et seq. — Quirini , De Litter. Brixiana. — 
«Juirini, Dintrib. nd /•>. Itarbari Epist. — Francesco (. ustiglioue, Vitti Vir- 
tiirltii, dans Mehus. 17/. Ambros. p. lOS. — IMatina Vttu Victor, dans Yerani, 



Jk.V>-M\Ull> l'IlllEIFE. 130 

siècle par sa science et par rgmahililé de son caractère. Aucun 
(le ses coii(eiii|»orains ne |>osst>tki à un degré aussi émincnl le 
laienl d'enseigner'. Avec ses nuhles élèves et (|uel(|nes autres 
dis4'i|»li's, Vittorino passait iin«' partie de la lielle saiM^ii sur les 
l>ords du Minciu, au château dr Cioito, à doii/.r nnllrs d«' Man- 
loue. Ce liru était célèbre |>our avoir été |H>ss«'Mlé au tn-i/iènie 
siècle par Sirdrllu, le premier des Irouhadours de son temps, 
(pie ses perfrctions et ses talents ont envt.'lop|H> d'un voile mv»- 
t('ri<'U\ ', Villorino (il do M;intoue le lieu d'étudiés le plus re- 
nuniMié, et (oulrs Irs nations de I Kun))M* lui ddivmt des éit'- 
ves (jui, se dis|M>rsant à sa mort arriver en 1 iV6^, éclaiK'rent 
et honorèrent leurs pays*. I/)rs4|ue Marins vint s'étaitlir à .Mao- 
toue, il y avait plus di- Iniilc ans ipii' Vittorino n'«'\is(;iit |ilus, 
mais on y conservait un \ il souvenir de S(*s vertus et de ses ta- 
lents. Cette ville |>ossédait des littérateurs estimahles, |»anni 
les(|uels on doit distinguer Jean-Pierre .\rrivalK'ne, disciple d<» 
Fran(;ois IMiilelfe i «jui le nonniie Kulychius et auteur d'un 
|KK'me à la louange de Louis de (îonzague, intitulé (ionzniju^. 
Il iaul encore nonuiier llatiste Sp;iguuoli, surnommé /r Man- 
touan , «pii connnenva par faire d(>s vers lilM*rtins. puis, apK'S 
avoir écrit contre la dépravation des (ecclésiastiques, devint gë- 
n('T;d «h'S (Cannes. Il fui comparé à Virait»', el anjiiil mu- \aste 
réputation, «piil s'eirorrait diaipie jour de tielniire eu .ttiUN.int 
de sa facilité. Ses inuomhrables vers* fmiriMit |ar être illisi- 



âloHumtnt. CrtmonenM. P. 1. — PrrndUarqur, ItM V%ftnrini, « edhiotic Ho- 

rvlli , l^(t> *~~i *' ' ' ^•"< l>r.:ii I iff,,r....i I .»> yrllrr 7i>rirh 

I RoMIlini. t ir. <ii >'i '// t li, .1^. . 

* Sur Sonlrllo, Toycs Ira aulcun riic* dao* Y Art H* térifiar Ut ttalf*^ t. III. 
p. 06^1. not. 

» Riwniini. Vittor. p. 5.17. nnt 

* .Vmhnw. Tnirrruiri. t Vlli, rp»t. M. — WvliWk. Vit. 
Ambras, p ÀOH.iU).— l - il. p. i7i-i78. 

* Manuchdli, Scritl. liai. I. I. U. p. 1 138. — BHtiadli. «wUa Utrr. Van 
ditcon. i. — TiraboAchi. Slor. t. Tl. II. p. OO. 

* (hi liil qu1l fit ««tixantr millr rrr%. 



136 viH i)i: 

l)les, ce (jui n'empôclia pas le nianjiiis de Maiiioiic de lui éle- 
ver une statue après sa mort arrivée en 1516*. 

Des proi^rès dans les arts et dans la littérature illustrèrent 
à Maiiluue les temps (jui nous oecMH>enl. L'art typograplii(iue, 
introduit dans cette ville en 1472', venait d'y acquérir un 
nouveau degré de |»erfection et une nouvelle apj)licalion. Ahra- 
hain Conatli, en 1470, imprima le premier livre liéhreu (jiii 
ait jamais paru'; mais il est encore bien plus important de re- 
manpuîr (jue le drame lyricjue , en langue vulgaire , prit nais- 
sance vers la même épO([ue et dans la mémo ville. Depuis la 
renaissance des lettres, tous les genres de littérature avaient 
été tentés en Italie à l'imitation des anciens ; il n'y avait (pie 
l'art dramali(pie (pii y eût été négligé. Le moyen âge n'en avait 
conservé aucune idée, et il n'olFre, au lieu d'acteurs, que des 
mimes, des faiseurs de tours et des chanteurs. Ils abondaient 
dans tous les lieux où l'on donnait des fêtes; ils faisaient, con- 
jointement avec les boulions, Tamusement des cours, et leur 
récompense la plus ordinaire consistait en de riches vêtements. 
Les chanteurs composaient souvent leurs chansons; d'autres 
fois ils célébraient des faits héronpies. Le treizième siècle n'offre 
encore en Italie (pie des pantomimes ou Rapprezenlazioni à 
grand spectacle et à machines, quelquefois mêlées de musi(pie 
et de chants, mais qui n'étaient pas une action dialoguée. Ce- 
pendant saint Thomas, en exigeant que les histrions « ne se 
servent pas dans leurs jeux de paroles illicites, » semble indi- 
quer (pielque commencement de scènes dialoguées; on peul 
aussi en trouver de légères traces dans les ouvrages des trou- 
badours. Le quatorzième siècle présente quelques essais de 
drames: les premiers sont dus h Alberlino Mussato, (pii rom- 



> Lil. (iiraldi, Dialoq. de poct. p. îi'M. — Tirahoschi, Slnr. t. VI, n, p. iiH, 
2-29. — Roscoë, Vie de Uon .Y, 1. 1, p. lOi-106. 

î Panzer, Annal. Tjipngr.t. M, p. A. 

s J. 15, (lo Uossi, Ih' llehramv Typoi/r. oritfinc, l'ariuo, ITTti. — Tirabosclii, 
Slur. t I\, p 8"2, H3. — l'anzcr, Annal. Tijpoi/r. t. II, p. li, G. 



JK\^-M\IIII^ l'Illl.F.l.FE. 1:^7 

jM)s;» deux tMgt''«li«'s, doiil K's Iii'tos sont Arliille i-l Ir frroce 
EcrrliiK» ' ; mais ces |)ièc!i^ infuniirs S4>nt vu laliii : i'aiilfur 
.'i\:iil voulu iinitrr S»'mh"*(|ih', ri l'on m* son^ra |»oinl h \v% n*- 
|in'M'nl»'r. Lr Dante «lonna à stm jKM'nir le liln* île Coméiitr, 
<|ii()ii|iie la tonne de cet ouvrage ne soit |H>int a«la|itée au théâ- 
tre; mais, s<>lon Nicolas Villani, il le nomma ainsi parce <|ue, 
à re\eni|)le tie la vieille coineilie d»** Grws, il renTennait Immu- 
cou|i de |MTsoniialiles sur des hommes connus. On Inune dans 
le siècle qui suixil plusieurs draine?, latins; on joua les comé- 
dies de Plante et de Térence en latin, ou traduites en italien; 
mais ce ne fut <|ue vers le milieu du «|uin/.it*me siècle i|ue la 
langue ilalieniie fut ein|ilnM-e sur le théâtre dans des oinra^es 
originaux. Feo Ki'Icari lut un ties premiers à |iroduire à Flo- 
rence ce j^enre de couiposilioii ', et h- (lolis4'e de Home M-r^il 
;iiissi de iheâtre à de pareils spectacles''. Tousci-s drames «-laient 
•grossièrement c(unpos('>s, et Polilien fut le premier ipii tra^a 
une piè<-e de théâtre passahlemeiit n'*^ulière ; il l'écrivil h I âge 
de di\-liuil ans en\iron, a\ec s4Mi élégance ordinaire, ri unit 
la poésie avec la musiipie. Son Orfeo fut compost* en deux 
jours, pour le cardinal François de (ionzaguc. frère du inar- 
ipiis re;^n.iii(, et il fut repres4'nle a\ee ina^nilieence ii Mantoue, 
dans une des années ipii précédèrent I arrivée de Marins IMii- 
lelfe dans celte \ille\ 1^ représentation et le succii» de cet 



* ('«• deux tragfdiv* oat oii- imprim^M dans Barnuno, Tkmamr. Àntiq liai 
t. VI. 

■ llrirari tioiin.1 la Rnpprftmtaiion* dt Akramo tf taaar tn 1441 (Voy 
I Garnit», \tttiiif iutonut allé nfttrr tli h'ro Belettri, p. 13-10. ill iU.) 

» »ri-»citiil»i-ni , /V//(j xuUjar. Piiea lil». |V, — Miiralori, Antttf. JfW. .En, 
lUit \\l\. t. Il — TinilH.Mrhi. Slor. \ IV. p. 33tt-.'U4 ; I. V. p. 40K * 1 VI, 11. 
y IK»), |h:S. — Pa|M)n, fwrr«i tw tes TriMtbaJomri,^. t&l . — XtT^,, Prefiis. 
a l'Orfm, p. Kl iO. 

* Voy. Iklliiu-lli, /M/. Ijttler. c drll. .(rfi JfaMloran. p. 31. — Bunirj's 
i.m Hiâl i>f Muiir, toI. IV. p. 14 — Tir«b(i«cbi. .Slor. 1. V|,n, p. |»3, 104. 
— ( urtiiaiii. / Sfe»i. I. III. p. 101, lOi — IVâpn>« Kilo (fnfiu. a lih-f^, , il 
parait pmlMibir que crilc pi^ce fbl conptMre eo I47i, loiwiw le cardinal Inn- 

i^ i\<- (ktnsaitnr \vfint du pape, vint de Bok^iriK' pMarr dan» «a pairtr du 22 



10 



I.'JS vu; 1)1'. 

ouvrage diiniil (loniicr un grand élau à I ail dramalique. Avant 
la lin (lu siôclc , il lil de v(''rilal)l<'s progrès à Rome par 
les soins du cardinal liiario ' el de Poniponius Lu'lus , et à 
Fcrrare |)ar la niaguificcncc du duc. Hercule I*^''. Enfin, le 
goût général pour le lliéâlre inspira, après (juehpics autres es- 
sais, les premiers drames réguliers, c'est-à-dire la Sophonisbe 
de Trissino et la Rusmunda de Ruccelai, qui parurent au com- 
menccinont du siècle suivant. 

Le manpiis Louis de Gonzague, prolecteur des poètes, avait 
été poète lui-même % et avait clierdié à attirer Pétrarque à 
Manloue". Le duc Frédéric était renommé par sa bienfaisance, 
sa sagesse et la jtrolectiou (ju'il accordait aux lettres '. Dans 



août au 29 octobre (p. 3). Quelque temps après la représentation, Politien, sa- 
chant que Carlo Canale, camtTitr du cardinal (et qui après sa mort, en 1483, 
fut attache au cardinal de Parme\ avait conservé une copie de l'Or/eo, lui écri- 
vit au sujet de cette pièce, et cette lettre, que l'on trouve à la tête de plusieurs 
manuscrits et de plusieurs éditions, ne doit point être regardée comme une dé- 
dicace ; c'est plutôt une excuse sur les défauts de la pièce et une espèce de 
déclaration qu'elle n'existe que contre le gré de l'auteur et par la volonté de 
ses amis. 11 s'exprime ainsi : « . . . Cosi desideravo ancora io che la fabula di 
Orfeo, la quale a reciuisizione del nostro reverendissimo Cardinale Mantuano, 
in tempo di due giorni, intra continui tumulti, in stilo vulgare, perché da gli 
spettatori fusse raeglio iutesa, avcva composta, lusse disubito, non altrimente 
che esso Orfeo, lacerata. . . •• (p. 4, o). VOrfco fut imprimé pour la première 
fois à Cologne, 9 août 1194, in-4", par Platone delli Benedicti, et par les soins 
d'Alexandre Sarzio, avec les stances pour la joute de Julien de Médicis (p. 7). 
Toutes les éditions sont fautives et tronquées ; tel était l'exemplaire que fit im- 
primer le Sarzio. Mais ce drame a été découvert entier et dans son état d'inté- 
grité par le P. Affô, dans un manuscrit de Miscellanées du quinzième siècle de 
la bibliothèque du couvent du Saint-Esprit de Heggio (p. 11). I.a seule édition 
complète est celle dont voici le titre : L' Orfeo, traijedia di Angelo Poliziano 
traita pcr la jn-ima volta de due vctitsti Codici, ed illuslrata del Padre Ireneo 
A /fi),\' enez'ia, (Jiov. Vitto, 1776, 4". — Politien mourut le ii septembre 1494. 

' Voyez, sur les spectacles du cardinal Riario, l'épitre que lui adresse Jean 
Sulpitius à la tète de son Vitruve, réimprimée Bibl. Smith, p. 343, 314. — l'berti 
Folietta, Kloif. ctaror. Ligurum. 

-' Voyez ci-dessus page 57, note 2. 

'• Andres, CatnI. Ms. Capiliipi, p. 198. 

* lUttinelli, Dell. I.vtt. Mantov. p. U-lCi 

5 Diar. /'(w»i. dans Muraturi, Srrijd. liai. t. XXII 



JKAN-M\l<lls niii.ei.FE. i'^\i 

rcllr ronr lirill:iii(f , .M:irius iMiili'lfc «lui ro|tailrf nos imafnn»- 
lioii tJ<? loiiltM» les pros|M'riu'*H qin* U's l»onl«*s el la gtMiérositi' de 
Ooii/;i^iii> S4'iiililui«'iit lui im'sagcr; miiii> la (li*iaiiii*e voulut ao 
('oni|ilir la |)n-ili<-(ioti tli* miii |H'r(> ••( \4Mi^(*r sj ilurrié einrere 
lui. .Marius uioiirul a .Maiiloiit* «mi 1V80', dans sa cinquante- 
rin(|ui«Mii«' aunéiv II avail eu Inùs erifanU, Jeanne. (^^ésar'H 
Tliéodora; tous li's trois iM'hriMil a\ant lui, pui»4|u«' Tlu'odora, 
ijuil perdit prndanl son M-jour à Anc«>ni'. était alun» sa fille 
miiV/(i^\ \a' lalticau g<Mi(*al*i^i(pif <pic je joindrai à cette notice 
fera connaître les autres parents de Manus et tous It^ deM'cn<- 
dants de François IMiilelle ; mais, dans cette famille, l'Iiistoirt» 
littéraire n'a |dus ii citer (piun |N*tit-neveu de re dernier. 
Pierre-Justin ou Pierre-Augustin était lils d Aliitia , iiiète de 
l'iain.ois IMiileUe r\ lilje d«' son frén' Nicolas. On ijjiiure le 
nom du mari d Allina, et son lils prit celui de Pliilelfe par n'i»- 
|M>(-1 pour son };raiidHmcle. Allina fut lielle, pieuse, jouit ilune 
grande roiisidiTation à Tolentiiio. et mourut en 1 VTt». On a|»- 
preiid tout cela par une lettre de cuudoicance (|ue i' raiivot:» 
IMiilelfe écrivit de Home, le lô février de cette anm*e, à Pierre- 
Augustin V (lelui ci, après la mort de sa mère, vint auprès de 
son grand-oncle à .Milan, où il publia des éditions de (>é.sar, de 
Tite-Li\e, de Juvénal, de INTse et de (pie|(|iies autres auteurs'. 
Il lit aussi imprimer, en I \\)\, la vie de saint Jean-Hapliste, en 
vers italiens, composée en I VVô |tar Franvois PlnU'ire, et à la 
suite de laquelle on trouve une livmne à la Vierge en faveur du 



' J. Pliilipp. lUTgntu Supptem. Cknmif. Iih \V. ad ann. 1471. p. iSi 

• In anno t>oinini 1480 tnm Anrin freit. • J. Trittrah. Catal. Sfriftt. p. ISR : 

• In gjrmnauo Mantuano ad KTtionrm pahllro rondacnn «alario. ibi^na rt Ttta> 
■ttiilii fiupm fccic... Mnrittir aiitrin Mantiur soS Iriderico Imp tcnio ri sitin 
Papn IV. anno D' 14N0, indirt tut. • 

» Kr Philcir F/Mjf .V»T». Mario, p A4 »•. 7J, 117. IÎ7. 

• l'iatioa. h'i'tti i \\i\ 

* Kr. riuU-lt n,„i„rir,, Mr.iK'l^ni 1 4MI . à la fin. — ^uinf . ffi«| Ul*r. M0- 
dio/. p. ItXi 

» Il pul.Ii* It» Lettre* de Pte II. /jtrol, f Wl. in : -, ; — '••'• <<" >*• 
•iccl« dr la hiUio(b<<su(> de V.«ttèrv.j -> TUt-Urr, MilaB 14W> 



liO mi: iiE 

duc Pliili(»|>oMari(' *. C Cst encore à Picrre-Jusliii (jiic I On doil 
la |(iil)licalioii des seize [U'einiers livres des lettres de François 
Pliilelle, (ju'il termina par dix vers de sa façon. Les vingl-un 
derniiTs livres d(! cette correspondance furent ensuite décou- 
verts par Ciaspar Alenianus, ((ui les Ht ini[)rinier à Venise en 
1502\ Ils ne lireiil, 1 un et Tautre, que suivre l'intention de 
l'auteur; car, dès lan l'tGV, François Philelfe réunissait ses 
lettres dans l'intention de les pul)li(;r, et nous avons déjà re- 
inanpié (ju il y attachait une jurande importance et une vanité 
insupp()rlai)le'. François Philelfe survécut environ une année 
à son fils Marins. 

Plusieurs écrivains se sont trompés sur la date de la mort 
des deux Piiilelles. Léandrc Ali)erti '' a écrit que Marins avait 
hérité « du génie et des hiens de son père, » phrase qui ren- 
ferme une douhle erreur, comme Saxius le remarque ; car Ma- 
rius mourut le premier et son père ne laissa aucun hien. Paul 
Jove rapporte la misère de François Philelfe ; mais, tronqié par 
Alherti, il dit qu'il mourut avant son fils. François Philelfe, 
vers l'an 145i-, s'était réconcilié avec les Médicis ^, et, depuis 



' Vitfi (li S. (iiov. BcKdsln, in terza rima per France^co Filelfo. . . in-4". . . 
Impressum Mcdiolani per maiiistrum Pliilippitm Monteijatiiim. diclitm Cas- 
sanum , opéra et impensa Pétri Justini Philelphi , die viii mensis Martii, 
MCDXCIV. — Saxius, Hist. Lit. Mediol'p. 191-194, 371, 533, o9o. 

■* Voyez le titre et l'épître dôdicatoire au doge Loredano dans cette édition. 

^ Voyez page 117, note I. 

* Leaiid. Alherti, Descript. Ital. 

5 Fr. Philelfe, dans son livre de Exilio, après avoir traité les Métlicis de 
cauponarii, carbonariiy aleatores, fœneralores, omitiiiuc labe fœdati, les accuse 
d'avoir empoisonné llalthasar Cossa, alors cardinal de Florence, «jui avait été 
pape sous le nom de Jean WIII, et «jui mourut Xi kal. Jan. Iil9, afin dhériter 
de ses richesses. Cette accusation , dénuée de toute vraisemblance et de tout 
fondement, n'avait été dictée que par la rage de Philelfe. (Fabroni, Vit. Cosm. 
Medic. p. 9.) Ailleurs il s'exprime ainsi : • Ita, médius fidius, bovem mihi vi- 
deor aptissinie definire posse Laurentium Medicem (frère de Cosme , ut et lupum 
Averarduni, et vulpem Cosnuim. Nam et ille fur et latro, et hic fallax et sub- 
dolus. • (Cité par Fabroni, ibid. p. \oci, anuot.) Sur le livre de KxHio, voyez Fa- 
broni, ibid. p. 10, annot. — Kosmini, Vit. di Fr. Filelf. t. I, p. X8, not. Les trois 
prt'niiers livres existent lians la bibliothèque Magliabecchi. 



JRA^-MARIl'S PIIII.EI.FE. i i I 

stji) retour il Mihiii, il iiniiiI (t'aioi^iii* ù Laurent le «lesir de re- 
venir à Florence, et le dessein d'écrire sur l.i eonjuntion 
des Pazzi *. Il est certain «ju'il était encore le 27 mars 1 iHl 2i 
Milan, où il é<rivil ré|iilre dedicaloire de s<s Opitsculrn, adre»- 
si'e il Louis Slorce, duc de Hari et tuteur de Jean (ialeas*. 
Laurent de Médicis l'appela vers ce temps à Florence pour v 
reui|tlir la |il.i( i' di* professeur de grec ; la chaleur dr l'été, b 
lali^ue du \ovage lui tirent lanl de mal «piil v mourut le 31 
juillet de la même année. L'année est indiipu'e par plusieurs 
auteurs, et le jour précis est desij^né par ikirlliélniii délia Fonte, 
«pii succéda b Franvois Pliilelfe dans la chaire de gnîc ii Flo- 
rence ^. IMiilelié était alors si pau\re ipie Jaco|Hi .\nli<|uano. 



Il paraii (Il 11 » < ni .1....I. UD»" «Utrr i-u- .■.■,.■. ■. i.jnii--. n.. ni .1. tim- 

çois Philflfc (it> Klorvocf ; eu rfrci, on uii, par un monuiomi ra date du 10 
uian M.il publié par Kubroni ibtd. p. OH aiinul ), qn : ni à koa»r 

pour trois aiuuTt pour uvoir o(Trns«- par m^ prupo» U 1 <lc Vrui*« 

et ton tfwoyi' ( Coosiderantea quod ^r l'I :i Daalrta 

in civiiato Klon-ntia, etc. ...••; niait il M-mMc qui inptrtnnit 

rivu<(uc, puisqu'on ta trouve uu autrv, pottcrieur ru date dr deux jour* «rule 
ment (du 1i man, m^me aoiMV^ qui le dt^lare citoyen de Florcaee saltim 
Fast. i'ottMular. pr«fat p. 18. — K(«inini, Vit Hi f'ilelf. t. I, p 4t 

Kufin, dam le moii d'août I43U. Krançoi» Philelfe étant à sienne aTrc piu 
»icur« vx\Ut de Klorenco, aurait engagi- un tirée, numm*- Antoine Marie de Jean, 
d'Atlune», à tenter d'at«aMiner Jérôme d'fraol.i. t arl ' \ • ;./i»io 

tiel ftrrirnir tiato, il tumte tlrl ifualr adnto /»«•» /<• <> M. . 

dii-i«, qui est toujours d<-ai)(u<- par cetii- 
ayant ("Xv nrr»*té à Klorenco, avoua tout et . 
I 43tJ. I.e II i>ctol)re suivant, Frani,<uis l'inlelfe lui . 

coupt-e ft au lmnniss<-ment II e»t appelé dan» in» »•..-; •; 1; l 

»/i Crrrho, rhiutnaln il Ftlelfn , d« Tolenlino, ou IktminuM FntHctanta r<rrAi 
rrx-iiiut il Filfifo ite Ti'Unlinn Ces aentenee«, tin^ du Regiatre d« ThoauM 
Struiii, ont ftf publii'>es par FahrT>ni. )ïl. Vntm Mtdir. p 1 11-115. — l^acr- 
lot, Acait lift Itucript t. X. p 71 M 

' Voy. Ko«co«-, l'iV lie Ijturntt dr Mtdirii, t I. nppe^ n» ^xtv p |56 . 
trad. fVanv. I.e Ifl d«-reni(>re I ilT, Sfnrtiit le.- 1 iq^j. 

sance à Jean «le Mixlicis, tilt de » <i«ni«\ |M>ur le j » par- 

donner à Krani.'tus Philelfe, qui rerontiaitviit tn torts M «B dcauiadait l'oabli. 
Cosme de NMici» était mort en 1404. 

* Fr. riiiielphi Orationta et fumitulla alia optm, — Yey. Suins, Hitt. LU. 
MftiiiU. p. iiO, 573. 

> Apost /em>, Ihti. f'oM I. I, p. iW, donne le p*Magv de U rhroaiqar ■$. 



1 'i2 \ ri: III 

S(;cnHaii<' du diu- «le .Mihiii cl (('Ichrc [iiolcclciir des i;ciis i\o 
Icllrcs, lui loiiniit de quoi tain* ce dernier vovage ' ; on a même 
dit (|u il lalliil vendre ses menhies pour acMjiiiller les Irais de 
son enlerreinent ^ La lettre de Lonis Moiidello prouve encore 
d'une nianièn; décisive que la mort de Miiriiis IMiilelle précéda 
colle de son père; cette lettre est du 29 avril 1 V81 , et il v est 
dit que « Marins était mort depuis lonj^temps *, » tandis cpioii 
a, ainsi (ju'on vient de le voir, une lellre de François I^liilellé 
post(''rieiii(' d lin mois à celle de .Moiidclict'. 



Dans ccÀht \\r. de Marins IMiilelle. ipii n'est qu'un fraiiinent 
de l'histoire littéraire de 1 Italie au (piin/.ième siècle, on a vu cpie 
les rois, les princes, les grands s'honoraient à cette époque de 
cultiver ou de protéger les lettres, et d'accorder des dignités 
aux savants. Les l'emincs même partageaient renllioiisiasnie 
qu'inspirait la littérature, et plusieurs d'entre elles hrilièrenl 



de r>. délia Fonte: « Franciscus Philelfus, vir graecè latinèque doctissimus, et 
Mediolano Florentiam accitus ut publiée profiteretur, œstu ac labore itiDeris 
coufectus, pridie kalend. Augusti Fiorentia; iiioritur. . .. cujus nos in viceni 
sufFecti sumus. » — J. Trittenheim, Cat. Scripl. place eu 1480 la mort de Ma 
rius, et dit que son père mourut : •■ anno post obitum Marii filii. • 

* Francise. Puteolanus, dans son épitre dcdicatoire à J. Antiquarius, à la tcte 
de son édition des Panef/i/rici lelenim, dit : « Quo viatico optimum souera 
Franciscura Philelphum utriusciue lingua; principem , Tuscos ultimo petentem 
prosecutus es. » (Voy. Saxius, Hixt. Lit. Mi'diul. p. -483.) Cette épitre de Puteo- 
lanus a été réimprimée [Hibl. Sndtli. p. 319; et fait connaître Jacopo Auti- 
quario. (Voy. Ciampi, Memorie di Jamp. Anliqurnii).] 

'^ P. .lovii Elo;]. Fr. Pliilelph — .Saxius, flist. Lit. Mediol. p. iio. — 
Nicol. I.eutinger, de Vita et obitu palris dans ses œuvres, Francf. 1759,4°, 
t. Il, p. 1398. Il faut observer que cette dernière assertion est fort infirmée 
par la circonstance que deux lignes plus loin Leutinger fait hériter Marias de 
son père François. 

s " Ingratus et impius censendus essem, si ego qui suo funeri non interfui, 
nuuc, iicet longo post tempore, cum possum, quasi pompa instaurata ad eum 
ornanduni, nu'ani fcrcuiorum partem non iffeirem. • 

* .Saxius (ihid. p. 2(»1, i8(>) fait valoir cette preuve. — Je remarque que 
Trithème, Calvisius, Paul .love, Foppius, Leutinger, Paul Freher. .Nicerou et 
lYescembeni ont mal à propos «erit que François Philelfe était mort à lk»logne. 



JF.AN-M AHII ^ l'IlIl.KI.FE. 113 

dans celle carrière. L llaUt*, divisée en une niullilutlr de (»eliu» 
Klals, (|iii cliaciin avail une câ|Mlale et duul L-lia«|iie souverain 
s'efforvail d'attirer les lioinnies dihtin|<Ui>s, offrait au mérite de 
{grandis récoin |H'ns<'.s et de noinl»ri-u\ inovens de suecè)>. Le» 
lillres réparaient uu dn nionis \oiliiirn( les maux oi'easionnés 
par <les guerres continuelli*s ; ee JN'au pavs, déelnn* par les qui*- 
relles de ses souverains, si'ndilail lieureut jiar la ruiture de 
l'esprit, et la passion de s'inslniire s alliait roniinr par miracle 
à la fiireiir tics armes. I..es peiipU'S an delà des .Vlpe> pa.ssaient 
|>our liarliares aux veux des Italiens; mais l)ientûl ils reçurent 
des rayons de la lumière (jui hrillait en Italie. D«p au «{uator- 
zièmc siècle UiclianI .Viigerwll de lUiri, ciiancelier d'.VnpIe- 
terre, avail fondé «laiis sa patrie la luMiotlièrpie d (Kford et 
avait lail cuiiijM>s<'r les pre||||e^*^ gr.iniiiiaires j;n*eipie et lie- 
l>rai*pie. 1! dut une partie de son avidité |M>nr le savoir et |>our 
les livres à iVlran|ue, (pi'il avail connu à la cour d'Avignon. 
Nous avons \ti ipif la France, au siècle suivant, re^iit des élèves 
de Vitloriiio di' Tcltre ci i\v cjiielipies autres Italiens le goût des 
auteurs classiques, el vers le même temps, Jean NN»*ssel * el 
Kodoijdie Agricola éclairaient l'.MIeniagn»', v rap|»orlaienl l»*s 
connaissances «pi ils axaient acipiis<'s dans leurs vnvagi^, prin- 
cip;il<-nient en Italie, et mérilaienl de leur patrie le titre de rev 
taiiraleiirs des lellres. I^'s liltéraleiirs du «juin/ième siècle sont 
remanpialtles par leurs elVorls et par leur profonde admiration 
pour les écrivains antiques qui, sortant «les ténèl»n?s, s'offraient 
siiccessi\enient à leurs Miix. Mais il fallait un siècle d'études 
pour qu»' leur goùl coinme n<;àl à s«> former et qu ils prou\assenl 
par leurs ouvrages qu'ils avaient enfin le sentiment d<î« tieaiitës 
répandues dans les modèles qu'ils lisaient avec tant de |>ers(^ 
vérance V La |ilus grande partie tie leurs écrit» latins, soit en 
pros4' soit en vers, n'est presipie pas sup|»rtrtal»le jusipran 

< J WcwrUUjiftforl. Voy Saxiu», Omon^ii/. I. H, p. 4JI. 
* Car admirmtion aveugle i-Ui( uiu di>u!<- n, .-«-u^ir. ^>ut tir. r !. > •■ -..- r * 
oti ils daii-nt plungrâ Uni d'aviron oobh- 



144 VIF l)K 

Irinps (l(j Polilicii cl dr Poiilamis; («• (lernier surlonl, dans ses 
écrits [)liiloso()liiqiic's, dans sa prose et dans ses vers, ne per- 
dit jamais de vue les ailleurs de l'antiquité. 

Maintenant on dédai<;ne le quinzième siècle et ses lilléra- 
leurs, parce (pie l'on ne réilécliil point assez sur tout ce qu'on 
doit à leurs travaux. L'imprimerie, qui a eu de si grands effets 
sur la société, n'est-elle pas due à cette avidité de connais- 
sances, qui força l'esitrit d'invention à trouver les moyens de 
la salislaire? L'èpocpic même de celle découverte a eu son im- 
portance : trouvée plus lot, elle n'aurait peut-être servi qu'à 
Favoriser le mauvais goût; plus tard, elle fût arrivée peut-être 
après la perle lolale des écrits de l'anlifpiité. Cependant, en 
facilitanl nos éludes, l'inqtrimerie peut avoir été une cause de 
(iiminulion de nos facultés inlellecluelles en permettant d'en 
laisser une partie sans exercice. Quel homme pourrait aujour- 
d'hui assurer de faire, dans la position des savants du quinzième 
siècle, ce qu'ils faisaient alors? Quel érudit moderne j)Ourrail se 
vanter de la même opiniâtreté de travail, de la même force de 
mémoire, et de cet amour pour l'instruction qui souvent pous- 
sait à de grands sacrifices? Où seraient maintenant les lilléra- 
leurs, entre les plus haltiles , ca|tal)les d'assez de zèle pour 
s'imposer, comme Boccace, le Pogge, Niccolo Niccoli, la r»i<le 
corvée de copier de leur main de gros ouvrages, ou pour vendre 
leur patrimoine au bénéfice de leur hihiiolhèque, comme celui 
(pii vendit sa terre pour accpiérir un manuscrit de Tite-IjNc? 
Il faut rendre justice aux hommes cpii les premiers é|»rouvèrenl 
Tenlhousiasme des lettres et de ranli(piilé, même sans en sen- 
[\v iiicii judicieusement les beautés, qui se dévouèrent à reti- 
rer tant de chefs-d'œuvre de l'oubli , à les expliipier, à les res- 
taurer, h les j)ul)lier. Trois siècles de travaux successifs ont 
tout perleclionné ; les savants de nos jours sont plus éclairés, 
plus habiles, plus spirituels , ils ont plus de goût ; mais ceux 
<lii ipiinzième siècle, semblables aux guerriers de l'anlicpiilé el 
du inovcn fii^c, |)ar;iiss('nl dune iialiirc plus lorle. (Vesl, en iiii 



JF.A>-\I Mlll s nill I I KK. 145 

mol, I crihiilKiii (lu iiiiiii/jt'iiic siècli* (|iii u |»r«'|Mri> rélr^ance 
(lu iw*i/i«*'iiic , ce »ièclc d'or des lellrc» on Italie; cv Mtiit U% 
rudes tra\au\ d«' si's «Trivains (|ui uni dcrnclic \v ('iiaiii|» de la 
litlcratun-, et Tunl li\r('', |irrt à porter de riclics inoissoiiK. ii 
leurs suecesM'urs, dont la |iarl d a( ti\ité et de ^l<»ire de\ait être 
(-4*lte restauration *lii s(nI<-. liont iti inl>o le preniier donna le 
signal '. 

• lt«tliu(lli, Htittnj I 11, |. IM 



aiim;m)I(:I' 



I 



Vn inaniiM;rit <l«* l:i hil>lio(lin|iir Triviilt i*. ouln* lex irfMilr-M'pl 
livn's il«*s Irliit's <!«• rruiM;<»is IMiiltlf»* <!«• r*'*«liiioii dr l.'ilhi. nn- 
rmiir lit* plus Mii/.r li\rfs ilr IrKrrs iiiitiilrs, <■( «Liiin Ii>s li\rrs iin- 
priiih'N, r«' iiianiis4-nt Hlln" l'iironr i|ualnvviii};t-<lix Irilres iiu'tlilcji 
ri cciil ili\ Iriin-s ni \ivvv. i Kosmiiii, Viiu ih tiltlf», prff. p. \vi.» 



Sur les helléuistes eu Italie, du X' au XV' siècle. 

l-rs rchilions poliiii|ii«*s ri «•••mm<Tri:il«»s nitn* l«»s lirot's ri l«»n 
llalit'iis, les ('i'uis;i(li>s surtout , oui dû olili^rr, (l«-s Ir on/iruM* 
sii'clc, un nonilin> avM*/ ninsidrrablt* d'IlaliiMis à appnnidn* If 
gn*»'. ((îr.idcuigu, ilrlla l.rtt qrrro-tlaliann. rap. .'i. 

(«es afTaircs r('ligi«'US4>s, drpuis Ir M'hisnir dr i'hotius, fun*nt une 
lausc de relations entre le pa|>e ei les Grecs. {Ibid. cap. i.) 

Ia's Cirées, fu\anl l«'s |M'rs«''eulions di's princf» ieono(*laMes, m- 
reluvrcut à Kouie; on voit dans cftie \ill«*, sur des ouvrages des 
artistes grées n-fugies et «le leurs élèves, des ins<*n|>tions en leCln** 
gre<'(|n«>s. datant du on7i«'n)e siiVIe. Li liturgie en gN'ei* était m 
us;ige à Uonu'. I>.ins plusieurs «•glisi's d'Italie, errtaines |tarti<-s 
du service divin étaient m'il«*es en gre<* el en latin. — (Hi voit dans 
(|uel(|ues aetcN du on/it'nie siècle plusieurs signatures en l<>ttn>> 
greciiues. (//»•</. cap. ."».i 

Smih les princes normands, on parlait ipiatn* langues dans le 
midi de l'Iiaiie, et princi|i;den)ent à Palernie, li* gnv, l'aralK*, le 
latin et le normand, irl il existe un<* fonle d'actes'el de pnvil«>ge^ 



148 VI'I'KNDICH. 

cciils on f^ro.r. I';ii mi les iiianiisrrits de Florence, on trouve des 
pircos (!(• vrrs en f,M('c alirihiK-cs à un Sicilien, appelé Constantin le 
pliilosopin; et It; ^'laniMiaiiicn. 

Sous l(;s princes de la maison de Souabe, la langue grecque était 
encore t(;l!('nii;nt en usage dans les deux Siciles, (ju'on sait que 
Fi"('d('i-ic II onlunna (jn'on Iradnirait en grec les conslitutidiis du 
royaume, à l'usage de ses sujets qui parlaient cet idiome. (Signo- 
relli, Vicewle dcllu cultiim nelli' ilite SicUie, t. II.) 

Le grec était la langue hai)ituelle des Calabrais, qui dans le moyen 
àg(; l'ui'fMil sujets de r<;n)pereui' de; (>()nstanliii(tple. Ouaiid les Nor- 
mands se lurent loi'mésen Etat dans l'Italie niéi'idionale, ils parta- 
gèrent le goût existant pour les lettres et les éludes ; au onzième 
siècle, Didier, abl»' du Mont-Cassin (plus tard pape sous le nom de 
Victor III), lit venir d(î(>()nstanlinopl(* des altistes pour embellir son 
monastère, et y réunit une bibliothèque dont Muralori {Script. IV, 
p. 173) a pnbli('' le catalogue. — Cuillaunie I", Mras de Fer, appela 
à l'alernie IJeiliughero de Tarenle, [lour l'employer à des traduc- 
tions. 

Lorsque la maison de Souabe eut succédé aux Normands, Fré- 
déiic 11 m les plus grands elforts pour relevei" les études; il londa 
rUniversitcî de Naples, et fit, ainsi que son fils Manfred, traduire 
plusieurs auteurs du grec et de l'arabe. 

Eidin, la maison d'Anjou apporta de Provence un grand goi^t 
pour les lelli'es et pour la poésie vulgaire. Le roi lUtbert faisait 
cheicher partout et traduire des livres grecs; mais à l'exception des 
ouvrages philosophiques d'Aristole, qu'il fit traduire en latin par 
Niccolo Uuberlo (cet ouvrage existe à la bibliolbèipie impériale de 
Paiisj ces traductions étaient des ouvrages de droit ou de méde- 
cine. (Baldelli, V\f. di Doccaccio.) 

Nardo, dans la province d'Olrant(>, fut une ville ct'lèbre par son 
école, où les moines Hasiliens enseignaient les sciences et les leltivs 
grecques ; elle s'ouvrit après l'incendie du Monl-Cassin par les Sar- 
rasins (l(^ Hari. (Voy. Tafnri, Serill. Napol. t. II, p. ^l-'2r». — Sur 
les moines de Sainl-llasile et leurs sept couvents à Koss;mo, voy. 
Giannone, Stor. di Nttpol. t. I, p. 5:20.) 

IX<: Siècle. 

AiNASTASE LE inuLiOTiiKC.vnŒ apprit le grec à ConsiantiiU)|)le ci. 
par ordre de Jean VIII, traduisit les actes du septième concile lecu- 
mcnique cl des cuivrages des l'èirs. 



\l'l'liM»H;K. 1 ly 

Jf.aN I>K Naim.»-s, (liucre tir Saiiil-Jaiivitr, «trivil di-> fr4KtiH'iit& 

d'hi^loirr r(<lcsi;isli(|Ui' i-l tniitllisil «lu grrr le» .Ir/*"* d^* J/<ir/yr». 
Il u\;iii |Mirii- le iHiMi )lr ^M'l/ i//i;»>/« u%uiil iri'iiln*r (laii» l**^ cinlre». 
SKHt;iLH, |M'n* lit* >»;iinl .Vn:islas«*, ••vi*«|u«* ^U' Na|tlrs. tni<lui&ail 
(our.iiiiinnit et en litQiil «lu latin «'ii ^n'i- «i «lu j;nM «mi laiin ^"^ 
Sign«jrelli, Vicrnde.) 

l'U-lvs, LntiilKinl, :i l.iissr un ili< lioiin.un- ukiiuimiii <>ii iinir 
<l«*s p.issa^i's jcrtMs rt ni ildiiiir la irailnctinn. niin* auln-N «l»*s \«'rH 
d'HciiiiNli'. 

IhiMKMCii MaIU.n<.<i, |i.ili i.iii Ii<- lit- (il .iiI<), iriiut uni' Il lii ■ j^ier- 
(|U«' «Ml |n.*»;( au |t:ili-i.ii-<-|ir ir\ntiiK-|ir (|iulili«'i' |iai' r^i|i-li«T . il fu( 
env«iyi*, «'U lOT.'l. \k\v I«" |>a|M* (•r«f;«>ir(> Ml, à ri'ni|MT«*ur «le (Um*- 
lantiiiople Michel |Kiur IraihT «le la reuiiiou «les Mf;li«M*«. (Ilan»- 
uius, trifi. u" iO.i Ou |M)urrait rr«>in\ d'apn*» ce i|ue dit \.. Alla- 
tius, «|u«- l)4)uiini<|ue était grec de iiaJMunce, de l'Ile de Scio. ^((ni- 
«teuigo, p. i.'i, note.) 

.\M>ii^:, pnHn*. et AtiRRoisK. Kuni«»mm<'' fiifantu^ parée c|uc ta 
Intinix ! - fruditiu mil. rites s:ius ili'tail |>:n° Luiilulf le 

vieux. M . /. liai l. III. x\i. |). HW, et t l\ ■\«i> l«Mii»i. 

Jk\N L'iTALtKJt, vers H)H(>, d«iut parle Anne Oirouène, élevé en 
Si«°il*'. passa à ('.«>iistautiu<>pt«'. 

SviNT lUi(T«u.(>MK«>, «I»' llovsauu, é'crivil en grec «iuel«|ues vi«** 
des Suints. 

XII* Sifclr. 

Pir.HHR ('.iiinsoi.\is ou <'in(>s.s()i.A?(o. paraît avoir été (jilaltrais: 
éviH^u»' «leS;»voiie. puis archevriju»* «If Milan, umrt «-u 1117: il fut 
envoyé à Ouistauliuople (lar le |ki|h' I*as4pial II tllanuiius. Um. MIi'>, 
n* 7i; il y disputa avec distiucii«)u contre l*>s plus illustn^s soutiens 
des erivurs «l«'s (inrs et n e«'ri\il sur la pnH-ession «lu S.iini-KNprit. 

HKlil.iNr.iiKito. de Tarcnie. au milieu «lu douxieuie si«>< |r. fut sa- 
vant en pliil«>sopl)ie, en jurispni«lenrc, en grec et en latin. Guil- 
lauuH' l«* Mau\ais rap|M>la à l'alenn«> |Mtur ii ' «lu 

gn><' en iaiin. (Il.u'lli«>l. M«tniiu'. Vi/<i </• >° « , ' luri. 

Scnlt. .Vrt/w/ t. Il, p. 3i4.) 



150 AI'I'KMMCK. 

Jkan de Nakdo, vers ll.''>(., <o|Ha un ouvrage grec el y ajouia 
sc|)l (Ic'U'Stablcs vers dans criic laii},'Ui*. (Tal'uri, ibid. t. Il, p. .'iSl.) 

IMkukk, diacre, inoini; du .Moiii-Ciassin, lit, dit-on, qucl(|ucs tra- 
ductions du grec ; niais Cave;, qui le dit, ne cite que le Liber Hevœ 

reij'is Ambm tic jneliosis hipulibns nd ^'eronein hnperaturem 

« (jucin de gra-ca in roinanani linguani Iranstulit. » (Voy. LeoOst. 
dans Muralori, Scripl. t. VI, p. 80. — Zicgclliauer, Hislur. Lill. 
ord. S. liciicd. pari, iv, p. 144). Fabricius ( liibliul. (irœc. t. I, 
cliap. X, p. 71) pense que Pierre traduisit le livre d'Hevax de Ta- 
rai»! cl non du grec. 

Salnt Tiio.MA.s. Son savoir en giec a et*'* contesté. Il parait cepen- 
dant, par quelques passages de ses ouvrages, qui! avait connais- 
sances d(; cette langue. 

Mosî-: 1)1 ni:iu.AM(t, cité comme savant en grec, par- Anselme, 
évêque d'Avelbergen et ensuite de Uavenne, dans les dialogues où 
il rend compte au pape Kugène III d(! ce qu'il avait fait à Constan- 
linople auprès d'Kmmanuel Comnène, où l'empereur Lolliaiic II 
l'avait envoyé. Il paraît avoir été de la noble famille de' Muzi de 
lUîrgamc. 

.Iacoi'o 1)1 Vknkzia, loué pour sa science in xttraqxtt'limjm, et cité 
conmie ayant assisté aux conterences de Constantino[ile par le 
même cvéque d'Avelbergen. (Ces dialogues ont été publié-s par D'A- 
clieri, Sjiicili'ni 111)1, t. I, nouv. édil ) 

Albéric 1)1;: Bologne (1150) iiuduisit du grec les Apliorismes 
d'IIippocrale : celte ti-aduction est en latin et non ncllu vulqur nnslnt 
Hnyua, au dire de Humaldi, Bibl. Bohnjn. 

IIgone Kteriano, Toscan, composa, à Constantinople, un (uivragc 
contre les opinions des Giecs sui- le Sainl-Ksprit; cet ouviage lui 
écrit en grec et en latin. (Aimerici Palriarch. Aniioch. Episl. dans 
Mailene et Durand, l. 1, p. 480.) Trilbéme [Scripl. Ercles. n%'{08) 
lui alti'ibue iiuillit prarlara vuliiinina tain (jnvve ijuitm latine. — Alla- 
tius el Fabricius ont dit que l'ouvrage d'Ugone avall été originai- 
rement écrit en latin, et traduit par des Crées dans leur langue. 

Leone, frère d'igone Kleriano, savant en grec, interprète de 
lettres imi)ériales sous Fmmaiiuel Conmène ( Tritliem. Srrii>t. Eccifs. 
n" 4(10); traduisit du grec la liluigie altrihut'e à saint Jean Chry- 
sostôme, et VOnrirocritiqnc d'Ilacmet. 

CoiEHEDO i)A ViTERBO. lUiiis la préface de lîasilio Kroldo au l'an- 
tliéou (h; Ceolfroy, il dit (lu'il savait les langues laline, greccpie. 
Iiébraï(iue, cbaldai(pie. Muralori a nié celte érudition. 

IIgl'CCIONE de IMsE, mort en l'2h2 «'vc'cpie de Ferrare. On conje»- 



APPRVDICB. 151 

tiii«- «lu'il %:\\:i\i lof^HT par (|uH(|u«*« aiii<lc«(l<> %fw 07o«tairf bliii, 
(|iji n'existe iMirorc f|u'('n nuiniiM-ril. 

HiMA Miin iiK iMsK fui anitiasvideiir Vfr^ Kii)ni:iiiiiel tjtnmi'vo. Il 
ti-a<lui>it le roiiiiiieiitaire de s;iini Jean (ihr>%4rsiriiiie Mir rKvaii^rile 
de siiiiit Mallliieu, et <|Ueli|iies aiiln's oii\ rages d«*s iN-n'S Kn*»-*, la 
(•L'iieM; et l'Kvaiigile de saint Jean. On lui attribue eut ore la Ira- 
dutiidii do. ce que le« l*anderte« coiiliMiaienl de grec ; cefMMidaMt 
AccucM! dit i|ue ce fut Kulgaro i|ui fil cette traduction. V. Fahriciu», 
Ihbl. t.mr 

XIII* SiMe 

AcciRSK DR Fi.onK.Nce. On conjecture Min érudition (jn^Miue il«> 
ce qu'il a inter|ini«'' des mot» grecs qui m,* n'nconlraiefit dans les 
lois. 

lUiMAUloRso DR lioLrK;?iR, dominicain, envoN> en Orient vers lî.'ttl 
pour condiattre les s4*cta leurs de IMiotius, parcourut la tirece v\ li-s 
iles, et conqiosa ci»ntre les M-liismaiiques plusieurs ouvrages «m 
grec cl «Ml latin, dont le prin< ipal est le //fv>r de la Vente de la Fui. 
(Kcliard, //»/»/. Smfil. l'nrdirut. l. I, p. il^i. - Utiuien, l'nrfat. in 
ojtrr. S. Johan Ihniafr.i 

Ouel(|ues('.r<'nionois |H>u connus qui, selon Ansi, fun'nt savants 
en grec; l'un d'eux, Kenlinando Urest^iani laissa deui vidumes de 
leUres «Ml gr«'<*. 

Jka.n IUlri, de (ii^nt^. (ïradenigo pietend «pie ses ouvrages, irl 
surtout son TheoliHfimn , oITrent des tracii» de sttu vivoir en grec; il 
cite IV p;iss;ige : « H«M- diflicile e>t siire et maxime milii non liene 
scienti linguam gr.ecam. • Il laul lui sup|M»ser une gnmde mt»- 
deslie |N»nr ipn* rr |»:issage appuie l'opinion de (ii i ' S«tn 

ilatholutiu ne pi'ou\e rien, elaiil pri> en grande pai : :>i:is. 

l'guccione, suint lsidori>. 

hws n'DTlUNTK lit des vers grecs >ur l'assaut doiim .1 I'.uiim- 
par Kn-deric II. [i'.nt IttbI. hinrml l. I. p. i'i.» 

Nicoi.i.s d'Otiuntk. (pi'on dit liK du précèdent fut inler)>r«ie à 
Coustantinople lorN«pn> le pa|H> lnno« eut III > envo\a Je canliual 
lU'neiletto pour traiter de la n'union des higlises. Il n'unit un choix 
de livres griTs ; il linit |»;ir endirasvr lui-même le s4-|iisme gre»-. 
(Voy. Tafuri, Svntt .V.//.. i. II. p. ail». iiralM»schi. i IV. — r.,i 
lUbl. htHrent l. I. p. i... -iK, etc. T. III. .'110, 347.: 

Niccot.o HK IM iu7.zn. 

lUiiToi.o^Ko i»K >Ikssi>k traduisit li-s i/orn/i^d'Aristoie par onln* 
de Manfiitl. 



l.rl ai»i»em)h;e. 

GiiiDO DALLA (>()LONNA OU (lit (^oluniiia, de McssiiHî, coniixisa son 
ouvrage <]v. In ffucMie de Troie sur les ouvrages fl'Hoinère, de harès, 
d<; Diclys, non encore Iraduits d(î son temps. (Voy. Tiiaboschi, Stor. 
del. Letl. liai. — l'aliiifins, liiU. lut. t. I, cap. vi. — Fabricius, 
Uist. mal. cl iujim. Lai. l.lll, |j. ^iH.'l) 

\\S<= Siècle. 

Kn irjl I , le concile de Vienne ordonna que les langues ori«MUales 
Cussenl enseigné(;s dans plusieurs villes d'Ilalic,*, el les manuscrits 
des actes de ce «'oncile joign(;nl à ces langues la (peiifue; le princi- 
|)al but de ce concile était la réunion des Eglises grecque el la- 
tine. 

An concile de Lyon, tenu plus tard dans le riK-rne 1)UI, le P. l'in- 
berl de Uoinans, gcMK'ial des Pièclicurs, dc'-plora le peu de connais- 
sance ([ue l'on avait du grec à la cour de Home, le danger d'être 
tronipi' |)ar l(;s interprètes, et ra|)[)ela qu'un des moyens de ic-unir 
l'Kglise d'Orient était la connaissance de la langue grec(|ue. (Mar- 
leue et Durand, Yeler. Script, t. VII.) 

NiccoLO DE Ukggio (en (Palabre) ou S'tccolu Rubcrto, évéciue de 
lleggio. (Voir sur llubcrto, Tiraboschi, t. IV, p. 471, note. — Muc- 
cioli, (^at. Uibliat. Ca-ti. t. II, p. 177. — Signorelli, Vicend. del. Coll. 
t. II.) 

IUhlaa.m, bibliothécaire du roi Robert, maître de Pétrarque el de 
l'aolo de Perugia, Calabrais aussi; il mourut en I3i8, évèque de 
Geraci. Nicéphore Crégoras {IJisl. l. XI, cap. x, secl. i) dit que Har- 
laam, poui- entendre les œuvres d'Aristote, alla en Orient, en fito- 
lie, el ensuite à Saloni(iue. (Voy. Boivin, Vila (IveQorœ. — Canla- 
cuz. liv. II, 39 et la note de Gretser. — Mazzuchelli, Senti.) — On 
lit dans des registres du royaume de Naples, cités par Cliloccarelli, 
lie Scrijitonhms rcijm Nca]ttil\inn\ : '< .loliannes do Seminaria capila- 
neus Giracii, l'rater veneiabilis patris Fr. lîarlaam (iiiaccnsis epis- 
copi ad imperaloreni Griecorum Sedis Apostoliciv nuncii.» Gela se 
ra|>port<' aux années iSiri, 134G, et pourrait l'aiie croire que Har- 
laani lut vei's ce temps envoyé à Gonstautinople. (Voy. Kuslacli. 
d'AHlitto, Srnll. del rcijn. di Napol. t. II, p. 39, note .1.) 

Lronzio Pi lato, Calabrais, disciple de Harlaam. 

Jr.AN \)K P.AVi'.XM-:, alla en Calabre et à Gonstautinople pour ap- 
pi-endre le grec ; il l'ut maître de Guarino de Vérone (?). 

h'.KS Aiiîisi'A, Sicilien, étudia en Sicile et alla se perlcctionnci- à 
Gonsiantinople. 

PuîTRo d'Abano. (Voy. sa vie dans les Hnvcolte Caloycriaiic et dans 



APfKMllirK. !.').'( 

M:i//iirhctli, Smll. d'ilal \ Il avait u|t|>ri» l«* gnv à Conftlanlinof»l«*. 
l't Ir.iiliiisil n\ laliii (|iii'|i|U«*s oiivni^'r> (r.\ri>(M|i' et ilcdalieii. 

i$\\xu.l UK'IUk» AKl.l.l, iJr (iUliliio, Mvail r|;al<'iii«'ii( le ^'f< •< •- 
pnrs Itr miiiiicI du haute aiIrcMM- à lUtstni, |H*n' de da^a//! 

Poicb« del car BkIIuuI vrdi prr«cntr 
M frultn rhr tperuli. r (i rvproir 
S svxTU ne lo tlil lîrrro r FniDCf«ca 

iKiiiKMicii (Iavalca, (|u'K4-hanl a iilan* un iièv.ïe trop lard. Il irjt- 
duisit plusieurs I s en italien. (Itollan, pivfart*du.^*;trrrAio 

(h l'.ruif, de |)iiiii' ' i\alfa.i 

Aur.KLO DF.L ('j:«h;«h.o. uiiMionnain* en Arménip pl en Arhaie. tra- 
duisit (|ueli|ues ouvrages de» l'èrt*^ );r«*<*A. Ou a dit ipi'il a\ail re<;u 
niiraruleuMMUent la ronuaissaiire du grée, ruuiine autrefiMN s;iiiii 
Kphrem celle de l'helireu. MalKi*»'* cela. Ambroi»»» le r^malduU» a 
iMMiii-oup détiipn'" St's versions du l>ienheureu\ Anj;e!ii. Kaderus, 
l'rel. de snii «'dit. de Jean Oliuiaipii*. cap. l. l'arisiis lii.n.i 

('.ini| C.renioiiois, s;ivanlH en gn^' M*lon Arisi. Parmi eux. il faut 
reniar(|uer iliM \i.i»o l'KitsicMKt.i.i «pii traduisit Pindare en ver« latins, 
*4'lon Arisi. Mort en l.'IT»». 

Jk\> hkNk.honk. vers l.'iio. Tarlarniti /f t. \MII) 

a r^Mulu compte de son histoire im|M>riale 1 1 ;. ,uf. et dit 

•pr«)n trouve de* indices « di non PAJMTe slalo del tulto privo délia 
liii'^'ii:i tirera. • 

IMkuo m itiiM Cl), de IMais;m<'<*, «*e|e|»n' lti«*o|o(ncn et canoni&te. 
traduisit en latin deux liaranf;u«>s de Demostbène. et ({uelques db- 
lo{;ut*s de l.u«ien (Midin. ('.onnurut I. III. p. Iîi<). Kahricius, 
Hthl tnf l.nl I. IV. p. -il»". I t'es \ersions sont |M'rdu«'s. 

A:^nAl.o DKI. Nir.Ro, de (ii^nes. malin* de mathématitpies de Boc- 
cace. Joseph ll^Mucri " r,t 1/ (Uunjo, lhi<iova. 1.%7'i) 

a prétendu a\oir trou. i%r.ipesur U's puerre» de la 

TeiT(*-Sainte. de Anicet. patriarche de ('.oiislaiitinople, traduit du 
pr«*4* en latin par Andalo ; mais on a des raiMuis de douter fortement 
de cette vei'sioii. et d«' l'ex stence même île re patriarche. 



m 

Pi'iiil.iiil II- \rji>iii de Maiiiis .1 liiiiii, il II. III i-ii ii'i.ili'Mi île cor- 
n'spoihIaiD'e et d'amitic avec AttM-rto et a^et Ventuniio ih*' Priori. 
<'.e dernier lui ecri\ it, en \er%, d'Acqui et de Savone. — t^uelipi4>s 

11 



\7iï M'I'KMUCK. 

('•h'gic'S do Vt'iiluiiiio de' l'riftri se trouvent dans la l>ibli((tli('que Lau- 
iv'nlioiiiu; à Florence (Handini, (jd (lod. lolin. fi\hl Lnurrut. vol. III, 
|). «Oi et seq.), dont une adressé(i à (iianniiaiio Philello, à la fin de 
laquelle on lil : «■ Kx Saona MtXtXLMI die xxvii Api ilis. Tuus ad vo- 
luni M. Venluiinus de Prioiibus. » (Tiraboschi, Stur. dell. Let. Ital. 
t. VI, p. Ill.">, note.) Il ne laul pas confondre Venturino de' Priori 
avec Francesco Venturini. 



IV. 

Sur un ouvrage composé par Marius pendant son séjour 
à Bologne. 

Article iMdi(|ue par M. l'abbé Pietro Ma/./.uchelli, Mai 1813. (Voyez 
sur ce sujet Uosinini , Vil. di F'ilelfo , t. I, p. xix.) — Novelle 
lelfer. di Firenze, aiui. l7.S(î, n"4l, col. 641, lettera di Anj;. Mar. 
Handini : 

« Il signor Giov. Donienico Pesalori di l'iacenza possède 

un codice men]l)ranaceo che conliene un poeina lalino clie senibra 
autografo, in versi eroici, diviso in qualro libii, cou i somniari in 

margine in caratlere rosso, opéra di J. Mario Filello Nessuno 

fiuo ad ora lia avuto contezza alcuna dell' opéra clic vi aniuin/.io, 
intilolata Felsincidos, composta in Iode délia città di Hologna. Nella 
prima pagina perianto si legge un esameiro intitolalo : 

Marri Philelphi canuen in iin'idontm convenlum. — Ne succedono 
dietro all'istessa pagina gli argomenti in versi eroici de'quatro libri 
del poema, dopo de'quali si trova il titolo seguenle : lo. Murii Plii- 
lelph'i, Pvu'fulio in Fehine du ad R. .\ni}. cardinalcni fient, etc. iche è 
il cardinale Angelo C-apranica legalo di Uologna) c/ /Vm-. Uononienften. 
— E commincia : 

Thura magi supero, quœ vota dedere tonanti, 
Non auro minus haec grata fuere Deo, etc. 

In pic dellu pagina si osservano le ai'mi délia casa Ca|iranica e 
délia città di Hologna, cou (|uelle in niezz.o di Pio 11 Piccoloniini, 
del quale tu ci'ealo cardinale il deiio Angelo di Niccolô Capranica, 
fratello del cardinale Donienico 

Commincia il libro I : 

.Viulenlem cane. Musa, virum, paitosiiue triuniphos 
Ilosie vol liorrisono, cix'sunnine in trusta tyrannuni. 



Il r|ii:irln lilil'o (iiiis4'i' ; 

l'r^Mi B<iviU, TuMUquv dm u.-iu-'^a.JiIit uns 

liidi: III IfUiTf n>»»e : « f}pu» effedum K"'- \ 

nnlut ilono daliim KnI. Januant I i6i... • 

Sollo lu .siirircriui riHjfnifr \i s<»iir» alcuiu' |»an»U' ^ifcli*? ira U- 
(|uali Aayw*Ti-.; o ftyir'.; , V i|U(>sti crA uii ra«T(»nlilon-' di ciMlici iiello 
s(or<Mi ftccolo, autore del .I/mjw»» (Uminnno nuMilovaio da Gn'gorio 
Lni iM-lla sua Ualm Irionfaiilr. * — Voyt'/ Journal det Saranti, I7K7. 
|i loin cl Mliv. 



Copia d'un Codice délia libreha Saibanii di Verona. 

■h>. Muni l'iiilflfilii hiKhms I .uli ri /' 

l\,\nipnmmn ad liarthnlomniiK . nim, df i' 

nim tniiiwnt. 

St'in* ('ii|iis iioslio i|u:i>, il;irilio|oiiiirc. ialM)rf 

Ouriitiiin ilivci'Ms H(-ri|>la voliiiniiiihiis, 
(jii r inilii |iros;i luit variis inaiidal i lilN>lli<», 

S4'nii<M|iir inalrriiiis i|tioi mlit rsM* l(K*is 
Siini iiiinuTuvi (|iiid(Mii : iiaiii pliiriina farla n>li<)iii. 

Kxniiplai- i|ii))riini un inihi «oiisial adliut- 
riiirinia aiiiirilia- |h'|-iIii< lus honore rt'iiii»! . 

Kilidiiiiiis iKisiris non ra noniinitiU!^. 
{)\uv (|n)M|U(> siinl iiosiro paHsini iniNlo noniiiH* niisvi. 
Il) Non ra siiiil iiosiris oniiiia suit inanilnis : 

Utia- iiiriiiini. t*l ({iioiiiiii siiiil i'\(*iii|ilaria iioliis 

Kiiunicro, liar pnrihiis suni Maliicnda luis. 
Ips«* <iirardiiius iiup«-r iiiilii iii on- l'hilclphus 

l'aiius i*s : et ^o inra- lu «pioipir cura doiiius 
UiknI |n'|is, iil d«*(iinuis, uum<*n>!ui volumiiia cctik*». 

Vt'iiltiiis cliaiii pliiia dirlius itiiiiI 
Nri-sihus rxplirui jaiii iniilla voluiiiiua iiosiris 

>h" l»r«>\ior Nav». iiirnur Man» bn-vior 
SiiM' niihi id laiidi d iidIuiii. arruvMilvo fuliin. 
i<i llaud liipui, iii^inii sunt laiiiiMi arma iiici 



150 APPENDICE. 

l'i iiiia |)uei- Diullis (;|jigi'uriiiiiulu facta diebus 

Dcndi-artoïKjiKî nicis afîluit <• manilms. 
M()\(|ii<î jocos, vr'isiis et séria pliira (leficniiit, 

ilorlulus est calamo pictus et ille ineo. 
Tuiii (le coDicrnptu iimiidamc plurima \\iui 
Kdidiiiius; salNias tum dédit aile luror, 
Nec non dilïïiso sunt l'acta I']i)itoniata libro, 
HonuKjue Turcoinni capta Cuioie nova, 
Felsineis([ue fremens et Marcellina beati 
30 Nuniinis intcrpres, Marliados(|ue liber, 

Cosmadosiiue volumen, ei par lacla Minerva, 

SCor/iaduni i)iimus non sine lande laboi-, 
Facta(|ue se\ decimis sunt artibus Herculeja, 

Caiiiiinibus tolidcni crevil ad aslra decus. 
Slatque Cupido nieis modo crelus in orbe Camœnis, 

El Veronei gloria lata soli ; 
Ilesiodique Uber, quo ferlur origo Deorum, 

De Graeco nuper carmiua noslra subit. 
Orpheus id quondani, nondum finitus Honierus; 
40 Nunc quoque Ca'sareit' scripsimus ainia via*. 

Paulus ad hicc nondum fmem sortila futurum, 

Estque olini nostris ecloga longa jocis : 
Me liagici juvere pedes : comœdus adivi 

Jura theatralis pulpitaque alla furi. 
In Venelam pestem qu;e dixinuis, inclyla Isott:e 

Vila, et ad Hermoleon Barbaron exil opus. 
Est mihi rhytbniorum nunierus sine fine, tiiuniphos 

Exposui, anguigeri sceptraque parla Ducis; 
Alque instar Lauiie, memoial quani lama Pelrarcte, 
50 Est mulicr ihythmis sancta, beala, meis, 

El cujus nulli data copia, cantio ciebra est, 

Longa voluminibus consliluenda novis : 
Ou:e(iue liaud cdidinuis ', nova lacta epigramma longo 

Codice, venluris grata luluraviris; 
Qua'que sacerdotes lemplis cecinere latine, 

Converti in ihythmos officiosa graves : 
(Juin etiam lyricos rhythmis aquare eupivi, 

Explevi hoc nostro munere jniinus opus. 



• Codex : rri'tliiliiiiK.s. 



VI'l'KMili K 1 '»" 

Kahul;i i|ii.ri|u<- iiie<» j^Tsiriita volumiiu* v:iiiiiii 
(>0 Oiii<l(|ui<l el hUloria (*onnniir*re hii:i 

ViTsilniH :il (iiTiMis i|iviM-N;i rpi^'rjnmi:ita liiixi. 

K( vaiiiN M-r ipM imi iiiiiia itiulla viri^. 
Al (|ua' prrMia mihi tiullis iiuiiicraiida dirlms 

Si ptirri int'ipiaiii ilin-n* |iniii:i Mari 
(Jms sil n*\ f«*li\ IiImt rst. fiirtiina s<N-nfif1tini 

Orriipal. «"sl aller rHlipi<Mii% ajwx 
Uu:i'<pi<' in iiia^'iiatiirnu (|U;i'raiilur ptiii< i|«-. • «mIi-v 

l'arlitur \alt*s, pliilits4)p|ios«|ur HImt. 
{Juiv ail vcra l'uU-s alius (Ifclaral, honorât 
7*1 Kiiiarii fasliis pagina lon(;a sui 

I iiria virgo ini'o >ial n<»l)ililala lilN'Ilo. 

N«'c non Khuiiin'nsiH ra*la vir.i;,'o diiris. 
I»r.i'fnlus<|ur tuuscanlat l*arisius arte» 

l rliauas, laiu» el liber amia refert ; 
Kl V*m,i\ rouira scurril»* fa» «-lus olt-nli* 

l'Inrinia roinniisi non violmla j<H'is : 
Ora\i lotiens, tani crehra f»ralin ntMiris 

S<ripia vohiininiluis, <|u<mI h • ^M•avr i*>i. 

Non uni S4>la «■>(. inullis snl «j nlia 

Hi) V4 gr.iva el nostris l'dila noiiiinibus 

hicrndiipie pMius S4-ripsi vt Xcnophonlis <>|iim 

Pnrcrpia aliniio SM-rah* ad llali«os 
Elhica Arisloirlis. qua' magna V(M-anlur al> i|Mn. 

Converti ad nosiros alipie l'Ialonis opu%. 
(juin et nialerna slani inuha Miluniina lingua . 

ÏM nosira hanlis viia lalina manu, 
tmo el lUicloricos d<H-ui pra*i'e|)la lalintK^, 

Kl t-ommenUiior pro Cioenme fui. 
Kr.incisri numéros idmIo graviore IVlrarca* 
'Ml Atlstriclos prt>s;i miIuIus e\pli<ui, 

>uui* SiraiMMiis oim-s duro commilto lalMiri 

TuMoruin rujus lingua suhihil opu^. 
Nondum luNtra novem ' lenui, uhkIo viia ftuperMes 

Sil iiiilii, majus eril nouien in orlx* M>ui. 

,Sol9t du mttHtuenl. t. i&«< itf. LKvcntto Pvim — Viu l«Mt» — Dr LmmIi- 
liiu IHm-mo*!;. — V. 48. IU>)ibini. thunphi. —r SS. OAria BaritiiUavl plan 

* Codrx ; tattra Hom»en , liMira Me«^•■• ««t aar earrrcCioa dr TUahoarU. 



158 M'I'KMlKE. 

alia. — V. ;)7 à 00. C'ompU-xio fahiilarum et historiarum. — v. 6."i, 06. De Felici- 
tate regia, de Fortuna, de Kelligione. — v. 07, 08. De his qax requiruntur in 
l'rinci|)il)us — De Philosophicis partitionibus. — v. 69, 70. De llxTeticum per- 
tinacia. Historia l-inarietisis belli. — v. 71, 72. Ilistoria Lucix virginis. Hist. de 
civitate Flandriic. — v. 73, 74. Historia de Pariensi {sic] praEposto. De bellicis 
artil)us et urbanis. — v. 7îj, 76. .\ntipoggiana, id est : facetiaî contra Poggium. — 
V. 77. Oratioiies. — v. 79. Kpistola- (ira;ca; et Latiiiae. — v. 81, 8i. .Magna Ethica 
Aristotelis. Plato de Noniine rectitudinum. — v. Sri, 86. l'rosa vulgaris. Vita 
Dantis latine. — v. 87, 88. Interpretatio in artem Ciceronis ad ilerennium. 
— V. 89, 90. Expositio super numéros Petrarcœ. — v. 91. Strabo vulgari lingua. 

J'ai eu pour établir le texte de cette Épigratnme, comme l'appelle Marins, 
deux copies faites, je crois, sur deux Mss. différents. La première, celle que j'ai 
plus particulif'renient suivie, se trouve dans les papiers d'A. Lullin; elle lui avait 
été sans nul doute envoyée par Maffei, corrigée de sa main. La seconde, que j'ai 
trouvée dans les notes de Guillaume lavre, a été faite par M. G. Uaraldi, sous- 
bibliothécaire à Modène ; elle est terminée par ce Nota bene : 

Copia eslralla da allra copia del codice Saibanli di Verona, esis- 
Icnle nel codice DCCCXF., fia Efritaliani délia IJiblioieca Esl«*iis(* di 
Modeiia. Trovasi lia grilaliani essendo uiiila a niolle allie lelinc 
e cose ilaliaiie. 



VI. 



Platinus Mario Philelpho poelaB Anconae profitenti S. D. 

(F.Plsr. L.WVl. Voyez Vie de .l.-Miirius Phiielfe, p. 120.) 

Uuaiii lil)eiilei' adesse voluissein .Vtigelicis ainoribus luis' .•^crip- 
lisque suavissimis, ul lua siint omnia : |)iofecl(> me niaiîiKtpnc 
ulrumque délectasse! ; quorum allerum iik^ uiinus irislem, alleium 
verô 7rc/).(TtxwT£pov reddidissel : nuuiquam enim ad le accedo quin 
ahcam iii-himioi', iiec adeo me Ibrtuna dejccit ul luijusiiiddi voliq)- 
laluui seiisum |)enitus amiseiim. Sciebam tiuotpie jam experlus 
omne tenipus quod una tecuni lusibus accommodasseni omiii mo- 
leslia eavilunim, (piodOi phco modiiiaiil»' Maiiiluis cvciiisst' iiadiltii-, 
sed uii()(|ue maliii [xivaii (piam ram;r disiiimeii snl)ire. Noiidum 
enim, is (pii lustiatui'us est hibei'ua iioslra venerai - : iribuuum 

' L'amour de .l.-M. l'hilelfe pour Angela. Voy. p. 120. 
* Platiua était en garnison à Appignano. Voy p. 121 



M'I'KMIH t 



I.V» 



vriV) iiiiliiiim in ;i-^lm^ a oi«' non etperiari riil|ia mm \3<-an*i. 
C^uam amas laiuln. i|iian(to<|uidi'm anu»rfni r«Mn»Hliuin a«lviTW liM 
rortiiiKi- fiM rni. |tinllam<|ur iiomiiii suo iiioril>u% H fonna n'%|Mui- 
«Inili'iii (Irlrj;n is : iU« uiii<|ur sil «M iIi-Im'o (jua' luuiii rirm-al iiige- 
iiiuiii, (|uaiii*|uaiii uliosuiii (<* nuiii|uaiii iu%<*iii. O f. lirrui Au^rbiii. 
cl miiniiii' «AiUhia N«-iii<-sii|ui« ' wï r:\ i|uaiii Fraiu i«« u* IVlrana 
«•«»M»ra\il infi-nomii î F^iinim iiumiiii lini a<lh«ir iii%alii(uiti rt iM>n- 
tliim nioriMi lilM-ranim kI iim- <Hs. Mim |»u<*nini 

hiiiir ad le mniiii. n«»niin«* «.u .: w. v, usimii qui <lilijj«w- 
tiu» euiii rrilucat, quaiii otluiiu» illc ,\|t|tiK»aii**ii&it, cui Miperiuri 
dir («tiiiiiiilliTi* iioliji>li. l'i.ii- i'- a«r 

lilii i|ii«mI an'e(H-ri> l.auiriiliiiiii m . a l«* 

|»iil(-h<*irinio |MNMiialc donatuiii. iiiHliiuiM»' titii In-i-rnli»* aufv«>» 
diino iiiiilrn-: s«<l ii il hor milii (HTMiasmn. M»lidiinn|ui' (««rani indn 
gaiidiiiiii, < uni misNON ms ad !•• Inma lidr fiiivv rognoro. \alf. K\ 
Appigiuiio. t|uiiilod«*4-iiiiu kalfiid. Ki*tNuaria&. M.CCCC.Kl^. 



Platinus Mario Philelpho poeUe S. D 

rErar CWVII I 

Kala i<|Uf>d ex luis liilt'Hs ciiaiii liiti videri vidtNit mihi nuntluiii 
ralaiiiilalduis iilriii\<|iif intMruiii viliala \id<'iiiiir. \iMi«>niiit ad iim* 
Jm. Maria ruiniliiiiis * ex M>ror(' tilii iit'|M><>, «m Mallha-us faiiiulu» 
luu> «iiutiiii intMitii iiiritluiiK'in nHiii«-i>iil«>s. Hi prinm i|uidi*ni in- 
liiilii iiir latiiia at1«*4 •*riiiil : iiiov atidila M-rliT.iti fiticn inri fu^'a. 
JoaiiiiiM|u<' Maria- liirpi iniNNiuiir . f;ra\ili*r ulruiii<|U(' tiili : mmI uI 
aiiiino sum ingciili, Niatini im* ('•dlrgi, irl olilivioiii riit;aui Iradere 
ni'pi : Jo \«*ri) M.irtatiiTolfiiliiuiiii iH'lfi'i- < <'1' 

Mt'lldlllli ali|U(' liiti l'iTiiiii iliaiiiliiMi l'^sf ilijM ' , i 

nifutcin S|HTlaluni juvcihmii i>t ruiii <|iiriii iialura di'dit lilii run- 
juiKiissiiiKiiii alMlirair, |' h h(H- lriiJ|Hirt' i|U' 

il(*r dilUcilliiiiiiiti iii («ali h* si ti* (*oiin|i* |>i • ^ 

(mihi (TinIci ptruilciiliani. (Iii rnim lalriii un(|uain in\eiii<ii? An 
lii iiiavis u|MTa iiirn'rnarinniin <|ii un n<s «>Ns.)noruiii uti "^ llalH>s in- 
NU|N>r ill lltr «'<) fll};iliMt r«*(-*>iis «'\rin|i|iliii |M-itidi.r M-i\<tilllU : 



' s<)U«riiir d«- liJiullf rt J«r l'n^p«rcc 
* Jr*u Marir d« Tutenliao, flb d'.\ii|r< 
Mh; 1-1 ISali chvrrhr à \v% it-voactlirr 



i60 ai-I'Imuck. 

poss(îni libi reiilciiiis aliciriini iiicttniiii ru<,'as loferre. .Nihil est 
f]ij(»(l mo riiai{is cxtuircm Icr rrat scii vi^ilctii siv«^ dormiam. Siinl 
(;iiiiii iii(i(l(;l('s |)l(n'iiiii, lidcics adinodiiiii paiici. (Juarc si nie aiidies 
illico Jo. Mariain ad le rcvocahis, et eo mugis (|uani ipse sine le 
vilam sibi accrbam pillai, cl, cuni tua sr j^ialia privatiiin reniinis- 
cilur, iiij^cMiiiscil. Vale. Ex Appiynaiio, duudccimo kaloiid. Fc-brua- 
rias, M.cccc.Ixxv. 



Platinus Mario Philelpho poetae S. D. 

(Epist. CXXVIII.) 

Suspicalus suiii idcirco le meos efjuos relinere quia iiiirarn iiiilii 
servoruni paucilalem esse cognoveris, et hac iiiopia rue levarc vn- 
lueris : sed cum pra*ler spem posi discessum iiium pu'uiiciiiia 
duclus eoriiin mius (|iii jam annuiii leie deciirsuiu me deseriieial 
ad sanilatem ledieril, ullroque me repelieiil, el nihil iii hibeiiiis 
habeal quod curel, Andream Palaviiium puerum hune meum ad le 
misi qui meos isline equos i'(;diicat, cui, licel adolcscenlulo, recle 
commiles : esl eniiii dissimilis illius impiobi (luiscardi Muliiiensis : 
per Ipsum quoque veUm Ulteris cerliorem me de tua navigaiione 
facias. Vale. Ex Appignano, quarto nonas Oclobris, M.cccc.Ixxv. 



Platinus Mario Philelpho poetae S. D. 

(1:pist. CXXIX.) 

Gralulabundus ex Urbe reverlens ad le iie cum staluissein, (uni 
ul egomel tibi (pur Uonue gesserani oxponcrcm, lum ut pia-da- 
ram istic oralionem luam in sponsalibns lialiitain illnstris Robcrti 
MalateslîP apud te viderem, ecce milii in iiincre nuntiatuni esl de 
obilu Theodor;r unicu^ filia\ vel potins anima' lua\ virtulibus cxi- 
niiis el forma pra'Slanti pra'dita' : quo (piidcin exanimatus suin 
nuncio, nec quid agam adhuc exploratum habeo. Coiam ne lil)i 
meum pricstem oHicium ? Alqni dissnadct incommoditas hospitii, 
qna te (liccl ipse dissimules) alliccrc soleo? An epistola le conso- 
ler? non id milii assunio : pra'terea (jui te consolari potero, cum 
el ipse sim consolandns?ln hoc oHicii génère si majorum cxemplis 
et aucloiilalibus uti voliiero . (pii nniximo luleruni animo casus 
hujusmodi, dignus ca ccnscbot* ignomiuia. (pia l'Iiormioueui atlecit 



vrri.MiK K 161 

IIuiiiiiIkiI upuii mmIc rt* ticilica (livwnMi(i*ni, com motliM m? %MlMa4> 
(li'liniiilcH alliniiarel. Mil l'hormione niapK iwiiiinrin. Oua|>n»t>trr 
<'\|H'4'l;il>u iiiMToriH lui lriii|M'runMMiiuin. <|ii<xi :i li'iir • ni- 

iiiis iiM'tlico l»' iioliiii r\|MTlar«'. mnI j |n'« ion* iu«>|m.i '-n* . 

(|Uo liiwi le jucuiido Irui vuleaiii: Irm- ul lu niulures eiiani ji(|ui' 
«tiaiii ont; Unir ud ti* voIjIm*. luas ul laudt'^ omiKio par1a^ Anmiiii 
iiiiliijain iiarr.ila> i|>M* (°i»iilirin«*H. cl a m*' \i< is«>iiii iiMiiniin viiriii 
iic^s'oiiofuiii KoiiKi* sntiH fx MMifiMilin ni<*:i (ji'slonini au<lia«,qiian- 
i|iiaiii iii n-iiilu mcnniiii unus ramiil«>nini auru^icns afffiit non 
li*\i iiir ({••liiiiH'iilo runiTiT Naïf*. Ex .\|»|ii|;itano, M>\ln iilus (^uin- 
liles, M.caic.lxwi. 

Il lihrn iiHii ha rrMiiiis|ii/iu ii«> niiin«*ra/ium* <ii |Kigin«'. Su lin<* >i 
•'• la ilala ni •• la vjjiirnh* : 

« Mcdiolani (|uint(H](>nnio kah'ud. St-pirnibri» M.u:aA .\i. > 

l.o sianipalon* c (îolanio l*on/io nune a&M'riM'c l'aultinr in una 
hiln-a al L-llon». 



Ml 
Notes relatives aux Malatesla 

Un Maialt'Nia . orijfinaircN «le NtTurolo au il<>u/i«Miii> Mtilf, ii 
au\i|urls on a voulu à loii ilonncr un** origine ^fnnanii|u<' rmiun- 
lant au «lixirnie sirric, s'rialtlirrul à Itiiiiini >('i> l'an \i'i*y Ils 
liicnl |asM*i' celle vilU* i\u |i;iili des rin|M'nun» danis relui de> 
pajM's; el vers I3.V) ils rf^ureiil du S;nni-Sir^'e. en nToni|»euv 
(le leui-s MTVJj-e^, Itiinini vu - 

loi/icnie siéile, «elle iaiiiill)- , i ^ 

de M'igneune> dans les eiivinuis. l*n*N4|ue tous »*•* uieiulire» fun*nl 
dislingurs par lenis (altiils iiiilil.iii i >, ri 'i . 
(ordcreut an\ leiUi'N. N«i\r/ Nlu»« n.li, /.i 

- i. Hraseliius, Mnmtr. (imi-n.mcr.et prof. cap. \1MI, p. ±f7.— (Je- 
nienlini. Fundaiwnc dt Ihtmni Origine éei MaUtratt, l6i7-1Gi7. 
i v«.|. in r.) 

Sntct tinV* du T<it II de ('Irmralini tur Rol><Tt MmUlr«u 

\\\]ii' \Kl. - HoImtI le MajjnilKjue. ne en I ili. Iils de Siu. |»aiH*. 
Malatesla el de Vanueia i <»>4 lii de Kano el non \Kts d'ls«illa. 



\{\1 aii'km)h:e. 

I*;»i;('.s M-J-M.'J. — Uiiolquos écrivains onl |)lac-(' le mariage de 
Kolicil le Maiîiiili(jiie ave«; l'^lisabHli d'I rbin à l'an liTI; mais ii 
paiail, d'api l'S Uro^'lio, (pie ce ne liil (pie l'an t 47.3, el après (jue 
Sixle IV eut conliiiiKÎ Kobert dans ses Kials, que ce mariage fui 
c(jnclu, el (ju'il fui (•('{('•hrc seuleiiienl en 1475. 

Pages rjl«-Mî). — Kobeil, du vivanl de sou p(*re, avait élé pro- 
mis « con la ligliula del re Feidinando, » el aussi « con la (i.i,'liula 
del principe di 'rai(;nlo ; » mais ces projels n'avaient pas eu de 
suiie. 

l'ages 519-538. — Description des noces, le 2i juin 1 475. 

Page 528. — Le lendemain, dimanche 25 juin, apr(*s la messe, 

« Tornali in corle e poslisi a sedere, Mario poêla, figliuolo 

del pocla rilelCo, si lece loro inan/i, e con grazia e gravita canlô 
gii innumerabili gesti eroici degli anienali Fellreschi e Malalesti. » 

Page 538. — lUoglio, (|ui raconte ces noces, y fut présent et y 
demeura du 2i juin I 475 jusqu'au 2 juillet suivant. 

Hrogiio tut un fameux, capitaine el en même temps historien el 
po('te. Il était fils du fameux comte Angelo Tartaglia dell' Avello, 
qui eut pour père Haimond del Hal/o, prince de Tarente, de la fa- 
mille Orsini. Tarlaglia avait élé instruit dans l'an militaire et 
même adopté par Broglio da Turino. Il donna à son fils le nom de 
son protecteur. Rroglio fut au service de Sigismond Malalesla el 
l'un de ses plus intimes cons(Mllers. Il écrivit des chroniques (jui 
contiennent principalement l'histoire des Malalesla au quatorzième 
et au quinzième si(Vie ; elles sont mêlées de ses poésies et de celles 
d'autres auteurs. Le manuscrit original existait dans la biblioth('(|ue 
de liimini et s'étendait jusqu'à l'an 1478. Clementini l'avait vu el 
l'a cité souvent. (Giuseppe (larampi, cité par Mazzuchelli, Scntion 
d' liai. Ii Brorjlio, vol. II, part, iv, p. 2138.) 

SurPaolo Malat(.'sta, voy. Mehus, Vita Ainbr. p. 400. — Kosmini, 
Vit. di Viltor. da Fellr. 

Sur Pandolfe Malalesla el Pétrarque, voy. Tiraboschi, t. V, p. iO. 
Sa l)ibliothè(pi(', t. V, p. 1 15. 

Sur Sigismond-Pandollé Malalesla, voy. Tiraboschi, t. M, p. 58. 
— Sa bibliothèque, Tiraboschi, l. VI, p. 58. — Comparé à Jupiter 
pai- les |)0('tes, voy. Tiraboschi, t. VI, p. 923. Voy. encore Mitla- 
i-elli, (Uii. (]od. Miiraii. col. 70 '(-715. — kxcoh. Cardin. Papiens. 
p. 403. 

Sur Isotta di liimini, voy. tiraboschi, t. VI, p. 874, 923. —Maz- 
zuchelli, \i>li:i<' d'hiillu dcjiH .!//(, Hrescia 17.59. — L(ui('e par Por- 
cellio, l>asinio, Trebano. ('riraboschi. t. M, p. 87 i. 923.) 



XIThMiK t 



163 



Jaru|)(» AlIf^ii'Ui, .lsll-<»|o^ll<^ |nn|i' l'i iiiMiluii'iir ilo (.urlo M:i- 
l:i((*sla. foiiila le Kirna.HS4> ilr lliiniiii au (|iiator7ièni<* %iMv ; rc fui 
l:i |>rrinirn* ara<l«'iiii«* «mi li:ilii- î x-hi, I. M, |». ri**".» 

IIuImtI rtail lils luliin-l cl< - il ; |ii|-S4|ii<' rcluin-i iiiuurui 

{■a iHltthre I UMi, llolM*rt, ayant (*t(* aftMx'ié au gouv(>mfin<*iii |iar 
Ivitla, finit par s'en i-iii|iai«'r tout à fait. Marins a\ait ' ' 
\(M>«'s |MM*sii*s à Si^isiiiuiKl «■! avait fait un |HM-ni<* à l.i 
<ris«tiia. 



\|| 



Nl:ii-iiis «litlia aussi plti^irui-s piii**»* il»* vn•^ à HuIntIu \altuno 
il)' Uiiiiini, (|ui, lui-uifiuc, avait (irdic a Sifs'isuionil-Knuiollf >lala- 
ti-sta uu ouvratff dr Hr Utittan eu clou/»» livr»^ tiuipnuH* a \»Tt»u«* 
I il-i, I iH.( pirl rinviiiliiiu (\vs ImiuiIh-s i*st atlril>ui>4* ù re 

Malaii'sla. I > m, I. M, |>. ■;f.'i. 

Valturio était fort rélMuv, «M l<> MuiliaHM'nMMil «lu fMlaif^ dl'rtNU, 
Uîiù par rr«''il<-rir. riait nm/' d'uiir suilr •' n^'m* 

prisi'S (1rs li^iin-s ilr son on\rajî»' *ur Tart i" t.V, 

p. iii.l On p«'Ul vfiir un (*!ilniil d«* rot ouvrag»* dan» l«»s Mélnmqet 
lirrs il I ' i(.. p. i.Vt »i <»niv. 

Il«*\i !•■ Valiurio à Mahomet il (>(!> ilalu/. 

vol III, p. 1 1:{. ni. de Lur(|U<>s et \p. Aeno. Ult. 1. I. p. Ii.%. |^^. 
• ians latpK'Itr il lui adn'VM». de la part «le Si(nsm(»nd-lhuido|fi>. li* 
n'It'-hif MallJ'o l'asio. «m son pr«»pn' livn* ilr llr l/i/i/.in. — Ia's 
Mss. Ti.'M» et l'Un, (l«'s Mss. latins <!•' la l>il«lioth<>(|ue d«' l'an*. îwint 
l'o-uvre «le l(«ilM-rl Nallurio. A la lin on lit «les vi*r^ de lla^iuio «li- 
l'arnit*. «le Marins l>liil«'ir«* et d«- Mare de lliniini; vient ensuite. apre> 
il«Mi\ ins«-ripti«)ns latines antitpics : 

• \tl illustnvsinnnn «'t eveell. Ooniinuni Mai iiouiet l(«*i mapiinn 
Atiiniralnni et Sultanuni Tnreli«)ruin, I' 
pnt illu.siri ae Ma^ I' et 1^' Si^isnim 
luoruni n>i Inijus militari!» ae Matlliei hasti VrnmeuMs irauMuis- 

si«»ne Kpist«»la • iKlog«* «In ^onl «le Mati<Mn«>t |Mtur les Imhix 

arts) tjna in n* enin >lallli«-nMi l'asinm Neroneii\4-tn pli. < - 

jam annos roi)iulM>rnalem et eomitem uh'Uui luinim renim aniii- 
eem ad te pin};en«lnm enif;iendum<|ue uiitli Mimm<i|N>re |HiNtitli-^ 
«iel>r«>, virlulum suarnm am«>re sueeeusus a plnidui* ii<^.i 



16i aim'i;mh(;e. 

Ilalia' ar fiallia' ni|)iiiiiii |)i>iiiiiiiM|iic itiincipiltiis et ad tiiiiic usque 
tliciii iiiilli coiiccssiiiii, ad le soliiiii sua cliarii s|)oiit(' niittendum 
«■ijiavi (El il lui envoi»; comiiM; Injniiiiage son livre.) 



IX. 

Note sur Frédéric duc d'Urbin. 

Il y a deux opinions suf la naissance; de Frc'di'iic : 

1" L'une veut qu'il ail élé fils de Bei'nardino degli Ubaldini el de 
Aura, sœur du comte Guid' Antoine, et par conséquent neveu de ce 
d(M'ni('r. Guid'Anloine, n'ayant pf)int d'enfanis d(î sa prcnnci-e fenune 
lleng^arda de'Malalcsii, aurait adopté Frédéiic; d'après cela Bembo, 
Odasio, Marins Philelf'e ont appelé Octavien Ubaldini (fils de Bernar- 
dino) frère de Fi-édéric. (GioBatt. l'baldini,//J,s7o/irt délia Casa defjli 

i'baldini, Firenza 1(')88, i", p. 133 : ( Federico, duca d'I'r- 

bino, figliuolo di Bernardino Ubaldini, signor délia Carda, e d'Aura 
di Montefehro sua donna, il quale (adottato nella stirpe materna) 
seinpi'e de'Montefeltri si noniinù »). 

2" Une autre opinion est qu'il aurait été fils naturel du comte 
Guid' Antoine et d'une personne de la maison d' Ubaldini. Gio. Gallo 
Galli assure avoir vu dans les archives d'Uibin un bref du pape 
Martin V, de l'an Ui26,qui légitime Frédéric, fils de Guid'Ant(»ine : 
ndio di padre con()uinto e di donna sciolla. Le testament de Guid'An- 
loine parle de Federico mio figliido legitimalo; il est daté de IH9. 
(Beposati, Zcccadi Guhhio, t.l, p. 136, 137, 1 i3, note.) 

Frédéric, né en 142:2 ', put d'abord passer pour le fils de Ber- 
nardino, jusqu'à sa légitimation en 1425, et de là vient que Otta- 
viano Ubaldini a pu (Mre nomnii' son firre. Mn/.io ilst. di Federico 
d'Frbino) a éciil que Bernardino était oncle de Frédéric. 

Teofilo Betti, enfin, dans ses IHIlcssioni siiU' opéra intitolata : Degli 
iiomini ilhislri d' Uvhino (Giorn. Arcad. t. IX, p. 395 et 300), a émis 
l'o|)inion (|ue le comte Guid' Antoine n'avait été n)arié (|u'une fois : 
« Prima di sposarsi con Caterina (Colonna) non avéra avuto Guidan- 
tonio altra nionHc IcgiUma. Fervidamenle bensi innamorato aveva di 

' Ou plutôt vers lit", puisque les Annales de Ferrare disent qu'il mourut en 
148:2, et «lue lîalthnzar de Castiglione dit que ce fut à l'âge de soixante cin(| ans. 
(liosniini, VU. ili Villor. du Fvllrc, y. Mi',), note/ 



il'I'fe.MlM.I:. Hi't 

• ioiiiia (l'igiiot:! lu'osupiu, cui ^li uutori tli qu<*i t<'tii|HMi:iiiiK> il noiiN* 

<ii Aura, <• (la (*«»sa Federico f^Vi nacqiie I)i (|ue<«la ainnsia il<»v«'' 

ej;li (lisfarsi, per iiiio de'palli (ii (|uelle nozxe , e la »li»*<|e in m'n:\u- 
a lUiiianlinu rii:ililiiii lirlla (l;ir(ia ; iiari|ue (la ({uesli due ( mijn^i 
(Uluvuino, il )|iial(* diveiiiie .Hi};ii(>re di Merralello, ed è noiiiiiiato 

fratcllo (il duca |-Y'dcri('(j a\cud<* avuto la iiiadre stessa, eraii 

fratelli uleriiii. . Aura dunqiie non fu nioglie di (>uidanlonio : allri- 
iiii'iiii non avrcliJM' ess;! |M)tulo, \i\eiiii' Ini, |tass:ire ad aliio lalaino, 
e Kederic*» non saria slalo nnisiderato jkt tiglio ille^ilinio. e |kt- 
cio l)i.M>)n>(>so, onde godere i driui signorili, i'h4> le rircuD.Manz« 
de'lenipi gli riservavauo, dcila le^'ilinia/ioii. i 

jmpitlr lin me vrdutn. (l;ilcrina ilolunna fu in ■ 

gtie e non seconda di Guidanlonio, e dura Federico nalo era 

(la Aura fuori di nialrinionio • Mais lleiii a ri*connu son erreur, 
et il admet <|u«' (inid' Antoine eut deux feniUM^, d(»nl b |treniiert* 
fut Hen^s'urda de'Malalesti. [Iliom. Arrad. I. \, p. 14M.) 

(lelie-ci mourut en 1 M'.\; il ('pousa en MM'onde^ n(H*e)i, en I iil, 
(l;iteriua, lille de Lor(*n/o (.olonna. n(*\eu du pa|H' Martin V; elle 
mourut en 1 l.'W. — Ce fut en I l.'W» (|ue, |M»ur étendre m-s |x»vv•^- 
sions, ('luid' Antoine fiaïK.a Frédéric, son fds naturel, à («enide llra- 
maleoni, lille de ll;irt<»lonieo Hramaleoni et (le(>io\anna Alidosi. hé- 
ritière de plusieurs terres. U>se|Hiu\ («tant troj» j<'unes, il fut con- 
venu de diflerer le mariage jus(|u a l'an I i^i7, et l'iHlucation de Frv- 
dt'ric fut confiée à Giovunna Alid(»si, sa future lielle-nii^rt*, remnic 
de ^rand uK'rite. et près de lai|u«-lle il resta trois ails, hepiiis vm 
mariage, Frédéric Kouverna les terres (pie sa feninx* lui avait ap- 
IMirtt'cs et celles (|ue son |M>re lui avait doniK'es. Apri^ b mort di* 
('•eiitile, il ép(»usi en s<>cundes nu4'es Itattista Sforza; ce iliaria|{e 
se (it en I i.VJ. 



I 



NOTICE BIBLlOGRAniIQUE 



LES OUVRAGES DE JEAN -MARIUS PHILELFE. 



A. 

IMPr\IMIvS. 

I. 



,/. M. Phïlelfi. EptstoUtrium, seu de orte conficiendi epistolas opm. 
S. I. et a. 4°. (Parisiis, 1 i8:2, Ulric Gering?) 

Voyez sur cette première édition de VEpistolaiium, Brunel, Manuel 
du Libraire, 3'^ édition, tome III, p. 7^26. Une édition d'Urbin 1481, 
n'a jamais existé, <îl l'erreur vient probablement de ce que quelque 
bibliographe aura pris la date des lelties de Mondello et d'Octavien, 
qui terminent cette édition princeps, pour celle de l'impression. — La 
prennère édition datée de VEpistolnrium est celle de Milan per ma- 
iji!<lnim LcDiumlum Pacliel et Vldericuin Scincwnzeller Allanumos, A. I). 
MCCCCLXXXIV, /// Cal.Majas, domino Gaspare Calcographis assistente. 
Cette souscription est précédée de sept distiques, qui célèbrent l'ex- 
cellence du livre. (Cl". Saxius, Hist. Lit. Mcd. p. 580.— Denis, Ann. 
Typ. t.I, liK) et t. IV, p. 497. — Panzer, Ann. Typ. t. Il, p. aO.) 

Cet Epislolaire fut réimprimé mainte fois vers la lin du quinzième 
et dans le couis du seizième siècle, sous le nom de Epistolarium, Epis- 
lidarey ou EpiîtUdtc. Ce dernier titre est celui d'une édition de Venise : 
Epislohr Marii Pliilel/i, 4», car. romain, à la fin de laquelle on lit : 
( Epistohe Maiii PliileKi summopere emendal.'c : ac Veneiia magna 



Ai'i't:M>i(.F:. IG7 

(lili^'ciilia al(|n<' :iii\u>laU> |mt nu* JoaiiiM'iii »!«• MniiU-fcrniii» «IrTriili- 
iio rc^Miaiili* iiirliilio diiri» Aii^'usliiius (x» i Kailiailini aiiiMMtMiiiiiii 
.M(-r<-(-|\\\\ii I i'J-2i itic yi iiir) orloliris. Laiis iN-o oiiMii|M»l«'ii(i 
abcdefg hikl m n omii(*s suiil i|u.iil<*nii. > — (^«Ue cdilioii est u)kS4*/. 
Iiirii iii)|»iiiiii'T, mais elle nous a paiii. ni la |tur<'ourjiil. rril>lé<; 
ilr r.ilih-N irilii|H't'Ssinli. 



.Muni l*liilflphi Antuih'K iti ihnlormm F\narien*n Belli ah imno f 117 
itnifue ad (iiiniim H.'tS, ijitt nuur hur primum il / ,V«. O»*/. 

(A. V. Ihimiiiin l'fi Hnrhieni liohimhi. l'nlnni I -m, 

Va'Uv histoire, ni hiiil livres, d«» la t;u«Tre de Final, avait été iiii- 
l»riiii(r par les soins de iSrieliieri Colunihi (Vf>y. Ma/yuch. >Vri/. t. Vf, 
|t.-J(iH*)i,|Hiiir entrer dans lanillection desliistoriensd'Ilalie. Maistes 
iioinltrenses taules (|iii ladeiif;nraient la lireiit rejeter et détruire, et 
il n'en existe |ilusi|nei|uel<|nes exeni|)lair(*s dis|)c'rs«*sen Italie.iltos- 
niiiii, V. (Il /•'. / 1/. t. III, |>. KM», note.i Klle ne |m*uI doue m* tn»u>ei . 
roinnu' le veulent Len;;lei l)urr(>sn<>y et d'autres auteurs, dans le t. Il 
d«'s hi'ium iliihiutrum SiTi/»/r»r«. (|ui n'a paru «pi'iMi 1770. — Noie de 
l'alttie .Ma/.7.U(-lu'lli : < Nell' Arehivio (ienenile idi Milanni dal S' Ihi- 
viM'io nii lu inousirato un codice ineuilM-inareo in raratten* teuto- 
niro elle eoiiiieinie la storia di I iiiale di ^^. Mario l'ilelfo, eoirarnir 
in Iroiite ed il iioniedAL. CAIl MAU. I IAK. ttialeotto (lan'tioMai- 
cliioni Kinariensi) desso seinhra rautof^raplio, v mi diss(> esMTpiii 
i-orrettoeeonipiutodello stainpato. • -Voyez Vir dr J.-M. PktMfr. 
p. :..{. 



« Joli. Marii IMiilelpIii ad Ma^nuin K«pi. Auratuni l.udo\iiuni 
Nogarolain, pralatii» iu Isittta-uin lihniin : « t'amn rrfm, ui I 

tniiitiKi vinjo irlata rsl ad iu^Kio* » In C*hH' " ■••" \\, n \<'.'-', 

.so(|uilur : lie pudirixstma Virqini* et qenerottr a< '\imir mu- 

Inns l\itllir A'f ' lu ullelo ««Hlite 

7il liaheiiujs : /. , , »M/<f /jio//.<//i ad 

r^lreiii : Verona V I nonas Orlol'ri» lUiH Mantu PkiMpkiu. maitH i>n>- 



108 APPENDICE. 

pnfl.EnoslriscodicibusofJiluiufuilliocce carmen et etiam Epigrani- 
ma, t. VI, p. VI, p. 17 cX t. VII, p. i, p. 23 délie Memorie per servire 
(illd Sloria letteiwia. » 

Millarelli, liUil. Mnnui. p. 801. — Voyez sur Isotta degli Alti de 
Kimiiii, li, Ouviages inauuscrils, n" x. 



IV 



La Traduziime in terza rhna delV Uffizîo délia Beata Vergine, co' Salmi, 
colle Preci, aujlï Innï, a cou allre Oruzioni, stampala in Vene/ia, 
4 488 (formai?). 

C'est probablement la même édition que celle que cite Quadrio 
(t. VII, p. 108) : « Officio délia D. V. M. tradotto e composto da Mario 
FileUo, poeta laurealo, in Venezia, per Bernardino di Cuori, 1488, 
in- 10.1' 11 existe encore plusieurs manuscrits de cette traduction ; l'i- 
nelli (Bihl. Pinel. t. V, p. 98 et 99) en possédait un dédié à Maddalena 
Torella, marquise de Final et comtesse de Guaslalla. Kosmini [Vita 
di F. Filclfo, t. III, p. 106, note) en cite un second qui se trouve dans la 
bibliothèque de Trivulce, avec cette diiïérence qu'il est dédié au duc 
de xModène, Borso d'Est; enfin Bandini en décrit un troisième, Aoie/Ze 
LUI. di Firenze, 1786, n°^ 41 et 42. (Cet article corrige une asser- 
tion un peu trop absolue de la page 432.) 



V. 



./. M. Philelphi F. f. Epitomata ad illnstrem Sigismundiim Malatestain, 
Arimini principem, in IVlihellos ab auctore distrihuta... WoUerbyti, 
1002, typis Sterniis, in-8« de 170 pages. 

L*édi((HirdecelivreestSam. (jlosius,de Breslau,morten 1678, qui 
le puV)lia sur le manuscrit autogiaphe de Philellé, donné en 1052 à 
Florence, par Carolo Dati à lleinsius, et par Heinsius au duc de 
BrunsNvick-WolfenbiUtel.[Cr, Baillei, J»//. des snvauts, t. IV, p. 298, éd. 
1722, 4", avec la note de La Monnoye; — Burckhard, Hisl. Bihl. 
Aug. Wolffubuiteli, t. I, p. 114.) Celte édition paraît avoir été réim- 
primée sous ce litre : J. M. P., diicenlisahliincupud llnlos rlarissiwi, 
Canninn Elegiaca e Ms.aulograj)honwnc primiim édita, Francf. elLips. 
1090, 8". 



«l'PKMMlK l(»*J 



\| 



( iM* versitin laliiie en proM' d(> VOdytwt d'Ilonirn*. Venise, \Tt\Ct, 
;wT lleniurdinum Vrnrtiim de Vitalibiu, fol. — ÏAt liln* |M»rlr l»M*ii fx-r 
FniiKwum l'Iiilrlfitm, mai» romnie celle version île Kr. I*liil<lf>' 
n'est ulisoluinenl pus connue d'ailleurs, el i|ue l'on sait par 17 
IV. .'{<.(i(i«* la liilili<i|lH'<|Ui' S;iiti.iiitr ipii' Marins s'en «-(ail au «i*ii- 
iraire occupe, il est assr/. pioli.ihie <|ue le libriiire aura dépowilé 
le (ils moins ^Morieux au iN'nelice d'un (W're illustre {Cf. Uosmini, 
Vil. Fi . Fil. l. Il, p.U.*»). - (Oliei-diiion n'«*sl pas indiipn'e flans le 
llibliinjrnidiisrltes I^Jivnn d'Ilofruiann. — Fd \ 



\|| 



\ ita Ihiiilm .\lttfhfni a J. M. l'Iiilelphu $cnpla, nunr pnmum es roéice 
Lnuvenùanu m liirrin edtta a Ihm. Mureni, Florenli;f IHiM, M*. 

Voy. Anlolmjiu, Février IH30, p. Iir».~ Col ouvrage de M l»hi- 
lelfe, cilé assez, souveni ■ y i. a con- 

serve la mémoire d'une // • «rile |Mr 

Dante, en prose italienne, mais qui n'existe |>lns maintenant. (Cf. 

Mrlins, Vil Ainhr. p. IT'i.i 



VIII 



Muni f'hilelplii fMtrta- laureali f'armfn ad Hith. ValluriuiM. 

l'nitlic dans les Carmtna illiuinum portarum lUiUtrum, Kiorpuiia*. 
I7l'.»-i(i, I. VII, p. 108. («iW. Uur. Meà. Wui. \Lvi, n* 3. .\I<hiI- 
lanc.m, lliU lliU p XM. \. - J.-l». Tomusini . lUhl. IVn. .1/*. 
p 'li.) — C'est proliatilt'inrni la même pièce qui S4> trouve dans le 
manuM'i'it 7i<'(7 de la liil>lioihe<|ue im|M>riale à l*ans, à la suite di* 
l'ouvrajje «l«' HolH'rt Nalliii .. .. , 

/. hiui i:. iid l{. V.rl. V. 
diil/i Mninirxiir, etc. 



M" ai'I'K.M)h;k. 

Felices Italos et nostra volumina lingua, 

C'iare Rob<'rte, toa, militixquc decus. 
Exstincti reges duduin jacuere ducesque 

Signaque summorum diraque bella virutn, etc. 

« Hic codex charlaceiis, oliiii (^olUeiliiius, aiino TiO.'i exarutus 
n est. Ibi coiiliiienltir U. Nalluiii itiiiiiiieiisisde Uc Militari liiiii XII : 
« sul)ji(iuiilur ad calcein Hasiiiii Parmeiisis, .Maiii IMiilcl|ilii, cl M;i- 
1 rii Arimiiiensis caiinina f,Matula(oiia. 2" Kjusdcm Marii Aiiiiii- 
'< nensis Epislola de Inscii|»ii()nc a se Kavennu' inventa. H" K. Val- 
> lurii ad Mahonjet Hey, sultanuin, quum ei librurn siium niitleret, 
• epistola. >- Note maimscrile tirée des papiers d'A. Lullm. (Noyez 
Vie (le Marins Philclfi'.) 



IX. 

Le flan des huit livres de la Laurenliade (Cl". B, Ouvi'ages manuscrits 

n" IV. ) 



P.. 
MANUSCRITS. 

I. 

Dans la bibliothèque royale de Tuiin on trouve le manuscrit 
K. 11. 2G de Marins IMiilell'e, cité par Monlfaucon, contenant un 
poëme divisé en deux parties, qui a pour titre : Joannis Marii Phi- 
lelphi ad iJlitstrissimiim atqne inclytiim principein Gullielmum Pahralo- 
gum Montisferrali Marchioiiein pnefatio in utrumque Muicirœ Carmen. 

Les premiers vers de la préface sont les suivants ; 

Nullius ingenio satis aptum munus adivi 
Qui, GuUielme, tuo nomine digna canam. 

Après la préface suit l'argument de la première partie du Carmen 
Minervœ, qui commence : 

IJella viri ijua? suiit olim insigiiita triunjphis, 
F.t fusas acies et déportât a trophiva 
Tune recitabo caneus. 



krpK%t»u:r.. I ' i 

\ l:i rniilii iiKiiiiiMTit, fiil. 01. «i» ln«u»«? un :iiiir^ fK-Mii" ïi.tIùmi 

ilii iiH'iiM* MariiiH l'hilflf»- i|ui a |MHir tilri* : ' Vi- 

rio l'hilrlfit ali tUuttif fd imliin Mifiaor (ÎU'il'-'- rte 

rfi .Mioifi'rnilo, tir Ir hiuilr Palhdir. 

lueliio, tiirnoriU. eeerlao «t ul« 



Sur !•' pmiiicr fruillcl du iiiaiuis<Tit ou \oit li's ariii«'\ Ji* b uui- 
Miii (1«* MoiiirriTut uvt'f If nom <lr .M.niu!» I*hil<*irc, eu cJiifTn* avec 
(li's rarachTfs «l'or. 

!.«• nianuM-rii |iarail «Hrv <'><Til à la lin du quinii«iu<' siei'Je. (Noie 
lirif licN papirt-^ <r\. I.tillin.) 



Il 



)liiii l'hilrlfihi l'.diwfu ilr Landibni Agrt VeronniMi, »</ Ihnmiitntt Kr.n. 
•Iiiim Yrrontr pnrfrrlum. 

I.f iiirnif oiixr.i^'i- v trouvait dans la ItihI. Saihanlr, n* .'i57, 
sous Ir liliv tir Vfnma. X(. MafTei, Vrnm. Illu%lr. I. II. p. liiH. Ti- 
ralMiM'Iii, I. M, ii, p. !21Ki. i C/osI un |MM*nii' en trois rlunls i*i ru 
M'n lirxanirtrrs. Il m' trouve autksi dan<( le n* K.'ll.% de la Klilii»- 
lhr<pir iuiprrialr a>«T Inmucoup d'aulrrs piiVi's : rKlojjr d»- tiror^fi 
ri dr s:i laniiilr ; - l'Hisioirr dr N«*ronr, «ka de<i<"riplioM ri «•••llr dr 
M** enviixms; — Klog»* îles Vénitien» et de leur jîouvrrnrnirni. 



III 



J«. W'ii II l'i, I rf 

l'intir liini ' . ihu» 

cardinal, li. .1/. primu» I /m itbff el m cmm pnrfatio rie- 

ifinra \ la lin : (tpu* •nnu,; aurions NMim erlaro téma mitjt 

nil»liotlm|ur ini|M'rialr. n' >CU\H, inl*. vél. t44i f. TroiA litrm 
d'h.glogu<*s. Va' I\ du lUgahlius. aiitjuri «r nt'uril rst dimie. doit 
rire /*irr»r Hiaiio, rrrr cardinal en l4Ti et ni«»rt ««n liTi. l/i»- 
tiilurr es! la mrnir qur rrllr dr \'.\mt/na. Kn l<H«* dr ce recuril ou 



172 M'I'KMMCE. 

lit cette épgramme d'un certain Domitins (Dom. Calderinus, com- 
mentateur de Martial, mort en Mil h qui prouve que les poésies 
de\Marius IMiilelfc; n'élaicMil pas j,'OÙt<'*es de tout le monde: 

l)iiin MiPCfiiatcirv faciurit le miincra, tV-trc, 

Lnius, et vates dextera larga fovet; 
Kcce Maroneam tentât novus auctor aveuain, 

l'.t st répit ad lassos fistula rauea buves. 
Ilic tibi Vergilius voluit nunc, l'etrc, videri : 

Sed maie cuni dictet carmina, pastor erit. 



IV. 



,lo. Marii Philelphï Laurentiados Carmen de fdlis orluque Laureutii de 
Medicis, propria Philelphï manu scriplum «" 1-47 4. 

Voy. ^ Catalofi nf the Uarle'uin Cuil. af manuscripts, London IToO, 
in-f", n" SoS'â. — Dans les Carmina illuslrium poetarum llulorum 
(Flor. 1719-26), t. VII, p. 168, on a publié un plan des huit livres 
de la Lnurentiade, adressé par M, Philelfe à Laurent de Médicis, 

sous ce titre : -)/. Pkilelphi Tolentinalis ad urbis hlorenha' prin- 

cipem, Laurentîum Medicem Laurentiados argumenta. L'auteur témoi- 
gne qu'il espère beaucoup de la munificence de Laurent. 



Jo. Marii Philelphï Poemalum libri. — Tigurini scriptus «" 1 i.^8. 

Voy. A Catah of the Harl. Coll. of manuscripts, n° 2005. — J'ignore 
ce que contient ce manuscrit. 



VI. 



iMurii Philelphï, A. et u.j. D. Equitis aur. et poetœ Laiireaii De eom- 
munis vitœ continentia ad Xistum Robur, Pontif. Majc. 

« Di queslo bellissimo codice aulografo dall'autor dedicato al 
Pontefice Sislo IV, Iciigesi nna osatissima descrizione alla |). 7(1 c 



S4'g. (Jirl (jalal. iWCimI. maïuiunlU délia famighu Captlmyt et Mam- 
lora del tignnr .16. don Gior. Andm. » iKo&mini. \"Ua dt h\ Fit. t.lll, 
I». loT, iintr. ((> mamist fil |>;ii lir (l«* la famill»* \rrivalK*ne, 

a .Maiiluui*. Vu\. lUitimlli. .(- \ii. Muulo- . |». l.'t. 



Vil 



i'n' Oraiwne r aUiine allre ponte llaltanrf Laltnr. 

Voy. ItuiKlini, Calai. Cad. Mu Utbl. Laurent, vul. III. p. IW H 
\i»l. V. I». iri.%. Tir.ilH>S(lti, I. ï\. I». liT. 



Mil 

i'.mmta». — Ad Mai^nantmHm et /nr/ydtm t'.atmum Meduem l*nmatem 
Florenitnum, l'.utnttadut l'.ormen prtmttm. 

\o\. Itihl. Mrd. IMui. .14,Gwl. 43. - Mehus. Vil. \tnf.r.., p. ;n»;. 
— KalHoni, Vtl.Cuamt Mrd. p. ITi.— ho&iniiii. l. III. p. loT. — .Mt>- 
iriii, lltbl. délia Tutrana, l. I, p. ',Vt\). 



\\ 



Elfgtet a la louange de (lutme de Medtcu. 

Voy. itaiulini, datai. Codd. Ut. l. II. p. 15;». — Tiniboschi. l. M. 

II. p. *H». 



X 



Mant Phtlelpht pnrfatto in optu l$otltéo$ mi ng. Mûhltniâm (qi 
Man<*m appeUat). 

\.*y tliM. M, i. l'iut. «M. CimI. li. — MchM, l 
— Ii()>miiii. I. ill.p. liM. - Il s agit in de Ia0lf« (^r i /, . 

fcninu' de Sig. Malatt'sta. l'no aiiln* iMtiia Nttgarola a été célebn^ 
IKirTubia «loi Borgo. Voy. MalTfi. Verona lllustr. i. II. lib. m. col. Htt. 
AfTi'i, S'iiUiii . /•«iM«i./. i. II. p. !'.»' cl Miiv. 



i7i Ai'i'hMtK.i:. 



\l 



Tn [KX'iiie sur les Tnivaiix il' Hercule, rn seiz»; livres. 

N"322, ms. lat. de la bibliothèque de Modène. Le premier ealiiei- 
inan(|ue; le second ctniinieiice pai- ces vers : 

Qiiod si nostra nequit te flcctero forte ruina, 

Cl le poëine se termine [>ar celui-ci : 

Merciilis hac siniiles possint commiifere votum. 

Vient ensuite l'épigraninie : In invidos et detraclnres; puis : Marii 
Philelphi manu prnpria. Lïher donn datiia ill. Iferntli .Ef^lenfii quarto 
kai. hinnis, 1 4(vi. (\vx ouvrage est à la louange d'Heicule I" dEsi, 
duc de Ferrai'c, et successcjir de Rorso, en 1471 : IT-i liinre du 
manuscrit parait èli-e la même cpie celle de l'.l m i/ris. 



XII 



J. Marii Philelphi ad ilhixlrisfumiim Borxiitm Muùiur Daeem Marehin- 
nemque Ealeiisen prœfalio in opus de Bellicis Arlibiis et Irhanis. 

N° 222, ms. lat. de la bibliothèque de Modène. Il commence? : 
« Majores noslros Graecos Lalinosque in onmi rerum génère disci- 
plinarnmqne pei'doclos... » — Il Unit : < ... Kl spécimen conlinen- 
tissinne ac liberalissim;e tua* viue enarrandum allinel. T./..-. " - 
Ouvrage en prose qui paraît être une espèce d'hisloiic liiieraiiei?) 
où Marius passe en revue les principaux auleuis de raniitiniic. 



Xlll. 

Libro di Men. Marin [*hilelfh, doltnre, cavalière e poeta, duamaln Ch/- 
cephila, c inlitoltilo al nobile e fiencroao fiiavane (luido Antnnin /i- 
IjHuulo tjià dcl mafinifico Gitido Antonio de' Lamhcrtini dn liolofjna. 

Incomincia : <> Proemio all'opera cliiamata Ghjcephila , ninipha 
l>olognese.'> In line : •' Oui linisce rop(;ra cli. ^'///r.N. Bol. inlil<>l:ita 
al gon. giov. ("•. .\. de' L. c composla dal magnilico cavalière .Mi'ss. 
Maiio IMiilelfo, cc< 



VPI'K.NUU.K. 175 

>!anuH«'iil sur vriiii, iii-4", do la bihliolW'qin* «Ir Mod«*nr. • Tulia 
l'opéra non <• chi' un roiiiun/n rotih'iii'ntc ){li aiiiori <li DtMfotMt 
K:iiiil>«Ttiiii coii (li'lla (•l\r«-|»hil;i, il (|iiali |mto iuhi vUImtu il liiie 
(Ifsialu, (•«iS4^iiilii Hiala la iiNiiiplia iiiaritala ad altro sug^*-!''^- ^^^^ 
(' in prosa (;omi|x>sIo : ma l'autore \i ha invrittc deiitr^) (|ua(ro 
ranKoni e dur li'lliTc, cio«* pi'"!."»!! ■• ii(H.vi i in .Im- v..niiii .lif- 
fuse. • Quadrio. t.lV. p. 141 

\l\ 

M. l'itilriphi itratio dr tu tfuw m matfittrutu rrtfutruntur, habtla aputi 
Inhiinon pleht» rt trnatum pupiilumifur Uonontensem. 

A la lin : « Haliila Itônoniu' m idus S4*pii*ml>ri.s IKîl. et pridir 
illius difi «-si niila ipiaiii laplini » lOf. Ibudiui. (Mial. III. tul T'»'.'- 

W 

luiluim Salynr m rnlijii^ rifuihnn. Ltirraturum Ihclarumqne faculla- 
tiim omnium , Humitumi^ur l*ai»tmorum et l*uetarum laureatorum 
quua pauh unie Imperalvr Fedenciu iiuigain/. 

MainiM-rit di* la l»il»liMili.><pi<' Saihanl»* à Vénine i.t. Maiï«i, Ver 
III. {. II. p. HW. liraltMs. Iii. I. M. II. p. i:»J. - Il «unniH'Ucv 
ainsi : 

llmr» liiuti J »\ I. I a lî.i.ju. 

I.aufi-d UTia iloiiii. 11% (i itiiiiii» 

Porta coronrtiir fetia, tinv inunnurp, frupdr. 
rt-mpiii il' •■ 



\\l 



fin. 1, III, t i).ii-«i/-> riiii\/-i I >■>■* i/zilM la /ft/'/l"'''^'""* ''<* S/i<i>/- (ii.iij.fiti 

'I Turin. 

\h'\ sttggiuinodcl Fitfifo in Ttirino abliiaino uuch<* una pruova 
m alfunr porsi»'. «h»- ivi s^' m» ri>nM*r\aii<> nrlla l'i' " li S. 

Ap>Miii(>, srrillt> da ipiflla < iiia •• (]nasi lulli* a nu > h«*|«* 

lairrma, di rui già vrjt <pi(*l («Mlicc. Hue di i*vm> hanno la data dri 
I4'»r» !• dt'l !i.*»7.» TiralMisrlii, i. VI. p. Iné". n«»lr. Ji- n'ai pu 
avilir à Turin amuii n'iisci^iirnu'iil sur ri>s |MM*sio. 



i7(i AIM'KMUC'.K. 



\V!I 



AMYRIS 



Ce |jOL'iiie de Murius IMiilelle, qui lenreriiie une histoire veisiliée 
de la prise de Couslanlinople par Mahomet II, et des brillants succès 
dont ce prince lit suivie celle mémorable conquête, ne nous est 
parvenu que par un seul manuscril (jue possède la bibliothèque 
publique fie Genève. Ce manuscrit est resté pendant longtemps ab- 
solument inconnu, ainsi que cela est établi par une lettre du célèbre 
bibliothécaire du duc de Modène, Tiraboschi, adressj'e à Senebier ', 
et comme Tiiaboschi lui-même l'a confirmé daus son IJisloire Je lu 
Lilléralurc ilalienne. Ami Luilin avait rapporté ce manuscrit d'Italie, 
et dans une fête académi(|ue il avait prononcé une harangue latine 
sur r.l;/i//ri,s. 11 en fit présent à la bil)lio(hè(]ue publique de tienève, 
où plus tard Senebier crut, en le mettant en lumière, être le pre- 
mier auteur de sa découverte'. Son unicité depuis lors s'est chaque 
joui" mieux constatée par les elforts inutiles laits dans toutes les 
bibliothè(|ues, d'Italie principalement, pour en trouver un autre 
exemplaire. 

La date de la composition de ce poème est aisée î» établir au 
moyen des données positivt^s (|ue renferment soit le poème lui- 
même, soit YElégie de Marius Philelfe*, dans laquelle il énunièreses 
travaux. Dans cette dernièie pièce l'auteur parle de son ouvrage 
sui' la prise de Couslanlinople: 

Romaque Turcariini capta furore nova. 
vSon poème élait alors divisé en trois chants; à cette époque 

* Senebier, Catalogue niisonné des Mxs. de la ville et rei)ublique de Uettcve, 
177U, in-8", p. 2;iG-2to. 

■^ T. VI, p. Il, p. -2t)6, édit. Modeii. I77t>. 
"• Senebier, Catalogue laisonnè, p. :23li-;2l5. 
■' Vov. page 156, vers 28. 



vi'i'KMin.h. 177 

Marins IMiilrKr n'avait pus iMUon* <|iiaraiiU'-<iiu| ai». {)iiis4|tril dit 
|M>slliv<'nH'nl : 

Nuudum lu»tra ouvrai Itwui. 

O'riaii 'liMir avant li'l qn'il riHiinirm ;i n< |tniM|u'il riail 

ne «'n I i'il», à (U>nstanlino|ilr ; jr «lis 1/ - i»:iir»« i|nc n* 

|H>«'in«' n'a pas trois rlianis M-nlrnimt, mais >iuiit 1 , 1 1* qua- 

trirnn* chant, dans l(*()Ufl il est i|iirsiion «In pn 1...' •. ,,«■ di* Scu- 
lari par 1rs TnrtH, l«'<|in'| i?st de l'an I 47 1, dut «Hn* iom\nm' |mis- 
Ifrirnrrnu-nl à rrl ('*\«''n«*ni<Mit 

D'aulrn part, Marins, dans it iMn-nn*, s'adresse à (ialeas-Marii* 
Sf(»rce, du«* d»* Milan, |M»nr le runjurer de »e meure à b HHe di^s 
prinrrs rhr«'ti«*ns, et dr «onlenir par «in«* li};ne, dont il MTait 1 ■ • 
et le chef, le Ilot envahissant de la domination tur(|ue. Dr. (..li- -j- 
Marie Tut assiissiné le i6 di^'cmlire 1 176, et comme il eût élë fort 
ridiinlc d'ap|M'lcr snlcu'i. "* 
la chrclicnti", di-rhinr p 

tont entière aux armées de Mahomet, il Tant en concinre i|ue le 
ipiali'irme chant «'st anlt-ricnr à crlte ilate de 1 ITt». 

lit niainicnani il tant o|isn\cr (pie Sinlari lut de nouveau assit^'c 
par les trou|M's di* Mahomet li en 1 17H et aluindonné h ce prince en 
1 17*.>, par le traite di* paix qui fut conclu le îfî janvier de cette 
annt'e à C.onslaniinople. entre le stdian et les Nenitiens, par l'en- 
tremise du MMii'taire fJKiat de Wnis*', Jean l)arin. Si l'achevj'ment 
dn (piairierjie chant «-lait postérieur h «et l'Vi'm'ment, il y si-niit fait 
vraisendilahlemenl allnsion par le |Mï«*ie, à pro|Hi\ dn premier sic^e . 
mais on ne trouve dans le «|nalneme chant aucune allusion de ce 
genre : il resuite au contraire de la mani«'re dont l'hilelfe |i:irlede 
la IcvVm' du siéf^e ronune d'un arte de simple justice de la |Kirt de 
la Divinité, cpi à l'epofpie où il «W-rivail S«ntari n'«"tait pas encore 
lomlie délinili\emeia au pouvoir des Turcs, et ce ijui aclie\e tie le 
prouver, c'est que dans le livre I on trouve, dans le diseuurs où 
lli'llone eiinmère à Mahoniet tontes ses conlp|è|e^ fniureN, une allu- 
sion i|ui ne permet à cet e|;;;mi aucun doute; <-ii eflet un \ lit les 
vers suivants (Lih I. v. 7I7-7I!H : 

Tu d<«in« Trll« 

Qum tihi faXu acftnt '. 5<eatariiii. nu* roiualr ■ — ■* 
Qm)d taxMm liht fata nt^aml 

De pins, le séjour (|ue fit Manus IHiilelfe dans la vill<> d'Anctme. 
\a de Ii7l à I i7t». Il estilonctnS.-v ' "' ' i 

la dnrtH' de ce séjour dans la \ill< .1 



178 APPKNDICE. 

prière duqu(3l iléciivit son poi^me, quo Marius Philelle dut l'achever. 

Knfin,il (;st iino dcrniôro preuve, qui me paraît trancher hi question 
dans i«; niôuie s(mis qu<' je; viens de le iaire à l'aide des diverses dé- 
ductions exposées ci-dessus : c'est que, dans le prologue de l'AmyriSf 
Othnian Lillo, en parlant de Marius IMiilelle, dit : < Annns jam natum 
ipiiiuiuajjintn. » Maiiiis avait donc cinquante ans au moment oîi son 
poëme venait sans doute d'être terminé, puisque Othman Lillo écri- 
vait la lettre à Mahomet par laquelle il annonçait et expliquait au 
sultan le présent (|u'il venait lui remettre. Or ce fut précist'uienl 
en 1470 (|ue Marius IMiilelCe aileignit sa cinquantième année. 

Le manuscrit d(! la hihlioihèfjue de Genève est sur vélin, petit 
'm-A°; ce qui augmente encore son prix, c'est qu'il paraît être tout 
entier de la main de l'auteur. Telle est en effet roi)inion de Sene- 
bier, qui l'ail ol)serv(;r que l'écriture ne porte point le caractère 
maniéré des copistes de l'époque, mais qu'elle olTre seulement des 
lettres cursives formées rapidement et à main levée. D'ailleurs, 
l'épigramme de six vers, adressée au lecteur par l'auteur, et qui 
termine le poëme, ne peut laisser aucun doute à cet égard; elle 
est aussi explicite que possible. 

Les arnioiries qu'on voit en tête de ce manuscrit sont un écu 
d'azur à trois quinte-feuilles de gueules, deux et un, au chef cousu 
d'azur, à trois fleurs de lis d'argent, brisées d'un lambel à quatre 
pendants de gueules, surmonté d'un timbre fermé et de profil, cou- 
vert de lambrequins d'azur et de gueules, et pour cimier un grilTon 
de sable, langueté de gueules, membre et armé d'une quinte-feuille 
de gueules. 

Senebier faitobserverà ce sujet que les armoiries des Philelfes pa- 
raissent être différentes de celles dont on vient de lire la description : 
on en voit sur un autre manuscrit des ouvrages de Fr. Philelle, 
qui sont d'azur, à une aile d'aigle éployée d'or; ailleui'S on les voit 
unies à celles des Médicis; dans d'autres manuscrits elles varient 
encore, mais cela a peu d'importance, car on sait que François 
Philelfe, père de Marius, les changeait assez fréquemment. 

L'importance de ce manuscrit, qui n'a jamais été publié, m'en- 
gage à en donner une analyse aussi exacte que possible, et qui 
soit de nature à remplacer une publication entièi-e du poëme, que 
rendraient oiseuse la longueur démesurée de l'ouvrage et son peu 
de valeur au point de vue littéraire. Afin de mieux atteindre mon 
but, j'entremêlerai cependant celte analyse d'assez nombreuses ci- 
tations que j'emprunteiai spécialement, d'un côté aux passages 
qui peuvent le mieux donner une idée sullisante du style de Phi- 



<I'I'i:muik. 17'J 

Iclft* dans s(?s iiior('<*:iu\ Uc |MM*sie décluimiloin*. de l'auln? au\ iiar- 
lalions qui moiveni un« ciTlaim* valeur au |H»iii! de vur hïMo- 
liqiio d»* la «in on<l Mi<«', que lo |MH-rno d«» IM !<• 

Irrs-|»MMi. |M(nr rf\;irliliid»' *U's faits ril»*s, av»*«- !• ■ ■» 

tournis par l<*^ hisloriciiK «If r«'|»ïM|u<'. Il est farik <Ji' »Vn ron- 
vaincro f»ar uni* romiianiivMi niinii(i«'UH<>, main qu il «Tail faMi- 
di«Mix d»' sni\n' i<-i dan« Ions vs d«>iatls, a\»*<* l«*s hisiuHpns (|ui uni 
pour snjfi la |»ris<* di* r/<tnslaii(iti<i|il<>. »»n partiruli«T avft* les oa- 
vrages (il* Lrunrlaviux <'t dr (Jialt iindyla^. 

Je dirai si-tdenicnl ici que les |>rin(-i|>au\ faits (|ue nous a|»|tn'ud 
le poi'uii' (If l'hili'lfe sont les suivants : 

i" .Mali(Mnel,«|uoi qu'on en ail |H'nsé jus4|u':i{>r('}M-uld'apn''^des l«*- 
nioignatfes |M*u(>4*treun peu olH<ur» dediversuN-rivains*. n'eniemkiil 

' liif (loi.- <!.• \ ,;!.,,.. . \.,,.., ... ;;,. .. ,,. i.. ., ,„y, ■• .,,i. ,.,,, ,,. 
p. ii) exprime l'opinion suivante : • Le* Turc* ne t'amnMUruI ffo^re à lire Wt 
ourrage» laiina; j'<>n excepte MnliAoïet II <|ul, au rap; ^ •X«adi' 

nu», natif dv l'KulH-e, dit in nniHimr lul Serrni** I' t^tiiti- 

tnutii Hrijrin Arili/"iiiim All>hi>munt, yra/tolt. u' r. 

iotui Te>Àrn Mii/iDinelu tl et ejuâ naturà.murt: ; : 

- In tôt tantarumi|ue rcruni perfimi, ut ila diiam. mini«trati<>uc, rtiam liirria 
' et philoaophitr op<Tain dare rooalur. Iial>et apod m- virum iu pbil<>»<>pbia doc 

• tiaaimum, lingua Arahem, qui quotidî^ cvrlo Imporc prinripem adenodi «t 

- aliquid auditn difrunm «ihi legendi poteatatm hftbel. Te««t pr»tereA duoa me- 

• dicot ((uorum unu* laltnf, alter (irvet Mt craditua Hia fiuBiliari«àa<- «titur. 

• foriiîi >tu yeteri» hitturio) ni<tniitntinm ' ut 
A»> Al 18 dr *a l^tlrni ni S. .|/. tim .» 
ilrlhi Htlii l itfMirliir, ,/i .V,t.|r<i . ,/i |.i, //,, |'., ,. 
pri'* un m*. île Nnx.ira, «-t il .luraii j u aj^nitir 'ji' ,v« 
nu«ti dam un m* latin roti- 4,Sii4, n* 30, et indiqua p 544. roi. I. f. III du f'<i- 

liiliupti Cwliritm %ti. iï»A/iolAer# reyMT.»— Voy. Dr tajf^-"- '- ' ■' ■■ » '- 

dan* la Vottrrt. de f'Aronif mm, par Borhoa, I. XIII, p. 

Haul Jove c4>nlieot, sur le même «ujet. le pêttgt aun.iut .1 «";; > 

licur. vin. illtulr. Iit>. lit, : • Uvlirum Mahomet hauc t«It> 

t< <>->i<>iii' umnium cerlam laudrm a bartiai «« 

I M^tiinalur, qui>d ri Hfi-rtnjm rt pri <« !' t; 

i|u.iiiiJo runotn* / •«• 

guatn jiilK*rrt, iii im 

exeniplorum varieiati- rnnfinnarvt, et ; le pnHertta 

iumigui lii>cralilate compK-ctcrriur. Nau. v.- ........ ipaoKvatarvm 

a liberto ejua Vicciitioo o<iuacri|iia legtmiu, venK)M ejoa ioMcise aamna potiu, 
quam Geotilw Iklliiiut a \* . rrgiam 

inulii» tabuli« rtTani novar . .i ■ — 

Voy. (iuilKl. WiJ/ «/. w l.p 17.- ' •»* 

<Ui hrt<*, liv. M, p. . I, SJ. — I 1*. 



180 Al'i'liNDICE. 

pas la langue lalinfi et n'élail guère soucieux de s'instruire dans 
les sciences du leni|)s; du moins Othman Lillo ne craint pas de 
l'insinuer fort clairement dans la préface adressée à ce prince; et 
certes il n'aurait pas, niémç d'une manièi'e indirecte, parlé à Maho- 
m(!l II du besoin on il se Ircnivait de se faire rendre compte des 
onviages en langue latine; par des intei-piètes, s'il y avait eu pour 
lui à cet égard l'ombre d'un doute. Cependant il esta noter qu'un 
jiassage du poëme de Pliilelfe semble impliquer que Mahomet con- 
naissait l'histoire;, tout au moins celle de l'antiquité, et confirme 
ainsi le dire de Paul Jove. En effet, dans le chant 11, en racontant 
la piise de Constanlinople, Philelfe dit que l'idée de transpoi-ler 
par teri'e des galèies dans le golfe de Ceralinum fut suggérée au 
sultan pai" l'opéiation analogue que Xerxès exécuta au travers de 
l'isthme du mont Athos * ; mais ce peut aussi n'être qu'une suppo- 
sition du poêle sans réalité histoiique absolue. 

!2" Philelfe attribue la jirise de Constantinople aux divisions (|ui 
régnaient alors parmi les Grecs, à leur mauvaise défense, et prin- 
cipalement à leur fausse sécurité. 

3" 11 dit positivement que Mahomet II fit transporter par terre ses 
galères dans le golfe de Ceratinum. 

4° On y trouve peinte, à plusieurs reprises, la terrible frayeur 
que causaient alors à l'Italie les conquêtes de Mahomet, ses flottes 
et ses armées. 

5" Enfin, on apprend par VAmiiris un fait de détail qui ne se re- 
trouve pas dans les historiens qui se sont occupés des conquêtes 
des Turcs à cette époque : je veux pailer de la destruction de Mon- 
castro ou Bialogorod, dans la Bessarabie; cette ville fut abandon- 
née et brûlée par ses habitants à ra|)proche de Mahomet ; les his- 
toriens se taisent complètement sur ce fait, quoique pour tout le 
reste ils soient parfaitement d'accord avec VAmyris *. 



Jove, est Jean-Marie Angiolello. — Voy. Bayle, Dicl. art. Angiolello. — Tira- 
boschi. — Augiol. Gabriele di Santa Maria, Scrittori Vicentini, t. III, part. 2''^, 
p. 1-8. — Sur Gentile Bellino, voy. Tiraboschi, Slor. delta Lelterat. — Lanzi, 
Stoiia pittor. Ital. 

• Omnia mente 

Cogitât iufracta Mahomettus, quodque ferebant 

Ilistorisc in Persas cuin niagnis viribus esset 

Velificatus Atbos (Amyris, lib. II, v. 071 et seq.) 

* Voy. Guillet, t. 11, p. 271. — Annales Tiircici latine rcdiliti a LeuncUnio 
p. 332. — Laouif. Chalcoud. lib. l.\, p. 2(38. - Ducas, p. TJl. 



M'I'KMiIlt.. ISI 

U'tiirt' iiii'iii*' (lu (MM-inc, Imi/rM, vioni <iu moi aralio thmir (tei- 
jîiH'iiri. uiii!>i «jiH* I ■ 'ifr, «l'apri-x \iiii I.iillin, pn-mipr 

|Mj!»M>NiM'ur (lu manu. us in»us iMiinmus. .Imv' ». «Iju* 

ce pocniL', e»t un litre frciiucmiiiLMil doiuif à >bli<iUKM. Ou (il dai» 

!«••» ,tr/</'/''* -' /.'■/•".. |. i' t : • \ ■ 

hiali.s iilii i|m> miIp iii> mil '• I I I I. \iii. I . •! 

cavel ' 

\a- ] ' Il |)ro.s4>, li ii<iusa|»|iieud ilauM|ut'Ui>^ 

cinoii- 

Je dounei-ai du ruAle au lecteur ee prultigue tout entier; il chl 
a(li'<*s.s«- à M.dtiinu't par Oiluiian IJIlo, d'.Xi. ' " ' 

ratlaclirnifiil dont la famillr drn Krrducci. > 

fait proffft&iou |Miur la niaiMin dt* Mahomet, vl b laveur dont Ullo 
Fenlucci avait joui auprès de son [wre Amunit ; vv Kerdu<ri, [wre 
(i'(Mliman, après a\oir e\«M't-f pendant ^in(;i-«pi:iire ans le « oui- 
mené à dallipoli, n'avait obtenu d Amurat la | i de (aire 

un \oya(s'e dans sa jiatrie i|u'à la rondition de i< -. Ii\er avec 

fta famille à (iallipoli, et le nom d'Othman que portait S4»n liK était 
un teninif^n.i^'e de cette faveur et de edie | ' n'a- 

vait pu cependant realis4*r. Apres la mort d'Auiu...: . hirci. 

les bon^ M)uvenirs ne s'eiïacerent (tas entre les deui maivins. 
pnisipie Mahomet II rt-mlii l.i liberté, lors de l.i 
tinople, a An;;c Kojdoiii, cendre de Krrducci '. tMii 
temoif^ne au sultan toute sa reeonnaiv^iuce pour ce «cnice, lui 
assure <pie des <•«■ mtim«-iii il lui rsi . 

deiaul «l'auli'e movcn de lui prouver ^' ' i 

de gratitude, il a pris la résolution de fuîn> |a&M;r à b prtstêrilë ses 
conquêtes et ses vicioirt'S. en le?» faisant ci ! ' t.- : il 

lui ollre donc le |MMint- écrit à son lionneui i .>l*hi- 

lelfe, et autant (]u'on en |h*uI juf;er |iar ({uelques |Mvs.ige». d |iaraîl 
l'avoir |>orte lui-même au sultan, à (^>nst.intinop|f. 

Voici le t«'\te coniplel de ce prolo^'ue, dont je vieni^ de donner 
l'analvHe succincte : 



• Scorbicr, Calai i/m .tf i. d* la bibl. dt Ctmtt*, I. I. 

* t/hiitoirv de la captivité H de la fkvvtir d'Anfe Boldoai Mt raroaiée par 
Ferretti, et d'apr>« lui par Giuliaoo Saraciai "^ ' t ' ' t ?'* 
106.) A. Boldooi fut concnl d'Ancûoe à Coiuf 

poar cooelore oae alliasoe «otre AacAoe, Caiumiuu «4 AKuii v.r.. ii.i. i^ 
p. MH, S77.) 



1S2 AI'PEMUCK. 

Ad illmliiKsimuin et viiirti.Ksiwum Tiunnum .\m\jrum Olhmaii LUIuk 
Ancouilanius pnrftitiDm'in in Amijridos codicem mis'it. 

Velus est l'eiducciis, majuiibus meis, cuni pneslanlissima l'a- 
milia tua, ô Mahoinelle, rex opliuie ac imperator invictissime, pie- 
talis ar (iilci viiiculum, à (piil)us ego degeneraturus sum iuisr|uam. 
Nam ul silenlio pneleic.'am reliquos, 1/illus Ferduccius, paieiineus 
inlegerrimus, apud Anioiallim clarissimuin patiem luuui, incredi- 
bili vahiit t'I aucloiiiale et gralia. Fuit eiiiui ab iiieunlibus suis, ul 
ità dixei'im, aunis Callipoli ea cuiii (jiiiiiium piocerum benevoleulia, 
niercaloruni fide, principis a-quissinii lavoie, ul in hune usquedieni 
nulla rubigo veluslatis e Callipolilanoruni nienlibus df'Ieveril ejus 
nonien. Kgil auleni luo in reguo, maxinia euni omnium laude, an- 
nos circiler quatuor et viginli. l'ritler fidem vero et inlegiitatem, 
qua meroatoruui omni generi jucundissimus et communissinms 
eral, (luam carus el ulilis ioiel lu.v palri;e bine liquol, (jiiod et 
mullas et amplas ei causas luus felicissimus ilie genilor committe- 
bat, ac i|)sius jcque fidebal indusliias |)robilati atque fidei, ac si 
ex suis alumnis aller essel. Al Saragias piîcses provincia', luo for- 
tissimo genitori tam gratus, quanti laciebat hune Lilluni! Quanlis 
eum laudibus exloUebant singuli, qui luis uibibus regendis gubei- 
nandiscjue ina-ficerenlur ! Ex juniore quaUs ille profeclus est, jam 
natu Miajoi- tua in regione dilior eflecius cunclorum benevoleniia, 
domum sibi peiegregiam Callipoli comparavit ea mente ut non essel 
urbes tuas unquam deserlurus. Delegerat enim ïuicorum princi- 
pes, quos tanquam numina et coleret in terris et venerarefur, tan- 
tani in luis majoribus Juslitiam, humanitatem magniticenlianHpie 
videbat. Sed denium in patriam revocatur a suis, et assiduis precibus 
accersitus rediie cogilur. Al non id priùs constituit facere quam 
bona liceiet Amoialtis sui régis venia. Solum enim hune stbi |)ro- 
posueral, et principem cui parère vellet, el ducem atque consulem 
cogilationuni suarum omnium, quem andiret sequereturque conti- 
nue, cujus injussu nihil medilaretui', nihil exsequeretui'. Quare 
cum hune dominum de sue consuluil reditu, nedum est dissuasus, 
veium etiani Anconam prohibitus regredi. tam erat pra^stantissimo 
patri tuo el acceptus el jucundiis ipse Lilhis. Veruni cum rursus 
ilerumque ab agnalis, cognalis, alllnibusque suis revocaretur in 
pali'iam, idemque ipse crebrius latillinïum el perbenignum princi- 
pem obseciarel liceret sibi, vix demum exoravit ; sed ea quidem 
lege, ul ant rtMlirei non nnilto posi, aut assiduas de sua valeludine 



vri'h.NHHK. IH3 

litiiTJS iiiillen-t. Ail li;rc ^uii'iii, si juiig«'n>lui uxori, faiiiilia* rcgùi* 
nuiiHMi primo «lan*! «{urm hnhiiurus cf*et ex i'onju(;(' fiiiuni. I*r<v 
fiiisil oitiiiia Lillus, et rr<lituniiii M*, nisi ronrlii*- " 
(IrslilIKTi*, et s<'ri|ilunilll illlr|-«';i H4-|II|ht, f( |iliii 
(UhiiKiti vssc v(K-aliinini. Hnimitii v«*ro, (|u;im am|>li\siiiiaiii et fM'iic 
rc^i;iin liatN'tnit (ùillipoli, Thcotloni coiimiundavil cuiilam (ini'<-o, 
mi |MM' i(l lt'fii|>4iris rju^ urt)is inn>l:i' iiuii mofti(>rri*> ailliitM>H mh 
l«'lial VuU's, vu iiKMiti' lit <*oiiliiMiM rcvrrtiTriiir r^iili|Hititii. Ai riiiii 
ii('«|iiivn il Minnirii Knitfiifiis et voluiilalilHis n'fi-t^'aii. r|uonjm sin- 
gninnini (v*nsiliis, iil milHTrI, inviiabatur, mnrilali (aii<l«*in aMriii- 
gilur >iinnln, twv larilt* poti'si. ni snliitiis >aliiivs4M. ilrM-n-ri* <li«- 
muiii (lalriaiii : st'd ca lanirii in ^|m* |N'i>r\iTatial, u( ruiii tii riUnis 
p<iS84'l, rHin'l a«l luu». {)u:v <luo fucrani c;rliTa qua- proiiiiM'ral. 
«'1 somIm'IkiI a«^si<lii«', ilon. 
pivrahaliir; vi iialntn iii' . , ,, 

mine. MiMl auiciii Liurrniiim fVnlucrium Anronilanuin civem in- 
(Iiislridiii. (|iii sua ^t'it-nl (UiHi|N)li ar in univi*rs:i lu ' n. 

gniia. At runi non ninlio posi lii<-, arltitraliis m* t-<>i< i' n, 

noKiram n^^rn*. iluintini a pain' men i|u:i-«itam v«>n(li(fivsoi ndoiii 
(pi<«ni fli\i TIhmmIoio, non polnil l.illusid non ini; * 
non t'nini farirlKil niinoiis lialM-rt> (piidipiani in i 
i|uatn (pii*i<pn<l Anron:f (|ti:i-«ivivMM. lMli*n>a t(*m|Hiris i*i mus illr 
inlratio aninio. simunaipii» virdilr |tat(>r AnioriUi!^. o n>\ in\i< li>- 
siinr Mahoni»*n»', Uwf viiali fntnMiis ••si. ••« l.illus diiMn suprcniuni 
obiii ; <pinni<pii' hir, qnaimliii vixil, niliil a\iilius ronrnpivit quant 
apiiii 1 liiros \ivi>ri', nihil notiis majore |X'rsuasil o|>om, qnam ut in 
Icnnitia vestni' majesialis ^raiia stiam imilarmuir indiisiriaiii. S4*«l 
non priiis i>\ hac niorlalinin ilijjn'ssns est \iia. <|nani • i-i 

silfXjM'rUis iciiis. ri m iilnumpir parhMn vario ja<talu m lu. 

Nam et nbsuam .villiMiiam fl«l('m(|ue sin^ulaii'in algue pn»hiialeni. 

(pias o[M's runi mis silii n 

lilavil. 4'l lM>llis<|*MniMn in i 

ralamilalum ^'r.iilil>iis rompulsiiH eM. lieleriorem Miain rem efli- 

ceiv, lit 

Pamibni ambinuis TorluDa volnbilit «rrmt, 
t'A mancl ia nullo etrx* icoaxqo* loco. 

Poslquam falo rimrliis e*l l.illus ftatf^r ni<>u«, i*ffn, qui oh nominis 

Othinan ipio snin insi;,'uiiiis i 

\i(lrl»ar (letlitissinuis jîrnfii. i .i. , ,.. .,.. ^ ..j. 

lima siMnpor alqii»* mavima ev Tiin'orum fnil refjilmu. (|ern*\-i nm- 



184 aim'i:m)Ice. 

liiiiio ail Itiaiii (>\<;elle(iliaiii advolai*.', ({U()(J(|ue iiuiic suin deiiiuiu 
prosccutus, ('Jus me Lilli filiuiii dLMlaïaïc, (|ui laiila el ohscivaiHia 
l'uissel in tuos el ïuUt. Naiii cl jjosl relicissiiiii palris lui fala inuova- 
lum est nieis allinibus eliain cuin luu majeslate priscae benevo- 
lenliii' vinculuni. Angclus cnini Boldonus, <ui soror iiiea jam iiup- 
serat, cuique iiavis essel suis el nosliis onusla rehus el liulclier- 
l'iiiia cl opulentissima , in Conslanlindpoliiano excidio captivus 
facliis esl, et statim, quod Lilii dicerclur fuisse pfener, tua niu- 
niliccnlia et liberlate donalus esl, et l'ebus omnibus quip sibi fuis- 
sent communes cum noslris. Eo maj^isalque magis sum el incensus 
el inllammalus inconipaiabili desideiio |)r;i'senlein me tibi dedi- 
candi, dicendique : Ecce luum servulum Olhmau Lilli Ferduccii 
iilium, bnpei-alor invictissime. Scd ui'ii^(;bal anguslia rei familiaris, 
cof;cbalque comi)Oleni non esse mci. Nam el (\uic ad quincpic ac 
viginti nnllia nummorum aureojum emeral pater meus priedia, 
mulala foituna vix decem millibus obligarai pignora, ci in lantam 
estsobolcm dilatala domusnoslra, numerumjjiu'sertim t'œiiiinaium 
maximum, ut quo me volverem, qui major nalu guberno reliquos, 
liaud salis inlcrdum acciperem. Quid enim in lanla forluna' varie- 
taie inihi proponcrem spei? Unde in pessimis liodiernoium liomi- 
num moribus communique populorum avarilia auxilium imploia- 
rem? bi quo mihi in universa Italia principe, in qua civilale salutem 
milii paralam fidcmque proposilam exislinîarem ? Nam pi-a-ter alli- 
nes, prteter necessarios et propinrpios meos, qui sunt Ancoiue at- 
que in universo fere Agro Piceno infmili, ex mea familia Lillique 
reli(|uiis exstant lies el triginla viri fœminjeque. Generos sileo 
iiobilissimos, soroiios generosissimos. Al uibs quidem h;i'C onmis 
sine spe melioiis forlun.T in re noslra nobis esl conslitula, ul non 
meliore sorte, sed meliore cerle animo cogar ad te ire, princei^s 
inviclissime, non quod non idem jamdudum consliluissem a leneiis 
fere unguibus, sed quoniain quuni tempus expectarem quo elegan- 
tior ad te irem, ejusque Lilli similis qui lam carus erat felicissimo 
pali'i luo, vidcaniquo non modo non adcsse. sed abesse longius, de- 
creverim alicpiando polius vel sero egenum ad te ire qnani nunquam 
divitem. Tu enim, buperalor Mahomette cunclorum maxime, ut es 
non iniquus omnium rerum arbiter, ita menlem rimabcre, meam 
rem non spcclabis. Scis enim fortun;e qua' dicunlur bona pra'ser- 
tim in privatorum manibus nunquam esse perpétua, facillimeque 
\n\c el illuc commulari, ul quem dics vidil veniens superbum, hune 
(lies vidil fngicns jaccnlcm. Mens cnini Jiosira, (jua* polest et cons- 
lans cl injUMitabilis esse, a lam sapicnii piincipc considerari solel 



\ii'>M>ir.K. 185 

in vint, ut iiil4-lli|{uliii- (|ui:> sil quuiilii|uc cfiiM-iidusk. Ht* igitur vel dv- 
tei'ioiT fjrlu, furluii:! |ialns iiiei iloiiiiiiii tolaiii <'oiii|uaMaiil(*, roeiis 
OHt «'a in te iiiiiii, iil non aliiini durani in Ir-rris Mahomnium Tcu- 
rrornni pi'in<-i|tfni rrlicissiniuni, ar MTrnissirnuni si<lus «|ii<HMani. 
rnjns Inrc, diirtii ali|n<' ^'uIm-iikm nlis (|uo<l sii|mt(>s1 niihi vila* du- 
«ani, in<Klcrci' et roni|»cn.s4Mn. Tanta rniin suni «t^m (uani iuaj<>«la- 
(cm |)irlat<r, lidc, ali)ti(' (Irvolioiii». ut a lua vidratur |t«-n<l<Ti* «kalutc 
»alus nica, cnin lua sil inrulninitatc incoliiinilas < onjiUK la in<*a. 
Nain v.l pralcr an(i(|uani iiH*uruin in lu<is U'(|ui' ol)!»4'rvanliani. rur 
tf H colaiii ot vciwrcr, accf'Morunl nnn pana* quidom raliones, 
<|iiil)ii!( liiM noinini S4Mnp«T alliciar \«*li(in«'nliiis. (Jnis csi rniin laiii 
s^ixriis, IfinMis alipii* pliiinlMMis, (piis adco <»|)ius4i |K>('l«>rr, i|ui 
riiiii di> le lijis<|Uf n'tius lain .sinj^ulari cuiii iaude geslis qiiid()uaiu 
audil vt'io diri, non r.ipiaUir dcsidrrio \id«ndi lui, n i 

pra^'cps avidilalr M- lilii di'vovcndi, non llaf^ral inrriM h 

iii l«* Htudio? Nam »iv(> i\uiis ftesnisii r«*s Im*IIo, iiulii non m<Mio |MTri'«'- 
las srd ne co^^iialas (piidi-ni anlra. disi urniinus, !M'U i|ua- parr uii- 
nislras. nrnio ir nnn toiiioi- ait|u<- aninio major in\fnii-i |Missi( 
f(*rro, iiniio jusiior et ma^'niticcnlior lo^'a <^uarc runi ad le quo- 
«|ur vrnturtis rsM'in, ni-r i^noiarcm l'nsarum morem vriusiissi- 
mtim dortissiniornni omnium judicio romproliari, ul (|ui ad suum 
arrrdrrrt i-c^'«>m. nninus an«*rir| ipio indirartiur menti» ndfs.ciim 
n>m ampliori'm afTcrn* non povsem, oam cvrif alluli. (|uam tilii 
onmi ilH's;iiiro caiionMii fort* non duliitarim. Ou<nI m ul .\rla\cr\i'» 
ah liominc rnsliro, qui nil aliud poiuisM*!, «piam opiima incnlc v% 
propin(pio fonir undam allulil. i-l acccpit jurundissinif. «'I axidi*^- 
simi> liiltil : «piam lu juruudiiis an*ipii>s hunr dr lui» laudiliu<« nnït- 
rt*m rxaralum. a\idius«pii> pn-rurrcs, lum oiii furril ipiidpiani. n'% 
cgrc^ir, magnilirt', sId'iiU)*, summatpii' lum \irtul('al»s U* ge»lai(, 
nuMilrmipic m(>am inirrpr«>ial>«>r«> lidt'lissimani, (|u:i' prtNun'l im- 
morlalilalis lua- poss«>\sioui>m non vul^an-m. Nam rum audin*in 
assidue loi ai- lanlis li* landihus «Molli iii'«pi<>unl rnim \rl in\ili 
non hosli>.H d«> n'Inis ab hosir cum laudt* ^vsûs magnilk'c ItMpii i no* 
miniM]u«' lui gloria- jamdudiim diralis<«imus rvM>m. < i>(;ila\i «pia n* 
lihi ^ratilirari ma^is po>Min Tilii n*^na snni in Asia •■! Kuro|t;i 
«piani plui'ima : llirsaurus anti-hac inaudilu>. ipicm nr«pji* <irii>sus 
nmpiam |ioss4>divM'l. mi* Midas : omnis ga/a lam <>m clli-ns. ul non 
fncrit .lurliia vri liTla priu>. S*t\ |N>rlin<>l ad h*, prinrepsopiim**. im- 
niorl.iliiaii'Mi nnminis ila |HtNirris ri luis ri rcli : mcndarv* 

Ul numpiam di-lcalur Id nisi dmiiina liai fl«Npi< ..:..i ,.. vriplu- 
inni. \a^aiur hominis fama : slabili* vrro firnuimipir domirilium 



1S() AIM'ENDICR. 

iiiilliiin lialxt. Quuiii aiilcin roiiducul lilti tuus res summa cuni vir- 
tiiK; ,i,'est:is, coflicibus liisloricoiiiin et |)f)Otaiiiin (•el('l)iai'i,Ca*sai'is 
teslimoniuin airipe, (|ui <'\ .lùit-adiiiu ortus gciieie te sua* familia* 
successoreni voluil non indignuni suo el noniine, et litulo, et lue- 
rilis. Nani ne suaiuni rciilni deessct aliiiuando recitator, suos ipse 
coimni'iitaiios cdidil. UuanUj sit auleni et is Ca'sar. et Alexandci', 
et Cyius scriplonini ndhililatus pra'Stantia, ha-c est non vulgaris 
conjectuia, quod eoruni (ania jani pi idem esset extincta, sublatis 
iis codieiluis latiriis al(|ue gra-cis, quoiuni beneOcio sunl nun(|uan) 
inlei'iluii. 

Vivasln ijuidein utinani diu supercs<jue .\esl(ji'is anuos! al deiii- 
que nioi'iluius, si nihil de le sciipluni exlilerit, quani lama' posle- 
litateni r<'li(|ii('iis, (piani in hoc sa-cnlo gl<»riani, (pias landes tuis 
|K)Storis iniilandas ? Ad superos, dixeris, modo peiducar, niliil suni 
appelilurns. Al (|uid in hoc orbe laboiasli? Uuid die noctuque 
procurasii reium i,M'slaium merilis libi a|)U(l omne liominum ge- 
nus gloriam immorialcm cuinpararc".'' llar eg;*» cogilans virtnn in- 
veni, cum quo mihi snmma est et benevolenlia el t'amiliai-itas, qui 
communi doctissimorum omninm senlentia summo est ingénie et 
erndilione admodum lara, fpii(|ne ex tua isia nova lU»nia nains est, 
nobilissimoChi'ysoh)ia' génère, >hn-ium l'hilelplunn, arlium et juris 
utriusqne doctorcm, cqnitem anratnin ac poelam hinreatnm.annos 
jam nalnni (|nin(iuaginta. Hniic el rogavi el i)luiibns tandem induxi 
piecibus, (jni l'es hactenns abs te sirenuegestas innnoitantati coni- 
nnlleiel lillerainm. Kxaialum denique hac de re codicem versnum 
circa quatnoi- nnlHnm quadringenlornm, ad tuam detuli majesta- 
tem, ([uem, cnm otii noniiihil dabilnr-, j)ercnii'as, ac eoinm gau- 
deas inlerpreluni i-elaiione de te diclis ùiserlissime, qui et Latina 
tenent et Gia'ca et apud omnes vivunt opulentissime. Ocius hue 
non ivi, quonian^ non antea ]K)tnissem iioc aiïene donnm. Nunc 
erga le nieani et lidcm et devolionem non inipi'ol)a, princeps in- 
viciissime; (piin inio meas onmes miseralus calamitates ea Innna- 
iiitale caiissinunn cxcipe, (|na felicissimns Amoiaiiis paler tuus 
optimum lidebssimumque seivuUnn LiMum Keinhiccium excepit 
pati'em nieum, nec frustra me velis Otinnan, quod tuo el aniiquis- 
simo el ( larissimo ex IMirygibus est generi agnomenlum, appeilari 
propi'io a cuiiabubs nomine. biler eos me comumiera, (jnibus et 
uti potes, ut Hbel, et (|U()iiiam tna> smil majestati dedilissimi, alli- 
ceris pluiimum, favescpu' miiilicc. Nec idcirco id (juidem esse dic- 
lum exislimalo, princeps clarissinïe, ut abud ob hoc munuscuUnn 
rcfcrri mihi posiuleni, qnam nt apud ctlsiiiidiiiem luam gi-alia va- 



^l'J'KMlH.K. 1H7 

liMiii iii<-<|ui' (lili((as. M u laii(i('iii ai^M^iuar . inaiiiiiuiii iiH-aruiu 
me vigiliaruin oiniiiiim in le olMcnaiido. rolciuk), \i*neraiMlo(]U4> 
fuisse ntiis4-<-uliirii oflit iiiiii :irlMtr.ilHir . n*-< 
inilii ^loriaiii. <|iiaiii si i|iiriii •■! ^raiiili'Ui l't | 
ari|uisivcrim. {Ju'uï cnim vel aurtnritalis, vel diviUarum. vH h<int>- 
riiiiMliTss*' [Mtirsi. ulti lii.i iiuiluvju» "■^••m- 

|M-r fiiiiiius lui. (|(ii <-v !•. .1 siiiiiii» luo 

nuinlni dif'alis.sinii, s4'iii|H'r lua* giona- avidivMini. 0*«'(i<*n^ Uiliis 
|inl<T ni<*iis oliM'nnnlivsinius Itia- laudii^ i^dinirlial n divcrùs na- 
tioiiiiiiis Tiirros lil>i siilMiiios |H>r id li'ni|Him. qiio fnirikaltir hnr 
liirt* pnrsiaiilissiiiitis Ainoriltis patt-r tiiiis f<'li<-issiinii\. imimiu** An- 
roiiiiaiiis ciiiii navilius in liiain dilionriii n-iniiirltat 'f Nani <|ni al> 
lluniiis l*aniionil>(is(|iic raftlivi \rndrlKiiiliir. (|ij<ts smin* iu-in*l au- 
dii'c(\«' l.illiis, n»s roiitiiitio si-r>iliilis jii};tt sua \r\ gr.indi riini 
|MTiiiiia lilNMatial. lilN-riahMiut* d(iiialt)s m palriani »uo siiin|ilii, non 
|>arva<|U(> iin|M>iisa rcniilli nnluriquc iinMuraltal. noc \»nu% t-a in 
t'c uwnsrjns ipiirscrliMi. «piani sno noniinc \ 
Xtvst'l rondouato'» «••rio a* <-«-piss4-t. Nrr id s, : 
est, ted lam (piidrni s;i-|n', ui nonnumpiam Mm* maximo diM-rtmine 
rirri lion |»<iss«-( à l.illo, ipiip|M- (|ui ali ii> 
IkiIui- r.lii'isii:iiiiiruin hosirs, .1 (|n<> <pii | 

|MTllri, nHlucrn-ninr ad Tum». St^l m i% rral in tuos omnn pi«*- 
V.\U\ ni vri rnni onnii sni rapitis |M'riculo nihil ' ~ -«M nmit- 
Icrr, (|n<Hl ad Turcoruni. «piiluis snpni ni<Nlnin .1 u, ditus 

attiniTcl : ila (piidtMU ui (piiiuncpu* (nus in <'a> ur)M*« (|u«m|uu |>arto 
vel |M*i-v<>niss4>i. vel cnnipulsus rvs4*i, in <|nil»us Lillus csm'I. non 
|Mis.s4M ipiidipiani dultilan*. ncr cxislintun* sihi drfiron* |tnM4* ali- 
ipiid. Maf;na fuil (-ciit* pal«-r illc ukmis in aniaiida «•■nrmndaipM* 
faunlia Tun onini rt'gtini nl»s<-r\anlia <i lidr, nn- ulluni praterroisil 
oniriornni giMius «piiNl in se csst'l. S<*d r|rn in le. prinrift» inTir- 
lissiuir, onini ruilu \' i\i^\ 

patri Lillo. nrr in d' ^ aui 

aiTi'nMidis. Nnm nrlora qua-tiuc mortalia Minl el |M*rituni : |MTuni:r 
drsrrnninr hontinuni inlrriin : (ulalia l't ai )-«fi- 

flria «'urniunt : iiiliil rsi snti stilc lunaipic p< ,ii«n| 

runi virlulc gcrilur a \\ns dcK*tiii aiquc gravibu^ Himalt* ar runi 
dotirinn r«'<-iiatuiii. (,Miani ut» n-m vdri inim * ' " ' " in ni 

n)i'Uin lihris ;ip|M-||.iri. «pii di};ni \ciiiuiii < .i>o- 

nirnto virurnni. Nain ipia* dr ndins runi laii r^iii. iia 

pr.niiralioni* racinnl «'\rtdlrnii digna ni nud', "-■ lla- 

(|uo n> |Kin|N*iTiiiia ad (uani \n\\ niaj<'»lal<'ni, vd iui mi- 



188 APPEMUrE. 

mortalitatis hiijuscf ul iiuii(|iiain pciitiirmn a'i le doniim attuleriin, 
in quo te ipsum inluens, videas qiiam sis diligenler expressus, et 
me anies. » 

Après le prologue d'Olhman Lillo vient une préface en vers de 
Marins l'iiilelfe lui-mènie. La voici : 

Mani niiilrlfi urlium et ulriusque juris doclons, eqiiids aiirati, poetœ 
laiireati ac comitis , prcrfalto in Amijiida, nomine Othman Lilli 
Ferdnccii. 

i Oihman me precibus Lilli Ferduccius urget 

Ut referam Turco parta trophaea duci : 
Scilicet hujus opem speratque cupitque poeta; 

Carminé quBC gessit non peritura manu. 
IIiic feror invitus licet ; htec namque ipsa Latinis 

Posse ego qiiam mallem dicere parta meis. 
Et Venetis Turcos cessisse, Asiaque latere 

In veteri, Europœ deseruisse lares ! 
Non quia non meritus veniat .'Mahomettus ad astra 
10 Laudibus extolli Martis ubique cornes, 

Sed quoniam exosus sit eum tum pontificalis 

Ipse chorus, Christura tunique qui in orbe colit. 
Insequitur namque ipse omnes, cunctisque minatur. 

Esse Phrygum referens se quoque gente satum, 
Deberique sibi quœ stirps tenuisse Quirini 

Dicitur, et Cœsar quidquid ad usque Thuleu. 
Res est vera tamcn gestarum gloria rerum 

Non modo cum uostris, sed sibi cum Lyciis, 
Cum Médis, Phrygibusque suis, quique illa sequuntur, 
20 Jura, dédit primus quaî Mahomettus eis. 

Excipit hic nullum populumve, ducemve : subegit 

Nuper et in Cilicum sceptra superba sinu : 
Quin etiam Persas cumulato milite cœdit. 

Et cogit gladiis flectere colla suis. 
In Scythicos autem reges quœ castra paravit, 

Perdidit excelsas quot sua dextra domos ! 
nie ut Mexander, nec Graccis parcit, ut altum 

Tmperium titulis augeat et meritis, 
Nec reliiiuis, quoseumquo videt meliora fovere 
30 Régna; cupit dominus solus in orbe coll. 

Exosi hune certe sumus hac œtate l.atiui, 

Annibalem veluti Roma vetusta fuit. 
Sed post fata hominum totidem totidcmque legetur 

Sponte, ut et Annibalis nunc quoque facta legunt. 
Hœc quot ubique manu tentabuut scribere larga, 

Qiirp hoc iovo infractus dnx Mahomettus agit ! 



Ai'i'LNun.t. 189 

Wiue 4uaiu4u«in ytvilUa noue acripM* luvilut iu bottent 

Laudaudum vcui, iiun uui \rra (aoiiD 
Facta viri ingenio, nummiique rt milita multo. 
40 Et Itrra vt pclago <|ualiBcuoque rrttrrt, 

Nrd qua dtAcordi-* cliant »ua Alla l^liui 

Kxaffilant rebui draidiu** oovi*. 
tt Clir; .111 

iVr ! 

Hoc g' fi, 

il<>< uiMv velim. 

l't qu I .ivc pi-rdii Amyraa, 

t'oii' • ir ojx'. 

Ilvc ratio, ul rcfrram qutr griaoril hartrnu* Sllc, 
5U Me cogit, tidcabi ut tua damna mri, 

MaaquL' formiJvul, et furiuidaiu tcurv 

CoDtliiuaiil aiiiuii* in tua jura |iiit. 
KiT, MahoniHl»', |>r»H-<ir, j'aii^m^T •» Inn I illua 

Kacta v< 
Namque S < : t>a, 

(^uaiu muilcin ruerv* quam tu| ' 
Quia et ab Italico crrtut palrv, '-^l.- .i.jIKui 

Pneciprre Italiam quam tuetuiiae tuoa' 
Imo ubi ikitn Chritti \tgr» rt Jotaa trcntut, 
iMi l>c Mabtiuicttana uil mihi grutr tapit. 

gua> Il 

II» 

l.c (haut iirciiiit'i du {ioriiit- vsl iiitiiuU* ; J/arii VhtMfi de r%ta 
trlni^liif gfsltt itivulttstmi ifffis et tmprraiorit clarùnmi Makometti 
Turconim Ihiif nis. {'a,' liliv m* |-«'|tr«Nl(iil f\;n iniiiMil 

de iiirine, à la ^ n «• du dt-ruifr mol, a lu l«'li* d«* « liarun 

des i]ualix> rhanlH de VAmyri». O \\\rv. ronipie lOtl vers. Il dé- 
Imir ainsi [\. I-'.»| : 

i lliccrc ftTt animu» rt ^ ^r* |»vracta» 

Kt pace l't brilu Mahi>iL ^ ^ >n orhr 

NootrD ubiqur riria gravibnt nirabilr, ruju» 

Kama polum ccrrlce tubit. -; ' '' ifrromat 

> saturnut mrrilu. Mo<lo tu i . faTVfv 

Conttiluaa, Mu«;< . tiTraa, 

l't influant Tur. uiitur, 

^' .•1111», 



Ia' (HMir rai i)iii«- d'ulHiid l.t ■■•■^-•■i. < u. \|.i m i II. iiK d Aiiiu- 

i-al, el ri'\ieiil eiisuiu* sut l'idit* «'Xitriiiici- d<-ju daii!» sa |>r«'fati> vu 



!!)() API'KMUCE 

vers; il se jiislilic, poiir iiiiisi (lii<' . d'avoir choisi ce sujet, lui 
<lir«''ti<Mi (V. 47-lii) : 

Maximus olim 

Annibal et Pyrrhus, nec id idem credidit : amboB 

[{omaui ad summum metuenint, gloria quorum 
oO llistoria recitatur adhuc, Christique fidèles 

Nedum commémorant, sed et admirantur et ornant 

Laudibus eximiis (juidquid uarratur in ilHs. 

Fac Mahomettus ab his cretus sit maximus alter 

Annibal aut Pyrrhus, Cyrusve, satusve l'hilippo; 
b'i De Mahomettano non est mea cura cliente 

Dicere, sed quantus rex sit, quam stcvus in armis ; 

Quem metuant nostri, non aspernentur euntem, 

Ut solet anguis edax qui, ni caveatur in hortis, 

Crescit eis qui bus est formido immensa fut ara : 
(}(t Cogito ea invitus, sed res me cogit amicos 

Admonuisse meos, fidei qui sancta videntur 

.lussa foverc sinu, cruce quos signavit honestus 

Relligionis apex, ne fidant seditioni, 

Factio ne privata trahat quos pungit Amyras 

Philelfe raconte l'enfance de Mahomet, et peint le conliaste de 
ses goûts et de ses dispositions naturelles avec la dissolution des 
nifeurs baibares, les inquiétudes de son père et les repituhes 
qu'il lui adresse sur les périls auxquels il s'expose. Un songe 
change enfin le cours des idées d'Aniurat à ce sujet (v. loS-lT'S) : 

Inde etiani obscura vox nocte est visa referre 
Hœc ad Amorattim de nato clara parentem : 

155 '< Siste, pater, nolique animam vexare dolore 

" Pro puero, ut silvis instet, totusque feratur 
" In prœceps, cum sœvit aper, fremituque leones 
« Omne nemus complent, tigresque ursicjue rigescunt : 
" Fecit idem Hippolytus, Cambyses, Parthenopœus 

IGU " Et Cephalus, Cyrusque; duces fecere priores, 

• Quorum fama urbes non est moritura per amplas ; 
" Prœlusere etenim bellis, didicereque nervis 

" Spicula curvatis longo dimittere tractu, 

•< Hamentumque manu componere, vel leviore 

\{i'i " Interdum uodo pungentes erigere hastas. 

• Visne ut is in lecto marcescat'' Visne quieti 

" Usque adeo studeat, turpescant siugula donec 
" Menibra viro, fiatque alius quam dignus Amyras 
- Stirpc Amorattrea ? Parcat tua sedula cura, 
170 ■' Attiuc cat in cincros tanti uïens vana parentis. 



\I'I'I.M»U K. 



191 



Lt dcsU podiu ipiu, 4ttam detil «luuri 
l^udU, cl iogrniu refis «todioque virili i« • 



D'uulre purl. Mahoinrl reiiLoiilri' ù la chatuM- une douIilc a|»|ta- 
lilioii, Nrmis ri iU>l|oii«'. Vrim^ lui «itr If IriM»* <l«'Miii <rili|»|H ^ • 
n lui iiiniiiir au «(mlrain- llrrrulr :iu\ |>i#*«K <r(Mii|»lnl«'. Il 
aiinanl l'lnMre apn-s av<»ir WMluil Ariaiir. Javm rann'naiil Mitlt'c 
«II' la (^olcliid*', (V'sar iMilin lui-niriin' sarrifiaiil à Vriius. Kllf dé 
pn*ti«; la i^Uùrv niililainr ri lr% ( itiii|ui-li's, «jui nrmiMM la-iit |ia% Ut 
plus ((raud.s «•iiipirt.'» de disparailrf rn un jour. Kllf ajoutr «|Uf la 
ini'iiKiin* drs nmii» dure p«*u, «•! lui di-iiiaurlt* de l'oniliicn dr bcs 
au<'«'ir»'s il m* MtuviiMil lui-iiii'-iin- ; riiliii ««llf coiiclul ain*i tv. ilH- 
*>7) : 

\ IVlU- t'^i ' - 'Inlll « IVIIIt , 

Uiicotitr- \:'i- iiiortJilit prn-i! 

HKi llu"» ■iyl>a« ■ i'io 

.sil vita' Jui'undu« nmor. Mnt olia cara 
Utut MrYenl quodcuuque para*... rir. 

IV'IIonr, à son tour, adresse au Jeune prinn- »4»s r\liortaiiiiii<. 
I. 'amour, dit-<>llf, n'a rim ajouh- ;i la ^'loin* d<> tous Irs lirros qu'a 
ciU's Vt'nus ; au lontrain-, t;lk' engage Malionu'i à MingiT a la sir fu- 
ture plus (|u'à la vie présente, à imiter m's anntn's, a aimer t-ouimu 
eux la fîuerre. et à m- j«»uir du repos que dans sa vieille>M', apn*» 
l'avoir glorieusement aecpiis par les f.iii^ues «le m»s jeuiu*s années. 
lU'Ilone rappelle encore que l'anrienne (•réce, victorieuse sur tous 
les rliamps de bataille, «-lait une c«iulriv pleine de hèn»s el de re- 
jetons (les «lieux. Ions \aiilanls «'l inf.iti^able», el i|ui uni fait %a 
force par leiii>. i.'i;niilfs ;ir|iiiis \. liS-l"»<i : 

Si'il ^^•••lll» • '!« ;>it'i 1- 

Apprt>>»«t, itii »Ti*m DOC < ! 

liMI S^Tiu"», cl «i i|uiiii j.Ui :.tuf 

Mi>r nmi.irc ni "I ' *) r r 

1 

I' 1 . 

\( Uodcin ruit ifnis cdax «cl fui 
l kl A JoTc. qui rapiit qua* «uot Um t...... 4, 

VfI T«nil aaAÏduc qui rodai parta tyrannit*. 

\cl y:h ' int rnnalai.i 

ri «i . Ifm tupcrri! 

I ■ 
440 II ^ -.llrr 



1112 AI'PK.MlK i:. 

(;oncidit; œfjuaiitiir ciim ccisis inœnia pinnis. 

Discite, mortalus, virtuteiu ducerc s;iuctum 

Et colère haiic, quie sola potest efi'erre beatos : 

Sola facit viros inoribundo seinine cretos 
4-15 In templis sacra thura se'iui, precibusque litari : 

Crédite nec blando sceleri, cum cœca voluptas 

Vos trahit in praeceps, cum de prtcsentibus anceps 

Cura subit mentes, cum vana putatis eoram 

Nomina, qui tantas laudes meruere peractis 
i'.M Tôt rébus, sine fraude suis virtutibus usi. 

L'idée de l'injuslice, longtemps impunie, mais vouée néanmoins 
à un châtiment irrévocable, amène Bellone à montrer à Mahomet 
les Grecs sortis vainqueurs de leur guerro injuste contre Troie et 
attendant encore un châtiment pour lequel il n'existe aucune près 
cription de temps ; elle excite Mahomet à être l'instrument de cette 
punition, dont elle fait de plus à ses yeux une vengeance Icgilime, 
en disant remonter à Priam la race d'Othman ; enfin elle conclut 
en passant en revue toutes les conquêtes, tous les exploits auxquels 
il peut aspirer s'il consent à suivre ses conseils et à repousser ceux 
de Vénus; voici les derniers vers de cette très-longue déclamation 
(v. 720-727) : 

Quo classis abibit 

Denique, vi firmabis equos, vel saxa, vel aequor 
Persarum, Ilunnorumve adeas, series<|ue laborum 
Atque modus rerum quis sit tibi deinde futurus, 
Hœc sileo, récitera ne qnando volumen ab ipso 
723 Vate datum Phœbo. Satis est suadere : pareris 

Ad facinus quodcunque datur memorabile laudi 
Sœpe tuœ : hœc meraori si serves pectore, vivas. 

Mahomet a bientôt pris son parti et s'écrie (v. 735-81 1) : 

Arma sequor, mea Dux Bellona, tuisque 

Auspiciis majora reor quandoque futura. 

I procul, o Paphia numen venerabile in ora 1 

Sim juvenis quamvis, non sum sine meute, nec alti 

Expers consilii, nec me de pâtre créât um 
740 Credat Amoratti quisquani, quo pcrdita luxu 

Vita sit : at quouiam sequar iuimortaiia quieque, 

Non ego sum cujus leviter tracteutur amores 

A Venere insulsi, sed qui virtute per omne 

Discrimen statuam vitœ componere laudes, 
71*» Imraortale decus mihi cuncta in ssecla parare; 

Nco fortuna mihi, nec quisquam e easibus illis 



API'KMIK F. 103 

Qui iMiliti «iinf wtfi Icrnu comprrndcrr plrU'in 
Surripifi mcntcm mcrilii hinc inde dictUni 
guuiii : i;c«qor duc*^!!!** 

7:,<> lll..« y ■ namtria 

Vcoit ail .Kiiea pat m m 

Sua lio«t .r.nnu Ijliu a quo 

755 SucrvM«re duci sobole* rlariaaima primum, 

TuDc »olM>li pruin, tunr «tirp* tinr flac nilura 
At iim ('hald«N><]iie «olo i)uandu<|ur rafati, 

I ■ : ■ " ■' 

I 

"•Vi I 

V , 'ar« i:«niilluni. 

Aut Kal>iuni, t iinum<|ui- grari-m, fortrini{ur Mricitiiai, 
liifr I- 1 >'{<i- aiiiiui> Marcrllum, illu»<|uc (Juirilr* 

iiiano daicnint ra*tr« i«-naln. 
'.I • ' "vipiadir, Cmar, l*oinpria«, et illi. 
'j . iiuiiicrarv vrlim »i funiiaa. raral aiiiiu«. 
I 1 iiiia Miurla- 

Niiiii Inliur v*l II'. 
770 liat<{iif valrrc vir uuuquatu 

Vvl proerra niinu», vri ooo rubiula Tid«n . 
Indv lato rgrvinam mouuil ...i .i.,l.,.,ii.. ». ■. .t. n> 
Ct miht narratar, •«•« torr> 

Clp,..„ui». 

jzpc duoiauili». 
:<■ liawrrl* 

I !l.' :ij'r':in s'r.i-. '■ ^^l^ ^ '• * 

~Ni) KinittnHM «tanlraqur domi, flamniiaquc prrrmil 

Lrmiram. <i<* i|ua jam fattula ftugitur, loi"-'" 

Nuor Fj'jrtnanthvixiue jugi», a»ra<|ue | 

Vcxavit »r, Ix-lla luovrut furialiltu» arnii* , 

Nuiu*qur ('U>uuiri tpulia«il iiT^a lcuilU« 
7R.S t ri|.f.|.iii I uivrr oprram 

* ur«il>ii'> :i ' rotucrva 

SlTiiiplialitlat rapuii : qnaiv «1 M D«ll« bi— whruMi 

Cura in<*iuM|ui* viruro lolerit. «ni »rmp«r ia Uloa, 

Inque frro* l^apilhu fuit ar < armu. 
"UO Cumqut* cahalloruin hionuNti^ .. 1 

SvTiiipin, muiutria cxrrriiu». h ■ 

Xoo tnHuil, <|uatuio duiniiiut» driiit •■*%. . at<aiii« . 

Uuin pt lluairtn rh«-lt«iia ex urU- miiiamu. 

Iirryourmquc truocoi. mulloatiue «lU arir gigaalA» 



\..I1!..' . 


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Mil. î 




r..rfi..r 


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i \tr.»- 



l*.)i MM'KMHCR. 

79;) Suiripuit luci, fueraiit qua monstra perempta 

Alite sibi et iiionstris» exercitus ipse domandis. 

Sic ego qui in siivis versor nec |)arco labori 

Negligoqiie algorem atque înstum, nec vexor amore, 

Nec cupidus rerura rapio privata, futurum 
800 Me reor, iVlcidae similem non dixero, multo 

Sed non dissimilem, quem non lascivia vertat 

Fn facinus, non molle aliquod régale venenum. 

Quod si vera niihi promittit diva, locuto 

Vate quod illa refert, qua debeo mente moveri 
•SOo Nocte, die, stimulis ad (juaî mihi jussit Apollo, 

Imperium in Grtccos ut dilatare mihi tas, 

Kt sit in externos aliquando potentia reges 1 

Proh deus, humanas qui res conducis, et armas 

Justitiœ clypeo rectos sine labe clientes, 
810 Quique domas scelus omne, refer mihi jussa secuto 

Qu;e tua sunt; nani justa scio te cuncta probare. 

Les compagnons de chasse de Mahomet, de retour auprès du 
jcinu' piiiici", s'étonnent de son ardeur toute nouvelle; il leur de- 
voile sa soit de gloire et de cond)ats. Le grand visir (^halyles(IIalil) 
en parle à son père Aniurat,qui cherche encore une fois à détour 
lier Mahomet de ses piéoccupations belliqueuses; celui-ci persiste 
dans ses pi-ojets (v. 070-!)î)0) : 

Bello 

t'onstitui hauc aniniam vel perdere, vel sceleratos 
9SÛ !M\ rmidonas, nostro generi qui muita dederunt 

Olini damna, niea tandem confundere dextra. 

Hoc tu, care pater, debes gaudere, futurus 

Si sum major avis : crescit tua gloria, natum 
985 Si superesse vides clara virtute verendum. 

Nanique litabo tuo cineri quandoque Pelasgos, 

It nostra Jùicida; tam pulchra Polyxeua quondam 

Fertur amatori injusta ratione litata. 

Crede mihi, si sum post fanera forte superstes 

Sacra patris, faciam quacumque in parte jacebis 
990 Te sentire animo quo sim, quae plurima tentem. 

Son pèi'e, vaincu, consent enfin à le laisser se prépaier à la car- 
rière des armes et le chant se termine ainsi (v. 1020-1021) : 

Sic sic Mahomettus in armis 

Crescebat veluti cui sidéra cuncta favebant. 

Le chant second coininciice par la mort d'Amuial : 

Intorea senio ooccptus niorl)istiue gravatus 



AI'PKMtii». I *.>.'» 



I.iqiiit Amorallit ^iTa« rft.Mi>N|iir |M>iitur 
I r«lu« Fo Mabutuvlliu 

AllSKil«')l : 

Quant vu j»ii 1.-' ! .; • >■ 

Qiur facluriu «nU . . . 

il |itrii(i ntii.M'il lit* (Jiahlcs tllulil) «M de Sagancïk \7m^mh Mir «e» 
|ii-i>jc(.s coiiln' rrinpirt' ^rtM.-. Oliahlcs, :i l'iii * \iiiu- 

i;it a\ail nMiMT\i' la paix avin* Us (ir»****, v\ • oii- 

S4'ill«'r |)a(-ini|iir du sullaii avait élr rlH'n'nx'iil (ta\<* par l'or de 
r.niisiaiiiiiiMpIr sous If ri-^'iD' |tn'T«-deiil, veut i-oiiliniM'r avtt- Maho- 
iiifl la mr-iiir |H»liiii|iir |ir)M|iirii>«' ; il «i^l donc jinur la |»ai\ cl il 
drhiiir par des ar);iiiii«'iil.s pliil<»so|>hii|UP« (\. .*»K.|(N>i: 

(>«>ai, Mahomrllr.rrpalor 

( uitciurum. DoD tcrpira d«-<lit, an: rtfna fuluria 
iW l:< ,'i).iit, at rapiant, violrot apolirnique poprik», 

il t'iislant «inc \rg9 rim», de >rtninr qaoram 

Sunl rtiam rrf(Mi. Qitanqnam m major in illi», 

Non alia v%t naturu taii. ;it' 

I orpora ctiiirturuiii, n t wWm 

6S ll.'X \v:,v 

1^11.1111 l'i i\ . , • 

Mrntr %alu» : rcfr<'» <|iii>i »ui/ :it** 

Asayrii» eirnim in (topulta ul ; "-. , 

F.xrrapiuin pnrstarv potcat, vmrinaqiif w 
70 McpnihiiR, innamoroa poamm PHtniiiiMe t\rinn<>« 

Hm iiullit iiiiurrc bonU; laat nffi* aoU r*i 

î ' ' mnuu, ncc l«di r 

' itiir, »i>M n<M" «!■ 



Ni iiii MOI arbutia, nr^nl^nr 

Irv »u: ^ ^ ua, fomeoUi maliKua 

Sunl flammU mandanda, qnraal ni crtme v r i fcrau^ 
JtiMilia Tvgrt igitur rxxtrr qoot alnui. 
HU Ininiortalf dt-ru», nororoque td Mdrr* clanuB 

I ••ii»tiiii«rf «i!>r I injuau luIrruDl 
\rnia, ••! t>»i r». . 'imtilataqur nrgsa 
^•■' i"" ' •! '■<«r«« criar— 

II ^' ' . ; .ai» »H)uMlain 
N'. >.,, ,s V, ,.:..,• , 

>|.ilt.» iiiiiiy. in'. I , 1 '':' 1 ; r.: , ! :_ 

guff< lihi Jaatilia cal mm Thrarilnu* Hi libi juDrii 
Sanguiov, ai rpcir qwmu qaia mvoia Thnci» 
l'rhi» coniliinil. Kumana «relu» al> urbr . 



l!)r> APPENDICE. 

i)0 Constantinus enim, vel portus ductiis ainore, 

Vel quia Roina suo fuit infeiisissiina morbo. 

l'esse novœ voluit iionien inemorabile Uomae. 

Non sunt Thra'icii reges, non Palœologus, 

Hoc est sernio vêtus, de Thracum semine natus, 
95 Sed de Itomano veteri sermone relatus. 

Prœterea antiquas si rex sub pectore causas 

Bellorum servare velit, quis possit in hujus 

Tutus stare fide? Cunctis pater unus et idem 

Dicitur antiquus : geuiti duo qui variata 
10(1 Mente V)oui atque mali studiuni docuere sub uua 

Stirpe coli. Abeli probitate feruntur bonesti 

Et justi quicunique uitent melioribus annis. 

A fratris vitio veuiunt scelerata Cayni 

Seniina, si répétas causœ primordia tanta;. 
lU.'j Sive bonus fueris, seu pejor, plurima possis 

Aut pace, aut bello tentare pericula reruni. 

Ensuite il montre à INlahomei les Grecs obéissant à tous ses ca- 
prices (V. 110-119): 

Quid priccipis illis 

Quod non servetur? Captivis non stat asylum 
Quod fuerat quondara sub sacro sicpe Sophiae : 
Ut capiantur enim cum prœcipis, hi capiuntur, 
VA redeunt vincti. Cupis his majora? puellas 
I 15 Ergo jubé ut mittant proprias, ipsique catenis 
L'onveniaut stricti cara cum conjuge quisque 
Cumque sorore sua, pecus omne, utque omnia tradant 
Ornameuta tibi, quae forte domestica, vel quae 
Thesauris composta tenant 

Il lui peint les difficultés de l'entreprise (v. 180-152) : 

Thracum 

Mœnia non capies leviter, terraque maritjue 

Quic triplici fuudata solo super asira levantur 

Et spationon sunt breviore. llœc Roma vetusta 

Pins medio major : bissenis passibus illa est 
135 iMillibus, hœc autem sub septem coUibus instat 

Tersenis. Qujc turba queat tam grandia castra 

Implore ut possint obsessam reddere gentem 

Thraiciam? Adde autem varia quod gente ferentur 

Christicolœ hue multi, quis detVnsoribus uti 
140 ITrbs queat in uostros. Qiiid ((uod cum classibus illi 

In pelago didicere sequi navalia bella? 

Portus erit plenus ratibus. Tum nautica cernes 

Tela, virosque levés ad quapque incendia promptos ; 

Quiscjne domum servabit, opes sibi quisque tueri 



AI'l'KMtit.K. 11)7 

MrfK''' j'ir«» •iis»; p«rif*r •U-nurn^iHu» ho«M« 

ihrap 

A ut . . 

( kIiT.- l'Ii 

!.'><• Muntapliaiii 1 ^ _ , 

Majorum paire*. Ilcouê uam brila per anoo* 

lu Thracr» aialuerr «uU inr<- -'■ - ' 

Intrrdumqur orcrtn vilir, I 

Kiiliii il lui ij'|>n''si'nl«' U; «iuii^cr de voir la thniu-nlr, ri'vcillff» 
|tai- un si «i-hii^iiit sui'côs, M' li'vcr loui riilitTr |Mtur riM'ralil«T. ri 

il M- n-Miiiic :iiiisi : 

Kex Jii>tua jutia M>qnrm 

SagaiH's au «oiiiniirc est jrurir ; il vnii- [xnir la gurrrc ri w ih*- 
clart' non |M>iir U? r(»i jusie, mais pour Ir roi fori ; ihlivril lam^auii- 
ahHoliJc dans l(>s ver» suivanls iv. i.').%-i<'>.'ii : 

i'X* M iliui rx allô qui rcmil aingaU cvlo 

Conaliluil regv» rrffcrrnl qui nmle manuqur 

Siiigiila, cl. iil VI , lomamit 

l'iTtora, niino il . .irvnt. 

In rr^um • ' ratia. Hrg**, 

SlO n liliiiil, !• ia|f««qov 

l.ibtTlaii linrtim dcxlna aila : jure puirutur 

Accucart* uliquid, nier p«)««int. Quidquid ah illi« 

KCBciiur roiunlla putcni, «r^l siDynila, rrgum ; 

Nam qui quod %ulgo vjiiraïur frcvril, ille 
14.'> Rrx haud vt vili». »rd rririt in orliv minulrr. 

Suiil r iiimint 

*•'"' f ' nr^aoda 

f.*t(l Juraquc c<rpcrunl. pariler qujr viorala ponint 

SoUi-n-, iir tubdant rapal hia : avd aw p a a«r«ri, 

Sir|ir aiiu populiM rruriatu, verhvrv, oadv 

\'~ riiniov Mtlvaat, 

\nuuK>. 
S.V> ll.tc : • ooa p«»ti 

(uni - parvrt c««.i. 

Sint rt-iiqui, at i Mpptn in 

Si Joifi» c»»f !«•' r „ 'uati. 

In r«Kno qupincumque auo, Joria ira Iriaolcaoi 
HV\ Fulm«n ab cK-rlio dcmiuil acmprr (Hjmpo 

n «ibi cumqup plaçai, nec gutagoa» qiuvril ah iprti< 

<'ur poiiu* ^1 ' 

Qiinni ( ar| i mia 



lus ai'1»e\uh:e. 

Il iL'iiniiie plus loin su théorie de la justice royale par ces mois: 

295 Tune rex sua jura secutus, 

Sic volo, sic jubeo, dixit : pro lege voluntas 

Est régis suscepta, dei qui munere missus 

In terras, tenuitque locum sceptrumque ïonantis. 

Ensuite Saganes peint la mollesse des Grecs, la faiblesse de l'em- 
pire, et traite de fable sans fondement l'idée émise pai" Chalyles de 
la possibilité d'une confédération des princes chrétiens contre le 
sultan vainqueur (v. 37 1 -447) : 

Unde etenim vis tôt tibi bella parari? 

A Gallis? Galli bella iater viscera condunt 

Allobrogum quos nunc dux iuvictissimus ille 

Insequitur, vel nunc rex hac tetate Britannus 
375 Maximus inter eos. Ast ipsi nuliu IJritanni 

Allobrogesve queant in te sua castra movere 

Qui sunt vicinis infensi. Tarn minus audet 

Sabbatiae princeps, cui vis est ferrea nusquam. 

Teutonici vero pariter sua claustra tuentur, 
380 Inficiuntque aruiis. Sed si quis major in illis 

Non movet arma : sibi cumulata pecunia crescat 

Si modo, nil aliud curât : quœ bella Khutenus, 

QuiEve Scythes primo Scythiœ de germine Polax 

Audeat? Aut Hunnus, totiens quem Marte fugavit 
385 Ipse pater? Metuunt omnes te fulminis instar; 

Natus Amoratti ne plura parente, tuisque 

Efficias proavis, opus atque sequare vetustum : 



At Vlachos minimi facio, vilesque Liburnos, 
Et qiiidquid tandem de mundi qualibet audis 
Parte referre aliquem pulchri, qui plura loquatur. 

395 Nam Latii res est manifesta, nec iustat ah illo 

Ullus Marte nietus, tanta est discordia fratrum, 
Et tantis regio est bellis perplexa Latina, 
Sive simultatum studio, seu seditione, 
Occultisve odiis, ut nil mirahile dictu 

400 Sit magis. In summa pietas fac magna tbiara 

Sit, cupiatque suis succurrere semper alumnis, 
lit solet aima parens : si non sunt ubera niatri 
IMena novi lactis, vituli sibi vana gcmiseunt, 
Attiue (jueruntur opem frustra non reddcre matreni 

i05 Non est Romano cumulata pecunia, census 

Pontiticive ingens, si non pra'Stetur ab illis 
Qui Pétri hune sedera dicunt et jura tueri, 
Et vice cœlestis Christi pro crimine pœnas 
Solvere, et arbitrio, quo niavult, posse ligare. 



ilo Al \rneti, qiuunvii lerraque mjihqitr pot«iit«« 

5>iot, lamen advM^ua laa castra, tooaqo* paratoa 
Nil farirol . renia ai queria Partbaaopai 
Nomrn ul>: II, via maipiarat. tcd VmetonuB 

Alphin*M« •■•M fviTrtmritt^ r-»v. 

4i:. • 1 



Taaiilluin vaU>al. l>ox deniqot^ lauci« l'hilippaa 
Kxinita luaubriua *urgit d« grnt* Mariaa 
(Juirm mctiiunt multi, tcd du* ooo ilt« acqaaiur 
4iO t.D»«-. manuque . ' "Xit utrioqu«. 

Kl Klorrntinoa. > n armis. 

Il -m 

•lo 

Sucrnlrt rrnni ■' '.It 

42.» Tiita diu. In rrli . ua nulla r*t 

l'I ai commcmnreot qualia Frrraria, qaaiia 

Sit Monafi-rratot, quali* ait Manlua, qaaiit 

Frlain», vel qualia ait l.ura, et deoique qoalia 

(uni Mnlalitktarum doraibua Klat: «^ 

l'1<l l^itnlii ft I rbinaa nicmiui, major. 

Quir aci'|itra <•! rrliqui. Si nemo <• 

Hrpnn jM>f«-*» r<«Mn»«'- lihi, f|uia . .. 

1 .'k1 aitierr naio 

I , qa« te 

4-l>'> l'erterrrre qiirat via frrrra, quitTi* lamullu** 

En cauaa, Italicia qiup inTrnia fut^rl ab alla 

Mente* aalia, ut le, quia Thracra «icrrii acri 

Marte hominra, adcani in b«>nii>. • rani 

bella Tiri cum ri vi-, aiumi* i|ui i 

1 1<) Prrgal iti". ,é 

Inpriiiis .1 it illi 

Qiio<l '.lantur, n|irn) qn<> îhracit>ua adduil ! 

Kn g' ..:un) rauajr l.alli»quc briuuuiia«|aa 

F.l rvliquia i hriati pnrcvpUi iraroliboa, at a* 
it-> Kxhibeani quando()ae neri, quo brila M^uantar 

l'ro TÎIi hoc linroo, etc 

l^ ri'sir (hi foiiM'il, apK's \v diM-nurs de Saf^iic», opint* dan» 
un siMis ou dans raiilif; aloi-s M ' ■ innonri' qu'il t " |,. 

tl»'rlan'f la jiurrn- aux (iiiM's i-l .: - oplrt-s m «•••ii 

Ici IMiili'lfi' plat-r la il<-srri|»iiun ili-s | : Taiis |Miur rcllr <•%- 

ixtliiion : puis l'anniM», forte dr iiHi.i^. .,..i,,iii<*«, m* in<M «ii n>utr 
|M)ur vniir surpnMidrf les VttViS avant quo i-nux-ti s'ap^Tt •M\nii 
qiif l«-s Tuns oui (|iiitl«' Irur cauip ; I Malil l«>s n pri'\i*tiUN 

par un nu*ss;i}{i\ mais rcili' iraliivui ii i- ; lc»l*nt> irfuN4'iii 

d'ajoutrr foi à la Innltl** uoinrllf i\. rk.'i.'{): 



200 AI'PENDICIi. 

Sed et illis Juppiter aures 

Abstulerat ne cuncta velint audire relata. 

Ici le porte déclare qu'il ne veut pas caloiiinier les vaincus, qui 
sont ses concitoyens, et il proflte de celte occasion pour introduire 
dans le poëme sa propre généalogie (v. 648 et seq.f : 

Nam mihi quondam 

l'rbs nativa fuit nova Roma, et Chrysolorina 
(ioD l'rogenies matris domus antiquissima clarœ, 

Cui Chrysolora fuit pater aita ex stirpe Johannes, 
Cui Manuel patruus ; Genuœ materna vetustae 
Auria ceisa domus, praîclarus lliiarius illi 
Factus avus, cujus Graîcis venerabile nomeu. 

Mais voulant dire la vérité si vera licet fari , il fait le 

tableau suivant des Grecs de Conslantinople (v. Ori^-OHS) : 

655 Jara Grœcia cunctas 

Mordebat sordes, jam nullis laudibus usque 

Uedita, lascivo marcebat denique lecto; 

Non studii ut quondam venatrix Grœcia, ieguni 

Non erat inventrix, nec in his vel doctus Honierus, 
660 Vel Plato, sive Conon : sic arma, togamque relictam 

Deposiiere novi nullo cognomine Graii. 

Yix citharam pnlsare aliquis, sed amoribus aptam, 

Thrax didicit, reliquum vitœ lectoque gulaeque 

Devovit, semperque fuit sine lege superbus, 
iîGo Et nihili cuuctos faciebat, sive Latinos, 

Seu quoscumque velis diversa e gcnte relatos. 

Magna foret licet bis probitas, mentisque décorum. 

Inde fit a cunctis fuerit quod jure reiicta. 

Et déserta animis gens invidiosa superbis. 
TiTO Quod si forte aliquis : " Si Christi fiditis armis 

nixerit, et Graeei paribus sub legibus instant 

Cœlestis sperare aditus quandoque cacuraen. 

Non fuit his dominus cur fautor Christus Jésus ? » 

Res manifesta patet : nam non meruere vocari 
675 Christisequœ, a quorum provenit mentibus omnis 

, Hœreseos casus. Nam tôt modo dogmata falsa 

Quœ in nostram venere fidem, tôt fusa venena 

Fn Christi ecciesiam Graccis suasoribus, atquc 

Paulatim dura structoribus arte fueruut, 
6!^0 Inventis composta malis, stimulantibus hydris 

Assidue Stygiis, infernique usque tyranno. 

.si nihil his laudis, si virtus nuUa, sed omno 

Flagitinm atque nefas, Fidei si cuncta fenond;c, 

Quamquc fafcbantur, sunt hinc effusa vemna. 



tVM.'t *iw>* tui-ntur nmntia hraninum, ru«tnt<far fiiuntm 

Nr niirt-rc u ixi 

F.M Mahomrtiauo (ft'ii* Ihmx 

l'hilelfr (li'crii fiisuiti' l'arriviM- de» Turcs sous les inun» d«* 
(>iiistaiiliiMi|ilr , IfiTroi <ii* la |Mipula(ioii , i|ui s'arme ('r|H*M«iaiii 
loin riilirri' (V TM.M : 

78à . . . Nvc uoti quaiMkM)ut L-^-.-. 

Succurruut vanis qai de rvfcionibus «Ment, 

Qui rBtibujt v««ti, lucraqoeinteodvrvniMi 

Vi-nditmnt mvroca et «.inebuit - — »'— in illu 

l'an» rrnt Ij: 
7(H» iw-finiii» 't ■ 

' 'lin, liurtii 11 \ [tu- 

il l'|^. parttni <ji! . ituri 

Ociut iiidi' fi>ri*nt. rchtu cum Uad<- pvnirii», 

r.-ni|>M>- "ti ..K..r..,i., ....•..) -.I,i..r.. r..l,r.. 

L autrui IM(<i|itr fUSUItt ijUrlijUt >-ijiii- .|.-v 

t|ui dura ('int{uaut(*-<)ualr«- jnui> i\.'.)|.t), ci) i •<( 

donne par les Turcs à lu |turtu dite de b FotUatne; la rcw&lance d< 
Jean Jnsliniaiii e( des (îénois arrivi's [Mr mer. sous sa cnnduile, au 
S4-(-ours de (lonstantinopic , rinleulitiii de I <>in|MTi'ur de faire une 
M»rlie; Jusliniani le n'iipnl <v.«.H<>-9i>*» 

Hvx optinic, <|iM> t<- 
l'mvebia m lurutn Vuiii-s' Millent incrnta 
rur|>oni Ruut vquitum, peditum millfiia durmU. 
Std miunr \n>c nuroi-m Dunii-ru» *ii vt-ru». m ill<« 
lp»f nuiii** corlar»' mnnn' >mic ip»*' ruiitani 
H4^ l'orno tiiaiii, vt f.T ■ ■ma caya nialiirni». 

Sit iiati» ban u-r\ i liu>c mcrnia. •■! tntra 

Tt*<(U(r tuo«<{Uf <toiiiiim rtini onrn plrU' lurri ' 

Kniin IMiilelle niconk* lesirainf^^me h l'aide duquel Malioniei |m- 
netra dans le (u'ur de la ville assiège** et la prise île Citnstanlinopj) 
[\.\HA\ à la lin): 

IntiTca cl IVnt ronjuurti» uaribtu butar 
At<|uc cau-uati» |M.iiti» frcon , ui ad urhi-oi 
Wuis<|UL' Nuvu: Honur p<i»M-l ciiu Mr|H- prufrctu* 
Indf rvdirv volaiu, iiucn pMuCcm orc »aprniri' 
•*"(> Mokiili» poaact mtu tilb, msI omuia mrnir 

( 4tKiiat lufract.i M.ili-iitotlu*, <|u<id<)Ut' frrrlant 

I t 



202 APPENDICE. 

Historiœ in Persas cum magnis viribus esset 
Velificatus Athos, nullis spcrantibus, audet 
Aftcntare novis animis, atque arte rudentum 

975 Atque ultra coUem <;alatlii8 quae prœeminet, armât 

Arte rates mira, statuitijue in transira trirèmes 
Et niyoparones. De sumnuj vertice montis 
Improvisa refert in portiim corpora ponto 
Admiranda suo. Genua; tune ciara juventus 

980 Obstupuit, Thracumque domos et mœuia liquit. 

Et plerique suis ratibus rediere, tulerunt 
Plerique et leges Turcorum et jussa potentum. 

Tune propriam stat cuique domum servare, tueri 
Mœnia qui incepit primum : domus ejus et hujus 

985 Ad portus erecta sinum, vei fracta propinqua est 

Littoribus; superat tune mœnia rex Mahomettus 
Quœ déserta ruant ; scalis hi cnngrediuntur 
Pinnarum cumulum : portis bipatentibus illi 
Insistunt, primoque aditu coiifunditur armis 

990 Nobilium grex magnus. Erat nam belliger illic 

Constantinus, opem qui cum non cerneret ullam : 
• Fata sequar, dixit, regno raoriturus in ipso. 
Née me captivum ducet Mabomettus habendum. » 
Enseque perstricto nunc hos, nunc enecat illos, 

995 Donec vita suo dispersa est aima cruore. 

Cura rege hic cecidere alii, pars nobiliorum 
Qui pulchrara turpi vitam praeponere vita; 
Haud veriti, mentemque suo committere Christo. 
Procedunt Turci, jugulant mactantque per urbem 
1000 Quot primo ingressu capiunt, Victoria rébus 

Ut solet esse novis populatrix, parcere nulli. 
Mox ubi sat fusum !\Iahomettus in urbe cruoris 
Audivit (vulgus (juis enim frenare crueutum 
Victorum cito posset?) eis edixit ut armis 
1005 Abstineant positis, captives cogère vinclis 

Fas sit, et in prœdam res omnes vertere Thracum. 
Indequc nil superest prœdœ, servique feruntur 
Colla catenati : campo statuere propinquo, 
Urbis ad egressuni, qui stat latissimus illi, 

1010 Grœcorum decus omue. Subit Mabomettus in urbem, 

<iuam uoudum ingrcssus fuerat, vacuamque stupcscit, 
Atque ait': « O Tbracum tam régna superba, Clialyles 
Quir mihi pnvdixit non affectanda, fuistis 
Deuique subjecti Grœci, Phrygiœque vetustœ 

1015 Imperium sub rege novo cum lege feretis. » 

liœc ubi dicta, jubet multis custodibus urbera 
Servari; ipse aliis iutendit denique rébus, 

Ici finit le second chani. 



Le (-liiiiii iroiMi-nic rniupic \iHi\ vers, ri coiiimi'iK'i' aiiiM: 

l'o«t<|uaro pnrda fuit (!<■ l«m |>nr«iaiili>Hi« arlit« 
M<rtiilia«, rt nulln licuil r<-«MirF taraullu, 
Indupt-ratori* capot mi Itnhylnnit aliiinnuni 
Miltiiiir 

Lucas .Nolaras, aiiiciu* ilevaiii .Mali<>iiii*t , se livre a sa niera, 
ollraiit «If lui rrvrler les MTrels tU's l.rets s'il veut lui laisMT la 
vie et S4*s licheKM'S ; il ajoute i|Ue , ileeide |iar un oracle qui lui 
avait aunonei* eoiiinie cerUiiiie la rhule de l'empire, il n'a voulu 
« oiitriliuer ni <l«- son l>nis ni de S4)n or à le soutenir ronln- Mahi>- 
iiiil ; nitin il fait i oniiaitre a ce dernier la {M-ilidie dr (.lialyle». 
.Malioniel, irrité, cite Qiul>les devant lui, et apn'*» lui avoir re> 
, pioché s;i tialiis4tii, ordonne t|u'il soit |H*ndu et i|Ue toui(« ms 
iininens<'.s rirliess<'s soient li\n*i's a Savanes. Mais celui-i'i devient 
l'olijet de l'envie des autres « hi-fs turcs, et i|Ueli|Ue temps apn'*» il 
est accus»' de s'être laissi- corrompre par les prevnts de Ilianchus, 
roi des Huns. Maliomei , ajoutant toi |K-ut-«'tre trop le^'crenient à 
cette accus;ilion, sur la vérité de la<|uellr l'Iiilelfe ne se prononce 
pus, le dep4)uille à S4in tour des trt*sors de (JialvIeA, qu'il n'ud 
aux enfunls de celui-ci, ce qui fiiumit au |MN*te l'iM-casion de 
peindre les divers«'s chances de la lortiinr. Knsuite il raionte l««s 
dis4ord«*s des lils de (Àmslantin dans le rcIciMUieM-, l'apiM-l in- 
fructueux Tail aux Vénitiens, et la conquête de la pr(!tM|u'ile {Kir 
Us rnrcs; c'est le morceau capital du livre III (v •iHl-^M'\: 

Inlcrfa in fratr< <ua, 

lndu|KTat<)ri« i{iii , 

In l'el(i|>uuiu'ft<) n> : ic 

ilHi tiivit«-rf tritiuN dmi. i ii* 

t'nus vrat, Tlioiua» aJiu», iK-miihiu allrr . 

Juniur hic aulcm cuin Turc<> acOAit Anijrra 

Kt Mahomctlanui voluil dtKrituiuf Uici, 

In rt>guo fhitruin magii" 
ill.'t r.rgi> ahit .id n'gvm Mali . fiu«*rul 

Anif cua in r ' ; tlh. 

Fuoctaii luci' ' Atnynu 

Hvc ■cripKit llioma' • t- rv|raa 

IVrvfuiou» ri'pni |>arli m • au, 

.UHt giur cal aua, cum UAla mihi i}ujr cariaMnu cunjua . 

K»l aocvr rrgu iu<-u» : dtia ni mibi Iradila. ac illi 

l'ara rrgai : i-«t *nct>n> pm parir iiac rt-Odiia iiuij<ir 

l'an •luoqai- : n.iut U-mnaiu, <{uid<|UHl<|u<- hiuc luUi- >iii<(«i 

Nobilf cl iniii|uuni. vcli*mi ul i jrcladaa. amlMl 



±i)ï APPENDICE. 

30ri AtijiK' suas cuiii luge régit. (Juin millia multii 

.Vnnua mimnioruni reeipit, inajoraque semper 
Est liahiturus : agit mecum féliciter ergo. 
Cède niihi iu regni «jua parte hic rexerat oliiii, 
Sic et aniicitiic studeas (iuando<jiie tenendœ, 

310 Ni maiis hostem Mahomettum forte videre, 

Et quando(iue donio pulsus, yix quacrere vitani. - 

Jamduduin et Thomas, quali Denietrius esset 
Mente videns, dul)itare animo cum cœpit anheh), 
Miserat ad Venetos, sese auxiliaribus armis 

315 Defendi exposcens, ne Turcus laidat Achivos, 

Paulatinique alios perdat, qui finitimorum 
Incoluere domos, vel qui tenuere propinqua 
Régna salo aut terris. Veneti responsa dedere : 
" Non esse imperium ThomsD tam grande, nec a^ris 

320 Armorumque decus tam nobile qui sua posset 

Sceptra donii servare suœ, auxiliaribus armis 
Compositis etiam, nisi forte ea semper in illis 
Partibus assistant, miles sit et undique fortis, 
(jui defensor erit contra qui malit adiré 

325 IlsDC régna his animis et forti milite tuta. 

Quod si inimicitiœ cum tanto sunt capiendœ 
Kege suis paribus, nec possit magnus Amyras 
Post inimicitias tanto discrimine factas 
Cum Venetis conferre manum, tradantur Achivi 

330 Hegni sceptra ipsis ; Thomas melioribus arvis 

In Latio potiatur, ei quîc pulchra dabuntur 
Vel Tervisano in solio [sic], Paduœ vel in agro, 
Vel Veronensi, vel qna stat Brixia terra, 
r>ergomeus<iue locus; statuentur et annua multa 

335 Millia numniorumThomic, si régna parentum 

Parva refert Venetis : sed quœ si invadit Amyras, 
Cum Peloponnesus medio stetit insula ponto, 
lonium .Egeumque tenens, quas inde propinquis 
Objecisse manus regnis, brevioreque multa 

340 In spatio cumulare sibi, rebusque futuris 

Tantarum cladum componere vincula, tantas 
Atque parare aliis canles, incendia belli 
Jlulta novi, ut neciueat facili revocare tumultu, 
Vel Xerxis veniant etiam navalia magni, 

315 Castraque terrifici fîuvios potantia cunctos. •■ 

At Graîci, ut fuerant ca;ca sub mente superbi 
Et de priscorum titulis audacia sola 
Perdita, vis fuerat qu;e conservaret Achivos, 
Ha;c, Thonia suasore, illis responsa dederuuf : 

3,')0 " Si vellent Veneti nuumios et mittere dasseiu 

i)u;v Cra'cos servaret, eis conducere posse. 



U'I'KNDICR 90."» 

.Nf <|uau(lo m r«iiquju Tuirua cuni miliii- icrnu 

SiPTiret, Vfllel<|ni- alioc lilii sulMlrr» canctut, 
.'45?) rt Thrscn olim, nunc qtuprit pcrdcre AcIùtcm • 

(Juod li uvc uunimiii Wneti, dit rloMe favehani, 

Emo ip«i« «rrtum non fviiarf fri-mi-ntU 

Pota«? mauuH dira* Mahoniftti et tcla, paratos 

Subden- colla jti(<u : wd ijiu»» vindirta maorbit 
3<iO In rflii|Uo«, qui nunr iuilii> iimitantur in alto • 

Interva MahomHtai etjui* H cattra pamhat 

la l'flojiooniiiuni. Vcnvti roiarrv triremn. 

Sint licet vX sordi Gnpci, vt pnctritiui Tolmtr« 

Anua pati, fatiii M'mpvr utiiniilanliliut arma. 
3(US Soil liKU* ttt nullus Vfiirtif dnlu* inirr Acbivoa 

Excepto in ( yroniim mimiii - .1 • 

Oppidulu. Iloc Vi-nrli uunu 1 

Exhibitin. Se<i jani Thomns vchiTia, 

(Juo nvscirtfl enim, «<-d tati', [■> «t rxapt^ 

37U Irv (Juirinaleni qui decrrviaart in urhrni, 

HuDiaiu advt-ntavit rum primuni, at4|u«' vra popc«cil 

Ut tui-rt-tur op»-» r«'>mi. partlt-rque rtT«i»it 

l'ontificf u huinmo, ]iatruni rt r<~ roiu, 

(Juic priui a Vviivtif : vano lanx it 

375 .Suh apc airpt- iiu<>«. niiut«<)ur him- iiuU tul>clli» 

Si-rilK'bat priM-tTuni nuim-rn txv forte tinicmil. 

Ni* du)iitar«-nf (hi quia iiiimitio<i. raMra, trimtir* 

ijui^qui* paraliat «qx^in (inrci* *ii><- fim* datunu 

Lr |MM*ii.' platM' ici uiif <l(rM-ri|>lii»ii nipiilt* («i ;iiiiii>c<' du I'i*Io|mi- 
fifsts (tans la(|ii<>ll(* il «'«viMiue tous Icïi Houvonirs hifttoriqui*» t'I ray> 
th<»lnLji(jucs attaclh'S à rharuiir il«* s«'S ilivi'f*s«^ )«M'alil»'*>. <|ui «k*- 
vit'iniciii la pioir des Turcs. IMiilcIfc uiniiioiiiK* cuninic a>aiu m'uU"» 
«rhapp»' à la coui|u«''ti> . Mcthonc. Coronc cl (^ycmie* (v. MK-M7|: 

Vila Mrthiinr 
l>(.f»t, Mahouifllt* til>i, noTaque urb* ci ttila ('«iriitii', 

54<> Kt CyctHium tublimU aprx Suot oHera rr|rn<< 

Jam oonjunrta tnu. (inpci qao« fkna ferrbai 
Avtra luiH'r, talus nndr Hatu, Samiuaqar pulatur 
Pytl. . 
Si HT 

hlK Sunt urti ^t. 

lii Grfl>ci, h : M r;p. 

Et MTvirc iibi, ctiput inclinarv lupcnni. 
si ta fortf juIh*«. gru» «^t mi«<>ran<U (tmrta 

IMiilcllc iiKtiilrv ici la jUNlicc s'ap|>cs:iiilivN;iiil Mir lo ii.iiiotix «ou 



206 AI'l'IiNDICE. 

pablos après des siècles d'oubli, cl il alfirnie ([im Mahuinei n eût pas 
songé à subjuguer la Grèce sans les crimes commis par elle conire 
les Ti'oyeiis ses ancrlres. Le poète t'ait l'éloge de la clémence du 
vain(|ueur et il prétend (pi'aucun Grec n'a été mis à mort a])rès la 
c<»n(|uéle. lùisuite il lacoiitc; les envahissements successils des 
Turcs, la conquête de la Colchide, la prise de Trébisonde, dont il 
fait à tort une île (Trapezuntia insula, v. G85-68C), et qui est enlevée 
par un coup de main de la flotte tur(iue. Mahomet emmène avec lui 
le loi de Colchide, et plus tard il le tait périr parce qu'il intrigue 
pour retourner dans s(m royaume. Mitylène est également prise, 
malgré la tlotte envoyée par Venise et conmiandée par Jusliniani, 
qui abandonne Lesbos, frappé d'une terreur paniciue à l'apitroclu; 
des vaisseaux ennemis. Mahomet s'empare encore d'Eimos, de 
Sériphos, (|u'il se fait céder par le prince Georges , dont il avail 
épousé la fdle, de la Bosnie, dont le loi se rend à sa merci; il l'é- 
pargne d'abord, selon son habitude, puis il le fait tuer plus laitl 
comme cherchant à ressaisir son royaume (v. 7no-7fi8) : 

sic perinittit enim fieri Deus inter eorum 
Hes, quibus esse videt furias in corde rebelles ; 
Nam Bosni a Christi cœpeninf legibns olim 
Errare in varias sectas 

Mahomet passe en lllyrie et en Slavonie (v. 773-77'J) : 

llos nova vox dicit Slavos cognomine forii, 

Moutibus a sumniis ijui littora multa fre(iueutaut 
775 lladriaco subjecta salo, (juos iu Veuetorum 

Classibus armandis prctio persœpe trahebant ; 

Uos capit, et ducit servos, et cogit arare. 

Ne ducant classes Venetas, ne remigis usum 

Componant ratibus , daninnm mirabile certe 
780 Hadriacis 

Mais les Vénitiens ont de l'or et trouvent d'autres mateiots : « .V»/ 
imimsibile est, uummis si ((luvris opeiiis. » Philelfe profite de l'occa- 
sion pour déclamer contre la puissance de l'or. 

De retour enfin à Constantinople , Mahomet apprend (jue les 
Hongrois sont tranquilles et ne pensent point à l'attaciuer ; il veut 
donc poser quehiue temps les armes, mais ce n'est là qu une 
trêve dont il compte profiter pour faire de nouveaux préparatifs 
de guerre. En elîet il équipe une Hotte puissante (v.SSI-Oi J) : 

Jauniue purat (.lassem Maliomettus, j;uunue trirèmes 
Instruit iinmmeras. Nain navis eorpora ponto 



Maffia grsvtt dwrvit t-a uou paru; rcfrtrr 

gua sut navalis im^M mcraU cumpcMaitM- . 
H85 Non «rti-nim facile ctt de {xioto ad iittora fuDt-* 

Sic, ooiu iminrutoiii, uaves «rducerr magoa». 

L't i)uati(lo<(Uf !••%•«•« manibu» coofrrre irirt-mr». 

Tune mixtim vmiunl Oniur dr fioibu*. ■(•(Ui- 

l'artitiiiii •• ■■ 
HWt ijui uiitiiiiit 

Kl m)<i|..ir>ii .•• ! : 

Si iiumtTtiiu (K'iiii. . _ ^ 

Indf |>arund«ria* •ulMlunt, , 

Scapharuni dixi-rv gfou* iju^^'^- — ■ 

885 l'tuQtur nunc «irpr onri : oam loogior ipaa «st 

(ommuui coitcha, inr<li<) tatift*imft \ttitr<-, 

Qaip frmt arma niuu <-.i«tri«. |«>(iiiii .m- ritniiif): 



207 



Il ■•«ntnr 

IMNI '% tuu, D«D urtliiii- ta: 

■^ iiuut Lie lumu-ula, »• . 

Sotirpio crvbrr: in har tunt <mic« parle, tt io illa 

Siint arcui liaatit«iar lcvc«, thoraribii* bir eti, 

lllc locu» cl)|M-t» picnut gaU-aquc niteoti , 
'Nt I ll'u I.M MIS iiti v«li« (Wcit-ndi* a)>liur, ill* 

I ^I ^.ll:''Il^ , ton{Ut't luru> hir linr Sue rudralra. 

hiri^it Itic rvmua. Var 

hikliocU anificra, locti< 

Online mtrando Vend" »aii' 
it|ii Navali «ua cuiquv tuo, «cd i,, , 

I opia inuliaruni, nallo licrt urdinr, rt-rum 
Navali, Mahomrttr, loi», plarvtquc «nrvmc» 
At'iuc ral« uno va)«a» pompoorrr vcH». 
guani |M>Min( Vi-nHi. 

riiilrllr revient ensuile »iir !«•» «l^•^^|ur.^lll^•^ tlivi»n»ii<» lU-iLliiriii-ii* 

«juuidti f«t diftCoftlia |irrrr|i* 
InliT et Italicfw ci i^illoc ri •lotniiKM <)ai 
Nomini' ChriaiicoUr, non rr forta»*o. fcraolnr, de 

I I il I. riiiiiu' ainsi le rli.ini III' (v. HlO«V-;i la fin) 

l'°atiui tami'U <|iuindoa)uc nrfiTt MabiMBcItuo bab^-n- 
ClaMtca, niiraudu •)ii4.- uni luainnia ùf nia : 
Fabula uarratur »urdi*. «ic (au irabcbaal . 
Naiu«juf aun*« cUuduul ii<>nnuu<}uaai fau vuilca. 
|0|u Ni<cnucilui •{■«Iti <|HUidDqw vidât*, 

II dieu* fui > m im -m t * TvrbU 



208 APPENHICE. 

Atqiie tenure jocis strictes, ne vincula cernant 
Ante 0C11I08, fofiRas'iUf graves. Cadit iniproljus altei 
in fovcam, justus<iue siniul : sic fata feruntur 

1 115 Dira iliis, quiljus est sors invida sa-pe beatis. 

At .Mahomettus liabét longo cunctamine factara 
(jlasseni animis et inarte gravcm, quamque horreat oiuuis 
Altus apex, augetque die, cumulatque trirèmes, 
Atque viros pretio subdit qui nautica certent, 

) I iO (J^iios videat nautas merito coguoniine dictos ; 

Kxcipit haud queinquam : modo sit cui gloria, nomeii 
Tradat inextinctuni Talis rex numine tali 
Tatorum molitur opus mirabile cunctis, 
(^uo neque priscorum quidquam referatur in orbe 

1 12n Majus, et ante alias res possit sedula dignis 

Posteritas tjtulis tiito super astra referre. 



Le quatrième chant est le plus considérable, il compte 1CC2 
vers. 

Au début Philelfe peint les phases de grandeur et de décadence 
par lesquelles passent les empires, ainsi que les fortunes diverses 
qu'éprouvent, eux aussi, les simples mortels. Il montre la Divinité 
conduisant les événements, abattant fréquemment les tyrans pour 
soulager les faibles, accablant à leur tour de désastres terribles 
ceux qu'elle a comblés des bienfaits les plus considérables et qui 
ne lui en ont gardé aucune reconnaissance, et punissant surtout 
de sa colère les nations rebelles à sa volonté , et qui se plaisent 
dans les discordes intestines. 11 introduit par ces considérations 
générales l'histoire des échecs éprouvés par les Vénitiens et de la 
chute de leur domination dans les mers de l'Europe orientale; il 
l'explique d'abord par les dissensions intérieures auxquelles était 
en proie la reine de l'Adriatique, et par l'orgueil dont l'avaient 
enflée le sentiment exagéré de sa puissance et le spectacle des 
richesses accumulées par son connnerce; ensuite, par la force 
do la destinée, aux lois de laquelle le poète montre ([ue tous, 
peuples et individus , sont fatalement soumis ; il prouve enlin par 
des exemples tirés de l'histoire ancienne la force de la prédesti- 
nation agissant sur chaque homme ; il cite en parliculier Cicéron 
(v. 159-175): 

(iuib ('iceronis opus tauto iusignivit honore. 
Util l't puer Arpinas rurisque relatus at) arvit. 

l'onsul in Url»e foret "* Mihi si resjjondet auiicu:>. 
llunc virtute sai'nun. nicruisse Ijos url>is lionon ■; 



\ 



AFFfcMMf.E iOD 

VirtattfMi Maiiio^p* tma emn^uc p«raMc, 

N4!v iu;f(o, orc Ufii«n Mt rcspnoMun ril«. (Jiu*. m'|iMa>. 
• •• > Hune pottM ▼(doit pocrili aot rhX o cM «vo, 

A Ht flimol kklorieiM g f c wf rafrn* lîhclk^ 

Qoam eaatrii Maatao^ darb qnai trader» «rmiru ' 

Haad pater lune tnxit, bc« | i n w Mi ri parwmu* 

PbU Tima dwwr* MBa; • 
I7(» V n m f keim» ■otto. P b abM rj u 

JapHcr la frnalM «brWt Mdalas aaiplBa. 

NafniM at lii« flcrrt, elaraagMi ia ealariB* rem» 

At s«iumiM ri mortcm eonuakit iaaacm 

AU|u« hnmatiiraau emm st eanrie* )a««rrt, 
i 75 Aatoel glaAas qai aoa — tagb a t W^ 

MahdiiM't n'iiiiit iiiir (lotir de 400 vaÏMeaux : juv|iie-li jaunai» It-^ 
MM Ts ni'ii avainii |K>tir- tir |»;irrillr, «ar rhilrlff Iriilr m itavciiil ilr 
Mh*Ms4Hi|;i's U's ilcM'Hplioiis ilr la (lotir dt* \rr\«*^, ^ail<■^ |iar I«*a 
autrunt grecs. Sa |>n*iiiièro t-nlrt-pri»*' <**l uin* rxiM'-»!!!»*»!! i-<mlrp 
I |;iiIm>c ri ia lirMiiKiion dr Chalcis iiialjjrr la flollt* «If Nir«»la^ 
«..mal.' IV. i\i-211): 

NiroIrtM claMi prirfi'i.Mu« nant<|>ii ( an.tlii. 

Nubilu c ViTictum numvnt kiitv rrinuii'' ptirum. 

(^tii nanc (Umnaliu («tria rari-t. " ' ■ ^ > ' 

iJaMÏ* rrat, VriH>ta qiuc cUas» -. 
i More patrum, pnat()aain qui Tur\<.« M itt. j- <. . 

TiT divit;» «fntpcr pcla|;o miter»- irirt'iiK-», 

liiM T' ^<-a qa<r d«-f< ii<lfi>' ft.iliiiii<|u«, 

>f <|>. intTft oaTtt altajM|uc irirt-iara, 

lu vuna* partrs furraul qiiaa niilti-ri> »aHi, 
Jiil l't lucrcatorum «ifRcio <|aAOtli><|U(.' rMirtiii 

lliiir tlitrm al<|ac iode timul. >aor faina va^taU 

inalaiiUnni Turri climim, licvt iorida faU 

Surripiani pe i i ' ii t fldcoi, taaMO addere oofpt 

Ad nuaieraai* qai pri^aa «rai, a ia ha a g a» nir taw » 
ii5 Aiqae aliqMM navM, MahfMaiilti at wlaMJhai ohalcai 



Iniiiii 

Ad lif -, , 

i (U AdIc nculoa luilirat ri i« raar palarra 

Arboriltus dvusam, cwiuii •|u^ii>iu aacora poalo 
Firmatura raiom : cum v«la ad aabara aargaBl . 
Lititca ndtfritMta drmiaaa H l'ariiai dkaa ; 
^«•r )tn<<Tai (VTiii )«>«tiM* i«>ffi* iii ah <4aari«. 



210 APPENDICE. 

(^iio [ictat liit!c classis ncsfitiir. (Juisfiuc putahat 
CrutL'iises quod vellet opes. Dahat ille MethoiUL- 
Hoc fatum ; dahat ille aliis lucc damna propinquis 

240 (jorcyricvu locis, Cvprove, Uhodove ; nec ullus 

Rem norat quo Marte foret tractanda novellam. 
■ Denique Nicoleos summa virtute Canalis 
(iuocunfjue hœc pergat classis se opponere dignum 
Magnanime esse putat duce qui navalibus instet. 

245 Ergo sua, «juanivis miuima, cum classe resistit 

Virihus illius, mediisque obsistit in undis. 
(^uid fuceret tanien ipse minor numeroque manuquc 
Lit ratibus structis Mahometti ? Ilaud illa coire 
Cum Mahomettanis poterat. Hevocaverat ergo 

230 l*arva pedem classis, rata durum cum Mahometto 

Conseruisse manus cujus vis tanta fuisset. 



Nicoleos igitur cum classe omnique paratu 
lùiboïcos fines quibus hœc videt arma minari 
Ingreditur, cernit(iue aditu quo pergat Amyras: 
Nanique videbat uti rex terra vectus aperta 

26^ Fronte, et equo insistens Euripi ad limina tendat, 

Euboïcanique velit gentem confundere ferro. 
Instant solHciti Veneti molimine summo 
Quid facial Turcus, si quidque obsistere possint. 
Sed Mahomettus, erat qui prœstantissimus armis, 

27(1 Pontibus adjectis Euripi in fine duobus, 

Officio alterius traducit castra vetustfc 
Chalcidis ad muros ; alium, ne classis obesse 
Adveniens possit Ycnetum, confecit, utrimque 
Se médium tutumque tcneus. Tune fluctuât ardor 

275 ïurc(«-um Euboica in patria: lune imminet urbi 

Chalcidis, atque suos stimulât Mahomettus anhela 
Mente duces. . . . 

V. 204-298. 

Erat hœc Clialcis major vix mille tricentis 

295 Passil)us, et forsan siibjecta suburl>ia tantum 

Sunt spatii sibi nacta sui. Crcseebat iu ipsis 
î\Iœnibus at tellus, populus cum ferveret omuis 
Ingénie belli. 

V. a 13-324. 

(Juod si etiam, ut referunt, Veuetorum classis adisset, 
Prospéra cum flabant ventorum fata per œquor, 
815 <'ursus ubi Kuripi reditu quaudoque peracto 

C'uncta secundabat, poutem qui Chalcidis urbem 



ObMMMB rcd«Mi*(, i-a >iua |>arttr licvhai 

Militihu* rr^iquc too iinnc in* f<|uilaitt 

roni|>a«itu, nuoc Mrpr tau cunt Martr redin-, 
Mi> l'fMU i« fractua ml, iwtvraat iwc «Urr qai««i 

(Jui oltti-séun Ivoucrv nrtMm. dcc forlr rr«lirr 

Cuiu vvllfui tinc ÏMht dooium °. Htys nugoa ftiuM.-!. 

l't duccbatur r< ' «atiâeti*. 

Stnl i|uitt faia <>i '•. ToreiÉqiM- fkvf^wiii. 

■tiâ Nicol«(« mHui'ii- III diaerioiliia frrrr 

Si-);nii crat . . . 

.M:ili<)lii4*t si'ill la lin . Ils 

iiii uKHciul (l(^(*s|M''rr (|ui mel (llialcis en son |MiUvuir, nial^n* l'ofii» 
iiiàtri' rt'sisUiiH'*' <l(>s luIiilaiiLs. Api' ' . rt taiitli» 

<|ll«' ll't'tjiltlrlil ilrj.i l)*ul<>> l«*S il<^ (il- I I 'I i )ilo|iM-l >'«'•- 

l«ii);iieaviH! sa llotie (v. mi-A-i^i): 

• Svd uti» i-st, ioquit Mahooirllu*, vinniu* in n 
Noio ralv* duhia variia mauilarv ininistru 
luaitvli p«'lagu Turci. Mibi mulla orccaac val 
440 tktnimiaiaac aliia, ({uuruiii uaaa rlaMÏca tracUl 

Finibua i-x aliia, ceu «uni •|uan<lu>(u<- l^liui 
Kl iirux'i, tiuorum laiulcni (-<iniMlcrv mcnii 
Mi grave fit. . . 

Li ({UiTiv H4' tninHiMirtc cii Asie. <la.s;iii4-> i Ou/oun-llaraii i rm 
ilcN IN>rs4'S, <'\(-iii> |»:ir s;i friiiiiii*. lilic liii roi de Otlrhiilo ilr|Miuilli> 
luir les Turcs, à ri>v«;iisir U' ro\:iiiiii4' de s<ui iH-au-iM-n*. «m* |»n'- 
|Kire h ilivlariT la ffurrr»* à Mahoiuct, vl ronriut niu* allianiv avec 
1rs \V-iii(M>!is, ilonl It's lloiirs viriiiiciit lui a|i|M»rtrr. ilaiis U"*» |M»rl.s 
lU' \ \su' Miiu'iirt'. (U's |tiuvisioiis de luul m*iin*. M;iiioiii«i prend 
riiiiliative et vu le prtMuier ratta<|uer au aeur de ses fcUal» ave* 
une annt'ie ndmhn'use (v. IIKK.'MM): 

Sunt iHKlitum dicaut qui millia forte uicvnu 
300 Al acxcrnu r^juitum, iiui plura (U«» ivporiaol, 

Qui nunuTuni luiDuanl. 

LaniU'e de ('..IVIIU'S rsl encore plus ronsHlrialtle , re ipn lie I nn- 
pèeliepas d'èire lialUi : l'arlillerie des Tun .h i>|M»uvanle vim iiniom- 
bnihle cavalerie, el il est mis en complèle d«>n>ule |tar MahiMiirl ; 
celte déroule fttiiiiiii à Pliilelfe liHcasioii ' ' ' l.-» 

lutli'S de r;iinii|iiite : \er\es lullu jur I , ir 

S<'ipion. 

\a' |mm h i.i«i>iil< t ii%lli|e l'eXlMiiilion ije Matloliiel rtmlfe [v* 
\ ala(|Ues : 



212 APPENDICE. 

Komana coloiiia riuondani 

fn Scythico composta gelu 

Les Turcs renoncent au siège de Belgrade (v. fi37-643) : 

Hic ubi nil fieret, propter (mirabile dictu} 
Fiindamenta loci, tendeutia mœnia ad astra 
Irrcparabilibus qua; sunt servata miuistris 
fiiO Arte loci, Martisque manu, quia solus ubi vir 

Uaud metuit centum, nec eum pavor ullus ab arce 
Prœvaricat solida, non est pugnare necesse, 
Nec sperare aliquid vinci bellacibus armis. 

Mahomet tourne de nouveau ses armes contre les Vénitiens et 
cherche à leur enlever l'Epire ; Philelfe justifie encore cette atta(|ue 
par le lait qu(î Mahomet appartient à la famille de Priam, et (|u'il 
doit venger celui-ci de Pyrrhus, fils d'Achille (G.j7-002) : 

Jure igitur quo Grœca cupit sibi subdere quidquid 
Sceptra habuere olim, vel quœ Trojana propago 
Pertinet ad generisque suî sobolemque suorum, 
GGO Epiri deposcit opes, Scutarimque, vocavit 

Ut nova plebs, arcem sublimi in vertice montis ^ 
Compositam quœrit bello confundere sœvo. 

IMiilelfe raconte le siège de Sculari, que Mahomet fait faire par 
un de ses lieutenants, circonstance à laquelle il attribue r<''clH'C 
éprouvé alors par le sultan (v. C82-G8o) : 

.... Victor erat, si forte fuisset 
Hic prœsens; ubi castra alio non intégra ductu 
Dissensere animis, nec eadem miles ubique 
Mente fuit 

La Hotte vénitienne vient au secours de la place assiégée (v. (»S7- 
71 ri): 

Hic ego commissas fluvio quandoque trirèmes 

lladriacas taceo, qunc dum succurrere certant 

Obsessis ea in arce viris, pontoque feruntur 
000 A Vendis, tlumenque adeuut, vicisseque crcdunt 

Turcorum sine Marte ducem qui cnncta putabat 

(Ibsidione sibi jani facta flectere collum, 

Imminet a tergo quidquid discrimiuis, instant 

(^uœve periela oculis non cernunt uudique cœcis : 
ti9;"> Namque ubi dnx audivit eas venisse trirèmes 

Obsessisque auinuim rediisse : ■ Kn, iuquit, Iiabebo 



\i'i>F.M>i(.»: it:\ 

t^uin trnfiibfi» •(•it- rtinrtn frmnî - »i»ntnif'inf rairna» 

i'ttn»crvrv n'! -al 

Aggvr u rx I it 

7(N> In ({uibu* hic tluviiu «incUMiuc recoodilur kJvcu , 

Jum<|uc c«tru«tU traliibua cuucluaa fuùarol 

C'oqKtra Iuo^Ki quiboa Vcuctorum mulU me^ebmi 

Nr)t>ilitaa laiuru ammu* iu fuu<ni Martia, 

< l^^.■«sl•<|Ul■ iliU-n>, inulio diK-riniiiir miMaw 
7o'» Ni ru((itivii> 

lrn]K'rujin i 

luiilartiin .1 

|{<<l<li(Jit. IIU aulctn vulit quan«lu arle ratciiaa 
7IU AatriiiKi. vix U-rga <li*«lil, vix viva rvUivii 

Immuuiaqur auia. Turcoram tcta ftrtacoluoi 

Eat l'Xpvrta t-tiain ijui, auninu» «x iggrrp, ffrr<> 

Initabanl, uM »axa trut-i jungunlar in aoir». 

Kl [HTit-n- alitjui 1 li tnuutra UtK'^tant. 

715 AI<|Uo ali<|(ii «•« I ..iMvm |jrvndrrr ct-rtanl 

Mais Dieu lit- Mut |tas laisM'i- IoiiiImt vtilrv !<>» rnains do luns 
Ifs ciffs d«' t'Ailriati<|U(> : un |MTt' vïiàiU' ses cnfanis, il nr lU-^rv 
pas Inir mort. Ia's Turcs, décourages |»ar le» loiif^urun» du Mcgc, 
l'ahandntiiinit ciiliii. 

Alors Malioiiirt pn-pare uiio puissante ex|H*dition contn* Kaiïa. 
|M)Miessi<>n frtnnisr, rt rontrr U^s VaLnpn's. l'uur arriver plus sûn- 
nient ù snii liul, il conclut avc<- \rs \V-niti«*ns uni* tn've de six nioi<« 
il npii|M« uni" Hotte de huit cents voiles (jui fait trendiler loule la 
r.hnlii'nlj' (v. 775-81 il : 

775 Artnat et ipw Uuui-n ciaaaciu, •{tur trrrral aorrpa 

iiadriaoos, qua parte ruât : aie r«<cliua îlloa 

Indaciaa cupiiaac vitl«-i, tceunia ut ipae 
l\M«t opiu trntare auuœ. Nova claiaia habrdat 

(k-lingrnU, rvfrrt ut Trri nuntia fiuna, 
'^" Vfla quidem, ri, motuiruni quod quia mirabili iii< ji, 

t iiriotiixtlir {tara major rral. Nova pnemia cunctt* 

>aitiquf iHH : qaalibvt ort>ia 

l'art i- Iniiiov, rrgioocv* crvia». 

Mirautur m.. .4«tt TJdtb— t 

785 Quaiita priu- r.'. aafaBkrt palaraM 

Piwar aalo firri. Krriuit xoiuia nalio H ooutia 

laaula pnacipuv magutt commota tumulla. 

Ilinr pavvl alta ( bioa, pavri biur altuaiiaa l>»la, 

lliiic l'orryra trvmit, IT' i-«4iau MrtboM) 

TUn Kiiiiltuf aille «uia, a<Kia n>Dr, 



214 AI'PFNDICE. 

Ilincque (yprus rif,'nit, Kliodns iiidc frelata pavorf- est. 

Nciiio videt <iiu) classis cat, sihi littora quacque 

Rxcidiuni ducuiit sine defciisore jiarari. 
Vox tauien una fuit quaui Turcus uhiquc frenitliat 
7U5 In Latios fines, Venetorum ad littora, classis 

(iuod petitura foret, quaudoque hœc Appula régna 

Esse aditura, sinus et permensura Sicanos, 

Inde Quirinalis ventura ad mœnia terra; 

Siepo ferebatur. Modo et hoc, modo et illud in ore 
800 Multnrum fuerat, sed nec durare putabat 

Posse aliquis contra, nec tela instabat habere, 

Possibile esse ratus nunciuam sua tecta tueri 

Classis ab adventu tanta;, fremituque virorum 

Castra quibus nova facta refert sua fama repleri. 
805 Dum timet omnis apex regum, dura quisque fremisoit, 

Ille salum suliiit Maurum, oui missa Propontis, 

Euxinus(iue relietus ea cum classe petenti 

Ad Tanain rigidum, glacies cui fraugitur alta, 

Solibus acstivis compulsa : est Capha reperta 
810 Ante aditum Tanais, Caplia antiquissima quondam 

Quam coluere Scythœ, servorum pleua, lapillis 

Inclyta quos vexit mercator fuscus ab Indis. 

De deux frères qui se disputent les faubourgs de la ville, l'un on 
ouvre les portes à Mahomet, qui, après s'être eni|)aré de Kall'a, r«''- 
conipense sa trahison par la mort. Ensuite le poète décrit le pai- 
tage de l'inmiense butin fait par les vainqueurs ; Mahomet trans- 
porte en Grèce les principaux des habitants, et après avoir laisse 
dans la ville une garnison, il (ait voile avec sa flotte vers les bouches 
du Danube, pour punir les Valaques de leurs tentatives continuelles 
d'agression contre ses frontièies. Les Valaques, épouvantés, rasent 
eux-mêmes leur ville principale, iMoncaslrum (actuellemcui lîiald- 
gorod ou Holgrad, en Bessarabie) et se réfugient dans les njonta- 
gnes. Ici se place la description d'une nouvelle terreur des po|)ii- 
lations chrétiennes (v. î)(U-981) : 

ïerritat iuterea non Vlachos deni(iue solos. 
965 5Jon Scythia- fines, Charamannum non simnl ipsum 

Sarmaticis qui pra'est poj)ulis rex magnus, ab axe 

Sit licet hoc distans per aperta silentia arena?, 

/Egypti quœ pressa jacent ni faucibus alla;, 

Sed simul usque Chion, siniul illos, stant quibus urhes 
970 In niedioque domus ponto. De fiuibus horuni 

«juot fugere viri ! Quot cum re cuncfa tulerunt 

(^ua" sua sunt ratibus ! Vidi ipse Anconis in url)eni 

l'retenses venisse viros, sua (|ua;(|ue tulisse 



Vl'I'K.NDK.t. 21'» 

< uni pULTiM, toioquc (Joino. Smii r^^<- rnr^tani 
07S llanr famani, fun'itM- ( hio cum 

(.V>r|M>ra niulia virutn. Kinom lii|ii . i-, 

At({u« Coronitj* muiti ; Corejra trcmucil. 

Indrqui* turba tug'il Mt-luit tibi quuquf, li-orl <|ui 

Qoid valrat Turcua, quo ail Mabomrttua aroort-, 
(MO Qtia virtulo M-<|uaa lauilia. quir ail •iil<ra vt-ra 

TranaocnJat n-rvicf |m>1uiu, cl »o tcmuiK-t a*lri*. 

IMiilcIfr consiMlIr l'union aux chn-lit'ns ; il rnuntrrc touft Us Iimmi- 
laits lie la iniM'onlc i;i leur piunifl la \i<-lnire, s'ils vculciil s'aniKT 
[loiir U' salut cunnnun ri ivnoncfr à Irui-s i|urn>lli'H |»;irtirnlirn-H : 
il l**» (>x<'il(> enfin à triw union ru Irur faisnit l<* «wiinl»r«- taMt-au 
(les nialhrui's i|iii les iiirnacrnt rnron* . s'ils |N-i-sisiriil tians lrur% 
dissensions, (^lui ilr tous, «jui lui |iarait le plus tnin>al>li*. «'«-st 
«|ue les Turcs vivi'nt avec d»?» femmes elintiennes iv. I.'H'.-I ;»'• 

1335 l'nth miuTutn aorlua hoc polerit tnlrrarr auiM-mv 

Jupili-r! At »i •luando autl< t 1% ulliu 

l>« notirU niiaccn- »iiiiiii •!' ^inea 

(!un> Turca, hauii utu> hune |i<rn;r < umniiltiiniM mcri, 

Ar ni cum vitula to cotniuitcfrfi iti.ini. 
tii4U At L'hiua tolvrarc lun tut) furuirv Turco* 

Christicolaa agiiarv nurua m(rchaa<|uv rtacia r*t, 

rirclcri' DOC pmaumit raa ; «i fiitna (V-ralur 

rriininc pro lali lalra puniaai* prnfanaa, 

l'irua paralur i-ia qui jura driit^rv npflindia 
Iii45 Nonne i^'iiur doniuii I iniiiaulur 

IIJH |MJ<ira kaiii ' l'fju .nni 

Ni vinclia ktnnxi»»c illoa; nam luncra dftwni 

ExupUrv boni poiiui quam vivt-rv tauto 

Flagitio, ft lantia agitari flactibua ua<|u«. 

l'uis il s'adre&M' au dur de Milan, ((aleaft Marie, et le su|»|»lie de 
se nietlre à la tète d'une |tnivs;inte ronredemliitu |Miur aiiêler l<*& 
pio^Mès des Tu les. (".e niorceau eonlient l«'s dilleniils l.iil«« hislin 
ri<|ues (|ui S4Tv«'nl à pm'iser In |MTs<»niic du prino* autpiH s'a- 
dresse IMiileire. et (|ni eontritxient juir suite à fixer, ainsi ipie ft' 
l'ai dit en coniinenranl l'anaKse tie VAiui/ru, la date de la eoni|Mtsi- 
tlon de re |K>eme iv. I.'i.*i(>-1 i;i.'>i : 

At la, dus lUlnu, qui lan juvraililMU aoot* 
Sacc«Mi»*« patri dalua n, qui aidera langil 
Mcnl« Mccr . nam fama |Mi|ti» aupiTi-niiDrt omni * 
llle inlentalum 1 ' ' 
1300 i;loria quod si.. 



210 ai»i'iînih<:h. 

Viribus atquo ducis prfpcl.iri, animoque beat»», 
Qui sociale tulit Itellum non pente sub una 
Tutari, in Veuctis ul)i iiUDiulain magna fuerunl 
Vincla, Tluentinis'iue simul, sanctaiiue thiara 

i;iCî> l'ontificis surnmi, lusubrium, viventu l'hilippo, 

(Cujus adbuc uuinen cunctis venerabile terris; 
Nicoleos i|uaudo Picininus castra regebat 
Insubriuui, magnoque fuit tremibundus honore, 
Noiine pater tuus is l'iceuo prœfuit agro, 

\MU Prœter et Anconem, reliquas dominator in urbcs / 

Nonne et dictator Itomano prœfuit usque 
Coiicilio patrum "* Nonne hic cum Marte coegit 
Insubriam valido servire, at(iue inde triumpliiiiu 
Promeruit, qualeni nullus cum milite sumnio 

\'M'i Ante ausus tentare fuit? Quin pace quievit 
Italia hoc sub pâtre tuo, nec Turcus ovabat 
Tune adeo hostili spolio 

Postquam Franciscus Sphortia dux est 

Insubrium Ligurumque simul, nec Capha subacta est, 
Nec Chios tentata ulli, nec is ista tulisset 
De se unquara fieri, valido qui Marte tueri 

l.'t'JO Est solitus reliquos. Défendit Gallica régna. 

Tu quibus es missus fautor cum milite multo 
A pâtre magnanime castris prœfectus agendis, 
Quin et Parthenopes regem, cui mille parafant 
Intensas acies varie fervore Latini, 

1 395 Rexque ille invicto ingenio, meritisque Renatus 

Eximiis, cujus jam nomine plura Johaunes, 
Dux Calabrum, sua signa dabat victricibus armis, 
Et Picininorum praistans Jacobus honore 
Maximus ingenti nihil hoc vel fidus omisit, 

I 10(1 Vel bello invictus : cum jam titubaret utrinque 

Tune Ferdiuandus, Franciscus Sphortia raisit 
Castra ducesque sucs, nummosque, omnemque parât uni, 
Et regni defeusor eos cessisse coegit, 
Quos jam victores et Apulia et omnis ubique 

I iO;") Orbis tune poterat nullo obsistente fateri : 

Quin etiam ad Celtas quot naves misit Iliberos, 
Ut régi pra^staret opem cum lande Johanni ! 
Expugnabat eum nam régis nomine Frauci 
Dux idem, qui, rege satus sine labe Renato, 

1410 Magnus erat, fortisqiie, ducum clarissimus alter 

At tn pace tibi patrimonia régna relicta 
Insubrium, Ligurumque tenes, Venetique ligati 
Fa'dere suiit tecuni : satis est asrisque virumquo, 
Sive équités nùsisse velis, pedifesve ratesve. 



vi'i'KMiK i; 217 

I4tà Aut uavcs i.igur^in, i|U«Jn Dei»« aodrt m orlw 

Atlcntarr mioix bo«tU. lonf«*v<? trirrmr* 

Krgu tge, (lux (jalcat, ri-rta qni Uude, Manaa, 
«.ognitiu V» mundo b(>U<K(Uf io|raqar rt-rcodua, 
1435 Acci|M- ivia manu 

l'hilellc l'iiumcre eiiiiuilf !••» fUtKf iin's du Turc vift-i-vi« de* \v- 

iiilirnslv. UWM :»<»7i 

Noiiuc ttuaua Vviicli* ault-tiJ». 'Jt-poko-ri' ali i|>ki> 
I i!M) t.ittort- i|UiC ti'uuerv ull'> imU^/.^hu- iK'dil«ai 

lunula ai qua illit, ikmI vil itrva. 

roreyratiiv*- griivi-m, i <:»t Itttort Achivo, 

tjuando Mi'llintia ipti» | >i ■ > ni* it ^ < r .• 

Parct, et urlnj aovit, %cium {a i lai.i. a.i' ur», 
I lus UunsfUf Libumua habrl, quando est vacuraio errhra. 

)Juir nipit hinc alqo« inde viru», annenU dotnoaquc 

AMidui' vt ducit pncdam aine finv cowUm, 

i'okcvru vu est auatu, Vcutrtiaqut* t-a mitu-rv laoluoi 

(JuiL' tellurv lU'driil, loug«.*«|u«r a lili»r<- >li»i«nl, 
l.'tlNI Ci Paduii-, et TcrviM phuUiix. V >*ea. 

Vfn>i)ir<|iif l>>ou», <|iti<t<|iiiil<|Ui' lui. uoi, 

Itrixinquf. vt «i iiuid pliu lkTK'<>i>i<>ii et «jt-na evmM. 

(Juin ctiaiii, ul ^Kitacut Nriit-U tujk pacv irurr«*, 

i*u«c«l>ai aumoium nulU ratiuot- irittuluiu, 
I.MI.S Nuinmiw, fania luiiior u vcra eat. «elle duc«'iii<-« 

v* iliccn» auru ex «ulido, \vncliM|ur (iguri* 

viiuuB qutr fii'rciti, \ene<i tibi pnmua rrgni 

i'Iiili lit I ('|>i ocIk- niHuilc aux Vfiiiiii>ii& leur tiiolle&M: et leur iii.i< 
lu m (V IMi-l.Vii): 

Viia Vroeti. qui tôt modo r«» g«**iatia in orU-, 
ijuo» tinuerv omova, qua partr rat ccrlifrr AllM 
lu Libyen rfgioiu- Mora. qua |>art«- lki»ir* 
ll>i.i t.'aquv rigrt gvlidua, qua mI aurgilqur oadilqur. 

Voa, quibu* <*•! auri lanlum, tanliuM}ui' M-oatua, 
Ali(U(* adtii muita magna vi fi Uudc irirroMn. 
\ . -> obalupurruii' 

i.i iiurrt- quini 

1'i.Sil ^ itUBOt, 

N , r»i.l.'t I f <..v 

rt()uc rvgil pictatv no«a, M< 

Maximu» c auliu, asTum uuj. , - 

Non propalaâti» toi tria nodTa fVvmvoii* ' 

Ia' |MM«ic n'|M'ie entiue un»' ftiii ses cxhortalions ^ la c«Mic«»rUf ei 



218 APPENDICE. 

:i l'union contre l'ennemi commun, et termine ce pairioti(iue appel, 
(jui clôt le chant IV et le poëme lui-même, par les vers suivants 
(1640-1062): 

1040 hé iiostris miilti iiummos servare sub arca 

Assidue cupiunt, nullosque movere tumuUus, 

Ne minuantur opes, et ne decrescat acervus. 

Magna simultatis vis sit licet atque cruentœ 

Seditionis inops animus, quam cum tegit intus, 
1045 111a alitur, semperque latet ne nummus ab arca 

Exeat occlusus : laudo velamina cordis, 

Quamvis mente velim non sit confusa simultas; 

^ed potius laudem nummos exire repostos, 

Nec latuisse usquam, bellis sed ponere in altis 
IG50 Ne vestros jugulet natos fratresque nepotesque 

HîBC fera quœ nunquam satura est ni plena cruoris. 

Et quanto major Mahomettus nomine et arte, 

Egregiusque magis, meliorque ingentibus armis, 

Tanto etiam insistant cuncti graviore periclo 
1655 Astricti, magis et videant sibi damna parata, 

Ni accipiant sua tela manu, ponantquc furores 

Mentibus innatos adversus jura propinqua, 

Et natos, patresque suos, fratresque colendos; 

Nec parvi faciant Turcum, nam maximus ille est 
1000 Viribus, ingenio, nummisque virisque putandus, 

Tollendusque quidem, nisi cuncti opponitis arma, 

Quos rex quserit atrox bellis confuudere tantis. 

Eulin on lit à la tin du poënie l'épigramme aux lecteurs dont j'ai 
parle au commencement de l'analyse de VAmyris, et qui prouve, 
par le témoignage même de l'auteur, que le manuscrit de la hihlio- 
thèque de Genève, outre son unicité, possède encore la valeur d'un 
autographe. Cette épigramme est ainsi conçue : 

MARII PIIIL. EPKJRAMMA Al) LEGENTES 

Auctoris quod scripta manu sint cuncta, putentar 

Fida magis, lector quœ sine labe légat, 
Quam si pulclira forent elementa, ipsopque figura" 

Quœ NicostratïP forte fuere manu : 
Nam melius tenuit quîc scriberet auctor, habefque 

Majorem merito jure poema fidem. 



t\iîi.i:ai (;K\i:\i.(t(;i(jiE 



DE U 



I wiiLLi: i)i: ii;\\(ois hiillui 



220 



APPENDICE. 



TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DE : 



Manuel Paleologue. 

! 

ZaMPIA = HlLAlRE DE AURIA. 

' Mariée à " de Auria. N. Chrysoloras. 

Mustapha , j 

lils (lo Bajazet. I 

Manfredina de Auria=Jean Chrysoloras. 
Morte en 1464. 



.Ma.nuel Chrysoloras 
Mort en 1415. 

ClECHO. 



Zambia. * tille. TiiEODORA Chrysoloras=Franc.1'hilelfe. .Nicolas l'iiiLEL 
Née en 1411. Né en 1398. 

Morte en 1441. Mort en 1481. 



Marie 



Theodora. Jeanne. C-esar. 
M. 1476. 



.Iean-Marius-Jacob. 


Xénophon. 


Angela. 


Panthea. 


Alfina. 


Epoux de 


Epoux de 


Mariée 


Femme de 


Morte Ui 


Marie*. 


Jacobina. 


a 


.Jérôme 






Né en 1426. 


Né en 1433. 


.Jean 


BlNDOTl. 






Mort en 1480. 


.Mort en 1470. 


Angelo. 


Morte 1465. 







CiRUS. Florius. .Jean- .Jean- Arminia P'<-Jus 

Fils Mort Marif. .Marie IJindoti. I'iiilei 

naturel. I'i64. Bindoti. Née 

Né 145-2. 1455. 



Fr.\nçois. 
iMort 140.2. 



XÉNOPHON cul l'ncorc: 

PÉTUONILLE 011 THEOnOIlA 



Jean, fils de Colas, cousin gorniitin inaloiiu'l, lonsnbnnus ili- Fr Philelfe Kiust p. 185. v. 



M'fl.MtK K 2:21 



LMILLi; i)K rHAN(;()l> l'IllIJ.IJ I 



HANl.OlS rilll.KI.KK^ ( Ili^INA hK (KNA(.*> ^II.\^Ç(>|.S I'iiiu.im lui- -I 



t^ \l<.ist.\ lillr Oi vïiias Ki wiis (I.rxMt. FBii«f(K'.- Fhiowiic- 

Nf llir». M 1177 Ar.ATiiK. Kn\HiHî» imwfill»-» 

Mon lilt; -^ 

M. 1477 l'culM^ir 
U» niAmr. 
Oi viiir-<iKiH!i 
V- IIM 
Mort t U\\ 

lit* MlSf' i> l'WUU» 



i\i;i,i-: hi riiiMiri; milimk 



Dniicacc * 

NoTicF sur la vie et les écrite de Guillaume Favrr \ii 

(Iouhksi'omiancf, ixiii 

Lettrrg de Cmllnumr Srhleffri i.xv 

Lrllrcn d'Auijelo Mtti. . CXIII 

Lellrrit divases .... . . r.Wll 

VlK |)K JeAN-MaHUS PniLELFE . '1 

Aftpeudtcr . . . 147 

I U7 

II. Sur les helk^ni.st(>8 en Italie du X' au XV' siècle. ... 117 

III ir,3 

IV. Sur un ouvrage com|M)s<* |iar Manu.s |H*ndtnt son nfjnm 

h lloiojcnc 151 

V. J.-M. I'liil<'l|tlii de vujuminum suiiruni nuiin'ni ir»r> 

VI. Lt'Iln'S do PInlina . . If.x 

Vil N()i(>s relniivcs nii\ Malatcsta H>1 

VIII. Sur Valluriu.s ir..1 

IX. Nolo .sur Fn^lrrii dui il l rl>iii Mil 

Sottrc htbliiMjraphique des ouvrages (!•' J -M.inns PtiilrIfe 16(1 

A. Imprinu^ Ift<i 

n. Mnimîitril.s I7i» 

.Solivv sur l'Amyrti . I7l» 

l'ahleau Kém^alo^iquc de la famdie de François IMnIelfe titt 



EHUATA 



Page XVII de la Nuticc , lipne 2; et surtout aux pnëtcs; lisez: it revint aux 

pi)i'U'S. 
Papt' l.X, lipnc 10 : ses étudi's sciciiliCniut's ; lisez : rcs rtuiles scieiitifii|ues 






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